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Tiha
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le Ven 1 Juin - 9:56


J’ai trouvé mon chemin jusqu’au Labyrinthe, pas de problème. Mon parcours n’a peut être pas été le plus court chemin mais il n’y a pas d’urgence. Je ne suis pas repassé par la ville et j’ai emporté avec moi un de ces gros fruits, de la taille d’une pastèque, du champ d’éolienne que j’ai réussi à l’attacher après plusieurs tentatives avec des lianes. Je ne suis pas sûr qu’il finisse pas à un moment donné étalé sur le sol, on verra. Je trouverai bien quelque chose dans le labyrinthe.

Par contre, personne ne m’a suivi. Ma verve n’a pas été suffisante ou ils se sont trop ramollis. Je parierais surtout sur la seconde. Bref, puisque j’y suis je pourrais y entrer, en trouvant l’accès pour y pénétrer. Mais y aller seul serait triste. Ça va manquer de jeunes à bousculer. Puis, j’ai le temps, je ne désespère pas de faire une bonne pêche à l’extérieure de cette énigme, structure, embrouillamini ?  J’aime bien ce mot. Pour passer le temps, au lieu de rester les bras ballant à faire le tour de l’embrouillamini, je fais ma petite expérience en jetant des cailloux vers les murs/haies. Le résultat varie, pas systématiquement, et de façon aléatoire. Il se fait avaler, recracher, avec bruit ou sans bruit. Pour varier encore plus, je décide de tenter le coup avec d’autres trucs, comme des bouts de brindilles. Je m’accroupis, sans écouter mon dos râler, pour trouver ce que je cherche.

Et, impossible de se relever. Mes genoux ont décidé de faire le concert avec mon dos. Pas d’autre solution que de se laisser tomber pour s’asseoir et essayer de délier tout ça. Ma maigre récolte se retrouve éparpillée au sol, évidemment.

« Ahlala les jeunes, jamais là quand on a besoin d’eux ! »

Oui, il n’y a personne – devant moi en tout cas – et alors ?! On peut râler quand on veut, c’est bon pour la santé. Puis, les absents ont toujours tords, inutile de discuter ce fait bien établi. On me l’a déjà bien assez dit. Bref, puisque aucune âme charitable ne daigne apparaître devant moi, j’entreprends la grande aventure de me relever tant bien que mal. Ce qui n’est pas forcément très gracieux. Mais je suis seul après tout, non ?

« T’es bien enquiquinant toi aussi ! »

Non mais c’est vrai. Je suis jeune encore, je le sais. Mon corps l’a juste oublié et fait des siennes. C’est pénible. Bref, du quatre patte je devrais pouvoir retourner à deux. Et continuer ni vu ni connu.
Kaoren
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le Sam 2 Juin - 14:39
Je repense à toute cette histoire d’écart entre ma théorie et son application en pratique. Ce serait bien que j’aie une idée globale, une sorte de coefficient d’approximation appliqué à mon arctangente pour obtenir une valeur plus proche de la réalité, un coefficient lui-même dépendant de la distance et du nombre moyen d’obstacles à la bonne propagation des mouvements incohérents qui ont pu être rencontrés depuis le centre d’hégire. Avec un peu de chance, je pourrais même découvrir que ce coefficient serait à peu près constant en raison d’un principe ergodique engendré par une trop grande densité de mouvements incohérents isolés. Quelque chose comme une efficacité, plus ou moins régulière. Ceci dit, la croissance et la décroissance du potentiel d’hostilité en fonction de la distance sont exponentielles, je vois mal un facteur linéaire pouvoir la moyenner. Non, je ne vais pas pouvoir couper à l’inclusion d’une variable d’état supplémentaire. Enfin, de toute façon, je n’ai toujours pas résolu le problème de la mesure de l’incohérence. Il me faudrait une idée, n’y a-t-il personne ici avec qui je pourrais aller stimuler mon imagination ?

Au bord du Labyrinthe, un vieil homme se tient à quatre pattes. Curieux choix. Il vaut mieux se tenir sur deux membres, c’est toujours plus joli avec un nombre premier. En tout cas, ce sera l’idéal pour converser ! Un point de vue aussi différent du mien ne peut qu’être prolifique dans l’avancement de mes réflexions ! Et puis les vieilles personnes sont des sources intarissables de vécus à partager, peut-être aura-t-il découvert dans les terres les plus lointaines de l’Esquisse quelque lieu à l’incohérence profondément marquée. Ou simplement aura-t-il déjà visité le Labyrinthe et pourra me faire part de ce qu’il y a vu et trouvé.

Bon, le meilleur moyen de me rendre compte, c’est encore d’aller le voir. Je n’ai pas mis ma blouse, par anticipation de l’éventualité d’aller visiter l’endroit, donc j’échapperai au moins à l’a priori chargé de méfiance. D’autant qu’en l’approchant, je réalise qu’il a l’air bougon. Sans doute ne s’est-il pas retrouvé dans cette position par choix. De ce fait, je ne serai pas désinvolte au point de lui demander son aide dans ces conditions. À la place, je vais lui proposer la mienne.

« Je peux vous aider ? »

Je lui lance cela tout sourire, mais le cadre s’y prête trop. En fait, les lieux sont paisibles et plutôt jolis, si l’on exclut le vieil homme en train de se tordre. Le sol a son herbe, avec quelques brins jaunes ou blancs de-ci de-là, il y a des cailloux en bois sculpté au pied de la haie qui ne manquent pas de charme – la plupart ont onze stries – et la haie elle-même présente des branches agencées sur des sortes de panicules régulières, qui leur donnent une jolie élégance mathématique. C’est plutôt un bel endroit, que ce Labyrinthe. Et plutôt une belle journée qui semble s’annoncer.


Dernière édition par Kaoren le Lun 23 Juil - 13:12, édité 1 fois


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le Dim 8 Juil - 16:47


Forcément, forcément ! Elle doit avoir attendu que je sois à moitié debout pour proposer son aide. Une fausse proposition pour sembler sympathique. Une vraie technique de je-m'en-foutiste ! Alors, non, hors de question de lui donner satisfaction. Je me redresse tout seul. Peut-être un poil trop vite, la pastèque m'attire dangereusement vers le sol. Mais je suis plus fort, un bref moulinet et me voilà opérationnel. Je vois enfin la personne qui est apparue juste après que j'ai constaté l'absence récurrente des jeunes quant on avait besoin d'eux. Un sourire orne ses lèvres, il y en a au moins une qui s'est amusée du spectacle.

"C'est bon, vous êtes prêtes à partir pour l'aventure ?!"

