Concours n°7 ■ VOTES JUSQU'AU 20/02

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le Jeu 11 Fév - 21:30

Concours 7 - Place aux votes !


Il semble que le syndrome de Derpina ait fait de nombreuses victimes, et il est temps de découvrir le résultat de cette fameuse période d'épidémie sur les huit joueurs qui se sont prêtés au jeu de l'interprétation !

Mais avant de vous lâcher, place malgré tout aux consignes de "vote". Cette fois, point de séparation entre "grand gagnant" et mentions, histoire de changer un petit peu ; vous ne voterez que pour les trois mentions, et nous aurons donc trois gagnants ! (à moins d'un égalité) Ces mentions sont naturellement associés à tous les aspects de ce concours ♥
■ Mention de l'audace : Oser se détacher de l'imitation et du personnage, se lancer dans un personnage/sujet compliqué, ou encore aborder un thème "particulier"... C'est le texte qui selon vous a pris le plus de risques ou vous aura particulièrement surpris.
■ Mention de l'imitation : Coller à la perfection à son sujet et prendre jusqu'à la plume de l'auteur pour y coller des mots parfaits - à tel point que l'on en dirait sans cesse "C'est l'original" - n'est pas facile, tout comme l'audace, mais c'est justement pour cela qu'il faut louer ceux qui ont parfaitement collé à leur personnage.
■ Mention de l'intérêt : Vous avez découvert une nouvelle facette du personnage, vous le comprenez différemment, vous voguez dans un souvenir ou dans une situation que vous n'auriez pas prédite… Bref, le texte qui vous aura le plus intéressé.
■ Mention spéciale : Une fois n'est pas coutume, place au coup de cœur ou au texte qui ne vous aura pas laissé indifférent mais que vous ne pouviez caser ailleurs. (Purement facultatif, comme d'habitude, c'est si vous en avez envie !)

Pour rappel :
■ N'oubliez pas de voter sous balises "hide", à la suite de ce sujet.
■ L'anonymat, naturellement, jusqu'à la fin des votes. Toutefois, vous pouvez lancer de perfides indices dans votre hide, pour que ceux qui ont déjà voté découvrent qui vous étiez et le gardent pour eux.
■ Un nom par mention, et sans ambiguïté. Vous pouvez voter pour vous-même (sauf mention spéciale) ou un texte qui parle de votre personnage.
■ Dans tous les cas, on argumente ! (le cas échéant, votre vote ne sera pas compté)

Sur ce, bon courage aux votants, bon stress aux participants… et pour ces derniers, n'oubliez pas : il y a certes des mentions, mais au final, tout le monde va gagner quelque chose en RP ♥ (les gagnants auront juste droit à la tartyflette et à un petit truc en plus s'ils veulent)

PS : Pour ceux qui veulent encore écrire, n'oubliez pas que le 17 février, on clôt les participations pour la catégorie libre, où vous choisissez qui vous interprétez ♥

PS2 : Après lecture, Folie peut confirmer que niveau nuance de tonalité, ce concours envoie du lourd ! (on fait toutes les teintes, du plus comique au trash, c'est parfait)



Les textes



Arthur



   Arthur jeta un regard effaré autour de lui avant de se décider à intervenir. En force.

   «STOP ! Tout le monde se calme ! Tout le monde, j'ai dit, ajouta-t-il à l'attention d'une cuillère un peu trop enthousiaste. Vous allez un peu loin, il me semble ... »

   Le jeune homme jeta un regard noir sur l'assemblée d'objets qui l'entourait avant de finalement prendre, en soupirant, la couronne en mousse que lui tendait le portemanteau à plumes.

   Vous pensez que vous avez loupé un truc ? Ouais, je crois aussi. On rembobine.

   Arthur, ce matin-là, n'avait absolument pas prévu de sauver une théière. Encore moins une princesse théière. Mais en voyant la "demoiselle" en détresse, son sang de chevalier n'avait fait qu'un tour (bon, peut-être deux, mais guère plus). Il s'était empressé de faire fuir l'agresseur -une Converse géante qui tentait d'aplatir la malheureuse théière pour une raison inconnue- à coup de fausses notes sur son instrument de musique, un fluiturge de panneau ... Non, un fluiteau de Panacée ... Euh, une flûte de Pan assez particulière. Un instrument de musique, quoi. Cela avait été étrangement facile. Il fallait croire que les chaussures n'aimait pas la bonne musique.

   La Princesse Théière et sa cour avaient été reconnaissantes.
   Trop reconnaissantes, peut-être.


