Ball d'Ouverture [Tout le monde est invité]

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le Sam 5 Jan - 19:24
[N.B: Le Bal se passe après l'event ]
©El Panini


Bal d'Ouverture


Les voisins avaient dû se poser de drôles de questions. Lady Queen était arrivée un beau jour au ciel habituellement chargé en couleurs et en mots, la démarche assurée, le port de tête haut. D'un geste gracieusement impérial, elle avait pénétré dans l'une des maisons, vide. C'est alors que les murs tremblèrent dans de sinistres craquements. Les couleurs mouvantes des cloisons les quittèrent en dégoulinant le long d'elles, à la manière d'une crème glacée fondant au soleil, ne laissant que du gris. La maison eut l'air d'une simple esquisse crayonnée, mais le calme fut de courte durée. Les sons perçants reprirent de plus belle et la maison vit ses traits se tordre, s'étirer, comme de la pâte à modeler. Elle s'agrandit progressivement, vertigineusement, le toit se sépara en plusieurs parties mouvantes, semblables aux tentacules d'une pieuvre géante. De ces parts, naquirent cinq tours pointues et biscornues, certaines se courbant, se croisant, s’entortillant les unes sur les autres. Comme la peste s'emparant du corps, le bois devint pierre, les murs se teintèrent de bas en haut d'une couleur noire ténébreuses. Certains purent jurer voir des fumées compactes de jais s'échapper d'entre les dalles. Les murs irréguliers se gondolèrent et la maison, qui n'y ressemblait plus s'éleva lentement, ballon gonflé à l'hélium mais qui semblait loin d'éclater. Le Château, puisque le lieu était devenu ainsi, aurait pu s'envoler bien haut, mais c'est alors que les pierres se craquelèrent à divers endroits avec un son égal à celui d'une immense masse de roche se détachant d'une falaise. De ces aspérités surgirent d'épaisses chaines noires qui, avec une vitesse surprenante, allèrent se planter, s'enrouler parfois, cruellement aux maisons environnantes. L'araignée étendait sa toile de ténèbres, château d'une Reine noire, avide de ses voisines.
Ce qui sembla être des cornes poussa ça et là sur la forteresse puis, de larges fenêtres aux vitraux d'un vert luisant, seule réelle couleur de l'endroit, se dessinèrent. Couronnant cette vision maléfique, une porte apparut, gigantesque d'un bois épais où deux crânes d'argent se firent une place, un loquet entre leurs dent pour seule sonnette. Leurs yeux, allumés d'un éclat vert, donnaient l'impression d'être empreints de vie. Pour relier cette fameuse porte au sol, un chemin d'ombre se matérialisa. Lorsque ceci fut achevé, on jura entendre le glas d'une cloche provenant de l'intérieur du bâtiment.

Lady Queen avait choisi une demeure à sa mesure.
Il fallait à présent faire savoir sa présence aux sujets de son nouveau royaume qui ne fussent pas au courant d'une si grande nouvelle. Il s'avéra être une évidence que d'organiser un bal où tous seraient invités, et au cours duquel elle s'adonnerait à un grand discours, tout en faisant plus ample connaissance avec ceux qui constituaient son peuple.
C'est ainsi qu'elle passa les jours suivant à tout préparer, déléguant le fait de placer des affiches un peu partout dans la ville à son cher Charles-Henri. Malheureusement, Lady Queen dû, au final, s'occuper de ceci aussi d'elle-même. En effet, elle trouva le lendemain les tracts à la même place que la veille, comme si son majordome n'y avait jamais posé le doigt. De plus, celui-ci était de nouveau introuvable, tsk! Ainsi, pouvait-on trouver sur une bonne partie des murs de la cité:


Les trois jours passèrent, tandis que l'impatience de la Reine ne cessait de croître, même lorsque le moment vint enfin. Lorsque les portes s'ouvriraient, ses invités se retrouveraient dans un immense hall éclairé par de larges lustres noirs que des flammes vertes survoleraient. Un grand escalier richement décoré d'argent leur ferait face. "Bienvenue! Parrrr ici! Parrrr ici! Bienvenue!" croasseront les crânes qui voletteront ça et là en désignant la porte en haut des marches. Les immenses murs noirs les encadreront, décorés d'une multitude de tableaux encadrés d'argent, représentant la maîtresse de maison. La maîtresse de ce royaume. Il sera à noter le sol en damier noir et blanc présent un peu partout dans le château, sur lequel résonne aisément les pas. Une fois la porte passée, c'est une gigantesque pièce rectangulaire au plafond haut qui se présenterait. Deux longues tables de chaque côté, couvertes de montagnes de nourriture et de boissons, dont les couleurs sont toujours le vert, mais aussi le rouge et le noir, en ce jour de fête. Certains aliments sont difficilement reconnaissables, comme ces bananes rayées de vert et de rouge, ou bien ce cocktail au liquide noir semblable à l'encre mais au gout variable. Il ne faut pas non plus oublier les masses de pâtisseries dans ces mêmes teintes, au gout parfois surprenant, mais dont la forme peut laisser planer le doute. Qui osera croquer dans ce panier d'yeux sucrés? Lécher ces glaces-coeur qui semblent encore tout palpitants? Outre la nourriture, la pièce se trouve décorée de rubans verts, et d'immenses miroirs d'argent sur les murs, alors que les crânes volants discutent toujours. Puis, au bout de la salle, quelques marches donnant lieu sur un piédestal. En son centre, un trône de noir et d'argent biscornu, gargantuesque, digne d'une impératrice maléfique de conte, se dresse dans toute sa splendeur. Installée sur son coussin vert, Lady Queen. D'un côté, le coude sur l'accoudoir, la main sombre contre sa joue, de l'autre, ses griffes acérée tapotant d'un rythme énergique sur le second repose-bras.

