Zapemlfdpojshqpdaitpn ▬ Eelis et Indiana

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le Mer 5 Juin - 17:35
la plume confite
Le vent balayait sa longue et soyeuse chevelure blonde. Chevauchant gaiement son agrafeuse favorite, la jeune demoiselle bravait terres et mers à la recherche de hors-la-Voix – pour ne pas dire hors-la-loi. Effectivement, notre justicière pas masquée poursuivait sans relâche les perfides bandits qui osaient s'allier avec les Indiens. Parce que la Voix, de toute façon, elle était forcément contre les Indiens. Enfin, elle était un peu contre tout le monde, aussi, mais surtout contre les Indiens. D'après le sujet. Certes.

Indiana, en tout cas, elle n'avait pas du tout l'impression que la Voix était contre elle ! C'est vrai, cette… chose n'avait jamais rien osé lui faire – qui sait, peut-être la craignait-elle ? Indy, la grande, la superbe, la majestueuse cow-girl !… Bon, c'est vrai, ce n'était peut-être que le fruit du hasard, mais la blondinette préférait de loin la première option. C'était plus mieux, quoi.

Alors quelle ruminait quelque pensée suspecte, la jeune fille s'était dit : « Il n'y a pas meilleur endroit pour la chasse que le champ de bataille ! » Naturellement il s'agissait de paroles mûrement réfléchis puisque, ni une ni deux, voilà Indiana enfourchant cette drôle de monture à travers la grande prairie ensanglantée. En effet, ci-dessous, des brosses à dents se disputaient à coup de… brossage contre des porte-clef pour l'obtention d'un dentifrice – Colgate White Now, s'il-vous-plaît ! Comme pour prouver le réalisme de ce spectacle attendrissant, un peu plus loin un clan de M&M's combattait férocement contre un groupe de bottines-Indiennes inno… euh, coupables, bien sûr ! Bien qu'elles avaient de jolies plumes.

Avec son agrafeuse volante, Indiana décrivit de grands cercles qui rapetissaient de plus en plus à mesure qu'elle se rapprochait du combat en question. Étrangement, elle distingua dans le clan ennemi une personne qui n'avait vraisemblablement rien à faire là… Enfin, qu'importe. S'alliant naturellement avec les M&M's, la jeune fille chargea les ennemis sans attendre le top départ.

    « Taïauuut ! On va les avoir ! » beugla-t-elle en tirant sur les « rennes » de l'agrafeuse, qui ne demandait pas mieux.

A force de coups d'agrafes et de hurlements d'encouragement, Indy finit par avoir raison de ses opposants. Enfin, pas de tous, hein, mais tout ce qu'elle voulait, la petiote, c'était montrer qui était le plus fort. Enfin, la plus forte ! Oui ! Et même qu'Indiana, quand elle descendit de son fidèle destrier pour s'approcher d'un cadavre ennemi – qui était tout à sa pointure –, elle lui arracha ses plumes. Parce qu'un Indien sans plume, ce n'est plus un Indien ! Et Indiana était décidée à rayer ces êtres de l'annuaire !

Sauf que voilà. Bizarrement, les plumes, elles collaient, un peu comme des schtroumpfs qu'on aurait déjà léchés. Préservant sa nature méfiante, la demoiselle porta l'immondice à sa bouche – et s'il y avait du poison, un druide de malheur lui dégoterait bien l'antidote ! Heureusement que ça n'en était pas, ça avait même drôlement bon goût. Un peu sucré et tellement mou ! Alors Indiana reconnut le goût de la plume confite. C'était l'un de ses mets favoris – déjà parce qu'il provenait des Indiens, mais aussi parce que c'était… bon. Ben oui, quoi, Indy c'est pas la crème de la critique culinaire, mais au moins elle sait reconnaître les bonnes choses !

Soudain elle reporta son attention sur l'être humanoïde qu'elle avait aperçu peu auparavant. Lui adressant son rire le plus cruel – celui d'un bisounours hystérique – elle déclara d'une voix venimeuse :

    « Hahaha ! Misérable Indien ! Non, en fait tu ne mérites même pas de majuscule. Peuh ! La seule chose qui m'empêche de te faire frire, toi et ta petite bande, c'est de ne pas savoir où vous stocker toutes vos plumes. »


J'ai l'impression d'avoir bâclé ce RP, pardonne-moiiii ;;
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le Sam 8 Juin - 19:28
Pardon pour le loooong début inutile, je ferai pas ça à la suite ^^"


