Let's move forward in this world ! (feat. Mo Naoe)

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le Ven 31 Aoû - 22:44

Une nouvelle journée qui commence dans cet endroit étranger. Une nouvelle journée de survie face à la folie qui essaye sans cesse de s'insinuer dans mon esprit, qui me tend allègrement ses bras ouverts en murmurant de faible « Viens mon enfant, viens, entre dans la ronde et oublie ce qui t'entoure ... ». Ai-je vraiment besoin de préciser que cette allégorie de la folie me fait froid dans le dos rien que d'y penser ? Je ne pense pas si vous avez l'image en tête, cela doit être assez terrorisant pour que vous aillez envie de courir très loin pour l'éviter. Je devais mettre endormie quelque part, à l'ombre d'un cerisier au feuillage vacillant entre le bleu et le violet. Je me redressai et m'adossai au tronc pourpre de l'arbre. Je m'étirai longuement avec une souplesse féline et levai la tête vers les branches feuillues et fruitées de l'arbre. La faim me prit soudainement et tirailla mon estomac. Je soupirai, me mis debout et entrepris de grimper à l'arbre pour trouver de quoi me sustenter. De belles cerises brunes, bien mures et dotées de petites ailes m'attendaient sagement sur leur branche respective. Le détail de leur fine ailes blanches attira quelque peu mon attention mais bon. Des fruits restent des fruits, non ? Je me saisis d'une cerise et ouvris la bouche pour faire rouler le fruit sur ma langue. Telle fut ma surprise lorsque le fruit s'ouvrit en deux et laissa apparaître une belle rangée de dents pointues. Étouffant une exclamation, je lâchai le fruit qui chuta et s'écrasa au sol en une bouillis brune où seules deux petites ailes flottaient à la surface. Je retins de lâcher une flottée de jurons : j'avais faim et ces fruits étaient aussi comestibles que dangereux. Je descendis de mon perchoir et me mis en quête de trouver de quoi me remplir l'estomac qui criait toujours famine, l'épisode de la cerise carnivore ne lui ayant pas servi de leçon à l'instant. C'en est écœurant.

Je me mis à errer à travers la petite forêt aux couleurs des plus étonnantes de même que les arbres qui la peuplait. Je m'approchai d'un arbre qui semblait être un abricotier - aux fruits verts, soit, ce n'est plus la couleur qui me fait peur ici - tout à fait inoffensif jusqu'à ce que je prenne un fruit qui m'explosa littéralement entre les doigts. Ma main se retrouva alors recouverte d'un liquide gluant vert fluo. Je l'agitai alors pour me libérer de cette chose qui se mit à se tendre et à revenir se coller sur ma paume dès qu'elle était trop éloignée. J'inspirai un bon coup et tirai sur le liquide qui finit par se décoller lentement. Je le jetai plus loin contre un tronc et m'empressai de changer d'endroit avant de voir les effets secondaires de ce fruit mutant ...

Les autres tentatives avec différents fruits ne furent pas plus concluante : une pomme rose se transforma en fleur dont le parfum aurait fait fuir n'importe qui à des kilomètres et se fana dans le creux de ma main avant que je ne puisse la jeter au loin, des noisettes bleues prirent vie et s'empressèrent de jouer entre elles avant de s'enfuir sous mon regard hébété et pour finir les mirabelles violettes se mirent à gonfler et devinrent des ballons mangeurs d'humains que je dus semer en vitesse pour ne pas que ma vie soit abrégée plus vite que prévue. Après mettre cacher de ses mirabelles gonflé à l'hélium et carnivores, je sortis de ma cachette et me remit à errer, mon ventre criant toujours famine.

Est-il impossible de se trouver une nourriture complètement inoffensive qui ne souhaitait pas vous arracher un bout de langue, vous éclater à la figure ou qui se mette à jouer devant vous avant de s'enfuir en ricanant ?! J'inspirai. Zen, Neoko, reste zen ... Je jetai un coup d’œil vers mon sac. Il fallait que je me détendes à tout prix. Je l'ouvris tout en marchant et me mit à chercher rapidement quelque chose de bien précis. Je sortis un livre assez épais et l'ouvris. Les pages étaient vierges et cela aurait interpellé n'importe qui. N'importe qui sauf moi. Depuis mon arrivée dans cet endroit, j'avais appris plus ou moins à mes dépends que si ce monde se joue de toi, tu peux aussi te jouer de lui, enfin à peu près. Je me concentrai lentement sur les pages vierges. Quelque instant plus tard, tout un texte était apparut comme par magie. Oh non, c'est juste que le « rêve » était d'humeur généreuse et avait bien voulu m'accorder un peu de détente. Si quelqu'un d'autre jetait un coup d'oeil à mon livre, il ne verrait pas les lettres finement tracées, non, il verrait juste les pages vierges. Je continuai de marcher et me plongeai complètement dans le livre comme si je venais de tomber dans un lac et que j'observai tout ce qu'il contenait sans presque la peine de remonter à la surface.

Mon moment de détente aurait pu être le seum du bonheur si je n'avais pas marché sur quelque chose qui attira mon attention. Je baissai les yeux et soulevai ma chaussure. Je venais vraisemblablement de marcher sur une fleur qui ressemblait plus ou moins à une bleuet mais dont la couleur était complètement différentes : l'intérieur des pétales était blanc et se dégradait un peu vers l'orange sur les bords. Étonnant. Je retirai mon pied et la fleur couina. Mauvais signe ? Je me baissai vers la plante et l'observai jusqu'à ce qu'un bouche se dessine dessus. Mauvais signe. J'attendis un peu avant d'évaluer la situation. La plante couina de nouveau et se mit à gonfler, grandir, s'élargir jusqu'à même me dépasser - une plante qui dépasse 1m57 vous en trouvait beaucoup ? - en taille. Je me redressai alors et fis face à la plante. Sa bouche s'ouvrit alors et elle lâcha un hurlement qui ne sentait pas la rose - normal me direz-vous, c'est une bleuet - et qui ne valait guère qu'on s'attarde ici. Les racines de la plante sortirent du sol et je pus constater qu'elles était munies de petits ciseaux et de roulettes. Mes yeux devinrent vagues tendit que la peur se mit à me chatouiller les narines et à s'infiltrer en moi alors que je comprenais peu à peu le sort qu'il m'attendait : au comble du bonheur, moi qui était si affamée allait finir en repas de luxe pour une bleuet gigantesque à ciseaux et roulettes. Je restai immobile, analysai rapidement la situation et un nouveau hurlement de la part de la plante me fit prendre mes jambes à mon cou. Mais la bleuet ne l'entendit pas de cette oreille et se mit à me pourchasser sur glissant sur ses roulettes et en faisant claquer ses ciseaux comme les pinces de crabes.

