[Bâtiment Vert - RDC] Couloirs

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le Mer 7 Fév - 17:49

Les couloirs du rez-de-chaussée sont, en termes d'habillage et luminosité, en tout point identiques quel que soit le bâtiment, c'est-à-dire dépourvues de fenêtres la plupart du temps, et assombries par l'ardoise qui en recouvrent les murs. Quelques notes illisibles se promènent ici ou là, sans doute écrites par un cyantifique qui avait peur de perdre ses idées en marchant.

Vu depuis la porte coupe-feu qui fait la jonction entre les bâtiments, il semble y avoir trois portes de taille différente. La plus grande est une double-porte se trouvant en ligne droite et la porte de taille intermédiaire se trouve à gauche, chacune semblant mener vers une pièce différente. Tout à gauche, isolée de ses deux sœurs moins discrètes qu'elle, se trouve une petite porte.

Enfin, au fond à droite, entre les deux plus grandes entrées, un fin couloir permet sans doute de découvrir d'autres pièces, au cas où vous ne trouveriez pas chaussure à votre pied parmi les trois tailles disponibles.

Pour découvrir une nouvelle pièce, il suffit de vous rendre vers l'une des portes dont la destination est inconnue. Un maître du jeu créera ainsi la nouvelle pièce découverte.
(Si la description ne vous apparaît pas claire, jetez un oeil au Plan)


Dernière édition par Folie d'Esquisse le Mer 31 Oct - 17:52, édité 1 fois
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Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ?
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le Mer 7 Fév - 18:03
Au vu de l'architecture en L du Laboratoire, il n'était pas étonnant que la porte coupe-feu ne mène pas sur un long couloir mais plutôt sur un petit espace qui laissait apparaître un nouveau couloir à droite. En revanche, la compétence d'Al en aménagement d'intérieur ne lui permettait pas de prédire l'utilité de chaque pièce, quand bien même chaque porte était différente.

Tout au plus put-il supposer, pour lui-même, que la porte droit devant menait sur une large salle de conférence, de réception ou de restauration, pour peu que le bâtiment ait été, contrairement à la Base, organisé de façon cohérente. Si ce n'était pas le cas, alors ils pouvaient théoriquement découvrir un cirque, une salle de bain, ou même une salle d'arcade de l'autre côté.

Il était mené par le frisson de la découverte et l'espoir de tomber sur quelque chose d'utile.
Peu lui importait au fond, il ne pouvait plus être choqué.

Mécaniquement, il proposa un protocole d'exploration :
« On n'a qu'à ouvrir les portes dans l'ordre croissant. »

Ce n'était même plus une question. Il connaissait la réponse.
Seul ce qu'ils trouveraient au-delà de ces portes pourrait briser la monotonie de leur échange.

Ou bien la renforcer.

Résumé:
Al essaie vaguement d'analyser la situation, comprend que c'est inutile et propose de simplement ouvrir les portes dans l'ordre de leur taille.


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le Dim 11 Fév - 20:51
Rien de neuf, ici. Plus de couloirs et plus de portes. Le petit hall derrière la porte coupe-feu a au moins l’avantage d’être un peu vaste et de ne mener qu’à quelques accès, ce qui réduit les chances de se perdre. Pour peu que les pièces alentours ne débouchent pas sur un nouveau dédale, l’endroit mériterait presque de s’y installer. Presque. Même spacieux et à peu près sauf, il n’en demeure pas moins oppressant. Toujours ces murs noirs abritant on ne sait quelles coulisses où des couteaux de cuisine et des taies d’oreillers attendent probablement la scène dans laquelle ils doivent apparaître. Et toujours ces lumières qui n’éclairent que les planches et ceux qui marchent dessus.

Al vient de lancer une proposition, et Kaoren l’a parfaitement entendue. Presque aussi clairement qu’il l’a attendue. Sans procéder à la phase d’analyse de celle-ci, et avortant par conséquent la réflexion qui aurait dû s’ensuivre, Kaoren gratifie d’un simple hochement de tête son interlocuteur, ou en l’occurrence le soliloque qui s’adresse à lui. Puis, peut-être attendri par son regard tout aussi crevé, ou simplement porté par les restes d’un réflexe social, le taciturne accepte de briser un peu du silence pesant :

« Va. »

On est encore loin des dissertations qu’il aurait proférées six jours plus tôt, et c’est en fait à peine si on peut parler de discours. Mais Kaoren en est là. À peine capable de formuler une pensée claire dans cette obscurité, alors une phrase…
Il jette un nouveau coup d’œil rapide sur les alentours pour définir quelle porte sera la première sur la liste, puis fait mine de s’y rendre en entamant quelques pas lents dans sa direction. Des pas plus à même que lui de prononcer une phrase, et cette phrase dit « Quand tu veux, je marche à tes côtés, et je n’y vais pas seul ».

Résumé:
Kaoren acquiesce et s'approche de la première porte.




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le Ven 16 Mar - 21:01
Suite du RP dans les Toilettes.

« Bon, on en fait quoi ? »

Ses yeux étaient naturellement rivés vers cette fichue porte qu'aucun d'entre eux n'avait envie de réouvrir pour l'instant. Cette porte qui avait balayé la monotonie de l'exploration sans prélude. Et c'était sur un ton faussement assertif qu'il posait la question, puisqu'il n'avait pas vraiment retrouvé toute sa tête.

En toute logique, trois possibités s'offraient à eux. Considérer que vaincre l'Objet était une priorité, et réfléchir à un plan pour s'en débarasser. Reprendre l'exploration en ignorant se "détail", tout en sachant que le danger pouvait aussi les attendre derrière l'une des deux autres portes alentours. Ou bien ne rien faire du tout, et retourner à l'inertie.

Ce n'était qu'une question de juger leur degré de courage et de fierté. Voir s'il leur en restait encore un peu.

Résumé:
Al se demande à quel point lui et Kaoren ont peur de l'araignée, et surtout demande quoi faire.


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le Ven 23 Mar - 18:26
« On en fait un souvenir lointain. »

L'expérience était déjà drapée dans la tête de Kaoren d'un a priori très négatif, mais cette première et dernière péripétie vient d'y porter le coup fatal. L'aventure, c'est bon pour ceux qui aiment le danger, et le danger pour ceux qui aiment l'aventure. Kaoren n'aime ni l'un, ni l'autre, ni à peu près plus rien. Et pour ne rien arranger, sa jambe continue de lui faire mal.

La porte fermée et l'araignée derrière, il s’assied contre le mur, et c'est à peine s'il ne se met pas à le contempler. L'ardoise inspire de plus ternes élans que le cuivre poli, semble-t-il, et même les sillons multicolores du plafond ne suffisent pas à lui faire penser à autre chose.

Il cale sa tête et son dos, peu décidé à se relever. La jambe saine repliée, l'endolorie tendue et les bras sur le ventre, il abandonne lentement et successivement les idées de demander de l'aide, de s'en aller d'ici et d'adresser autre chose à Al.

Résumé:
Kaoren est grave saoulé, répond de ne rien faire, et s'avachit contre le mur.




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le Dim 1 Avr - 14:36
« Je vois... »

Toujours aussi doué pour la conversation, il s'était contenté de répondre évasivement. Approuver signifierait renoncer à ces cinq jours où il avait fait de son mieux pour garder la tête à peu près froide. Désapprouver signifierait mentir, ou se foutre de la gueule du monde - parce qu'il ne pouvait certainement pas reprocher à Kaoren d'être couard ou de ne servir à rien. Al était partagé entre l'envie de s'asseoir, lui aussi, et de se recroqueviller jusqu'à ce que les choses s'arrangent, et celle d'utiliser cette chaussure qu'il tenait toujours en main pour se passer les nerfs sur les murs.

Les murs, hein ?

Ils t’auront empêché de tomber quelques instants de plus. Mais eux ne t’abandonneront jamais. Ils ne te jetteront pas dehors au risque que tu y passes pour trouver le temps d’échafauder un moyen de vaincre le monde en tant que murs.

C'était tout comme il avait dit.

Et maintenant, il regrette de t'avoir suivi. Comme tous les précédents. Si ça avait été un Objet plus dangereux, il serait peut-être mort, tu sais ?

Le vent de courage et le flot de panique l'avaient laissé, alors il pouvait enfin entendre sa propre voix intérieure. Et celle-ci n'avait que des reproches méritées à lui faire. Des reproches qui recommençaient à lui nouer l'estomac. Les mêmes sensations que celles qu'il avait côtoyé pendant ces cinq jours.

« Dis.. »

Alors il fallait au moins qu'il se délie la langue. Même si c'était la dernière chose que Kaoren voulait. Même s'il ne lui répondait pas. Même s'il lui renvoyait dans la face ses quatre varités. Parce qu'Al avait sans doute à cet instant-là plus peur d'être laissé seul avec ses doutes que d'être ignoré ou critiqué.

« C'était sans doute vrai, ton délire les murs. »

Lui aussi, il s'était collé contre l'un d'eux. Et lui aussi commençait à glisser, à deux mètres du gamin aux cheveux rouges.