   Au début, Arthur était tout simplement ravi de voir tous ces objets pacifiques frétiller de joie autour de lui. Il n'avait jamais vraiment eu de cour d'admirateurs, et il devait avouer que c'était tout de même agréable de se sentir apprécié. Il avait commencé à s'inquiéter lorsqu'un portemanteau surmonté d'une touffe de plumes roses fluo -elles brillaient sans doute dans le noir- s'était approché avec dans les mains... les patères un coussin rouge... surmonté d'une couronne en mousse.
   Malgré leur incapacité à parler, les objets lui avaient vite et efficacement fait comprendre qu'il voulaient faire de lui leur roi. Arthur avait humblement refusé.
   Tout aurait pu se terminer ainsi, si un objet un peu trop enthousiaste n'avait pas fait mine de se jeter sur Arthur. Probablement prenait-il mal le fait que le preux chevalier ait refusé une offre aussi honorifique. Toujours est-il que le plus fidèle partisan de la Princesse Théière, un sachet de thé à taille humaine, avait dû intervenir, bientôt suivi de la Gouvernante, une tasse rondelette. Et la situation avait dégénéré.



   Arthur jeta donc un regard effaré autour de lui avant de se décider à intervenir. En force.

   « STOP ! Tout le monde se calme ! Tout le monde, j'ai dit, ajouta-t-il à l'attention d'une cuillère un peu trop enthousiaste. Vous allez un peu loin, il me semble ... »

   Le jeune homme jeta un regard noir sur l'assemblée d'objets qui l'entourait avant de finalement prendre, en soupirant, la couronne en mousse que lui tendait le portemanteau à plumes.

   «J'accepte, si cela vous fait plaisir, mais ne vous attendez pas à grand-chose non pl- OUMPF ! »

   La gouvernante s'était aussitôt jetée avec force dans ses bras, pour autant qu'une tasse puisse faire ce genre de choses. Les objets avaient ensuite porté en triomphe un Arthur un peu déboussolé, mais tout de même ravi de l'attention qu'on lui portait. Son sourire disparut lorsqu'il vit deux objets poser une couronne de fleurs sertie d'un voile sur le couvercle de la théière.

   Il avait dû fuir avant d'être marié de force à la Princesse. Il préférait tout de même les demoiselles à forme humaine.


Cydna



Tu te réveilles enfin ? Pas trop tôt, ça fait des heures que tu roupilles ! Tu m'as fait une de ces frayeurs tout à l'heure... J'ai bien cru qu'on allait y passer... Franchement, ne me refais plus jamais ça. Comment ça, me taire ? Ce serait plutôt à toi de te taire ! Tu as vu dans quel état tu te trouves ! Depuis que t'as foutu le pied dans cette base militaire tu n'arrêtes pas de jouer les kamikazes. Ça te sert à quoi, tout ça ? Tu te prends pour une héroïne ? Une guerrière ? Ah. Tu fais ça protéger la base, tu dis... Tu parles... Tu fais ça pour les beaux yeux de cet abruti de rouquin, oui ! Oh. Je parle de lui comme je veux. Et tu ne vas tout de même pas encore le défendre après ce qu'il t'a fait ? Tu veux que je te rafraichisse la mémoire ? Il t'a envoyée tout droit au suicide ! Il t'a laissée seule pour repousser les assauts des objets ! Et tu peux me dire ce qu'il foutait pendant ce temps ? Oui, c'est cela, il était probablement en train de "superviser"...  Allons, ne sois pas aussi stupide que lui. Tu sais tout aussi bien que moi qu'il se sert juste de toi. Il te manipule. Il est comme tous les autres déchets qui pullulent à travers la base. Quand il n'aura plus besoin de toi, il se débarrassera de toi de la même manière qu'il a jeté sa chère Roxie... Plutôt amusant, non ? Tu ne vaux pas plus à ses yeux qu'un pauvre bout de ferraille !

Oh, tu sembles nerveuse... Un problème ? Ah, je sais. Tu voulais me frapper, mais tes bras et te jambes ne t'obéissent plus ? Quel dommage... Mais depuis quand croyais-tu contrôler ce corps, au juste ? Tu pensais peut-être que tu maîtrisais la situation ? Que tu es naïve... Tu en as fais plus qu'assez. Désormais, c'est à mon tour de m'amuser... Alors sois gentille et laisse moi reprendre les choses en main...

