La Mosaïque

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a tracé,
le Jeu 23 Oct - 0:02
Idée d'Eelis

De petits débris de poterie, des morceaux de vase brisé, qui dans chaque rayure cachent une longue histoire. Tous ensemble fixés au ciment, ils en illustrent une plus grandiose encore.

C'est beau, les mosaïques, vous ne trouvez pas?

On va en fabriquer une. Les pièces de terre cuite sont des bribes de la vie de votre personnage: fixez-en une au mur et laissez le joueur suivant, s'il dispose d'une histoire qui s'emboîte à la vôtre, la raconter à son tour. Et ainsi de suite. L'unique règle et que que votre anecdote devra se terminer par la formulation du thème que devra reprendre le prochain joueur, ou de la phrase qui introduira l'anecdote suivante.


Je commence:


    « Pour les seize ans de Gunnel, Sonja est venue de Stockholm et a embarqué ses deux cadets et quelques troubadours de leur espèce avec elle pour un weekend de camping.Entre la bisexualité d'Inge enfin révélée au grand jour, de même que la pyromanie de l'un des copains de Gunnel qui a mis le feu à une tente en s'adonnant à son culte du briquet, et les tendances survivalistes (dont tout Flen se doutait depuis belle lurette) de Sonja qui avait jugé nécessaire de glisser un revolver parmi ses affaires... Autant dire que ces deux jours ne furent pas de tous repos. »
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Le matheux
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a tracé,
le Sam 25 Oct - 0:34
Autant dire que ces deux jours ne furent pas de tous repos.

Tel l'alignement des planètes, il s'était produit ce jour-là un phénomène qui ne pouvait être aperçu qu'une fois toutes les trois générations. Si ce n'était encore plus rarement. Un week-end banal en apparence, déjà saupoudré par le nombreux devoirs en retard que Al s'était enfin décidé à terminer - il aimait les mathématiques pour son bon plaisir et travaillait selon les variations de sa motivation - et la présence dans son frère. En soi, Bart n'était pas encombrant tant qu'il y avait une console de jeux vidéos à proximité, il ne venait que pour squatter la console et glander devant la télé. Le truc, c'était que la console avait été prêtée à un ami et que la télé connaissait quelques dysfonctionnements, alors c'était bien volontiers que ledit frère avait été corrompu par le second élément encombrant de ce week-end fastidieux, pour ne pas nommer la cousine. Elle, par contre, était du genre à squatter de temps en temps pour le plaisir de s'étaler lorsqu'elle n'avait rien à faire. Or, elle avait rarement grand chose à faire, en élève assidue qu'elle était, et employait plutôt son imagination à créer des origamis avec les polycopiés importants d'Al, apprenant au frangin à faire autant. Ceci tout en étant avachie sur un fauteuil, jambes à l'air, avec cinq crayon de couleur dans entre les orteils. Travail d'arts plastiques improvisé.

Le soucis, c'était qu'Amy n'avait pas de cours d'arts plastiques. Elle se disait autodidacte, mais c'était clairement plus une bonne excuse pour foutre le bordel.
« Les filles sont multitâches, tu vois ... Oh ! C'est ton nouveau rapporteur ? Tu lui as donné un nom craignos, j'espère ? »
Al se mordit une lèvre. Comment bosser avec une telle plaie ?
« Dis, dis, dis, dis, dis. »
Il arracha des mains de Bart son cours de physique. Le fourbe avait profité de la diversion, et son mentor esquissait un sourire des plus vicieux.
« Laissez-moi bosser, j'essaie d'être sérieux.
- Allez, soyons sérieux. Je vais te montrer un truc physiquement impressionnant. »
Amy s'empara de la feuille, la contorsionna étrangement et la jeta dans l'espace de la pièce, le tout avec une vitesse impressionnante qui, hélas, témoignait de son expérience en la matière. Le pire, c'était qu'Al se laissait toujours prendre au jeu implicite qu'était celui de deviner où allait atterir la feuille.

Et pour le coup, la trajectoire était la porte.
La porte tout justement en train de s'ouvrir sur un visage un peu trop connu, dont la main eut tout juste le temps d'attraper le papier.

« Ça fait des expériences par ici ! Heureusement que je suis là. »

La dernière planète venait de s'aligner. Ayant éloigné tout élément dangereux de la table (c'est-à-dire Roxie et les autres instruments de géométrie), il dégaina une vieille pochette d'école secondaire qu'il étala sur la table.

Pour votre santé, pratiquer une activité physique régulière.
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Quand il veut bien mettre sa couleur, Al écrit en darkorange.

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a tracé,
le Sam 25 Oct - 2:01
Pour votre santé, pratiquer une activité physique régulière. Avoir pour sœurs Sonja et Gunnel prouvait justement le contraire: Flen n'avait plus vu depuis longtemps deux pareilles boules d'énergie se défouler dans les rues. Et ça grimpait sur les maisons, sur les arbres, ça se mesurait même aux lampadaires; et ça organisait des courses dans les grandes artères de la commune, bloquant la circulation avec de grands sourires de mômes. Sonja était une petite démone de douze ans qui mêlait l'inconscience enfantine à une ébauche de provocation adolescente. Et Gunnel, bah! elle était folle de sa grande sœur. Ça crevait les yeux. Bien sûr qu'elle la suivait dans toutes ses fantaisies, comme la joyeuse petite ombre blonde qu'elle était. D'une certaine manière, elle apprenait ainsi la vie. La vie dure, les médicaments, les égratignures, le désinfectant, les foulures, les bandages et les pansements... Elle rentrait tous les jours avec une nouvelle cicatrice, et elle en était fière, comme d'un blason vainqueur. Il fallait dire que ses aventures étaient tout de même surprenantes. Tombée de la cime d'un arbre sur une branche plus basse, blessée contre une gouttière qu'elle désescaladait... Elle avait toujours une nouvelle histoire à raconter. Et le pire, c'était que ses parents approuvaient! Ils avaient beau gronder le trio dans sa totalité pour les plaies récoltées lors des escapades des deux filles (alors qu'Inge était totalement en marge de ces histoires, occupé qu'il était à lire Le Tour du monde en quatre-vingts jours, de Jules Verne), ils encourageaient explicitement Sonja à traîner ses cadets dans la neige souillée de sang de gosse (en évitant, certes, d'y foutre encore plus de sang de gosse).
Inge, lui, était angélique, comparé à ses deux homologues féminines. Il restait sagement dans son coin, à lire des romans d'aventure, et n'était jamais bruyant que lorsque ses parents tentaient (vainement) de l'emmener chez le coiffeur. Pourquoi demander d'un enfant aussi calme que ce petit brun aux cheveux qui lui retombaient sur le visage plus d'activité à risque? C'était absurde. Et pourtant...
Pourtant Inge se retrouva consigné dehors. Sans son livre. Avec une rouquine maléfique qui rappelait les grands frères caricaturaux évoqués dans les histoires pour enfant qu'il avait depuis longtemps délaissés, et une cruche blonde qui riait en criant qu'elle voulait avaler des flocons de neige. En plein mois de juillet. Inge soupira profondément.

Bam. Une balle dans la tronche.

« Qu'est-ce que... Sonja!!
- Tu connais attrape la balle?
- Non. Et j'en ai pas envie.
- Tu dois lancer la balle le plus loin possible et on doit tous la rattraper. Celui qui la rattrape en premier la relance. Et ainsi de suite.
- Et c'est quoi le but de ce jeu?
- Le but?
- Ouais. Le but.
- Y en a pas. Faut juste s'amuser.
- C'est débile.
- Comme toi!
- Toi-même.
- Toi-même.
- Toi-même... »

Cela dura quelques temps. Assez longtemps pour permettre à Gunnel de reprendre la balle pour attaquer Inge en traître: bam. Deuxième coup en pleine tête.

« Gun. COURS. »

Elle ne se fit pas prier et disparut aussitôt hors de l'impasse où vivaient les Ljungström.

« Merde, Inge.
- HEEEY. Dis pas ce mot.
- On s'en fiche. Inge, faut la rattraper!
- Pourquoi? Elle connaît le chemin. Vous partez tout le temps loin, toutes les deux.
- Ta gueule et viens, tu parleras plus tard! »

Introuvable. La petite était introuvable. Sonja avait croisé deux amis et leur avait demandé de les aider. Ils avaient accepté (Inge leur ayant dit qu'ils avaient la classe, avec des cigarettes, et que leurs mamans seraient contentes d'eux), mais même à quatre personne également motivées (bien que les raisons divergeassent), Gunnel restait in-trou-vable.

« Je rentre pas sans elle.
- Ce sont Papa et Maman qui m'ont forcé à sortir avec vous. Si j'étais resté à la maison, rien de tout ça ne serait arrivé, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
- MAIS TA GUEULE, INGE.
- TOI, TA GUEULE.
- NON, MOI JE L'OUVRE PAS POUR DIRE DES TRUCS INUTILES.
- 'SCUSE, MAIS QUAND TU L'OUVRES, C'EST POUR DIRE DES TRUCS INUTILES.
- TA GUEULE.
- NON.
- SI.
- NON... »

Cela dura encore longtemps. Mais ce fut un gloussement de plus en plus persistant qui interrompit l'interminable débat.