Il ne faudrait pas qu'on croit que c'est moi qu'on attendait ! Ce serait un comble. Une troupe aurait été plus appropriée pour notre futur épopée mais la demoiselle devrait faire l'affaire. Si tant est qu'elle agisse plus qu'elle ne parle. Jusqu'à présent, on ne peut pas dire qu'elle soit à la hauteur. C'est terrible d'être ainsi atteint par la maladie de la flemmardise.

"Je pense que n'importe où fera l'affaire pour entrer. Il suffit d'y aller avec entrain !"

J'avance gaiement ignorant les quelques craquements qui se font entendre. Ce ne doit être que les brindilles qui sont responsables de ma chute. Pas la peine de ralentir, autant profiter de cette légère pente qui mène au mur le plus proche. Il est temps de voir ce qui se passe si on touche la haie. Question encore plus importante : peut on pénétrer l’embrouillamini par là. Première étape : un bras, le droit. Je le fais passer entre les branches et je ne sens que des feuilles et du bois venir frotter contre. Même le bras tendu, ma main ne rencontre pas un espace dégagé. Mais ça ne veut rien dire et certainement pas qu'il faut abandonner en si bon chemin.

"Hey, miss cheveux de paille, c'est maintenant qu'il faut aider ! Démêlez moi ces branches que je puisse passer. Je vous les tiendrais ensuite."

Je suis obligé de me tordre le cou pour la regarder, hors de question de céder du terrain.
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le Mar 10 Juil - 1:07
Mais que fait-il… ? Ses actes et ses propos semblent n’avoir aucun sens, mais je me méfie, certains de mes collègues m’ont même habituée à pire. Peut-être fait-il partie de ces génies incompris de l’Esquisse, peut-être fait-il partie de ses fous. En tout cas, malgré l’offense qu’il a faite à mes cheveux en les comparant à de la paille plutôt qu’à de l’or, j’ai sans doute intérêt à rentrer dans son jeu. Il a l’air assez doué dans le domaine de l’improvisation, ou du moins assez capable de tirer rapidement des certitudes à partir de peu de choses, cela pourrait le rendre d’une aide précieuse pour stimuler mon imagination. Et puis il faut bien rentrer dans ce labyrinthe.

Je m’approche d’abord tranquillement, puis d’un pas plus pressé en constatant la brutalité avec laquelle ses bras essaient de tordre des branches dont les rangs successifs de panicules ont pour nombre d’éléments des entiers consécutifs de la suite de Fibonacci. Il risque d’endommager cette fragile structure que j’admirais il y a quelques secondes à peine !

« Je vais faire ce que je peux, réponds-je, mais de grâce, ne forcez pas cette haie aussi brutalement ! »

Je n’aurais peut-être pas dû utiliser ce dernier mot, mais dans la panique, c’est le premier qui m’est venu. Je me dépêche d’arriver au niveau du vieil homme, et lentement, sans doute trop lentement pour lui, j’essaie de le dégager de la haie en tirant délicatement sur ses branches les plus solides.

Ce faisant, il me vient toutefois une réflexion. Une réflexion au sujet de ma théorie, bien entendu. Si, de la même façon que j’empoigne les branches les plus solides de cette haie, qui se trouvent au plus près de ses racines, je pouvais aller mesurer une incohérence de plus forte inertie et moins oscillante au plus près du centre d’hégire, est-ce-que l’incertitude absolue de ma prise de mesures ne pourrait pas en devenir assez faible pour ne pas avoir à user d’astuces comme la quadrature de zones à forte variation de ma courbe d’arctangente hyperbolique pour en diminuer l’incertitude relative ? Il me faudrait bien sûr déterminer la position du centre d’hégire, mais cela pourrait donc se faire par une autre quadrature dans laquelle j’étudierais l’évolution de l’écart-type de mes mesures pour trouver la zone où il est le plus faible. Cela risque toutefois d’être très long, et je dois encore trouver un moyen de mesurer l’incohérence. Retour à la réalité, en somme.

Oh, à propos, j’espère que le vieil homme ne m’a pas répondu ni rien demandé, j’avais totalement la tête ailleurs.


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le Jeu 19 Juil - 0:18


Que fait-elle ? Mais que fait-elle ?! On y sera encore demain à ce rythme ! On est pas là pour détricoter délicatement une fresque ou que sais-je ! Désespérant. Sans répondre à son accusation sans fondement, je tente de la faire réagir avec une pique. Rien de bien méchant, je lui fais même un clin d’œil.

" Vous vous y prenez ainsi le matin pour démêler vos cheveux ?"

Pas de réponse, mais je ne me décourage pas. Instaurer un peu de nerf dans cette brindille ne sera pas fait en une réplique. Ou même en dix-mille ! Rien ne vaut l'action pour ça, la vraie. Le tout, c'est de l'y mener. Ce n'est malheureusement pas toujours possible mais il est trop tôt pour s'avouer vaincu. Et je n'ai qu'une partenaire sous la main. Disons qu'à défaut d'autre chose, elle a le mérite d'être là.

"Le labyrinthe ne vous tiendra pas rigueur d'un peu plus d'énergie. Il accueille des aventuriers ! Tirez sur cette branche, parbleu ! "

Rien à faire, je pourrais aussi bien hurler au vent ! Avec juste ma main gauche de libre, je ne peux guère tirer sur ces ronces solidement coincées J'ai essayé. Croyez pas que je ne faisais que lui parler ! Il est temps de recourir à des moyens plus extrêmes. Hardiment, je détache une brindille de la haie. Puis je viens chatouiller le nez de la miss. Là, elle ne pourra plus m'ignorer ! Rapidement, j'espère. Tenir les bras croisés ainsi, ce n'est pas aisé. Tout fringuant que l'on soit.

"Un peu de nerf ! C'est pas en caressant les branches que nous allons entrer."
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le Lun 23 Juil - 13:13
Quel sauvage ! Son cerveau a dû traîner longtemps dans une zone de forte incohérence, pour trouver le moyen de réprimander son prochain à chaque broutille malgré le caractère enchanteur de ce qui l’entoure. Il faut s’adapter, je présume. Mais s’adapter à un vieil homme aigri et agité quand on est une jeune fille polie et calme, c’est difficile à concevoir. Autant demander à la cohérence de s’adapter à l’incohérence plutôt que de la repousser constamment. Est-ce-que j’ai envie de faire ami-ami avec cet homme en particulier, finalement ? Il est excentrique, âgé et plein de vigueur, donc sans doute fort de nombreuses expériences en ce monde, mais s’il est aussi chiant…

Bah, qu’importe. Il faut savoir souffrir pour écrire une thèse, et risquer de – je déteste déjà ce que je vais penser – détruire un bel agencement mathématique ici ou là pour une cause plus grande.