La course-poursuite s'éternisa jusqu'à ce que je sème enfin mon prédateur, à bout de souffle. Je haletai, essayant de reprendre une respiration normale. Au moins, je m'en étais sortie indemne ce qui n'aurait pas été le cas de tout le monde. Je pris alors conscience de l'endroit dans lequel je me trouvai. J'étais près de deux lacs multicolores dont les nuances auraient apaisé n'importe qui tellement l'air ici semblait léger. J'inspirai et m'installai près d'un des lacs et ressortis mon livre. Il fallait mieux que je me détendes un peu avant d'explorer l'endroit, tout nouveau pour moi. Je me plongeai dans ma lecture et en oublia le reste du monde ainsi que tout ce qui m'entourait. Peut-être n'est-ce pas une bonne chose ? Si j'avais fait preuve d'un peu moins d'inattention, j'aurai peut-être remarqué que je n'étais pas toute seule dans le coin ?



Note Hors RP:
J'espère que ça va comme début, j'ai fait de mon mieux. >w<"


Dernière édition par Neoko A. Shinkiseki le Dim 23 Sep - 17:16, édité 3 fois
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le Sam 1 Sep - 14:30
Les enfants sont égoïstes. Ils ne pensent qu'à leur propre personne, sans se soucier jamais des déboires de leurs camarades. Toujours sur leur visage ce sourire niais, Mais toi, Mo, l'on sait bien que tu n'est plus une enfant depuis bien longtemps. Dans le monde des grands, cela est communément appelé "maturité". Alors, dis-moi, Mo, pourquoi vouloir ressembler aux autres ? A ces petits monstres qui se débattent dans le ventre d'une mère courageuse, qui a eu le courage de les porter neuf mois durant. Et voilà comment on la remercie. Toi, en revanche, tu n'as jamais été identique aux autres. Toujours seule, perdue dans un trou au milieu de nulle part. Mais, allons bon, "toujours" est un bien grand mot, n'est-ce pas ? Non, non, tout cela est arrivé à compter de l'accident. Et certes de Zefa.

Oeuphorie. Suis-je oeuphorique ? Est-ce mal de vouloir profiter, Zefa ? Pendant huit ans, je n'ai cessé d'errer. Avec un fantôme, un être abstrait visible seulement de ma personne. Tu n'a pas à le prendre mal. Mais, je suis différente ; rappelle-toi le nombre incalculable de fois où tu me l'as dit. Désormais, j'aurai voulu être normale. Mais pour cela, j'avais besoin d'aide. De la tienne, Zefa. Si tu étais là... Si tu savais combien tout ceci est extraordinaire ! Oh, je m'en veux tellement que tu sois parti...

Du papelard, des épîtres ; oh oui, énormément d'épîtres. Du papier à lettre. Et du charbon. Du charbon roux, certes, mais du charbon tout de même. Le néant, un creux, un pieu. Un pieu qui fait un creux dans le néant. C'est cela, n'est-ce pas ? C'est cela qu'a pensé Zefa avant de partir. Et malgré ce que tu lui as fait, malgré ce couteau que tu n'a cessé de remuer dans la plaie, tu continues à penser à lui. C'est honteux, Mo. Surtout venant de ta propre conscience.

Ton coeur, dans ta maigre poitrine, battait à tout rompre. La culpabilité gagnait peu à peu ton coeur, le serrant, l'étouffant, si bien qu'on en vint rapidement aux sanglots. Voyons, Mo ! Faire un dur choix, puis le regretter. Je suis déçue, Mo, je suis très déçue de toi.

Je crois que ce monde me dévore par petites bouchées.

Ta main trembla en rédigeant cette phrase. Ah, oui. Avec tout ce qu'il s'était passé jusqu'à présent, cela devait être difficile de se risquer à faire quelque chose qui pourrait ensuite se retourner contre nous. Mais malgré cela, tu tins bon : inspiration, expiration. Un, deux. Tu signas maladroitement ta lettre, et la glissa dans une enveloppe non loin de là. Mais cela, me direz-vous, est fort anormal étant donné les circonstances. Ou plutôt, c'était trop normal. C'est pour cela que, comme pour exaucer l'un de tes souhaits, l'enveloppe ouvrit un oeil, puis deux. Ensuite, une bouche d'où sortit un rire narquois. Deux pieds trouèrent le papier, et le petit objet, suivi par ton regard, commença sa longue mais tranquille marche à pied à travers le monde. Mais, Mo, il était fort probable qu'elle ne parvienne jamais à ton ami le fantôme. Soit. Après, tant qu'à espérer, il valait mieux un peu profiter de cette nouvelle vie, non ? Ahahah, c'était fou comme ton esprit se trouvait embrouillé depuis son départ. Quoique. Y a-t-il vraiment une nuance entre volonté et hésitation ?

L'âme embrouillée par les spéculations, ton regard se promena péniblement le long de la rive, de l'eau polychrome où - à la surface - se formaient d'éternels cercles. Te levant avec nonchalance, tu t'en approchas lentement. Tes pieds étaient nus, et hésitèrent légèrement à pénétrer dans la masse visqueuse. Un "plop" retentit au contact des deux matières. Puis un autre, causé cette fois par les larmes sur ton visage. La mélodie continua quelques instants, après quoi tu redressas finalement la tête, de nouvelles ambitions à l'intérieur. C'est à ce moment-là que tu aperçus, sur l'autre rive, une jeune fille, un livre à la main.

