Ignofamies ilivresques criminalistiques | Sydonia

Jaune
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le Ven 15 Fév - 0:53


Si un lieu devait être défini comme emblématique de la Ville pour la communauté de Dessinateurs y vivant, l’Hôtel ressortirait probablement en tête – absuasi devant tous les lieux utoufoques que n’ont jamais fréquenté certains. Tout le monde le sait : les premiers pas se font là-bas et c’est grâce à celui-ci que les tranpouveaux venus sont à même de se loger et de se préparer à affronter les affres de l’Esquisse comme celle accompagnant la chasse à l’« orange », à s’émanciper en étant capable de s’adapter à un monde qui ne demande pas votre avis pour se métamorphoser et changer spontanément. L’attachement émotionnel à ce lieu est donc fort et c’est tout naturellement qu’il reste très fréquenté par ceux n’étant ni tenanciers ni résidents, devenant de fait l’un des restbarants les plus populaires. Il suffit de prendre à gauche après la réception sans s’attarder sur les fauteuils violets – qui ne se destinent qu’à ceux qui font effectivement avoir affaire à celle-ci – puis de se diriger vers le comptoir où son servis nourritures et boissons moyennant ce qui peut faire office de paiement dans une société sans monnaie.

Les exceptions, personnes ne fréquentant jamais l’Hôtel sont rares, mais comme d’ordinaire avec ces choses-là, le cyantifique décalé qu’est Wittgenstein en fait partie. Rien dans son travail ne le pousse à franchir le front du bâtiment et il sait très bien qu’il n’a pas de temps à lui accorder, pas assez tout de moins pour les affaires sociales farfelues de l’Esquisse. En effet, pour un esprit un tant soit peu organisé – et aussi lunatique que Wittgenstein pour ce qui traite à autrui, – être sociable devient rapidement un calvaire, une plaie dans l’Esquisse puisque sorties et rendez-vous nécessaires à tout développement de relations durables ne peuvent décemment s’orchestrer. Le manque d’équipement spécialisé sur cyantifique l’empêche de décompter le temps convenablement, ce qui en retour n’empêche pas ce dernier d’être compté, la Révocabulation étant un combat de tous les instants, qu’il s’agisse de rectifier ou de créer de nouveaux mots et concepts. Fort heureusement, ceux qui connaissent suffisamment celui-ci sont capables de le convaincre de participer tout de même à des réunions sociales, et c’est donc pour ça qu’il en est venu ce jour-ci à s’adresser à la réception.

Pour des personnes normales, « s’adresser à la réception » signifie discuter avec la personne en charge de l’Hôtel et entretenir avec celle-ci un dialogue professionnel où échanges et statuts sociaux des participants sont clairement codifiés – et où la cordialité et la politesse sont de mise pour ne pas être jeté hors de l’établissement. Wittgenstein ne se comporte pas comme ça. Il ne s’adresse pas à la réceptionniste, l’ignorant même plus qu’autre chose, et fomnibule son attention sur tous les documents écrits présents à la réception, notamment le menu exposant tout ce qui est proposé par le service de restauration. Sans attendre le moindre accord, puisque la personne l’ayant fait se déplacer jusque là lui a explicitement dit qu’il serait en mesure d’avancer la Révocabulation en attendant son arrivée, il s’attelle donc à une première lecture en profondeur du menu – suffisamment concentré pour ne pas entendre si on lui parle – et note sur un calepin ses observations et ses idées pour rectifier tout cela vers un résultat un tant soit peu corracceptuste. Effectivement, tout est à revoir comme on le lui avait indiqué. Le langage employé est tellement inapproprié qu’il ne peut même pas s’empêcher de grommeler en lisant.

