En haut de l'escalier on sait pas squ'on verra, du moins en bas... (pv Jowan)

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le Ven 28 Juin - 22:07

Cela faisait trois jours que Call arpentait ces terres tout aussi étranges que désolées, à la recherche d’un moyen de sortir de là. Désolées, tout du moins de normalité et de gens normaux. Car en-trois-pu-tain-de-jours, à part ces fi-chus tabourets de bar, des grilles pains vengeurs qui vous harcèlent de toast au poisson en dansant yata, des sèches cheveux qui se prenaient pour des aspirateurs et j’en passe… il avait été im-po-ssi-ble de tomber sur quelqu’un d’ordinaire ! Très franchement, si prendre de la drogue donnait ce genre de vision, elle espérait bien croiser un hippie pour se foutre de sa gueule. Vraiment, la jeune fille n’était pas fâchée de n’avoir jamais touché à ça. Mais la question se posait tout de même : s’il existait une drogue dans cet univers, nous ferait-elle halluciner du monde normal ? Allez savoir…
Qu’est-ce qui pourrait bien faire divaguer plus que de fixer, rien qu’un instant, ces paysages aussi indigeste en forme qu’en couleur ? Elle qui croyait bien devenir aveugle en ayant fait les magasins avec les garçons, un jour qu’ils étaient en tourné à Paris, elle avait été bien loin du compte. Rien que le fait de poser les yeux sur ces nuances criardes suffisait à lui faire voir une myriade de cercle noir et vert. Un peu comme quand on se prend une bonne centaine de flash en pleine tronche.
Echappant un profond soupir, la rousse sortit une paire de lunette de soleil d’une de ses poches le plus naturellement du monde. En réalité, elle ne se souvenait même pas que les lorgnons se trouvaient là, mais qu’importe. Attrapant un verre entre le pouce et l’index, Call jeta un rapide coup d’œil par-dessus les lunettes avant de les renfoncer sur son nez.
- « Avec ça les couleurs sont à gerber, mais c’est on ne peut plus supportable… Enfin… »
S’étirant de tout son long, ses vertèbres craquèrent leur lassitude du bas de du dos jusqu’aux cervicales. Ses pieds commençaient à crier au meurtre, enfermés dans ces santiags, condamnés à errer sans but.
- « Oh la plaie ! » Râla-t-elle en se laissant choir dans l’herbe.
Bon… Ok… Elle accorderait un peu de repos à ses arpions mais pas éternellement. C’est sur que la musicienne ne risquait pas de tomber sur une sortie aussi rapidement - ça se saurait sinon, n’est-ce pas ? – cependant, SI SEULEMENT ELLE POUVAIT AU MOINS TOMBER SUR UN MINIMUM DE CIVILISATION CE SERAIT SYMPAS ! Pas que la moutarde commençait à lui monter au nez, néanmoins les remakes de « Seul au monde » ou « Je suis une légende » ça ne comptait pas vraiment dans ces aspirations secrètes.
- « Manquerait plus que je tombe sur un ballon de volley nommé Wilson. Et que la grosse blague soit qu’il est cannibale… Interrompant quelque instant sa réflexion à voix haute, son œil balaya les fourrés. Merde, manquerait plus que ce que je m’imagine devienne réalité. »
Bon, parler seule n’était pas non plus dans ses habitudes. Cependant lorsque l’on est entouré de pipelettes durant quelques années, le silence devient rapidement quelque chose de pesant.
Les minutes, puis l’heure, s’écoulèrent sans vraiment que Trip s’en rende compte. Trop occupé à mâchouiller un brin d’herbe rose qui, au bout d’un moment, avait le gout de barbe à papa. Ce qui à la longue en devenait franchement écœurant. Quoi que, la barbe à papa se trouvait certainement être un gout plus agréable que si cela avait été la véritable saveur de la verdure. ‘Fin, verdure… Rosure ? Grande pleine herbacé dédiée à Barbie ? Bref ! Finissant par se relever, elle jugea préférable de laisser ses pieds en dehors des chaussures, pour l’instant.

