Trenca, puzzle en reconstruction

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Petit nouveau
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a tracé,
le Dim 19 Oct - 17:41


Trenca

Original (Tae 4021)

Environ 30 ans - Caractère variable, attachée à sa survie, pensive, peu extravertie mais cherche à découvrir des gens  - sa mémoire est le mix des souvenirs de plusieurs personnes, elle ne se connaît pas elle-même.




Appellation • Trenca, c'est un mot qui ne veut rien dire. Le premier mot dont elle s'est souvenue et par lequel elle s'est nommée afin d'avoir une identité. Mais vous pouvez bien choisir de l'appeler Marie, Ziza, Ginette ou Charlotte, ce n'est pas vraiment quelque chose sur lequel elle tiquera.
Anniversaire -  ge • Physiquement, elle ne semble pas dépasser la trentaine.
Nationalité • Elle ne sait pas. Elle a les traits d'une asiatique, mais des souvenirs de plusieurs pays européens. Si on lui demande, elle répond quelque chose au hasard. Ou élude.
Occupation • Survivre, pas trop le choix. Elle a rencontré un jeune homme qu'elle suit et auquel elle s'accroche, le temps de s'habituer.
Arrivée dans l'Esquisse • Vers la fin de l'ellipse.
Goûts • Trenca n'exprime pas beaucoup d'envies. Parfois, elle se sent soudainement attirée par quelque chose - pas toujours de très bon goût - et s'y accroche. Il est alors impossible de la dissuader de ne pas emporter l'objet de sa pulsion. Elle aime écouter de la musique, quelle qu'en soit la nature, et voir beaucoup de choses différentes dans le but de repérer ce qui la captivera, lui évoquera quelque chose. Ses goûts sont en tout cas toujours décousus.

Description



Trenca est seule au milieu d'une pièce trop remplie, assise entre un tourne-disque renversé qui continue de jouer et une tour d'ordinateur recouverte d'autocollants. Levant la tête, elle aperçoit une penderie dont débordent les vêtements, du béret français à la robe de mariée en passant par les tenues d'enfant, l'ample veste et le short de vacances. Tous les styles se superposent et s'emboîtent les uns sur les autres sans jamais se prêter à la fusion. Aucun vêtement ne lui sied, allons bon, elle avance. Au centre, une table en bois surplombée de six assiettes, chacune ornée de sa décoration et de son plat plus ou moins entamé. Où qu'elle aille s'asseoir, Trenca est Boucle d'Or chez les ours ; rien ne lui convient assez, la soupe est trop chaude et la dinde pas assez cuite. Qu'elle aille se recroqueviller sur la couchette modeste ou sur l'ample lit double, elle ne trouve jamais la chaleur qu'elle y cherche.

Pourtant, les ours ne reviendront jamais la déloger pour qu'elle rentre chez elle. Ils ont mangé les clefs et condamné la porte, la laissant seule à l'intérieur. Seule à tambouriner les murs. Étouffée par tous ces meubles qui ne se ressemblent pas. Aucun d'eux n'est resté pour lui tenir compagnie, aucun d'eux n'est venu reprendre ce qui lui appartient. Aucun d'eux, même, n'a collé d'étiquette pour identifier ses biens. Au milieu de tout ça, elle ignore sur quel cadre photo apparaît son visage, tant il y a de familles différentes qui s'épanouissent sur les clichés.

La voilà devenue un verre qui ne cesse de déborder. Incapable de connaître son nom en plus de cela, elle essaie de se débattre contre ces souvenirs qui viennent la hanter, frappant les objets les uns contre les autres pour qu'ils se détruisent mutuellement. En vain. Chaque seconde qui passe n'est là que pour lui rappeler une chose de plus, un évènement qu'elle n'a pas vécu. Et un meuble se rajoute par dessus les autres, sans queue ni tête, sans étiquette et sans appartenance. La vie des ours lui tombe dessus en cascade, Boucle d'Or n'a plus une main qui parvient à se hisser à la surface. Les meubles l'écrasent et lui coupent le souffle, tous prisonniers comme elle. Peu à peu, tout se brouille encore plus. Les placards s'affolent et la recouvrent de leur contenu. Elle croit qu'ils vont la tuer ici et qu'elle n'aura jamais de conscience. Pas de cohérence, pas d'existence ? Il y a plusieurs chemins qui se contredisent, impossible de tracer un trait entre eux ?

Trenca ouvre les yeux. Elle voit l'Esquisse et ses paysages inexorablement absurdes. Elle est à l'extérieur, est-elle sauvée ? Les ours sont-ils revenus récupérer le fil de leurs souvenirs ? Un instant, elle craint d'être à la rue, elle craint d'avoir rejeté ce qui était préférable à une maison vide. Même si ces meubles ne sont pas les siens, même si ils ne se ressemblent pas, ils lui offrent une consistance. Trenca craint d'être une bouteille vide au milieu de la mer.