Eh bien... Par quoi allons nous commencer, maintenant... Oh, tu n'as toujours pas compris ? C'est pourtant simple : c'est moi qui mène la danse, cette fois. Idiote. Avec toi aux commandes on ne tiendrait pas trois jours de plus... Mais ne t'inquiète pas, je suis sûre que je m'en sortirais bien mieux que toi. Je sais comment gérer les choses pour que nous puissions avancer... Inutile de t'emporter, tu n'as pas ton mot à dire sur la question. C'est frustrant ? Sache que ce n'est rien en comparaison de tout ce que tu m'as fait subir...

Eh, mais si ce n'est pas ton ami le rouquin qui déboule par là ? Mon dieu, cette manière qu'il a de te regarder dans les yeux... Écœurant. Enfin, on peut dire qu'il tombe à pic, pour une fois... Nous avions tant à lui dire. Oh, il vient vers toi. Il a l'air inquiet, comme c'est mignon... Si j'étais toi, j'en rougirais presque. Attends. Mais c'est qu'il joue les comiques en plus ! Il se croit peut-être drôle, à plaisanter dans cette situation ? Quoi ? Bien sûr qu'on est dans un sale état ! Qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Que les objets allaient nous inviter à prendre le thé pendant qu'on leur jouerait un air de trompette ? Non mais j'y crois pas, tu as vraiment pris des risques pour "ça" ? Je vais lui dire deux mots, moi...

Regarde un peu, il suffit que je murmure son nom pour qu'il se mette dans tous ses états... Quelle plaie. Un vrai gamin.

« Eh, Al, il faut que je te dise un truc... ♥ »

Ne t'en fais pas, tu me remercieras plus tard...


Thalès



Il se faisait tard. Il allait, revenait dans le laboratoire, faisait les cent pas. Au fil de ses aventures, il avait amassé plein, plein de choses, des remèdes folkloriques, des herbes multicolores, des sirops fluorescents. Des piles s'amassaient dans cette petite pièce sans fenêtres. Un néon rose éclairait cette salle blanche, terne, morte – comme son esprit. Il prenait une crème, l'ouvrait, la renversait, la faisait couler et voilà qu'elle lui faisait un sourire. Un SOU-RIRE. BORDEL.

Enfin, de toute façon, Thalès était bien habitué à ce genre de conneries. Il réessayait de s'imaginer la Terre, la fac de médecine, ses amis, mais plus rien ne lui venait à l'esprit. Comme si tout était parti, comme si tout s'était envolé. Une sorte de fumée grise embrumait son esprit. De toute façon, il était devenu blanc, plus rien n'avait d'importance. Il revoyait pourtant le ciel bleu, les arbres, mais aucune chose propre à son passé. Cela n'avait aucun sens. Il essayait toutefois de se racrocher à la médecine, à son frère. Mais rien. Il jeta la crème par terre, et celle-ci se répandit sur le carrelage, avant de s'amasser en un tas et de ramper vers un trou dans le mur. Il se frotta les yeux, se mit sur une chaise et pris un stylo. Il prit plusieurs tubes à essais, les numérota et les remplit de différents mélanges, avant de secouer, d'agiter, pour découvrir des choses … mieux vaut ne pas savoir ce qu'il y avait dans ces tubes et, par extension, dans l'esprit de Thalès. Il devait peut-être avoir envie de tuer des gens, là.

Et cela ne manqua pas. Quand un client vint le lendemain, pour soigner des apparitions de licornes sur lui, il lui donna, sans réfléchir, avec un léger sourire, un de ces tubes mortels. « Tenez, cela va calmer votre peau et faire partir les licornes. » Le jeune homme prit le tube, sans répondre – sacrés licornes qui gesticulaient – et l'avala cul-sec. Rapidement, les licornes se mirent à tournoyer, tellement forts, tellement vite, que le garçon s'écroula et restait là, tandis que les animaux disparurent. Cela avait bien fonctionné, mais, il faut croire que le dessinateur crédule était mort. Soit. Thalès ouvrit la fenêtre de sa salle d'attente, vide, et jeta le corps par la fenêtre. Il avait spécialement creusé un trou pour toutes ses victimes, et personne ne l'avait remarqué, et lui avait déjà oublié qu'il avait volontairement tué cet adolescent. Il regardait toutefois le trou avec un regard plein de haine et de mépris.

Une voix l'appelait. « Thalès, Thalès ! Regarde ce que j'ai trouvé ! » et Pythagore arriva en lui montrant une fleur – qui était en train de l'insulter. Le scientifique aurait pu être en train de rire – très fort – devant ce spectacle désolant. Mais non, il culminait de rage. Il en avait ras-le-bol de ce monde insensé, de ce monde où il n'était plus, où son frère n'était plus, où plus rien n'était. Il se sentait trop différent. De la haine, du dégoût et de la tristesse se mélangeaient en lui et formait quelque chose d'étrange, de mortel, comme cette potion léthale. Il baissa les yeux et sortit, laissant son frère seul dans la pièce, le pot entre les mains, silencieux et les yeux rivés sur le sol.

