[Bâtiment Vert - RDC] Couloirs

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Non, non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Personnages : Kaoren, Penrose
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le Ven 16 Nov - 14:39
Elle s’est endormie la première. Kaoren fatigue depuis un moment, et c’est à peine s’il arrive à réfléchir et garder les yeux ouverts en même temps, mais cette Soraya l’a finalement devancé dans la clôture de la conversation. Il ne considère même pas l’idée de s’étonner d’une torpeur aussi fulgurante, elle lui semble l’aboutissement le plus logique d’une vie dans un tel monde. À souffrir à jamais de ce qui n’est pas un rêve, n’importe qui se jetterait dans les bras du sommeil pour en retrouver un.

Les considérations psychologiques de Kaoren sur ce semblant d’événement ne prennent pas longtemps à s’achever, et c’est presque honteux de s’y résoudre qu’il établit désormais un constat pratique : Que faire désormais ?

Elle s’est endormie sans difficulté, sans que la dangerosité des lieux ne l’en retienne ou ne la pousse à aller s’assoupir dans un endroit plus sûr. Ici, c’est un couloir sombre, derrière l’une des portes duquel se trouve au moins un péril considérable. Elle ne le sait peut-être pas, mais Kaoren le sait, lui. Et il ne peut pas s’abandonner au sommeil ici et maintenant. S’il avait été seul, sans doute n’aurait-il pas eu un tel souci de sa sécurité. Mais il n’a pas l’intention de laisser une inconnue aux griffes du sort. Il a bien l’intention d’échouer en essayant de s’opposer à l’inévitable, comme un personnage inconscient de la fatalité de la fatalité de la fatalité.

Alors quoi, la porter ? Avec ses petits bras de quatorze ans et dix jours, ou sur sa jambe à peine cicatrisée ? Aucune chance. La laisser là et se sauver ? Figurant, oui, mais ce figurant-là est un personnage tertiaire. Il n’a plus d’individu en lui, mais il est conscient de l’avoir perdu. Il est frêle, il est timide, mais il est humain. Il ne sait plus ce qu’il dit, mais il le pense. Il ne peut pas abandonner quelqu’un tant qu’il pense. Kaoren ferme les yeux.

Guetter ? Seul et dans le noir, faible et face à l’Esquisse ? Et qui croit-il tromper ? Ses paupières sont déjà tombées, l’inconscience n’attend plus qu’un faux pas de son esprit pour le prendre tout entier. Il a du sable dans les yeux, du sable dans les pieds et du sable sur le dos. Il va bientôt s’endormir, lui aussi.

Il se lève péniblement, ne serait-ce que pour tenir son baroud un peu plus longtemps. La douleur à sa jambe en devient plus virulente, mais c’est parfait : elle l’empêchera de sombrer. Il boite en réfléchissant.

Chercher de l’aide, bien sûr. C’est la seule solution rationnelle à sa soudaine solitude, avant que ce soit le contraire. Il va alerter les autres et faire venir des bras pour la porter ailleurs. Soraya, bien sûr. Sa solitude peut bien rester ici, elle s’y est acclimatée rapidement. Seule la présence d’une autre l’en avait chassée.

Kaoren marche lentement dans les couloirs, en direction de l’extérieur. Ce sera l’affaire de deux minutes. Et si le danger n’est pas venu retrouver Kaoren depuis tout ce temps qu’il est resté assis, c’est qu’il a pris sa nuit lui aussi.

La seule personne qu’il redoute désormais est le marchand de sable.


Résumé:
Kaoren lutte contre le sommeil, et se dirige vers l'extérieur pour aller chercher de l'aide pour porter Soraya dans un lieu plus sûr.




Les tarty's du temps où on en avait:





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