Puis soudain, un souvenir lui effleure la conscience. Une douce après-midi à la plage en compagnie d'un être aimé, des cris d'enfant au loin, un barbecue appétissant. Elle s'accroche de tout son être à cette bribe, ignorant totalement à quel être elle appartient. Quelqu'un lui a laissé ce moment, elle qui n'a rien doit s'en saisir si elle ne veut pas disparaître. Juste après, un nouveau souvenir tombe, elle l'attrape. Et encore un autre.

C'est ainsi que Trenca est devenue un puzzle. Un existence qui se construit à partir des souvenirs recombinés de plusieurs personnes dont le nom lui est souvent inconnu. Mais le doute lui vient en même temps qu'elle assemble les pièces ;  et si elle avait volé tout ce qu'elle détient ? Et si elle avait elle-même enfermé les ours dehors pour mieux profiter de leur domaine ? Et si un jour, ceux-ci défonçaient la porte et venaient reprendre leurs biens ? Elle ne peut rien garder pour toujours, encore moins espérer posséder quoi que ce soit. Ses meubles partiront les uns après les autres, tandis que d'autres viendront les remplacer, mais au final il ne restera plus qu'une pièce vide, sans même une soupe chaude à boire.

Incapable de s'approprier totalement ce sur quoi elle s'est pourtant précipitée afin de survivre, elle se condamne toute seule et se résout à cherche ce qui ne doit pas la retrouver. Dans l'Esquisse, Boucle d'Or part en quête des ours. Cependant rien n'est magique ; la porte de leur maison est toujours verrouillée, elle est la seule à l'intérieur. Quand bien même elle saisira leur main et les convaincra qu'elle détient leur mémoire, quand bien même ils la croiront, aucun ne sera capable de rétablir les choses. Peut-être que Trenca ne veut pas rendre.

Pour l'instant, elle a mieux à faire que de s'en vouloir. Il y a ce monde, tout autour d'elle, cet endroit chamboulé qui lui fait penser à un nouveau puzzle décomposé. Il y a des gens à qui parler. Maintenant qu'elle existe tant bien que mal, elle va aussi devoir se battre pour conserver son toit et ses murs. Il serait trop naïf pour elle de croire qu'en mourant, tous les meubles iront retrouver leur propriétaire ; bien au contraire, ils finiront sans doute enfouis dans les décombres. Trenca va vivre, elle n'a pas peur de perdre la raison ou d'arborer toutes les déformations du monde. Elle y va, parfois un peu naïve, parfois trop calme, parfois enjouée, parfois déprimée. Peut-être fière, bien souvent combattante.

Trenca est un puzzle qui change de forme à l'infini, en même temps que ses pièces. Un puzzle qui ne sait jamais lui-même à quoi il ressemble. Ou du moins, pas pour le moment. Éliminant ou conservant précieusement certaines des pièces, elle devient petit à petit. À mesure que le visage des ours se dessine. À mesure qu'elle a de l'empathie pour eux. À mesure que le temps passe. À mesure que l'Esquisse se découvre à ses yeux.

Petit à petit, oui, Trenca regrette cet ancien monde qui l'envahit, et qu'elle n'est pourtant pas sûre de bien reconnaître. Ce monde où, peut-être, il y a quelque chose d'elle...





« Ficelez les morceaux de viande pour qu'ils se maintiennent en forme pendant la cuisson. S'il y en a, coupez la queue de chat en... tronçons. Épluchez les carottes, les... danseuses et la branche de céleri, puis lavez-les. Ajoutez-y les…. arrosoirs, les bananes, les poireaux (liés dans une botte), le rappeur branché, l’ail et le bouquet garni. Ajoutez 12 grains de poivre et... »

Les yeux rivés vers le ciel, elle confirme qu'il existe encore quelqu'un pour tenter d'en déchiffrer le contenu. Elle n'a pas pu coiffer ses cheveux au noir ébène qui fait tâche dans le paysage, ni raviver l'éclat de ces yeux intensément vides. Ses jambes sont à peine dévoilées par un jean bien trop court pour elle, dont les sabots jurent toujours avec… ah. Ce à quoi elle ressemble n'a pas tant d'importance. Elle est banale et cherche à le rester, bien que trouver quelque chose de décent ne soit pas évident par ici. D'autant plus quand on ne sait pas ce qui est décent.