Tu l'observas ainsi pendant plusieurs secondes. Tes globes oculaires semblaient figés, tout ton corps pétrifié dans cette eau colorée. Pourtant, il n'y avait aucun raison à cela. Un esprit calme, un visage serein, un corps immobile. Et c'est tout.


Dernière édition par Mo le Dim 23 Déc - 11:17, édité 1 fois
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le Sam 1 Sep - 15:43

Mes yeux n'avaient cessé de parcourir les mots emmêlés et pourtant tellement bien harmonisés. Peut-être est-ce impossible me direz-vous ? Peut-être que d'un point omniscient, cela aurait pu faire penser à une simple cacophonie visuelle. Pas pour moi. Ces lettres finement tracées manuellement, ces lignes légèrement penchées, cette écriture un brin enfantine ... Tout cela me semblait tellement familier et pourtant si éloigné en même temps. Comme lorsqu'on essaye de se souvenir de l'enfance. C'est si proche et si loin en un seul et même sentiment. Cela vous rajeunit et vous vieillit pendant un court instant. Un parfait oxymore ... Un faible soupir s'échappa d'entre mes lèvres quasiment fermées. Je me torture les méninges alors que j'étais simplement sensée me détendre en profitant d'un excellent livre. Même en essayant d'oublier mes soucis, je m'en fais d'autres. Chasser le naturel, il revient au galop ... Je daignai enfin lever les yeux du bibelot et regardai ce qui m'entourait. Après tout, cela devait faire un petit moment que j'étais là alors de petites choses avaient du changer.

Et bien pas tellement. Certes, de faibles bulles s'élevaient et m'entouraient en riant légèrement. Je les chassai d'un geste de la main d'un air blasé. Je déteste tout ce qui peuple ce petit univers. Je baissai les yeux vers mon livre et inspirai longuement. Puis mon regard fut attiré par le lac qui me faisait face. Les nuances multicolores s'entremêlaient, formant de petits cercles et d'autres voluptés sensées amuser ceux dont le regard était happé ... Pas moi en tout cas. Je ramenai mes jambes sous ma robe comme pour les protéger au cas où soudainement le lac prenne vie et veuille m'agripper pour finalement me noyer en lui. Belle perspective. Pourquoi je m'imagine toujours le pire ? Peut-être parce qu'ici, il vaut mieux sans doute ... Ou peut-être suis-je tout simplement paranoïaque ... ? Je soupirai à nouveau et relevai la tête vers le ciel.

Le rose pâle du firmament dans lequel flottaient des textes et des images capta mon regard pendant un court moment. Mes yeux devinrent vagues comme si je fixai un point sans pour autant vraiment chercher à le voir. Mes pensées semblèrent se trier tandis que je me relaxai un peu, un poids en moins sur mes épaules. Jusqu'à ce que mon estomac crie à nouveau et silencieusement son désir de vouloir se remplir ce qui eut pour effet de me ramener sur Terre. Aussitôt mon regard se posa enfin sur quelqu'un. Une jeune fille. Depuis combien de temps était-elle là ? Pourquoi m'observait-elle ainsi ? Ou plutôt, inversons les rôles ... Cela faisait combien de temps qu'elle devait penser que je l'ignorai royalement tout simplement parce que j'avais pas pris soin de la voir ? Je soutins son regard pendant quelque minute.

Puis je la dévisageai longuement pour mieux l'analyser. Mon regard vagabonda : il passa de ses petits yeux de noisettes à sa frange raccordée à des cheveux courts, lisses et châtains plutôt clairs. Il suivit le petit épi qui rebiffer sur le sommet de son crâne avant de se baisser vers ses vêtements. Une petite robe bleue pâle parsemés de petits points blancs, surmontée d'une chemise ou alors d'un gilet très léger blanc. Il continua son chemin jusqu'au jambes dénudées et aux pieds invisibles vu qu'ils étaient plongés dans l'eau multicolore du lac. Puis il se détourna.

Je me replongeai dans mon livre. Non pas que je souhaitais l'ignorer délibérément cette jeune fille. En plus, c'était mon premier contact humain depuis peut-être des semaines, voir des mois. Non, je ne voulais pas l'ignorer. Mais c'était simplement parce que mon mécanisme de défense s'était mis en marche involontairement. Je continuai de parcourir les lignes de mon bibelot. En plus, elle semblait figée de me voir. Sans doute parce que j'étais simplement quelque chose de détestable. Ses yeux violets qui sortaient trop de l'ordinaire, ses deux mèches argentées qui me vieillissait délibérément et mes vêtements noirs devaient me rendre effrayante. Tout cela combinait ne devait pas donner quelque chose d'agréable à me regarder. Et tandis que je ruminais ses pensées, mes yeux se relevèrent vers elle pour se baisser aussitôt, pour la fuir ...



Note Hors RP:
Pouah, c'est court mais avec Neoko, c'est déjà beaucoup. XD


Dernière édition par Neoko A. Shinkiseki le Dim 23 Sep - 17:17, édité 1 fois
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le Sam 15 Sep - 18:47
Le temps s'écoule. Tic, tac. Pas de soleil, pas de lune, mais tu as compris que le monde évolue. Tes oreilles captent le lointain cri - ou bourdonnement ? - d'une hirondelle-hélico, et, même si tout semble figé, ce vent, cette légère brise qui secoue tes cheveux emmêlés t'affirme que rien n'est encore terminé. Il y a une marge ; entre aujourd'hui et une fin proche, entre la journée d'hier et celle de demain.