La Reine attend.
Et dès lors que les premiers arrivants franchiront les portes, le son mélodieux d'un orgue se fera entendre dans toute la bâtisse, résonnant avec force, tel l'hymne des portes de l'enfer, si doux aux oreilles de la Maîtresse.

Qui sera de la fête?




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le Mar 8 Jan - 15:29
Quelques temps après son arrivée, une âme erre, déjà un peu plus à l’aise, à travers la ville colorée. Et lors d’un écart pour éviter une nouvelle bizarrerie de ce rêve déluré, se reçoit un tract en pleine figure. Frissons et souvenirs de son réveil se mélangent dans son esprit, manquant de lui faire jeter le sombre papier, mais le sort en décide autrement, et ses yeux bleus se posent sur son contenu. Ses lèvres s’entrouvrent, sa respiration s’accélère, et sitôt le tract dans sa poche, son corps s’avance, résolu. Une Reine l’attendait.

Un peu plus tard.

▬ Non, à gauche, il faut aller plus à gauche... Pourquoi tant de zigzags, t’es pas capable de voler droit ou quoi ?! AH ! Je déteste les transports en commun...
▬ Techniquement, chérie, une bulle ne s’appelle pas « transport en commun ».
▬ Ici, si.

Zwip. La bulle choisit ce moment précis pour faire un nouvel écart. L’écart de trop. Une veine pulsa sur le front de Bird, qui attrapa fermement entre ses doigts la « peau » de la bulle. Serra. Fort. Se pencha, colla presque son visage contre sa victime.

▬ Ma chère petite chose, souffla-t-elle, avec un sourire, si tu n’es capable de faire ce à quoi ton existence même semble dévouée, alors tu mérites de te dissoudre dans de sombres abîmes jusqu’à la fin de l’éternité...

Petit ricanement sinistre. Puis grande inspiration.

▬ J’AI UNE REINE A VOIR MOI BORDEL.

Son hurlement avait dû déchirer tous les tympans présents dans le coin, mais elle n’en avait cure. Si elle arrivait en retard, ce truc, cette bulle, trépasserait dans d’horribles souffrances. Après une lente agonie. Une Reine bon sang. UNE REINE. Ou la femme la plus importante à des kilomètres à la ronde. UNE REINE QUOI. Y AVAIT-IL VRAIMENT BESOIN D’EN DIRE PLUS ? NON. TRÈS BIEN. ALORS CESSONS CE DIALOGUE DE SOURDS.

Bird arma ses poings, prête à frapper, mais la bulle n’en avait visiblement pas besoin, la douloureuse pression de ses mains machiavéliques sur sa personne et l’aura diabolique qu’elle avait senti naître avait suffi. Elle avait eu peur. Et son corps bullique avait réagi instantanément. Par un looping. Puis un autre, et encore un autre, enchaînant les tonneaux dans le ciel rose à une vitesse impressionnante. Avant de finalement se stopper sans prévenir et de reprendre un rythme plus calme.

▬ Beuh, mal au cœur...
▬ Je te le fais pas dire ma poule, j’ai envie de rendre mon déjeuner –même si j’ai jamais pu manger de ma vie, ma bouche n’est faite que d’encre après tout–...

Le gentil rythme en question ne dura pas, la bulle freina brutalement, faisant embrasser fougueusement le sol à sa passagère, avant de s’enfuir dans ce qui semblait fort être un couinement déchirant. Pourtant une bulle comme elle n’avait pas l’air de pouvoir parler. Une illusion dûe au choc, peut-être ? Très probable, on cognait un peu trop sa tête, ces derniers temps, c’était pas bon pour les neurones... Pourtant, tout fut oublié en un éclair, dès que Bird eut relevé les yeux. Ce sombre château. Pas de doutes, elle était arrivée.

▬ T’es sûr que c’est là mon cœur ? C’est grave sinistre, cette piaule, si tu veux mon avis.

Bird regarda Paï comme s’il n’était qu’un profond crétin.

▬ Évidemment, cela saute aux yeux. Cette aura...

Elle sortit le tract, le caressa du bout des doigts.

▬ C’est la même.
▬ Si tu le dis. Bon, on entre ? On se les gèle ici –même si en fait, vu mon corps, je ne possède pas de...

