Il pleut des filles. [Violette]

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Le brisé
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le Dim 13 Jan - 9:22
▬ Alors tu vois, c’est l’histoire de deux loutres-ketchup-brosse-à-dents qui entrent dans un bar...

Un pas après l’autre. Un petit souffle après l’autre. Elle progressait. Lentement. Avec méfiance. Centimètre par centimètre, mètre par mètre, elle avançait. Oublié, l’idée de découverte. Cet endroit était trop. Trop. Juste TROP. Cela surgissait et bougeait de partout. Chaque bestiole qui pointait le bout de son nez était plus bizarre que la précédente, les objets étaient mutants, le ciel n’en faisait qu’à sa tête, le temps même semblait partir en vrille. Ce rêve était complètement frappé. Trop. Ce rêve, comme elle le nommait maintenant, sonnait comme un étranger. Ses rêves. Ses rêves à elle, ils n’étaient pas comme ça, pas aussi...

▬ Alors elle lui dit « Hé, tu aurais pas de la sauce ? »...

Sa chaussure glissa sur l’herbe. Bird tituba, serra plus fort le pinceau-katana contre elle, reprit sa route. Le sol était vert, étrangement normal. S’il n’y avait pas eu le ciel puzzle géant et sa lumière rose, l'endroit aurait pu paraître vrai. Réel. Quoiqu’un peu trop immense. Mais il y avait des coins désertiques, dans le monde. Ce n’était pas grave. Ce qui clochait, c’est que rien ne clochait. C’était que Paï était toujours là, que le ciel était toujours là, et qu’elle n’était donc pas réveillée. Pour arriver ici, elle avait dû braver moult attaques en tout genre, du pied-de-lampe-trombone-cymbale, en passant par la couette de lit en fourrure étrangleuse, et en terminant par une armée de logo Windows belliqueux. Et là, plus rien, pouf, magie, envolée. Le calme planait depuis son entrée dans cette plaine.

▬ ...ET DONC LA CHAUSSETTE. Tu vois, la chaussette ?! Hahaha ! ...Hé, tu m’écoutes ou pas ?

Sauf Paï qui parlait, parlait, et parlait. Il n’avait pas arrêté depuis leur rencontre en fait, surtout que sa nouvelle amie ne semblait pas vouloir l’arrêter. Bird avait bien trop à penser pour prêter attention à ce bruyant personnage. Sa dernière tirade lui arracha tout juste un petit hochement de tête. Et voilà qu’il repartait. Celui-là alors... Les créatures de rêves n’avaient-elles donc personne à qui parler ? Pourquoi fallait-il que ça tombe sur elleeeeeeeeee... Vlan. Notre exploratrice du dimanche venait de se rétamer en beauté sur ce qui semblait être un nénuphar géant. Qui n’était pas présent il y a une seconde. Elle en était certaine. Et un nénuphar, ça avait besoin d’eau. Là, on aurait dit qu’il poussait directement sur le gazon. Louche. ET SA TAILLE. Oh mon dieu, sa taille. Il était énorme. Tellement que le rebord l’avait fait s’étaler sur place.

Les cheveux en désordre, un air si surpris qu’il en était comique sur le visage, Bird ressemblait à un petit oisillon ébouriffé, choqué face à l’une de ses découvertes dans son exploration du vaste monde. Et la suite n’allait pas arranger les choses. Un sifflement aigu résonna, un vaste appel d’air, et une chose percuta à pleine vitesse le centre du nénuphar. Vive trainée violette, qui déjà repartait dans les airs. Okay. Visiblement, ce nénuphar faisait aussi office de trampoline. Certes, pourquoi pas. Hahahaha. Non, Bird, reste zen, et observe calmement la fille rebondir sur son nénuphar comme un jouet pour chat sur le sol... La fille ? UNE FILLE ?

▬ Oh mon dieu, il pleut des nichons ! Béni sois-tu ciel rosé !

