Structure mobile et cartes quantiques

Stilgar
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le Dim 2 Juin - 14:44
Épisode précédent:


     Voilà que leur groupe arrivait en vue du labyrinthe. Le voyage avait été sans histoire, exception faite des quelques mots qui avaient été échangés par Carmen et Amundsen. Les murs bigarrés, faits de tous les matériaux possibles, de bois de toutes les couleurs et aspects, d’arbres serrés et de buissons impénétrables, de pierres entassées et de murs qui semblaient taillés dans le roc, ou d’autres choses plus exotiques, comme des parois qui semblaient faites de pâtisseries impérissables, ou de métaux scintillants. Le vent s’était levé. Était-ce naturel, ou le Labyrinthe produisait-il ses propres conditions météorologiques ? Le son de l’air s’engouffrant dans les couloirs, croisements, tunnels, ponts et escaliers produisait une musique propre à cette vieille structure, lui donnait une vie interne.
     « Il bouge. »
     Le laconisme de Toklo avait pour conséquence qu’il ne parlait jamais pour ne rien dire. Sa remarque fit réfléchir Amundsen, alors qu’il aidait Carmen à descendre du gélatinomadaire. Le principe de la carte est qu’elle représente ce qui est immuable. Étant donné qu’ils allaient progresser dans un environnement où les règles de la cartographie traditionnelle risquaient de ne pas s’appliquer, il faudrait faire évoluer ces règles cartographiques. Étant un physicien de formation, Amundsen avait quelques intuitions sur comment représenter une structure en état changeant en permanence. Il faudrait creuser cela. Par ailleurs, le Labyrinthe étant une version concentrée, dense, des propriétés absurdes de l’Esquisse en matière de changements topographiques, s’il pouvait tirer des principes généraux ici, il serait très aisé de le faire à plus petite échelle – soit, en vocabulaire géographique, sur un espace plus large. Sa consœur cyantifique Penrose, qu’Amundsen ne connaissait que par ses travaux, aurait sûrement quelque chose à dire à ce sujet.


Dernière édition par Stilgar le Lun 10 Juin - 1:36, édité 1 fois


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le Dim 9 Juin - 23:46

Je ne me doutais pas un instant que l’homme doutait de moi et ce malgré un dernier regard que j’avais cru discret derrière son épaule pour être certaine que la scientifique avait disparu dans la foule. Je ne l’ai pas vue et ai pu monter sur le gélatinomadaire d’Amunsen sereinement.

« Cela dérangerait si je lui trouvais un prénom ? »

J’ai toujours pris plaisir à nommer les animaux de la maison, de mon ânesse Petite-ourse aux canards Casserole et Passoire… J’ai dit que j’aimais donner des noms aux animaux mais pas que j’avais toujours été très douée pour cela. Au contraire… Pourtant j’ai le sentiment que parfois j’avais trouvé plus juste, seulement je n’ai pas réussi à mettre le doigt dessus.

Il m’a demandé si je possédait une montre, je ai lui répondu que non… Mais que je croyais avoir observé un déplacement qui me semblait régulier des étoiles de mon abdomen, si cela pouvait aider c’était toujours ça de pris… D’après mes observations la petite-ours puisque j’en parlais fait régulièrement le tour de mon nombril… Si ça peut aider.

Je reste perplexe face à l’architecture de la bâtisse qui leur faisait face, rien de tout ce que j’ai pu voir jusqu’alors ne m’a jamais semblé si disparate. Pourtant je suis dans l’Esquisse depuis plus d’une paire de semaines alors je devrais être surprise de ne plus être surprise. Je ne le suis pas. Je m’apprête à lâcher un soupir que je retiens par politesse.

« Comment nous y rendre et réussir à en sortir, avez-vous pris une pelote de laine ou de la peinture pour marquer notre chemin… Toklo vous qui vous y êtes déjà rendus ici, comment vous étiez débrouillé cette fois-ci ? »

Je me demande bien ce que je pourrais apporter à cette aventure mais me garde bien de le formuler à voix haute de peur qu’il me dise finalement de rester ici.


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le Lun 10 Juin - 14:51
     « Un prénom ? Non, bien sûr, faites. Je suis sûr que ça le laissera totalement indifférent, mais, qui sait ! »
     Amundsen envoya une petite tape amicale à sa monture. Pour seule réaction, sa texture gélatineuse trembla un peu, comme si on avait touché un flan.