Et il ne revint jamais dans le petit hôpital. Plus jamais ne vit-il son frère, plus jamais ne s'adonna-t-il à des expériences bizarres. Il tombait en lambeaux. Et plus rien ne le retenait. Mais il ne pouvait pas mourir. Il rongeait ses doigts d'un blanc cadavérique.

Allait-il le retrouver ?


Arthur n°2



Peste soit de cette boîte de sardines probablement centenaires ! Voilà bien l'odeur la plus atroce qu'il fut jamais imposé à Arthur de porter ! Enfin, au moins, personne ne s'en plaindrait, dans sa chère Plaine, mais il lui faudrait bien un moment se refaire une toilette convenable. Et naturellement, comme les cabines de douche, ça courait pas la Plaine... Tiens, si ? En voici une qui ne s'en privait pas. « Tant mieux, ça m'évitera de trimballer cette senteur jusqu'en ville », se disait-il.
« Par ici, petite... »
*SBAF !*
« Hmmrgl, ça attendra une cabine moins récalcitrante... j'ai pas l'air plus propre affalé dans la poussière... »
Déjà abattu, Arthur reprit sa route vers nulle part... et, c'est bien connu, c'est en ne cherchant rien que l'on trouve toujours quelque chose. Comble de l'ironie, il fallait que ce soit une dame assise loin des commentaires de ces foutus urbains, et dont la douceur se reflétait au travers de chacun des coins de son magnifique et délicat sourire ! L'opportunité parfaite, et évidemment, ÉVIDEMMENT, il fallait que ça tombe le jour même où il sentait la défection d'un animal marin n'ayant plus vu la mer depuis l'épopée de Didon de Carthage !
Donc ! Il lui fallait retrouver la douche. Il se devait d'être propre pour rencontrer l'égarée ! Ou alors il pourrait lui faire la cour de loin ? Pfeuh... Pour répondre quoi, si elle lui suggérait de s'approcher... ? « Désolé, j'ai fait vœu de solitude pour racheter mes fautes sociales ! » Pfeuh... Remarquez, ça restait moins aléatoire que d'affronter la cabine dissidente...
Mais un véritable héros reculerait-il de la sorte face à un simple amas de plomberie !? Jamais ! Au nom du respect du sens olfactif de la dame, une victoire devait être remportée en ce jour ! Toutefois, si Arthur décelait la possibilité d'obtenir celle de la sagesse sur l'animosité plutôt que l'annihilation, il la prendrait sans hésiter, d'autant que ses talents de combattant étaient... zéro. Ne s'étant pas montré brillant lors de sa première tentative de camaraderie entre l'homme et la nature, Arthur considéra la solution de l'infiltration. Si, si. S'introduire dans l'Objet (en toute amitié) et s'en servir à son insu... le plus fou, c'est qu'Arthur approuva cette solution et partit illico la mettre en pratique. Mais un parfum d'huile de vidange ornée de plancton vieux des couches sédimentaires soutenant la première Pangée, même sans nez, ça se sentait. Et comme une image vaut mieux qu'un long discours, la scène à suivre pourrait remplacer la définition du mot « échec » dans le dictionnaire.
Marre de toutes ces humiliations ! Arthur perdit son sang-froid et décida de menacer proprement la cabine... Et ce fut le massacre. La douche paniquée commença à cracher de l'eau partout, si bien qu'Arthur dut rebrousser chemin aussi sec, quoique trempé. Fort heureusement, la bravoure d'un innocent chevalier se devant d'être récompensée, cet arrosage improvisé l'avait miraculeusement débarrassé de l'humiliant fumet qui l'agréait, et il retrouverait sitôt ses vêtements séchés une tenue convenable.
Mais malheur, car à quelque distance de là, la dame se levait ! Arthur s'en rendit compte en retournant vers elle, il fallait l'approcher ou elle s'en irait ! Reprenant courage plus vite qu'un politicien la parole sur un plateau TV, il courut jouer dans un ultime espoir la carte de la vérité, la dernière de sa main. Le seul intérêt qu'il suscita fut hélas la compassion devant une situation parfaitement honteuse en lieu de l'admiration à laquelle il avait voulu la forcer par des jeux de séduction menés en état plus... crédible.

Iris



Il n’y avait personne.