Seigneur. Une fille. Qui rebondissait, encore et encore. Trop vite. Bien trop. Peu à peu, elle déviait, et… Si on ne faisait rien, elle risquait de s’écraser sur le sol d’une seconde à l’autre et de se faire sérieusement mal. Littéralement électrisé, Bird sauta sur ses pieds, balança Paï et se jeta en avant. Avec un sens du timing plutôt surprenant, elle réussit à rattraper la malheureuse au vol, et à lui éviter d’embrasser la pelouse à l’atterrissage avec un habile roulé-boulé, la serrant bien contre sa poitrine. Elle, par contre, ça ne loupa pas. Y avait que dans les films qu’on s’en sortait bien avec ce genre de cascade. La jeune femme cracha un peu d’herbe, secoua la tête, et leva les yeux vers sa cible, qui par un hasard fort douteux se retrouvait maintenant confortablement assise sur son dos. Dieu seul sait comment cette roulade avait pu finir comme ça. Enfin, l’essentiel, c’est qu’elle allait bien. Paï, en revanche hurlait plus loin, mais ce n’était pas bien grave. Comme le gazon qui avait l’air d’onduler telle l’échine d’un matou qu’on caresse, juste en dessous. Seule comptait la jeune fille à la longue chevelure violette.

▬ Vous allez bien, mademoiselle... ?

Crac. Tiens. Un truc venait de craquer. Quelque part.
Baf, ce ne devait pas être bien important.

N’est-ce pas ?
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Le matheux
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le Lun 14 Jan - 20:35

ACTE 1, SCÈNE 2 ▬ falling in adventure
bird & violette, à la plaine à vagues - narrateur à la première personne




« Am, stram, gram… »

En fait, je pensais que la chute serait longue ; je me disais qu’il n’en faudrait pas plus de trois secondes pour retomber sur le sol, sur cet arbre que j’avais tant convoité. Il n’en fut rien. Cela faisait dix minutes que je me voyais flotter dans les airs, portée par un doux vent, les deux bras écartés et le corps voltigeant de tous les côtés. Quelle douce sensation, ah, que celle de voler ! Que les oiseaux devaient se sentir libres ! C’était définitif ; ce monde, je l’adorais. Si au début j’étais blasée à l’idée d’avoir perdu mon portefeuille – c’était plus la décoration que l’argent qui comptait – je me fis vite à la résolution que j’en trouverai un autre, et que si je ne trouvais plus mes proches je pourrai aisément me lier d’amitié avec toutes les créatures qui peuplent.

Mais dix minutes, c’était trop. J’en avais assez de voir sans arrêt le même paysage défiler sous mes yeux. J’en connaissais déjà chaque recoin. Voler, c’était nul, en fait. Comme quand on conduit une voiture ; au début, on s’éclate à appuyer n’importe où et à tourner dans tous les sens en découvrant la sensation de vitesse, et au final l’action de bouger le volant devient un automatisme lassant. Je savais déjà éviter les livres ailés – ils n’ont aucun sens de la politesse – et exécuter quelque pirouette pour contourner la trajectoire d’une tribu de jean rouges enragés. Plus aucun défi, zéro difficulté. Je n’avais plus qu’à me laisser tomber et espérer que mon supplice cesse bien vite.

« Pic, et pic, et…. ---- »

Soudain, je perdis l’équilibre, et tombai à toute vitesse. Certes, j’avais dit pic, mais cela ne signifiait pas « tomber en pic » ! Je priai pour atterrir sur quelqu’un ; ce serait marrant, tiens, ce genre de trucs qui n’arrivent que dans les films ! Au bout de trois misérables secondes, mon dos heurta une surface élastique, qui me renvoya bien vite de là d’où j’étais venue. Chouette, un trampoline ! Savourant l’instant – pas tous les jours qu’on a la chance de rebondir aussi haut ! -, je ne m’inquiétais pas le moins du monde de ce qui pourrait exister autour. Quelle importance ?

Sauf que sauter, c’était lassant. Terriblement lassant. Trajectoire rectiligne, uniforme, sans courbe et sans aléas. Un truc non-identifié me percuta par le bas avant que je ne revienne en bas. Et je reconnu aisément la surface du sol. Dur, plat, inintéressant. Je voulais bouger, changer, aller plus loin, moi ! Pourquoi pas commander un chat d’assaut ? Un chat d’assaut sous l’eau, alors. Ou bien, me transformer en sirène et me baigner dans la lave ! Essayer de recouvrir tout mon visage de coquillages, me cacher sous le sable d’une plage azurée, et agresser comme un gorille tous ceux qui passeraient, dans le simple plaisir de constater l’effet que ça faisait. De l’adrénaline. Tout le temps, partout, mais jamais la même.

« Vous allez bien, mademoiselle... ? » lança une voix.