J’attrape plus fermement la haie, comme le demande ce type d’une manière sarcastique et pourtant durement franche, et je m’efforce de tirer avec plus de véhémence. Aussi longtemps que je n’entends rien craquer, je me rassure en m’imaginant que cette haie est assez solide pour supporter les caprices du vieux poivrot. Si, au contraire, elle vient à craquer… il est possible que je craque moi aussi. Nous sommes, le buisson et moi, deux êtres fragiles et tâchant de résister ensemble contre la brutalité d’un homme. Après tout, entre tas de molécules supra-complexes évoluant dans les aléas de la cohérence d’un monde, on se comprend le plus souvent.

Les troncs de la haie tirés aussi loin que le permettent mes faibles forces et ma volonté vacillante, j’appelle enfin l’ordonnateur de cette torture :

« Voilà, pressez-vous. »


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le Ven 3 Aoû - 9:13


Enfin ! Je peux me glisser prestement de l’autre côté. Contrairement à mon acolyte du jour, je sais faire. Même si l’envie est très grande d’explorer au lieu de maintenir le chemin pour cheveux de paille, j’attends son passage avant de m’y lancer. De toute façon, une aventure seule ne vaut pas une partagée.

« Allez, allez ! »

Le chemin se referme derrière nous. Ou pas, je ne sais pas. J’ai le regard perdu dans cette immense fontaine de feuilles bariolées. Il n’y a pas de bassin et pas d’eau. C’est juste le mouvement des végétaux virevoltant du haut de la bouche de la statue vers le bas qui fait ressembler le tout à une fontaine. Et le bruissement. Par contre, il n’y a pas de « flaque » au sol, si tôt arrivées en bas les feuilles s’envolent, comme des papillons.

Il faut que j’en attrape une.

J’en oublie tout : brin de paille, le labyrinthe, le chemin d’entrée ou de sortie. Rien n’a d’importance à côté de cette partie de pêche !

« Saperlipopette ! »

La pastèque tangue dans mon dos alors que l’objet de ma convoitise me glisse entre les doigts. Et le pied alors ? Je soulève ma chaussure, rien dessous. Deux essais, ce n’est rien du tout ! Je continue, m’esclaffant comme un gamin.

« Allez, faut tenter ta chance aussi ! »

Entrer dans la danse, c'est le top. Même la statue immobile semble participer alors que je tourne autour d'elle. Une espèce de poisson argenté à la gueule grande ouverte.
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le Ven 10 Aoû - 16:15
En regardant cet homme, je me demande si la source de toute l’incohérence qui règne dans ce monde n’est pas plus près de moi que je ne l’imagine. Enfin, qui suis-je pour juger le comportement d’un autre ? C’est fou ce que la raison peut vous pousser à penser qu’elle a raison. J’espère qu’elle ne m’a pas fait le coup pendant l’établissement de ma théorie, ce serait dommage. Mais d’un autre côté, ma théorie est cohérente, donc pourquoi m’inquiéter de la voir niée par les faits ? À moins que ma raison m’ait poussée à penser que ma théorie soit cohérente sans qu’elle le soit. Je pourrais essayer d’en parler à mon compagnon de circonstances. Lui qui est si familier avec les réactions incohérentes, peut-être saura-t-il déceler celle que je cherche dans ma suite filée de causes et de conséquences. Ceci dit, il n’a pas l’air très enclin à parler de sujets sérieux, et il est aussi probable qu’il m’envoie simplement promener si je viens à prononcer une seule syllabe du mot « logarithme ».

En fait, je devrais regretter d’avoir suivi cet énergumène, mais en contrepartie, mon cerveau n’a pas cessé de fourmiller depuis que je suis avec lui. C’est peut-être un bon signe. Il faut savoir supporter les collègues les plus désagréables, et si j’ai pu endurer les remarques condescendantes d’une poignée de cyantifiques puristes du caractère indicible de l’incohérence, un vieillard excentrique et un peu – beaucoup – rabat-joie sur les bords ne devrait pas venir à bout de mes nerfs.

Je refuse d’un signe de tête son invitation à le rejoindre dans son délire, consistant manifestement à poursuivre des feuilles volantes qui gagnent autant à être contemplées dans leur petite répartition chaotique, un phénomène d’entropie attestant de la survie d’un principe ergodique à l’agonie dans ce monde. C’est vrai, ce serait tout aussi charmant de voir une colonne de feuilles, et tout aussi logique dans ces circonstances. D’ailleurs, cela me fait penser que je n’ai pas vu de feuilles s’envoler depuis l’extérieur du dédale. Il faudra que j’aille jeter un œil dans la zone qui surplombe la haie, il semble y être resté la trace d’une zone d’incohérence assez forte, passée ou toujours présente.

Toujours en observant les lieux, je constate que des deux directions où nous pouvons nous rendre, l’une débouche visuellement sur une impasse décorée d’un bas-relief taillé dans les feuilles et représentant une sorte de lampe de chevet, et la seconde vers une croisée entre deux chemins flanqués quant à eux de murs de… difficile à dire à cette distance, peut-être du coton ou de la neige. La direction à prendre à l’instant pour progresser est évidente, mais il restera une décision à prendre sitôt ce croisement rejoint. D’aucuns disent que le Labyrinthe recèle nombre d’indices permettant d’en trouver le centre, alors espérons qu’il s’en trouvera un là-bas.

« Venez donc par là, lancé-je au vieil homme, il doit y avoir un tas d’autres choses à y voir. »

C’est difficile d’établir un meilleur argument dans cette situation et face à ce personnage, mais je dois être trop excitée par l’idée de rencontrer d’autres phénomènes – et surtout d’autres personnes – dans cet endroit pour trouver la patience de regarder un vieillard gigoter exagérément pendant le temps qu’il lui plaira.


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le Sam 18 Aoû - 23:16


Bien sûr, cheveux de paille a raison. Mais partir alors que je n’ai pas pu mettre la main sur une feuille. En même temps, dire non à de l’exploration. Grave dilemme que voilà ! Partir ou rester là où je suis sûr qu’il y a de quoi faire pour au moins encore vingt minutes ! Un petit compromis peut-être ? Je n’ai pas envie que ma campagne d’aventure, aussi peu marrante qu’elle puisse être, parte si tôt. Pas avant qu’un sourire est déridé son visage trop sérieux ! La vie sa se savoure non d’un petit pois ! Et je compte bien lui montrer l’exemple moi qui est compris ce fait essentiel grâce à mon arrivée ici.

« Juste une minute de plus, j’y suis presque regarde ! »

Outch, on n’a rien vu. Moi, en tout cas je ne regardais clairement pas au bonne endroit. En plus, j’ai dû faire un faux mouvement. Rien à faire, c’est moi qui décide quand je fais des pauses ! Et ça ne veut pas dire que j’avais tord, hein. Parce que je serais resté, j’aurai eu gain de cause. Si je recroise sa route, un seul geste me suffira pour réussir.  Bref, il est temps de bouger !