Iris se mouvait comme une ombre dans le manoir aux dorures rendues fades par le temps. Les quelques tableaux semblaient la regarder. Ils semblaient contempler la silhouette frêle de cette fillette aux airs de grande sainte, comme mue par quelque force supérieure. Ses yeux inquiets parcouraient les corridors interminables. Petit à petit, s’ancrait en elle un profond sentiment de solitude.
Il n’y avait plus personne.

« … Ervin ? Robyn ? »

Jamais sa voix ne parut aussi cristalline, aussi fragile, qu’à ce moment précis. Sa crainte se dessinait sur son visage de poupée, alors que ses pas la conduisaient vers un but qu’elle ne connaissait pas. Comme si le hasard allait arranger les choses de lui-même. Elle stoppa net. Allons, Iris. Ressaisis-toi. Respire. Ils sont là. Ils t’entourent, toujours. Tu y veilles depuis le tout premier jour, à ce qu’ils restent auprès de toi.

Elle regarda par la fenêtre. Oh, bien sûr. Ils devaient être là-bas, au dehors. Depuis que ce drôle de bâtiment avait fait son entrée, chacun s’y affairait dans l’espoir de trouver… quoi ? Des réponses ? De l’aide ? À quoi bon ? L’important, ici, c’était de rester ensemble, tout près, tout proche. Une guerre se trouvait sur toutes les lèvres. Elle sortait de la bouche de quelqu’un, pour se coller dans celle d’un autre, et ainsi de suite. La guerre. La guerre. La guerre. Et pour elle, il n’y avait plus rien. Plus d’attention. Plus personne à aider. Ne s’entraidaient-ils pas déjà ?

Elle replaça en arrière ses délicates mèches corbeau, repassa d’un geste machinal sa jupe. Quelque chose la titillait. C’était comme un insecte gênant impossible à attraper : d’abord ça gêne, un peu, puis ça va en grandissant, encore et encore, et enfin ça ne peut plus s’ignorer. Goûter au venin de la frustration. Embrasser la solitude. La jeune fille ne pouvait s’y résoudre.

Qu’importaient les guerres imminentes et les paix illusoires. Son cercle d’amis s’effaçait. Ceux avec qui elle devait rester. Ceux qu’elle se devait de protéger, de tout son cœur. Rester dans le manoir n’était pas une solution viable. Il lui fallait sortir de ce vieux royaume.
Et trouver, au dehors, quelqu’un qui prendra la main qu’elle tendra.

Sans hésiter.


Drew



Les vacances étaient à mourir d'ennui. L'éternelle pluie londonienne tambourinait contre la fenêtre de sa chambre. Un jour où le soleil baignerait de ses rayons radieux la ville ? Elle pouvait toujours rêver. Son frère, quant à lui, était toujours plus chanceux, avec ses amis, il partait pour Barcelone. Drew pouvait se réjouir en songeant que son frère allait goûter aux grandes joies des plages remplies à ras bord de touristes. Dans le genre, on pourrait rapprocher ça de l'élevage intensif. Elle avait décidé de passer la journée penchée sur son bloc notes, à dessiner, à écrire quelques de ces pensées lui passant par la tête. Elle appréciait le calme du moment, d'être dans sa bulle, tranquillement, dans sa chambre.

Elle entendit la mélodie familière de son téléphone portable. Lorsqu'elle décrocha, elle entendit la voix de sa meilleure amie, Kate. Un sourire naquit entre ses lèvres. Elle lui proposait de passer chez elle, histoire de jouer à des jeux vidéos, ou à regarder des séries. Et Peter aussi sera présent. Elle accepta tout de suite l'invitation, puis fila comme une flèche prévenir sa mère. Elle savait que sa mère allait accepter, elle qui n'aimait pas quand sa fille s'isolait ou restait pantouflarde. Drew alla se préparer ensuite, puis sortit de la maison, prenant la direction de la demeure de son amie. Sans oublier son bloc notes bien sûr, lui qui était un prolongement d'elle-même, un prolongement de sa conscience, de son esprit, peut-être même de son âme. Elle ne serait sûrement pas au meilleur de sa forme s'il arrivait un jour quelque chose à son précieux bloc notes. Et encore, ça n'était qu'un doux euphémisme. Elle en avait toujours été inséparable, depuis qu'elle l'avait eu entre ses doigts.

Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas revu ses deux meilleurs amis, depuis le début des vacances, plus précisément. Elle tenait à ses deux amis, avec qui elle avait pu établir un équilibre social. C'était presque un second chez elle, lorsqu'elle allait chez Kate. Combien de fois s'étaient-ils tous retrouver ensemble, dans sa chambre, à longuement parler de tout et de rien ? Tous ces moments agréables passés ensemble, Drew en faisait toujours un nouveau souvenir inoubliable.