La voix en question ne me disait franchement rien. Tant mieux ! Un nouveau visage, peut-être ? Sûrement, ou ça avait intérêt. Je me relevai, tournai la tête, et vis une jeune personne allongée par terre. Le bronzage, c’est ringard. Le bronzage quand il n’y a pas de soleil, ça, par contre, c’est intéressant ! Cependant, la personne qui le pratiquait, elle, était dénuée d’intérêt. Des cheveux noirs, justes noirs. Des yeux foncés, sans aucun éclat particulier. Des vêtements de sport, juste de sport. Aucun faste. Je sus que je l’oublierais dans l’instant, sans chercher à la connaître, bien qu’elle eût l’attrait de ces gens difficiles à déterminer, parce qu’ils ne s’affichaient ni clairement en homme, ni distinctement en femme. Et puis, sa façon de parler, ce qu’elle ou il avait demandé ; classique, classique, horriblement classique ! Pourtant, il fallait bien lui répondre.

« À merveille. » répondis-je d’un ton sec avant de détourner mon attention.

Parce que quelque chose l’avait prise impitoyablement dans ses filets. Plus loin, là, par terre aussi, un pinceau. Mais en fait, non, ce n’était pas un pinceau. C’était aussi une épée. Et ça semblait vivant. Intéressant. Ma langue n’eut pas le temps de gigoter dans ma bouche, j’avançai sourire franc à sa rencontre. L’objet en lui-même ne m’éveillait aucun intérêt ; j’étais cependant exaltée à l’idée de le posséder, de l’essayer, de voir seulement. Ça pouvait tuer quelqu’un ? Ça pouvait faire un tableau ? Il aimait la gouache ? Il aimait la littérature allemande ? Et le cake ? Trop de questions existentielles pour que je puisse en choisir une. Tel un enfant à la vitrine d’un magasin, obnubilé par le dernier jouet à la mode – le plus cher, que tous les autres voulaient aussi -, je ne pus réprimer ni les étoiles qui me venaient aux yeux depuis tout à l’heure, ni cette envie irrépressible d’emporter ce drôle instrument avec moi, ou bien de le lancer comme un javelot pour faire comme si c’était les jeux olympiques.

L’espèce de pinceau s’exprima. Peu importait ce qu’il avait pu dire. C’était juste génial, un pinceau-épée bavard ! … Je n’eus malheureusement pas le temps de lui témoigner mon admiration, puisqu’un grondement sourd retentit juste à côté. Bon signe… Le cor de l’aventure résonnait, non loin, juste au creux de mes oreilles.

Je fis volte-face. Un nénuphar, grand et agité, commençait à exhiber deux lèvres pleines d’épines fuchsia, et se relevait sur ses deux sabots dorés. Trois mandibules gigantesques venaient orner cet être surnaturel. Il n’était pas là tout à l’heure, me semblait-il. Sinon je l’aurais aperçu, puisqu’il mesurait le double de ma taille.

« La vache ! Ça en jette ! Tu trouves pas ? »

Dans un élan d’entrain, oui, j’avais même daigné trouver de l’intérêt à cette personne banale. Elle m’ennuyait, mais je tentais de la convertir à ma joie.

Y serait-elle sensible ?





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Le brisé
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le Sam 19 Jan - 18:53
Oh, douce fleur délicate.
Une rivière violette, des orbes roses, une voix comme du cristal. Une jeune demoiselle, aussi belle et fraîche qu’une fleur des champs, tombée du ciel, comme par magie. Derrière une expression neutre de façade, les yeux de Bird brillaient, et on pouvait presque sentir des petits cœurs flotter à côté d’elle. Finalement, ce rêve était tout à fait charmant. Et elle allait bien, comble du bonheur. Le contraire aurait été impardonnable. Pour elle-même. Les filles ne devaient être blessées, en aucun cas, et surtout pas à cause d'un manquement de sa part. Il fallait les dorloter de la tête aux pieds, les protéger et les chérir, ne jamais les abandonner... Jamais.

