C'est comme les booms du temps de ma jeunesse ! ♥ With Cerbère.

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le Mar 25 Déc - 20:06
ils font des bonnes pizzas ici ? ♥

A bout de forces, John Smith rampait sur une étendue de caoutchouc aux rayures mauves et jaunes – un peu comme celui des parcs pour enfants, là d'où il venait –, s'aidant de son unique main pour avancer. Il avait pourtant tout essayé, c'en était désolant :
– Porter un objet lourd (mais il croulait sous son poids, le pauvre).
Devenir un objet lourd, ce qui était sans conteste déjà vain et inutile.
– Abolir la loi présentant le vent comme l'un des quatre éléments ; de toute façon, il n'avait plus besoin de respirer, maintenant.
– Se résigner à son triste sort. Malheureux, mais c'était ainsi.

Parce que, de tous les éléments, le vent était sans doute le plus destructeur vis-à-vis de notre homme. Profitant de la moindre occasion de le berner, cet ennemi couard ne ménageait pas ses efforts : plutôt doux le matin, c'est pendant la soirée, lorsque Johnny avait été fatigué et malmené par sa journée, qu'il passait à l'attaque ! Du coup, le pauvre homme – qui, vous en conviendrez, n'avait jamais demandé cela ! - s'en retrouvait réduit à ramper sur le sol, se cramponnant comme il pouvait aux rares prises qui s'offraient à lui.

Mais le pire, sans doute, c'était de devoir faire attention au moindre geste, au plus discret des faux mouvements, car avec ce corps, tout pouvait arriver. Johnny avait déjà perdu un bras ainsi ; sans pour autant s'en désespérer, il ne voulait certainement pas renouveler l'expérience. D'autant plus qu'il était perdu en ce bas-monde, seul, et qu'ici tout semblait se jouer de lui ; si bien qu'au moment même où il formula, silencieusement, ces pensées, le bout de papier tomba dans la fente d'une bouche d'égouts – sauf que la bouche d'égouts en question était perpendiculaire au sol, et qu'il n'y tomba pas, mais fut tout bonnement aspiré.

Le « voyage » fut long et laborieux. Tout d'abord, il fit un passage éclair sous l'eau, renforçant ainsi le gondolement de son corps – on l'aurait cru passé au fer à friser. Il passa devant un nid d'aspirateurs-canaris – qui lui arrachèrent un bout de papier (pour ne pas dire peau) au passage, pour ressortir exactement au même endroit qu'à son arrivée, sauf que la bouche d'égouts se tenait maintenant dans son dos, et que devant lui se trouvait un G-I-G-A-N-T-E-S-Q-U-E escalier en caoutchouc multicolore qui grimpait en colimaçon jusqu'aux nuages !

John essaya de faire demi-tour, mais les aspirateurs-canaris, dans leurs espoirs de revanche, lui bouchaient toute issue – et pas question de repasser par les égouts ! Il se planta devant les escaliers, décidé à en finir une bonne fois pour toute, et s'apprêta à monter les marches. Or, ces dernières étaient glissantes – un peu comme le sol de chez mémé Yvette, lorsqu'elle daignait le laver au Canard (le reste du temps, la maison était infestée de mites et de cafards, idéal pour faire passer de bonnes vacances à vos enfants).

John monta comme il put, tentant de courir, même s'il lui aurait fallu des mois pour atteindre le sommet. Sa légèreté le faisait vaciller, et le pauvre homme eût bien du mal à se reprendre – jusqu'à ce que d'étranges effluves parviennent à ses narines. Dès lors, ses yeux pétillèrent, ils fut empreint d'une motivation nouvelle.


    « M-Mais ça sent la pizza ! Oooh !... Ils se payent vraiment ma tête... »


Mr. Smith n'osait même pas se demander depuis combien de temps il n'était pas allé Chez Jerry, tellement son envie de pizzas lui tordait le ventre (il en oubliait même son incapacité d'ingurgitation) ! Si bien qu'il monta l'escalier à toute vitesse, bientôt débarrassé de ses ennemis d'un jour.

Mais soudain, remplaçant le ciel parme et les nuages ternes, l'obscurité se fit. Tout noir, c'était effrayant ! John, au bord du désespoir, aperçut soudain une lueur cachée dans l'ombre. Elle s'agrandissait, prenait peu à peu du terrain, jusqu'à former une sphère compacte et luisante. Un peu comme les boules à facettes (celles qu'on trouvait dans la réalité, oui, oui) mais en bien plus chouette ; elle se déplaçait en même temps que notre ami, grimpait les marches à son rythme.

En parlant de rythme, une chic musique retentit à son tour. Ça ressemblait aux années quatre-vingt, du temps de Johnny (♥) mais avec un mélange de musique traditionnelle chinoise et du dernier tube de Lady Gaga. D'ailleurs, un calepin-iPhone 3Gs-à-tentacules-MediumPurple vint lui servir un verre – l'homme ne distingua pas la couleur verdâtre dans la pénombre – qu'il but d'un trait, pas vraiment au bout de ses surprises. Il essaya de monter quelques autres marches, mais l'alcool lui brouillait déjà la vue...



Dernière édition par John Smith le Dim 27 Jan - 16:53, édité 1 fois
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le Mer 23 Jan - 12:29
Toi ?
Tu me reconnais, hein ?!


Cerbère était fatigué aujourd'hui. Il avait couru toute la journée, à quatre pattes - oui, le chien ne se levait que très rarement, malgré le fait que la position qu'il avait gardé était assez désagréable avec son nouveau corps. Nu toute la journée, l'absence de fourrure lui rendait la vie un peu moins facile, et il avait de plus en plus souvent froid.
C'était surtout pour ces deux raisons que l'ancien animal se fatiguait beaucoup plus vite qu'avant. Il était un peu déçu, d'ailleurs, car il courait moins vite, se fatiguait plus vite, et avait un moins bon odorat qu'avant.