« - Pour un établissement où le parler esquisséen s’imposerait comme de mise, tout cela est bien déconcestabilroutant. Mauvepéter encore et toujours les ignofamies habituelles, mais aller plus loin en mésusant même des mots issus de la Révocabulation plutôt que des vots : tout ceci n’est qu’une suite de propositions absensives montrant que quiconque a écrâclé ce document a un esprit profondément épistessonstropositinigéfaillant. J’en suis profondément boulevamboulé, Russel avait raison : la situation est urgangagière. Je vais devoir tout rééctrifer. »
Eelis
Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ?
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le Lun 18 Fév - 1:19
Deux choses comptent réellement dans la vie de Sydonia. La première ronfle devant l'escalier en abreuvant le sol de sa délicate mixture buccale, et la seconde est composée d'une multitude de pièces, de décors, d'ambiances, de traditions et d'objets tous soigneusement ordonnés de manière à donner à l'Hôtel une identité qui rayonne jusqu'aux confins de la Ville. Tout comme elle vous dira avoir ouï les premiers cris son brave canard de compagnie, Sydonia est persuadée d'avoir passé des années dans cet établissement, si elle n'est pas née avec lui. Toutefois, un observateur attentif pourra constater que ses anecdotes de comptoir ne concordent pas nécessairement entre elles, et ne correspondent pas vraiment à l'Esquisse non plus, mais la liqueur et les aventures qui s'enchaînent ont tôt fait d'effacer le problème dans les mémoires - y compris celle de la jeune tenancière, d'ailleurs. L'Hôtel tourne donc sans que l'on sache vraiment qui l'a créé et pourquoi, mais tant qu'il tourne bon train, personne ne prend gare. Les nouveaux affluent en quête d'information, les vétérans débarquent par nostalgie ou par intérêt, les aventuriers rendent un service et les marchands en vendent un, regroupant là toute une compagnie qui se croise sans forcément sans parler, et procurant à Sydonia un lot quotidien d'interlocuteurs en tout genre.

Il n'est pas rare, ainsi, que celle qui devrait officiellement se contenter de rendre le lieu agréable et fonctionnel se retrouve à participer à quelques combines plus ou moins officieuses. Tant que l'une des deux choses de sa vie y gagne à la fin, Sydonia ne raisonne pas vraiment en termes d'éthique.

Il était ainsi parfaitement naturel d'accepter cette mystérieuse demande parvenue le jour-même dans ce qui sert de boîte aux lettres à l'Hôtel, puisqu'accompagnée de quelques précieuses ressources et d'une promesse d'en recevoir bien plus encore. En plus, cette fois, le deal ne semble pas particulièrement compliqué, puisqu'il requiert du matériel se trouvant déjà dans l'hôtel, et devrait a priori nécessiter un effort relativement peu important - ou en tout cas, bien moins important que d'aller cueillir ces belles oranges soi-même !

Chantonnant à la réception, Sydonia relit une dernière fois le bout de papier, savourant par avance le doux goût de la récompense. A priori, il s'agit d'un piège bénin à tendre à une personne qui devrait parvenir d'elle-même jusqu'à l'Hôtel. Si pour beaucoup d'entre nous, l'absence d'heures précises induite par l'Esquisse est un cauchemar, la jeune femme n'a pas de référentiel à regretter, tant et si bien qu'elle attend sans se faire prier à son poste. (Ce n'est pas comme si elle avait grand chose d'autre à faire en ce jour, de toute façon)

Passés deux-trois clients peu intéressants, c'est au tour d'un homme de fouler le sol de l'Hôtel et de se diriger vers la réception pour y salu...

Pour y lire la paperasse.

Pendant que l'étrange inconnu ne la regarde pas, Sydonia en profite pour re-relire prestement sa notice avant de la glisser discrètement dans la poche de son tablier. Pas de doute, c'est son pigeon !

Et à l'entendre parler, elle ne tarde pas à comprendre pourquoi quelqu'un désire s'en prendre à lui. Devant la purée verbale qui se déverse sous son nez, elle ne peut contenir une grimace malaisée - heureusement qu'il ne lui prête pas attention - avant de reprendre ses esprits.

« Urgangagière, comme vous dites ! s'exclame-t-elle pour attirer l'attention du drôle de bonhomme. Pendant que vous... réectrifiez tout cela, je vous sers un verre ? »

Pour accompagner son geste par la parole, et sans vraiment attendre sa réponse, elle quitte la réception pour se diriger vers ce qui fait office de salle à manger, lieu où la présence de tables et de chaises facilite les interactions sociales et fait rentrer de l'argent - enfin, ce qui peut y ressembler - dans les caisses de l'Hôtel. Il s'y trouve par ailleurs un autre comptoir, plutôt dédié aux activités de restauration, et qui abrite en son sein tous les éléments dont Sydonia a besoin pour accomplir son plan diabolique. Enfin, le plan diabolique de quelqu'un d'autre, mais qui a jugé bon d'en confier la réalisation à la maîtresse d'hôtel.