« Mais franchement, il n'y a rien de beau à regarder, ni dans les murs, ni dans le ciel, ni dans le monde... J'en ai juste ma claque, de tout ça, et je pourrai pas prendre exemple sur eux... ni passer mon temps à rien faire, ça me rend coupable pour les autres, et parce que j'aimerais sortir de ce monde.. enfin.. si on peut... mais quand je fais quelque chose je sers à rien, et tout ce que je dis sonne faux, et... »

Ses paroles étaient confuses. Mouillées. Il disait ce qui lui passait par la tête, sans chercher à rendre ça sophistiqué. Ni même audible.

« Peu importe comment j'essaie de voir la chose, je ne sais plus quoi faire... ni quoi dire.. et dès que j'ai l'impression de savoir, ça finit comme ça, les choses s'empirent sans le moindre progrès... »

Il ne voulait pas voir le visage de Kaoren, se doutant qu'il le mépriserait. Ou qu'il le trouverait juste complètement con et inutile. Alors il fixa l'ardoise en face de lui - parce que l'ardoise ne reflétait rien.

Résumé:
Al se souvient de ce qu'avait dit Kaoren et finit par craquer mentalement, en lui expliquant sa situation sans espoir de réponse.


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le Lun 2 Avr - 13:49
Qu’Al vienne s’épancher sur son sein n’a rien d’étonnant pour Kaoren, c’est presque s’il ne l’attendait pas. L’ambiance en a pris un sacré coup, elle est devenue assez proche de celle qui régnait dans le camion après le choc, quoique moins intense ici. Et comme au camion, Kaoren finit par trouver son interlocuteur inutile et méprisable. Au mieux, il est capable de rattraper ses âneries après les avoir admises.

La reconnaissance envers Al commence à s’évanouir, chassée par cette idée qu’il n’a fait que tenter de réparer le vase qu’il avait posé contre le bord de la table. Sans Al, rien de cela ne serait arrivé, se répète l’esprit condescendant de Kaoren. Sans Al, pas besoin d’Al.

Alors qu’il se mette à se justifier, et même à entonner un début de discours moralisateur, cela résonne très mal dans la cavité noire et trop pensante qui abrite les pensées de son voisin de mur. Elle a des parois de pierre, et les mots peuvent y résonner longtemps avant qu’elle les avale. Le meilleur moyen de pallier à ça serait sans doute de se taire, laisser les non-dits restés dans son esprit encaisser les mots de l’extérieur, mais c’est un bien piètre rempart que celui dont on voit le bout de loin à pouvoir le contourner. Et lorsqu’il faudra faire sortir toutes ces sales pensées qui se seront infiltrées derrière, cette muraille de silence ne les contiendra que plus longtemps à l’intérieur. Alors tombez les murs et faites-en des ponts, Kaoren reprend la parole dans l’espoir d’évacuer les mots qui lui nuisent plutôt que ceux qui lui feront défaut plus tard. Et parce que le silence précède souvent la fatalité, c’est sur ce ton tragique qu’il partage sa consternation.

« On est tous comme ça. On ne sait pas grand-chose, et on ne peut pas grand-chose. Je ne sais pas comment tu fais pour te persuader aussi fervemment de pouvoir t’extirper de cette condition, je crois même n’avoir jamais vu personne s’accrocher autant que toi à cette idée en dehors des Cyantifiques… »

Et la touche de la reconnaissance qu’il s’était promis de lui partager :

« Au mieux, tu es brave, au pire, tu es inconscient. Mais tu n’es sans doute pas le plus à plaindre. Moi, j’ai dû laisser l’idée d’être brave, et c’est plutôt lourd à vivre. »

« Mais peu sont capables de prendre ce monde à la légère. »

En dehors de ses lèvres, pas un membre de Kaoren n’a bougé depuis son discours précédent. Il pense sans agir, et continue de parler au mur, comme s’il n’avait de toute façon plus d’autre interlocuteur. Ou comme si le mur était devenu son nouveau coryphée. Mais à la différence de ceux de cuivre, celui-ci est incapable de refléter sa personne. Uniquement ses paroles, pour les adresser à d’autres murs.

Donc sur ce point, Al a raison. Il n’y a rien de beau à regarder.

Résumé:
Kaoren déprime métaphoriquement, et partage ça à Al.




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le Lun 2 Avr - 22:52
Au moins, il lui avait répondu. Partagé entre le vague sentiment de soulagement et la vague glaciale - et lapidaire - qui émanait de ces mots, Al ne savait ni s'il s'était attendu à quoi que ce soit de particulier, ni s'il avait, au final, particulièrement ressenti l'envie qu'on lui parle. Il comprenait, du moins en partie, la position de Kaoren, mais il la comprenait tout autant que l'on conçoit un point de vue sans pouvoir le partager.

Alors il lui répondit. Sans réellement savoir s'il voulait lui répondre, mais en répondant au moins ce qu'il savait, parmi toutes les inconnues qui l'égaraient.

« Lourd à vivre, oui, sûrement... Je ne sais pas comment tu fais pour te persuader d'abandonner tout espoir sans te tirer une balle. »

Ce n'était pas de la bravoure. Ni de l'inconscience. C'était une pensée des plus simples. Une pensée qui ne reposait pas sur le moindre monologue mélodramatique, ni sur la moindre réflexion impliquant le sens de l'univers, des pièces de théâtres et de l'héroïsme.

« La vie que j'avais il n'y a même pas un mois me manque... Si je dois rester dans ce foutu monde pendant des mois, voire des années... et ne jamais revoir ma famille, mes amis, ma fac, mes habitudes, toutes les choses que j'aime... Autant aller les attendre au paradis, ça abrègera mes souffrances. Et celle des autres. »

Il n'avait pas pu dire cela sans se noyer dans les images et les souvenirs. Un mois seulement. À le dire, ça sonnait si peu. À le dire, ça le réconfortait presque, dans cette idée qu'il était encore trop tôt pour dire qu'ils ne pouvaient rien faire, et que tout restait encore à faire. À le dire, ça lui permettait de caresser l'idée que le monde - le vrai monde - existait encore tel qu'il l'avait connu, quelque part au-delà de ces arabesques dignes d'un mauvais tableau absurde.

Mais à le dire, ça résonnait aussi. Parce que les souvenirs font mal. Ils sont si vicieux qu'ils font passer la plus futile des anecdotes pour un âge d'or, et le moindre visage retenu vite fait pour un proche. Et plus on fait résonner, plus le décalage grandit, plus la douleur monte. Alors faut-il plaindre celui qui croit encore pouvoir répondre à son manque, ou à celui qui a abandonné l'idée de pouvoir le faire ? Ou bien faut-il plaindre les cyantifiques, qui ne semblent pas le ressentir ? Ceux pour qui ce monde est une consolation, sinon un équivalent, à ce que leur réservait la vie jusque là ?

Vraisemblablement, ils avaient mieux à faire que de chercher à poser des opérateurs sur une telle question. Mais ils avaient de toute façon mieux à faire que de rester plantés là, au beau milieu d'un bâtiment inconnu, à soulever des poids qu'ils ne pouvaient supporter.

Il serait pourtant mentir de dire qu'Al n'avait pas envie de continuer. En cet instant, parler c'était comme boire. Même plongé dans une mer acide de manque et d'images, il manquait cruellement d'eau, parce qu'il cherchait une eau qu'il pourrait boire. Qu'elle ait ou non bon goût. Alors il parla.

« Mais si tu es plus à plaindre, je ne sais pas.. Psychologiquement, tu as l'air de t'en sortir. »

Ou au moins, tu parais cohérent avec toi-même.

Et il ria jaune, planqué derrière la cloison invisible qui les séparait.

Résumé:
Al se demande pourquoi Kaori ne se suicide pas, en évoquant son manque vis-à-vis du monde avant l'Esquisse. Après avoir réfléchi inutilement, il dit à Kaoren qu'il a l'air quand même moins fou que les autres.

Note à moi-même : il faut que j'arrête de foutre des métaphores avec l'eau partout. ça devient redondant /crève


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le Sam 7 Avr - 16:12
Il croit vraiment ce qu’il dit ? La première fois qu’Al et Kaoren se sont rencontrés, ils se convainquaient mutuellement de pouvoir s’en sortir, comme de devoir tout faire pour y arriver un jour, ou même pour que d’autres y arrivent un jour. À l’époque, le pragmatisme et l’héroïsme détenaient encore beaucoup de territoire dans leurs esprits, et ils tenaient quasiment le même discours.
Et qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Al n’a pas changé l’énoncé de son objectif d’une seule virgule. Kaoren, le pessimisme l’a presque entièrement conquis. Il n’est pas habitué à vivre avec ça sur les épaules, il n’a jamais appris à devoir le supporter. Mais tout le monde ne peut pas croire à ce qu’il veut. Parfois, le monde pense pour nous et fait le choix pour nous. Psychologiquement, Kaoren s’en sort aussi bien qu’un esclave que l’on force à travestir la vérité sur la cruauté son maître en échange de quelques privilèges, dont celui d’être rejeté par ceux qui sont restés fidèles à eux-mêmes.

