Epreuve 4 - Arme à blanc

Anonymous
Silivren[NRP]
Invité
le Dim 24 Mar - 23:03
Raz'Sha est un Valeth, une race extra-terrestre du Nano monde de s-f : Alpha Perdu. Il vient de la planète Phos'il et ressemble à un homme-guépard plutôt mince et perché sur de hautes gambettes. Malgré son vocabulaire vulgaire à souhait, c'est un brave médecin qui a récemment trouvé un travail sur un vaisseau nommé l'Anzidorr. Kae'la est actuellement un PNJ/prédéfini de nos p'tites annonces. Ancienne conquête de Raz, elle est désormais sa meilleure amie et elle tient une cantina sur Phos'il.




Une musique sauvage emplissait la baie médicale de l’Anzidorr de ses feuleries et autres ronronnements endiablés. Un son des plus phos’iliens qui allait de paire avec le Valeth qui se trémoussait du haut de ses longues jambes en chantonnant en rythme. Il n’avait rien de la grandeur et de la masse de ceux de sa race mais il était tout en longitude avec des mains délicates aux longs doigts et aux griffes rétractables. Une corpulence en phase avec son métier, de son avis. A quoi servirait un médecin aux grosses pattes malhabiles ?

Sa queue claqua l’air alors qu’il rugissait le refrain et ses moustaches frémirent du frisson de bien-être qui lui remonta du long de l’échine. Sans aucune gêne. Il n’avait pas de public : Djana devait être aux commandes du vaisseau, le Tas de Ferrailles traînait il ne savait où et l’emplumé qui complétait leur équipage devait réparer quelque chose quelque part. Ce groupe dont lui avait parlé Kae’la déchirait clairement ! Elle ne lui avait pas menti. C’était l’un de ses petits plaisirs que de lui jouer des tours, surtout depuis qu’ils étaient passés du stade “amants du hasard” à “amis pour la vie”. Il sourit en se remémorant ces moments de douceur et de malice.

“Kae à Raz ! Merde, décroche, boule de poils rachitique !”

Tiens donc, en parlant de la chatonne, voilà qu’elle aussi devait penser à lui. Elle ne l’appellerait pas sinon en dehors de leurs horaires quotidiens. Raz posa le scalpel qu’il était en train d’astiquer et appuya sur le bouton de l’holocom.

- Putain, salut ma jolie ! lança-t-il d’un ton guilleret. Son large sourire dévoilait ses crocs blancs et les rigoles de ses larmes noires étaient tellement plissées au-dessus de ses babines qu’il semblait avoir du maquillage. Kae’la en explosa de rire, bien entendu.

- Tu es magnifique, ma boule de poils. Je m’inquiétais juste un peu - ça fait genre une putain de semaine sans aucune embrouille sur le même vaisseau, tu vois - mais j’ai comme l’impression que tout va bien.

- Impec, jolie coeur. Aucune emmerde à l’horizon. Et j’espère que ça va continuer comme ça, parce que j’ai cette putain de baie médicale pour moi tout seul, c’est sensas !

Mais alors qu’il agitait son scalpel dans tous les sens - il avait fallu qu’il le reprenne en main, par crainte de le faire tomber sur l’une de ses pattes à force d’agiter les mains dans tous les sens pour illustrer ce qu’il disait ; bref ! Il agitait donc ce scalpel quand il frappa dans un bruit sourd son tricordeur qui… et bien, qui s’envola. Pouf ! Disparu le tricordeur. Il ne restait qu’une tache blanche comme si le vide avait soudainement remplacé ce morceau d’existence.

- Putain de merde ! Rends-moi mon tricordeur, enculé de vide… truc blanc machin-chose d’enfoiré ! J’y ai ajouté une tonne de codes, connard !

Il fulminait tout seul devant le phénomène sous les yeux interloqués de l’hologramme de Kae’la. Il était devenu si vulgaire (et ça continuait) que la fourrure pourtant rousse de la jolie Valeth s’était assombrie. Ses longues oreilles à lips couchées, elle feula doucement pour attirer son attention :

- Tout va bien, Raz ? Tu t’énerves contre qui ?

- Un putain de blanc qui a dérobé mon tricordeur ! Mon TRICORDEUR !