« Assez lambiné, en route miss ! »

Là, le choix se fait plus facilement, c’est parti pour l’espèce de coton-nuage. Pas de mouvement par là-bas mais si on peut toucher un nuage… C’est évident, pas la peine d’user mots ou de phrases alambiquées pour l’expliquer. Suivre l’instinct c’est tout ce qui compte. D’ailleurs c’est marrant, pourquoi il est blanc et pas de la même couleur que le ciel au dessus de nos têtes ? Question futile et d’un intérêt limité, je m’empresse de la faire s’envoler vers d’autres lieux. Des choses plus intéressantes et immédiates la remplace immédiatement comme : est-ce que ça se mange ? Ou peut-on le décrocher pour le mettre dans le ciel ? Ou peut-on voler dessus ?

Comme c’est décidé, je vais mettre le bras sous celui de la demoiselle pour qu’elle ne s’égare pas ou reste statufiée comme avant. Il ne manquerait plus que ça ! Et pour que les choses soient claires, rien de mieux qu’un bon conseil ! Dis avec le sourire et la bonne humeur bien sûr.

« Maintenant, il faut mettre la main à la patte, regarder avec les yeux ça ne suffit pas ! »
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le Mer 29 Aoû - 15:46
En fait, il est vraiment chiant. J’ai beau m’efforcer d’accepter les délires de tout un chacun, ne serait-ce que parce que je suis mal placée pour confiner quiconque entre les parois d’une boîte, mais cet homme-là trouve le moyen de m’exaspérer malgré tout. Peut-être est-ce simplement l’insistance avec laquelle il m’invite à aimer les choses à sa façon. C’est vrai, je ne lui demande pas d’ouvrir un livre de cristallographie appliquée à l’Esquisse, moi. Au pire, je lui imposerais juste d’en manipuler les pages avec précaution s’il se mettait à jouer avec, de la même façon que j’ai essayé de freiner son impulsion dévastatrice quand il s’est mis à tordre la haie. De la même façon, il pourrait légitimement m’imposer de… je ne sais pas, en fait, il n’a lui-même pas l’air de s’imposer beaucoup de choses. Je pense même qu’il m’en interdit plus qu’à lui-même, d’ailleurs. Vieux con.

En y repensant, j’ai beau avoir perdu un certain nombre de souvenirs par rapport à mon ancienne vie, je réalise que je n’ai pas beaucoup changé. La seule chose qui arrive encore à me mettre hors de moi est l’idée qu’on m’impose une vision. Si ça se trouve, c’est même la raison pour laquelle j’ai aussi rapidement refusé qu’on ne puisse pas comprendre l’Esquisse. Il faudrait que j’évoque cette possibilité dans mon prochain article, ça ajouterait une touche romanesque.

En attendant, je suis toujours bloquée avec ce type. Il continue de m’inviter à le suivre, plutôt que de s’embêter à réaliser que c’est exactement ce que je lui ai demandé, et enchaîne avec un conseil de grand-père. Le fait qu’il m’attrape le bras ne devrait même pas me gêner, ça devrait être aimable sinon mignon, mais là, ça ne m’emballe pas. C’est sans doute parce que ça vient de lui et qu’il me donne peu de raisons de l’apprécier. J’écarte mon bras hors de portée du sien, un peu nerveusement, et j’adresse un regard se voulant sérieux comme la mort à sa jovialité. Je n’ai aucune idée de si je tiendrai la traversée du Labyrinthe avec lui, mais d’ici la fin de cette aventure, il pourra se vanter d’être ironiquement l’un des rares à m’avoir ôté l’envie de sourire.

« Continuons, plutôt… Vous trouverez un tas d’autres pattes où mettre votre main, dans ce monde. »

Il faudrait que j’arrive à repenser à ma théorie, ne serait-ce que pour me calmer. Que l’on tombe sur quelque chose qui me fera penser à quelque anecdote laquelle pourra me servir de base de réflexion pour envisager une autre approche de quelque problème. Et pour ça, il faudrait qu’on avance.


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Folie d'Esquisse
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le Mer 29 Aoû - 16:52
Et voilà la première intervention de Folie pour avancer dans le labyrinthe ! J'adore faire des Objets avec des tics de langages, oui.

« Hopla ! Où que vous partez comme ça ? »

Jaillissant dans votre dos, un Objet visiblement contrarié se précipite vers vous, avant de sautiller pour attirer votre attention, du haut de ses 50cm.

« La neige ? Ah que vous êtes fous, vous les aventuriers ! C'est que c'est le territoire des Yétis, ici-là-bas ! Même qu'ils bouffent les gens comme vous, et qu'ils se curent le nez avec vos ossements. 'Reusement que je suis là, je vais pouvoir vous éclairer. »

Un jet de lumière bref scintille sur l'objet, qui n'est autre qu'une lampe de chevet dont le câble oscille derrière elle comme la queue d'un chat.

« Juste là à côté par ici, j'ai construit mon passage secret, qu'est pas très lumineux sur la paperasse, mais qui vous fera éviter ces maudits poilus, pour sûr, et même qu'il vous mènera plus vite au centre. Pi y'a que je vous trouve très jolie, mam'zelle, alors j'veux pas que vous finissiez en rôti. »

Sans bouger, la lampe de chevet paysanne attend votre réponse. Allez-vous suivre le sens commun, et marcher vers la neige, ou traverser cette impasse qui vous mènera - peut-être - vers des lendemains plus lumineux ?
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le Ven 14 Déc - 13:18


Ahlala, ce que cette jeune peut être crispée ! Même la lampe semble plus décontractée ! Et bien plus lumineuse. Un Objet avec des histoires intéressantes dont l’intervention ne peut-être que saluée. Passé l’étonnement d’être alpagué par le vide pour se rendre compte qu’une chose pas plus grande que trois pommes me parle, je me suis approché à grand pas d’elle. Sans l’ombre d’une arrière pensée bien sûr, juste pour observer de plus près cette merveille de l’Esquisse.

Croire ou ne pas croire ses dires,c'est secondaire. Inutile de trop y penser, il suffit de simplement de supposer que tout est vrai. Ça laisse déjà bien trop de réflexion comme ça. Tout en vendant du rêve, cette apparition complexifie nos choix comme aucun des deux chemins ne semble évident. Au fond, je ne suis pas pressé, un raccourci ne m’intéresse pas plus que ça. L’aventure ne souffre pas de lenteur, chaque instant du parcours en fait parti. Le passage secret en lui-même est déjà plus intrigant. Au vu de la taille de l’Objet, j’imagine bien un tunnel ou alors une petite porte comme dans Alice aux pays des merveilles. Le problème est que les yétis sont tout aussi intrigants, j’en ai jamais vu. Il faut un début à tout ! Mais avant de prendre une quelconque décision, de trancher pour un chemin plutôt qu’un autre, il faut avant tout attraper la nouvelle venue pour s’assurer qu’elle vienne avec nous ! Comme sa queue fouette l’air, et que ça m’est plus facile, je la saisie.