« Crois ce que tu veux. » retourne-t-il abruptement.

Cela fait un certain temps que les remarques qui lui ont été faites n’ont plus trouvé le chemin jusqu’au cœur de ses pensées. Depuis le camion, si ce n’est plus tôt encore, la réflexion de Kaoren est devenue beaucoup plus agressive. Elle n’accueille plus les piques de ses interlocuteurs jusqu’en son sein et se contente de les maintenir à distance et ne leur opposer que des idées fermes. Aucun effort n’est plus livré pour rendre les discussions fertiles, on les arrose simplement de cendres pour décourager d’autres intervenants d’essayer d’y faire pousser quoi que ce soit. Non pas que Kaoren se complaise dans son nouvel état d’esprit, mais citez-lui en une seule, de fleur qui ait éclos dans ses errances introspectives.
Voilà pourquoi il cherche à clore cette discussion dès maintenant. Il a autant de mal à réfléchir qu’il se fait de mal à tenter, et il se persuade même que ses efforts ne seront pas récompensés à la hauteur du mal partagé.

Résumé:
Rien. Le néant scénaristique absolu.




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le Sam 14 Avr - 18:58
Rien. Kaoren ne répondait rien.

Même s'il ne s'était pas attendu ni aux compliments ni à la compassion, Al aurait été satisfait d'un critique acerbe, ou d'un changement de conversation. Du moment que c'était quelque chose qui le contraignait à répondre à son tour. Du moment que ce n'était pas la version plus polie d'un "va te faire voir". Mais il n'était pas étonnant que la conversation finisse ainsi, puisqu'il était si pitoyable. Puisqu'ils étaient si pitoyables. Puisqu'ils jouaient cette scène que l'on regardait à moitié sur son portable, ou qu'on passait systématiquement. Il n'y avait pas moyen que cette discussion serve, ou ait servi, à quoi que ce soit. Ainsi Al tenta-t-il de tout rationnaliser, comme il le pouvait et comme à son habitude, pour se convaincre de rebondir plutôt que de rester au sol.

« C'est ce que je comptais faire. »

Se redressant, il fit quelques pas qu'il l'éloignèrent du gamin et de la porte. Pour se convaincre encore un peu plus, il se fit la remarque qu'il ne manquait plus que le point d'exclamation sur la tête pour faire de Kaoren un PNJ ancré dans le décor et dans l'ambiance du labo, et plus qu'une casquette à l'envers pour faire de lui un gosse boudant après avoir été puni par ses parents. Enfin, il ne manquait sans doute plus rien au matheux pour faire de lui le personnage secondaire que tout le monde détestait. Celui qui mourrait dans une scène sans intérêt, ou qu'on ne tuerait pas parce que cela n'aurait pas d'impact sur le spectateur.

Ça avait le mérite d'expliquer pourquoi Cydna n'était plus là, alors que lui était monté dans le camion. Et pourquoi il était incapable de ne rien faire, tout en étant incapable de faire.

« Je vais aller voir comment s'en sortent les autres, et si je peux trouver une arme plus efficace qu'une chaussure, ou.. »

Fatalement, puisqu'il regardait Kaoren, il savait comment il devait terminer sa phrase.

« Ou quelque chose pour cette jambe. »

Seul le présent pouvait pour l'instant le sauver de l'étreinte du passé et du puits sans fond qu'était le futur. Et puis ainsi, ça lui donnerait une excuse de plus pour essayer de délier la langue de Kaoren lorsqu'ils se recroiseraient.

Résumé:
Face au vent, Al abandonne l'idée de parler à Kaori et tente de se convaincre que de toute façon c'est plus rationnel de partir faire autre chose. Ce qu'il réussit à faire.


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le Mer 18 Avr - 12:03
Va donc, Al. Laisse Kaoren méditer et va chercher de quoi soulager sa jambe pour constater la belle que ça lui fera. Lorsque tu annonces ton départ, c’est au mot près ce qui lui passe par la tête. C’est difficile à croire pour qui se trouve dedans que tu lui as sauvé la mise il y a un instant. Encore plus difficile à croire qu’il t’ait été reconnaissant, quand on constate ce qu’il s’efforce de penser de toi maintenant.

Toujours est-il qu’il ne répond que d’un signe de main. Un signe par ailleurs effectué de main morte. Tout au qui-vive qu’il soit face à son propre marasme, il ne daigne pas t’accorder un effort de plus.

Il est probable que Kaoren reste ici un bout de temps. Là où personne ne viendra le chercher, le regarder ou l’empêcher de regarder les murs. Ici, en coulisses, la vie n’est pas plus laide, ni moins captivante. Mais ça, peu de gens le savent. Seuls ceux qui s’y sont rendus ont conscience de ce qui s’y trouve. Les autres n’en savent rien, car on ne les distingue ni du devant de la scène, ni des gradins. Qu’est-ce-que Kaoren n’aurait pas donné pour être le metteur en scène, le costumier, ou même l’écrivain. Eux ne quittent jamais les coulisses, eux ont déjà donné leur performance, et eux n’ont plus que de la fierté ou des regrets, pas ces inexorables doutes. Mais Kaoren est un personnage, alors il endosse le rôle qui reste le plus longtemps en coulisses. Si l’on exclut le rôle du personnage mourant en début du premier acte.

D’où il se trouve, il aura loisir de penser à ce qu’il aurait pu faire, puis de ce concentrer sur ce qu’il n’aurait pas dû faire. Sur comment parfaire sa vie lorsque l’on est Damoclès et que l’épée vacille déjà. Sur comment résister à l’appel du poignard qui rougit du sang de Pyrame. Sur comment brandir son fleuret lorsque l’on affronte un adversaire aussi invincible que la Mort.

Il pourra même envisager que tout cède en un instant…

Résumé:
Kaoren reste assis et laisse Al partir. Puis il se lance dans une introspection de fin de RP et se prépare à une introspection de post-RP, mais ce sera en coulisses.




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Allez râlez pas, racontez-moi plutôt vos complexes !
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le Mer 2 Mai - 21:52


…le sort s’acharnait-il sur lui ?
Lui qui pensait qu’il allait être seul, le voilà face à l’un d’entre eux. D’une corpulence petite et mince, les cheveux roux, il était adossé à un mur, comme s’il attendait quelque chose. Attendait-il le dernier signe avant le trépas ? Il pouvait bien venir à bout de cet être. Il ne semblait même pas être bien en point. L’écraser comme un insecte n’allait pas être un souci…
Cependant, Canvas était en proie au doute. Etait-ce ce qu’Elle attendait ? Comment devait-il s’y prendre ? Ce n’était pourtant pas si compliqué que ça. Voilà que maintenant lui revenait cette sensation étrange, cette impression persistante que ce goût amer ne lui avait pas toujours été inconnu, impression de vide, d’une brèche qui n’ouvrait que sur le néant…

-Pourquoi persister ?

Malaise qu’il devait oublier. Malaise qu’il devait enterrer par tous les moyens. Et tant pis si le travail était mal fait. Ses yeux se posaient sur ceux du dessinateur. Alors qu’il poursuivait, ses dents tout comme ses poings se serraient :

-Pourquoi lutter contre un monde qui n’est pas le vôtre ? Ne pouvez-vous donc pas vous contenter d’en admirer la beauté ? Jusque-là, vous n’avez fait que l’entacher.

Comment comprendre les dessinateurs ? Comment mieux s’en débarrasser ?

Résumé:

En parlant de la Mort Canvas entre dans le couloir en pensant qu'il allait pouvoir être un peu seul, trouve Kaoren, puis s'agace et lui adresse la parole.


Alev cherche vos complexes en #b590db.
Canvas désire vous tuer en #8dbe6b.
Code:
<transformation perso="Alev" />

Code:
<transformation perso="Canvas" />


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le Dim 6 Mai - 13:28
De tous les survivants qui l'avaient accompagné dans le camion, de tous ceux qui n'avaient pas su échapper au funeste incident de la Ville, de tous les cyantifiques, rebelles comme fidèles, de tous les égarés récemment apparus ça et là dans l'Esquisse, et même de tous les gens sur Terre qui n'ont jamais eu vent de l'Esquisse, pas un seul n'aurait su poser une question capable de résonner dans les pensées de Kaoren avec un tel écho de stupidité et d'inconscience. Il pensait que rester là, dans ce couloir, lui permettrait d'échapper aux remarques ignorantes de ses compagnons, ne serait-ce que pour un temps, et voilà que la scène suivante l'oppose à quelqu'un qui lui assène toutes les questions qu'il s'était posées à ses premiers jours et dont il s'est débarrassé en fuyant la Ville. Au moins, cette fois-ci plus que jamais, Kaoren a des réponses toutes faites et bien ancrées en lui.