Toute à sa rêverie, la nouvelle dessinatrice ne fit pas attention à l’échange entre Paï et la cible de ses pensées. D’ailleurs, personne ne sembla s’y intéresser, pas même l’une des deux protagonistes. Ce que déclara le pinceau fut donc totalement ignoré par tous, sauf Paï himself, bien sûr. Et il le valait mieux, pour le bien universel des bonnes mœurs. Comme le fait que l’objet ne possède point de bras, sinon il aurait bien mis sa demande à exécution, vu la façon dont ladite fille semblait enthousiaste. Machinalement, Bird se dirigea vers le pinceau, qui attendait toujours, frétillant. Son visage d’encre se fana quand il comprit qu’il n’en serait finalement rien, et se laissa soulever sans un mot. Il baragouina quelques mots inaudibles puis se mura dans un chagrin boudeur. Son abattement était tellement exagéré qu’il suscitait plus le rire que la pitié mais ça aussi, personne n’y fit attention.

Parce qu’un truc venait non pas de craquer, mais de gronder. Sourdement. Puissamment. Traduction : c’était juste derrière eux.

Bird fit volte-face, pétrifiée. Le nénuphar était debout. Et il avait des dents. De grandes dents. Enfin, plutôt des épines fuschia. Mais quelle importance. C’était énorme, ça bavait un peu, et ça avait des pieds. Traduction : c’était visiblement soit en colère, soit affamé, soit les deux, et ça avait des pieds, donc, ça pouvait courir. Conclusion : ça craignait. Grave.

L’échine de la jeune femme sembla se hérisser, et son pivotement vers sa camarade sembla quelque peu raide et saccadé. Comme un robot mal branché. Elle tendit la main, attrapa celle de l’inconnue, se pencha très légèrement, toujours avec les mêmes mouvements entrecoupés.

▬ Je me nomme Bird, et notre rencontre est un délice des plus exquis, mais...

Très rapide coup d’œil derrière son épaule.

▬ Je suggère que nous décampions. Séant.

Et, exceptionnellement, pour leur survie à tous, Bird ne laissa pas le temps de répondre à qui que ce soit. Elle coinça le pinceau sous l’un de ses bras, utilisa l’autre pour tracter la douce fleur champs, et se mit à courir très très vite. Intérieurement, son cerveau avait poussé un très long « Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » à la découverte de la chose, mais maintenant, si elle semblait un brin pressée, elle était aussi calme que l’on pouvait l’être dans une telle situation, quand on venait de la planète Terre et qu’on était à priori une personne à peu près saine d’esprit. En gros, oui, elle suait, oui, c’était peut-être pas l’attitude la plus chevaleresque qui soit, mais non, elle ne resterait pas plantée comme une cruche à attendre que la mort les fauche. Personne ne mourrait devant ses yeux, que ce soit un rêve ou pas. Elle ne le supporterait pas.

Bird enjamba un nénuphar encore sur le sol, tel un athlète.

Plus jamais.

Sauf qu’il était gros, et que son pied retomba en son centre. Et que l’effet trampoline semblait avoir gagné en intensité. Le trio s’envola dans les airs, moins haut car avec moins de force que tout à l’heure, mais quand même. Crac. Le nénuphar qui s’était fait lui aussi marcher dessus, venait de se relever. Bam. Et un autre, et encore un autre saut. Cela se transformait en course lunaire, avec un « sol » qui n’appréciait pas vraiment la chose. Certains se relevaient même avant, maintenant, ce qui n’empêchait pas Bird de s’en servir comme tremplin, les dirigeant de végétal en végétal, adoptant des trajectoires aussi folles que précipitées. Tout, tout, pour sortir de là. Paf, une poussée de l’épaule par là, paf, une poussée du pied par-ci. Après une longue course assez éreintante pour ses nerfs, la jeune dessinatrice finit enfin par apercevoir de l’herbe non occupée par ces nénuphars carnivores.

Oui mais.
Elle n’avait pas prévu, ou plutôt pas fait attention, qu’en posant le pied sur ce coin salvateur, elle avait aussi écrasé une pâquerette. Une simple petite pâquerette blanche.
Qui se mit à hurler en russe.

Et qui fit sortir de terre une quantité innombrable de ses consœurs. Se tenant sur deux brins de racines, utilisant deux feuilles comme deux bras, elles levaient maintenant des petites épines orange dans leur direction, furibondes. La chef, celle avec une trace de chaussure sur la figure, brailla un ordre en russe. Et la petite armée chargea.

Bird pivota de 90° degrés et se remit à courir.
Elle fuyait comme si sa vie en dépendait devant une armée de pâquerettes russes.