Ses deux amis l'accueillirent chaleureusement lorsqu'elle arriva, puis ils s'installèrent dans sa chambre, sur son lit. Kate sortit rapidement de la chambre pour aller chercher de quoi manger en regardant Doctor Who, puis Drew s'approcha de la petite étagère sur laquelle étaient posées toutes les figurines que collectionnait son amie. Apercevant un personnage qu'elle ne connaissait pas mais qui l'intéressa, elle se mit à tourner les pages de son bloc notes pour trouver une place. Elle ne trouva aucune place pour tracer une esquisse.

Son bloc notes était terminé.

Tant de souvenirs avaient été gravés. C'était une page entière de sa vie qui venait de se clore. Et elle n'allait pas en avoir un autre avant un petit moment. Mais c'était comme une drogue, comme une chose dont elle ne pouvait jamais se séparer et dont elle était purement et simplement accroc. Comment diable allait-elle donc terminer cette journée, sans avoir de quoi dessiner ? Son opium, son confident... C'était presque comme la perte d'un être cher, au fond. Voyant le changement d'ambiance, Peter lui posa une question, qu'elle n'entendit pas. Elle entendit ensuite Kate revenir, avec de la nourriture, mais aussi avec un paquet cadeau.

-Joyeux anniversaire en retard ! Lui dit-elle en lui tendant ce dernier.

Elle la remercia, puis ouvrit le paquet, et découvrit le plus cadeau de sa vie.
Un nouveau bloc notes.
Une nouvelle page pouvait commencer.
Ô Joie !


Canvas



Un sabre aussi long que son propre bras le séparait de cette frêle silhouette accolée au mur, mais Canvas ne voyait devant lui qu'une immense verrue qu'il allait percer d'une lame salvatrice.

« Regardez-moi, Mère… » déclama-t-il sur un ton théâtral, comme s'il eut été sur scène, face aux rangées pleines du public. Pris par la certitude que Mère était là, assise sur un fauteuil de la dernière rangée, bienveillante et attentive. Mère la créatrice, Mère l'artiste dont les toiles étaient l'univers, Mère blessée et piquée par les moustiques…

C'était pour elle… parfaitement… C'était pour Mère qu'il nettoyait cette malheureuse impureté. Il avait toujours été ainsi, tout naturellement, mais Canvas sentait pourtant que c'était la première fois qu'il accomplissait quelque chose pour elle. Il allait réparer l'Esquisse. Passer un coup de brosse par-dessus la crasse.

Il allait la tuer.

Alors qu'il tenait toujours son arme face à l'inconnue, dont le regard était à la fois composé d'interrogations et de peur, Canvas sentait ses jambes rigides. Il n'avait pas besoin de ses membres inférieurs pour faire ça, de toute façon, et il était parfaitement décidé. Il s'était infiltré dans la Base. Il avait méticuleusement dissimulé ses véritables desseins jusqu'à se retrouver face à une arme. Puis enfin il avait « piégé » cette ennemie au détour d'un couloir, faisant en sorte de viser au moment stratégique où ces créatures grégaires se réunissaient pour dévorer l'Esquisse Elle-même au travers d'un « repas » barbare. Ils ne seraient pas dérangés. Il était donc seul face à elle.

Il devait la tuer.

Mère l'observait au fond des gradins et la scène continuait. Alors Canvas, le fils dévoué sur lequel l'appréhension devenait un fin frisson se faufilant en serpentin dans les filaments effilés de son accoutrement immaculé, l'enfant qui souhaitait plaire et recevoir les félicitations, finissait par s'impatienter. Inutile, enfin, de jouer au funambule en pleine mission.

Il crie et s'élance.

Deux pas bruts, le soubresaut, Canvas se souvient qu'il déteste les dessinateurs et qu'ils détruisent la belle Esquisse. Canvas ressurgit et écrase du coude le rat qui courrait dans une fissure de son esprit. Canvas empoigne à deux mains l'épée, se précipite irrationnellement sur sa cible. Il croit savoir qu'on le traite de fou qu'on lui oppose un bras qu'on crie quelque chose qu'on saigne un peu là sur le bord mais il réessaie et cette fois il y arrive c'est son bras oui parfaitement il l'a fait c'est celui-là qui vient de planter la….


Canvas papillonna des yeux.
Face à lui, sa main en sueur retenait encore ce sabre parfaitement immaculé. Il n'y avait pas de sang, ni sur l'objet, ni sur lui-même. Ni sur ce sol où n'étaient posés que ses deux pieds.