« J'ai déjà donné ma réponse à cette question à trois personnes qui me l'ont posée. » commence-t-il. Ses paroles résonnent d'autant de mépris que d'obstination, mais suivent une ligne inexorablement certaine. Il sait ce qu'il dit, et il sait ce qu'il pense. Une fois n'est pas coutume.

« La première est une jeune femme que j'ai rencontrée il y a dix jours, l'époque où j'étais encore semblable à toutes les bonnes volontés qui s'entraident dehors. Je lui ai répondu par les mots suivants : « Si beau soit ce ciel, si artistique soit ce monde, je ne le laisserai pas m'imposer de le contempler ou me menacer d'y mourir. » J'ai refusé qu'un esclave puisse s'attacher à ses chaînes pourvu qu'il apprécie les parfums de la plantation de canne à sucre dans laquelle il ira brûler ses doigts. »

Mot pour mot, Kaoren garde une excellente mémoire de ses propres dires, et par extension des souvenirs qui les accompagnent. Ce second point n'est pas forcément pour lui plaire, et il laisse échapper un grognement en repensant à ce qu'il aurait dû ou n'aurait pas dû dire ce jour-là. Surtout après avoir vu ses états d'esprit bouleversés par deux fois depuis lors.

« La seconde personne, c'est moi. Après quelques jours sous un masque de chevalier en devenir, j'ai enfin rassemblé assez de conscience pour formuler cette question dans ma tête. Et je me suis répondu que personne ne se confortait dans cette fatalité, et que je n'aiderais jamais les victimes de l'Esquisse qu'en les confortant dans leurs perspectives d'avenir, puisqu'il s'agit là des seules beautés qu'ils savent apprécier. Laisser la lueur d'espoir dans les yeux des gens en les aidant à chercher, quoi qu'il cherchent. Ça, c'est une gamine aux yeux dorés, qui me l'a fait comprendre. »

Cela fait longtemps que Kaoren n'a pas tenu un discours aussi long et effréné. Normalement, et à moins d'être trop énervé pour ça, il s'arrête avant de prononcer ses phrases et les pèse pour éviter d'en faire sortir d'autres serpents qu'il n'aurait jamais voulu voir naître, et laisse par le fait même une pause que son interlocuteur pourra saisir pour répondre ou interjeter. Ici, c'est le discours du prof', celui qui a appris son cours par cœur et qui le restitue dans son créneau horaire limité. Un genre de discours auquel il ne s'est plus prêté depuis une dizaine de jours.

« Quant à la troisième, c'est l'Esquisse. Elle a fait s'effondrer la scène sur laquelle je jouais, sur laquelle nous jouions tous, dans l'évidente intention de nous faire cesser de jouer. Moi, j'étais et je suis un figurant sans importance, alors pourquoi m'attacher à mon rôle de la sorte plutôt que d'abandonner la pièce dans l'espoir d'être engagé dans une autre après la mort de mon personnage ? Si l'Esquisse parle, je sais que c'est ce qu'elle m'a demandé. Et je lui ai répondu que je jouerais mon rôle aussi longtemps qu'elle jouerait le sien. Elle m'a asséné la beauté de son incohérence sous la forme de tempêtes et de cataclysmes, et je lui ai répondu que sa beauté était morte avec ceux qui pouvaient la contempler. Et aujourd'hui, elle m'a rappelé que j'étais l'intrus dans ce monde en m'opposant à l'un de ses habitants natifs, et je lui ai répondu qu'elle n'avait pas à interférer dans le mien. »

C'est presque un discours de héros, celui d'un homme prêt à affronter l'invincible pour défendre ses idées. Sauf qu'il est tenu par un fou, un faible et un fuyard qui a réfléchi beaucoup trop longtemps. Rien qu'un homme à l'allure d'un gamin, persuadé d'avoir raison autant qu'il en est fier. L'Esquisse pourrait bien le détruire maintenant, il sait qu'il mourrait sans plus avoir tort, et longtemps avant son orgueil.

Résumé:
Kaoren est tout aussi agacé de voir Canvas, et lui répond par une longue tirade.




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le Jeu 10 Mai - 18:17

Il cherchait une réponse, une raison pour laquelle ces envahisseurs s’obstinaient à souiller la beauté de ce monde qu’il aimait tant. Devant lui, l’exemplaire miniature des dessinateurs lui répondait. Ce n’était pas une réponse courte, loin de là, elle était même assez complète. Même s’il éprouvait toujours cette rage contre cette espèce intruse, au moins sur ce coup-là, contrairement aux fois précédentes, il était tombé sur un individu qui savait répondre. Il ne recevait qu’un raisonnement strictement humain. Un dessinateur qui se pensait être victime d’un sort que sa race avait elle-même enclenché. Canvas n’interrompit pas son discours, souhaitant le laisser s’exprimer, essayant de comprendre ce qui pouvait bien les motiver, lui et ses semblables, à persister ainsi.  Ce raisonnement n’était pas incohérent, du moins reflétait-il une logique qui ne correspondait pas à la sienne. Ils étaient inconscients, peut-être même étaient-ils idiots. C’était du moins le cas si tous pensaient comme ce rouquin.

Plus le discours continuait, et plus il saisissait. A ses oreilles, cela sonnait comme les paroles d’un homme menant une lutte sans nom, une lutte sans but, un chemin qui ne menait nulle part. L’errance d’un fou, ou d’un aveugle, c’était là tout ce qu’il avait compris. Mentalement, Canvas était reconnaissant envers Celle qui avait guidé ses pas jusqu’ici, sinon sûrement aurait-il été tout aussi perdu que son interlocuteur. Alors que les autres se noyaient dans l’incompréhension, se laissaient porter de droite à gauche par les vagues sans comprendre pour quelle raison vivaient-ils, lui parvenait encore à voguer sur sa barque. C’était une barque rongée de remords et de doutes, mais elle flottait encore. Et s’il réussissait à la réparer, alors tout pourrait redevenir comme dans ses souvenirs, ceux de la belle Esquisse paisible.

Silence. Le dessinateur avait terminé son discours.

-Je vois.

L’âme errante en face de lui avait-il encore des raisons de vivre ? Par pur instinct ou par volonté brisée ? C’en était écœurant. De la vermine qui rampait en attendant la Mort.

-Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ce monde est-il si déchaîné ?

S’il était aussi sensé qu’il ne le laissait paraître, alors il avait dû se poser la question une fois, un jour.

-Regardez donc autour de vous : plus vous êtes présents, plus vous êtes nombreux, et plus la situation empire. N’avez-vous pas pris conscience que c’est vous qui avez provoqué Sa colère ?

C’était une occasion pour lui de pouvoir déverser la colère qu’il retenait. Il poursuivit en fixant le dessinateur miniature :

-Vous n’avez respecté nulle parcelle, nulle âme de ce monde. Vous avez empiété cette terre, imposé vos propres règles, sans même consulter ceux qui ont vu le jour ici. Vous avez fait vos propres choix, sans en mesurer les conséquences. Cette beauté, vous l’avez détruite de vos propres mains, et de vous-même, vous vous enfoncerez vers votre propre destruction.

Ce n’était pas seulement sa voix qu’il faisait entendre, c’était aussi celle de la Créature la plus Majestueuse de ce monde. Peut-être celui-ci pouvait-il comprendre, comprendre qu’ils étaient victimes de leurs propres machinations.

-Chacune de vos initiatives est vaine, Elle détruira tout ce qui émanera de vous, d’une façon ou d’une autre. Laissez-vous donc aller, oubliez vos misérables espoirs, et permettez Lui de terminer ce qu’Elle a commencé.

Après tout, il était plus difficile de survivre que de se laisser mourir.


Résumé:

Canvas répond au pavé à Kaoren et lui propose de se laisser mourir gentiment.


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le Dim 20 Mai - 14:07
Sitôt qu’il en vient aux phrases qu’il a apprises par cœur, Kaoren tend à se borner facilement dans son idée. Que la réponse qui lui soit venue vienne à le faire douter, il ne l’attendait pas. Bien sûr, Kaoren n’est pas un irrationnel prêt à suivre la parole des annonceurs d’aubes mystiques en tous genres, mais s’il y a bien un endroit où de tels propos peuvent être tenus par quelqu’un sans qu’il mérite d’être targué de fou, de fanatique ou de dément, c’est bien ici.

Offenser l’Esquisse et en subir les représailles… L’idée n’est pas bête. « Plus vous êtes présents, plus vous êtes nombreux, et plus la situation empire. » Force est de constater les faits. Les Dessinateurs arrivent dans ce monde par dizaines, et s’établissent en communautés permettant au plus faible nombre possible d’y succomber. Puis surviennent les cataclysmes, qui réparent ce déséquilibre et refont le compte les habitants. L’on pourrait arguer que ces pauvres gens n’ont pas demandé à se retrouver ici, mais c’est sans doute moins leur nombre que leur comportement qui deviendrait une offense. Ils ont probablement tenté de forcer le sort, et c’est le sort lui-même qui les aura punis, tant il est vrai qu’on ne peut priver personne de ses libertés.