     Il fallait maintenant s’équiper. Toklo avait déjà revêtu son équipement de fromineur complet : tenues avec ce qu’il fallait de sangles, sa pioche en bandoulière, une lampe frontale, et un pistolet rangé dans un étui au niveau des côtes, sous son gilet. L’œil averti aurait deviné qu’il ne tirait pas des balles mais des fusées éclairantes. Pour le reste, il préférait avancer léger, laissant sa chaise porter le gros du matériel. Et bien entendu, il n’avait pas pris son parapente.
     Amundsen avait un matériel bien moins spécifique : une corde enroulée à la ceinture, une lanterne à huile pendant autour du cou, son couteau de survie, et une bouteille d’eau. Il sortit aussi de l’équipement pour Carmen : eau, lampe, lame, corde. N’étant pas encore très expérimenté dans le domaine, les achats de matériel d’Amundsen étaient allés au plus basique.
     Celle-ci souleva une question intéressante. Il était temps de détailler comment précisément allait se dérouler leur expédition.
     « Je connais le chemin, mais je n’y suis jamais entré.
     – À ce sujet, je vais vous expliquer la marche à suivre. Le but de cette première expédition n’est pas de trouver des trésors. Enfin, ce n’est pas l’objectif principal. L’objectif principal est de trouver quels sont les principes généraux du fonctionnement du Labyrinthe. À mon grand dam, la littérature à ce sujet est bien maigre, et surtout le fait d’aventuriers et de chercheurs de trésors bien peu soucieux de la rigueur cyantifique. Il va nous falloir repartir de zéro, et réapprendre que le sang coule dans les veines, si vous voyez ce que je veux dire. Pour se faire, on ne va pas avancer très vite, ou très profondément. Nos montures nous accompagneront, nous tâcherons de prendre le moins de risques possibles. Toklo, j’aimerais que vous mettiez à profit votre connaissance pratique de l’exploration pour déterminer les sentiers les plus aisés à parcourir. Carmen, vous m’avez semblé être une personne attentive, je compte sur vous pour repérer les éléments intéressants, les subtils changements de configuration des lieux, les altérations dans l’atmosphère, ce genre de chose. N’hésitez surtout pas à me faire part même de ce qui va vous paraître le plus trivial, le plus inintéressant : j’ai besoin d’une somme quantitative de données, pas qualitative. Toklo, Carmen, Sentez-vous libre aussi d’emprunter une monture, ou de partir un peu en exploration tous seuls pour enquêter sur quelque chose. Tâchez juste de rester en contact permanent avec le groupe, des fois que vous tombiez sur une menace et qu’on ait besoin de vous secourir. J’ai déjà eu à assumer le rôle de chef de groupe, et je ne crois plus qu’un une seule manière de faire : vous laisser une large autonomie. Je ne vous donne que quatre consignes de sécurité : jamais plus d’une personne ne quitte le groupe en même temps, donc si quelqu’un s’est éloigné, l’autre reste à portée d’yeux des bêtes et de celui qui les garde. On ne part pas loin, on reste toujours à portée de voix. On prévient les autres de tout ce qu’on fait, de tout ce qu’on observe et on ne garde rien pour soi, ça ne servirait à rien. On reste en permanence sur ses gardes. L’endroit n’est pas très dangereux, mais il peut l’être. Pour ce qui est de marquer notre passage, je vais utiliser deux techniques : déjà, je vais tâcher de rédiger une carte sommaire des environs, que je compléterai de nos notes. Ensuite, votre idée de peinture ou de pelote laine est charmante, mais j’en préfère une autre : périodiquement, empilez des cailloux pour faire de petits cairns. En les remontant, on retournera à cette entrée. On aurait pu aussi décider de ne tourner qu’à droite, mais cela pourrait nous forcer à aller dans des chemins dangereux. Ah, et n’oubliez pas : il est tout à fait possible qu’aucune de ces mesures ne soit utile, si vraiment le Labyrinthe bouge. Mais nous verrons bien quoi faire en temps voulu. Des questions ? »
     Si Toklo en avait, il les poserait plus tard. Ce n’était pas non plus quelqu’un de très imaginatif.


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le Jeu 20 Juin - 21:34
« Le gélatinoraptor ? Non, c’est un peu trop simple et pas assez personnel. Pourtant je veux absolument qu’il y ait « Gé » dans son, Généroso ? Elle ressemble trop à une limace pour avoir un prénom masculin, Hm. Généova ? Oui, ça lui ira bien ! »

Je caresse la surface gélatineuse de la monture avec un sourire, flattant ce que je pense être l’encolure.

***

Toklo n’est jamais rentré là-dedans… Il a l’air d’être celui de nous trois qui a survécu le plus longtemps dans l’Esquisse. Est-ce que c’est parce qu’il a évité cette zone ? Je secoue la tête pour me retirer cette pensée de la tête.
Amunsen prends la parole. Je crois que j’avais compris le principe de ce qu’il voulait depuis le début, ou du moins depuis qu’il voulait y rentrer en temps que scientifique.

« Une remarque seulement : Espérons que ce soit amusant ! »
je conclue après son speetch beaucoup trop long.