« Le ciel est parme... »

Allons... pourquoi ? Une remarque inutile vis à vis d'une chose si évidente. Aucune raison à cela ; seulement un fait, une réalité, la tienne. Comme à ton habitude, tes yeux humides ne savent qu'exprimer ; tristesse ou mélancolie ? Deux sombres rétines perdues dans une mer d'embrouilles toutes plus floues les unes que les autres. A quoi penser ? Non, la vraie question est... "Penser" ? Non, non, aucune raison. Tel un pantin guidé par d'autres mains, tu sors lentement de l'eau ; ton visage n'exprime rien, sinon l'abîme total. Forte inspiration. Ton corps se sent comme aspiré par cet autre côté, cette frontière, ce pays voisin. Tu dois traverser le lac pour accomplir ton but. Une brasse. Deux brasses. Trois brasses. Non, non, ça ne va pas. Tu coules. Mais t'en rends-tu vraiment compte ? Seul un air de lassitude se fraye un chemin sur ton indéchiffrable bouille. Les temps on changé, crois-tu ? Nous ne somme pas du même avis, Mo. Car toi, tu n'as pas changé. A toi de modifier le monde. Allez, sors de l'eau. Va, cours. Tes jambes flageolent sous cet effort si peu commun pour toi. Là, ta course s'arrête. Stop, plus un pas, plus un bruit. Que se passe-t-il ? Tu vois le vide, tout te semble flou. Devant toi, cette jeune fille, la même. Ta vision s'éclaircit, et tu semble soudain prendre conscience de la réalité. Et maintenant - la réalité est telle - tu ne peux plus reculer. Elle te chuchote : avance, viens vers moi. Et toi, tu écoutes cette voix. Que faire d'autre, après tout ? Tu es piégée. Sans issue. Alors, tu t'approche de l'inconnue. Elle lit. Très bon moyen de stimuler la mémoire, n'est-il pas ? Tu as peur de l'interrompre, mais te ravise de apercevant le contenu des pages du bouquin. Rien. Juste du blanc, une infinité de blanc. Maintenant, ton côté rationnel t'assure que tu es libre de parler, d'avancer ; bien que ton imagination te souffle discrètement qu'il s'agit encore d'un rêve. Mais cette fois, tu ne l'écoute pas.

Le roman se prolonge, encore et encore. Où en es-tu ? Tu te rends maintenant compte de l'ironie de la chose. Il y a quelque instants, une jeune fille lisait, et une fillette écrivait. Désormais, la question est : que pouvaient bien concerner leurs manuscrits respectifs ? Tu t'approches discrètement, dotée d'une légèreté féline. Prise d'un fort désir, tu commence à observer les pages, puis leur contenu - même si une personne rationnelle vous affirmerait que ce contenu en question est pour le moins... inexistant. Tu veux y échapper. A quoi ? A tout. A ce ciel, à ce monde, à toi-même sans doute. Rien maintenant ne peut plus te redonner le sourire, si ce n'est ton imagination, et... l'autre fantôme. Au fond, tu n'as plus envie de vivre, mais pour rien au monde, te dis-tu, deviendras-tu comme Zefa. Lui, c'est un fantôme. Une âme errante qui... qui n'a jamais accompli la fin de son œuvre. Après tout, il a toujours été là pour toi, pour te guider, pour t'empêcher de faire le choix fatal. Il veut te faire accomplir ce que lui-même n'a jamais pu faire... pour l'instant.

Sur ces pages défilent un millier de mots et d'images. Tu n'a aucune idée de leur véritable contenu, ni de ce que la jeune fille peut bien distinguer à leur surface, mais là n'est pas la question. Tout ce qui compte, c'est toi, ton futur, ton imagination. Tu t'assieds à proximité de la demoiselle, comme s'il fut tout à fait normal de s'inviter soi-même pour une telle chose. Que va-t-il se passer ? Ahah, en voilà, un bon exemple de question utile.

Aaah, vraiment désolée du temps de réponse, et de la qualité du RP, j'ai essayé de faire de mon mieux... ><


Dernière édition par Mo le Dim 23 Déc - 11:17, édité 1 fois
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le Dim 23 Sep - 17:54

Lire, encore et toujours. Pour fuir la réalité et cette fillette qui occupe maintenant mes pensées. Tss ... C'est pas possible ... Même la finesse des mots de mon livre ne peuvent réussir à me la sortir de la tête. Peut-être aurais-je dut au moins lui adresser un vrai regard ? C'est mon premier contact humain depuis que je suis arrivée dans ce maudit pays. Je pourrais peut-être faire un effort ? ... Laisse-moi rire. Où est passée la Neoko refermée, qui n'adresse sa confiance qu'aux personne en qui elle ne peut vraiment compter, qu'elle a appris à connaître ? Uniquement ceux qui ont réussi à briser ton mur mental et à laisser apparaître tes émotions ? Envolée, disparue cette Neoko ? Non, elle est toujours là. C'est toujours la jeune fille qui est en train de lire en ce moment.

Peut-être que si je n'avais pas été absorbée par mes pensées, j'aurais sans doute remarqué qu'il y avait du mouvement de l'autre côté du lac ? J'aurais peut-être vu que la jeune fille avait plongé dans l'eau multicolore et avait nagé vers moi. Qu'elle était sortie et qu'elle avait commencé à essayer de lire mon livre. Personne ne peut comprendre la subtilité des mots. La jeune fille s'est installée tranquillement à côté de moi comme si cela avait été normal. Et à cet instant et uniquement à cet instant, j'ai remarqué sa présence.

Je relevai la tête en me rendant enfin compte que la brune était passée de la rive d'en face à la mienne. J'aurais pu esquissé un mouvement de surprise, faire tomber mon livre ou quelque chose dans le genre. Non. Je me suis contentée de lui adresser un regard. Un regard froid et glacial. Comme la neige en hiver. Et pourtant, je ne l'ai pas vraiment fait exprès. C'est un mécanisme de défense si on veut. Blesser les autres pour ne pas être blesser soi-même. La phrase fusa dans mon esprit et vint s'y planter comme une flèche. C'est lâche dans un sens. Cette pensée me tira un minuscule sourire amer. Voilà ce que j'étais. Une lâche.

Non. C'est faux. Je ne voulais pas me faire avoir, c'est tout. J'ignorais d'où me venait cette idée, ce côté un peu paranoïaque et misanthrope. Quoiqu'il en soit, il reste cette fille, assise à tes côtés, que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu et qui semblait attendre. Attendre quoi ? Merlin seul le savait. Ou Damona en l'occurrence. Oui, il se trouve qu'en tant que demie-celte - j'en suis venue à cette conclusion à cause de ces brides de souvenirs - je peux me permettre de faire allusion à une déesse de la rivière. Après tout, ne étions-nous pas en face d'un lac ?