Enfin, il en était déçu quand il y pensait - c'est-à-dire pas si souvent que ça. Mis à part ça, la bête vivait plutôt bien dans l'Esquisse, si on omettait les fois où cette dernière le taquinait. Il s'était habitué, et en avait presque oublié qu'il avait vécu dans un autre monde. Mais il y était resté suffisamment longtemps pour s'en souvenir facilement.

C'est pourquoi, à petites fréquences, il se rappelait son maître. Son maître qu'il aimait. Son maître qui lui manquait. Et dès que ce dernier remontait des tréfonds de sa mémoire, il collait sa truffe au sol dans l'espoir de retrouver sa piste - il n'avait pas pu disparaître ainsi, jamais il ne l'aurait abandonné... non... jamais !
Jusqu'à maintenant, Cerbère ne l'avait pas encore retrouvé, mais il fallait dire qu'il ne cherchait pas sans relâche, puisqu'il était très facilement distrait - et en plus, il n'était pas un excellent pisteur...

Cette journée était l'une des journées où il avait l'idée fixe de retrouver son cher maître, où il humait l'air dans tous les recoins, s'attendant à retrouver l'odeur de son maître. Mais... Se souvenait-il vraiment de son odeur ? Le nez froncé, inspirant l'air rapidement, il n'y avait même pas pensé tant c'était pour lui évident qu'il s'en rappelait.
Aujourd'hui, l'Esquisse s'était encore plus moqué de lui que d'habitude, et, de nombreuses fois, il avait cru flairer son maître, et avait suivit la piste en courant, la langue volant au vent. Mais à chaque fois il avait été trompé, et ce n'était que des objets divers, qui - comme par hasard - avait la même odeur que celui qu'il recherchait.

Et c'est pourquoi il était aussi exténué aujourd'hui. C'était la sixième piste qu'il avait, et il ne courait plus. La langue sortie, dégoulinant de bave, il haletait en traînant des pattes. Même s'il mourrait d'envie de retrouver son maître, il en avait marre de courir dans tous les sens, et il avait décidé d'économiser ses forces cette fois, puisqu'il était sûr de tomber sur un énième leurre - au bout de la cinquième fois, il avait compris qu'on ne cherchait qu'à lui faire de vilaines farces.
Ses pas le menèrent, lentement, mais sûrement, devant un gigantesque escalier en colimaçon, qui s'élevait haut dans le ciel.

Le chien s'assit sur son postérieur et leva la tête, plissant les yeux à cause de la lumière éclatante, tentant de voir jusqu'où allait l'escalier aux couleurs multiples.
Il avait froid, à force de courir, et son nez s'était bouché - il avait probablement finit par s'enrhumer un peu. Il renifla bruyamment, puis expulsa la morve dans un grand éternuement. Et là, il le sentit. L'odeur avait doublé de force, lui emplissait les narines et l'esprit.
Son maître ! C'était l'odeur de son maître ! Il approchait du but !

Toute fatigue envolée, il bondit sur ses quatre pattes en direction de l'escalier, ayant même oublié qu'il y avait une possibilité que ce soit un leurre.
Montant les escaliers sans relâche, suivant l'odeur gaiement, il trébucha plusieurs fois sur les marches, glissant un peu plus bas, avant de reprendre sa montée immédiatement.

Déterminé, il ignora les décors, les objets traînant çà et là, et continua à monter en courant. L'odeur se rapprochait à chaque marche qu'il montait, ne faisant que renforcer sa détermination.
Mais la pauvre bête se fatiguait vite, et son corps à découvert commençait déjà à se couvrir de bleus. Il gémissait à chaque fois qu'il se cognait, mais s'empressait de reprendre la route, n'aspirant qu'à parvenir au bout de la piste.

Et au bout d'un long moment, il y parvint. A quelques marches au dessus de lui, accompagné de musique et marchant avec peine, se trouvait son... Une feuille de papier ? Comment ça, une feuille de papier ?
Il monta encore quelques marches. Non, non, décidément, c'était bel et bien une feuille de papier... Il s'était encore fait avoir, c'était un énième leurre !
La bête laissa échapper un long gémissement de désespoir. Toute motivation envolée, il s'approcha tout de même de la feuille, mollement, puis la renifla en la retournant d'un coup de patte. Mais si ! Si ! C'était bien son maître qu'il voyait sur cette feuille ! Et avec cette odeur, en plus, il ne pouvait plus en douter !

Il jappa de bonheur, sautant sur le papier sans se soucier de sa fragilité, le froissant sous ses mains puissantes. Il l'enduisit de bave gluante, tout sourire, aboyant de toute ses forces pour manifester sa joie.
Il l'avait retrouvé ! Son maître ne l'avait donc pas abandonné, il avait raison ! Il était si heureux, il n'était plus seul en ce monde maintenant !
Il continuait de lécher la feuille et baver, la ramollissant sans même y faire attention.


Spoiler:
Pour mon retard, Mo, je t'offre l'un des meilleurs - s'il ne l'est pas - RPs que j'ai écrit depuis des mois ! 8D. J'espère qu'il te plaira ~.
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le Mar 29 Jan - 20:05
Ouuh ça chatouille ! ♥
Alors là, léger nœud. L'alcool, il devait être très, très fort pour en arriver à de telles hallucinations. Il tirait son chapeau au vigneron. Mais alors, très bas... enfin, s'il avait pu tirer quoi que ce soit. Certes. Car le fait est qu'il ne ressentit rien – pas la moindre sensation de brouillard, sa vue restant aussi nette qu'elle le fût jamais. Et, finalement, John ne tarda pas à comprendre que la substance verte qu'il avait « ingurgité » l'avait simplement... mouillé. Parce que les orifices, ça manquait pas mal, par ici. Et encore. Limite il y aurait un trou pour la bouche, et deux pour les yeux, vous imaginez les conséquences ? D'une part, il ne verrait rien. Ce qui était déjà assez difficile comme ça. D'autre part, tout ce qu'il... avalerait passerait simplement « de l'autre côté ». Ahah. Hum.