Ignorant son compagnon (saucissonné dans son dos par une corde, mais assez souple pour se tortiller et voir par-dessus son épaule), la jeune dessinatrice s’était avancée. Sa main s’avançait déjà vers le loquet. Quand les deux crânes claquèrent brusquement des dents, manquant d’avaler tout cru ses doigts. Bird se figea. Puis écrasa son poing pile au milieu, touchant les deux ornements à la fois. Elle avait une Reine à rencontrer. Ce n’était pas deux stupides crânes qui allaient l’arrêter. La porte s’ouvrit lentement, et Bird accueillit cette réaction avec un petit sourire aimable. Elle entra avec élégance, frémissant légèrement au lourd son de l’orgue, cachant sa main et la douleur qui grondait derrière son dos. Le coup avait été efficace, mais elle avait n’avait pas spécialement eu affaire à un doux coussin. Néanmoins... Elle fit volte-face, et avec le premier objet de décoration assez lourd qu’elle put trouver, bloqua les battants ouverts de la porte, puis coinça des choses un peu plus petites dans les mâchoires des crânes, de sorte qu’ils ne puissent plus se rebeller. Une Reine donnait un bal, cela serait impardonnable que ses invités ne puissent pas entrer à cause de deux abrutis de crânes.

Une fois assurée que ce ne soit point le cas Bird fit volte-face, traversant rapidement les lieux, sourde à toute autre chose que son objectif. Elle ne voulait plus perdre une seconde, elle pourrait bien contempler l’endroit plus tard. Il y avait plus important... Quand elle arriva dans la salle, son corps marqua un temps d’arrêt, ses yeux bleus fixés sur la seule chose qui méritait de retenir son attention pour l’instant. La Reine. Grandiose et d’une élégance sombre, à l’image de sa demeure, elle patientait assise du haut de son trône. Bird sentit son cœur faire plusieurs loopings et des pulsions assez enfantines l’animer, mais elle se retint. Ce n’était pas le moment de partir dans un trip conte de fées.

La jeune femme inspira profondément, puis s’avança. Calme, élégante, elle survola l’espace qui les séparait, gravit les quelques marches, puis se pencha. Ses doigts saisirent les griffes, faisant fi de leur tranchant, tâtonnant un instant pour trouver la bonne prise. Ses lèvres frôlèrent tout juste la peau, petit baiser papillon plus léger que l’air, avant que déjà, son corps ne se relève à moitié. Leurs mains toujours liées, sa révérence toujours présente, Bird riva son regard aux orbes d’émeraudes.

▬ Ouah, vot’majesté, z’avez une sacrée paire de... Bluaaaargggh.

Bird avait réagi instantanément, et avait saisi avec rudesse le pinceau pour écraser ce qui lui tenait lieu de visage contre le sol. Une fois. Deux fois. Levant et abattant l’impudent autant de fois que cela fut nécessaire pour qu’il se taise et ne puisse plus marmonner qu’une bouillie indicible et presque inaudible. L’air de rien, elle balança ce dernier dans un coin sombre, à l’abri de tout regard, puis revint près de la Reine, reprenant l’exacte même position, comme si rien ne s’était passé.

▬ Toutes mes excuses pour cet intermède fâcheux, il semblerait qu’un rat désagréable ait perdu l’espace d’un instant, tout sens commun quant à sa place dans l’univers.

Bird ferma les yeux. Se pencha une nouvelle fois, initiant un nouveau baise-main, sans pour autant poser ses lèvres, n’en restant qu’à quelques fins millimètres, elle murmura.

▬ Si votre Sombre Grâce peut encore supporter la vue de mon visage, qu’elle n’hésite pas, si je peux exaucer le moindre de ses désirs, ce serait avec un immense honneur que je m’exécuterais sur-le-champ. Sur ce, je me retire, en vous souhaitant une exquise soirée.

Léger sourire distingué. Ce dont je ne doute pas, semblait-il dire, puisque qu’elle est organisée par nul autre que vous-même, il ne saurait en être autrement. Sur ces mots muets, Bird inclina légèrement son visage, et se releva, descendant déjà les marches de l’estrade pour laisser tout loisir à la Reine de contempler sa salle de bal et ses invités qui ne sauraient tarder. Visiblement, Bird était la première, et tandis qu’elle posait son pied sur la dernière marche, elle en ressentit un vif contentement. Et ce malgré sa main qui saignait légèrement, pressée contre sa poitrine, pour que la noble dame ne le voit pas, la peau s’étant déchiré quand elle avait glissé le long des griffes. La douleur n’était rien. La Reine saluerait probablement bien d’autres personnes ce soir, mais elle avait été la première à lui faire ses hommages. Cela occultait tout. Cette bulle avait bien fait son travail, finalement.

Fufufu~♫
Petite Note:
Pardon, j'ai été un peu trop... inspiré. Promis, ce sera plus court la prochaine fois. NE FUYEZ PAS.
et heu. bird semble quelque peu diabolique là. diantre.

ps ; j'ai oublié de l'écrire, mais Bird porte exactement la même tenue que sur cet avatar : http://i.imgur.com/He8Ty.png
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