Bref. Comme je disais, la brunette semblait attendre quelque chose. Peut-être une réaction de ma part ? Oulà, jeune fille, tu m'en demandes trop d'un coup là ! Toutefois, afin de lui faire remarque de manière tacite que je n'aimais pas qu'on lise par-dessus mon épaule - je trouvais cela tout à fait impoli et grossier - je fermai de manière plutôt brusque mon livre et perdit mon regard glacial dans les voluptés polychromes. Il redevint neutre, sans aucune émotion. Et bizarrement, mon rythme cardiaque accéléra subitement. Je ne compris pas pourquoi tout de suite avant de réaliser que j'avais le trac. Ou plutôt que je stressais. Sans doute à cause de cette jeune fille.

Je ne savais rien d'elle. Peut-être était-elle amicale ? C'était mon premier contact humain après tout ! J'aurais au moins pu faire l'effort de lui adresser un regard un peu moins dur. Non. Cela m'était impossible. Pas quand on a ce mécanisme de défense, pas quand on a envie de savoir bien choisir ses connaissances, ses proches, pas quand on est une lâche en somme ... Un mur. Voilà ce à quoi je pouvais être résumée. Je me suis contentée de regarder le lac. Si elle espérait que je fasse le premier pas, elle pouvait toujours attendre qu'il pleuve du chocolat. Quoique. Ici, on peut s'attendre à tout et n'importe quoi ...



Note Hors RP:
C'est court, mon Dieu, que c'est court ! Je suis désolée de ne pas faire mieux ... QQ
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le Dim 23 Sep - 18:44
Tu recommences à te perdre, éprise d'une furtive - oui, furtive - envie de rattraper la lettre. Tes espoirs te délaissent ; personne ne connaît Zefa, après tout. Personne ne connaît ce Zefa. Nostalgique, tu détournes le regard, qui vient se poser sur l'adolescente à tes côtés. Tu as agi sans réfléchir ; mais, que cela peut-il te faire ? Ce que les gens pensent de toi n'ont aucune idée de qui tu es vraiment, ni de qui est Zefa. Eux, c'est vous. Et personne d'autre ; vous êtes dans une bulle, un cocon, coupés du monde extérieur. Oh, misère ! Oui, vous étiez est plutôt le mot.

Tu l'observes, te perdant dans ses yeux. Cette jeune femme t'observe à son tour, mais avec bien plus de froideur que tu l'as - innocemment - fait précédemment. Sous l'effet de la glace qu'éprouvait ce regard, tes sourcils se tordent en une grimace douloureuse, et tes yeux commencent à te piquer.

« Pardonnez-moi. »

Tu te relèves dans un dernier effort, vacillant légèrement une fois sur tes deux jambes. Avisant un saule mauve non loin de là, tu t'y rends péniblement, quelques mètres te séparant désormais de l'adolescente. Une fois sous ton refuge, tu t'adosse au tronc, ton corps entamant une courte descente vers le sol. Recroquevillée, les bras autour des genoux, ta frimousse enfouie à l'intérieur, tu éclates en sanglots face à tant de solitude. Tu est toute seule, maintenant. Ton Zefa n'est plus là. Il est parti. A été lâche. Autant dire qu'il a fui. A moins que tu ne l'aies toi-même chassé ? Bah, peu importe, maintenant.

Quelques minutes s'écoulent, pénibles. Ce après quoi tu commence à te calmer. Respiration rapide, visage rouge, cernes. Tu observes le ciel à travers le feuillage du saule, le tout flouté par tes yeux embués de larmes. Te les essuyant du revers de la main, tu mis quelques secondes encore à comprendre quel était le fruit appartenant à cet arbre.

Des dynamites, pour ton plus grand malheur. Et, qui plus est, des dynamites allumées. La mèche devenant de plus en plus courte, le crissement devient de plus en plus fort au moment où tu prends réellement peur. Ne trouvant pas la force - ni le courage - de te relever, tu rampe désespérément aussi loin que possible, jetant autour de toi des regards affolés. Non, tu ne veux pas être prise dans l'explosion. Tu ne veux pas mourir ! Zefa est déjà parti. C'en est déjà trop, n'est-ce pas ?...


Dernière édition par Mo le Dim 23 Déc - 11:18, édité 1 fois
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le Dim 23 Sep - 20:47

    « Pardonnez-moi. »

Un murmure. Aussi fin et doux que l'air. Une caresse au vent. Une voix brisée. La petite fille se releva subitement et s'éloigna presque aussi vite que je l'avais remarqué. Mon regard la suivit un instant, impuissant face à cette réaction. Mon attention se rapporta à l'eau polychrome et à ses voluptés. J'eus un soupir silencieux et je baissai mon regard vers ma robe qui recouvraient mes frêles jambes. Je regardai le tissu sans vraiment le voir, perdue dans mes sombres pensées. J'avais vraiment été odieuse même sans rien dire. D'ailleurs, les pleurs de la jeune fille aux cheveux châtains s'élevèrent dans mon dos. Mes mains se crispèrent sur mes genoux cachés. Odieuse, le mot était juste.

Au bout d'un moment à observer mes vêtements sans vraiment les regarder, je trouvai qu'ils étaient plutôt laids en réalité. Qu'ils ne me correspondaient pas. Je déposai mon livre fermé à mes côtés et fermai lentement mes yeux. J'inspirai un bon coup. Quand on le veut, on le peut. La phrase se ficha dans mon esprit comme une flèche rapide dans le centre d'une cible. J'imaginai d'autres vêtements et me mis à prier pour ne pas que ce monde fasse comme bon lui semblait. Je rouvris les yeux. Bon, ce n'était pas vraiment ce que je voulais mais c'était déjà autre chose. J'étais passée d'une robe à corset noir et à jupe violette à un short en jean grise avec une chemise blanche dans le style 18è siècle surmontée d'un long poncho en laine noire. J'aurais préféré une longue robe noire à dentelle blanche dans le style gothique lolita mais bon, cela m'allait comme même.