Mentalement, Kaoren se fait violence pour accepter toutes ces idées inacceptables. C’est difficile d’admettre sa part de responsabilité dans une catastrophe de cette ampleur, et difficile de faire preuve de clairvoyance dans ces conditions. Mais il s’efforce d’y parvenir.

« J’imagine que tu as raison. »

Ce jeune homme aurait raison. Il ne partait pas gagnant a priori, les fusillades de son regard qu’il avait maintenues pendant tout l’exode et à l’encontre de tous ceux qui partageaient son sort n’avait pas aidé à inspirer chez Kaoren une quelconque empathie envers lui. Mais il semble que ce regard s’appuie sur un mépris très légitime depuis le début. Peut-être qu’à constater les fautes des siens et chercher à les réparer, c’est bien lui le plus blanc. Même au sens figuré. Peut-être est-il une sorte d’ange Jesrad venu signaler aux hommes que le mal n’est pas forcément où l’on le cherche, que certains maux sont nécessaires à un bien supérieur, et que la fin justifie les moyens. Et si Kaoren s’avère être Zadig, son appropriation de l’Esquisse s’avère ironiquement proche du zadisme.

« C’est une façon assez logique de voir les choses. Surtout ici et maintenant. »

Kaoren ne relève pas le ton méprisant ni les insultes directes, ni même la menace de la fatalité. Son interlocuteur est probablement aussi juste que sévère. Mais ne sachant d’où il semble tenir toute cette lucidité, et curieux de découvrir un nouveau rôle que celui des figurants et des acteurs s’étant trompés de pièce, Kaoren ne peut s’empêcher de poser la question :

« Tu es né ici, toi ? »

S’il a « imposé ses propres règles, sans même consulter ceux qui ont vu le jour ici », c’est peut-être l’occasion de se rattraper une fois pour toutes.

Résumé:
Kaoren accepte presque - j'ai dit presque - reconnaît l'avis de Canvas comme étant à peu près logique et lui demande s'il est né dans l'Esquisse.




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le Dim 2 Sep - 11:23
Après avoir poursuivi le débat quelques instants encore, les deux personnages en arrivèrent au funeste constat qu'ils s'exaspéraient l'un l'autre, et que cet échange aboutirait sans doute à un meurtre avant de déboucher sur un accord moral.

Canvas, agacé, laissa finalement Kaoren en plan dans son couloir et reprit sa route vers d'autres conversions moins reluctantes - ou plus ouvertement reluctantes que ces réponses philosophico-tragiques que lui assénait sans cesse le petit rouquin, allez savoir.

Quant à Kaoren, c'était la deuxième fois qu'on l'abandonnait là, blessé et hésitant. Perdu dans ses pensées, il entreprit se cloîtrer dans ce couloir pour encore un moment, en seule compagnie des murs, puisqu'eux ne l'abandonnaient jamais.

Mais c'est alors que ...


En l'absence d'Alev, qui nous a prévenus sur ce que faisait son perso' pendant qu'elle pouvait plus vraiment RP (un immense merci à elle, ça évite des dilemmes moraux sans fin au staff), on poste cette petite transition vers le prochain RP de Kaoren. Mais que s'est-il passé dans le couloir ? Quelqu'un est-il venu rendre visite à Kaoren, ou ce dernier s'est-il soudainement résigné dans une obscure pensée à quitter cet endroit et faire quelque chose de ses dix doigts et de sa jambe blessée ? Vous le saurez quand ...
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le Dim 2 Sep - 16:24


L'atmosphère changea brusquement lorsque Soraya ouvrit les portes du bâtiment pour s'engouffrer à l'intérieur. Il faisait plus sombre, la lumière semblait batailler pour tenter d'éclairer la vaste pièce à l'allure singulière. Le plancher était d'un bleu turquoise comme la jeune fille n'en avait jamais vu, un vrai plaisir pour ses yeux fatigués. Elle s'accroupit quelques secondes pour mieux observer la beauté des pigments céruléens et toucha les planches du bout des doigts. Le sol avait dû être construit à partir du bois des arbres qu'elle avait vu à l'extérieur en arrivant. Leur couleur cyan ne faisait aucun doute. Puis elle se releva et son regard longea les murs gris à l'allure froide qui l'entourait. En s'approchant, elle remarqua de petites rainures quasi invisibles parcourant la matière. Certaines étaient en fait des écritures indéchiffrables et d'autres, des gribouillis incompréhensible. Néanmoins, Soraya fut heureuse d'avoir trouver son premier support de communication.

À en juger par les deux bancs près de l'entrée, la pièce avait dû être une salle d'attente. « Un hôpital », se dit l'adolescente, c'était le seul type de bâtiment qui lui venait à l'esprit d'où l'entrée donnait directement sur une telle pièce. Son ventre gronda encore et elle arracha difficilement un autre bout de pain qu'elle mâcha le plus lentement possible malgré son goût immonde. « Dans un hôpital, il y a toujours une cafétéria. » reprit-elle intérieurement. La trouver serait donc son premier objectif. Objectif sur lequel elle concentrerait toute son attention, il lui suffisait de laisser ses pensées vagabonder ne serait-ce que quelques secondes pour que la peur referme ses bras handicapants sur elle. Soraya savait qu'elle ne devrait laisser une telle chose se produire que le moins possible. Elle prit alors une grande inspiration et poussa l'une des portes adjacentes à la salle d'attente et se retrouva dans un dédale de couloirs étroits et encore plus sombre qu'à son entrée dans le bâtiment.

Les écritures sur les murs se faisaient plus nombreuses et plus hâtives, comme si une horde de fous à lier avaient peint leur chao intérieur sur les murs du couloir. Ou au contraire, des gens trop intelligents pour le monde, des gens qui malgré tout, espéraient que quelqu'un prenne leur vision des choses en compte avant qu'ils ne tente d'échapper à leur sort. Quel sort d'ailleurs? Soraya secoua la tête pour effacer toutes les théories qui se créaient déjà dans son esprit. Une seule lui resta, car elle semblait moins fantaisiste que les autres, en tout cas, elle espérait que l'incohérence de cet univers ait une limite. Peut-être l'étrange baraque fusse été un asile finalement ? Quoi que ce n'était pas très loin d'un hôpital non plus.

La perspective de devoir s'enfoncer seule à l'intérieur n'en devenait que moins enthousiasmante. La jeune fille eut envie de faire demi-tour, de retourner auprès de ceux qui l'avait aidée à l'extérieur et de demander leur aide, mais elle se doutait fort bien que s'ils avaient pu le faire, la chose serait déjà faite. L'adolescente était donc bel et bien livrée à elle-même. Elle senti des frissons de peur parcourir son corps comme autant de mains glaciales, mais la lumière rouge se mit à clignoter, l'alarme de la survie, à lui vriller les tympans. Elle baissa les yeux sur sa maigre pitance et se força à en prendre une autre bouchée, puis une autre, jusqu'à en avoir des hauts-le-coeur. Manger était la seule chose qui pouvait lui permettre d'évacuer son stress et en même temps, elle hurlait intéreurement, se maudissant elle-même « Tu vois petite merde ? Si tu ne va pas à l'assaut de ce foutu asile, c'est tout ce que tu bouffera et tout ce que tu méritera! »

Non, elle n'était pas une merde, loin de là et n'avait aucune envie de continuer à manger cette nourriture avariée. Une autre partie d'elle-même se réveilla alors, comme un alter ego prenant possession de son corps et presque sans qu'elle en ait conscience, ses jambes la portèrent dans la noirceur des corridors. Elle marchait d'un bon pas,  autant pour l'aider à ne plus penser que pour se défouler de la situation. De temps à autre, elle ralentissait, bifurquait à droite ou à gauche à la suite  de son instinct jusqu'à se retrouver à nouveau devant une grande porte à l'allure solide qui lui rappela celle de l'entrée. Elle décida que ce qu'il y avait derrière, serait sa prochaine destination. Mais au moment de l'ouvrir, l'alter ego sembla se désintéresser d'elle et s'en alla se ranger quelque part au fond de la personnalité de la jeune fille, la laissant seule avec ses doutes.

Trouverait-elle ce qu'elle cherchait ? Où étaient donc les autres survivants ? Il lui paraissait bien impossible qu'il n'y en ait pas. Alors, ses peurs reprirent le dessus et elle se retourna vers le labyrinthe dans son dos. L'adolescente constata avec désarroi qu'il n'y avait aucun moyen de revenir en arrière, jamais elle ne pourrait retrouver son chemin. Les murs se faisaient soudain de plus en plus opressants. Elle se retourna donc à nouveau vers la grande porte et eut encore un  moment d'hésitation avant de lentement l'ouvrir, puis elle passa sa tête dans l'embrasure. L'adolescente fut frappée de désillusion. Cette nouvelle ouverture ne menait qu'à un autre dédale de couloirs sans fin. Soraya pénétra dans la nouvelle aile du bâtiment, ruminant sa déception en silence. Elle se demandait comment elle trouverait le courage de continuer ainsi,  lorsqu'elle entendit des voix se répercuter entre les mur.