Zapemlfdpojshqpdaitpn


L’Exil. Doux et savoureux exil, moment de solitude, temps de la recherche : on le savoure beaucoup, l’exil, car on regarde le monde d’une façon différente, et qu’on se voit aussi bien autrement. L’Exil, c’est un monde sans les autres. Un univers où l’on est seul avec soi-même, où l’on marche pas à pas dans des chemins inconnus de tous ; tandis que nos pas frôlent le sol - recouvert de sable, de préférence, ou de neige en fonction de la saison - et s’y enlisent, la conscience emprunte une route bien plus tortueuse. Une route dont il n’est pas toujours possible de trouver l’issue. Ou peut parfois s’y perdre. Mais on peut aussi s’y trouver.

Car l’Exil est un bon moment, un agréable instant que rien ni personne ne vient troubler.

« Pousse-toi ! Bon sang de bon soir, pourquoi je tombe toujours sur des crétins qui ne savent pas avancer ?
- C’est plutôt toi qui es bien trop gros pour ne pas pouvoir passer à côté ! AHAHA !
- Redis ça encore une fois, et tu tâteras de ma ventouse.
- Môsieur aurait envie de se mesurer à ma cape des ténèbres nouvelle génération ?
- C’est juste un bout de chiffon.
- Pauvre ignorant... c’est bien plus ! Lorsque je tourne avec cette cape, je----
»

Mais dans l’Esquisse, l’exil est impossible, car il y a toujours quelqu’un pour vous déranger. En l'occurrence, il s’agit là de deux abeilles oranges aux oreilles et aux pattes de chien, dont la tête est surmontée d’un casque militaire. Aussi grandes que des hamsters, elles transportent des saucisses vertes sur leur dos. Elles parlent beaucoup trop fort, également, il aurait fallu commencer par ça, car c’est de loin le plus énervant.

Et hélas, pour une raison inconnue, Eelis, tu les suis depuis tout à l’heure. Ou plutôt est-ce eux qui empruntent le même chemin que toi. Adieu le sable - ou la neige, en fonction des saisons - dont seul le frémissement léger est audible. Adieu le silence propre à la réflexion, adieu la méditation profonde et les chemins qui s’entremêlent ! Tu ressembles juste à un touriste perdu, à un voyageur errant dont les vêtements en lambeau n’inspirent que la pitié. Canne en main, tu boites pitoyablement, tu glisses sur ce carrelage qui te montre la voie. Voie pour aller où ? Bah, c’est pas important, ça, tu veux juste fuir le plus loin possible de la présence humaine ; c’est bien la seule chose qui semble fonctionner, puisque n’ayant pas croisé la moindre créature te ressemblant à peu près depuis des lieues, l’on pourrait presque considérer que tu es seul avec la nature.

« Bon, tu as gagné pour cette fois, je ne pensais pas que tu arriverais à avaler ma cape des ténèbres...
- C’était juste un bout de chiffon.
- Non ! Enfin, si, mais quand Oui-Oui me l’a vendue, il m’a assuré que c’était magique...
- C’est pas comme s’il était connu pour être le plus grand escroc de la région.
- Ben.. il est gentil.
- … Bon, allons boire un thé.
- Le thé c’est has been ! On pourrait pas plutôt avaler des coo---
- Je te rappelle que tu n’as pas avalé ma ventouse, toi.
- Le thé c’est très bien.
»

Seul avec une nature des plus envahissantes, dont les conversations t’enragent encore plus que toutes les autres. Tellement facile, tellement enfantin, tellement puéril. Tellement agaçant, tellement harassant. Finalement, humains, plantes, tasses, tondeuses à gazon, insectes, bouteilles d’eau, loups des forêts, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Le seul avantage des objets, c’est qu’ils t’ignorent presque, qu’ils passent et qu’ils s’en vont, qu’ils ne reviennent pas, et qu’ils ne t’adressent pas la parole.

« Hey, Pedro, je crois que j’ai trouvé une bonne prise, là !!!
- Ouais vas’y, touche-le sans te faire repérer surtout, il ne faudrait surtout pas qu’il nous entende!
- T’inquiète, il a l’air tellement vieux qu’il doit être sourd.
- Que tu es sage !! Bon, vise bien alors, je voudrais pas me prendre un coup de canne dans la figure.
»

Et ça recommence : quand les uns partent, d’autres se pointent à leur tour. Cette fois, ce sont des glaçons jaunes qui te lancent des hameçons dessus. Tu ne réagis pas. Ce. Ne. Sont. Que. De foutus. Glaçons. Bien que l’envie de leur faire peur ou de les faire fondre soit tentante, ce serait trop logique que des glaçons fondent, par ici. Dire que tu es sourd, en plus, ils n’ont jamais appris la poli....