Le fait est qu'il ne sût jamais s'il avait rêvé ou s'il s'agissait bel et bien de ce qui s'était réellement passé, mais il le vit. Peut-être ne le reconnut-il pas – c'était trop tôt pour en tirer une conclusion – mais quelque chose en lui le lui rappelait : nu comme un ver, un garçon d'une vingtaine d'années à la tignasse blanche (c'était drôle, pour son âge) se jeta sur lui, poussant des jappements de joie et le léchouillant de partout. De partout.

Quelque chose poussa John à ne pas le cogner brutalement, le regarder tomber de l'escalier jusqu'à ce qu'il ne devienne qu'un simple point lumineux dans l'immensité de la nuit. Ainsi, sa voix se fit légèrement douce, sans toutefois paraître trop aimable.

    « Eeeh, doucement !... Non mais tu sais que c'est dégueulasse, ce que tu fais ? »


Il ne sentait rien, comme il n'avait rien senti en perdant son bras gauche, mais tout ça était clairement... beuark. D'autant plus que la « peinture » de laquelle il était fait commençait à s'étaler un peu partout, le déformant, créant une masse noirâtre là où se mélangeaient les teintes.

Smith attrapa l'autre par le bras, le serrant tant bien que mal, le suppliant d'arrêter (c'est que ça chatouillait !), et le repoussant du mieux qu'il put. A la place, il se retrouva avec une belle pliure au niveau du poignet. Encore une plaie à ajouter à l'interminable liste de ses blessures. Mais ce soir, il était las, d'une humeur maladivement généreuse. John réussit donc à s'extirper de l'emprise du garçon et, se tenant à une distance respectueuse de lui, il esquissa un geste agacé.

    « Bon, OK. Ce n'est pas grave, tu finiras par t'y habituer. Je sais ce que ça fait : au début, il y a le déni, puis l'euphorie, la folie et la sagesse. Toi, tu dois être quelque part entre la deuxième et la troisième étape. Quant à moi – AH ! - il va de soi que j'ai depuis longtemps atteint la quatrième ! ♥ »


Il éclaté d'un rire sordide, presque glauque. Non, en fin de compte, peut-être n'était-il lui-même pas sorti de cette même euphorie.

    « Et tu veux que je te dise ? Le mieux, c'est de ne pas espérer. Oui, c'est ça : autant n'avoir plus d'espoir. Parce que, quoi qu'il en soit, tout ce en quoi tu croyais, tout ce sur quoi tu misais finira par s'envoler, se volatiliser. POUF ! Comme ça. Et, crois-en mon expérience, nous, on n'y peut rien... »


De nouveau un gloussement, et le fou-rire. S'il avait été en trois dimensions, on aurait pu voir ses yeux sortir de ses orbites et sa langue claquer nerveusement contre son palet. Et il se demanda bien si l'alcool n'avait pas fait d'effet, finalement. L'homme rappela le calepin-iPhone 3Gs-à-tentacules-MediumPurple et lui redemanda un verre de cette douceâtre mixture vert fluo. Bien que cette fois, il sût qu'il n'avait rien bu précédemment, John ferma les yeux et se versa le liquide à la figure, poussant un long « Aaaah », soulagé. A moitié soul, il se tourna verts le nudiste et s'écria :

    « Tu en veux un peu ? Je te dis : c'est super pour le moral. »

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le Mar 29 Jan - 22:03
Tu sais...
Je te comprend pas plus qu'avant...

- Eeeh, doucement !... Non mais tu sais que c'est dégueulasse, ce que tu fais ?
- Wouf ! répondit Cerbère.


La feuille avait tenté de le repousser en prononçant ces mots, puis s'était dégagée.
Il s'était gentiment assis, les pattes avant entre les pattes arrières - vraiment, ce corps n'était pas pratique pour s'asseoir comme avant, la bête était obligée d'écarter les pattes pour pouvoir les garder pliées - car il avait reconnu un seul mot dans sa phrase. Doucement. Son maître le lui disait souvent, avant aussi. C'était quand il voulait que le chien se calme, et en plus, quand il s'asseyait pour faire bonne figure, il avait droit à plein de caresses. Du reste, la bête ne connaissait pas la langue humaine - il pourrait sûrement l'apprendre maintenant, mais il n'y avait pas pensé, et il ne savait pas parler non plus - et ne comprenait pas un traître mot de ce que son maître raconter. Mis à part ce mot clé, qu'il avait associé au fait de se calmer à force de l'entendre, et de se faire récompenser lorsqu'il faisait la chose entendue.

C'est donc ainsi, gentiment assis, que la bête attendait son lot de cajoleries, la langue pendant hors de sa bouche. Mais il ne vint pas. Cerbère ne comprit pas. Avait-il fait quelque chose de mal ? Il avait tout fait parfaitement ! Il s'était même assis ! Il laissa échapper un petit gémissement de désolation pendant que son maître reprenait la parole.

- Bon, OK. Ce n'est pas grave, tu finiras par t'y habituer. Je sais ce que ça fait : au début, il y a le déni, puis l'euphorie, la folie et la sagesse. Toi, tu dois être quelque part entre la deuxième et la troisième étape. Quant à moi – AH ! - il va de soi que j'ai depuis longtemps atteint la quatrième ! ♥.
- Kaaaaïïïïïïïï ! gémit le chien.

