L'épopée épique de deux jeunes (anti)héros ▬ Striky.

avatar
Messages : 1025
Date d'inscription : 18/06/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 17 Fév - 14:05
‘‘Je vais toujours là où il ne faut pas aller.
Je cours vers ces endroits où les autres ne vont pas, par curiosité ou bien par hasard, tout simplement. Je vais là où ils ne vont pas, là où je devrais m’éloigner peut-être. Mais j’y reviens toujours. Inexorablement. Inlassablement. Poussée par un instinct contraire à l’instinct.
Peut-être est-ce par masochisme, bien que je ne me sente pas de ce bord-là.
Ou alors, c’est tout simplement de la malchance. J’imagine que je n’ai jamais eu beaucoup de chance dans la vie, alors ce doit être ça.

Toujours est-il que j’étais maintenant coincée entre deux camps, sur un champ de bataille où les objets étaient fous. Enfin, fous… Plus que d’habitude en tout cas. Des pantins en bois articulés surmontés de chapeau faits d’engrenages lançaient des boules puantes aux couleurs psychédéliques à des services à thé faisant deux fois leur taille, voire plus. Ça se battait de tous les côtés, et pourquoi ? C’était bien ce que je voulais savoir. Peut-être n’y avait-il même pas de raison, ou alors quelque chose de tellement farfelu que cela enlevait toute raison.
On était à Esquisse, après tout. Et j’avais décidé de prendre le message de la Voix au sérieux.

J’avais eu vent d’une certaine rumeur parlant d’un hôpital, et avait donc décidé de partir à sa recherche, histoire de ne plus considérer mon bras droit comme un fardeau. Celui-ci était d’ailleurs en train de prendre une étrange couleur violette, ou verdâtre… Peut-être marron. En tout cas il n’allait pas très bien et continuait de me faire souffrir, même si la chaussette m’aidait à supporter la douleur et je m’y étais habituée. D’ailleurs, en parlant de chaussette, celle-ci était parfois un peu trop bruyante à mon goût. En plus elle (enfin, il) oubliait toujours mon prénom.

« Bernadette ! Il est d’une extrême urgence de sortir de ce guêpier avant que nous trépassions !
- C’est ce que j’essaie de faire depuis tout à l’heure, mais il semblerait que ce ‘‘guêpier’’ n’ait pas de fin !
- Dans ce cas, faîtes en sorte d’en trouver une, saperlipopette nom d’un petit bonhomme de bois ! Et dépêchez-vous, Saturnine, avant que je ne m’énerve !
- Comme si ça me faisait quelque chose… Vous êtes une chaussette, hein… » lui répondis-je, irritée, continuant de courir comme je le faisais depuis un bon bout de temps.

L’un des avantages d’être à Esquisse, c’est qu’on pouvait parfois ne pas ressentir la moindre sensation de fatigue ou de faim. Et ça, il fallait bien le reconnaître, c’était plutôt cool et ça m’avait bien servi en de nombreuses circonstances ! Le problème, c’est que cette sensation arrivait quand même tôt ou tard… Et le plus souvent au mauvais moment. Par exemple quand vous êtes coursé par des autruches aux couleurs criardes avec des antennes de radio sur le crâne et des yeux tout blancs.

Cette sensation fut tellement violente, tellement surprenante que je m’écroulai à terre, la gorge chaude, le souffle coupé, le muscle cardiaque battant à tout rompre comme s’il voulait s’échapper de la cage thoracique. Je sentais ses battements partout dans mon corps tremblant et douloureux.

« Ça craint… dis-je d’une voix essoufflée.
- Cassiopée ! Relevez-vous immédiatement ! » hurla la chaussette blanche.

Je ne l’écoutai pas, ne pouvant plus faire un geste sans que cela ne me fasse atrocement mal. J’entendais les bruits de pas derrière moi, et je me surpris à prier, même si j’étais athée. Par pitié. Que quelqu’un me vienne en aide.


#B0CC99 ou #667f53

Fansong Striky x Anna par Striky herself **





avatar
Personnages : Striky
Messages : 260
Date d'inscription : 22/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 4 Mar - 19:53

C'est un endroit pour moi !