J’enroule la corde qu’il me propose autour de mes hanches, elle prend rapidement la teinte de ma peau. Je glisse la lampe et la gourde dans ma propre besace, refusant la lame. J’ai ce qu’il me faut, la mienne est plus courte, un canif solide. Il fait partie du paquetage que je me suis constituée ces derniers jours. J’ai aussi deux épingles à nourrisse et un kit de couture dans un matériel qui ressemble plus à du bois qu’au métal. J’pourrais dire tristesse, mais non. Je leur lance un sourire qu’ils ne discernent même pas dans l’obscurité de mon visage.

« Toklo vous y allez ? » je demande avec impatience.

Je n’ai pas dit qu’en approchant il m’avait sembler voir bouger les murs, je ne saurais expliquer pourquoi mais j’ai soudainement eu très envie d’aller y faire un tour. C’est p’t’être risqué mais, peu importe ! J’ai trop hâte.


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le Mar 25 Juin - 15:03
     Répondant – sans laisser s’échapper le moindre son – à la demande pressante de Carmen, Toklo s’avança le premier. Au passage, il jeta dans les bras de celle-ci la laisse de sa chaise.
     « Elle est susceptible, mais tant que tu te mets pas juste devant elle, tout ira bien. Reste à sa gauche, ou à sa droite. Et pas derrière non plus. »
     Et il entra, puis tourna à droite.
     « Je m’occupe de l’arrière-garde. »
     Amundsen attendit que Carmen s’engage, et la suivit, tenant Généova en laisse, lui aussi, comme on l’aurait fait d’un cheval, ou d’un bœuf. Du fait de sa taille, le gélatinomadaire manqua de se coincer dans l’ouverture, mais sa structure très molle lui permit de se redresser et de pouvoir progresser sans peine. La largeur des couloirs fluctuait beaucoup. Certains étaient garnis d’épines, ou de rochers tranchants. Voire de moules.
     « Toklo, essayez de ne pas emprunter de chemins trop étroits ou trop dangereux pour nos bêtes. Elles ne pourront pas se faufiler.
     – Entendu. »
     Aussitôt entré, Amundsen sortit un petit carnet. Il y dessina le trajet emprunté, et les intersections. Et à chaque tournant, Toklo rassemblait quelques pierres sur le côté, que Carmen agençait un peu, et Amundsen finissait d’en faire un cairn. Ils perdaient ainsi le moins de temps possible. Parfois, repérant une plante étrange qui poussait sur les murs ou au sol, aux couleurs et formes particulières, Amundsen sortait son couteau, en récupérait une bouture, qu’il stockait dans un panier vide sur le dos de sa bête de somme.


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le Mer 3 Juil - 18:52

Je me retrouve avec les rênes de la chaise dans les mains et des conseils des plus grotesques pour en prendre soin. Je la regarde avec douceur et caresse son encolure en lui disant « Mais oui Silliñita, on va bien s’entendre ! » elle se dérobe à mes caresses et s’éloigne impétueuse manquant de me faire lâcher sa corde. ALORS TU VEUX LA JOUER COMME CA ? J’entoure deux fois la corde autour de mon poignet avait de refermer ma paume sur le bout et tirer un petit coup vers l’avant et d’emboiter le pas à Toklo vu qu’Amundsen a dit qu’il serait dernier.

Je me mets alors à détailler à voix haute TOUT ce que je vois, des arbres aux écailles crochues, les murs en… Coquille d’œuf ? SERIEUSEMENT ? Je toque contre l’un d’eux qui ne s’effrite pas, pourtant je suis CERTAINE que c’est une coquille d’œuf, aux roches jaunes aux reflets irisés.

« On dirait qu’elles sont couvertes d’une couche de verre mais c’est bien plus souple et plus chaud ! » je constate en y appuyant un index contre sa surface, ce qui s’avère être une idée moins intelligente que je ne l’aurais crue. On me l’a toujours dit pourtant : « on touche avec les yeux Carmen ! » La pierre se meut comme une argile transparente et vient me tâter le visage d'un fin doigt. Oui me tâter, elle ne m’agresse pas mais son contact est des plus désagréable. « J’ai la réponse à notre question initiale : les murs bougent. » Peut-être pas de la manière dont on l’attendait cela dit… Toujours est-il que la pierre curieuse part à ma recherche, elle semble aveugle et j’en profite pour lui échapper mais les mûrs se rapprochent peu à peu l'un de l'autre. « On devrait faire demi-tour avant que la voie soit complètement occluse… et rester en retrait pour voir si elle s’ouvre à nouveau… » je propose...