Cette fois ci, Cerbère n'avait pas saisi un seul mot des paroles de son maître - il s'était déjà habitué à son apparence pour le moins plate. Il s'était pourtant concentré du mieux qu'il avait pu, mais le flot de mots n'était pour lui qu'un charabia incompréhensible. Il avait tant essayé de tirer un quelconque mot qu'il connaissait dans les paroles de son maître qu'il commençait déjà à avoir mal à la tête.
Le rire qui secoua son maître était bizarre, inhabituel à ses oreilles. Il commençait à gigoter, impatient, et se grattait le coup du mieux qu'il pouvait avec sa patte arrière - heureusement qu'il était souple, car ça non plus ça n'était pas facile à réaliser avec son nouveau corps.

- Et tu veux que je te dise ? Le mieux, c'est de ne pas espérer. Oui, c'est ça : autant n'avoir plus d'espoir. Parce que, quoi qu'il en soit, tout ce en quoi tu croyais, tout ce sur quoi tu misais finira par s'envoler, se volatiliser. POUF ! Comme ça. Et, crois-en mon expérience, nous, on n'y peut rien...

La pauvre bête n'essayait même plus de comprendre, et regarda son maître s'asperger d'un liquide. Ah ! Parce qu'un liquide bizarre, il voulait bien s'en mettre partout, mais sa bave, il n'en voulait pas ?
Le chien se remit à quatre pattes, et s'avança vers John.

- Tu en veux un peu ? Je te dis : c'est super pour le moral.

Le chien ignora ses paroles, et s'approcha encore en haletant, pour finalement s'allonger aux pieds de son maître et rouler sur son dos, les pattes en l'air mais recourbées. Cerbère regarda son maître, plein d'espoir.
Il l'avait reconnu, non ? S'il avait commis une quelconque faute, il n'allait pas lui en vouloir bien longtemps - il ne lui en voulait jamais bien longtemps - et il allait se mettre à le caresser en riant, lui disant qu'il était un bon chien, et la bête aboierait avec puissance pour exprimer sa joie et le fait que son maître lui avait tant manqué.


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le Mer 30 Jan - 17:54
recherche un titre court
Johnny était complètement hystérique, il ne savait pas à quoi s'en tenir. Depuis tout à l'heure, il enrichissait son monologue de diverses faits et non-faits, se fichant totalement de si l'autre l'écoutait ou non. Parce qu'il s'était docilement assis, et le regardait de ses grands yeux pâles. Ils ne se connaissaient pas, et pourtant le jeune homme n'avait été ni agressif, ni indifférent à lui, et John s'en étonnait un peu. A la place, il poussait de ces gémissements plaintifs ! Comme s'il souffrait. Or, si c'était le cas, on verrait bien une trace de sa blessure sur son... corps. A moins qu'il ne s'agisse d'une hémorragie interne – mais John avait fait un BAC+2, ils ne s'y connaissait pas vraiment dans ce domaine.

Bâillant de lassitude, il s'adressa à son vis-à-vis sur un ton paresseux, avant que celui-ci ne vienne s'agenouiller à ses pieds :

    « Bon, l'ami, et si tu me disais ton p'tit nom ? Moi, c'est John – mais arrête, enfin ! Allez, relève-toi ! DEBOUT ! J'ai autre chose à faire que de m'enticher d'un analphabète illettré... »


Il frappa sa poitrine du poing en prononçant son nom. L'instant d'après, il se retrouvait à zigzaguer sur l'escalier, manquant plusieurs fois de tomber dans le vide, en tentant de se débarrasser de ce fou à lier, qui s'accrochait à lui avec véhémence. Il se sentait déjà ramollir : les pieds flasques, il manqua de peu de s'évanouir de stupeur. Ce corps était tout ce qui lui restait, on n'allait tout de même pas l'en priver !

    « O-Ok, c'est bon, t'as gagné ! Tu sais ce que c'est, ça, au moins ?! », le questionna-t-il en brandissant l'une de ses jambes molles « DU PAPIER ! Et, compte tenu de mon état, tu peux en déduire que c'est très FRAGILE ! » (il secoua son membre, les gouttes de bave qui s'en échappaient voletant de tous côtés)


John s'assit sur l'une des marches, de façon à être à la même hauteur que son camarade. Il lui mit une tape dans le dos en esquissant un geste compatissant – bien que la « tape » en question ressemblât plus à une caresse loufoque. Le malheureux hocha la tête imperceptiblement, la bouche pincée. Il observa le ciel passer du fuchsia à l'indigo sombre et disparut dans les méandres de la nuit. La musique se fit alors plus forte, un rythme étrange rebondissant dans la poitrine de notre amis. Bizarrement, l'endroit était très attirant, comme pourvu d'une étrange attraction...

    « Bref, ça te dit de monter plus haut ? Je n'ai aucune envie de retourner en bas avec ces... ces oiseaux de malheur. », dit-il en se relevant avec difficulé « De toute façon, je serai là-bas si jamais tu me cherches. »


S'il avait eu des articulations, il est évident qu'elles auraient grincé. Mais l'avantage de ce corps, c'est qu'il ne ressentait pas la douleur ; tout comme John n'avait rien senti à la perte de son bras.
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le Mer 30 Jan - 19:43
Incompréhension.
Mais qu'est-ce que tu veux !?


- Bon, l'ami, et si tu me disais ton p'tit nom ? Moi, c'est John – mais arrête, enfin ! Allez, relève-toi ! DEBOUT ! J'ai autre chose à faire que de m'enticher d'un analphabète illettré...