Durant ce court moment d'évasion, j'ai pu faire abstraction des pleurs de la petite fille. Mais très vite, ceci revinrent à mes oreilles aussi rapide que l'éclair. Je soupirai à nouveau silencieusement. Mon attitude envers ma pauvre victime tourna et retourna dans ma tête. J'avais été vraiment odieuse, méchante et glaciale alors qu'elle n'avait absolument rien demander. Juste parce que j'avais un stupide mécanisme de défense. Blesser les autres pour ne pas être blesser soi-même. Cette pensée se réinstalla dans mon esprit aussitôt. La lâcheté. Voilà de quoi je savais faire preuve. Je ne voulais pas vraiment blesser les autres, j'avais juste peur d'avoir mal, j'avais peur de ... ressentir des sentiments. Étais-je un robot ? Non, pourtant, j'étais réellement humaine. Et j'avais peur de cette condition humaine. Déjà que grâce aux quelques brides de souvenirs qui me reviennent parfois, je peux conclure qu'avant ce monde, je ne m'aimais pas vraiment, arrivée ici, je crois que j'en prends encore plus conscience.

Quelques minutes s'étaient écoulées depuis mes réflexions lorsque je sortis de mes pensées pour revenir à la réalité de ce pays. Le bruit des sanglots de la petite fille aux cheveux à mi-chemin entre le roux et le châtain s'étaient stoppés. Mine de rien, je m'inquiétai pour elle parce qu'elle était sans doute mon premier contact humain depuis des semaines, voir des mois. Et peut-être aussi parce qu'elle paraissait fragile. Et peut-être aussi parce que j'avais pris tellement l'habitude de faire pleurer les gens, qu'à force je commençai à m'inquiéter pour eux ? Les victimes de mon mur mental, celles qui n'avaient pas le courage de le briser.

Je me retournai lentement pour regarder l'état dans lequel était la jeune fille et le spectacle qui m'attendait était pour le moins, le plus inattendu. Ma victime semblait ramper pour échapper à quelque chose. Je plissai les yeux, perplexe. À quoi pouvait-elle chercher à échapper ? Pourquoi voulait-elle s'enfuir ? Mon regard tomba sur le feuillage du saule mauve et j'écarquillai les yeux. De la dynamite. Les fruits étaient de la dynamite ! Et vu la vitesse à laquelle la petite essayait de s'échapper, elle allait être prise dans l'explosion ! Ni une, ni deux, je me relevai. Même si j'avais un cœur de pierre, je n'allais tout de même pas la laisser mourir, je n'étais pas inhumaine à ce point ! Sans réfléchir, laissant mon instinct guidait mes pas, je m'élançai vers la jeune fille qui peinait à s'éloigner. J'arrivai en dérapant, je l'attrapai par le bras et la tirai assez violemment en m'éloignant le plus vite possible de l'arbre. Je me jetai au sol et levai mon poncho pour protéger la jeune fille des éclats durant l'explosion qui auraient pu nous atteindre. Je l'ai protégée. J'avais fait une bonne action ... Oui. Une bonne action ... Je regardai la jeune fille, encore choquée par ce que j'avais ... Je la lâchai doucement et enfin, des mots franchirent mes lèvres.

    « Vous allez bien ? »



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Mon Dieu, NEOKO SE SOCIALISE !
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le Ven 28 Sep - 14:03
Tout se passa ensuite très vite. Tu jetais de temps à autre de furtifs coups d’œil derrière toi, t'avisant ainsi de l'avancée de la mèche. Puis arriva ensuite la jeune fille. Celle qui, au premier abord, semblait posséder un coeur de pierre, courut en ta direction pour, de cette manière, t'épargner une mort certaine. Étouffant sous une épaisse laine noire, tu te mis, en compagnie de l'adolescente, à dévaler une pente par roulades et tonneaux. Une fois stable, elle relâché son étreinte autour de toi, et tu t'assis sur tes genoux, lui faisant maintenant face, légèrement étourdie par tous ces roulés-boulés. Tu cilla plusieurs fois avant de reprendre complètement tes esprits, et écoutas d'une oreille distraite la question suivante :

« Vous allez bien ? »

Allais-tu bien ? Ton corps, certes. Mais qu'en est-il de... du reste ? Ahahah. Quelle ironie du sort ! En voilà une bonne question. Tu ne sus que répondre. Fallait-il seulement que tu parles ? Tu baissas les yeux sous l'effet de la nostalgie, et prononças ces mots d'une voix morne et sans vie :

« On aurait dit Zefa... »

Désormais, plus rien ne t'aurait empêcher de verser toutes les larmes de ton corps. N'est-ce pas ? Or, ce n'est pas ce que tu fis. Au contraire. Tu te contentas de sourire ; un sourire amer, le regard vide.

Et, non, tu ne la remercias pas. Pourquoi aurais-tu dû le faire ? Cette femme t'avait rappelé Zefa. L'autre fantôme. Toi, tu étais partagée entre l'idée de le retrouver et celle de le faire à jamais disparaître de ta vie. Trop de responsabilités pour une fillette de treize ans, hein...


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le Lun 1 Oct - 21:40
LET'S MOVE FORWARD IN THIS WORLD

    « On aurait dit Zefa ... » murmura-t-elle d'une voix morne, sans vie.

Zefa ? Quel nom étrange. D'accord, pas plus étrange que Neoko, je le conçois mais un nom étrange tout de même. Qui était-ce ? Je n'en savais rien et je n'en avais rien à faire. Je détaillai la jeune fille qui me faisait désormais face, assise sur ses genoux, l'air absent, une envie de vivre qui s'était échappée d'elle comme un courant d'air une fois la fenêtre refermée. Pourtant, aux premiers abords, on aurait plutôt dit qu'elle était plus joyeuse que ça et qu'elle n'aurait mis en aucun cas fins à ses jours de manière aussi peu orthodoxes. Mais qui étais-je pour juger ? Une parfaite inconnue l'ayant envoyer valser dans ses bombes alors que la pauvre enfant ne m'avait rien demander. Pas même un sourire à son égard, rien. Les apparences sont parfois trompeuses ... C'est vrai. Cela l'a toujours été et cela le sera encore vrai pendant des années encore. Surtout ici, dans ce monde où la folie règne en maître sur n'importe quel être ayant une volonté de vie aussi faible soit-elle. Avant que cette vie ne t'entraîne jusqu'au fin fond de l'abysse des plus noirs du monde ...

