C’est en hauteur que je me noierais.. » (feat. Eelis)

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le Mar 9 Oct - 15:45


Se noyer dans le ciel..

Était-ce le jour ou la nuit ? Le crépuscule, l’aube ? Un mélange étonnant de tout cela, pour ne créer qu’une illusion parfaite d’un moment de la journée n’existant qu’ici ? Mirage soupira. Elle ne savait plus quoi faire pour s’occuper, pour faire taire Miranda qui s’excitait dans son crâne. Ferme-la, avait-elle envie de crier. Ferme-la, juste et laisse moi vivre.. Oh oui, maintenant qu’elle était libre, maintenant qu’elle avait le contrôle de ce corps qu’elle convoitait depuis si longtemps, elle n’était pas disposée à le laisser. Jamais. Miranda n’avait qu’à être plus forte.. Pauvre chose, qui se morfond sur un monde aussi étrange qu’hostile, qui se cache dans sa coquille comme un escargot déjà écrasé. Non, Mirage n’avait aucun regret. Elle n’avait pas le regret d’avoir expulsé Miranda de ce corps. D’avoir pris sa place, pris ses rêves, pris son identité.. Car, après tout, Miranda était Mirage et Mirage était Miranda. Il faut partager, vilaine ! Elle sourit à cette pensée, se penchant pour ramasser une fleur poilue qui se mit à rire au contact des doigts de Mirage, avant de jurer et de la mordre. Un sourire mauvais se dessina sur le visage de la jeune femme, qui arracha avec un sadisme non dissimulé tous les poils de la pauvre créature. Un par un. Crie, petite fleur, crie. C’est aux plus forts de vaincre, tu aurais dû la mordre plus fort. Elle chantonna tranquillement, à chaque poil arraché, elle chantonnait. Un poil qui tombe au sol, solidement sera solidifié, deux poil qui tombent au sol, solidement seront éparpillés.. Un jeu amusant. Un jeu lassant. Il en fallait peu pour amuser Mirage. Il en fallait beaucoup pour l’amuser durablement. Après à peine quelques minutes, elle rejeta sur le sol la fleur mutilée qui ne pouvait plus que se trainer. Mauvaise Mirage, méchante méchanceté ambulante.

« NON, C'EST FAUX ! » hurla-t-elle, alors. Mais à qui parlait-elle, bougre d’idiote ? Elle était seule.. Et elle se laissa tomber au sol, les mains plaqués sur sa tête et cette même tête enfouie dans ses genoux. Non, c’était faux, elle n’était pas méchante. Ou peut-être que si.. Etait-ce là ce qu’elle voulait être ? Méchante et folle ? Folle et dérangée, comme ce monde insensé qu’elle parcourait.. Miranda veut reprendre le contrôle, et toi Mirage, tu es en train de craquer.. A cette pensée, elle se releva violemment, séchant d’un revers de main brutal les quelques larmes qui essayaient de se frayer un chemin sur ses joues. Oh oui, elle était tourmentée. Bien plus qu’elle n’aurait dû.. Mais elle entendait Miranda frapper sur les parois fragiles de sa conscience. Elle l’entendait hurler, se débattre pour reprendre sa place. Cela ne pouvait pas se produire. Non, elle devait se reprendre. Elle ne pouvait pas prendre le risque de faiblir, de lui laisser la moindre petite, minuscule, microscopique occasion de s’échapper de cette prison qu’elle avait crée. Pauvre fille. Mirage marcha encore quelques pas, avant de sourire. Un sourire qui n’avait rien de bien chaleureux. Non, c’était toujours ce même sourire froid et rêche. Un sourire à en pleurer.. Elle marcha trois pas. Un. Deux. Trois. Flic, Flac, Floc. L’eau lui monta aux chevilles, tandis qu’elle s’accroupissait pour la saisir dans ses mains. Elle y plongea le visage. L’eau colorée lui fit un bien fou, alors que toutes ses idées se remettaient tranquillement en place. Et puis, finalement elle plongea. Toute habillée qu’elle était, elle nagea en riant. Rire d’un enfant qui a grandit trop vite. Elle fit la planche, fixant le lac qui était au dessus d’elle avec un regard brillant. Et elle plongea encore, nagea, nagea, nagea.. Et se retrouva en haut.