À peine plus tard, elle revient vers l'homme avec un plateau qui contient deux verres vraisemblablement habités par des liquides différents. Évidemment, quel que soit le verre choisi par son interlocuteur, le piège fonctionnera indifféremment, mais il est toujours bon de faire croire à quelqu'un qu'il a le choix avant qu'il ne réalise que son destin est inéluctable.

« Je vous en prie, prenez celui qui vous tente le plus. » propose-t-elle, tendant vers lui le plateau.


Jaune
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le Jeu 14 Mar - 3:09
Quelques instants de réflexion suffisent à un esprit aussi vifin que celui du cyantifique pour se rendre compte qu’il a largement sous-estimé l’ampleur de la présente situation, de l’embrarecage dans lequel se trouve l’Hôtel. N’en déplace à son hôtesse qu’il n’écoute d’ailleurs pas le moins du monde, le terme « urgangagière » n’est pas approprié. En effet, bien qu’il montre l’urgence et la nécessité d’agir rapidement pour rééctrifer tout ceci, il n’est pas adapté pour en véhiculer la gratovité, la hauteur de l’affreur qui est fait à la Révocabulation ainsi qu’à l’ensemble des Dessinateurs, à un tel urgangel. Là où existe la potentialité de s’accanscendrer dans ce que devrait être l’Hôtel, celui-ci ne fait que renforcer la tendance ambiante à la rigéfaillance ultime de la pensée de la part des Dessinateurs nouvellement arrivés, de les pousser à adopter une posture plus post-moderne que corractionnelle. Les fondamentaux nécessaires pour s’acclivire au sein d’Esquisse, et par essence langagiers, ne sont pas du tout transmis par un ségril dans l’établissement. S’il le pouvait, il attritiquerait la personne en charge de tout cela et lui suggouflerait quelques mots, mais étant donné qu’il ne la connaît pas et ne l’a d’ailleurs pas aperçue depuis qu’il est arrivé – probablement le signe d’un toupet conjugué à une incompétence et un manque de respect pour les visiteurs –, la pensée est bien vite supplantée par de nouveaux problèmes. Wittgenstein s’attèle donc sans la moindre gêne à remettre en ordre tous les écruments sur le comptoir d’où il vient de prendre le menu, ceux-ci n’étant après tout pas corragencés. S’agiter ainsi n’est toutefois pas suffisant pour qu’il arrête de monovaguer çà et là à l’oral en même temps, et c’est donc tout naturancément qu’il attire des regards ça et là et des messes basses qu’il n’identifie pas – la preuve en étant donnée par le fait qu’il ne reprenne pas leur langage, en bon académicien de l’Esquisse.

« - Il m’apparaît févident que les rigéfaillances ci-présentes se déclouvent en plusieurs catégories qu’il faut absolencément garder à l’esprit dans une optique de démocratisation de la Révocabulation, de Révocambulation, puisqu’il s’agit à travers celle-ci non pas de se consacrer à de la cyance fondamentale, mais à de la cyance intuipliquée. À l’image d’un bupport proprement ordonné nécessaire pour tout travail reposant sur celui-ci, la Révocabulation est en effet un prérequis pour toute experonsidération cyantifique fondée, contrairement à l’alcyance commise par ceux qui ne font que s’enferduire dans leurs tours d’ivoires sans prêter attention ni aux spécificités ni aux attentes des Dessinateurs, ni également les enseparer à la subjalité à laquelle ils vont être confrontés, et de leur donner ainsi, par-la-même, envie de la compralyser, d’y construire quelque chose plutôt que de se laisser emporter par les évènements, passivement, comme feuille au vent. Il y a quelque de profondément incéfaillant – en plus de rigéfaillant - dans le Dessinateur de base, maintenant que j’y ponge. Quelque chose dans son rapport au monde qui, s’il était mis au cœur d’une intrigue, face à un mystère unalpitant, fait qu’il serait capable de passer outre pour s’intéresser à une sasique araignée. »