« Yééééé, je l’ai eu ! Dans ta face, crouton ! »

Jusque là, les assauts n’ont pas été d’une utilité flagrante, mais là, ils ont dû avoir une bonne idée. Tu saignes, tu sens ta force se vider, tout doucement, tu sombres tendrement, et tu tombes comme un déchet sur la voie publique. Un voile obscur masque tes yeux, tu entends les responsables ricaner, mais tu ne peux rien faire, juste dormir. Dormir, oui. Au moins, personne ne t’embêtera, dans ce royaume ténébreux et flou. Satisfait, tu ne les entends pas terminer leur dialogue, tu ne les vois pas t’amener...

« On en fait quand maintenant ?
- Hmm.. Bah, on va le vendre au marché noir !
- Tu es sûr qu’ils nous l’achèterons ?
- Mais oui, il suffira de le maquiller un petit peu, et de tricher... légèrement.
»






C’est ainsi que tu te réveilles plus tard, attaché à un arbre moelleux, entouré de bottines western. Tels des patins à glace, il leur suffit de se laisser glisser pour se déplacer, et c’est ainsi qu’elles se rapprochent de toi, t’encerclent, et t’intimident presque. Quatre. Une grande pointure, et trois bien plus petites ; c’est la première qui s’exprime, d’une voix si grave que Roger - patron d’une brasserie, avant - n’aurait guère pu faire mieux.

« C’est LUI, votre athlète spatial dont les muscles font tressaillir tous les M&M’s ? … Bon, c’est pas grave, je sais qui je vais sacrifier sur l’autel du grand Zapemlfdpojshqpdaitpn.
- Zapem quoi ? »

Peu à peu, tu commences à entrevoir la situation. Le genre de situation où il ne faut surtout pas l’ouvrir, où il ne faut surtout pas poser de questions stupides sur ce qui semble être la divinité locale. Surtout pas. Sauf que tu viens de le faire, et que d’un recul indigné, ton interlocuteur s’éloigne.

« Bonté du Lac !!! ….... Vous trois, vous faites ce que vous voulez de ce gugusse, mais si je le recroise encore une fois, je nourris tout le village avec votre bouillie, préalablement hachée dans le céleste Mixeur. Sur ce, mes éclaireurs m’ont averti d’une menace ennemie, arrivant à grande vitesse jusqu’à notre village. Puisque vous ne servez à rien de toute façon, occupez-vous d’apprendre à notre.... hem... nouvelle recrue, les choses essentielles. »

La plus grande chaussure, qui doit être - au minimum - de taille 50, se retire alors d’un geste presque voluptueux, tandis que les trois petites pantoufles restantes, dont la taille ne doit excéder les 28, te regardent. Enfin, sont dirigées vers toi, car elles n’ont pas d’yeux, et si elles t’ont vraiment pris pour un athlète spatial, un petit tour chez l’opticien ne leur ferait aucun mal.

Qu’est-ce qui t’inquiète le plus ? Le fait de ne pas avoir grand chose à manger alors que ton estomac crie famine, ou bien celui de te voir inculquer les... choses essentielles dont cette godasse a parlé ? Le premier point, parce que tu te fiches éperdument de ce que ces bestioles font ou pensent, puisqu’il te suffirait théoriquement de leur donner un coup de pied pour les envoyer valser au lointain. Théoriquement, parce que présentement, tu es fatigué, et tu ferais bien une petite sieste.

Pendant ce temps-là, on débat sur ton sort, juste à côté.

« Heu... heu... je peux le nommer ? Diiiites ? Je voudrais l’appeler Médor !!
- Oh oui ! Médor c’est vraiment très mignon comme nom ! Gniiiih !
- Hihihihi, Médooooor ? Tu es là ? »

Non. Ça ne va pas le faire. Non seulement ils te secouent, ils parlent de façon étrange et d’une voix de fashion victim, mais en plus ils t’ont donné un nom de chien. Médor... Peut-être qu’il vaudrait mieux dormir. Oui. Dormir. Ces pompes n’existent pas, le reste non plus, il suffit juste de dormir. Mais ces objets parlent - encore une fois - beaucoup trop fort.