« C’est en hauteur que je me noierais.. » murmura-t-elle alors qu’elle s’amusait à faire la planche, le visage maintenant tourné vers le vide. Ses pensées n’étaient pas toujours des plus joyeuses, il fallait bien l’avouer. Mais elle n’en faisait pas exprès. Elle avait ce côté destructeur qui détruisait même son optimisme. Qui détruisait Miranda. Mirage était son côté sombre, celui qui s’était réveillé ici. Mirage était celle que personne ne voulait rencontrer. Mirage était simplement une enflure dénouée d’humanité, une petite salo… Non !

« FERME-LA ! » hurla-t-elle à son esprit, avant de perdre l’équilibre et de tomber.. La chute lui parut durer des heures, bien qu’elle ne se fit qu’en quelques secondes et elle se retrouva sous l’eau, à se battre avec elle-même. Miranda parlait trop, lorsqu’elle s’y mettait. Miranda n’était qu’une fille sans le moindre intérêt ! Elle nagea vers le bord et s’y laissa choir, les pieds encore dans l’eau. Alors, elle ne la laissera jamais tranquille, n’est-ce pas ? Elle était condamnée à vivre avec cette petite voix dans sa tête qui la descendait tous les jours un peu plus. Condamnée à vivre avec la conscience d’une petite sainte-ni-touche, qui essayait de la faire rager en lui collant en pleine figure ses quatre vérités.. Même pas deux jours qu’elle était là. Même pas deux jours et elle avait déjà envie de se flinguer pour faire taire Miranda.. Pour la faire taire une bonne fois pour toute !



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Dernière édition par Mirage & Miranda le Mar 30 Oct - 11:41, édité 1 fois
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le Sam 13 Oct - 13:28

Pas besoin d'eau pour se noyer.
PV. Mirage (et Mo ?)


Était-ce par nostalgie ? Ou par dépit ? L’air de la ville ne te manque plus. Ses maisons enchevêtrées et anarchiquement superposées étaient trop insolites. Impossible de se balader tranquillement sans faire des rencontres imprévisibles. Tu espères peut-être que le lac saura te rappeler quelque chose ? Mais rappeler quoi ? Tu n’as pas besoin de savoir comment tu en es arrivé là.

Parce que tu le sais bien. Ça n’apportera rien. Strictement rien. Eelis préfère ignorer qu’il sait, cela lui donne l’impression de ne réellement pas se souvenir. Il ne sent pas le froid qui s’infiltre dans ses veines, paralyse ses neurones ; celui-là même qui prouve qu’il est là. Reconnaître que ce sentiment tenace est là, c’est avouer que tout est réel. Tout. Même le passé. Même l’avenir. C’est renier toute imagination, toute perspective de quelque chose qui aurait existé, ou qui pourrait. Désenchanter l’Esquisse, briser les illusions et abandonner le fil mince qui nous relie à la réalité, ça fait mal. Ça fait terriblement mal. À tel point qu’on s’empoisonne, se contorsionne, balbutie, s’étonne. Rien ne transparait, sûrement pas, probablement jamais, aucune corde ne tremble sur la harpe de la voix. Les jambes ne se rétractent pas. Débout, encore et encore, tu crois, Eelis. Tes mains se lassent de ne pas tâter le plastique banal du réveil, mais ne s’ennuient plus du marbre glacial. Quel rire effroyable s’échappe, brisant le silence, cassant toute sérénité.