« Allons-y tous les trois ! Je suis sûr que ta lumière nous sera utile. »

Miss cheveux-de-paille ne peut qu’être d’accord avec moi sur ce point, j’en suis convaincu. Quoique, je la suspecte d’avoir un esprit de contradiction. Comment expliquer autrement son manque d’entrain à ma proposition plus tôt ?

Trêve de réflexions ! Il faut choisir où entraîner ce petit monde. Pour ça, comme les deux issus sont aussi tentantes, rien de mieux qu’un Am, stram, gram. Dit haut et fort cela va sans dire. Pas de triche. Je commence par la direction supposé du passage secret de l’Objet.
Kaoren
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le Ven 21 Déc - 15:43
Am, stram, gram. Techniquement, dans le cas d’une promenade dans l’Esquisse où la majorité des facteurs qui guident notre trajectoire nous sont parfaitement inconnus et probablement inconstants, tirer au hasard est certainement la meilleure solution. Même si cette méthode de tirage au sort est biaisée par le choix de la direction dans laquelle on commence la comptine. S’il utilise la même version que moi, elle fait vingt-cinq syllabes, et dans le cas de deux, trois, quatre, six, huit et douze chemins, elle terminera sur la direction par laquelle elle a commencé. C’est dire si l’aléatoire souffre d’une telle tentative de l’invoquer.

À côté de cela, la petite lampe venue nous accoster regarde avec intrigue et dépit le doigt de mon compagnon oscillant entre la direction qui nous mènerait selon ses dires à une mort probable dans la cuisine d’une race esquisséenne peu encline à la conversation et son passage secret plein de promesses à en rendre sa parole sans doute trop flagorneuse pour être sincère. Manifestement, elle n’a pas encore calculé l’issue comme je l’ai fait, et ne sait pas encore que l’on va s’aventurer dans son passage au final. Personnellement, c’est de toute façon l’issue qui me convient le mieux, donc je me retiens d’intervenir pour étaler mon avis.

Un raccourci vers le centre passant par les tréfonds insondés du Labyrinthe, c’est à la fois la possibilité de réduire le temps à supporter ce vieillard insistant que je suis au regret d’accompagner et l’occasion de découvrir des mystères insoupçonnés d’autres aventuriers, et donc probablement ceux que j’aurai le moins de chances de retrouver dans les archives de la Bibliothèque lorsque je m’y rendrai. À condition bien sûr que nous soyons privilégiés et que cette petite lampe se soit retenue de révéler sa traverse secrète à la majorité des autres explorateurs de ces lieux. Avec un peu de chance, c’est effectivement son désir de ne pas me voir rôtie sans merci qui l’a poussée à trahir ses habitudes. Et avec beaucoup de malchance, c’est effectivement un piège couvert sous une épaisseur de grasses flatteries, mais je compte sur ce concept de chance du débutant que l’on m’a tant vendue au sujet de ces lieux. Sauter dans le danger est peut-être même la manière la plus certaine de s’en assurer et d’étudier ce phénomène si particulier.

Ainsi, je regarde faire en attendant la sentence irrévocable de ce petit appel du sort. Je me dis que c’est finalement assez aléatoire, puisque la personne qui a choisi par où commencer la comptine ne s’est certainement pas embarrassée d’étudier les conséquences du fait qu’elle puisse posséder un nombre de syllabes s’avérant être l’incrémentation d’un nombre aux multiples aussi nombreux. S’il avait pris l’habitude de changer ses bases numérales d’écriture, il aurait sans doute eu ce genre de réflexe. Je pourrais même le berner si j’en avais envie, en entonnant moi-même la comptine. Je garde l’idée pour plus tard.

Du moins, si l’Esquisse ne fausse pas toutes les conclusions que je viens de tirer.

HRP:
Un post un peu passif, mais j'avais envie de te laisser terminer ton am, stram, gram plutôt que d'en choisir l'aboutissement moi-même.


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Tiha
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le Jeu 3 Jan - 9:32


Am, Stram,

C’est dingue comme l’Esquisse fait ressortir des choses inutilisées depuis… Disons un certain temps. La comptine semble pourtant si naturel sous ma langue. Ces sons sans sens sortent tous seuls de façon si approprié. Une goutte de hasard dans un océan d’aléa.

Gram,

La magie opère. Tous sont figés attendant la sentence de mon doigt. Situation improbablement amusante  et qui fait partie intégrante de l’aventure. Cette partie que les personnes comme cheveux-de-paille loupe immanquablement à cause de tous ce sérieux qui ne sied pas à leur âge. À aucun âge, surtout ici. J’en suis  la preuve s’il en faut une. Même mieux, l’exemple à suivre ! L’inspirateur des aventuriers !

Pic et Pic et Carambar,

Mon bras oscille entre les deux chemins à la suite de la main qui marque les syllabes. Bientôt nous serons fixés. La surprise sera pour tous : je n’ai rien compté, rien prévu. Agir autrement ne serait qu’une fabrication de tue-jeu. Le hasard prime sur tout et créé l’étincelle. Chose qui manque encore clairement à la miss sans sourire. La lampe, ça reste à voir.

Bour et Bour et Ratatam,

La tentation est grande de faire une pause pour marquer le suspens. Mais je vois bien à la tête de la rabat-joie que ça ne passerait pas. À tous les coups, elle me couperait l’herbe sous le pied et me volerait les derniers mots. Puis, je n’ai pas envie de me faire attendre moi-même.

Am, Stram, Gram !

Va pour le passage secret puisque le chemin des yétis est éliminé. Je commence à avancer en entraînant la Lampe, puis je fais signe à cheveux-de-paille de passer devant. Faut qu’elle ait sa part d’action aussi ! Peut-être que ça la décrispera. Enfin, c’est sûr.
Kaoren
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le Lun 14 Jan - 12:25
Bien, par un heureux coup du sort tombé dans un instant d’inattention de l’Esquisse, sa formule d’am stram gram comporte le bon nombre de syllabes et ce nombre nous amène dans la bonne direction. Comme quoi, et je n’aurai de cesse de le répéter, l’Esquisse n’est jamais qu’un filet d’incohérence versé dans un monde globalement cohérent.