#1

Striky regardait autour de lui avec un air éberlué. Il n’avait jamais rien vu de pareil. Mais alors jamais ! Pourtant, il en avait croisé, des machins bizarres : coccinelles bleu électrique géantes, distributeur ailés acariâtres, chaussures à pieds … avec des chaussures ! Bref, il n’aurait pas dû être si surpris que ça … Ca faisait bientôt dix minutes qu’il était planté là, tournant la tête de droite à gauche, comme avant de traverser une route, sauf qu’il n’y avait pas de route, juste un énorme tohu-bohu qui semblait ne jamais devoir s’arrêter.
Il finit par reprendre ses esprits. Le bazar qui régnait devant lui ressemblait fichtrement à un champ de bataille … Et qui disait champ de bataille disait blessés (ou morts, mais bon) ; et qui disait blessés disait besoin d’aide ! Ah ah, là, il était en terrain connu, enfin, façon de parler.
Il prit son courage à deux mains (il l’aurait bien pris à trois mains ou quatre, histoire que ce dernier ne s’échappe pas, mais il n’avait que deux mains, il fallait faire avec) et se dirigea vers la bataille. Il évita de justesse un boulet de canon poilu qui laissait une traînée arc-en-ciel derrière lui, mais du même coup, trébucha sur un minuscule poussin en armure qui brandissait une épée rouillée, minuscule elle aussi.

« Vous pourriez faire attention ! » couina le poussin.

« Toutes mes excuses, je ne vous avait pas vu, euh, vaillant chevalier. »

En entendant le « vaillant chevalier », le poussin bomba fièrement le torse et s’élança vers une bouilloire de la taille de Striky en poussant un cri de guerre aigu. La bouilloire le jaugea de ses petits yeux cruels avant de le gober tout rond.
Striky déglutit péniblement et reprit son chemin en évitant du mieux qu’il pouvait les projectiles qui volaient en tous sens.

« Cassiopée ! Relevez-vous immédiatement ! »

Striky dressa l’oreille. Juste avant ce cri indigné, il avait cru entendre, dans le chaos ambiant, comme un gémissement. Il fouilla rapidement les environs du regard et n’eut aucun mal à voir la jeune fille prostrée au sol. Il accourut aussitôt.

« Jeune damoiselle ! Avez-vous besoin d’aide ? Vous me semblez un peu, euh … »

A ce moment, il vit le bras de l’adolescente, vaguement tordu et d’une couleur indéfinissable. Il déglutit à nouveau. Il avait cherché des blessés pour les aider, mais il n’avait pas réfléchi au fait qu’il n’était pas médecin et que toute la bonne volonté du monde ne peut pas guérir à elle seule un bras cassé …
Il se rendit compte qu’il avait laissé sa phrase en suspens et la termina dans un filet de voix.

« … euh, verte. Ou marron. J’ai du mal à voir. »


Dernière édition par Striky le Mer 24 Juil - 18:07, édité 2 fois
avatar
Messages : 1025
Date d'inscription : 18/06/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 7 Mar - 13:50
« Jeune damoiselle ! Avez-vous besoin d’aide ? Vous me semblez un peu, euh … »

Sonnée par la douleur qui au fur et à mesure devenait de plus en plus sourde, je sursautai à peine lorsque j’entendis cette voix. Masculine, un peu hésitante. Je pris mon courage à deux mains (même si l’une d’elles n’était pas tellement utilisable, vu le simulacre de ligaments auxquels elle était attachée), et me relevai sur un coude pour me retourner et regarder le jeune homme. Je souris. Il devait avoir à peu près mon âge, et puis il avait une belle couleur de cheveux. Un bandage sur les yeux. Ce devait être un héros, lui aussi ! Car moi aussi, j’étais un peu une héroïne. Du moins, j’essayais de l’être malgré tout. Peut-être ne voulais-je pas voir que je n’étais qu’une pauvre humaine en perdition dans un monde perdu. Mais peu importait. J’étais contente qu’il y ait une présence humaine (ou du moins, y ressemblant fortement) et à première vue à peu près saine d’esprit, autant qu’on pouvait l’être dans l’Esquisse.

« … euh, verte. Ou marron. J’ai du mal à voir. »

Je me contentai d’un pauvre sourire pour lui répondre. Pour une héroïne, il était vrai que j’étais en mauvais état. Mon bras prenait la couleur qu’il lui plaisait selon les jours, mais il était toujours aussi tordu. Ça commençait à devenir sérieusement oppressant. La chaussette se mit à parler pour moi :

« Eh bien, ma compagne de route ne semble pas vouloir vous répondre ! C’est plutôt impoli, mais je vais répondre à sa place, elle est très timide vous savez. Donc je me présente, duc Conrad Effilé-Jus de Chaussette. Et elle, c’est ARGL…
- Agent Puce-117. Enchantée ! » dis-je en serrant la partie de la chaussette qui lui servait sans doute de cou.