Aussitôt, ses oreilles se mirent à vibrer, toutes accaparées par les données sonores. L'adolescente pivota sur ses talons et marcha dans la direction du bruit. Elle avançait toujours d'un pas rapide, mais tentait en même temps de se faire discrète. Qui pouvait savoir comment les autres survivants réagiraient à son incrustation dans le groupe ? Peut-être pas aussi bien que ces deux personnes montant la garde devant le bâtiment. Au détour d'un couloir, les voix se turent et le silence reprit ses droits dans l'allée.

« Non, comment vais-je faire pour les trouver maintenant ? » Soraya eut beau tendre l'oreille, elle n'entendit plus rien. Pourtant, elle n'était plus très loin, elle en était sûre. Encore quelques temps à marcher et elle aurait trouvé ses deux compagnons d'infortune, pour le meilleur ou pour le pire. La jeune fille se souvenait vaguement de la direction d'où provenait les voix, mais elle se fia à sa mémoire et continua d'avancer, priant pour que ce ne fusse pas trop loin. Les minutes semblaient durer des heures et à chacune d'elle, ses angoisses la rattrapaient, impitoyables. L'adolescente avait dû se tromper de chemin, elle était à nouveau perdue dans ce labyrinthe dépourvu de logique, elle ne pourrait jamais sortir, elle... Le train de ses pensées fut stoppé net par une vision au bout du couloir, parfaitement identique aux autres, qu'elle avait parcourus incessamment.

Une silhouette se tenait assise, dos au mur et fixait le sol. Ses longs cheveux écarlates contrastaient nettement avec les couleurs froides de l'endroit. Elle semblait petite, Soraya, non sans un pincement au coeur, ne mit pas de temps à comprendre qu'il s'agissait d'un enfant. D'un garçon ou d'un fille ? Pour pouvoir le déterminer elle se trouvait encore trop loin. Il était seul. Où était donc passé l'autre ? Elle n'était pas folle, c'était bien une discussion entre deux personnes qu'elle avait suivie. À moins que cet univers, en plus de lui voler ses souvenirs, s'amusait à la rendre schyzoprhène ? Mais peu importait, elle avait fini par trouver une autre âme vagabonde dans la désolation de l'asile.

L'adolescente n'osait pas s'approcher, de peur d'effrayer l'enfant comme elle avait si bien réussi à le faire avec les deux individus plantés dehors. Mais elle fini tout de même par s'avancer,  lentement, sans faire de bruit, tout en réfléchissant à une façon d'annoncer sa présence. Rendue au milieu du couloir, elle s'arrêta. Ce n'était vraiment pas une bonne idée et ce qu'elle allait faire risquait probablement de provoquer un arrêt cardiaque chez son nouveau compagnon, mais elle ne trouvait pas d'autre solution. Et puis, c'était moins pire que de se planter à côté de lui jusqu'à ce qu'il réagisse. Elle s'approcha donc du mur et tapa trois fois dessus. Les coups résonnèrent dans tout le couloir.


Dernière édition par FreeSoul7 le Jeu 6 Sep - 2:46, édité 1 fois


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le Mer 5 Sep - 16:00
Toujours plongé dans les réminiscences de son débat de tantôt, Kaoren se trouve subitement interrompu entre deux pensées métatragiques. Quelqu’un a frappé au mur, à défaut d’avoir une porte ou de crainte de réveiller ce qui pourrait se cacher derrière. Ces trois coups frappés à un rythme régulier attestent bien qu’il ne s’agit pas d’un Objet, alors Kaoren s’offre le luxe de tarder à lever la tête. Peu lui importe à ce stade l’identité de son prochain interlocuteur, même s’il doit s’agir du retour de l’un des précédents. Il est à peine sûr du sens dans lequel sa pensée a fait son dernier pas. Peut-être a-t-il plus d’arguments à opposer, peut-être en a-t-il autant, mais peut-être aussi en a-t-il moins. Peut-être pourrait-on même le convaincre ce soir que la meilleure chance de s’en sortir dans ce monde est d’y creuser un trou. Un grand trou pour allégoriquement rester au fond. Ou pour se terrer hors de vue de l’incohérence omniprésente. Ou même dans l’espoir de percer ce monde et d’en atteindre la face cachée. Et le pire reste que Kaoren n’arrive même pas à remettre cette idée en question.

Lorsqu’il lève enfin la tête, c’est avec surprise qu’il en découvre une nouvelle. Triste monde où les événements les plus simples deviennent les plus surprenants. Il aurait pu s’interroger sur l’apparence de cette arrivante, quelque part entre ses oreilles animales et ses yeux fantastiquement colorés. Ces détails éclatants devraient encore être capables d’étonner une personne n’ayant passé qu’une semaine dans ce monde.
Sans doute cette semaine a-t-elle simplement été trop longue.

En lieu de cela, Kaoren ne voit qu’une autre allégorie s’approcher pour tenter de le relever. Parée de cheveux gris face aux siens éclatant de rouge, elle lui évoque instantanément l’indifférence qu’il aurait dû adopter lors de ses impulsions de colère passées. Et dans ses pupilles violacées affrontant les siennes inexorablement noires, il revoit la fantaisie qu’il lui a manqué dans ses sombres perspectives d’avenir. Des symboles parmi tant d’autres, qui semblent tous se concilier pour briser l’obstination d’un homme pourtant indécis. Mais rien de nouveau ne germe pourtant dans son esprit, rien que le sentiment d’être accablé par ce qu’il ne fait pas ou plus.

Saluer, entre autres, en fait partie. Répondre avec des mots, des sons, des gestes… C’est ce qu’il devrait faire, sans doute, en présence d’une nouvelle arrivante. Ou de n’importe qui. Même les murs, auxquels il s’adressait silencieusement jusqu’ici, ont fini par lui répondre dans l’écho de trois coups. Même les murs lui ont demandé de lever la tête vers cette personne qui s’est approchée timidement, et qui reste muette en attendant sa réaction. Et il ne peut que la comprendre. Lui-même reste muet en attendant sa propre réaction. Mais il cesse de se demander pourquoi, c’est certainement la seule chose à laquelle il s’est habitué depuis son arrivée dans l’Esquisse. À la place, il se renvoie intérieurement son blâme quotidien et porte un énième coup de grâce à son amour-propre.

Et une fois ce petit rituel achevé, c’est enfin son silence qu’il s’efforce de briser. Il baisse la tête et s’aveugle sous sa longue chevelure pour ne plus voir l’horizon vers lequel naviguera sa réponse, puis recrache les derniers songes restés dans son esprit à travers un soupir silencieux. Enfin, purgé de sa conscience autant que faire il peut, il déclame tièdement :

« Bonsoir… »

Il assassine le sol du regard pour l’avoir poussé à commettre un souhait si naïf et incertain. Il s’en veut de n’avoir pas trouvé de réponse aussi élégante et évocatrice que trois coups dans le mur.

Mais en dépit d’une autre issue, et ayant désormais posé son pied sur la piste de la conversation, Kaoren projette sa pensée vers la façon dont il devra y continuer sa progression, en essayant d’en anticiper les mouvements. Les mouvements qui devront corriger sa gaffe au premier tour face à l’ouverture la plus efficace. Si cette conversation avait été une partie d’échecs, sa réponse aurait été une défense Alekhine. Et comme l’on dit, pièce touchée, pièce jouée, pas de changement d’avis une fois le mouvement esquissé. C’est le fléau des parties qui, comme celle-ci, doivent se jouer avec un temps limité.
Au fond, peut-être Kaoren aurait-il simplement dû jouer les blancs.

Résumé:
Kaoren souhaite le bonsoir à Soraya d'une façon qui ne respire pas la joie de vivre.

Et FreeSoul, pour la balise spoiler, vu que tu as posé la question dans le sujet de la Tristitude, c'est
Code:
[spoiler="nom du spoiler"] ... [/spoiler]
Et pour le résumé, c'est un spoiler avec pour nom "Résumé".




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le Sam 15 Sep - 0:25


Soraya fixa le jeune garçon avec étonnement, il l'avait regardée sans une once de surprise dans ses yeux sombres et vide de l'éclat qui emplis normalement ceux d'un enfant. Comme s'il n'attendait plus rien de la vie, qu'il avait déjà tout vécu, il s'était contenté de lui souhaiter un ''bonsoir'' triste et désolé qui sonnait plus comme un '' bienvenue au club '' qu'autre chose. Elle ouvrit la bouche, comme pour lui répondre, mais à nouveau sa gorge se ferma et ses cordes vocales se turent. L'adolesente ferma les yeux, le temps d'oublier son échec, le temps de tenter d'accepter graduellement son handicap, puis elle les rouvrit sur son malheureux compagnon. Le coeur de Soraya se comprima. Quelque chose en elle résonnait avec la douleur de l'enfant et le désir de l'aider à se sentir mieux s'empara d'elle. La jeune fille se doutait bien que ce qu'elle allait faire pouvait mettre sa vie en danger, ses intestins le lui repprochaient déjà en se tordant douloureusement dans son ventre alors qu'elle s'approchait doucement de lui.  Mais elle savait qu'elle pourrait encore tenir maintenant qu'elle avait pu se ravitailler ne serait-ce qu'un peu.