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le Sam 6 Juil - 11:09
     Alors qu’ils avançaient dans le Labyrinthe, Amundsen commençait à prendre quelques notes sur le chemin parcouru. Plutôt que de faire un tracé des croisements, intersections et des directions prises, il préférait noter les « biomes » de cette étonnante structure. En effet, si, comme le supposait son hypothèse première, les murs pouvaient se mouvoir, rien ne permettait de supposer que l’aspect général desdits murs changerait avec autant d’aisance. Çà, des buissons rouges piquants et qui gouttaient ce qui semblait être du sang. Là, de la brique rose s’effritant très aisément, ce qui permit de se sortir d’un cul-de-sac après quelques coups de la pioche de Toklo. Tous ces aspects déroutants, mais d’une certaine beauté, quand on arrivait à la fin de leur sphère d’influence, se métissaient, se mélangeaient, s’entremêlaient sur quelques mètres avec le suivant, produisant des associations de matières et de formes tout à fait surprenantes – mais très aisées à reconnaître. Il serait facile de se perdre au sein d’un « biome », fait de murs se ressemblant tous. Il le serait beaucoup moins de s’égarer si on restait dans ces régions frontalières, ayant toutes leurs spécificités. Amundsen les notait avec diligence. À cet égard, les indications à voix haute de Carmen s’avéraient bien utiles. Elle savait mettre des mots sur chaque espace traversé, qu’Amundsen n’avait plus qu’à coucher sur le papier de sa carte rudimentaire.
     Alors que leur groupe traversait ce qui était déjà noté comme la région « verre souple et chaud », ce fut non pas eux qui en apprirent le plus sur elle, mais celle-ci qui en apprit le plus sur eux, en déployant depuis les murs un pseudopode translucide qui vint tâter Carmen.
     « Qu’est-ce que… Toklo ! Les murs ! »
     Ceux-ci se refermaient. Comme réagissant à la panique et aux cris, ils se mirent à se boucher de plus en plus vite, déployant ces tentacules de verre, qui étaient comme des griffes, limitant grandement la marge de manœuvre. Amundsen envoya une claque à son gélatinomadaire, qui recula avec toute la vitesse peu impressionnante qu’il était capable de déployer.
     « Recule, mon gros, c’est dangereux ici. »
     Et il attrapa Carmen par la main, pour l’aider à se mettre fors de portée de ce biome dont les intentions belliqueuses devenaient, hé bien, transparentes. De son côté, Toklo tenta d’avancer pour se mettre hors de danger, et grimpa à un tronc d’arbre mort. Il dut en chasser ses occupants ; des volatiles dont les ailes semblaient être des lames de ciseaux – à bouts ronds, ce qui explique qu’il n’eut pas trop de mal à les déloger.

     Depuis la position en arrière où Carmen et Amundsen s’étaient repliés, à l’orée de cet espace vitreux qui semblaient maintenant s’étaler paresseusement comme un fromage de chèvre laissé au soleil, ils pouvaient toujours voir Toklo, à une bonne vingtaine de mètres, sur son arbre.
     « Toklo, vous allez bien ?
     – Et vous ?
     – Ça va, merci. Écoutez, vous êtes totalement coincé, ou vous pouvez continuer ? »
     Long silence. Le fromineur devait être en train de soupeser les différentes manières qu’il avait à sa disposition pour s’en sortir. On ne pouvait pas lire grand-chose sur son visage, contrairement à celui d’Amundsen, qui serrait la laisse de sa monture avec anxiété.


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le Dim 14 Juil - 0:46


Des pleutres il s’en sauve toujours quelques-uns ! Voilà la phrase qui tourne dans ma tête alors que j’attrape au vol la main d’Amundsen et détale avec Généova enclenchant la marche arrière à défaut de passer la seconde. Allez ma belle, tu peux faire mieux que ça ! Je sens mon cœur qui tambourine jusque dans mes oreilles et assourdissent tout ce qui se passent autour. Ce qui j’en ai conscience est totalement crétin, se priver d’un de ses cinq sens lorsqu’on est en danger, on a fait mieux. Pourtant en toute logique je me suis agrippée au cyantifique et je le serre fort. Trop fort. Le verre s’est refermé devant nous et je mets quelques secondes à redevenir opérative. J’entends pas là, à trouver le courage de dégrafer mes mains de ses bras et à réinvestir la situation.

Toklo est provisoirement à l’abris sur un arbre. Oui provisoirement, la mer de verre semble combler tout l’espace en dessous de lui et il cherche la meilleure voie pour s’en échapper. Amundsen quant à lui est tout tendu et s’il continue finira par s’incruster la corde dans les mains.

« Je ne pense pas pouvoir descendre. »


J’crois qu’le patron balise. Genre de ouf. J’comprends, mais nous on est en sécurité non ? Genre nous on craint relativement rien. Relativement car on reste dans l’Esquisse, et dans le labyrinthe… Ok, on est finalement autant en danger que le fromineur, nous cela se voit simplement moins.