Ce rêve était vraiment. DINGUE.
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Le matheux
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le Sam 26 Jan - 0:22

ACTE 1, SCÈNE 2 ▬ falling in adventure
bird & violette, à la plaine à vagues - narrateur à la première personne





Je la trouvais mignonne, cette bestiole, moi, et si je ne songeais certes pas à l’adopter ou en faire mon nouvel oreiller, peut-être avais-je cette curiosité qui m’aurait poussée à lui demander de prendre en thé pour répondre à toutes mes questions. Que l’autre, l’Inintéressante personne, se retourne en vitesse ou semble apeurée, je m’en souciais si peu. Qu’elle ait peur, c’était son problème ; la peur devant l’inconnu était bien trop has been pour qu’elle m’évoque une quelconque fascination.

Avec empressement, mais non sans cette délicatesse si affligeante, l’Ennuyeuse me saisit la main et se présenta. Bird, c’était trop commun, et pourtant trop anormal pour être ignoré. Pourquoi juste « Bird » ? Pourquoi pas un prénom normal, avec un nom normal ? Pourquoi pas Hamster ou Manteau ? Je n’eus le temps de me livrer à aucun interrogatoire, car sitôt l’inconnue nommée, celle-ci m’entraina sans me demander si, moi, je n’avais pas envie de faire la connaissance de ce charmant nénuphar.

La course fut folle et endiablée. Je me laissais porter par cette poigne dure ; Bird me trainait plus qu’elle me voyait courir à ses côtés. Elle sauta sur un nénuphar, reproduisant l’effet trampoline qui m’avait tant lassée. Je fus exaspérée de voir que le même schéma se répétait tel une boucle : et hop, Violette, que tu es projetée en l’air grâce à ta camarade infortune, hip que tu redescends et constates à nouveau que la plante s’est transformée en monstre intriguant, qu’une course folle et endiablée s’engage encore et toujours, avant d’être de nouveau expédiée en direction des cieux. Je ne voyais plus de fin à ce cercle d’ennui.

Il s’acheva bien, au bout d’un moment. Nous atterrîmes dans un coin d’herbe normal. C’est-à-dire sans tout ce qui aurait pu prolonger ce cercle vicieux.

« Violette. J’aime bien les sauces mexicaines, j’en ai goûté 241 sortes différentes. »

C’était une présentation sommaire, originale et concise ; je détestais plus que tout me rabaisser à donner mon nom ou mon âge, voire même ce que je faisais dans la vie ! À quoi bon ? Je pensais qu’il serait plus intéressant de connaître ma passion des épices ; ça, au moins, ça servait, on pouvait le redire dans un restaurant ou au cours d’une conversation anodine. Des gens qui ont 19 ans, on en croise partout. Des gens qui en savent autant sur ces saveurs, au point d’en avoir goûté 241, on en trouve moins.

Mais je n’eus pas le temps de découvrir la réaction de Bird. Elle écrasa une misérable pâquerette qui, cela me semblait tout à fait probable (« dans la vie, si tu veux t’imposer, te laisse pas marche dessus » dit-on souvent), se mit en colère et décida de demander de l’aide à des amies. Super ! Cela promettait un combat digne de grandes épopées ! Comme dans la guerre froide, où les armées sud-vietnamiennes s’opposaient dignement aux Soviétiques venus faire un coup d’état chez eux, comme à Stalingrad où les Russes parvinrent à rapatrier les Allemands jusqu’à Berlin, c’était un moment historique. Mieux que la guerre des étoiles et la guerre des boutons, la guerre des pétales.

Nom-de-piaf ne sembla pas en penser autant. Dommage. Je me passerais de ses services ; profitant de sa précipitation, je me défis de son entrave en route et retournai à l’assaut des fleurs. Je voulais bien signer un traité pacifiste, par exemple on leur accorderait la moitié de la plaine en nous réservant l’autre, mais leur attitude furieuse me convainquit de me jeter sur elle avec fougue.