Cerbère gémit une énième fois, se remettant à quatre pattes en obéissant docilement. Pourquoi est-ce que son maître adoré prenait-il un ton si colérique ? Si méchant ? Il ne pouvait pas ne serait-ce que faire l'effort de voir que le chien ne comprenait rien ?
Les seuls mots que le chien avait compris était debout et John. Il se rappelait de ce dernier car c'était le nom de son maître, et il l'avait tant entendu qu'il le savait - en plus, l'homme s'était frappé la poitrine en le prononçant, ça l'aidait un peu. John. Il avait oublié jusque-là, mais maintenant il s'en rappellerait.

Son maître tendit une jambe de papier devant son nez, puis l'agita, l'éclaboussant de bave qu'il ne prit même pas la peine d'essuyer - et un filet visqueux s'échappait déjà de sa bouche en glissant sur sa langue...

- O-Ok, c'est bon, t'as gagné ! Tu sais ce que c'est, ça, au moins ?! DU PAPIER ! Et, compte tenu de mon état, tu peux en déduire que c'est très FRAGILE !

Fragile. Oui, il savait ce que c'était ça aussi ! Mais alors... Son maître ne voulait pas qu'il le touche ?! Cerbère laissa échapper un énième gémissement plaintif. Comment allait-il faire pour demander des caresses ? Pour donner la patte ? Pour lui lécher amicalement la figure ? Pour se coucher sur ses genoux ?
Un autre gémissement plaintif s'éleva du fond sa gorge.
C'est à ce moment que John vint s'asseoir en face de lui et... Lui caressa le dos ? Mais alors il s'était calmé ? Il voulait bien le caresser finalement ? Le chien ne comprenait plus rien. Jamais il n'avait eu affaire à une situation si contradictoire et d'actions et d'ordres aussi contraires.
Il finit par abandonner et il jappa de joie, avançant sa tête contre la main de la feuille de papier au moment où son maître se levait.

- Bref, ça te dit de monter plus haut ? Je n'ai aucune envie de retourner en bas avec ces... ces oiseaux de malheur. De toute façon, je serai là-bas si jamais tu me cherches.

A peine son maître avait-il commencé à marcher que le chien lui emboîta le pas. Tout content d'avoir eu un semblant de caresse, il le suivait la tête haute, la langue pendante et haletant.
Puis vint la soudaine envie à Cerbère de rappeler son maître à l'ordre, parce qu'il traînait, et il l'avait déjà largement dépassé.

- J...ohn ! aboya la bête.

Il s'arrêta net, ouvrant de grands yeux surpris. Il avait bien dit "John" ? Il avait vraiment dit ce qu'il pensait ? Ce n'était pas un aboiement qui était sortit de sa bouche ?

- John ! fit-il en commençant à sautiller sur place, fou de joie. John ! John ! John ! John !

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le Jeu 31 Jan - 13:55
recherche un titre court²
John Smith s'arrêta. S'il était fait de chair et de sang, il ne faisait aucun doute que l'on verrait en ce moment même ses articulations blanchir, ses poings fermés trembler pendant qu'il éclatait d'un rire sonore. A la place, il ne réussit qu'à renforcer la gravité de sa « pliure ». Et pourquoi ? Ce garçon... non... cette chose n'avait absolument rien d'humain. De normal. Il ne parlait pas. N'avait pas réussi à échanger le moindre mot avec son prétendu interlocuteur – qui faisait plus un monologue qu'autre chose. Jusqu'à présent, il s'était assis là, immobile, en le regardant faire bêtement. Comme s'il attendait quelque chose. Quelque chose que Johnny ne pourrait jamais lui donner, puisqu'il n'arrivait même pas à satisfaire ses propres désirs.

Quoi qu'il en soit, jamais l'homme en papier n'aurait souhaité aider un détraqué du cervelet à qui il n'avait rien demandé. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était être normal. Avec sa femme, ses enfants, sa maison et son chien – même si le chien, il s'en passerait bien, des fois. Or, ici, on le poussait à être différent. A incarner cet homme qu'il n'était pas, et qu'il ne serait jamais. Forcé à vivre malgré ses réticences, en dépit de ces nombre plaintes silencieuse qu'il adressait aux maîtres de ce monde. Dans l'obligation d'avancer seul, sans ses proches, dans cet univers inconnu qui... qui le pompait.

Ses forces l'abandonnèrent soudainement. S'il n'avait pas eu l'appui de la bise nuptiale, sans doute l'homme serait-il tombé dans le vide, porté par le vent. Ce même vent qui, en cet instant précis, ne le retenait que d'un fil. Il redescendit légèrement au niveau de l'autre, qui ne semblait pas avoir bougé. Il le regardait avec de tels yeux... ces yeux qui semblaient attendre quelque chose que lui seul était en mesure de lui offrir. Pour preuve, ce malade avait hurlé son nom indéfiniment. Alors que lui, il ne connaissait même pas le sien.

John s'agenouilla deux marches au-dessus, et tendit la main. Avec un sourire triste, il déclara :

    « Je sais. J'ai compris. Tu veux que je t'aide ? Que MOI, je t'aide ? Mais je ne peux même pas m'aider moi-même ! Je suis à peine conscient de mon propre corps ! »


Il le regarda intensément. Dans ses yeux, qui s'embrumèrent, dans ses sourcils froncés de désespoir, dans ses sanglots qu'il avait jusque là étouffés, apparut alors toute la souffrance qu'il avait endurée. La musique s'était tue et écoutait l'homme dans un silence religieux. Plus rien ne bougeait. On n'aurait dit qu'excepté les deux êtres humains, plus aucune vie ne les accompagnait. Sa main toujours tendue, il poursuivit avec une voix entrecoupée :

    « Alors... alors je propose qu'on se serre les coudes, en commençant par poursuivre notre chemin, là-haut. De toute façon, on n'a pas le choix, n'est-ce pas ?... »


Il avait prononcé cette dernière phrase comme s'il y avait été forcé. C'était bien cela : plus aucunement maître de lui-même. Sa main n'avait pas bougé ; et son bras était si tendu qu'il se fendillait déjà au niveau des aisselles. Il lui lança un regard pénétrant, dans lequel il mit toute sa conviction, tout son désespoir également ; ce qui lui ferait comprendre qu'il n'avait pas le choix. Que, tant qu'à perdre – c'était ce qui allait arriver, dans tous les cas, non ? - mieux valait ne pas crever seul.
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le Jeu 31 Jan - 17:55
Hein ?!
Qu'est-ce qui s'est passé ?!