Elle s'agenouilla devant l'enfant et lui tendit ce qui subsistait de sa pitence. Elle aurait voulu s'excuser du fait que ce n'était pas beaucoup, que son morceau de pain en plus d'être passablement comestible avait été dévoré de moitié, mais dans l'incapacité de le faire, Soraya lui offrit plutôt un sourire. Un sourire faible, mais sincère et compatissant. Même si elle avait pu être douée de parole, à cet instant, elle ne se serait pas vue débiter un seul de ces mensonges rassurants que l'on raconte dans des situations comme celles-là. D'autant plus que l'angoisse et l'apréhension d'un futur incertain ne cessaient de l'oppresser, jamais bien loins dans son esprit, toujours dans ses mouvements hésitants et son regard constamment habité d'une peur qu'elle s'efforçait de repousser.


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le Ven 28 Sep - 15:44
Les gestes sont des mots pour la plupart intradusibles, et il est difficile de réaliser combien ils peuvent exprimer à travers une brève locution corporelle. L’attitude de la personne qui approche Kaoren, sans qu’elle prononce la première occlusive d’une interjection, lui rappelle trois choses : il a l’air d’un enfant, il a l’air dans le besoin, et il a l’air condamné à tout cela. D’où que soit venue cette arrivante, elle ignore qu’il ne se contente pas d’en avoir l’air, quoiqu’il continuera de réfuter fervemment ces trois affirmations.

Cette fois-ci ne fait pas exception. À ce morceau de subsistance qui lui est proposé, il s’entête à répondre :

« Ne t’en fais pas. Malgré les apparences, je ne suis pas un enfant, je sais subvenir à mes besoins. »

Mais impossible de tourner cette phrase correctement sans qu’elle semble prononcée par ce qu’il se défend d’être. Pas plus qu’un fou ne saura envisager d’être fou, un enfant n’envisage jamais qu’il est un enfant.

Dans l’esprit de Kaoren, la scène tourne au ridicule. En vérité, elle lui rappelle même de mauvais souvenirs, moins vieux que lointains. Il y a des choses qu’il ne souhaite pas revivre ni réminiscer, mais depuis le temps qu’il endosse le même rôle, il n’a pas appris à s’en débarrasser. Il joue comme il a joué et jouera comme il joue.

Pourtant, à chaque nouvel interlocuteur qui lui vient, il se voit offrir l’occasion de devenir quelqu’un d’autre. L’ami d’un tel, le sauveur d’un tel, le modèle d’un tel… Mais de l’inconnu d’un tel, il redevient inlassablement son inconnu. Même le rôle de faire-valoir ne lui convient plus. L’on vient, l’on veut l’aider ou le quémander, il refuse et l’on repart.

Le pire dans tout cela reste qu’il n’a pas choisi de vivre ainsi. Il se persuade que le monde le lui impose. Qu’il a glissé sur la scène en pleine représentation, et que la bienséance le pousse à s’y faire oublier en agissant de façon aussi vide qu’un accessoire. Tous les acteurs lui tendent la main, l’invitent à jouer à leurs côtés et faire comme s’il avait toujours fait part de la pièce. Ils le font parce qu’ils se sont tous retrouvés dans la même situation que lui. Mais certains avaient choisi d’en faire des caisses en espérant que la pilule passe auprès de l’audience, certains de s’en prendre directement à l’audience… et certains même de quitter la scène sur le champ, en espérant que l’indélébile trace qu’ils auront laissée sur les planches vienne à s’effacer. Toutes ces personnes ont de commun qu’elles ne souhaitent leur sort à nul autre, et c’est pourquoi Kaoren est encerclé de ces mains tendues. Il aimerait leur dire de ne pas se soucier de lui, de telle façon qu’on ne l’entendrait pas depuis les gradins. De telle façon que l’Esquisse ne puisse s’en moquer.

D’un geste discret, en somme. Un geste aussi discret qu’un clin d’œil, mais évocateur de cette idée complexe et précise qui le hante. Il n’est même pas sûr d’en connaître un tel.

Il n’est même plus sûr de ce qu’il souhaite en faire. Kaoren est déjà fatigué de se tourmenter.

Résumé:
Kaoren refuse nonchalamment le morceau de pain tendu par Soraya, non sans déprimer intérieurement une énième fois.




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le Sam 29 Sep - 15:24


Alors qu'elle tentait de lui donner à manger, le garçon aux cheveux de flammes refusa l'offre de Soraya. Il brisa à nouveau le silence de sa voix monotone et laissa entendre que tout allait bien, qu'il pouvait se débrouiller seul, bref, un de ces mensonges que l'on raconte dans des situations désespérées. L'adolescente ne se leurrait pas, ce masque était fait d'orgueil, tout comme le siens. Elle aurait voulu fondre en larmes, hurler sa rage et sa désolation, se libérer de son affliction, mais elle savait que quand bien même elle le ferait, personne ne viendrait la consoler. Au lieu de la détruire complètement, ce sentiment empêchait tout juste les autres de jaillir hors de contrôle du barrage qu'elle peinait à maintenir en place. Ses yeux recommençaient à lui picoter et elle les baissa aussitôt pour éviter de croiser le regard du garçon. Pour l'instant, la jeune fille voulait par dessus tout rester en compagnie de quelqu'un, ne fusse que la compagnie d'un enfant, ça n'avait pas d'importance, cela la rassurait, lui donnait une direction, une ligne de conduite à suivre et il était hors de question qu'elle soit un fardeau.

Gardant la tête baissée, elle saisit délicatement la main frêle de l'enfant, la tourna paume vers le ciel et y glissa le morceau de pain. Il avait beau dire qu'il n'en avait pas besoin, Soraya savait que tôt où tard, il changerait d'avis. Elle n'eut pas la nécessité de chercher longtemps pour trouver une façon de se présenter, elle avait déjà convenue d'utiliser la matière effritable des murs pour y écrire les paroles qui refusaient de sortir de sa bouche. Mais elle ne trouva aucun objet, ni rien au sol qui lui aurait permis d'écrire comme il se devait, alors elle entreprit plutôt de graver les lettres de son nom avec ses ongles. C'était un travail laborieux et peu agréable puisque qu'à chaque trait, une onde résonnait du bout du doigt qu'elle utilisait (et qu'elle changeait régulièrement) et se répercutait jusque dans sa main, la faisant grincer des dents. Mais au bout de quelques secondes qui parurent bien plus longues, la jeune fille put reculer un peu et admirer son oeuvre. Certe, son écriture était très laide, mais compte tenue des circonstances, elle n'avait pu faire mieux et son gribouillis était lisible, c'est tout ce qui importait.

Soraya se tourna alors vers le jeune garçon et attira son attention vers la gravure. Elle pointa son prénom du doigt, puis se pointa elle-même, espèrant qu'il comprendrait rapidement son handicap. Elle n'avait pas du tout envie de s'y attarder de nouveau et préférait plutôt établir des liens de confiance. Elle gardait toujours une expression douce et la plus rassurante possible, autant pour convaincre l'enfant qu'il n'était pas seul que pour se convaincre elle-même que tout irait bien. Elle l'interrogeait du regard, essayant de sonder qui il était, elle espérait presque pouvoir lui parler par télépathie. Mais elle devrait s'armer de patience, le garçon au cheveux de flammes n'avait pas l'air très bavard, pourtant, elle savait d'avance que cela en vaudrait la peine. Ici, chaque réponse était précieuse.

résumé:
Soraya insiste pour donner sa nourriture à Kaoren et cherche à faire les présentations.


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le Jeu 4 Oct - 16:04
Depuis dix jours qu’il arpente l’Esquisse, c’est la première fois que Kaoren rencontre quelqu’un de plus muet que lui ne l’est dans ses mauvaises passes. En fait de belles paroles, les gestes de son interlocutrice sont les seules à sa disposition.

Il ne faut pas beaucoup plus de temps au garçon fatigué pour le comprendre, et voir cette fille lui écrire son nom ne fait que confirmer ce doute. Qu’il s’agisse de son nom et non d’un mot d’une autre langue ayant une signification toute autre, ou du nom d’une personne sur laquelle il serait interrogé, ça ne fait pas vraiment l’ombre d’un doute aux yeux embrumés de Kaoren. Il est trop accablé par ses questions compliquées pour s’en poser des simples. En fait, la pensée ne l’effleure que d’un demi-songe.

Kaoren contemple le morceau de pain s’étant désormais et malgré tout retrouvé dans la paume de sa main. Que l’on refuse son refus est peut-être la seule chose capable de le faire accepter. Il n’est rien besoin de réfléchir ou même de penser, une action si ostensiblement désintéressée ne peut être accueillie convenablement que par un sourire naturel.