Mais tu n’es pas seul. Une silhouette, forme indistincte, est au lac. C’est la curiosité qui te rend aussi sociable ? Ou le mépris ! Qu’importe ! Reste qu’elle s’obstine, cette farouche envie d’aller voir. Ça te sortira de la mélancolie.

Elle semble frileuse, dans ses habits légers. Pieds trempés dans l’eau, à la limite d’y tomber. Si tu avais été un farceur, comme avant, comme toujours, tu l’y aurais poussée pour voir sa tête. Pour contempler avec satisfaction une mine rongée par l’humiliation. Ou le désarroi. Elle t’en aurait renvoyé à la figure, et tout se serait bien terminé. Comme des enfants, ah, vous auriez joué. Et le lac vous aurait joué un tour, vous expédiant tantôt au ciel, tantôt au sol ! Le doux parfum de l’optimisme aurait empli tes narines, eh, oui, tu l’aurais humé avec satisfaction. Tout aurait été… simple. Normal, ou autant que pouvait l’être un vieil homme et une adolescente qui s’envoient de l’eau multicolore au visage dans un lac-miroir. Enfin, si tant est qu’elle soit de meilleure compagnie que ce rustre amateur de violon… et ce gamin drôlement vêtu. Oui. Eelis, ta dernière venue au lac a été pour le moins mouvementée, et bullesque. Qu’importe ! Il n’y a que le présent qui compte ; non pas celui qui se joue en ce moment sous tes yeux, mais l’autre, celui qui se fait désirer. Le Spectacle banal.

Je pensais que tout allait revenir. Et je m’étais forgé sur cette seule base. Ce seul point. Oui, je voulais croire que ce monde allait dans mon sens ! En un sens, je pensais que l’Esquisse était à moi. Dans ma folie absurde, j’ai vraiment cru qu’elle me serait favorable !


Et si tout s’arrêtait. Tu es las. Si las que tu n’as plus la force de lui dire quoi que ce soit. Si fatigué que tu t’assoies, toi aussi, près du lac. Sans la regarder. Sans changer de visage. Le temps n’a plus d’emprise. Il est mort. Dilapidé, comme la raison ! Et tu ris presque. Pas parce que c’est drôle ; non, ça te fascine plutôt. Ce rêve est si réaliste que tu en perds la tête. Dans le ciel, tu les vois, tous ces visages ; bien que la plupart ne te disent rien, ils semblent si chaleureux. Il n’y a que les illusions pour te sourire.

« Ça te dirait d’aller tout en haut ? »

Les mots sont sortis, évanescents. Elle n’a probablement pas entendu. Elle qui semble ailleurs, sur un tout autre champ de bataille. Le mouvement explique tout : tu te lèves, lui jettes un regard furtif, et sautes dans le lac ! L’eau multicolore te fait un bien fou. Fou, oui, c’est bien le mot ! Sans hésitation, tu te laisses entraîner vers le fond. Sans hésitation, tu vois la surface s’éloigner. De plus en plus. Tu oses ouvrir la bouche et les yeux, tu n’as plus peur. Tu l’as déjà fait, après tout ? Quand on rêve, on ne peut pas se noyer dans de l’eau. Surtout pas dans l’Esquisse ; ce serait trop réel. Il fait tout noir, tu souris.

Surplomber le monde, ça fait quoi ? N’est-ce pas terriblement divertissant ? De haut, tout parait insignifiant.

« Quel beau panorama ! »

Parle pour rien. Chante. Après tout, tu n’as pas besoin d’eau pour te noyer, n’est-ce pas ?


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le Sam 13 Oct - 14:35


Puisque la Terre est ronde, comme une mère féconde..

Elle se croyait seule.. Comme toujours, cela lui ressemblait bien de penser que tout lui était du. De penser qu’elle avait l’exclusivité d’un lieu aussi magnifique que ce lac. Elle n’avait même pas vu l’homme, qui s’approchait de l’eau. Qui la regardait sans vraiment la voir.. Non, elle était occupée avec ses propres démons. C’était sa propre vie qu’elle menait. Elle n’était pas comme Miranda, non. Elle n’avait pas ce besoin quasi-constant d’être en présence des autres pour exister. Elle était solitaire et associable, dangereuse et presque mortelle. Mais la silhouette de l’homme qu’elle ne regardait déjà plus semblait clamer haut et fort qu’elle n’était pas seule dans cet univers. Que ce n’était même pas un rêve.. Un rêve ne nous montre pas des personnes que l’on ne connait pas. Au fond, quelle importance ? Il pouvait bien essayer de se jeter sur elle, comme tous ces objets animés par une folie et une fureur presque meurtrière. Elle ne pourrait rien y faire. Elle n’aurait plus qu’à fuir, se trouver un autre endroit paradisiaque. Oh oui, elle lui en voudrait. Inconsciemment, elle considérait cet endroit comme le sien, comme son refuge. Comme son antre où ses pensées pouvaient divaguer sans crainte d’être attrapées. Où la solitude pouvait être une amie sincère et discrète. Alors, pour oublier cette présence incongrue, elle se mit à nager. A oublier qu’elle n’était pas seule. Puis à tomber. Elle le vit s’enfoncer dans les profondeurs du lac, alors qu’elle était allongée comme une poupée de chiffon, presque morte sur le sol. Les pieds dans l’eau, la tête dans les nuages. Comme si plus aucune volonté ne semblait vouloir la gagner. Mais elle soupira. Elle ne pouvait pas le laisser se noyer, n’est-ce pas ? Elle ne connaissait rien de ce monde.. Et s’il était réel, hein ? Ce type, vieux et certainement fatigué, las peut-être de toute cette folie et des incohérences avait peut-être décidé de mettre fin à ses jours. Mais, au fond, qui était-elle pour l’en empêcher. Nouveau soupire. Et la voilà repartie à la recherche de ce vieillard. Pauvre con.

Elle nagea et se rendit bien vite compte de sa connerie. Ici, on était comme dans le ventre de sa mère, bercé par les remous réguliers des profondeurs de cet eau multicolore. Ici, aucun risque de noyade et elle se laissa prendre au jeu. Les yeux bien ouverts, elle scrutait. Elle ne savait pas où elle était, mais elle était bien. Elle osa. Elle osa prendre une respiration et fut surprise du résultat.. Pas d’eau entrant dans ses poumons, pas de longue agonie sous la surface calme d’un lac se reflétant en lui-même. C’était prévisible, n’est-ce pas ? C’était absolument prévisible et elle le savait. Au fond d’elle-même. C’était tellement évident. Elle oublia l’homme et ses idées suicidaires – si tant est qu’il en ai jamais eu – et se mit en position fœtal, se laissant délicatement balancer de droite à gauche et de gauche à droite. L’homme n’était pas loin, il lui suffisait de quelques mouvements des bras et des jambes pour le rejoindre.. Mais elle n’en avait plus l’envie. Elle était redevenue poupée de chiffon, dans le ventre d’une mère artificielle assez grosse pour accueillir la Terre entière. Était-elle encore la tête en haut ? Ou bien la tête en bas ? Près du sol ou près du ciel ? Questions idiotes. Il faisait noir, mais elle avait l’impression de pouvoir tout voir. Là, la tête dans les genoux, elle avait l’impression de dominer le monde, aussi simplement que ça. Et Miranda se taisait. Mieux ; elles étaient en paix l’une avec l’autre. Elles se confondaient, presque.

« Quel beau panorama ! » entendit-elle. Mais comment pouvait-elle entendre ? Elle était dans l’eau. Le son ne pouvait pas se transmettre.. Ouais, c’est bien, tu as bien appris tes leçons à l’école.. Mais ici, ce n’était pas l’école.. Et, si elle fut surprise quelques secondes, cela ne dura pas. Envie de se sociabiliser ? Ne poussons pas le bouchon trop loin. Elle voulait simplement comprendre. Faire un premier pas vers le suicidaire – décidément, ça lui resterait, ça – et lui parler. Qui était-il ? D’où venait-il ? Que voulait-il ? Douce curiosité. Alors elle nagea, elle nagea jusqu’au corps vieux qui l’avait rejointe. Elle nagea vers cette voix qu’elle avait entendue, cette voix qui la guidait comme les sirènes pouvaient tromper les marins. Il y avait-il des sirènes, dans ce lac ? Ou dans ce monde, d’ailleurs. Des beautés si subtiles, si éblouissantes qu’elles vous font tout oublier.. Alors, ce point d’eau tout entier devait être une sirène. Une mère, une sirène.. C’était à peu près pareil, au fond.

« Vous m’entendez ? » se risqua-t-elle à dire. Quelques bulles sortirent de sa bouche, en même temps que le son. Et qu’importe s’il ne l’entendait pas, elle n’aurait qu’à remonter un peu plus haut et se laisser aller dans les bras du lac-mère-sirène. « Votre nom, dite-moi votre nom que je sache si vous faite parti de mon imagination. Dite-moi votre nom et je vous donnerai le mien. C’est un bon marché, non ? »

Oh que si, c’était un bon marché.. Après tout, Mirage avait toujours raison, c’était bien connu. Elle resta là, en suspens, pas bien convaincue du bien fondé de cette rencontre. Avait-on déjà vu pareille approche ? Sous l’eau, alors même qu’ils devraient tous deux être en train de suffoquer à cause du manque d’air, elle faisait la conversation tranquillement. Comme si de rien n’était. Et elle paraissait douce, petite Mirage portant si bien son nom. Douce et inoffensive, avec ses longs cheveux flottant tout autour d’elle, à s’intéresser à l’autre. Ce n’était que de la curiosité, malheureusement. Une curiosité presque maladive, cadeau farfelu de Miranda..



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le Mer 7 Nov - 9:42

Noyade et mensonge..
PV. Mirage (et Mo ?)



Douces sensations. L’eau joue, emmêle tes cheveux, caresse ton visage, allège ton corps, te submerge tout entier. Tu ne te noies pas, c’est un agréable moment. On a l’impression d’être hors du temps, fondu à la Terre, à errer les yeux fermés dans cette immensité ; plus rien à faire, plus aucun souci à avoir. Il suffit de se laisser aller, de voguer au gré du courant paisible. C’est une douce noyade. Tu ne vas pas t’en plaindre, la sensation est bien plus agréable cette fois-ci qui précédemment ; si tu avais parfois osé douter le fait que tu sois dans un rêve, maintenant tu as l’impression que le réveil approche et que tout n’est que flottement entre rêve et réalité.

Elle arrive. Tu sens l’eau se mettre en mouvement autour de ton corps, tu vois une brève silhouette sombre. Est-ce la même que tout à l’heure ? Est-ce Elle ? Est-ce un monstre marin ? Est-ce le retour à la réalité ? Au fond, cela importe peu. Le lac est un poison mortel qui semble t’avoir rendu totalement incapable de bouger… si tant est que tu en aies envie. Alors, quelle que soit cette créature, quelles que soient ses intentions, tu es à sa merci. Tu n’as plus qu’à te laisser emporter par les remous.

« Vous m’entendez ? »

Une voix féminine. Pas aussi douce et volute que la sienne ; pas aussi irréelle. Cette silhouette qui te parle n’est qu’une autre marionnette de ce monde. Qu’un fragment de rêve qui se borne à croire qu’il peut vivre sans l’aide de personne. Elle n’est rien, elle non plus, comme tous ces gens ; même si elle pleure, même si elle hurle, elle disparaitra. Emportée au loin sans laisser de trace. Sans n’avoir jamais eu la chance d’exister.

« Votre nom, dite-moi votre nom que je sache si vous faite parti de mon imagination. Dite-moi votre nom et je vous donnerai le mien. C’est un bon marché, non ? »

Trop réelle. Tu ris. Tout n’est qu’imagination, illusion ; mais certainement pas la sienne. Pourquoi les rêves croient-ils rêver ? Peuvent-ils le faire ? Du faux dans du faux. Alors cette phrase ne vaut rien. Alors, ça ne sert à rien. Tu la regardes, peu de temps. Mais elle semble trop réelle, tu as l’impression que tu dois lui répondre, par politesse. Rien que par politesse. Sur un ton débordant de simplicité d’esprit.

« Moi c’est Eelis ! Et toi ? »

Si tout n’est que mensonge, alors tu n’échappes pas à la règle. Rien qu’en omettant ton nom de famille, tu mens. Tu mens affreusement. Comme tout le temps. Puis tu visualises la jeune fille ; elle te croira. Puisqu’elle n’est qu’un rêve ignorant, une illusion bornée. Peu importe ce qu’elle apprend ; aussitôt la nuit envolée elle retournera à l’état de néant. Comme tout ce monde où le temps passe si lentement. Pris dans une mécanique à laquelle elle n’échappera pas, de toute façon. Tu croiras, tu vivras, tu mourras. Encore et encore, toutes les nuits.

Un mensonge parmi tant d’autres. Tu détournes le regard vers le fond du lac. Là où la lumière s’enfuit, là où il ne reste qu’un noir omniprésent. Y a-t-il quelque chose ? Même si l’on croit ne rien voir, en plongeant l’on ne fait qu’aller dans le Reflet du lac. Et tout recommence ; on tombe infiniment dans ce cercle vicieux. L’Esquisse se moque de vous. Même de toi, Eelis. Tu renies sa suprématie ; tu le paieras.

Tout change. Les vagues, jusqu’alors de simples ondes douces, gagnent soudainement en intensité, et vous gigotent dans tous les sens. L’air, jusque-là abondant, se raréfie petit à petit ; impossible d’imaginer quand il n’en restera plus. La surface, tantôt abordable, s’éloigne, paraissant inaccessible. Pour survivre au Lac, la seule solution, si elle en est vraiment une, c’est de plonger. Faire exactement le contraire de ce qu’il aurait fallu. Vous forcer à abandonner toute logique. S’il vous en restait…

« Bon, ben, moi je te suggère qu’on remonte par le bas. C’est plus rapide, et c’est fun ! »

La situation est faite pour être incomprise. Quelle que soit la formulation, rien ne peut être sensé. Surtout pour cette fille n’ayant jamais visité ce lieu. Pour montrer l’exemple, tu te diriges toi-même vers l’obscurité ; si - en pensant que tu es suicidaire à nouveau – elle préfère ne pas te suivre, tant pis pour elle. Elle mourra vite… vous deux n’êtes pas les seuls à sentir le mouvement des vagues. Peut-être ce dernier n’est-il qu’un appel, prémisse de quelque chose de bien plus sombre encore…

« Si tu n’as pas envie de te faire manger, je te conseille de me suivre... »
Tu sembles si détaché. Son sort t’importe peu, puisqu’elle aurait raison de ne pas te croire. Tu lui as déjà menti. C'est pourquoi sans attendre tu te diriges, luttant contre les fléaux du Lac, vers ces tréfonds obscurs...



Si Eelis, qui semblait las au premier RP, se met carrément à se moquer de Mirage, c'est normaaaal ; dès qu'il pourrait commencer à admettre qu'il est dans la réalité, il s'enferme aussitôt dans son idiotie o/ (au passage, hehe, on apprend qu'Eelis n'est pas son vrai nom)

Désolééééée pour le temps de réponse, je voulais être sûre que Mo comptait pas participer.. Bon, donc, j'espère que ça te va, et juré promis la prochaine fois je réponds en priorité ♥

(ah, et, si quelque chose va pas, tu me dis ;; )


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