« Hm, pourquoi le verre s’est-il arrêté là ? Il ne peut plus s’expandre ou alors quelque-chose le contiens ? »


On a changé de biome, on est retourné à celui des arbres à sang. Il est glauque et gore, mais au moins il ne cherche pas à nous fondre dans du verre, ce qui avouons-le le rend déjà plus attractif que le précédent. Je soupire.

« On peut faire le test, préparez-vous à courir je vais retourner le toucher. »

Me voilà qui quitte le refuge de la selle de Généova. POURQUOI JE FAIS CA DEJA ? On ne m’a rien demandé en plus, j’suis vraiment une grosse débile. J’aurais dû proposer qu’on aille chercher de l’aide, avec un peu de chance il serait mort entre temps et il n’y aurait rien eu de dangereux à entreprendre. POURQUOI JE FAIS CA DEJA ? Je retiens ma respiration et pose ma main contre le verre-vivant… Le viverre ?


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le Ven 19 Juil - 1:19
     Ne voulant pas brimer l’envie de son employée de faire des expériences, envie déjà bien assez rare chez les Dessinateurs, Amundsen se contenta de murmurer le nom de Dieu quand Carmen posa sa main sur le verre vivant. Celui-ci, réagissant au contact, tenta d’envelopper la main, mais il semblait bien moins énergique qu’auparavant. Il s’étala un peu plus, obligeant Carmen à reculer d’un pas.
     « Il n’a pas perdu de son agressivité, que de sa force. Je me demande s’il a une limite de tension. »
     Un protocole de sauvetage se mettait en route dans la tête d’Amundsen. Attirer le verre vivant, jusqu’à ce qu’il soit tellement tendu qu’il ne puisse plus tenter grand-chose. De là, Toklo pourrait quitter cette région.
     « Toklo ! Nous allons tenter quelque chose. À mon signal, essayez de nous rejoindre ! »
     Celui-ci, ne tenant pas particulièrement à s’égosiller, répondit en levant le pouce. Amundsen tendit sa main, imitant Carmen.
     « Vous avez eu une très bonne idée, ma chère. »
     Ce n’était pas volé.

     Quelques dizaines de minutes après, à attirer le verre dans les couloirs du Labyrinthe, pour qu’il s’étale jusqu’à ce que les deux compagnons doivent finir leur tâche à genoux, penchés sur un organisme n’atteignant plus la vingtaine de centimètres de hauteur, ils envoyèrent enfin un signe. Amundsen monta sur la chaise, et agita son manteau. Toklo sauta, et accéléra autant qu’il le put jusqu’à un muret garni d’arbustes piquants gores. Il se fit quelques égratignures au passage, mais le verre ne semblait pas tenir à passer à travers ces buissons rouges. Il était assez loin, à plusieurs dizaines de mètres, mais la chaise était assez haute pour qu’il puisse rester en vue du groupe principal.
     « Ah ! Carmen, il a réussi. Nous pouvons arrêter. »
     Le verre ne se replia pas tout de suite, mais dès qu’ils s’éloignèrent, ils purent le voir se résorber, avec une certaine lenteur. Il devait être affamé, mais on n’allait pas le plaindre. De son côté, Amundsen se prenait la tête avec des considérations de biologistes : dans quel règne classer cette chose ? Animal, minéral, chaînon intermédiaire ? Et à quoi pouvait bien ressembler son appareil digestif ? Considérant la nature de la faune esquisséenne, il devait pouvoir manger autre chose que des tissus organiques, autrement, il risquerait la famine. Pourtant, il ne dévorait pas les murs des autres sections du Labyrinthe. Il faudrait faire des tests, récupérer des échantillons. Amundsen s’empressa de tenter d’arracher un bout avec une pince, un couteau et de mettre le tout dans un bocal. La partie sectionnée semblait animée d’une volonté propre. Un organisme parasite pouvant se sectionner en parties indépendantes, mais à l’échelle d’un biome entier. Fascinant.


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le Ven 19 Juil - 11:01
Je crois qu’on ne m’a pas souvent dit que j’avais eu une bonne idée, peut-être quand j’avais l’idée de tenter de nouveaux plats, mais… C’est flou. Quand j’ai touché le verre je m’attendais à plusieurs réactions de sa part. Petit un qu’il ne bouge pas, ayant atteint les limites de son expansion, ou un biome le repoussant ce qui nous aurait permis en utilisant quelques branches de le repousser pour aller chercher Toklo. Petit deux il pouvait continuer à croitre indéfiniment, et on serait potentiellement dans la mouise. Petit trois qu’il ferait quelque-chose d’autre. Potentiellement totalement dangereux et aggravant notre situation d’une manière random. Finalement tout s’est globalement bien passé.

Je n’ajoute rien et me contente d’observer Amundsen récupérer un échantillon du verre en poussant un soupir de soulagement.

« Vous êtes sûr que ce soit une bonne idée ? Nous ne savons pas de quoi il se nourrit, il pourrait se mettre à croitre pendant notre sommeil et nous verrisecter sans même que nous en ayons conscience. »

Toklo finit par nous rejoindre, je m’assure qu’il va bien et n’a pas été trop amoché par les ciseaux ou les buissons. Il porte quelques coupures qui me semble être de bon ton de nettoyer. Sérieusement, vous feriez confiance à des buissons épineux dans l’Esquisse ? Si leurs épines ne sécrètent pas un poison qui vous fait que changer de couleur vous pourriez vous estimer heureux. Oui. Toklo est en train de prendre une teinte rouge aux endroits où il s’est vu griffer. Seulement elle ne ressemble pas à celle de l’inflammation ou du mauvais sang. Il est rouge fluorescent. Intéressant je recommence à commenter sous son regard outragé Suis-je en train de violer son intimité ?

Je ne semble pas être la seule à ne pas avoir les penchants suicidaires de mon employeur car le regard que pose Toklo sur le bout de verre remuant n’est guère rassuré. Je crois que la doctrine « c’est dangereux étudions-le » n’arrivera jamais à me convaincre plus que « c’est dangereux mettons-nous à l’abris. » Enfin…

« Peut-être qu’avant de l’emporter partout avec nous comme un animal de compagnie on pourrait étudier ce qu’il mange et ne mange pas ? Si on lui trouvait un conteneur qu’il ne dévore pas je serais plus rassurée… »

Un peu comme un chien en laisse ? Non ? Vous avez la référence ?


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le Mar 30 Juil - 18:03
Alors que vous débattez sereinement sur le sort d'un échantillon, un cri pas si lointain vous parvient.

« AII----IIDDDD------MO-----IIIIIIIIIIII »

À quelques dizaines de mètres de vous, il semblerait en effet qu'un petit homme en blouse blanche soit aux prises avec le verre - bien décidé à lui faire la peau malgré l'épuisement qu'il a démontré à votre égard. Cela serait-il à cause du contenu de sa grande besace, ou simplement de sa tête qui ne revient pas à la créature du Labyrinthe ?

Sauver cet homme serait une prise de risque. Le verre pourrait recommencer à vous attaquer, et ce compagnon d'infortune être un poids plus qu'autre chose. Profiter de la diversion qu'il offre vous assurerait de pouvoir progresser tranquillement dans la suite du labyrinthe... mais peut-être ferez-vous preuve d'altruisme ?


Vous pouvez jouer ce PNJ dans la limite des réactions classiques du sauvetage. Idéalement, j'aimerais pouvoir le faire parler et le décrire plus en détails ultérieurement si vous le sauvez (vous pouvez ne pas le faire, c'est un choix).
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le Dim 4 Aoû - 12:23
     Des inquiétudes typiques de Dessinateurs. Mais fondée, certes. Il est vrai que, régulièrement, des cyantifiques mettaient en danger leurs compagnons et cobayes suite à leur manque de prudence quand ils jouaient avec les éléments extrêmement imprévisibles de l’Esquisse.
     « Ne vous en faites pas, je le surveillerai. »
     Et pour prouver ses dires, Amundsen attacha le bocal à une ficelle, et passa celle-ci à son cou. Ils ne devaient pas saisir pleinement en quoi ce verre vivant était fascinant, cyantifiquement parlant. Objet unique, ayant des traits empruntés à la vie unicellulaire et à l’écosystème, au minéral, au végétal et à l’animal, il intéresserait nombre de ses collègues, et inspirerait sans aucun doute de nombreux papiers. En tout cas, il valait largement le risque encouru.
     Risque matérialisé par le changement de couleur de Toklo. Carmen inspectait ses blessures, mais celui-ci, très pudique, ne semblait pas apprécier.
     « Bah, ce ne sont que des égratignures. »
     Il devait être dans l’Esquisse depuis assez longtemps pour que l’embarras social que pourrait représenter un changement d’aspect vers du rouge fluo ne lui pose pas problème un seul instant. Par ailleurs, considérant l’aspect noir comme la nuit – comparaison on ne peut plus correcte – de Carmen, Amundsen ne put s’empêcher de penser à ce qui ce passerait si on la piquait elle avec ces épines. Deviendrait-elle de la couleur de feu d’un crépuscule ? Il refusa cependant de suggérer qu’on fasse l’expérience.
     « Si vous constatez un autre symptôme, Toklo, faites-m’en part, il est possible que cette coloration ne soit pas le seul effet secondaire. »

     Mais Amundsen n’avait pas eu le temps de se remémorer ses compétences médicales, se bornant aux premiers secours, et de parvenir à la conclusion qu’il serait bien démuni si quelque maladie ou empoisonnement esquisséens venaient à se déclarer, puis d’estimer urgent de se plonger dans la littérature médicale de ses confrères afin d’être plus utile sur ce domaine vital lors de ses prochaines expéditions, qu’un hurlement se fit entendre.
     Montant sur sa chaise pour mieux voir, Toklo en décrivit la source :
     « C’est un petit gars en blouse. Il a dû se faire piéger par une des extensions du verre quand vous l’avez attiré. »
     En effet, le viverre avait étendu de formidables coulées transparentes, attiré par Amundsen et Carmen, qui formaient un entrelacement très dangereux pour les autres explorateurs imprudents.
     « Toklo, vous voyez un moyen de l’aider ?
     – Mon bouquetosier peut passer au-dessus de certains murs. On peut pouvoir aller assez vite pour le sortir de là, et revenir. »
     Le fromineur fit avancer sa monture sur un muret de pierre garni de ces buissons rouges. Le bois verni des pieds de la chaise ne fut même pas éraflé par les piquants. Avant de la hisser pleinement, Toklo tendit sa main à Carmen.
     « Montez, j’aurais besoin de quelqu’un pour l’agripper pendant que je tiendrai les rennes. »
     Toklo, lui, se tenait assis sur une selle, qui était en fait une plus petite chaise fixée sur l’assise, où étaient aussi attachées les bagages. Carmen pourrait se tenir au dossier, dont les barres horizontales et verticales faisaient comme une échelle. Il y avait en outre bien assez de câbles, de mousquetons et de crochets divers et variés à l’arrière pour pouvoir s’y maintenir, et y fixer une charge supplémentaire.
     Le bouquetosier ploya légèrement quand le poids de Carmen s’ajouta, déplaçant son centre de gravité légèrement vers l’arrière, mais il se ressaisit aussitôt. Cela ne laissait aucun doute sur le critère de sélection qui avait retenu la Dessinatrice : elle était la plus légère, et ne risquait pas de trop gêner la monture dans sa marche.


Crevette : color=#33cc99 — Mlle. Ngwenya : color=#13f78a — Amundsen : color=#ffcc33 — Police : font=Yu Mincho Light, serif
PiuPinu
Faire des erreurs c'est progresser, se prendre au sérieux c'est régresser
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le Jeu 8 Aoû - 0:00
Il est dingue, je croise le regard de Toklo et conclue que nous partageons cette pensée. Depuis quand est-il avisé de juxtaposer « c’est dangereux » et « faisons-en un pendentif » ? Imagine-t-il nous voir rassurés ? Enfin, j’imagine que si le viverre tentait à nouveau d’être agressif les cris de notre patron nous alerterait… C’est sa vie après tout… C’est quand même particulièrement sot. Toklo non plus ne semble pas bien avisé. Je retiens un soupir bien sensé lui, les petites coupures mal traitées en deviennent de grosses. Même les enfants savent ça, quoique… Dans l’Esquisse il est permis de douter. Boaf. De toute manière je n’ai rien pour le soigner qu’un peu d’eau pour nettoyer les griffures.

Un cri se fait entendre et je dois faire plusieurs bonds pour réussir à en identifier sommairement la source. Il est encore un peu loin pour que j’arrive à en dire plus sur sa condition, Toklo échappe à mes bons soins pour monter sur sa monture, la sale bête ne cherche même pas à le faire tomber. Je lui lance un regard que j’espérais noir, mais qui après réflexion doit être aussi lumineux que les autres… Le fromineur nous donne plus de renseignements sur notre futur potentiel nouvel ami. Du moins, j’vais espérer qu’il le devienne et qu’on ne risque pas nos miches pour se faire crier dessus. Je sais bien que sans nous le viverre ne se serait pas déployé de la sorte, mais bon dieu, s’il regardait où il mettait les pieds aussi !

Je grimpe sur le dos de Silliñita à la suite de Toklo, lançant un dernier regard désabusé à mon employeur. J’aimerais dire que s’il n’était pas là je ne prendrais pas le risque de sauver un inconnu, je sais que c’est faux… Mais peut-être que lui n’en a pas conscience et augmentera ma prime ? Qui sait. J’utilise un des nombreux mousquetons de la chaise pour m’y harnacher à l’envers, fesses contre le dossier pour pouvoir agripper l’homme. J’utilise plusieurs harnais et teste leur solidité. Est-ce que vous feriez confiance à des harnais ciélifiés ? Moi je préfère être sûre de ne pas me ramasser dans le viverre.

« On peut y aller ! »


Je donne le départ une fois sûre de mon équilibre et après avoir testé plusieurs fois de me pencher en avant, j’ai compris que je ne pouvais le faire sans crainte que lorsque l’animobjet avait les pates bien droites. Lorsqu’elle les plie, je lui fais manquer d’équilibre. Je me tiens aussi droite que je le peux, les talons bien plantés entre les barreaux de la chaise, je me tiens d’une main puis de plus aucune, il faut que j’ai trouvé mon équilibre quand nous arriverons à la hauteur de l’homme. J’crois que j’ai saisi le truc, j’me penche en avant et lui tends la main sans faire flancher la chaise à laquelle je ne suis retenue maintenant que pars les harnais et ma cielture.

« Montez ! » je lui dis comme si mon geste n’était pas assez explicite.


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Folie d'Esquisse
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le Sam 17 Aoû - 16:39
Jubilant à la vue des secours, le bonhomme aux traits arrondis n'attend pas une seconde avant de se jeter sur la main tendue de Carmen.

« Bas les pattes ! Oust ! » lance-t-il au viverre qui semble anormalement déterminé à le retenir entre ses serres en dépit des coups de pieds incessants qu'il reçoit.

Puis, alors que le conflit vire à la guerre d'usure, il plonge la main dans son sac entre-ouvert, en sort une poignée de petits grains blancs et une sorte de sarbacane improvisée...

« Va voir le monsieur là-bas ! »

Et crache ce qui a définitivement l'allure du riz en direction d'Amundsen.
Aussitôt, le viverre qui vous avait jusque là épargné se précipite en direction du cyantifique en vue de l'encercler. Et le contenu de sa fiole commence à s'agiter aussi.

« On ne peut plus rien pour lui, déclara solennellement le petit homme en blouse, comme s'il n'y était pour rien. C'est le moment de décamper tous ensemble ! »



Il semblerait que vous ne progressiez pas dans le Labyrinthe. Pire encore, vous devez vous sortir de cette situation..
Stilgar
Petit pimousse au rapport !
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le Dim 18 Aoû - 17:47
     Il y a des personnes qu’il ne faut pas énerver. Plus leur colère est difficile à susciter, plus elle est terrible, mais quand elle advient, elle balaye sans problème tout ce qui pourrait s’apparenter à de la pitié. Toklo était une de ces personnes qui semblaient incapables de faire preuve de la moindre émotion, jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à un comportement qui pourrait paraître certes inconséquent, dangereux, voire carrément méchant, mais excusable pour la plupart des gens, compte tenu de la situation, mais qui pour eux ne l’est en rien.
     On était dans une de ces situations. Alors que le petit bonhomme s’agrippait de toutes ces forces au dossier de la chaise, après avoir commis son méfait, Toklo laissa les rênes un moment, et se retourna. Il avait mis les larges lunettes traditionnelles des fromineurs, qui les protégeaient du vent et de la pluie. Ses verres quelque peu teintés rendaient invisibles son regard, et donc son intention. Mais pas le fait que sa terrible pioche soit dans sa main.
     D’un coup sec, devant l’effarement de Carmen, il frappa du plat de sa lame le front du nouveau venu. Le choc l’envoya voler par-dessus un mur, et le fit tomber au sol avec un nuage de poussière. Il ne bougeait plus, et un filet de sang coulait de sous ses cheveux. S’il n’avait pas été tué sur le coup, nul doute qu’il était violemment assommé. Le viverre ayant été détourné de cette région, et étant de toute manière bloqué par un haut mur, l’homme ne risquait rien pour le moment. Sans dire quoi que ce soit de plus, Toklo reprit le contrôle de son bouquetosier, et tâcha de le mettre hors de portée du viverre, qui n’avait pas redirigé toute son agressivité, en se hissant sur une petite butte surélevée.

     De son côté, Amundsen avait juste eu le temps de voir l’homme être secouru, puis le viverre se jeter sur lui. Et pour ne rien arranger, voilà que son pendentif s’agitait. Mais il était tout à fait hors de question de le laisser, l’intérêt cyantifique était trop important. Amundsen préféra sauter sur son gélatinomadaire, et avec deux coups de jambe et un « Ya ! Ya ! Avance ! », le fit détaler dans la direction opposée au danger. Enfin, détaler, plutôt progresser avec résolution plus qu’avec vitesse. Mais sa monture se riait des petits obstacles, là où le viverre devait négocier la moindre anfractuosité, le moindre muret, la moindre broussaille, le moindre amoncellement de pierres.
     Redevenant tout flagada comme après la première fois qu’on l’avait étiré, le viverre cessa de poursuivre Amundsen, qui se trouvait cependant tout à fait éloigné de Toklo et Carmen, désormais. Et pour les rejoindre, il faudrait faire un large détour.
     « Arf. Les erreurs se payent cher, ici, plus que je ne l’escomptais. Comment je fais, moi, maintenant… »


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