Kaoren laisse se calmer sa tourmente de fatalisme et de vanité, et bien qu’il ne parvienne pas à se tirer l’ombre d’un maudit rictus, il hoche la tête sans la remonter. Ses pupilles vides de teintes se reposent une énième fois sur ce simple morceau de pain, dans lequel elles dessinent le symbole d’une vie sans prise de tête. Becqueter sa ration en attendant la suivante, comme le figurant le moins essentiel se doit de le faire.

« Soraya ? »

Le nom qu’il regarde graver ne lui évoque encore rien. Il le prend pour laissé plus que pour écrit, pour rien de plus qu’un Kaorentin destiné à demeurer dans la mémoire vacillante de quelques lointains. Un nom sans flamme, en quelque sorte.

Il lève des yeux arrêtés vers sa détentrice, comme déçu de ne pas parvenir à faire rimer ses traits et son nom. Mais il a conscience qu’il s’agit peut-être d’un simple tour de sa vigueur lancinante, et s’interdit du mieux qu’il peut de porter son jugement. En vérité, c’est à peine s’il se force, tant l’occasion de faire une pause dans ses égarements lui tend des bras chaleureux. Il s’abandonne volontiers à faire cesser les questions pour se contenter des réponses incomplètes qui les auraient engendrées.

« Kaoren. »

Rien de plus. Pas une périphrase, pas une épithète. Pas même son nom complet. Juste ce pseudonyme.

Kaoren répond ce qu’il sait répondre, ce qu’il a déjà répondu, et surtout ce à quoi il a déjà répondu. Il désespère de tisser un nouveau fil à ses pensées. Pas aujourd’hui, et peut-être pas non plus demain. C’est comme s’il était devenu familier avec lui-même.


Résumé:
Kaoren donne son nom en retour. Et il relâche sa neurasthénie pour se diriger vers une dépression lasse, histoire de varier les plaisirs.




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le Mer 10 Oct - 1:48


L'adolescente acquiesça vivement lorsqu'elle entendit son prénom pour la première fois depuis son arrivée en ces terres insolites. Cela lui faisait étrange tout en lui procurant un soulagement immense, comme si le simple fait qu'il soit prononcé pouvait lui rendre une partie de son identité. L'enfant, quant à lui, l'observait toujours de ce regard morne et fatigué. Il n'avait pas foi en l'avenir, cela se voyait dans ses yeux sombres au travers desquels Soraya pouvait entrevoir une âme désolée qui ne voyait même plus l'intérêt de se tendre vers les autres. Comme si tout espoir était vain et qu'il ne restait plus qu'à attendre sagement une mort peu pressée de se présenter au rendez-vous, le garçon répondit d'un seul mot à la question muette de la jeune fille.

«Kaoren.»

Ainsi, c'était comme cela qu'il s'appelait. Soraya acquiesça de nouveau, ravie de ne plus être tout à fait au stade de parfaite étrangère. Elle aurait voulu lui poser nombre de questions. Combien de temps était-il ici ? Quel était cet endroit exactement ? Y avait-il beaucoup d'autres survivants ? Combien étaient-ils ? Où étaient-ils ? Mais la jeune fille savait qu'elle n'en aurait pas le luxe, elle devrait repousser à nouveau toutes ses interrogations, aussi essentielles soient elles, pour se concentrer uniquement sur ce qui faisait réellement priorité : Trouver plus de nourriture. Alors elle se mordit les lèvres, comme pour se rappeler que rien ne pouvait en sortir et grava à nouveau sur le mur d'ardoise. L'adolescente fronça les sourcils, frustrée par la difficulté de la tâche, elle devrait aussi ménager ses mots, comme si elle n'était pas déjà assez muselée par les circonstances. Au bout de quelques minutes, elle réussit à écrire la phrase courte, mais concise qu'elle avait en tête.

« Chercher à manger ? »

résumé:
Soraya propose à Kaoren d'explorer le laboratoire pour trouver plus de nourriture. ( Désolé pour le délai de réponse, c'était plus long que d'habitude. )


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le Sam 20 Oct - 14:19
Dieu que la réalité est prosaïque. Chaque instant que l’on en vit revient nous rappeler d’une façon ou d’une autre qu’il faut en envisager la fin. Kaoren lui parle existence, elle lui répond nourriture. Comme s’il fallait vivre pour servir de support à plus d’histoires.

En lisant la nouvelle inscription qui s’est dessinée sous ses yeux, Kaoren ne peut s’empêcher de soupirer de déception, une nouvelle fois. Sans doute avait-il pensé qu’une personne muette serait plus riche en pensées, pour n’en avoir laissé échapper aucune à travers sa voix. Mais la seule pensée qu’il lit à l’instant, dans l’écrit rupestre de son interlocutrice et désormais dans ses yeux, réside dans le seul mot « survivre ». Rien de neuf, rien de plus que les personnes qui l’ont entouré depuis maintenant plusieurs jours.

À ce constat, Kaoren est pris de l’envie de couper court à cette conversation tacite. À cette situation grotesque de banalité. À cette journée, même. Il se contente de répondre :

« Demain. Attends demain pour le faire. »

Parce qu’aujourd’hui est bientôt un autre jour, et qu’il a tardé à le devenir. Tout ce qu’il a vécu et revécu durant ces heures tumultueuses continue de noircir sa vision, d’alourdir son corps et d’endolorir sa jambe.

Il n’en peut plus, d’aujourd’hui. Pas question de le prolonger.

« On a ce qu’il faut pour manger ce soir, au camion... Laisse-moi retarder l’inévitable encore un peu. »

En prononçant ces derniers mots, Kaoren se tient la jambe blessée. Le temps en a édulcoré la douleur, mais ne l’a pas chassée. Seules ses pensées les plus profondes y étaient parvenues, mais cette claque de réalité qui vient de le frapper a suffi à en raviver les dernières virulences. Sa jambe le suppliait ; elle le harcèle désormais, après un interlude d’oubli. Elle lui interdit de revenir sur ses paroles, de répondre par la positive à la proposition de cette Soraya. Elle lui rappelle ce pourquoi il est assis là, dans ce couloir. Simplement parce qu’il s’est lesté de songes trop lourds entre ces murs pour pouvoir les quitter avant de s’en être débarrassé.

Cesser de penser à demain un instant serait sans doute la meilleure façon de porter sa jambe jusqu’à l’extérieur. Attendre ce jour nouveau qui le guette dans l’espoir sans doute futile de s’en raviver.

Résumé:
Kaoren tempère l'ardeur de Soraya et lui suggère d'attendre le lendemain pour tenter une exploration.




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le Dim 4 Nov - 2:57


Le garçon soupira à son interrogation et proposa d’attendre le lendemain. Le ton de sa voix trahissait toute la fatigue qu’il devait ressentir, mais aussi sa déception. Soraya comprit alors son erreur, elle aurait dû s’en douter : elle n’était pas la première personne qu’il croisait et qui devait lui réitérer la même demande sans jamais comprendre, (elle se rappela d’ailleurs l’autre voix qu’elle avait entendue avant d’arriver.) Kaoren n’était pas dans son assiette et parfois, quand il y a trop de lourdeur et que trop de douleurs ont été endurées, il faut simplement se reposer. Apaiser la mer d’idées tumultueuse qui ravage sans cesse les rivages de l’esprit. La jeune fille remarqua la manière dont il tenait sa jambe, l’enfant était blessé et elle ne l’avait même pas remarqué ! Elle se maudit intérieurement encore une fois pour son manque de perspicacité et pour son impuissance face à la situation. Bien qu’il fut plus jeune, c’était bien lui qui possédait le plus d’expérience en ces lieux et elle ne pouvait que s’imaginer à quelle point retourner l’affronter serait difficile pour lui.

Alors, lorsqu’il renchérit en disant qu’il restait toujours de la nourriture dans le camion, Soraya se contenta d’acquiescer et s’assit à ses côtés. Elle voulait montrer à Kaoren qu’elle respectait son état et qu’elle ne le forcerait jamais à faire quoi que ce soit, mais aussi qu’elle ne l’abandonnerait pas à son sort. Sa propre fatigue l’ayant rattrapée, elle dut admettre le niveau de faiblesse qui l’habitait en cet instant. Depuis qu’elle s’était réveillée en cet endroit chaotique, elle luttait pour ne pas finir noyée par tous les évènements et les émotions qui l’avaient submergée. La jeune fille en sentait d’ailleurs les vagues venir tenter de lui arracher le peu d’air qui lui permettait de rester en contrôle, de ne pas totalement céder à la panique. Elle se recroquevilla sur elle-même et enfouie la tête dans ses genoux, fermant les yeux, les oreilles instinctivement baissées. Elle prit de grandes respirations, parfois accompagnées de tremblements alors que ses pensées dérivaient, que l’inaction la rongeait. Puis elle finit par glisser dans un sommeil agité d’étranges songes. Des songes d’une vie d’avant, d’une voix qui était sienne et d’amis qu’elle chérissait comme sa propre famille. Oui, son cœur s’en souvenait encore…

Résumé:
 Soraya accepte de remettre la recherche au lendemain et s'endort en rêvant au passé. 


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