Kae’la grimaça clairement, sachant à quel point il tenait à ce machin. Au point de refuser les derniers modèles ! C’est alors qu’un autre “pouf !” se fit entendre et un objet tomba sur la tête du Valeth.

- Outch… Meeeerde, quoi encore ?

Il leva vers ses yeux l’ob… la couronne de princesse ? Un diadème, sérieux ? Il n’en revenait tellement pas qu’il ne pouvait que rester à fixer l’objet insolite en baillant de la gueule. Kae’la aussi ne s’en remettait pas.

- T’es sûr que tout va bien ? Il vient d’où ce machin ?

- J’sais pas… de l’enfoiré de truc blanc, là.

- Oui, d’accord, mais d’où ? De Celur ?

- C’est du plastoc bas de gamme, qu’est-ce qu’ils iraient foutre avec ça, à Celur ? Non, je crois plutôt qu’il y a un enfoiré qui s’amuse à échanger mes superbes affaires pour ses conneries, oui !

Il se prit d’un coup sur la tronche un autre objet, cette fois-ci une baguette surmontée d’une étoile. Kae’la se foutait désormais royalement de lui, elle s’en tordait même les côtes cette traîtresse.

- Renvoie-leur un truc, Raz ! réussit-elle à articuler entre deux fous rires. Il lui tira la langue en grommelant qu’elle allait le regretter et chercha des yeux un objet non-précieux à donner au “vide”. Tiens ! Ce bidule mécanique qui traînait dans la baie médicale. Et hop ! Un coup de scalpel magique et le voilà envoyé à son voleur de tricordeur - merde toujours ! Il l’avait même encodé pour qu’il fasse des hologrammes de ses patients. Heureusement qu’il avait toujours une sauvegarde dans ses affaires… quelque part.

- Tu crois que ça va être quoi, maintenant ? le questionna Kae’la avec une voix réellement avide de curiosité. Voilà une histoire qui allait sans doute faire le tour de sa cantina, merdouille. Elle ne s’en gênerait pas.

- J’sais pas, maugréa Raz, les moustaches tortillées. La robe de princesse, nan ? Ca serait dans le putain d’esprit de cette farce.

- Tu seras magnifique dedans, chéri.

- Je t’emmerde.

- Ne sois pas ronchon, ça te frise la fourrure, on dirait un zingou terrifié par un Valeth affamé.

Il lui tira la langue dans un bel exemple de maturité et son rire clair s’éleva bientôt en une douce symphonie qui s’entremêla en toute beauté à la musique qui tournait toujours ; dommage que l’holocom grésillait légèrement. Un troisième “pouf !” le détourna de ses grimaces puériles et il leva un bras pour se protéger le visage des objets qui avaient décidément tendance à lui tomber sur la caboche. Mais… rien. Rien ? Pas tout à fait en réalité. L’enfoiré de l’autre côté du “vide” lui avait envoyé un papier. Il le prit entre ses doigts, en faisant bien attention à ne pas riper ses griffes dessus, et haussa un sourcil.

- C’est quoi, l’ancêtre d’une holophoto ? Ils sont retardés de combien de siècles, ces putains d’humains ?

- T’es sûr que ce sont des humains ?

Tu trouves qu’ils ressemblent à autre chose ?

Il tourna la “photo” vers l’hologramme de Kae’la qui secoua négativement la tête. Même pas une once de bleu ou quelques cornes pour pencher vers du sang de Telur. De basiques putains d’humains avaient volé son tricordeur (il ne s’en remettait vraiment pas).

- Oh tiens, ils ont écrit un truc : des chiffres et… des noms, je crois. Et puis, je ne pige rien. C’est du charabia leur machin, merde.

- Il y a une date, chaton. Et elle est juste putain de vieille, si j’en crois le peu de chiffres. Ce sont des fossiles, ces gars. Rends-leur la pareille.

Haussant une épaule, Raz convint que c’était une bonne idée. Il farfouilla dans un tiroir du bureau pour sortir un appareil à holophotos qu’il plaça de façon à se prendre lui et l’hologramme de Kae’la.

- Holophoto, indique la date… euh…

- 123 756 789 de l’ère Jabba, l’aida gentiment Kae’la avec un air pourtant goguenard sur les babines.