Que le vieil homme me fasse signe de prendre la tête du cortège, en revanche, j’avoue ne pas le saisir. Lui qui a pourtant l’air enclin à se jeter la tête la première dans chaque mésaventure, ce avec une ardeur égalant certainement celle que j’offre à mes théories, m’offre la primeur d’un sentiment qui ne m’atteindra de toute façon sûrement pas. Il n’a pas l’air trouillard – ce serait un comble – ni même hésitant. Soit il trouve plus excitant de jouer les arrière-gardes et de s’offrir aux dangers qu’on ne voit pas pour toujours garder le cœur battant, ce qui expliquerait avec un brin d’empathie l’affection que peut porter à l’aventure un homme aussi borné et ronchon, soit il veut m’inciter à nouveau à partager son délire contre mon gré. Comme il m’a plutôt l’air égocentrique, à ne me voir que comme une tache de grisaille dans son euphorie, je vais accepter l’idée qu’il s’agisse de la première option. Je sais que si je ne lui laisse pas le bénéfice du doute, je vais finir par lui retourner une claque.

« Correct. » réponds-je simplement à son invitation.

En soi, ça reste une idée de mule. Je ne sais même pas où se trouve le passage secret, et j’ose imaginer que s’il est secret, c’est que je ne l’apercevrai pas d’un simple coup d’œil. Il ferait mieux de relâcher cette pauvre lampe qui doit commencer à se lasser d’être tirée par la queue. Enfin, le fil, dans son cas.

Enfin, j’engage toujours la marche en attendant que la lampe me fasse signe de m’arrêter. Avec un peu de chance, le vieux ne la terrorisera pas trop pour lui faire perdre la voix, ni sa manifeste affection pour mes tiffes d’or. Et si c’est un piège tendu par des Objets mal intentionnés, je leur expliquerai ma théorie des espaces indomptables. J’ai bien réussi à faire fuir un démarcheur avec ça hier.


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le Lun 14 Jan - 23:46


« V'là bien ici que vous faites le bon choix ! »

Satisfaite de votre réponse, la lampe vous accompagne dans l'impasse qu'elle vous a décrit comme un passage secret.

Après un contact avec les feuilles peu agréable qui dure plusieurs dizaines de secondes, vous débouchez sur un corridor végétal relativement étroit, mais curieusement bien taillé. Quelques roses et leurs piquants vous guident le long d'une allée qui a tout d'une scène de film.

Quelques bruissements semblent agiter les feuilles autour de vous. Rien ne semble pour autant en sortir.

Plus loin, vous aboutissez enfin sur une sorte de "salle", ou à défaut de clairière, parfaitement circulaire, au centre duquel trône une sorte de table basse sur laquelle est déposée un vieux carnet bien rempli sur lequel il est écrit "Braves aventuriers, ouvrez-moi !". Plus loin, un unique corridor identique à celui d'où vous venez semble continuer en ligne droite, sans obstacle autre qu'une pancarte sur laquelle il est écrit "Vers le centre du Labyrinthe".

Prendrez-vous le temps d'écouter ce que ce carnet a à vous dire (si vous regardez la quatrième de couverture dudit carnet, celui-ci semble vraiment insister pour que vous le lisiez), ou ouïrez-vous ces bruits angoissants qui ne vous donnent pas envie de vous éterniser ?



Vous pouvez discuter/imaginer des évènements dans le "couloir" avant d'arriver à la clairière en elle-même, mais je vous donne déjà le prochain choix.
Tiha
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le Ven 1 Fév - 21:38


Dès que nos pas nous mènent dans ce tunnel recelant des mystères, je lâche le fil de notre Lampe. Ainsi, je suis prêt pour toutes les surprises. Le murmure des feuilles ne peut être qu’annonciateur d’une surprise. Les feuilles vont-elles prendre leur envol comme pour la fontaine ou un autre Objet va-t-il nous rejoindre ? Mes yeux essayent de suivre le bruit que mes oreilles perçoivent. Rien, pas même un oiseau ou un insecte pour égayer le chemin.

« C’est encore long ? »

Je n’arrive pas à bien distinguer une fin à ce raccourci. Pas que cheveux de paille soit particulièrement grande. Il y a bien une espèce de clairière ou petit jardin privé, ou je ne sais quel nom on donne à ces endroits, devant. Mais je ne peux pas croire que ce soit ça le centre du labyrinthe ou qu’on y accède si facilement sans que rien ne se passe d’abord. Le comble, c’est le bouquin au centre de ce lieu.

« Comme si on venait pour lire des aventures ! »

Non mais vraiment. Autant rester à la Ville pour ça. Et si c’est une espèce de notice avec des spoilers, il faut encore moins y toucher ! Ça ne peut nous apporter que de l’ennui d’ouvrir cette chose. Ma curiosité bien mal assouvie, je décide qu’il est temps de continuer. Pour tout le monde. Le chemin est clair.

« Tu peux continuer à marcher devant. »

La jeune n’a après tout pas encore eu la chance de mettre son potentiel à l’épreuve et de sourire. Je ne suis pas le seul dans cette histoire.
Kaoren
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le Dim 10 Fév - 16:25
Continuer sans toucher au livre qui nous est présenté sur un piédestal ? D’accord, sa couverture respire l’embrouille à nez débouché à l’éthanol concentré, mais il mérite bien qu’on hésite au moins quelques instants à s’en saisir.

Surtout que ce n’est même pas par prudence que le vieillard me somme de passer notre chemin. C’est juste parce que… parce qu’il n’est pas ici pour lire des aventures, et je le cite. Et si j’étais là pour ça, moi ? Et ce n’est même pas la question, enfin, ça fait partie de l’aventure. Du moins peut-être. Qu’est-ce-qu’il en sait, d’ailleurs, si ce sont des aventures qui sont narrées à l’intérieur ? Il ne sait pas, et il n’a pas envie de le découvrir ? Je suis quasiment sûre que toutes les définitions du concept d’aventure qui soient incluent une part de découverte. Il ne peut pas juste réinventer la sienne quand ça lui chante.

Aussi, quand il me lance son dernier ordre – qu’il camoufle grossièrement sous la formule d’une autorisation – je m’arrête de marcher dans un soudain esprit de contradiction, fais brusquement volte-face et jette mes yeux dans les siens.

« Correct, j’ai ma dose ! Je me rentre pas une maudite idée de comment ça fonctionne dans ton crâne, puis je m’en crisse comme de ta soif d’aventures ! »

Il faut sincèrement qu’il arrête de me dire quoi faire, surtout quand c’est pour déblatérer des idées sans queue ni tête. J’ai sûrement une quinte de raisons de ne pas toucher à ce bouquin, mais la sienne n’y figure pas. Il veut juste… je ne sais même pas, mais j’arrive pas à me sortir de la tête la pensée qu’il tienne à ne faire les choses qu’à sa façon.