« Regardez-moi, Mère… » brailla-t-il alors, convaincu qu'elle serait encore Là, Elle. Son expression se crispa. Si gradins et rangées il y avait, ceux-ci étaient certainement.. Vides ?

Mère, où êtes-vous ?
Il paniqua un instant.

Il aperçut la présence d'un être, devant, sur la première rangée. Un homme misérable que Canvas ignorait délibérément. Un lâche. Un égoïste. Un peureux. Un être stupide. Qu'est-ce qu'il lui parlait de Roumanie et du travail ? Il n'avait pas de temps pour cela, la cible s'était enfuie et la situation était très certainement critique. Il n'avait pas d'ancienne vie ni de souvenirs qu'il essayait de cacher... c'était tout à fait ridicule n'est-ce pas ? Il ne devait pas croiser le regard de ce pauvre type qui le dévisageait avec effroi depuis le début.

« Va t'en, Alexander ! » tonna-t-il face au mur avant de se détourner.

Cette fois, un vent d'effroi.

Il se souvient du nom…


Turner



(commentaire de l'auteur)  /!\ Ce texte est très trash, crade, violent, tout ce que vous voulez. NC-16 voire 18. /!\

   Aussi reconnaissant soit-il, l'Esquisse n'en avait cure.
   Le monde a profité de quelques minutes d'inattention pour s'assombrir. Juste au moment où il n'y prêtait pas attention. Comme une énorme crise de jalousie, il s'emporta.

   Il hurla.
   Ce monde.
   SON monde.
   L'avait-il trahit ?

   La cavité ensanglantée laissée par son œil crevé pressée dans une main, il regardait autour de lui la déchéance. Ce monde… avait-il perdu toute ses couleurs... Ou était-ce lui qui n'était plus capable de les voir ? N'était-il plus capable de voir la splendeur de ces terres… ? Cet œil absent suffirait-il pour lui arracher la peinture ?!

   Un violent spasme parcouru sa colonne vertébrale, de ses cervicales à son coccyx. D'un coup, il se mit à chercher frénétiquement, de son œil valide, un carnet. Un bloc-note. Des feuilles. Une toile. Du bois. N'importe quoi. Quelque chose sur lequel il puisse peindre. Quelque chose de relativement plat. Mais rien n'attirait son œil. Tout n'était que désastre, débris, désolation. Tout autour de lui il n'y avait qu'une seule teinte.

   Le noir.

   Il ne voyait rien d'autre que cela, juste une étendue noire qui s'étirait jusqu'à perte de vue.
   Il ne voyait rien d'autre.
   Rien d'autre.

   Il hurlait, il hurlait à s'en faire dérailler la voix.
   Ses mains se déformèrent sur son visage, telles des araignées enfonçant chacune de ses pattes dans les reliefs de son environnement. Deux de ses doigts s'embourbèrent dans le trou ensanglanté de son œil, se mouvant comme s'ils étaient à la recherche de quelque chose, tandis que d'autres menaçaient d'enfoncer l'autre dans son antre. Cet œil tremblait, compulsait, allait à gauche, puis à droite, en haut, puis en bas.
   Chercher.
   Toujours chercher.
   Quelque chose.

   Une surface. Plane. Bleue. Juste devant lui. Un mirage ? Une bénédiction ? Il s'en fichait. Il rampa. Une main après l'autre, il s'avança.
   Ce support était esquinté.
   Mais qu'importe.
   Il devait dessiner.
   Et il avait toute la peinture rouge qu'il voulait à disposition.
   Sa main tremblait au dessus de cette chose de plastique éraflé.
   Il regarda à nouveau autour de lui.

   Quoi dessiner ? Quoi esquisser ? L’œil qui lui restait ne distinguait rien. Rien d'autre que des formes.
   Des formes. Là bas. A 300m. Une forme.
   Il s'approcha. Toujours rampant.
   Puis il distingua. Du rouge. Cette forme non identifiée était drapée de rouge.
   Drapée ? Non. Couverte. Couverte de ce rouge similaire à celui de ses mains.
   Il réalisa. Un cadavre. Un cadavre disloqué, ayant rencontré le sol bien trop rapidement.
   Un haut de cœur le prit face à tant d'horreur. Ses jambes n'étaient même plus rattachés à son corps, les deux bras étaient rassemblés au même endroit quand bien même le tronc était sur le dos. Mais ce qui le captiva le plus, c'était son expression. Cette expression qu'il discrimina enfin, au milieu de toutes ces nuances de rouge. La capitulation, comme si ça avait comprit que ça ne survivrait pas. Et de la terreur. La terreur de mourir.