Criant fort à l’intention de Bird, au cas où elle m’entendrait, je m’exclame alors.
« C’est la première fois de ma vie que je suis menacée de mort par une pâquerette, je peux pas laisser passer ça ! Si tu viens, je t’en laisserai une. Sinon tant pis, je m’amuserai toute seule ! »


Je n’eus cependant pas assez de prudence pour éviter la baffe virulente d’une ennemie qui venait d’arriver derrière moi. Projetée à terre, je n’eus pas peur. J’étais beaucoup trop émerveillée par la puissance de frappe. Une épine manqua de me transpercer l’œil, m’arrachant plutôt quelques précieuses mèches de cheveux. Attirées par l’altercation unilatérale, d’autres plantes débarquèrent en force et se joignirent à la ronde. Le challenge, le vrai… Je me prenais au moins cinq coups sur six, évitant de justesse le dernier, et quand l’idée que finalement, se faire catcher par des végétaux, ce n’était pas si marrant que cela semblait être, cessa de provoquer de l’engouement en moi, j’optai pour une stratégie de repli. Sauf que. Les nénuphars, eux aussi, ils assistaient au spectacle. Tels des supporters enragés, ils ne me laissèrent aucune échappatoire.

L’adrénaline, la peur, le stress, la douleur. Tout cela ne parvenait pourtant pas à supplanter ma raison de vivre, mon essence même ; le changement. Un changement qui commandait tout. Celui-ci qui me forçait à ne pas abandonner, car c’était juste cliché et habituel. Résister, pourtant, c’était tout aussi risible. Il fallait trouver un moyen de s’en sortir avec originalité. Aaah, si l’autre avait cette finesse, elle aurait pu tenter une arrivée magistrale à coup de pinceau, jaillir du néant. Et si elle s’était enfuie ? Probablement. Sûrement. Elle devait être loin. Ce qui m’attristait le plus était de ne plus revoir le pinceau-épée-qui-parle. Sauf si ça poussait dans les arbres – une probabilité intéressante – il serait peu envisageable de le recroiser.

Avant de me laisser bêtement avoir par ces photosynthétiseurs naturels, je me décidai à agir. Le souvenir d’un saucisson rose, aussi solide qu’une plaque de bois, planqué dans ma poche –cette robe en possédait plusieurs - m’apparut alors. Il était là depuis longtemps, celui-là, je l’avais même minutieusement inspecté à mon arrivée. Et je l’avais oublié parce qu’il ne causait pas, n’explosait pas, ne dégageait rien d’autre qu’un parfum de rose, et ne ressemblait à rien d’autre qu’un bâton mangeable. Je l’extirpai de sa prison de tissus. Bon, une portée phénoménale de vingt centimètres, c’était toujours ça.
On pouvait essayer.





« C’était une mauvaise idée en fin de compte. Mais c’était fun ! »
Je regardai Bird droit dans les yeux, assise dans un coin. Finalement, j’étais plutôt heureuse d’être tirée d’affaire, au calme pour probablement si peu de temps par rapport à celui qu’il faudrait pour discuter plus amplement. Oh, oui, pour une fois, j’étais revenue sur cette affirmation qu’elle serait lassante. Je l’appréciais, ou plutôt j’appréciais le fait qu’elle m’était pour le moment inconnue. Un verre qu’on venait d’attaquer, sans savoir de quoi il serait rempli. Pourtant, une dernière vérification était nécessaire avant de savourer pleinement.

« Que penses-tu de cet endroit ? »

Je dirigeai mon regard en direction du ciel. Inconstant, sans arrêt différent. Mes yeux dévièrent vers le paysage, sur les dangers qui y rodaient. L’inconnu était partout, inondant chaque centimètre, tant que le changement recouvrait le moindre fragment de cet univers. Loufoque, et alors ? S’il fallait être loufoque pour ne jamais s’ennuyer, c’était le prix à payer.


« Moi je l’aime beaucoup. »
Sourire étincelant en prime. Et pourtant.

Jamais je n’aurais pensé à un changement qui puisse être contraint, involontaire, une évolution que je regretterais.





© eelis


Alors, l'ellipse, c'est justement pour te laisser inventer ce que tu veux, je voulais pas m'étendre là-dessus pendant trois plombes. =) Hésite pas à faire une scène rocambolesque, il faut juste savoir qu'à la fin Violette est en vie et qu'elle s'intéresse -enfin- à Bird. Désolée si mon style est assez lourd en ce moment ewe
Bref si un truc va pas tu me dis ♥
ET SORRY DU RETARD ! En fait j'étais juste bloquée sur la première phrase, c'est bête mais si je n'arrive pas à commencer je bloque pour la suite ^^"
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Quand il veut bien mettre sa couleur, Al écrit en darkorange.

Superbe fansong faite par Gunnel ♥️ :
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Le brisé
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le Sam 2 Mar - 17:52
▬ La vache, t’as une tête affreuse.