« G-Gun?! GUN, REDESCENDS TOUT DE... NON ATTEND. NE BOUGE PAS. »

Elle était perchée au sommet de la boutique d'un chocolatier. Sérieusement?

« ATTENDS. INGE, FAIS-LUI LA COURTE ECHELLE.
- QUOI? POURQUOI MOI?
- PARCE QUE... T'ES PLUS GRAND DE TAILLE. »

C'était coutumier chez eux de parler en hurlant même lorsqu'ils n'étaient pas séparés par deux mètres.

« MENTEUSE.
- NON!
- SI.
- TA GUEULE ET FAIS LUI LA COURTE ECHELLE.
- POURQUOI PAS TOI?
- MAIS COMME CA!
- T'ES DEBILE.
- TOI-MÊME.
- TOI-MÊME.
- TOI-MÊME.
- TOI-M...
- TU VAS LUI FAIRE LA COURTE ECHELLE OU PAS? »

Ça se présentait mal. Et ça promettait de durer des heures, mais Sonja eut une illumination:

« Attends. Laisse tomber. Ce sera inutile, la courte échelle.
- HA. TU VOIS.
- TA GUEULE, ME CHERCHE PAS. Gun. Ecoute, il faut que tu saute. Inge va ouvrir les bras et tu vas lui sauter dessus.
- QUOI? POURQUOI MOI?
- T'as bien compris, Gun? Allez, à trois! Un... Deux... »:

Sonja força prestement Inge à s'approcher et à écarter les bras.

« Trois! »

Bam. Après deux balle dans la tronche, une gosse sur la poitrine. Ce n'était pas son jour, se dit-il en dégageant d'une main tremblante les mèches blondes de sa sœur qui retombaient sur son visage. Il savait que s'il pensait ça, sa cadette, elle, devait sûrement considérer la journée comme excellente. Et Sonja, elle exprima clairement son avis, comme à son habitude:

« Gun, t'es intenable. Mais on est tous en vie, alors... Pour cette fois, t'es épargnée. »
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Le matheux
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a tracé,
le Sam 25 Oct - 11:18
« Pour cette fois, t'es épargnée.
- Oh merci de votre clémence, grand Al ! » répondit en flèche la charmante personne qui venait d'entrer dans la cuisine.

Même alors qu'elle n'avait que huit ans, Amy avait un problème avec l'autorité - elle aurait sans doute apprécié une petite visite à Flen - et surtout avec l'autorité de son cousin. La différence d'âge aidait à cela ; elle avait un an de plus et cela se voyait de façon évidente. C'était pourtant toujours à Al que l'on demandait de surveiller son aînée lorsque tout le monde était parti "faire des trucs de grands" (= se saoûler dans un bar et se ramener à trois heures du matin, mais Al croyait naïvement qu'ils étudiaient l'astronomie tous ensemble) et que son grand-frère désertait le champ de bataille pour "réviser" avec ses copains. Bart avait le don de toujours trouver les meilleures fréquentations, alors le monde - sauf les parents - se doutait bien qu'il ne sacrifierait pas une soirée pour une si fastidieuse tâche.

Et du coup, il se retrouvait seul avec une cousine totalement ingérable accompagnée de sa petite soeur Faith, qui du haut de ses quatre ans voulait devenir pâtissière. C'était elle qu'Al venait d'épargner, après avoir vu trois pauvres oeufs et leur coquille agoniser dans un saladier, avec la moitié du sachet de farine et.. ciel... pourquoi un broccoli ?

« Papa iya dit que shétait diétaitish.
- Mais t'es complètement tar...
- T'inquiète pas, Faith, c'est super. Ton cousin a-do-re ! »

Il la fusilla du regard. Il ne fallait pas encourager cette gamine à vider les placards pour faire son.. euh.. gâteau "diétaitish", qui ressemblait davantage à un gloubiboulga des plus infâmes. La petite avait préparé tout un tas de choses à ajouter à la préparation et, non, décidément, elle avait trop d'idées pour son âge. Le truc, c'était qu'Amy l'encourageait à exprimer son potentiel artistique avec beaucoup trop de dommages collatéraux, et qu'elle ne laisserait jamais sa petite soeur pleurer parce qu'elle ne pouvait pas cuisiner.

« Bon. J'ai pas l'choix. Virez-moi ça, on va faire un vrai gâteau diétaitish qui tuera personne.
- Ouiiiiish !
- Oh, et tu connais la recette, Gordon Ramsay ?
- J'ai vu maman faire. Et on a un livre.
- Ce livre... »

Pour une raison inconnue, Amy eut un déglutissement d'appréhension. Al s'était déjà précipité sur le bouquin intitulé "Cuisine à l'anglaise" qu'il ouvrit jusqu'à trouver quelque chose qui ressemblait au gâteau souhaitait. Enfin, surtout, qui était facile, avait une géométrie parfaite et plaisait à Faith. Cette dernière mit sa main sur un bon vieux cake au chocolat qui avait réveillé ses instincts d'enfant. Al ne fit pas remarquer qu'il y avait difficilement moins diététique. Car c'était faux, au vu des recettes de gâteau au carambar qui traînaient dans un autre livre trop haut perché pour être consulté.

Les trois cuisiniers improvisés empoignèrent chacun un des ingrédients de façon plus hasardeuse, sous les ordres aboyés par Al et sitôt contestés par Amy, qui malheureusement pour le trio était la seule à savoir cuisiner sans en foutre la moitié par terre. Extraits de la séance épique :

« Quand tu casses un oeuf, tu dois le cogner contre le bord, ça sert à rien d'prendre un compas et de..
- J'fais c'que je veux, c'est plus pratique !
- Mais ça sert à rien !
- Si ça sert !
- Chouisiiiiine...
- Ça sert à rien je te d... Faith, tu fais quoi avec le couteau ?
- Pff. Surveille ta soeur au lieu de contester !
- Et toi surveille tes mains.
- Quoi ? ... Oups.
- Le sol va sûrement se régaler avec ce jaune d'oeuf...
- C'est pas drôle, Maman va me tuer !
- Hihihi.
- Pfff. Bon, tu sais quoi, on va...
- Hm ?
- Llll.. les.... chhbzz.... chips....
- Oooh, pas mal Faith !!
- Je vais tuer ta soeur !
- Au secours, il s'énerve ! Prévenez un prof de maths !
- Et toi après !
- Ahahah ! »

Et ainsi, pendant que Faith continuait à créer des absurdités alimentaires, les deux cousins se couraient après dans la cuisine en trébuchant sur l'oeuf renversé par terre. Techniquement, Al n'en venait au main que rarement, mais à cet âge-là il était facile à énerver lorsque l'on touchait à ce qu'il avait prévu de manger tranquillement devant la télé plus tard. Ou tout ce qui lui appartenait, plus généralement. Cela se transformait alors en guerre des guilis, à celui qui parvenait en premier à faire s'écrouler par terre son adversaire.

Le fou rire était tel qu'ils en oublièrent l'essentiel. Jusqu'à ce que le gong retentisse.

« Chai finish !
- Bravo frangine !
- Mince... on met pas ça au four.
- Bien sûr que si ! On s'est donné tant de mal.. »

Elle chuchota un léger « Il rebondira mieux sur le balcon du voisin après » à l'oreille de son cousin. Non, bien sûr, personne n'avait l'intention de passer à la dégustation, et Al approuvait totalement cette expérience de lancer de poids. Personne n'aimait Logan, le vieux papy qui vivait en bas, il trucidait auditivement tout l'immeuble avec ses solos de saxophone, alors on s'armait pour le distraire en cas de symphonie.

Après avoir sacrifié un vieux moule, on glissa la mixture dans le four. Le résultat promettait d'être la 8ème merveille du monde.
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Quand il veut bien mettre sa couleur, Al écrit en darkorange.

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Le roux cool
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a tracé,
le Sam 25 Oct - 20:38
Le résultat promettait d'être la 8ème merveille du monde. C’est ce que Daniel s’était dit, l’air faussement convaincu. Les cours d’Arts n’avaient jamais été son fort et c’était bien la seule matière qu’il ne prenait pas au sérieux. La seule utilité qu’il voyait au dessin était de l’employer en tant qu’outil pour ses schémas de Sciences. L’intérêt de représenter une idée abstraite comme le mouvement de manière concrète lui échappait complètement. Il aurait aimé décomposer la course d’un athlète et exprimer le fonctionnement des muscles pendant l’effort, mais il n’était pas sûr que la professeur comprenne la beauté de la chose. Daniel jeta un oeil par-dessus l’épaule de son voisin. Comme pour la plupart de la classe, la feuille de se dernier restait désespérément blanche et l’artiste en herbe fixait le plafond. Il espérait peut-être recevoir une quelconque inspiration divine à travers les craquelures de la peinture, qui sait.