Alors qu’il s’occupe de plus en plus de ce qui ne le regarde pas, l’idée d’ouvrir un système éducatif au sein de la Ville s’empare de son cerveau pourtant ô combien débordé. S’il n’est pas lui-même à même de s’occuper de tout cela, puisque tout doit être rééctrifé, vivant ou non, retravailler les habitudes et construire un rapport au monde transformant en édultés ceux qui sont encore, pour le cyantifique, des enfants s’amusant à chaque instant, passe nécessairement par l’acquisition d’une éducation basique. Les cyances comme la grammaire permettent de poser la pensée, tandis que les cyances s’appuyant sur l’étude des objets et de la réalité que contient l’Esquisse sont, malgré tous leurs défauts liés à l’omnibulance des abus de langage, attisent et entretiennent la concyuriosité nécessaire aux prouesses de science et d’ingénierie de la Terre commune à la plupart des souvenirs. Face à l’impératif d’une Révoncabulation en profondeur de tout ce qu’il est forcé de côtoyer dans cet Hôtel, il est impossible pour Wittgenstein de suivre ce fil de pensée sans revenir encore et encore à sa préoccupation précémière, et aux commentaires qu’il faisait sur la carte de restauration et venant à nouveau s’injecter sans sommation au milieu de toute ses pensées – et des paroles en découlant, les accompagnant.

« - Le nom de ces meuvages en est d’ailleurs l’exemple apprarfait. Il suffit d’y prêter un peu d’attention pour voir que quiconque s’est chargé de la tâche n’a pas voulaigné chercher à nommer ce qui était fourni, n’avait aucune curiosité cyantifique au moment de choisir comment les baptiser. Il n’a qu’écrit un vot, considérant sans nul doute que le langage et sa justesse seraient définis a posteriori par l’usage qu’en feraient les clients. Mais une telle hyptologie du langage, ne peut être fondée que dans un monde non-esquisséen et témoigne d’un manque affolant de cultoire propre à ce lieu, les bases de ce que devrait être une raisonnation appropriée n’étant visiblement pas acquises. Aucune prise en compte des natcanismes de traductibilité omniprésente n’est obsembpirivable, et il est donc impossible pour chacun de compronnaître le même mot, d’en saisir tous les aboutenants sans que n’interfèrent les processus esquaturels en jeu. Chacun doit donc tout réapprendre depuis le début, faire attention aux sous-entendus, aux implicites, et aux flous surgissant spontanément des structures syntaxiques et lexicales. À chaque étape, l’entropie informationnelle, favorisant terriblement l’accessibilité, augmente non contente d’entraver presque totalement leur conscydération en tant qu’objets, et donc aux postétudes. »

Malgré toutes ses remontrances qui témoignent de l’activivité et de la juste-pensance de Wittgenstein, il lui faudra encore quelques instants avant de constervoir, enfin, que ces boissons qu’ils décriaient sont arrivées par un hasard étrange devant lui, sans qu’il n’ait rien à demander. Après un instant d’hésitant, il se remet de sa surprise : si le personnel de l’Hôtel était prévenu de son arrivée ainsi que de sa présence en ce lieu, il était sans nul doute confronté à une demande implicite – parfois, les gens avaient peur de lui parler, chose qu’il avait déjà remarqué mais à laquelle il ne pouvait rien, étant donné l’ensemble de ses efforts pour être de plus en plus abordables et les progrès immenses qu’il avait fait, contrairement audits gens, justement – d’aide. Ayant au moins eu la présence d’esprit de réaliser l’emprise du désastre, ils désormiraient nommer correctement ces deux breuvages dont Wittgenstein ne connaissait encore rien et qui, preuve de leur immompétence, n’était pas retrouvables sur le menu par le cyantifique – malgré tous ses efforts pour comprire celui-ci. Bienveillant face à cet acte somme toute assez rare, il fit de son mieux pour apparaître un peu plus présentable – plus snob, vociferperaient certains – et pris un ton qui se voulait être celui d’un professeur émérite enseignant en privé à un élève particulièrement peu doué, et incompétent – afin de ne choquer personne lorsqu’ils se rendraient compte de la hardiesse requise par la Révocabulation.

« - Eh bien, j’obsempirvois que vous êtes ‘là’ et disposée à commencer, alors débutons immédiatement. Voyez ce premier breuvage, celui dont la robe s’approche de la zinzolaine. Observez bien attentivement les variations de couleurs en fonction de la lumanglière, les fugages entre ce que les ignorices appellent le ‘mauve’ et le ‘rouge’, tout en passant au milieu par du ‘bleu’, si vous m’excusez d’utiliser ces termes votesques. Il s’agit de tout faire pour votre compréhension, après tout, et nous allons avoir du travail, je ne vous le cache pas, à la vue de toutes les ignofamies produites ici. Trempez ensuite le bout de votre doigt, et humectez-le. Tentez de vous concyantrer, et relatez-moi tout ce qu’il est important de connaître, ainsi que vos ressements avec tous les détails. D’abords en des termes plébéiens, plus esquiséens. »
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