Je pris soudainement conscience que cela faisait un petit bout de temps que je la dévisageai ainsi, les yeux vides, mes pensées ayant bloquaient momentanément mes faits et gestes ainsi que mes paroles. Reconcentrons-nous. « On aurait dit Zefa ... » Cette phrase me trotta dans la tête. On aurait dit. Une minuscule grimace tordit mon visage jusque là, impassible. Je ne voulais pas ressembler à quelqu'un. Ni même dépendre de quelqu'un. Ou encore pire, faire dépendre quelqu'un de moi. Pas avec cette barrière mentale qui refusait de céder malgré les coups de marteaux qu'on pouvait lui porter. Elle se dressait là, fièrement, à narguer ce qui essayaient de me comprendre, de m'apprivoiser en quelque sorte. Oui. J'étais comme une bête qu'on essayait de dompter. Un chat sauvage ... « On aurait dit Zefa ... » Cette citation résonna à nouveau dans ma tête. Je dus me retenir d'y répondre à voix haute et cinglante. Si son ami - supposant que c'en était un - avait été là, ça aurait peut-être mieux tourner pour elle, hein, je veux pas dire !

Je soupirai longuement avant de baisser mes yeux vers mon livre, me retenant une faible exclamation. La quatrième de couverture était roussie. Non ! Je n'avais tout de même pas réussit à l'abimer ! Pas ce seul lien qu'il me restait de ma vie d'antan tout de même ! Je le saisis comme un objet des plus délicats, inspectai la couverture, passai lentement le doigt sur l'endroit cramoisi. Comment avais-je réussi à finalement l'abîmer alors que j'y faisais tellement attention ? Mes yeux s'embrumèrent légèrement d'une vague de regret de de nostalgie. Non ... Comment avais-je pu faire acte d'aussi peu d'attention envers ce livre, ce lien ... ?

Oubliant complètement la présence de la jeune fille, j'ouvris le livre, vérifiant l'intérieur. Il n'était pas abimé, fort heureusement. Mais extérieurement ... Je me mordis la lèvre inférieure. Jusqu'au sang. De douleur. Non, j'avais réussi à abîmer, à céder un peu de terrain vers les abysses profondes. Mon esprit que je pensai en sécurité quand je lisais dans ce livre allait-il devenir instable ? J'entourai lentement le livre de mon poncho comme on l'aurait fait avec une peluche. Et je le serrai fort contre moi. D'accord, vous allez dire que j'en fais tout un drame pour une couverture abimée ? Et ben imaginez qu'on vient de décapiter votre doudou fétiche devant vos yeux ! Voilà l'effet qui me tenaillait désormais. J'oubliai tout. Le lac, la fille, tout. Avant de redescendre sur Terre. Je levai les yeux vers la jeune fille, sans dire un mot.



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Fouaah, comment que je suis partie dans un trip, là. "8D
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le Mar 2 Oct - 18:22
Bien qu'elles furent toutes deux abattues - pour des raisons propres à chacune, la doucereuse odeur d'un repas - qui vu l'odeur, devait être délicieux - leur monta brusquement aux narines. De la viande, des salades, du poissons, du riz, des pâtes... Bref, tout ce dont on pouvait rêver.
L'odeur était si forte qu'elle en faisait presque mal à la tête, et même l’atmosphère semblait réchauffée par les plats visiblement fraîchement cuits.

Mais, alors même que l'odeur de café, chocolat et autres boissons chaudes venaient se rajouter au festin d'effluves, une grosse chose tomba derrière elles. Une grosse créature avec un air vilain, de petits yeux hargneux, sur une tête démesurée, qui ressemblait à une poire poilue. Un rictus gigantesque lui mangeait la moitié du visage, et son nez avait la couleur et la forme d'une patate pourrie.
Son corps, lui, n'était pas bien grand, comparé à sa tête. Quelques dizaines de centimètres, un demi-mètre maximum. L'illogisme de la chose poussait à se demander comment un tel corps pouvait supporter une telle tête.
Ses très nombreux bras ressemblaient d'avantage à des spaghettis, et ses pieds étaient d'immenses poireaux - c'était ça qui le rendait grand, à la manière de talons.

Les dents qui remplissaient sa bouche tordue laissaient passer des parole :

« Faaim... Vous vouleez mangeeeeer ? Mais veneeez, je vous inviiite à ma taaable... »

La bave verte à pois bleus coulait au bord de ses lèvres, et il tenait un gigantesque couteau avec ses nombreux bras.
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le Lun 29 Oct - 20:22
La jeune fille est triste. Ou plutôt désespérée. Peut-être un peu des deux, mêlé à une incompréhension totale ? Mais peu importe. Tu l'as outrée ; et, même si elle ne fait rien pour que tu le remarques, ton habituelle perception - forgée au cours des années de pratique - décèle en elle un tourbillon de sentiments jusque-là enfermés. Au fond, tu aimerais bien l'aider ; lui faire comprendre que, toi aussi, tu sais - ce que cela fait, ce que nous-même nous faisons -, que tu n'es pas une simple fillette qui cherche un fantôme. Mais, statue de pierre, ton corps reste figé : impossible d'agir, impossible de penser. C'est à peine si tu entends le géant approcher - pas de pierre, ces pas qui s'enfoncent dans la terre. Te sortant ainsi de ta rêverie utopiques, l'ennemi idyllique t'attire à lui comme un aiment en attire un autre. C'est une odeur de nourriture que tu perçois, à travers les fines effluves de l'environnement naturel. As-tu faim ? Telle est la question. As-tu seulement mangé, avalé quelque chose depuis le départ du fantôme en question ?