Daniel poussa un soupir en songeant à tout ce temps gâché. A raison d’une heure de cours de gribouillage par semaine, cela faisait 38h perdues par année. 38h qui auraient pu servir à approfondir l’enseignement des matières scientifiques… C’était ridicule ! Combien de personnes arrivaient-elles à vivre correctement de l’art ? Le jeune garçon ignorait totalement cette donnée, mais elle devait sûrement être dérisoire en comparaison du nombre de personnes qui vivaient grâce aux Sciences. Les grands artistes sont des incompris dit-on, eh bien tous les artistes devraient l’être ! Ce n’était pas le dessin qui sauvait des vies.

« T’as un ciseau ? »

Le rouquin fut tiré de ses pensées par son voisin, assassin de la langue française, qui avait visiblement reçu un éclair d’inspiration depuis sa contemplation des irrégularités du plafond. Daniel se retint de lui répliquer sèchement qu’il ne voyait pas ce qu’il pourrait faire avec un seul morceau des ciseaux et lui prêta ce qu’il voulait. Il perçut en retour un marmonnement qu’il identifia comme une sorte de remerciement. Il fallait désormais qu’il s’attelle à la tâche. Si même lui avait eu une idée, ça ne devait pas être si compliqué… Daniel, dans un élan artistique, saisit un crayon de couleur jaune, plaça sa feuille en format portrait et, avec toute la fougue que pouvait exprimer un collégien de treize ans blasé, traça une ligne à l’horizontale. C’était un bon début. Un peu inutile, certes, mais peut-être qu’il lui permettrait de surmonter le syndrome de la page blanche. C’était une ligne jaune, la rapidité, l’éclair, la célérité, 3x108m/s !

Comme on pouvait s’y attendre de la part de Daniel, il traduisit toute la passion et l’inspiration qui venait de le tracer par... D’autres lignes. Au final, sa feuille blanche s’était juste couverte de rayures colorées. Plus que le mouvement, on aurait dit le pelage d’un zèbre à la gay pride... Tant pis, c’était sans importance tant qu’il rendait quelque chose. L’honneur était sauf. En se levant pour aller rendre son « oeuvre », il eut un regard envieux sur le dessin de son frère. Comment pouvait-il être aussi doué dans tout ce qu’il entreprenait ? Ils avaient beau se ressembler physiquement, tout les éloignait l’un de l’autre...
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Pythagore culpabilise en #1166cc.





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a tracé,
le Dim 26 Oct - 14:42
Ils avaient beau se ressembler physiquement, tout les éloignait l’un de l’autre... Et pourtant à cet instant précis, les deux garçons étaient pareils.
C'était ce que Gunnel pensait en regardant Björk et Björn se tenant l'un à côté de l'autre. Leurs yeux noisettes se consumaient dans le reflet du feu vermeil.
Ils étaient en tous points identiques. La même posture, les mêmes mimiques. Généralement Björn semblait plus dégingandé, plus égaré, Björk plus blasé, plus assuré. Mais en cet instant précis, leur allure de résumait par l'adage « la colère est courte folie. »
La folie n'inquiétait pas Gunnel pour un sous, c'était d'ailleurs souvent elle que l'on assimilait aux fous. Mais la démence des deux frères lui était rassurante. Car elle la protégeait d'une insanité autrement plus violente. Une insanité puant l'alcool et l'instabilité, qui tenait la pauvre folle fermement immobilisée.
« Jan. Jan, laisse-la. »
Elle sentait une haleine humide souffler sur le sommet de son crâne. Il ne la laisserait pas.
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a tracé,
le Dim 2 Nov - 16:26
Il ne la laisserait pas.
C'était au moins ce qu'elle voulait croire, depuis des mois. Il ne l'avait pas vraiment laissé. Et il ne la laisserait pas.
Elina le répétait sans cesse en pleurant dans les bras de Souann. Et celle-ci n'avait jusque là rien trouvé à dire. Elle ne pouvait que balbutier quelques paroles de soutien en se maudissant de ne pas savoir trouver les bons mots. Des mots qui pourraient être utiles. Qui pourraient faire avancer les choses.

C'était un imbécile, Elina. Elle n'arrivait à sortir ne serait-ce que ces quelques mots pour l'apaiser. Supporterait-elle qu'elle mette son affirmation au passé? Etait-ce vraiment la chose à dire? Elle l'entendait sangloter derrière la mince cloison qui séparait leurs chambres toutes les nuits. Priait chaque seconde pour que sa cadette se trouve rapidement un nouveau petit ami. Tout en se détestant de penser ainsi.
Il ne valait pas mieux que tous les autres. Non, il ne fallait surtout pas sortir une chose pareil. Jamais.
Ne t'en fais pas. Un jour, tu en trouveras un qui t'aime vraiment. Trop de sous-entendus qu'elle ne pensait pas.

Elle aurait tant voulu la soutenir vraiment. Elle aurait tant aimé que ça se passe différemment. Que... Qu'elle ait un peu de tripes et de courage, au moins une fois. De cervelle.

Demain. Demain je serais une grande soeur exemplaire. Demain je remplacerais l'absence de maman. Demain, peut-être que...

Mais les jours passèrent sans qu'il n'y ait de changement, jusqu'au matin qui marquait la fin et le renouvellement du cercle vicieux dans lequel Elina était entrée. Ce matin où elle revenait souriante. Où elle prononçait encore ces mots.
J'ai un petit ami.

Ce manège allait durer pendant quelques années encore, connaissant à peine quelques changements.
Jusqu'au moment où Elina entra dans une autre phase, un autre âge, une autre manière de tourner ses pensées.
Jusqu'au moment où elle grandit.
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Le homard
Le homard
a tracé,
le Dim 2 Nov - 19:51
Jusqu’au moment où elle grandit, Dalia ressemblait parfaitement à son frère. Les mêmes traits un peu mous, le même air ahuri qui ne présageait rien de bon quant à la résolution d’une situation problématique, le même manque d’imagination, la même démarche un peu maladroite. À quatre ans, la petite avait déjà cassé son premier verre et marché sur plusieurs queues de chat endormi ; elle n’avait plus rien à prouver aux yeux d’un voisinage qui s’était déjà habitué à cette famille un peu à part. Peu investi dans ses études, le frangin de neuf ans passait à vrai dire son temps à lui apprendre tout ce qu’il savait – ce qui, pour les médisants, tenait sur l’espace d’une feuille A5 – et à l’emmener dans tous les coins oubliés du village.

Ce jour-là, il avait décidé de lui montrer quelque chose d’absolument génial. Trois pâtés de maison à côté de chez eux se trouvait une sorte de grande cabane, vieille bâtisse délabrée qui n’était plus habitée depuis des lustres et dont la rénovation n’était plus au programme. Chaque gamin du quartier la connaissait pour être un lieu de toutes les escalades, un paradis pour celui qui voulait grimper de poutre en poutre ou faire ses preuves auprès d’une bande. Ici, la bande, c’était la dernière personne qui ne prenait pas Omar – tel qu’il se nommait, à l’époque – pour l’idiot du village. Dalia s’égayait à l’idée d’échapper une fois de plus au triste après-midi que lui promettait le domicile familial, elle était loin de toute appréhension. Loin d’imaginer ce qui allait se passer.

« R’garde, je vais aller jusqu’en haut. » promit-il en désignant le deuxième étage, tandis qu’ils étaient sur le point d’entrer à l’intérieur de la cabane. « Reste ici et regarde. »

Ses mains moites se frottèrent, il était prêt à montrer à quel point il était un super frère. Fier comme si tout le quartier était prêt à le regarder exécuter sa performance et applaudir à la fin de son exploit. Il escalada d’abord une vieille étagère sous les encouragements de Dalia, avant de se hisser péniblement jusqu’à l’étage supérieur. Jusque-là, n’importe qui d’assez bête pour s’y risquer y parvenait, mais il pouvait se vanter d’y être arrivé plutôt vite (il s’était entraîné pour l’occasion). Il fit un signe de main à sa spectatrice qui lui répondit aussitôt par une exclamation enjouée.

La montée continua avec un peu plus de challenge ; au premier, il fallait en effet user de la fameuse échelle cassée que tous redoutaient en raison de ses aléas. La légende voulait qu’à chaque gamin qui se présentait pour l’escalader, l’un des bois – on ne savait jamais lequel – cédait et provoquait parfois la chute violente de son grimpeur. Là encore, Omar savait qu’il allait se faire avoir par l’étrange magie qui régissait sa malchance, alors il avait demandé conseil à son ami qui lui avait préparé, après une laborieuse matinée de travail, une échelle de rechange qui permettait de tricher. Il attrapa celle-ci et la plaqua au mur à côté de celle qui devait initialement servir, avant de se rendre sans problème jusqu’au second étage. Dont la particularité était qu’il était plongé dans la pénombre, à peine éclairée par une minuscule fenêtre où les vainqueurs avaient pour habitude de passer leur main. C’était une manière de montrer patte blanche et d’affirmer sa suprématie.