Le chien continuait de trépigner sur place, tout excité d'avoir prononcé le nom du son maître. Celui-ci d'ailleurs, vint s'asseoir en face de lui, et tendit son bras fin.

- Je sais. J'ai compris. Tu veux que je t'aide ? Que MOI, je t'aide ? Mais je ne peux même pas m'aider moi-même ! Je suis à peine conscient de mon propre corps !
- John ? Wouf ! fit la bête, toute fière d'elle.
- Alors... alors je propose qu'on se serre les coudes, en commençant par poursuivre notre chemin, là-haut. De toute façon, on n'a pas le choix, n'est-ce pas ?...
- ... Ah ? John ! lança Cerbère, essayant de répéter le dernier mot - le seul qu'il avait retenu, submergé par sa capacité à parler. Pas...! Pas ! John ! Jooohn !!

Avisant le bras tendu de l'homme, Cerbère tendit la patte et, profitant des doigts qu'il avait maintenant, attrapa la main de son maître et la serra vigoureusement - alors qu'avant il se serait contenté de poser sa patte sur sa main. Il froissa le papier sans remord, sans même penser à le détendre, ne serait-ce qu'un peu, après l'avoir lâché.

Il monta quelques marches supplémentaires, puis s'assit, en appelant encore son maître, un large sourire étirant ses lèvres, la langue toujours sortie. De plus il haletait, car la pauvre bête commençait à fatiguer, à force d'avoir cherché son maître toute la journée. Mais au moins, elle l'avait trouvée !
Cerbère était si heureux qu'il en avait oublié tous ses problèmes, et il se moquait éperdument du monde dans lequel il se trouvait - il pouvait être dans n'importe quel endroit, tant qu'il était avec son maître, il s'en moquait.

Lorsque John l'eut rattrapé, il fit un grand bond, montant quelques marches multicolores en caoutchouc en même temps. Et c'est à cet instant que la marche sur laquelle il allait atterrir disparut, ainsi que les marches derrière, cédant la place à ce qu'il crut tout d'abord être du vide.
Il lâcha un long cri, jusqu'à ce qu'il percute violemment le sol. Il se releva difficilement, lâchant plusieurs gémissements plaintifs.

Il regarda autour de lui d'un air affolé. Les marches avait cédé place à une salle gigantesque, où volaient des paires de ciseaux géantes, découpant de grands morceaux de tissus qui s'assemblaient ensuite grâce à des aiguilles ayant elles aussi énormément augmenté de volume.
Le chien n'avait pas particulièrement peur des objets, au contraire, le tissu volant l'amusait beaucoup, et il avait envie de sauter dessus et de le déchirer. Non, ce qui l'affolait, c'était la soudaine disparition des marches. Ils n'étaient pas dans un escalier il y a cinq secondes ?! Il se retourna d'abord dans tous les sens, en appelant son maître à répétition. Il ne s'arrêta que lorsqu'il l'aperçut, se jetant sur lui avec un Jooooohn !! de soulagement.
Il resta un moment à couvrir la feuille de bave, puis se rappela de l'ordre qu'il lui avait donné précédemment, et se poussa rapidement, se mettant à quatre pattes à côté de lui, et on pourrait presque distinguer une queue imaginaire battre joyeusement derrière lui.
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le Ven 1 Fév - 16:57
attention, ça coupe !
    « John ? Wouf ! »


Il rêvait, ou l'autre venait d'aboyer ? C'était vraiment un monde de fous ! Et celui-ci devait être à un stade très... avancé de sa folie. Il secoua la tête avec désespoir. En plus d'être répugnant, l'univers dans lequel il était – l'Esquisse, comme on l'appelait – semblait amadouer toute la clique de cinglés qui avait été traînée ici. Purement désolant. John se demandait s'il ne devait pas réunir les rescapés de la civilisation, un jour : ça lui ferait toujours de la compagnie, puisqu'il était à peu près certain d'être considéré comme une proie.

Les paroles de son compagnon le tirèrent de sa rêverie :

    « John ? Wouf ! ... Ah ? John ! Pas...! Pas ! John ! Jooohn !! »


Oui, oui, on avait compris. John. Ce simple mot donnait l'impression audit personnage d'être « le seul » à pouvoir faire quelque chose. Agir – certes à des fins... louables. Ahah. En y pensant, c'était assez ironique : un homme en papier (sa fille avait l'habitude d'en découper des ribambelles, avant...), responsable de l'avenir des siens. On aurait pu confier la tâche à quelqu'un d'autre, après tout. Sauf qu'il était pratiquement sûr d'être l'homme plus réaliste de la planète.

Johnny réalisa soudain que le nudiste l'avait appelé « Papa ». Doux Jésus, l'état mental du jeune homme était bien plus endommagé qu'il ne l'avait cru, aussi se retint-il, malgré la bonne quinzaine d'années devant les séparer, de lui sortir un : « Fiston, tu sais, moi j'peux rien pour toi... ». L'« homme-chien » - c'était ainsi que John allait l'appeler, en attendant de connaître son véritable nom – lui serra la main avec vigueur, force et brutalité, si bien qu'il retira prestement cette dernière, endolorie, en la secouant pour faire passer la douleur.

    « Mais merde, fais un peu attention ! Raah... », râla-t-il.


Ignorant superbement sa remarque, le canidé grimpa quelques marches sur ses deux jambes – jusqu'à présent, il s'était toujours déplacé à quatre pattes -, lesquelles marches s'effacèrent sur son passage. Joli tour, se dit John. Manquait plus de savoir où étaient cachés les projecteurs holographique, qui devaient s'être dégottés un superbe camouflage pour être ainsi invisible en plein air.

Le fait est que la marche sur laquelle reposait John s'effaça elle aussi. Alors là, léger problème ; c'était drôlement dur pour être un simple hologramme. Bon, heureusement, le vent amortit la chute de l'homme en papier – ce dont on ne pût dire de l'homme-chien, a priori... ce même homme-chien qui, rebelote, se jeta sur lui en le léchant langoureusement. Alors là, soit il était vraiment un humain détraqué qui se prenait pour un chien, soit il avait une (trop) forte poussée d'hormones qui le forçait à... gesticuler – c'était le mot – ainsi. Les deux hypothèse ne l'enchantaient pas plus que ça, mais le brun eut une légère préférence pour la première – parce qu'au moins, un chien, c'était facile à dompter. La preuve : Cerbère, son bouledogue adoré, était particulièrement docile et aimant depuis son adoption. Et grâce à qui, bien sûr ? ♥

Ainsi lui vint une idée. Tant qu'à l'interpeller « Hé, l'homme-chien ! » à chacune de ses phrases, il valait mieux le nommer tout court. Et, puisqu'il ne connaissait pas d'autre surnom adéquat au meilleur ami de l'homme, John Smith se dit que Cerbère ferait amplement l'affaire.

    « Bon », fit-il, « Puisque tu ne sembles pas disposé à me révéler ton patronyme, je me permets de te nommer Cerbère – pour le moment. Une objection ? »


John prit alors conscience du paysage qui l'entourait. Il s'agissait d'une pièce tellement grande que l'on en distinguait à peine les murs, qui, à vue de nez, semblaient être recouverts de patchwork en tissus. Partout dans la salle, des tables multicolores-à-pois-verts-et-à-rayures-roses, sur lesquelles reposaient des centaines de milliers de machine à coudre-piverts, aiguilles-scalpels et tissus, étaient alignées en randonnions. Bien sûr, ce pendant que de célèbres ciseaux-hirondelles (ah là là, encore des oiseaux de malheur...) découpaient en mâchant de grandes bandes de tissus. C'était plutôt agréable comme spectacle, ça bougeait dans tous les sens.

Or, il s'agissait de ciseaux. John s'en rendit compte à temps pour ne pas être happé par leurs terribles mâchoires, en poussant un « TOUS À TERRE ! » tonitruant – bien qu'il fut le seul à se mettre au sol. Une nouvelle fois, affreusement désolant. Surtout quand les objets le prirent pour une serpillère, s'en servant sans ciller afin de balayer la poussière. Il tentait vainement de se retenir aux rares prises qui s'offraient à lui, ses efforts se soldant à chaque fois d'un échec cuisant. Si bien que son seul espoir, avant d'être entraîné au loin, fut :

    « CERBÈÈÈRE ! »

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le Ven 1 Fév - 18:39
Non !
Laissez le !


- Bon. Puisque tu ne sembles pas disposé à me révéler ton patronyme, je me permets de te nommer Cerbère – pour le moment. Une objection ?

Cerbère ? Le chien releva la tête vers John et son sourire s'élargit encore. Mais c'était son nom ! Cela voulait il dire que son maître l'avait reconnu ? Qu'il savait qui il était ? Submergé de joie, il se mit à hocher vigoureusement de la tête, tournant joyeusement autour de l'homme.

- Cer... Cerbère ! Cerbère, John, Cerbère !! affirma le chien en continuant d'hocher la tête, tentant de lui faire comprendre que c'était effectivement lui.

La bête continua de trottiner autour de l'homme joyeusement, ne faisant même pas attention à tous les objets potentiellement dangereux - enfin, il risquait moins gros que son maître.
C'est pourquoi il fut assez surpris de le voir se jeter à terre en hurlant :

- TOUS À TERRE !
- John ?

Cerbère, impuissant, regarda son maître se faire attraper par un objet, qui s'en servit comme d'une vulgaire serpillière. Le chien avait bien tenté de le rattraper, mais tout ce qu'il avait réussi à faire, c'était se couper la main en essayant de saisir la feuille.
Cerbère tandis la main devant ses yeux, comme fasciné. Il s'était certes un peu habitué à l'apparence qu'il avait maintenant, mais jamais il ne s'était vu saigner, - il avait été trop bien traité par son maître pour en avoir l'occasion - même dans l'Esquisse.
C'est pourquoi il regardait la coupure et le mince filet de sang qui s'en échappait sans savoir trop quoi penser. Il finit par lécher sa main pour la nettoyer, et il lâcha un petit cri de douleur, douillet comme il était.

- CERBÈÈÈRE !
- JOOOOHN !! hurla la bête en retour.

Son maître valdingué dans tous les sens lui était complètement sorti de la tête - tout comme les escaliers d'ailleurs - à cause du sang qu'il n'avait pas l'habitude de voir couler. Le chien n'étudia pas le terrain, ne réfléchit pas, non, il courut juste à la rescousse de son maître, sautant sur l'aiguille-colibri fluorescent géant qui agressait son maître bien-aimé. S'engagea alors une lutte furieuse, se déroulant à coup de crocs, de bec-aiguille, mais le chien finit par prendre le dessus dans une volée de plumes colorées. Il était couvert d’éraflures plus ou moins profondes, causées par le bec acéré de l'objet, et son corps prenait par endroit une teinte rougeâtre, le fluide vital coulant à divers endroits. Mais la bête ignora la douleur, elle devait sauver son maître, et c'était tout ce qui lui importait.
Il se rapprocha de son maître, qu'il fit valser à terre puis grimpa dessus, l'empêchant ainsi de s'envoler.