« Et.. enfin, ça dit… "Faites passer le tout par une fenêtre haute de 33 cm." Si cette recette existe, je l'ai oubliée.. Et toi, Titus, tu aimes ce genre de cuisine ? »

Elle se retourne et jette un regard intéressé - à moitié blagueur, à vrai dire - à son compagnon d'infortune, qui la suivra aujourd'hui pour une nouvelle aventure dont ils ignorent tout de l'issue. Ils viennent de franchir la ligne de départ. Un jour auparavant, Titus était aussi paumé qu'elle ; seuls au milieu de nulle part, ils n'ont pas vraiment eu d'autre choix que celui de rassembler leurs forces. Une nécessité qui les retient et les protège encore aujourd'hui. Ils ne sont pas rentrés dans la ville qui se tient pourtant si près ; ils ne s'en sont pas non plus éloignés pour aller fouiller les plaines.

« Plus à gauche, il est écrit : "Il y a trois façons de manger une soupe de tomate. Avec ses orteils. Avec une lampe de chevet verte et.. avec.. la chanson "Ne me quitte pas" de Jacques Brel." J'aime beaucoup cette musique, mais ça.. m'énerve atrocement de la voir dans cette liste. Les chansons françaises méritent beaucoup plus de prestige, n'est-ce pas ? Je suis... révoltée face à tous ces ingrats qui osent… Je n'arrive pas à avoir la suite. »
Tant de conviction. Elle est presque sûr d'avoir dit ça, ou du moins, quelqu'un l'a dit… - elle ne fait que laisser parler une voix lointaine, celle d'un meuble qui comptait beaucoup pour l'ours qui le possédait au point d'avoir gardé une trâce.

« "Ceux qui pleurent sont ceux qui n'ont pas vu les camions se remplir de figurines".... Ça, ça dépend des figurines. Ça ne sert à rien de les acheter si on peut arnaquer des pigeons... » ajoute-t-elle avant de mettre un terme à sa tentative de décryptage céleste. Chaque chose qu'elle voit lui évoque décidément quelque chose d'autre avec une tonalité, une ampleur, un sentiment. Un instant qu'elle n'a pas vécu et qui soudainement ressurgit, un meuble qui tombe sur le tas et roule jusqu'au bout avant de s'enfoncer dans la masse et de disparaître. Oh oui, Trenca a l'esprit tordu et la parole si difficile à suivre. Mais elle n'est pas encore totalement folle au point d'ignorer qu'elle a d'autres choses à faire.

Les mains encombrées par un sceptre lumineux tout droit sorti d'un roman de fantasy, elle tente de donner du crédit à son arme de fortune. En l'agitant. Quelques gestes qui, bien qu'ils lui évoquent une vague inspiration, lui confirment qu'elle n'a pas les réflexes d'une épéiste. Il est bien naïf de croire que la lumière suffira à les guider sur le chemin qui les attend, de surcroît, mais la chose parait assez lourde pour assommer quelqu'un, si tant est qu'on la lève assez haut. Et puis franchement, elle adore les sceptres, alors elle a voulu garder celui-là pour pouvoir le contempler béatement toutes les deux minutes. Et tenter de comprendre pourquoi elle le contemple.

« À vue de nez, on est bon pour marcher indéfiniment. »

Ils étaient restés à l'écart de tout long voyage jusqu'à ce que quelque chose vienne les éveiller. Une voix, des images, certes, mais surtout ce chemin qui se trace devant elle. Devant eux. Trenca ne sait pas pourquoi elle a envie d'y aller, dans cet horizon qui semble beaucoup trop dangereux pour les brefs extraits qu'elle en a vu. Peu importe. Elle doit savoir ce qui se trouve au bout, tout comme Titus a pour ambition de découvrir le monde.

Un jour, ils finiront par se séparer. Peut-être, lorsque l'élargissement procuré par cette découverte leur montrera de nouveaux chemins. Mais aujourd'hui, ils prennent la route ensemble, sans carte et sans repère. Lui qui se fissure et elle qui s'écrit. Franchement, entre quelques aléas identitaires et troubles de mémoire, ils ne s'entendent pas si mal. Tant qu'il supportera qu'elle s'arrête pour parler de tout et n'importe quoi ou ramasser ce qui croisera leur chemin…

« … je t’avais dit que je voudrais être aviateur, un jour ? Voyager dans des bananes géantes, ça doit être fun, tu ne trouves pas ?
- Pas vraiment mon trip, je préfère les voitures de sport. Ou, peut-être, les vieilles Clio.. »

Mais en attentant, c'est lui qui la rattrape. Et qui réussit même à lui poser une colle.


Qui tient le pinceau ?


Sisi j'ai encore craqué.




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L'algue
L'algue
a tracé,
le Mar 28 Oct - 17:58
Craquer, c'est pas bien. èé (mais comment vas-tu faire, comment D: )(dire que j'étais comme ça aussi, fut un temps, brr)

Bref, sans plus de cérémonie, je te valide héhé (omg j'ai validé la fondatrice, trop de pouvoir en moi ! /meurt)
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