« Dalia, ça y est, regarde la fenêtre ! » cria-t-il à l’intention de sa sœur avant d’engouffrer son bras dans l’ouverture triomphale. Il y resta là quelques secondes, repensant encore à la façon astucieuse dont il avait dévié l’obstacle et à son intrépide escalade.
En contrebas, là où devrait normalement se situer son public, des rires masculins retentirent.

« Tu vois, je savais qu’il le f’rait.
- T’avais raison, il y est vraiment !
- On lui a pas prêté l’échelle pour rien... »

Surpris que d’autres enfants aient eu vent de sa démonstration de force, il voulut retirer son bras de la fameuse fenêtre de la victoire. Il y était sacrément encastré, sans comprendre pourquoi soudainement il peinait. Dehors, il sentit alors quelque chose l’effleurer, puis une douleur vive s’emparer de son doigt à mesure qu’il gigotait.

« Aaah ! Regarde ! Des abeilles sortent de la ruche ! s’exclama un gamin avant d’émettre un gloussement sonore.
- Woaw !
- C’est normal qu’il reste là ?
- Il doit pas avoir remarqué, j’pense.
- C’est possible, il a même pas vu la ruche en arrivant. Ça fait trois jours qu’elle y est ! »

De moins en moins rassuré, il employa maladroitement toutes ses forces à se tirer de là pour faire marche arrière et quitter définitivement la cabane en emportant Dalia. Il s’écorcha à plusieurs parties du bras avant de finalement y parvenir, emportant avec lui les deux abeilles qui s’étaient déjà posées sur sa peau. Son geste avait fait trembler l’édifice et d’autant plus attisé la colère des insectes qui peu à peu s’engouffraient à l’intérieur de la fenêtre de la victoire. Il courut, revint à l’échelle ; celle qui lui avait été généreusement prêtée était mystérieusement tombée à la renverse, ne laissant pour s’échapper que les fameux bois maudit. Il posa son pied au hasard afin d’entamer la déscente, toujours poursuivi par quelques ennemis à dard, mais se retrouva bien vite déséquilibré sous le coup de la panique. Il chuta, s’érafla, manqua de se tordre une cheville dans l’échelle et atterrit finalement dos au plancher.

À côté de lui, deux mômes ricanaient, l’un étant celui qui avait si généreusement fait don de l’échelle. À la vue des insectes, ils décampèrent cependant bien vite, laissant Omar se dire qu’il y arriverait bien tout seul. En bas, Dalia ne paraissait pas réagir, les autres ayant dû l’embarquer au passage pour lui proposer de jouer à la marelle sur la place du village ou d’aller goûter chez tous ensemble.

Cette fois, il n’était pas convié.
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Ambros parle laborieusement et déprime en darkturquoise



C'est fini.
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La poupée de papier
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a tracé,
le Dim 2 Nov - 21:27
Cette fois, il n'était pas convié. L'homme regardait dans le vide pendant qu'il buvait son thé matinal. A côté de lui, un journal parlant d'une soirée conviant les auteurs populaires du moment. Les voix des journalistes qui s'affolaient à propos de cet événement étaient crachées par sa radio.

« Ce n'est qu'un événement mondain, complètement inutile et inintéressant » se disait-il pour ne pas perdre la face. Une excuse de looser admit-il quelques secondes plus tard. La réalité était que s'il n'avait même pas eu le carton d'invitation, c'est qu'on ne l'estimait pas « dans le vent ». Un auteur démodé qui n'a plus sa place.

Il ne l'accepterait pas. Une lueur apparut dans ses yeux jusque là fades, et d'un bon, il se leva, éteignit sa radio et se dirigea vers son bureau où s'entassait des manuscrits et autres papelards. D'un geste énergique il balaya ces détritus, comme il les appelait, pour sortir de nouvelles feuilles blanches qui ne demandaient qu'à être noircie d'encre.

Une histoire lui venait en tête, il n'avait pas le temps de s'occuper du ménage, il fera ça plus tard. L'aventure ne l'attendra pas.
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Imogen écrit en black, mais en ce moment c'est illisible, du coup, il n'a pas de couleur.
Un roman qui l’amenait vers des problèmes par centaines.
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Invité
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a tracé,
le Lun 3 Nov - 16:49
L'aventure ne l'attendra pas. Il faudra lui courir après. Gunnel sait bien tout cela, pour l'avoir déjà bien assez fait. Cela ne suffit pas, pour la casse-cou qu'elle est. L'aventure n'attend jamais et c'est bien cela qui lui plait. Mais ce qu'elle oublie souvent, c'est que la mésaventure attend. Elle repose patiemment au détour d'un chemin qu'une âme effrénée passe devant son nez. Et elle l'attrape au vol, comme un piège acéré se refermerait sur un vulgaire lapin.
C'est ce qui lui est arrivé.
« Jan. Laisse-la sans histoire et ce sera oublié. »
L'une des mains agitées de tremblements se resserre sur son bras. L'autre verrouille sa bouche, une joint entre des doigts. Enfin, joint... Il ne s'est sûrement pas contenté de ça. Des anti-dépresseurs, sans doute, et beaucoup de vodka.
« Jan. Écoute. »
Björk s'approche pas à pas. La main remonte le bras et se plaque sur le cou. Il est complètement fou.
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Le matheux
Le matheux
a tracé,
le Lun 3 Nov - 19:15
« Il est complètement fou.
- Bien d’accord…
- Il veut faire le malin ?
- Même un masochiste dépressif et suicidaire ne lèverait pas la main. »

Le doigt pointé vers le plafond, le bras aussi droit qu’un lampadaire et le regard d’un cowboy concentré, Al fixait avec audace la face de Mr Garny, professeur de mathématiques réputé pour avoir fait trembler des contingents d’élèves entiers. Dix ans que le problème paraissait devant chaque classe, en début d’année, tel une guillotine inévitable ; dix ans que personne n’avait réussi à trouver la solution. Dix ans de mystère contés dans toutes les soirées Halloween qui se retrouvaient en ce jour défié par un gringalet binoclard.

« Il va peut-être faire une blague.
- Tu l’as déjà vu avoir de l’humour ? Il passe plus de temps à cracher sur les gens qu’à faire ses exercices.
- Alors peut-être… l’infirmerie ? Il fait chaud dans la pièce.
- Tu devais pas être là l’autre jour… il était plus pâle qu’un fantôme, mais y s’est levé quand même pour venir en cours. Enfin, il n’est allé qu’en maths.
- Alors c’est un fou.
- Bien d’accord… »

Le visage de Mr Garny esquissa un rictus satisfait. Après avoir fait taire les éternels parleurs du fond de la classe, il tendit solennellement la craie à son élève. Dès lors il devint comme tous les autres, un spectateur en attente. Conscient qu’il avait un poids aussi lourd que le destin du monde sur ses frêles épaules, l’adolescent se leva lentement, puis avança tout aussi lentement jusqu’au tableau noir dont les dorures auraient fait pâlir plus d’un rigolo. Al n’était pas un rigolo. Non.
Plutôt un illustre pianiste sur le point de jouer sa partition, à coups de traits blancs effrénés. Cette équation compliquée, il allait la vaincre, il allait la dompter puis la chevaucher devant l’assemblée, sous le regard ébahi de son public. Lancée dans une simple discussion deux ans auparavant, la bête n’avait cessé de hanter le jeune ado qu’il était, allant jusqu’à crier qu’on la résolve. Ce dragon algébrique déployait désormais ses ailes devant lui, prêt à souffler, prêt à le repousser, mais Al n’avait plus la moindre crainte. Serein, et à mesure qu’il écrivait sans expliquer ses calculs – s’ils n’étaient pas capables de comprendre une résolution aussi simple, il ne pouvait rien pour eux ! –, il s’approchait tout doucement de l’encolure. Une crinière flamboyante portée par le signe égal, et qu’il domina, s’appropria sauvagement, avant de sauter précipitamment sur son ennemi.

Il y était. Enfin.

Le résultat était sous ses yeux, la phrase de conclusion parfaitement bâclée aussi. Le dompteur en transpirait presque, tant il avait puisé dans ses forces vitales pour venir à bout de ce monstre merveilleux.

« Hum…. »

Les sourcils de Mr Garny sautillaient, se joignaient et se disjoignaient ; c’était ainsi que l’humble professeur de mathématiques réfléchissait. Pas un instant Al ne paniqua sur un quelconque oubli qu’il aurait pu faire, un signe qui aurait manqué ou une solution qui serait passée à la trappe. Il avait gagné, il avait capturé le pokémon shiney, dérobé le Saint Graal !

« Cela me semble juste. »

Aux anges, Al aurait presque pu sauter dans les bras de son professeur pour le remercier, ou même effectuer une petite révérence qui conclurait sa prestation. Il n’en fit rien et, après un petit regard hautain sur ses camarades – qui à vrai dire avaient depuis longtemps cessé de prêter attention au devant de la classe –, rejoignit dignement sa place au premier rang.
Mais les sourcils de Mr Garny n’avaient pas fini d’osciller.

« Cependant, voulez-vous bien revenir pour expliquer tout ceci à vos camarades ? Une correction n’est intéressante que si tous arrivent à la comprendre. »

Al lacéra brutalement sa gomme. Combien de temps allait-il bien perdre avec tous ces ignorants ? De chasseur de dragons, il était passé à animateur de centre équestre qui devait faire trotter des pouilleux sur un pégase. Il soupira profondément et obtempéra, ne désirant pas non plus qu’un autre ose résoudre l’énigme à sa place.

Il fit une dernière vérification des effectifs. Oh, que son public était attentif, comme toujours… Il constata pourtant que juste devant lui, une oreille l’écoutait attentivement. C’était ce jour-là qu’ils s’étaient rencontrés, eux les deux matheux.

Eux les deux meilleurs amis.

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Le hibou menaçant
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le Lun 3 Nov - 20:02
Eux, les deux meilleurs amis. C'était ironique n'est-ce pas ? Lui, avoir un ami sur qui compter, lui qui saigne systématiquement les gens comme des porcs. Enfin un ami... Une amie. Lui-même ne savait pas ce que c'était, mais il ne l'a jamais touchée. Mais comme ça, au détour d'une rue, à les voir simplement discuter – enfin, elle parlait, il écoutait – on aurait dit deux personnes tout à fait normales qui sortent entre ami pour... Pour faire des choses entre amis. Jamais on imaginerait que l'homme était un mercenaire assez connus. Même si cette appellation était quelque peu démodée, cela lui allait comme un gant.

Elle était petite avec les cheveux longs châtain clair, elle n'avait que 23 ans, pourtant dans sa posture, elle paraissait femme posée et très gentille. L'homme rajoutera qu'elle est énergique par moments. Un peu trop. Mais c'est ce qui faisait qu'il s'était attaché à elle. Tout ses temps libres, il les passait avec elle.

Ce jour-là, elle l'avait traîné pour aller faire des courses. Il était passé à l'improviste chez elle, alors elle n'avait pas prévu assez de nourriture. Les mains pleines de sacs, l'homme suivait silencieusement son amie, s'arrêtait quand elle le faisait, regardait et donnait son avis s'il était demandé. Malgré sa bonne humeur, l'homme ne souriait pas mais elle savait ce qu'il avait en tête, elle savait comment il fonctionnait.

Alors, lorsqu'il montra les premiers signes de fatigue, elle lui proposa de rentrer. Chose qu'il accepta sans se faire prier une seule seconde. Mais ce soir-là n'était pas comme les autres. Il se passera un peu plus de choses que prévues.
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Kahaüz vous menace en #E02D2D
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le Mar 4 Nov - 22:09
Il se passera un peu plus de choses que prévues. C'était toujours ainsi lorsqu’elle avait quelque chose d'important le lendemain, que ce soit un petit plaisir à se donner ou un grand évènement. Il y a toujours des imprévus, toujours quelqu'un pour prévoir autre chose et lui poser un dilemme.

Ces monstres qui venaient de poser ce qui lui semblait être un ultimatum étaient ses amies de l'école, des personnes qui l'appréciaient malgré ce qu'elle était; une silencieuse râleuse invétérée qui rejette les relations et sentiments face à tous. Pourquoi être ses amies dans ce cas? Elles lui trouvaient un côté qu'elles qualifient sans cesse de "mignon", même si peu de monde l'eut vu ainsi. Elle-même doutait d'une telle chose et n'était que peu persuadée par ce que pouvaient bien dire ces quelques amies.

C'étaient là les pensées qu'elle se remémorait, affalée sur sa chaise à roulettes. Dans son silence, elle pensait à ses amies, ce qu'elles avaient proposé, puis ce qui la retenait, son jeu. Elle y avait prévu un grand évènement le lendemain même, l'annuler ainsi serait dommage, alors que faire?

Elle se pencha vers son bureau pour y appuyer sa joue, ne laissant passer aucune réaction sur son visage, aucun mouvement. Si ce n'était celui de ses lèvres.

« Non... »

Elle leva les yeux au ciel, du moins, vers le mur. A ses yeux s'offraient comme souvent son portable, les deux écrans de son PC, ses mangas qui s'appuyaient au mur. Son esprit pensait tout en tentant de se perdre, de réfléchir inutilement. La réponse lui était déjà connue, mais elle ne voulait pas se l'avouer.

Elle se redressa sur son siège, poussant sur le bureau pour rouler, s'en éloigner. Au passage, elle avait pris son portable et le triturait de ses doigts; bien sûr qu'elle savait déjà quoi choisir.

Je viens avec vous demain, quel arrêt?

Dès que le message fut écrit elle lança comme à son habitude le téléphone sur son lit qui trônait non loin. Ses jambes, elle les ramena sur sa chaise roulante pour coincer son menton entre ses genoux. Le bruit d'un nouveau message atteindrait ses oreilles et elle n'aura qu'à se relever pour continuer à parler avec l'une de ses amies et voir les détails.

Au fond, elle savait qu'elle aimait ça, avoir des amies, sortir... En y pensant, elle esquissa un sourire.

La sonnerie d'un nouveau message se fit brièvement entendre.

Dans sa hâte, elle voulut se précipiter pour y répondre.

Elle tomba.
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Le matheux
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a tracé,
le Jeu 6 Nov - 23:24
Elle tomba. Comme une guillotine. Comme le verdict d’un procès sur lequel personne n’était d’accord. Comme une annonce de décès soudaine et brusque après une soirée arrosée. Comme une nouvelle guerre mondiale. Comme… Bref, tout lecteur aura compris qu’il venait de se passer quelque chose d’affreux. Cette ignominie qui provoquait la contraction des deux poignets d’Al n’était ni plus ni moins que…

« J’ai eu une meilleure note que toi ! Ahahahah ! Hé, regarde, elle est belle cette copie ! »

La première victoire de cet abruti. Qui était à deux doigts de courir tout autour de son camarade de classe en agitant sa feuille dans tous les sens. En soi, il l’avait sans doute mérité, il était plus intelligent et bosseur lorsque le chapitre lui plaisait, mais « raaah ». La simple idée d’avoir perdu dans la seule matière où il pouvait se vanter d’être bon lui donnait un amer sentiment d’être tombé du haut d’une falaise. Perdant toute sa fierté ainsi que l’estime du corps enseignant, de ses amis et de sa famille, il serait contraint d’aller s’isoler dans les montagnes pour vivre tel un ermite se nourrissant uniquement de poils de renards et de cailloux avant de faire harakir… Al n’était pas le genre d’être que l’on pouvait rationner avec des phrases aussi bateau et fausses que « Ce ne sont que des maths, voyons ! », parce que c’était justement les maths. La science suprême. Le pilier de sa fierté. Pourtant…

« Passe-moi cette feuille.
- Si tu me la déchires, je ne vais pas pouvoir l’encadrer.
- Il faudrait être stupide pour déchirer une feuille de maths.
- La tienne est méchamment fripée pourtant…
- Passe ta copie, j’ai dit. »

Malgré des réticences ouvertement marquées, celui qui avait détrôné le dompteur d’équations remit son devoir triomphal et s’assit patiemment à côté de celui-ci. Lorsque l’un d’entre eux se plongeait dans quelque chose qui lui donnait l’air de travailler, la règle était de ne pas faire de bruit. Ils n’étaient qu’au milieu de leurs années d’école secondaire, mais la première chose qui les avait réunis était l’envie de réussir. Ou du moins, pour Al, dans les matières qui l’intéressaient ; il avait abandonné pour toutes les autres. Des générations de professeurs avaient dû mourir de rire en assistant à la démonstration de son niveau en langue ou en littérature, les rares fois où l’on parvenait à le trouver dans le fin fond de la classe où il se cachait pour masquer sa présence (tel un ninja, en moins classe puisqu’il donnait plutôt l’impression de « ramasser son stylo » dès qu’on recherchait un volontaire).

« Franchement, c’était trop facile, conclut finalement le roux après un examen minutieux.
- C’est pour ça que tu as foiré. Allons tout de suite demander à Mr Garny de mettre des contrôles impossibles pour améliorer tes notes !
- Je relève le défi.
- Sérieux ? »

Après un petit blanc, qui devrait normalement précéder une réflexion pertinente, Al ne put s’empêcher de rire. Comme il ne le ferait jamais plus tard, lorsqu’il découvrirait ce monde étranger à la logique. Lorsqu’il n’aurait plus le droit d’avouer naturellement qu’il était flemmard, même lorsque cela concernait sa matière préférée.

« J’ai un jeu vidéo à finir avant… tu viens conserver ton avance ce soir ? »

À cette époque encore, les défis étaient stimulants. Ils ne donnaient pas envie de s’arracher les cheveux et de plonger la tête la première dans un aquarium à vêtements en espérant mourir le coup. Il n’en restait plus grand-chose.
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Invité
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a tracé,
le Sam 8 Nov - 14:05
Il n'en restait plus grand chose. L'atmosphère d'angoisse se volatilisait, tandis que le visage de Jan lentement s'affalait. Ses lèvres humides sur l'épaule grêle, sans que s'en intimide la captive demoiselle. La main sur sa bouche et celle sur son cou se détendirent et de geôlier il devint simple fou.

Profond soupir.

« Est-ce que ça va, Gunnel Rose?...
- Ouais, ça va, enfin ça peut aller. C'aurait pu être bien pire.
- Alors, pourquoi tu t'relèves pas?
- C'est que je suis un peu ligotée.
- Et tu dis que ça peut aller?!
- Je suis en vie, en tout cas. »

Les frères s'approchèrent de l'otage délurée, l'un dénouant les lacets, l'autre traînant Jan près d'un mur délavé.

« Tu vas m'expliquer comment t'en es arrivée là.
- Il a failli me renverser avec sa moto alors je me suis jetée sur le côté. Puis... Quand j'ai voulu me relever, il m'a attrapée par les pieds et m'a traînée là.
- Il aurait pu te faire n'importe quoi, tu sais?
- J'ai hurlé comme une tarée, il m'a suppliée d'arrêter, il m'a attaché les mains dans le dos et m'as prise dans ses bras. Et il est resté comme ça.
- Puis on est arrivés?
- Ouais.
- Mais... Il aurait pu te tuer.
- Je sais. Mais c'est juste un pauvre junkie. Complètement démolie.
- Gun, on s'en fout, de lui. Et... Qu'est-ce que tu faisais seule dehors en pleine nuit?
- J'étais allée tirer près du Båven...
- En pleine nuit!
- ... Et je rentrais à la maison.
- T'es vraiment une pauvre tarée, tu sais? Il était vraiment près de te tuer!
- Il ne l'aurait pas fait. Il murmurait mon nom. »

Spoiler:
Comme je suis une vilaine Mosaïste, je vous laisse une phrase vaguement inspirante. Mais si vous ne savez vraiment pas quoi en dire, vous avez aussi un thème à exploiter. Aka, une passion un peu glauque sur les bords 8D
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Le homard
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a tracé,
le Sam 8 Nov - 17:35
« Il murmurait mon nom. Comme ça, "Mariaaa", avec ses yeux incroyablement grands, beaux, et…
- Hiiiii ! Il est tellement canon !
- Teeeellement ! Tu as de la chance ! »


« Dans le texte, on peut observer une nette mise en avant du champ lexical de la forêt. Par exemple, ici "Les feuilles du chêne frémissaient au-dessus du sentier".... »


L'avantage énorme d'être reclus au fond de la classe, c'est de pouvoir choisir les conversations que l'on suit. Devant, le professeur parlait d'un texte passionnant pour les trois premiers rangs, tandis qu'à la gauche d'Omar se tenaient trois jeunes filles en fleurs qui passaient la journée à se raconter leur trépidante vie. À cette époque, il avait encore ses deux oreilles, il était plus aisé de s'amuser à jongler entre les fréquences comme on zapperait indéfiniment sur une télévision. Hélas, ce jour-là, la pêche n'était pas fructueuse, il n'avait pas beaucoup de choix.


« Ce soir, je vais le retrouver après les cours. Je suis restée super tard hier pour lui préparer des chocolats..
- Hiiiii ! Tellement romantique !
- Teeeeellement ! J'aimerais être à ta place ! »


« Pour la question 4, vous écrirez que la phrase employée par le narrateur renvoie à la ligne 2, au moment où Giovanni passe devant la cabane… »


Pour être honnête, même lui s'ennuyait. D'un côté, il était irrité par les crissements suraigus qui venaient de ses camarades, et de l'autre il ne comprenait rien. Il avait d'abord pensé que c'était une bonne idée de se caler tout au fond, personne n'aurait l'idée de l'interroger sur ce qu'il ignorait totalement - bien que l'immense majorité des professeurs ait totalement abandonné l'idée de lui faire retenir quelque chose - ou de le réveiller s'il finissait sa nuit. Hélas, tous ceux qui aimaient jouer aux cartes ou discuter avaient eu la même idée que lui, ce qui l'avait d'autant plus aidé à décroché.


Une boulette de papier ricocha contre son crâne. Il la regarda s'écraser juste à côté de son pied, dans l'indifférence générale. C'était sûrement deux garçons qui s'amusaient à se lancer tout et n'importe quoi sans tenir compte des obstacles, il s'était déjà reçu des gommes et même un crayon sans réagir. Parce que, comme tout le monde le disait, ça ne heurtait pas grand chose sauf un grand vide qui se débrouillait pour ne jamais avoir la moyenne. Et il approuvait de par sa simple attitude de légume.


« Maintenant que nous avons fini d'étudier ce texte, on va faire une petite discussion ! Qu'est-ce que vous en avez pensé ? »


Il regarda brièvement l'avant de la classe pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. C'était le regard de trop, les enseignants ont toujours une vision de faucon.


« Tiens, Omar a l'air motivé pour nous faire partager ses impressions. C'est bien de participer ! Alors ?
-»


Il jeta un coup d'oeil au fameux texte. Plein de lignes qui s'entremêlaient. Qu'est-ce qu'il en pensait ? Absolument rien, puisqu'il n'avait jamais lu une seule phrase, pensant que la partie était perdue d'avance. Devant, les autres élèves s'étaient retournés pour voir ce que le cancre de service allait bien pouvoir sortir. La réponse n'était pas sur leur front, ni dans leurs yeux. Ni sur le sourire figé du professeur, qui pensait être en phase de réussir un exploit extraordinaire. À 23 ans, nul doute qu'il n'aurait pas cherché très longtemps avant de répondre la première chose qui lui passait par la tête, mais il en était autrement à neuf. Surtout lorsqu'il était entouré d'une foule qui se préparait à rire pour chaque mot prononcé.


Là, actuellement, il avait peur. Il voulait se raccrocher à la fréquence des filles, se rassurer avec leur conversation invariante, mais celles-ci s'étaient tues pour assister au spectacle. Il attendit une éternité avant d'être sauvé. Totalement immobile.


« Bon, c'est pas grave, demandons plutôt à la voisine ! Alors, les aventures de Giovanni ?
- Y'a pas assez d'action, mais c'est sympa... »


Les yeux rivés sur son cahier de cours en grande partie vide, il souffla. Et le cours reprit son déroulement normal.


« Et donc, hier, dans l'épisode de Winx, vous avez vu Stella ?
- Tellement belle !
- Ouaiiis, j'aimerais être une fée aussi ! »


« C'est bientôt l'heure de manger. En attendant, n'oubliez pas le contrôle de demain ! Ce sera une dictée. »


Il laissa tomber ses affaires dans son cartable et avança nonchalament vers la sortie de la salle, le souvenir des récents évènements s'évaporant aussitôt pour penser à des choses plus réjouissantes. Pourquoi s'inquiéter, quand on pouvait manger ?
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Invité
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a tracé,
le Sam 8 Nov - 22:35
Pourquoi s'inquiéter, quand on pouvait manger ? Cela semblait être la devise de Pyro, l'un des incapables que Sonja avait embarqué à l'arrière de son pick-up pour aller fêter l'anniversaire de Gunnel dans un damné camping. Il s'appelait en réalité Roland, mais après avoir à demi brûlé l'une des tentes dès la première soirée en y allumant son briquet - il avait failli y rester, ce crétin - et, bien entendu, après avoir été sauvé par Sonja, cette super-héroïne tout droit sortie d'une série de comics douteux, nul n'avait plus songé à l'appeler par son nom et ce fut presque tacitement que la troupe de teignes qu'ils constituaient avait décidé de le surnommer ainsi. Non content de contraindre les locataires de feu la tente calcinée à se serrer avec les autres ou à dormir à la belle étoile, il se révélait aussi être d'un appétit monstrueux qui n'était pas sans exaspérer la majorité des campeurs. Inge le dévisageait d'un œil mauvais tandis qu'il engloutissait avidement sa portion du dîner - des pâtes soigneusement ratées par les demoiselles de la troupe, qui protestaient contre les critiques gastronomiques des mâles à grand renfort de slogans féministes, et servaient à chacun une généreuse part de nouilles agglutinées, gluantes et dures comme du béton. Décidément, Gunnel et lui n'avaient pas les mêmes fréquentations. Il détourna son regard vers Dick, qu'il avait eu grand peine à rameuter, et aussitôt, regretta d'avoir tant insisté. Il semblait au moins autant se régaler que l'autre idiot. Il leva un regard dépité vers Sonja, le vil cerveau à l'origine de cette calamiteuse aventure:
« Bah voyons, Inge, t'as pas touché à ton assiette... »
Oh, bon sang, si elle s'y mettait aussi...
« Tu veux de la sauce bolognaise?
- Non.
- T'as raison, intervint Farèyne, la collègue de Sonja, en laissant retomber sa fourchette de plastique sur l'assiette, faudrait l'brûler avec la tente, ce truc.
- Tu peux parler, Fa, en attendant, t'as failli te faire griller avec mon flingue et tes bières, un vrai danger public.
- L'autre, aussi, elle ramène un flingue en camping...
- C'pas en balançant des canettes vides que t'arrivera à te défendre en cas de pépin.
- Elle est parano, ta sœur, Inge. »
Ouais. Et elle avait bien raison, au vu de tous les tarés qu'elle avait embarqué avec eux. Il esquissa un sourire cynique en tendant son assiette à Dick qui lorgnait dessus depuis cinq minutes. N'échappe pas à la bêtise qui veut.
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Le homard
Le homard
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le Dim 9 Nov - 22:05
N’échappe pas à la bêtise qui veut. C’était un peu sa devise, avant comme après le passage dans l’Esquisse. Seul ou à plusieurs, il le faisait rarement exprès mais il fallait après tout avouer que le résultat était toujours aussi surprenant que consternant. S’il était chef d’orchestre, chaque doigt ajouté, chaque note jouée serait une catastrophe du quotidien.

Alors quand il était devenu serveur dans un restaurant, le village avait explosé dans un fou rire qui avait résonné aussi fort qu’un concert. Curieux, les copains d’enfance étaient venus voir ce qu’était devenu le gamin pas doué pour un sou qui avait amusé la galerie pendant quelques années avant de quitter les bancs de l’école. Affolés, les voisins regardaient d’un œil perplexe la nouvelle qui se répandait aussi vite que toute rumeur dégradante, espérant que les dégâts ne ricocheraient pas jusqu’à leur demeure. Les plus amusés étaient sans aucun doute les concurrents, qui voyaient déjà les assiettes filer telles de frisbees et les couteaux plantés dans la cuisse d’un client malchanceux. Personne n’avait songé à le féliciter pour cette légère progression, sauf le père devenu alcoolique depuis le temps. Un père qui traînait entre autres la réputation de raconter tout le temps n’importe quoi et de partir à la pêche chaque matin sans rien ramener à manger – encore un être utile à la société dont on ne vantait pas la capacité intellectuelle.

Sauf qu’Omar avait les oreilles bouchées, et qu’il était venu quand même dès le premier jour. Le sourire poussé jusqu’aux limites des possibilités humaines, avec sa chemise super-chouette que sa mère avait doublement repassé pour l’occasion. Il avait passé ces deux dernières années à s’entraîner comme il le pouvait ; on lui disait dans la famille que personne ne faisait briller la petite casserole mieux que lui. Il ne demandait rien d’autre que de se rendre utile auprès des gens qui le supportaient, aussi avait-il attendu ce jour-là avec une grande impatience. Il avait même noté le menu sur sa main pour pouvoir l’apprendre par cœur, avec des petits dessins qui faisaient ressembler l’ensemble à une sorte de peinture rupestre. Sans doute avait-on vu plus élaboré chez les hommes des cavernes.

Sa génitrice aux poignets épais et au visage disgracieux l’attendait en cuisine pour les derniers préparatifs. Angoissant pour deux, elle fit promettre à Omar de regarder où il marchait, surtout lorsqu’il tenait quelque chose entre ses deux mains, et de laisser Roberta – sa nouvelle collègue de travail qui ne lui adressait jamais la parole quand bien même elle trimait pour la maison depuis plusieurs années – s’occuper des clients qu’il connaissait. Elle avait le sentiment que quelque chose allait mal tourner, dommage que cette prudence ne se soit pas transmis via la beauté de la génétique.

Surtout quand ce sentiment devenait le plus souvent prémonitoire. Elle soupira en voyant sa progéniture se rendre en salle avec l’attitude d’une fashion victim aux soldes. Sitôt qu’elle fut retournée, elle entendit un vacarme assourdissant. Son espérance s’écrasa à plat ventre.
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a tracé,
le Mar 11 Nov - 0:49
Son espérance s’écrasa à plat ventre. Elle avait déjà trébuché maintes et maintes fois, elle avait manqué de se retrouver face dans la boue putride qui constituait le sol de ce camping maudit entre tous. Mais pour le coup, elle s'était vraiment cassé la gueule, l'espérance.
« Bordel de merde. Dick, qu'est-ce que?... »
Il avait rameuté Dick pour avoir un allié dans ce monde de dégénéré mentaux - et il se retrouvait trahi, poignardé dans le dos. Avec les rimes de Gun qui lui collaient à la peau.
« J'me casse. »
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Le misanthrope
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a tracé,
le Dim 16 Nov - 16:30
« J'me casse. »

C'est bon, il en avait marre de ces types complètement débiles. Un travail de groupe, et puis quoi encore ? Ses professeurs espéraient vraiment qu'il allait coopérer comme ça ? Qu'ils rêvent, ces cancres sont tous aussi nuls les uns que les autres, à discuter jeux-vidéo, mangas, toutes ces conneries là qui n'nt rien à voir avec le dossier de groupe. Oh oui, ses camarades avaient essayé de le retenir, ils se sont juste manger une mandale comme réponse.

Sacha est partit sans se aucune hésitation, en claquant bien la porte de la chambre de son camarade. Quand la mère du type s'est pointé, il a à peine fait une courbette pour rester un minimum poli avant de sortir de la maison aussi sec.

Il fallait arrêter deux minutes avec les conneries, ce dossier doit être fait pour dans un mois et il était hors de question qu'il perde du temps avec ces débiles. Alors il alla directement à la bibliothèque près de chez lui, prit quelques bouquins qui pourraient être intéressant pour le sujet et potasse tout seul. Et qu'on vienne surtout pas le déranger.
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Sacha vous ignore en #b03524.
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Le cadavre ambulant
Le cadavre ambulant
a tracé,
le Dim 16 Nov - 16:51
Et qu'on vienne surtout pas te déranger. Tu étais sorti de l'amphithéâtre en trombe. Le professeur s'était moqué de toi à cause d'une énième situation inexplicable. Ce n'était pas le première fois que cet homme te dénigrait, mais là, c'était trop. Tu avais rassemblé tes affaires, pris ton sac et partis. Tout le monde t'avait regardé claquer la porte. Les paroles de ce type résonnaient dans ta tête. "..., arrêtez tout de suite ce que vous faites ! On dirait un singe qui essaie de faire rire son entourage." Tu serrais les dents.

Tes pas te menèrent à la bibliothèque. Tu y passais beaucoup de temps, avec tes études de lettres, en même temps. Mais ce lieu était magique. Flâner entre les rayons, admirer les grosses reliures, souffle sur la poussière, lire sur une table vide. Un lieu exempté de conflit, de tout. Tu te dirigeas sans plus attendre vers la partie consacrée aux pièces de théâtre.

... O, P, Q, R, S. Les livres étaient classés par ordre alphabétique, et les auteurs étaient eux-même classés de la même façon. Shakespeare. Ton auteur préféré. Quand tu le lisait, tu frissonnais toujours, rempli de la tragédie de ses pièces. Et voilà Hamlet. Une de tes pièces favorites. Tu ne cessais de relire cette œuvre magique. Un pur bonheur. Tu oubliais tout.
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Fuyons.
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a tracé,
le Dim 16 Nov - 20:12
« Tu oubliais tout, tu te souviens? Dès qu'on montait sur scène, tu ne te souvenais de rien... Tu restais planté là comme un con, même lorsque ce n'étaient que des répétitions.
- C'est censé m'aider?
- Laisse-moi terminer. Tu as tellement évolué... Tu t'es tellement amélioré...
- C'est pas en me flattant que tu vas...
- Ta gueule, bougre de couillon, je ne te flatte pas. Je dis la vérité.
- La preuve, t'es avec nous aujourd'hui alors qu'il y a trois mois, on hésitait à te garder.
- Ouais, c'est vrai... Parce qu'on t'adore, mais tu pouvais rien faire. Et on avait pas envie de voir c'que ça aurait donné en concert.
- MAIS tu nous as montré ce que tu valais, Tor. Tu nous as montré qu'on avait tort.
- Voilà. Alors arrête de te dénigrer. C'pas pour rien que tu nous as à tes côtés, pas vrai? »
Gun et Lillemor hochèrent la tête aux paroles de Sten. L'un s'assit à la gauche, l'autre à la droite, et la blonde en face de l'ironiquement grêle Tor. Un sourire éclairait les lèvres du moins assuré du quatuor.
« Alors, Tor. Convaincu?
- Ouais... Ouais. Allons leur en mettre plein la vue. »
Ils se levèrent pour aller conquérir la scène. D'un seul et même mouvement. Car leurs pensées se rejoignaient tacitement: c'était leur moment.
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Le homard
Le homard
a tracé,
le Dim 16 Nov - 22:10
Bon, avec ce souvenir on se croirait un peu dans l'Esquisse mais j'arrive pas à raconter une scène normale /crève.