- John ! A Cerbère !! Grrr ! parvint-il a grogner en une phrase presque correcte.

Les objets commencèrent à se rapprocher dangereusement, sûrement vexés que Cerbère est agressé leur compère. Le chien comprit rapidement que ses grognements ne suffirait pas à les éloigner, et il jeta un regard circulaire sur la salle.
Là ! Les marches étaient cachées derrière un pan de tissu ! Peut-être que s'ils montaient assez haut, les objets abandonneraient leur traque...
Il se décala de la feuille et la saisit dans sa bouche, pour pour voir courir à quatre pattes sans lâcher son maître d'une semelle, et fila à toute vitesse vers les marches, dans l'espoir de les atteindre avant d'être réduit en bouillie...
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le Sam 2 Fév - 14:31
aucun talent artistique, ces objets
Tout se passa à une vitesse effroyable. Alors que l'aiguille-colibri était piteusement réduite à néant par Cerbère, et que celui-ci aplatissait Johnny de tout son poids, ce dernier sentait la poussière et les résidus de tissus lui chatouiller le ventre, le visage : tout ce qui entrait en contact avec le sol. Tels des mites, ces vils ennemis s'incrustaient sans remord dans la « peau » de leur adversaire, toujours à leur merci. Heureusement, Cerbère fut plus rapide : enfonçant ses cr... dents dans le papier Canson, et lui évitant ainsi une mort certaine – quoique la mort aurait peut-être été soulageante... - iltraversa un mur à une vitesse fulgurante, reprenant appuis sur ses quatre membres. Quel ne fut pas l'étonnement de notre homme de voir qu'il était de nouveau sur l'interminable escalier !

A ce moment-là, un extincteur-stabilo en costume de Spiderman apparut, et déclara d'une voix suave :

    « Voyooons, vous n'êtes pas ainsi présentable à la soirée disco ! Laissez-moi faire ! »

L'être rafistola John en deux temps, trois mouvements : d'abord le sparadrap pour ressouder le papier, le fer à repasser pour les froissements et enfin, le sèche-cheveux pour... annihiler la bave de Cerbère. C'était bougrement efficace, et John se sentit comme neuf. Malheureusement – parce que ce serait trop facile – son bras gauche manquait toujours à l'appel. Le problème, ce furent les feutres, qui profitèrent de sa naïveté à souhait à de mesquines fins : premièrement, il y eut la moustache – parce que c'est classique et plutôt amusant. Puis les motifs sur les lunettes, le cigare dans la bouche et la barbichette. Mais ça, c'était l'apéritif. Ensuite, il y eut la jupette rose bonbon, la cravate XXL verte à pois roses et les chaussures de clown – croyez-le ou non, il y avait assez de marge sur le papier pour agrandir les pompes. Le fait est qu'il se retrouva bien vite ainsi, rêvassant avec nostalgie de son ancienne vie.

Bref. L'objectif premier étant toujours d'aller le plus haut possible – parce qu'en bas, il avait fait le tour -, John se mit en route, sans doute suivi de Cerbère. Au bout de quelques minutes, il se rendit compte qu'il n'avançait pas. Que malgré la distance qu'il semblait avoir parcourue, le jeune père n'avait pas gagné un pouce de hauteur. Se posant une minute, il jeta un coup d'œil derrière lui : Cerbère était toujours là.

Et alors, il se rendit compte que, sans même bouger, il se rapprochait dangereusement du sol. « Flûte, un escalator... manquait plus que ça ! », comprit-il. Ah, c'était vraiment blasant, ça. Avoir parcouru des centaines de mètres... pour rien. L'homme jura intérieurement, dépité, entreprenant de prévenir son compagnon :

    « Hey, Cerbère ! Je te conseille de t'arrêter, là, parce qu'à ce rythme tu seras épuisé dans quelques minutes, mon pote. »

Le problème, c'était l'embarras du choix : retourner à la terrible réalité, ou bien s'épuiser à monter des marches qui ne vous feront rien atteindre du tout. John ne souhaitait certes pas repartir à la rencontre des aspirateurs-canaris, qui ne manqueraient pas de lui faire la p... le papier, dès qu'ils le verraient. Mais il ne pouvait pas non plus se permettre de rester ici les bras ballants. Ou alors... ou alors il n'avait qu'à dépêcher l'allure – ce ne serait absolument pas contraignant avec son nouvel ami -, ce qui lui permettrait forcément de gagner du terrain. C'est alors qu'un kaléidoscope-poireau, cette fois vêtu en Iron man, vint à leur rencontre :

    « Ah, non, non, non ! Vous, vous restez ! On ne monte pas, on ne descend pas, ON RESTE ICI ! Ne voulez-vous donc pas assister à la fête ? JE VOUS RAPPELLE QU'ON VOUS A FAIT BEAU EXPRÈS !!! »

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'escalator s'aplanit, une boule à facettes fuchsia apparut dans le ciel et un orchestre – composé majoritairement de super héros – se mit à jouer un requiem sous les feux des projecteurs.

Le léger souci, c'était cette porte menant à l'escalier, au fond, qui se refermait dangereusement. Sans compter sur le badge d'accès nécessaire à son ouverture, détenu uniquement par... ah, il devait être bien caché, le petit coquin. Si ils voulaient sortir, les deux partenaires devaient le trouver, et vite.


Notation inutile:
AAAH PAR PITIÉ pardonne-moi pour ce RP qui ne sert ABSOLUMENT à rien ;___; Si tu veux me tuer, je... Enfin je comprendrai que tu meurs d'ennui pendant le lecture. Buuh ;;
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