En plus, je pourrais simplement prendre le livre sans l’ouvrir. On trouverait sans doute un accord là-dessus, on continuerait notre exploration sans prendre en compte ce qui est inscrit dans ses pages, on éviterait tout piège tressé contre quiconque voudrait l’ouvrir, et je pourrais rentrer l’étudier au calme chez moi après coup. Mais ça me vient impétueusement.

« Tu t’expliques même pas ce qu’il y a d’écrit là-dedans, alors tu me dis pas ce que j’en fais sans cogiter cinq bouts de secondes ! »

J’essaie de tempérer mon souffle une fois la dernière objection scandée. Si grand-père voulait me voir me décarcasser un peu, j’espère qu’il a ce qu’il lui fallait, parce que j’ai l’impression d’avoir couru le cent mètres haine.


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le Lun 4 Mar - 16:32


La colère s’invite toute seule dans notre parcours. Du moins, je n’ai rien fait pour l’attiser. Cheveux de paille s’enflamme toute seule ! Et sur un drôle de sujet : comment pourrait-elle savoir ce qui se passe dans mon cerveau ? Et quel intérêt ?! Il y a tellement de choses palpitantes à vivre ici, dans l’esquisse, que se soucier de tel détail est futile et barbant. Même moi avec mon défi de rendre l’aventure à la jeunesse, tout en y prenant part bien entendu, je ne m’attarde pas sur les pensées d’autrui. Rester positif et élaguer les trucs inutiles, comme cette histoire de livre ou l’affirmation aussi véridique qu’inintéressante de la jeune concernant le baratin contenu dans ces pages, sont les points clefs de ma future réussite. Ainsi que mon dynamisme, ma volonté, tout ce qui fait que je suis moi.

« Tu vois, toi aussi tu as de l’énergie ! Suffit juste que tu la concentres ailleurs que sur moi ! Puis, bon, la prochaine fois préviens avant de t’arrêter. À moins que tu veuilles te rouler par terre ? » 

Ce qui serait un peu dommage en plein chemin pour le centre du labyrinthe. Le sol n’a même pas une consistante agréable ici. En plus, même si il n’y a pas besoin de le dire, ou de s’y attarder, mes os ne sont pas trop d’accord pour ce type d’activité. Rabats-joies.

Voilà, on pourra pas me dire qu’il lui manque des éléments pour bien continuer la route ! J’ai même insufflé de l’énergie grâce à mon ton et mon sourire. Nous sommes au top. Manque plus que l’aventure reprenne. Ou que cheveux-de-paille avance. C’est plus ou moins la même chose vu qu’elle fait bouchon pour l’instant.
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le Lun 11 Mar - 15:13
Cet homme est décidément encore plus borné que la secrétaire du bureau des thèses. Et je ressens la même chose qu’avec elle en lui causant, je sens bien que je m’engage dans un dialogue de sourds, mais je n’arrive même pas à saisir à quoi je suis sourde. Ses propos n’ont même pas l’air motivés par une quelconque intention à mon égard, c’est comme s’il les crachait algorithmiquement en se rapportant à un code de deux fonctions et autant de bases de données : une pour chacune des humeurs qu’il est censé transpirer. L’humeur de vieil acariâtre et celle de vieux sénile.

J’imagine que je n’y peux rien. L’expérience m’a déjà montré que je suis incapable de modeler le caractère d’un enfant de l’âge où l’esprit est le plus malléable, alors qui suis-je pour tenter l’exploit contre un râleur émérite ? Encore qu’il sourit, ce qui est peut-être pire.

Mais quelque part, il a raison. Si l’on veut arriver à quelque chose, j’ai intérêt à mettre de côté cette impulsivité que je me redécouvre à l’instant, et m’en aller l’ourdir contre quelqu’un d’autre. Je ne lui donne pas raison, ce serait accepter que ma mauvaise humeur soit injustifiée et son comportement adéquat, mais je me convaincs de hocher la tête et d’abandonner le débat. De toute façon, il a l’air de se payer ma tête par accident.

« Bon, c’est correct, allons-y. »

Pour autant, je ne vais pas dans le sens du vieillard au point d’écouter ses instructions précédentes. Je suis venue avec l’intention de recueillir des échantillons de ces curiosités qui parsèment le Labyrinthe, et c’est bien ce que je vais faire. Dans mon mouvement de condescendance camouflée, je me dirige vers le piédestal – pour ne pas dire table basse et ajouter un peu à la poésie de l’instant – et attrape le carnet qui s’y trouve d’une main ferme. Je n’obéis pas à l’ordre qu’il m’assène en première de couverture ni à sa récidive en quatrième, j’ai horreur qu’on me fasse un compliment flagorneur juste avant de me dire quoi faire, et je poursuis mon chemin vers l’allée qui continue en ligne droite. Mais juste avant de m’engager, je me retourne vers la Lampe qui traîne désormais dans nos pattes, et lui somme avec un ton fatigué d’être poli :

« Allez, fais comme dit grand-père. »


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le Mer 27 Mar - 0:46
Désolée de vous avoir fait attendre T_T

« Oui... » vous répond la joviale Lampe, sautillant pour vous rejoindre après un moment d'absence.

Alors que vos pas vous éloignent peu à peu de la table basse où figurait l'étrange carnet que vous avez récupéré, les crissements qui vous surveillent semblent redoubler d'ardeur ; et alors que son monte, leurs cliquetis oppressants semblent lentement réduire le volume autour de vous. Simple ambiance musicale ou embuscade avortée, à vous de vous former un avis, si toutefois vous n'êtes pas déjà distrait par la promesse d'une aventure au-delà du corridor feuillu.

Suivis par votre ami éclairé, vous arpentez ainsi quelques temps un Labyrinthe qui vous épargne temporairement de ses vices - pour mieux vous surprendre lorsque vous atteignez le prochain point de décision.

Un manoir luxueux.

Ou plutôt, ce qui ressemble à une pièce de manoir luxueux, ayant pour seul toit le lointain plafond céleste. Statues, tableaux, objets de valeurs et chics tapisseries s'y fréquentent, s'y trémoussent, voire s'y entassent, et dans leur luxure elles vous enjoignent à les contempler depuis un voluptueux fauteuil de cuir qui fait face à ce grand portrait de chien à monocle - celui-là même dont ni le verre ni la peinture ne filtrent le dédain qu'il semble vous adresser.

Mais au fait, de qui êtes-vous les hôtes ? Et s'il n'y a sur ces murs pas l'ombre d'une porte, où peut peut bien être celle qui vous mènera jusqu'au centre du labyrinthe ?