   Magnifique.

   Il voulait capturer cela. L'ironie de ce corps ainsi laissé à l'abandon sous les caprices de ce monde. Alors il saisit le plastique d'une main, le disposa à côté du corps, et trempa son autre main dans ce mélange de sang et de terre violacée que constituait le sol. Il consulta le cadavre avant d’apposer ses doigts sur le support de fortune et de commencer à tracer l'image qu'il imaginait.

   Plus rien alors ne comptait, rien d'autre que lui, ce cadavre, le sang et ce bout de plastique. Le reste n'importait pas. N'importait plus. Son monde ne l'avait pas trahit, il lui a permit d'évoluer encore. Comprendre qu'il y avait de l'art dans la destruction et la désolation.
   Alors il oubliera tout le reste.
   Tout, sauf la peinture.




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Allez râlez pas, racontez-moi plutôt vos complexes !
Personnages : Alev
Messages : 198
Date d'inscription : 22/01/2015
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le Jeu 11 Fév - 23:48
Oh lalalala ces textes sont géniaux ! Franchement, c'est du joli !
Alors, place aux votes !



Alev cherche vos complexes en #b590db.
Canvas désire vous tuer en #8dbe6b.
Code:
<transformation perso="Alev" />

Code:
<transformation perso="Canvas" />


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Non, non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Personnages : Kaoren, Penrose
Messages : 310
Date d'inscription : 22/09/2015
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le Dim 14 Fév - 21:57
Ooooh, ces textes sont trop biens ! Surtout le mien !
J'vous dis pas lequel c'est, mais vous l'aurez vite deviné, tant il est bien foutu et parfaitement maîtrisé.
J'en viens presque à oublier qu'il y a sept autres textes autour.

M'enfin, je vote pour...
Ah non, zut, les balises hide.

Donc, chère plèbe qui ne peut pas lire ce qui suit, à plus ! Si les gens trouvent mon texte, ils vont tellement me saquer...





Les tarty's du temps où on en avait:





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Invité
Invité
le Dim 14 Fév - 23:24
Comme d'habitude, je suppose que j'aurais des votes complètements différents des autres membres… Mais c'est pas grave, ça reste un vote. Et puis, franchement, même si j'ai pas pu citer tout le monde (il n'y a pas assez de mentions /tristesse/), vous avez tous géré. :<

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Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ?
Personnages : Al, Sydonia
Messages : 2537
Date d'inscription : 10/06/2012
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le Dim 14 Fév - 23:26
Attention ce qui suit est le vote d'un piaf.
Je.. serai encore moins constructive que d'habitude. Mais je tiens à dire que j'ai aimé tous les textes, leurs nuances. Et que je remercie fort les deux braves petits qui se sont penchés sur Iris et Thalès. ♥



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Invité
Invité
le Dim 14 Fév - 23:38
Et voilà ! ♥

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Invité
Invité
le Lun 15 Fév - 23:36
Allez, à mon tour ! Un vrai plaisir de lire ces textes. ♥

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Invité
Invité
le Dim 21 Fév - 0:00
J'ai lu en 4e vitesse mais ce fut intéressant ♥
Félicitation à vous, vous avez gérer !

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Messages : 1026
Date d'inscription : 18/06/2012
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le Mar 23 Fév - 18:16

Résultats



■ Mention de l'audace : Thalès (interprété par Robyn) et Turner (interprété par Cydna)
■ Mention de l'imitation : Cydna (interprétée par Ziza)
■ Mention de l'intérêt : Canvas (interprété par Eelis)
■ Mention spéciale : Iris (interprétée par Annabelle)

L'interprétation d'Arthur 1 revient à Castor, celle d'Arthur 2 à Kaoren et celle de Drew à Alev ! Bravo à tous, vos textes étaient bluffants !

Les votes sont à présent terminés ! Le syndrome de Derpina vous ayant quitté pour une raison mystérieuse, vous voilà guéris. Néanmoins… Il semble que vous ayez subi quelques séquelles ! Après vous être assoupi un moment, vous voilà imbibés du souvenir de votre interprétation : par exemple, Ziza connaîtra le mal-être de Cydna et Arthur aura la chance *tousse* d'avoir deux de ses facettes aux mains de Castor et de Kaoren. De drôles de RPs en perspective ! Quelle sera votre réaction lorsque vous croiserez les personnages concernés, si vous ne les connaissez pas déjà ?


#B0CC99 ou #667f53

Fansong Striky x Anna par Striky herself **





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