Ce pinceau était décidément d’une délicatesse à toute épreuve. On se demandait encore comment et pourquoi il était encore là, et non balancé simplement dans un coin. Bird ne le savait pas elle-même. Peut-être qu’elle avait besoin de quelque chose à quoi se raccrocher. Littéralement. Elle avait failli se faire bouffer par une énorme fleur, il y avait pas dix minutes. Maintenant, c’était le calme après la tempête. Ou avant. Elle ne savait pas trop, et ne voulait pas savoir. Elle voulait... elle voulait rentrer. Se réveiller. Sortir de ce rêve trop vrai, trop puissant. Et se laver les cheveux. Bird leva l’une de ses mains et l’agita devant ses yeux, contemplant d’un air dégoûté l’espèce de substance verte, épaisse, collante, et d’une couleur radioactive, qui en dégoulinait. C’était du... sang de plante. En quelque sorte, c’était une bonne chose. C’était pas rouge, ce n’était pas son sang à elle. Pourtant, elle saignait aussi.

Son corps était parcouru de coupures, de débuts de vilains bleus, et il lui manquait au moins un tiers de cheveux : l’une des plantes avait bien failli tout bouffer, elle comprise. Elle pouvait dire merci à ses réflexes. Et à Paï, qu’elle avait dégainé, au beau milieu du carnage, dans un état quasi second. Sans le pinceau, elles ne seraient peut-être plus là. Toutes les deux. Elle et Violette. Ha, Violette. Elle semblait dans son élément, et même couverte de fluides végétaux en tous genres, elle discutait avec autant d’aisance que si toute cette plaine n’avait été qu’un simple café.

Bird, par contre, c’était pas trop ça. Elle était secouée. Déphasée. Même en présence d’une de ses pourtant précieuses demoiselles, elle semblait comme absente. Elle écoutait d’une oreille distraite, en hochant la tête, les yeux fixés sur ses doigts, qui pianotaient sur les lambeaux de son pantalon. Les deux dessinatrices étaient assises sur des espèces de souches mortes, d’un rose douteux presque rassurant, accompagné de pois violets. La plaine était calme, étrangement calme. Des morceaux de plantes diverses gisaient encore un peu partout. Comme les crevasses dans la terre, qui ne s’étaient pas refermées. On aurait dit que quelqu’un avait appuyé sur le bouton pause. Ou que c’était le temps de chargement entre deux cartes, deux affrontements. Bird n’avait pas spécialement envie d’attendre le deuxième round. Elle n’était pas en état. Comme elle n’était pas non plus forcément en état de bouger. Il le faudrait bien, pourtant.

▬ Que penses-tu de cet endroit ?

Bird secoua la tête. Ne répondit pas. Ou peut-être bien qu’elle l’avait fait, au contraire, juste par son geste.

▬ Moi je l’aime beaucoup.

Elle avait failli mourir. Elle avait eu mal. Mais elle l’aimait beaucoup.
Violette était faite pour cet endroit.
Bird ne l’était pas.

Le petit oisillon secoua de nouveau sa tête, faisant dégouliner un peu de liquide vert le long de son nez. Elle ramassa Paï, posé contre la souche, et sembla épousseter ce qu’il restait de ses affaires. Relevant la tête, elle fixa brièvement la jeune femme aux cheveux violets. Puis elle lui tendit la main, le corps légèrement incliné vers l’avant.

▬ Laissez-moi vous escorter jusque...

Jusque quoi, Bird ? En sécurité ? Penses-tu vraiment que ce soit possible ? Tu te mords légèrement la lèvre inférieure, prend une petite inspiration, et reprend, te corriges.

▬ Vous escorter un peu.

Jusqu’à croiser quelqu’un, ou jusqu’à ce que Violette ne lui fausse compagnie.

L’oiseau, en réalité, ce n’était pas elle, mais Violette.
Impossible de la mettre en cage, tu pouvais juste l’accompagner, un peu, avant qu’elle ne s’envole.

Sans toi.


CLOS. ♥


Suite à cette rencontre, on ne revit plus Bird, qui disparut dans un recoin sombre de l'Esquisse. Comme tant d'autres. Morte, probablement.
HRP : Bird n'est définitivement plus, et en gros, le compte est maintenant occupé par un être qui n'a rien avoir avec elle.
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Diablo préfère survivre plutôt que d'utiliser une couleur.
(Alors il parle juste avec [b]).
Survivre.
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