(Bien entendu, le comportement de la Lampe n'est toujours pas suspect.)


Et cette fois, la situation apparaît moins évidente en termes de choix, pour changer. Par contre je risque de devoir intervenir si vous faites des trucs.
Tiha
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le Sam 30 Mar - 19:35


Du bruit, du bruit, rien que du bruit. Il y a l’ambiance sonore, c’est sûr. Mais c’est tout ce à quoi on a le droit. Le bouquin transporté par cheveux-de-paille doit être un bouclier anti-aventure à tous les coups. Preuve en est, la pièce à ciel ouvert digne des comptes de fées dans laquelle on débarque.
Encore une invitation à se poser, avant pour lire, maintenant pour contempler le tableau, ou se faire contempler par ce chien hideux à l’allure hautaine.

Si je m’approche du fauteuil, ce n’est évidemment pas pour m’y asseoir : avec mon orange dans le dos ce n’est de toute façon pas possible. Non, dans toute cette pièce il n’y a aucune issue visible qui nous permette de continuer notre chemin ; il faut donc trouver une porte caché dans tous ce fatras. Et quel meilleur endroit pour ça que derrière un chien de garde ?

« Ne t’inquiète pas, l’aventure ne va pas s’arrêter aussi tôt ! »

Déterminé, je contourne ce volumineux siège pour m’approcher de la toute aussi imposante peinture. Il ne me reste plus qu’à la soulever pour montrer à mes deux compagnons la bonne voie ! Et si ce n’est pas là, c’est qu’elle est derrière une de ces trop nombreuses tapisseries. Je chercherais sans faillir ! Pour commencer, soulevons ce cadre, avec les deux mains. Je m’inquiète plus pour mes pieds que pour l’état de la toile.
Kaoren
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le Mer 24 Avr - 18:30
Deux, trois, cinq, sept, onze, treize, dix-sept… Oui, ça me calme.

Les murs cliquettent, puis crissent, puis se déhanchent, et c’est à peine si j’arrive à me laisser déconcentrer par ces comportements. Je me contente d’avancer à pas de géant, un géant qui ne se soucie même plus des petites traces de curiosité qu’il écrase en traçant sa route.

C’est un moment de ceux qui me font redécouvrir les théories relativistes. Je me traîne sur un pas lent et sans énergie, et le temps s’étale à m’en faire considérer chaque demi-seconde. Quant au tachyon humain qui m’accompagne, qui se pavane dans tous les sens à une vitesse quasiment superluminique en transpirant une énergie digne du trou noir supermassif qui lui fait office de surmoi – et dont j’aimerais bien voir émaner ne serait-ce qu’un rai de lumière – nul doute qu’il vit l’instant à laisser s’écouler une heure en une minute. Pas étonnant qu’il soit déjà si vieux.

Dix-neuf, vingt-trois, vingt-neuf…

J’ai presque l’impression de me réveiller d’un songe profond quand j’arrive enfin à jeter un regard émancipé de frustration sur le décor qui nous entoure désormais. L’ambiance a viré au palatial, des tapisseries au mobilier. Même le fauteuil au milieu de l’enclave a l’air d’un trône, disposé qu’il est de façon si imposante. S’il avait été tourné vers un miroir plutôt qu’un portrait de chien, j’aurais presque pu croire à un conte. De toute façon, mon exalté de compagnie est déjà parti décrocher le tableau du mur dans une énième antienne.

Tant qu’à ne pas rien faire, je pars fouiller les lieux à la recherche d’éventuels autres bouquins. Qu’il m’en reste un si jamais je devais lancer le mien à la face du vieillard.


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le Lun 6 Mai - 17:39

Dans ses fouilles, Penrose fait la découverte de plusieurs livres, de vases, de reliques en tout genre et d'une boussole d'explorateur. S'ils se laissent faire, nombre de ces objets pourront aisément être propulsés contre le crâne de son acolyte, mais il semble possible de leur trouver une utilité plus intellectuelle - et de se demander si cet entassement est naturel ou s'il est le fruit des efforts d'un Dessinateur.

Quant à Stephen, il est interpellé alors qu'il commence à soulever l'imposante peinture.

« Qu'est-ce qui prend, brigand ? s'exclame son interlocuteur. Rentrer chez les gens en bazardant tout leur mobilier.. Vos parents ne vous ont-ils donc point appris les bonnes manières ? Non, bien sûr, sinon vous m'auriez montré plus de respect ! »

Si Stephen continue à soulever malgré cet appel, il devrait apercevoir le long couloir feuille qui s'étend de l'autre côté du tableau. Probablement la sortie.

« J'allais me faire un plaisir de vous conter mes prestigieuses aventures dans le Labyrinthe, enchaîne la voix, dont la provenance semble être le grand tableau immobile, puisque j'ai bien besoin de compagnie - vous pourriez bien être divertissants quelques minutes, après tout Lumière ne vous aurait pas conduit à moi si ce n'était pas le cas - mais si vous êtes assez fous pour chercher le Cœur à l'aveuglette - Coeur dont je connais l'emplacement, dans ma grande sagesse -, faites donc ! »

Allez-vous filer à travers le passage, laissant le tableau à ses divagations ? Ou allez-vous l'écouter parler, quitte à subir des monologues et des reproches qui n'ont rien à envier aux cyantifique ?
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le Mar 4 Juin - 19:17


Comme quoi mon flair est bon ! Le tableau cache bien le passage vers la suite de l’aventure. Par contre, il est grognon. Inutile de lui répondre. C’est même pas drôle, il ne bouge pas. Rien à voir avec les gens qui peuvent se déplacer d’un tableau à l’autre comme dans les films avec l’école de sorcier. Un truc qui a l’air assez fun à faire. C’est un peu comme de la téléportation. Mais là, ce n’est pas le cas. Ignorant totalement le cabot, je m’adresse à cheveux-de-paille qui est encore en train de s’encombrer.

« Il y a un chemin par là. Allons-y ! »

Cette fois, je ne lui demande pas de passer devant. Il ne faut pas exagérer. L’attendre avec l’autre en bruit de fond, non merci. Et puis, bon, il n’est pas raisonnable de continuer de laisser la place à quelqu’un plus préoccupé par les livres que par la vraie vie. Impossible ! Il lui faut un petit électrochoc d’abord.

« Le cœur du labyrinthe doit être tout proche ! »

Et là, comme pour me narguer, je vois mes mots s’inscrire sur les murs ! Ils sont pourtant bien verts, ce ne sont que des arbustes avec des feuilles d’apparence banales. À mes yeux en tout cas. La flore, ce n’est pas trop un sujet qui m’intéresse. Ni écrire une histoire. Je me tais. Elles auront bien plus de mal à me voler mes mots comme ça.
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