- On a trop de chiffres, merde, marmonna Raz comme seule réponse. Il appuya sur le retardateur et prit sa plus jolie pose : entre intimidation et charme.

- Ah ! J’oubliai ! Holophoto, indique aussi ceci : “Mon putain de tricordeur, connards de mes deux !”

Une fois l’holophoto prise - avec leurs plus beaux sourires remplis de crocs et un geste vulgaire en prime - Raz frappa la disquette avec son scalpel magique.

- Bon… c’est pas tout mais je rangeais le bordel de ma trousse médicale.

- Holà ! Bonne chance, mon chaton, se moqua allègrement Kae’la. Tu vas en avoir besoin.

Un doigt d’honneur lui répondit sans un regard alors qu’il était plus intrigué par son scalpel magique qui ne fonctionnait plus.

- Bah ! Plus de jus, merde !
Anonymous
Lombard [TT]
Invité
le Dim 24 Mar - 23:38

Céleste Fauvel-Kaiser est une jeune femme de 19 ans tout ce qu'il y a de plus normal. Contrairement à la majorité des gens sur Tasty Tales, elle n'a pas de pouvoir. C'est une jeune française qui a grandit dans une banlieue HLM modeste, ce qui se ressent dans son vocabulaire. Elle est très sympathique, même si réfléchir avant d'agir n'est pas vraiment sa devise. Elle se jetterait dans les flammes sans réfléchir, surtout si c’est pour des potes.




Des ampoules de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel clignotaient à n’en plus finir des deux côtés de l’allée. A droite, une tête de momie en papier mâché ouvrait grand sa gueule aux dents pourries, dans laquelle rentraient un à un des petits wagonnets, sous l’œil moyennement attentif de la faucheuse dans sa guitoune vitrée. A gauche, un manège à sensation tournait dans tous les sens, ses changements de directions rythmés par les « hézérepartiiiiii » et les « eskevouszzzêteschoooooo» de circonstances. Céleste et son pote, eux, s’éloignaient d’un stand de tir à la carabine dans un grand brouhaha réjouit. L’un avait gagné un set de princesse avec couronne et sceptre en plastique rose, et Céleste un révolver en plastique tout aussi minable, qui tirait des fléchettes en caoutchouc orange. De quoi se réjouir, donc.

« Cél’, j’vais pisser ! Tu m’gardes mon diadème ? »

Il est des propositions qui ne se refusent pas. Et celle-ci ne se refusait pas pour la simple et bonne raison qu’avant que Céleste ait pu dire quoi que ce soit, on lui avait fourré le kit de princesse dans les mains, et le diadème sur la tête.

« Ha bah ok, sympa mon gars! »

Râlant pour la forme, la jeune femme eu vite fait de faire contre mauvaise fortune bon cœur ;  en d’autres termes de se trouver une occupation. Elle rentra l’une de ses fléchettes en caoutchouc dans le canon de son arme jouet, lança le diadème en l’air, et tenta de le toucher en tirant dessus ; histoire de vérifier à quel point ces jouets ne visent absolument jamais juste, et que même un tireur d’élite serait bien incapable de faire mouche avec.

Sauf que.

Sauf que non seulement, la fléchette atteint le petit diadème, mais en plus, à l’endroit où l’horrible couronne était suspendue dans les airs un instant plus tôt, il y avait une tâche blanche. Une tâche blanche en forme de diadème. Comme des pixels effacés de la réalité. Céleste cligna deux fois des yeux, puis regarda son arme avec circonspection.

« Bah merde alors… »

Cette analyse scientifique de qualité fût interrompue lorsqu’un objet métallique tomba, d’abord sur sa tête, puis à ses pieds. De plus en plus confuse, Céleste se pencha pour ramasser la chose étrange qu’elle avait sous les yeux. Et étrange, c’était le moins qu’on puisse dire en parlant de ce boitier qui semblait aussi vieux et usé que futuriste, avec des boutons aux digits à moitiés effacés et un écran fissuré. La jeune femme le tritura avec curiosité, tant est si bien qu’il finit par émettre un bruit digne de la meilleure connexion ADSL, avant de projeter un petit rayon bleuté qui ressemblait à s’y méprendre à une projection holographique telle qu’on les voyait dans les films de science-fiction. Le rayon, de forme raisonnablement humanoïde, commença à émettre des bruits étranges.