Je n’avais pas envie qu’il m’appelle par un autre nom que le mien et mon réel pseudonyme. Je ne voulais pas perdre mon identité, que ce soit celle d’origine, Annabelle Roziers, ou celle que je m’étais inventée, Puce-117. Tous les matins, quand je me réveillais, je me répétais sans cesse qui j’étais, et j’essayais de me remémorer mon passé, l’avant-Esquisse. J’avais peur que ce monde, aussi génial soit-il, me prenne ce qui me restait. C’était pour ça que je m’étais engagée aux côtés de Maître Krueger. Pour moi, il représentait un espoir, une échappatoire peut-être, quelque chose en laquelle je pouvais croire, croire qu’on pouvait dominer l’Esquisse malgré tout. Et même après tout ça, j’y croyais encore. Je me relevai sur une main en me tordant le dos, grimaçant à cause d’une douleur à la colonne vertébrale, manquant au passage de me faire décapiter par un hérisson vert volant sur un avion à réaction deux fois plus petit que lui. Je fis un sourire rassurant au jeune homme à l’apparence héroïque, puis dis :

« Et toi, tu t’appelles comment ? On ferait mieux de sortir d’ici je pense, avant de se faire trucider par des chaise-abeilles multicolores ! »

Un fou rire rauque me pris, sans raison. Un rire lourd, aussi absurde que cette absurdité sans doute, mais je ne pouvais m’arrêter. Paradoxalement, je me sentais aussi plus légère au milieu de tout ce bazar. Peut-être que dans mon cerveau aussi, c’était le bazar, après tout.

N’est-ce pas ?



#B0CC99 ou #667f53

Fansong Striky x Anna par Striky herself **





avatar
Personnages : Striky
Messages : 260
Date d'inscription : 22/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Ven 8 Mar - 19:20

Se pourrait-il que ... ?

#2

S’ensuivit un long silence pendant lequel Striky crut voir briller dans les yeux de la jeune fille quelque chose comme de la reconnaissance. Ou alors, elle avait juste faim et trouvait le jeune héros appétissant. Après tout, rien ne prouvait qu’elle était vraiment humaine.
Soudain, le truc flasque et sale qui était enroulé autour de son bras se mit à parler à toute vitesse.

« Eh bien, ma compagne de route ne semble pas vouloir vous répondre ! C’est plutôt impoli, mais je vais répondre à sa place, elle est très timide vous savez. Donc je me présente, duc Conrad Effilé-Jus de Chaussette. Et elle, c’est ARGL…
-Agent Puce-117. Enchantée ! » termina la fille, la main serrée sur le truc.

Elle se redressa et ajouta quelque chose, mais Striky ne l’entendit pas. Il avait bloqué sur sa dernière phrase. Il avait compris que le truc qui avait parlé était une chaussette, qu’elle avait un nom affreux et un accent terriblement snob, et cela pouvait en effet engendrer un choc considérable, mais ce n’était pas ça qui avait attiré l’attention de l’adolescent.
Il se pencha vers la jeune fille, des étincelles plein les yeux.

« Agent ? Agent ? Comme l’agent 007 ? Alors, tu es une sorte de super-héroïne, toi aussi ? »

Désormais, le soleil pouvait bien exploser, la terre pouvait bien se fendre, Striky pouvait bien être englouti sous un troupeau de MP4 anthropophages, cela ne lui aurait pas fait un quelconque effet. Seule lui importait la réponse de son interlocutrice.
Héroïne ou pas héroïne ?


Dernière édition par Striky le Mer 24 Juil - 18:11, édité 3 fois
avatar
Messages : 1025
Date d'inscription : 18/06/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 17 Juin - 13:08



    « Agent ? Agent ? Comme l’agent 007 ? Alors, tu es une sorte de super-héroïne, toi aussi ? »


Je lui adressai un grand sourire, pleine d'enthousiasme soudain. Une héroïne ? Oui, peut-être. Mais c'était quoi, finalement, un héros ? Est-ce que c'était un bonhomme avec un masque et un costume bizarre sortant d'un comic Marvel ? Est-ce que c'était une personne dans les livres d'histoire qui avait décidé de changer le monde selon sa propre vision ? Est-ce que c'était l'un de ces demi-dieux de l'Antiquité gréco-romaine qui d'un mouvement de bras pouvait neutraliser un monstre ? Ou bien, est-ce que c'était une personne comme moi, ou lui peut-être, qui n'était pas capable de grand-chose mais qui pouvait quand même grimper à un arbre pour sauver le chaton coincé là-haut ?