Leur conversation continue en effet, entre moult cris aïgus, sur des sujets divers et variés, plus ou moins intéressants à tes yeux. Le chef de la bande se nomme Voltaire, mais tout le monde le nomme “Fleur”, car il a décidé que ce serait son nom, et que personne n’a envie de se prendre son coup de botte dans le talon. Lamartine, Hugo et Verlaine sont tes trois geôliers, visiblement réputés pour leurs nombreuses gaffes sur le champ de bataille. Avec une vision pareille, peu étonnant.

Et des idées pareilles, aussi.

« Et si on emmenait Médor sur le front ? Gniiiiih, je parie que Fleur nous trouvera tellement cool qu’il nous donnera de nouvelles plumes !!!
- Hihihihiiiii !
- Heuuu.... ouais !!
- C’est une trèèèèss mauvaise idée. Réfléchissez, si votre chef vous a dit de pas venir, c'est pas pour.. »

Seulement, ils ne t’écoutent pas, et te voilà à les suivre, canne en main, jambes fléchissantes, jusqu’à ce fameux front où “l’Escadron pointu” - expression de Verlaine - se sacrifierait afin de réduire au néant l’armée ennemi, mais que ce sacrifice ne serait pas vain, car vous êtes bientôt arrivés, et que vous allez gérer. Et qu’on osera plus se moquer des trois compères, ou du moins pas jusqu’à leur prochaine gaffe.

Enfin, on ne se moquera plus d’eux s’ils meurent, ou juste une dernière fois, penses-tu. En effet, entre les smarties - enfin, c’est rond, c’est coloré, donc ça doit être quelque chose comme ça - et les agrafes qui giclent, la guerre est rude. Non, il n’y a pas que de stupides objets. Il y a aussi une gamine, là, assise sur une agrafeuse. Si elle ne s’intéresse pas à toi, qu’elle reste dans son trip, tu t’en fiches, tu profiteras de sa diversion pour fuir, pour aller le plus loin possible hors de ce bordel.

Hélas, son show s’arrête bien trop vite, et aussitôt a-t-elle fini qu’elle se marre, qu’elle jette un coup d’oeil en ta direction, et que c’est déjà fichu.

« Hahaha ! Misérable Indien ! Non, en fait tu ne mérites même pas de majuscule. Peuh ! La seule chose qui m'empêche de te faire frire, toi et ta petite bande, c'est de ne pas savoir où vous stocker toutes vos plumes. »

Ta petite bande... Bon, tu ne cherches plus à comprendre, c’est juste une autre cinglée. L’une de ces trop nombreuses personnes qui croient rêver, qui se voient dans un monde idyllique dans lequel la mort est impossible. Toi aussi, tu y as cru, au doux réveil. Toi aussi, t’as déliré, et tu n’as rien compris jusqu’à voir à quel point c’est faux. Tu t’es leurré, tu t’es halluciné, tu t’es fait avoir, et lorsque tu as enfin compris la vérité, la chute en a été d’autant plus dur. Cette fille. Son visage, quelle couleur prendra-t-il lorsqu’elle perdra un bras, une jambe, un oeil, ou qu’elle gisera dans une marre ensanglantée, et que tout espoir s’envolera ? Tu n’as pas le coeur à le lui dire, tout ça. Tu préfères marcher dans son jeu, endosser le masque toi aussi, et faire durer votre crédulité bien plus longtemps. Oui, c’est tellement plus facile, il suffira de procéder ainsi, jusqu’à saisir l’occasion rêvée pour t’en aller.

Verlaine, Lamartine et Hugo, les trois incapables qui marchent devant toi, et qui tremblent de peur devant l’imposante machine, ne bougent pas. Tu les bouscules, tu t’avances. Tu ne fuis pas.

« Si tu parviens à me vaincre en duel, gamine, tu auras un indice. Mais contrairement aux apparences... »

Tu soulèves ta canne, et telle une épée, tu la manies, jusqu’à en arrêter l'extrémité devant son nez.

« Ça ne sera pas si facile. »

Tes yeux pétillent faussement. Ce n’est pas comme si tu voulais lui faire mal, ce n’est pas comme si tu avais un quelconque indice à lui donner, ce n’est pas comme si tu pouvais avancer plus que ça. C’est juste parce que les héros de western font toujours ça, qu’ils semblent toujours fort, et que si elle t'assomme, tu pourras dormir tranquillement.

Sans attendre plus de quelques secondes, tu donnes un virulent coup de canne sur l’agrafeuse, histoire de la faire trembler, et de désarçonner l’ennemi. Un vrai cow-boy combat toujours à armes égales avec son adversaire.



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