« Nique sa mère ! C’est Star Wars le truc ! »

Elle fixait si intensément l’étrange apparition qu’elle n’entendit même pas son pote revenir.

« Meuf, t’as fait quoi de mon diadème ? C’est quoi ça ? »

Comme un poisson hors de l’eau, Céleste ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, bien en peine d’expliquer ce qu’elle tenait entre les mains. A la place, elle attrapa donc son comparse par la manche et le traina un peu à l’écart, entre deux manèges, et retenta l’expérience avec le petit sceptre de plastique du kit de princesse. Même résultat. Une tâche blanche en forme de bâton surmonté d’une étoile leur faisait désormais face. Ils échangèrent un long regard muet, les yeux exorbités, avant de se mettre à parler en même temps.

« Waaaaaah… mortel !»
« ça a disparu ! »
« Et l’autre truc est apparu ? »
« C’est quoi tu crois ? »
« C’est graaaave chelou, on dirait un truc du visiteur du futur là »
« Tu crois qu’il va y avoir un nouveau tru- »

Paf.

A leurs pieds, un autre objet venait d’atterrir, tout aussi curieux mélange de vieux et de moderne, de chromé et de rouillé.

« Mais naaaaaan ! Gars on est en train d’échanger avec une personne du futur là ! »
« Ou avec une dimension parallèle ! »
« Vient on envoie un message ! »
« Mais grave ! »

Il fallut peu de concertation, mais beaucoup de gloussements stupides, pour que les deux se mettent d’accord sur la suite des événements. Une demi-minute et trois centièmes plus tard, ils se serraient dans l’un de ces photomatons de divertissement dans lequel on peut choisir des fond et filtres tous plus bêtes les uns que les autres. 4 flashs plus tard, surexcités, ils attendaient la petite pellicule, sur laquelle ils avaient limité les effets visuels, pour ne pas affecter la valeur de témoignage des photos. Un stylo pailleté à la main – le seul qu’ils aient pu trouver – ils avaient encore dû parlementer pour savoir quel message adresser au futur sur le dos de leurs portraits.

« Mets la date, mets la date ! »
« Ouais, grave, et nos noms ! »
« T’imagine si quelqu’un trouve ça ? Si quelqu’un répond ? »
« Demande le nom et la date au cas où ! »

Ce fût un moment à la fois solennel et plutôt absurde, lorsque Céleste, le visage très grave, tendit à bout de bras le rectangle de papier glacé et pointa son pistolet en plastique dessus. Les deux jeunes gens déglutirent avec cérémonie, et elle pressa sa détente made in China. Un instant plus tard, il ne restait dans sa main qu’un étrange rectangle blanc.
Quelques instants raisonnablement plus longs plus tard, l’attente fébrile prit fin lorsqu’une étrange petite disquette dotée d’un bouton tomba à leurs pieds. Il leur fallut une bonne dizaine de seconde pour échanger un regard aussi circonspect qu’impatient, et qu’enfin Céleste se décide à se pencher pour ramasser l’objet avec d’infinies précautions.

« J’appuie ? »
« Grave! »

Avec un flash de lumière bleue, un nouvel hologramme tout aussi digne de star wars que le précédent se matérialisa entre les doigts de la jeune femme. En petit, tenant dans le creux de sa main, se tenaient deux félin humanoïdes. Elle écarquilla des yeux ronds, non seulement de les voir, mais aussi en entendant l’un d’eux s’exprimer dans ce qui était vraisemblablement un dialecte incompréhensible. Mais pour ce qu’elle était capable de décrypter les expressions et le ton de ces étranges êtres, Céleste aurait dit qu’on était pas exactement sur de l’amabilité.

« J’ai rien compris de ce qu’il a dit… »
« Meuf, je crois qu’on vient de se faire insulter par des extra-terrestres. »
« Pourquoi ils seraient en colère ? »
« ... Tu crois qu’on devrait essayer de renvoyer les machins qui sont apparus ? »
« Heu... Je… J’ai plus de fléchettes… »
« MEUF ! »
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