Oui, c'est quoi un héros ?

Est-ce que c'était parce qu'il avait un masque sur les yeux et une allure de justicier qu'il en était un ? Peut-être qu'en fait c'était juste pour se donner un genre. Même si ça lui donnait un air cool, peut-être que ce n'était qu'apparence. Mais quelle importance. Après tout, je pensais qu'on était tous un peu des héros, dans le sens où nous étions tous face à l'Esquisse qui devait, sans doute, être le "méchant" de l'histoire. Une histoire sans queue ni tête, dont on ne pouvait déterminer un simulacre de début et encore moins une poussière de fin. Alors, autant jouer le jeu, peut-être. Oublier l'absurdité, puisqu'on ne pouvait pas la combattre. Devenir le héros de sa propre histoire, une histoire qu'on aurait créé de toutes pièces pour oublier la réalité. Celle de l'agent Puce-117 au service du Dieu-Truite, par exemple. Je redressai fièrement la tête, souriant toujours, convaincue qu'il fallait que je m'aveugle pour y voir un peu plus clair.


    « Bien sûr que je suis une héroïne ! Je veux faire régner la justice et protéger les autres, et aussi ceux pour qui je travaille ! Et heu ça c'est hm... Une chaussette comme les autres. »
    « N'importe quoi ! Je suis de noble descendance, c'est du pur coton blanc vous savez, on n'en trouve plus par ces contrées dangereuses ! »


Je soupirai, me demandant si je n'allais pas abandonner la chaussette ici. Mais je reconnaissais qu'il était de bonne compagnie, quand même, bien qu'il m'appelle toujours par un prénom différent et jamais le mien. Mais il avait quand même son charme, enfin... C'était une chaussette, quoi. Je repris, avec mon habituel air décidé, en pointant le doigt en direction de la poitrine du jeune homme :


    « Camarade justicier dont j'ignore le pseudonyme ! Mon actuelle mission est de combattre les viles gelées et leur souverain, ce traître de Roi Chewing-gum ! Malheureusement, comme tu as pu le voir je suis actuellement dans une impasse et j'ai un bras invalide, une blessure de guerre comme on dit ! Accepterais-tu de m'aider ? »


Spoiler:

Tu peux doublement me frapper. D'une part pour le temps que j'ai mis à répondre, d'autre part parce que cette réponse est heu... Comment dire. Bouh c'nul D:


#B0CC99 ou #667f53

Fansong Striky x Anna par Striky herself **





avatar
Personnages : Striky
Messages : 260
Date d'inscription : 22/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 23 Juin - 15:49

Camarades !

#3

« Bien sûr que je suis une héroïne ! Je veux faire régner la justice et protéger les autres, et aussi ceux pour qui je travaille ! Et heu ça c'est hm... Une chaussette comme les autres. »

Striky ouvrit la bouche mais fut devancé par la chaussette.

« N'importe quoi ! Je suis de noble descendance, c'est du pur coton blanc vous savez, on n'en trouve plus par ces contrées dangereuses ! »

Striky loucha sur ses propres chaussettes (étiquetées 100% pur coton blanc, Made in Bangladesh) mais ne fit aucun commentaire. On ne froissait pas une chaussette de noble descendance. Un peu d'éthique, que diable !

« Camarade justicier dont j'ignore le pseudonyme ! Mon actuelle mission est de combattre les viles gelées et leur souverain, ce traître de Roi Chewing-gum ! Malheureusement, comme tu as pu le voir je suis actuellement dans une impasse et j'ai un bras invalide, une blessure de guerre comme on dit ! Accepterais-tu de m'aider ? »

Le ... Roi Chewing-gum ? Ça c'était original. Le jeune homme connaissait bien les gelées pour les avoir souvent affrontées (et avoir souvent perdu), mais il ignorait qu'elles avaient un souverain. Et pourquoi pas un Pape, tant qu'on y était ?
Striky ne se posait pas autant de questions qu'Annabelle quant à la précaire condition de héros dans ce monde torturé. Un héros, c'était un héros, et puis voilà ! De toutes façons, il n'avait jamais aimé la philosophie.

« Bien sûr, camarade anonyme ! » s'exclama le jeune héros.

Il tendit la main à sa collègue pour l'aider à se relever.

« Je m'appelle Striky, défendeur de l'Esquisse et pourfendeur de gelées ! »
Contenu sponsorisé
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum