L'envers du décor

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a tracé,
le Jeu 5 Nov - 9:44
Les lumières. Vives, sans doutes trop. Rlle cligne des yeux, éblouie. La sueur coule sur ses joues, ses bras, plaque ses cheveux contre son crâne. Elle est épuisée.

Lui est anxieux. Au bord de la crise de nerf. Il fait les cent pas, a le regard fou. Il tente de s'accrocher aux infirmières qui passent, bombarde de questions les médecins affairés. Il a envie de partir, se sent nauséeux.

La porte s'ouvre. Le médecin sourit, malgré la fatigue qui l'envahit. Ses mots sonnent comme du miel.

Il la revoit enfin, s'inquiète un instant de la voir si pâle. Elle n'est plus seule. Ils ne sont plus seuls.

«Appelons-la Juliette, qu'en penses-tu ? Comme mon arrière-grand-mère. »

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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a tracé,
le Ven 6 Nov - 10:31
Premier morceau de mosaïque:
.
Il tourna la première page.

Pas de doutes, l'histoire allait être aussi barbante que le présumait la couverture, avec son dessin débile de séducteur en habits de troubadour dessiné à la main. Non mais sérieusement ! Qui encore pourrait croire à des bêtises pareilles ? Ce qui plaisait aux filles, c'était les gros machos musclés et salaces, pas les gringalets déguisés en Robin des Bois qui utilisent leur tête. Comme si une nana allait préférer un poème à la con à un bon vieux cocard des familles !

Mais ça, c'était la faute de Jérémy. Encore et toujours Jérémy. C'était toujours sa faute quand Arthur se mettait dans des plans pas possibles. Et cette idée de cours, c'était bien son style. Qui d'autre pourrait croire qu'apprendre a gesticuler avec des rimes ferait craquer les filles ? Jérémy bien sûr. Jérémy et ses yeux émeraudes qui petillaient en expliquant que le cours de théâtre recherchait des figurants. Jérémy pour qui Arthur aurait fait n'importe quoi.

Les amis, ça rapporte que des ennuis.
Deuxième morceau de mosaïque:

Il n'y avait qu'une façon de régler le conflit.
Du moins, selon le Chevalier-Poète.Et naturellement, c'était la plus débile : provoquer en duel de poésie le vieux comte Däiwel.

L'adolescent boutonneux soupira excédé, reposant l'ouvrage avec violence. Mais quelle connerie ! Il avait un arc, pourquoi ne tuait-il pas le comte en douce en accusant les villageois ? Ces crétins de villageois qui passaient leur temps à le traiter de voleur alors qu'il se cassait le cul à diminuer les impôts ! Arthur les aurait déjà tous fait pendre ou décapiter pour l'exemple. Mais Arthur n'était pas le valeureux et honnête Chevalier Maximilian, il était un simple adolescent au biceps flasque et au teint de zombie. Sa guerre n'était pas contre la cruauté et l'injustice, mais contre des zombies malfaisants et les interros surprise. Et surtout, surtout...  Arthur gagnait plus souvent la Ligue Pokémon que le sourire d'une fille, quand ce salopard de Maximilian avait toutes les filles à papa à son bras d'un claquement de doigt. Bref, Arthur rageait dans son coin sur ce bellâtre d'encre, que même Jérémy trouvait "classe, frais et trop rusé".

Mais heureusement, Arthur allait jouer un de ces cons de paysans, et ne verrait donc pas la majorité des succès du personnage principal, joué sans nul doute par le bad boy du lycée, qui attirait des étudiantes de la fac jusqu'aux minus de sixièmes avec leurs visages de gamines. De toutes facons, tout lui réussissait, a cette montagne de muscles dorés et à la gueule d'ange; même ses parents s'étaient donnés le mot pour être riches. Comme si ça ne suffisait pas qu'il ait un physique a couper le souffle, il lui fallait des yeux bleu glacial et un héritage conséquent. Et il allait bien sûr avoir le beau rôle, et Jérémy serait aux anges devant lui.

Arthur envoya valser, pour la forme, son classeur. Les anneaux, excédés de ces mois de mauvais traitements, se tordirent un peu plus contre le mur, libérant leur précieux paquetage de feuilles quadrillés, qui tombèrent en un tas desordonné, pareilles aux plumes d'une colombe tuée en plein vol. Au comble de l'agacement, Arthur sortit en claquant la porte de sa chambre. Une réplique, qui fit d'ailleurs tomber, au grand désarroi de sa mère, le cocker en porcelaine, lui fit comprendre que son fils était sorti dehors.

Heureusement que son père n'était pas là.
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