Soudain, tes pensées commuant, brisant la peine légère s'installant dans ton coeur peiné, ton esprit est attiré, irrésistiblement, vers l'ennemi énorme. Il ne te demande pas ton avis, et tu n'as pas le choix : piégée, au fin fond des abysses, dans les entrailles de l'Esquisse... Ton corps, à nouveau lourd et incontrôlable, se dirige, comme contrôlé par une force spectrale ; esprit des enfers venu te chercher, vers le géant, avançant à pas lourds dans votre direction. Il est impossible de combattre, impossible de lui survivre, et, bien que ton gré n'en veuille pas, tu y es bien forcée.

« Madame... Ce... ça a l'air bon, mais... »

Là, tu reprends conscience. Libérés d'un poids, tes muscles de relâchent brièvement, juste avant que tu ne voies la créature avancer, empiéter, encore et encore. Que faire ? Pas un son. Pas un gémissement ne sort de ta bouche. Faut-il juste... attendre ?

Mais là, sous l'effet de la peur, une peur inouïe et fort malvenue, tes jambes, tes pieds, tout ton corps n'obéit qu'à ta volonté véritable. Tu recules. Un pas, encore un...

Trébuchant contre un caillou - fort malvenu également -, tu t'étales de tout ton long, à quelques mètres de la jeune fille ; beaucoup moins du monstre qui ne cesse de prendre du terrain.


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le Mer 21 Nov - 17:18
Let's move forward in this world !

Je berçai délicatement mon livre entre les mailles de laine de mon poncho alors qu'une odeur de sucrerie embauma l'air ambiant. La douceur d'un repas réveilla mon estomac qui se mit à ronronner à l'idée de pouvoir se remplir après de nombreuses péripéties qui n'avaient mener à rien mis à part à cet endroit, à ce lac, à cette jeune fille. Je posai une main sur mon ventre tandis que les effluves d'odeurs embrouillait mon esprit, plongé dans l'incompréhension comme si on m'avait drogué ou quelque chose dans le genre. Peut-être que l'odeur n'était simplement que trop forte pour moi. Peut-être est-ce dû au surplus de nourriture, d'odeur ou que sais-je encore ? Je n'entendis pas la jeune fille se lever. Je ne la vis même pas, trop absorbée par l'envie de deviner quelle divine nourriture pouvait bien sa cacher au derrière de ses sensations. Je me retournai alors, l'esprit embrouillait, un mal de tête me gagnant rapidement. Un monstre. Ce n'était pas un énorme gâteau ou quelque chose dans le genre. Non, non. Juste un monstre.

Bien que son apparence hideuse fut repoussante ou encore que le doux son de sa voix fut lourde de sens en ce qui concernait notre funeste futur, je n'eus pas tout de suite l'idée de bouger. Celle-ci ne vint même pas titiller mon esprit, c'est pour dire. Je me contentai d'observer, oubliant combien de temps j'étais là, à fixer mécaniquement la créature approchait, gagnait du terrain sur nous. Je ne réagis pas non plus à la phrase de la jeune fille. Ni même lorsqu'elle tomba non loin de moi. Mon mal de tête ne faisait qu'empirer, mon corps était lourd, je n'avais pas la sensation de contrôler complètement celui-ci.

Et puis, finalement, le déclic se fit et je réagis enfin. Déserrant ma prise sur mon livre, je me relevai lentement en fixant le monstre approchait. Puis finalement la jeune fille. Je la rejoins le plus rapidement possible et l'incitait à se redresser. Peu importe mon idées, pour l'instant, on devait s'entraider pour s'en sortir et pour échapper à cette immonde créature. Après, j'aviserai si je la laisse tomber oui ou non.


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J'ai déjà fait mieux comme réponse, désolée. :=_=\':
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le Jeu 22 Nov - 14:11
Encore un pas. Affreusement lourd, il fait trembler la terre jusqu'à ses plus profondes entrailles. Les effluves alléchantes t'atteignent, t'envoûtent et t'attirent à elles. Pourtant, ces sensations étranges semblent provenir d'un rêve, d'un espoir si inaccessible qu'il en devient utopique.

Te tirant de tes sombres pensées, la jeune fille aux mèches grises se lève, sous tes yeux, avec difficulté, puis te rejoint d'un pas rapide. Tes mains trempant dans l'eau limpide, tu commençais à trembler sous la surface glaciale. L'adolescente, désormais tout près de toi, t'aida tant bien que mal à te relever. A moitié endormie, tu te laissas faire avant de réaliser que le monstre ne cessait de prendre du terrain.

« Merci... » murmuras-tu une fois sur pied, sans être tout à fait consciente de tes propres actes.

Ta tête tournait, le monde était flou. Peut-être était-ce dû à l'eau... l'eau ! Oui, ce liquide désormais glacial qui t'enserrait maintenant les mollets. C'était tellement froid que, malgré toi, tu ne pouvais faire le moindre geste. Tu étais littéralement pétrifiée, et tu ne pouvais rien y faire.

Cependant, plutôt que penser à une façon de te sortir de ce pétrin, ton regard était absorbé par l'ennemi qui se rapprochait encore et encore. Plus que quelques pas, et... Non !

« Allez-vous en. » dis-tu avec un sourire triste, au bout de quelques instants de silence. « Je ne suis qu'un fardeau... je crois que je l'ai toujours été. Je ne vous servirai à rien, si ce n'est vous faire tuer. Partez... »
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le Lun 25 Fév - 16:06
Le buffet était bien plus affamé que vous, vous ne l'étiez. Il vous sourit, il est heureux, il va vous manger, bientôt. D'abord, il préfère inaugurer ce merveilleux jour par une petite danse, il aime danser.

Ainsi, voila qu'il se trémousse, répétant avec attention chaque pas de la chorégraphie de la danse des canards, tout en chantant une chanson de Renée la taupe, c'est sa chanson préférer.
Ses pas détruisent tout sur son passage, creusant d'énormes fossés un peu partout, mais il s'en fiche, il va manger et enfin, aujourd'hui, il peut donner un vrai spectacle, montrer à tout son talent de chanteur-danseur.
Il est merveilleux, écoutez-le.

Mais voila que la bête eut le malheur de trébucher sur une chose totalement invisible, ce qui la fit rouler jusqu'au lac où un bruit assourdissant se fit entendre. L'eau éclaboussa les deux dessinatrices qui se fit éjecter par cette chose même, les séparant malencontreusement.

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