C'était leur moment "Nous sommes une famille tout à fait normale" de la journée. Tous autour de la table, les deux parents, le frère et la sœur mangeaient des aliments qui contrairement à la pensée populaire étaient comestibles. Il fallait au moins cela quand on dinait juste au-dessus du restaurant familial, ceci dit, et quand bon nombre d'ingrédients venaient du marché - parce que le supermarché le plus proche n'était absolument pas proche. L'entrée fumait au centre de la table, c'était un bon plat de pâtes gigantesques recouvert de sauce au basilic. Ou de basilic à la sauce, quand on était un peu rabat-joie.

« Bon, chéri, tu sers ?
- Qué ? Ah, les pâtes, ma attendez, on a pas servi le vin !
- Je peux le faire Maman si tu veux !
- Fais attention à pas te brûler Dalia.
- Chériiie, il est où mon vin ? J'l'avais mis ici ! »

En soi, le père n'était pas un mauvais bougre. Pas le genre qui irait taper des gens pour avoir sa bouteille du jour ni à se comporter comme une brute avec ses propres gosses, il était plutôt le troisième enfant du foyer qui faisait ses caprices pour un oui et pour un ricard. En 2011, il avait déjà tout raccroché, tout perdu de son air de guerrier des mers qui avait fait chaviré - sans mauvais jeu de mots, bien sûr - son épouse et animé plus d'un repas. Ouep, les choses avaient changé, le temps était passé par là et pourtant, depuis des années, ils n'avaient jamais pensé à s'arrêter là. Pas de dispute au sujet de l'alcool, pas d'engueulade parentale à l'ancienne. Peut-être qu'ils étaient tous trop bêtes pour se dire que quelque chose n'allait pas, c'était ce qu'on disait quand on voyait le vieux se ramener à trois heures du matin parce qu'il avait manifestement oublié l'emplacement de sa demeure (un sens de l'orientation héréditaire) ou les dettes se reproduire comme des lapins au restaurant.

« Tiens P'pa !
- Grazie mille, fiston. (en remplissant son verre à ras bord et en vide la moitié) Les pâtes, maintenant, pour accompagner tout ça ! »

Mais au fond, c'était juste parce qu'ils s'aimaient trop. Ils ne pouvaient laisser tomber ni le père alcolo, ni la mère qui se faisait arnaquer six fois par jour, ni le fils maladroit et stupide, ni... À vrai dire, pour l'instant, on n'avait pas encore trouvé le défaut de Dalia qui la faisait rentrer dans le groupe des cas sociaux. Comme si la nature avait voulu se faire pardonner pour les fois précédentes en équilibrant un peu la balance - c'était une différence que personne ne remarquait, surtout pas lorsque le plat de pâtes circulait de main en main et que l'on se concertait sur le programme télé du soir. Entre la génitrice qui voulait voir cette émission d'amour sur Rai 1 et l'autre qui voulait plutôt re-voir pour la troisième fois ce film américain où il y a des avions qui explosent, on finissait par lancer la télécommande en l'air au premier qui l'attraperait. (les objets électroniques ne faisaient jamais long feu, encore heureux qu'on avait plus de "machin où faut taper sur des boutons pour écrire des lettres" depuis que le dernier était mystérieusement tombé par la fenêtre, droit sur la tête d'un voisin qui avait moyennement apprécié l'affaire)

Cette fois, alors qu'il tentait de se servir, c'est Omar qui réceptionna le précieux outil à choisir le programme télévisé. Le temps de tilter, il avait déjà presque mis sa deuxième ration au-dessus de son assiette. Le père, prêt à tout pour voir les parachutistes et les bombes, se précipita aussitôt sur le lieu d'atterrissage en criant un vague « MOI !! » impressionnant en termes de volume. Tout le monde était sidéré par la performance, si l'on pouvait considérer les sourcils perplexes de la mère et de la fille comme une marque d'admiration.

« Sans casser l'assiette ! Ça mérite bien un pastis, ça, chérie ! »

Il jongla avec la pauvre télécommande et zappa sous les applaudissements du foyer. Le pastis fut amené au vainqueur, qui se fit généreux et en partagea le tiers. Aussitôt, on apporta comme si de rien n'était la viande. Omar n'avait même pas remarqué qu'au final, son plat de pâtes avait fait connaissances avec le sol plutôt qu'avec son estomac. Il savait qu'il y en aurait de nouveau le lendemain.
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Invité
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a tracé,
le Mar 18 Nov - 21:14
Il savait qu'il y en aurait de nouveau le lendemain.
En fait, cela paraissait tellement évident que la pensée même en devenait stupide. Il contempla l'écrivain. Et la feuille.
Les mots que celui-ci venaient d'y coucher étaient bien trop nombreux. Il souhaita de toute sa force mentale qu'une fois terminé, son roman ne soit pas publié. C'était un peu pour son bien aussi, après tout. Si son manuscrit avait le malheur d'être démultiplié en ne serait une dizaine d'exemplaires, nul doute que certaines pauvres gens gaspillerait à la fois leur argent et leur temps.

Le même écrivain, tout en absorbant sa dose quotidienne de café, respirant les vapeurs chaudes du liquide d'une expression désabusé croisa le regard dégoûté de son ami, un garçon blond d'une quinzaine d'année qu'il avait rencontré quelques semaines plus tôt. "Ami" était un grand mot. Il n'était pas sûr de la nature de leur relation, au fond.
L'homme ne comprenait pas. C'était une incompréhension si vaste qu'elle en devenait dérangeante.

Pourquoi, Walter? Pourquoi viens-tu ici alors que tu hais les livres et tout ce qui s'en rapproche? Je pourrais croire que tu mens, que tu as honte d'une passion, vu tous les romans que tu ingurgite à la chaîne, mais je vois ce dédain que tu accordes à ce que tu considères comme des aberrations. Des ordures.
Pourquoi restes-tu près de moi toute la journée, me regardant vider mon encre noire sur le papier? Une encre que tu détestes, autant que tu me détestes, moi. Tu ne prends même pas la peine de camoufler tes sentiments, tu me les affiches hostilement, pour je contemple ta haine dans toute son ampleur.
Pourquoi... Pourquoi suis-tu ce festival, bon sang? Pourquoi es-tu sympathique avec moi, comme ta voix peut-elle être si joviale alors que ton attitude traduit exactement le contraire?

Walter, de son nom terrien, rendit un sourire à celui que lui tendit l'écrivain. Il se replongea dans sa lecture, avec cette atroce répulsion caractéristique qui lui donnait juste envie de vomir.
Vraiment, mais quelle horreur. Quelle horreur de se souvenir.

(Je voulais mosaïquer mais y'avait pas l'inspiration >> En plus y'a même pas de carotte, ni de poireau, ni de tomate, ni de manger D: Quelle tristesse.)
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Le coach ailé
Le coach ailé
a tracé,
le Lun 24 Nov - 19:24

Quelle horreur de se souvenir.
Quelle horreur d'imaginer ce monde où le ciel est bleu et où l'ordre règne. Quelle horreur de se dire que l'on préfère la situation telle qu'elle est, dans le rose et l'anarchie.

Eelis est né lorsqu'Eelis lui-même s'ennuyait. Il ne comptait à ce moment-là plus les jours qui s'étaient déroulés, mais plutôt ceux qui restaient à passer dans la solitude. Quelques bouquins empilés à côté de lui, un plafond trop bas, un évier qui parait toujours sale peu importe le nombre de fois qu'on essaie de le nettoyer et surtout ce lit détestable dans lequel il n'aurait presque pas conseillé à son pire ennemi. L'homme d'âge avancé en a assez, de cette pièce qui l'étouffe toujours un peu plus.

Eelis est né lorsqu'Eelis lui-même voulait voyager. Une feuille, un stylo, de bonnes idées ; même la première andouille peut écrire tout ce qu'elle veut avec ça, et ce malgré un style des plus ignobles. Dans les fautes et les lettres pointues est né un finlandais un peu volage, un peu niais, très stupide. Un homme qui est allé au bout du monde pour rencontrer des gens sans s'enchaîner nulle part, et qui continuera à le faire dans l'Esquisse.

Qui n'a jamais souhaité être son contraire ?





La phrase est un peu difficile donc si jamais vous n'y arrivez pas, euh, vous pouvez reprendre une thématique que vous souhaitez dans mon message (le voyage ou au contrairement l'isolement, le changement radical, l'écriture, l'invention... peu importe)




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Cuiiiii !
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