Son errance désordonnée, tel un touriste pommé dans une ville bien trop grande pour son imagination, - l’appareil photo en moins – fini par payer. Une trace de ce qui pourrait sembler être construction, humaine ?, finie par se découper dans l’horizon. Cependant, la jeune femme avait bien vite appris à ne pas crier victoire trop vite ici. Dans ce genre d’endroit c’était un peu comme tomber de Caribe en Scylla. Et plus elle s’approchait, plus elle s’interrogeait sur la finalité de cette édifice. Lorsqu’elle fut assez près, Call put en conclure que ce… truc n’avait put être bâtit que par des créatures aussi invraisemblables qu’excentriques, nommées délirium. Le monument en question était un escalier s’étirant à perte de vue, partant tutoyer ce ciel qu’elle s’efforçait de ne pas regarder. La musicienne ne pensait pas que l’azur céleste pourrait lui manquer à ce point là. Ça et les merveilleuses couleurs embrasant les nuages à l’aube comme au crépuscule. Mais non content d’être un escalier au milieu de nulle part, ceux-ci changeaient, en plus, de couleur.
- « Saturday night fever… ! » Entonna-t-elle, sur un registre un peu trop haut pour sa voix naturellement cassée, en exécutant quelque pas disco.
- *Quelle horreur… * pensa-t-elle avec une certaine amertume.
D’un côté, l’instinct de Trip lui disait de passer son chemin, de ne pas mettre le nez la dedans. Néanmoins, sa curiosité ainsi que son gout de l’aventure – ou du risque. M’enfin qu’elle aventure n’est pas risquée ? – la poussait à entrer. Car une question se posait tout de même : « Qu’est-ce qui se passerait en atteignant le ciel ? »
- « Hello ! There someone ?! » Lança son légère accent amerloque. Pas de réponse…. « Bon… »
Jugeant préférable de remettre ses chaussures, elle entreprit l’ascension des marches.
Jusque là, rien de très folichon bien que, plus la borgne avançait, plus il lui semblait avoir atterrit dans Fantasia. Seulement, comme si gravir un escalier sans fin n’était pas assez épuisant comme ça, il lui paru que ceux-ci bougeaient sous ses pieds. Fronçant les sourcils, elle se dit qu’elle devait rêver et poursuivit sa course. Mais lorsque ça commença à légèrement tanguer, à l’image d’un soir de cuite, Call jugea préférable d’accélérer le pas. Cependant, l’aventurière n’était pas au bout de ses surprises. Grimpant les marches deux par deux, histoire d’aller plus vite, elle se retrouva avec quasiment le genou dans le menton avant d’avoir eux le temps de dire « What’s up people » ! Comment dire que, si les paliers se transformaient en étages, ça n’allait pas vraiment être possible. Parvenant quand même  à se hisser au dessus, son pied mordit dans l’espèce de margelle fortement mal placé. Si elle avait su que ce truc serait si peu coopératif, sa personne serait allée voir ailleurs ! Mais lorsqu’une persévérante tête de mule entre dans un lieu à défit – tiens ça sonne comme le début d’une blague – et bien l’abandon à la première anicroche ne fait pas partit de son vocabulaire. Même si cela se solde par une chute. En effet, malgré les embuches, Ash poursuivait son ascension mouvementée. Et plus elle grimpait, plus le passage devenait récalcitrant. Jusqu’à la farce. Les escaliers finirent par disparaitre, ne laissant place qu’à une pente glissante. Sans rien pour se rattraper, d’ailleurs elle n’essaya même pas, ce serait trop bête de se casser quelque chose, la curieuse se laissa glisser avec dépit jusqu’à son point de départ. Cependant, sans rien pour freiner sa descente, l’atterrissage n’est
jamais la chose que l’on gère le mieux. Néanmoins, elle n’avait pas non plus envie de finir en roulé boulé dans les marches qui se reformait doucement. Et avoir des amis surfeurs qui t’apprennent les ficelles, c’est cool. Surtout quand tu fais du toboggan là où ça n’aurait pas lieu d’être. Se mettant debout, elle se pencha en avant pour équilibrer le poids et tenta de freiner comme en roller. Arrivée au bas de la pente, la rousse sauta sur la première marche et courut dans les suivantes pour ralentir progressivement. Cependant, elle n’en avait pas franchit deux qu’un mur vint brusquement à sa rencontre. Du moins, un mur qui n’avait pas tout à fait les caractéristiques d’un mur. De un, il n’était pas si dur que ça. De deux, elle faisait quasiment une tête et demie de plus que ce dit mur, situé à la marche d’en dessous. De trois il commença à basculer au moment de l’impact : chouette, une luge d’escalier !? Plus solide que le carton qu’elle utilisait étant gamine, pour s’élancer dans les marches, en compagnie de son jeune voisin. La fine cicatrice sur son menton, c’est là qu’elle la tenait. Et comme y a pas d’âge pour ça, et que les minis bars combinés aux volées de marche des grands hôtels, ça aide pas, la cicatrice de son front venait de là également. Donc, réitérer l’expérience ici ? même pas peur !
De quatre, l’obstacle avait émis un grognement sourd au moment de l’impact. Et de cinq, ça avait des fringues. Conclusion : cet imbécile de truc dans le passage n’était pas un mur…
Par réflexe, Ash attrapa l’inconnu par la première chose qui lui passa sous main, qui s’avéra être la ceinture de son pantalon, et le retint de tomber.
- « Toi et moi, on va pas être pote. » Maugréa-t-elle en se frottant le menton.
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le Mer 25 Sep - 23:25
Jowan leva les yeux au ''ciel'', enfin si l'on peut dire. Car à la longue il commençait sérieusement à douter que cette immense tapisserie capricieuse et écœurante qui les surplombait puisse encore prétendre à l’appellation de ciel . . . et il comptait bien changer cela ! Malgré ses précédents échecs, il se sentait toujours aussi motivé ! Car devant lui se dressait un immense et glorieux escalier ! Oui oui, un escalier, comme ça, planté au milieu de nul part, tel une bougie sur un gâteau. Mais pas n'importe quel escalier, un escalier tellement haut qu'il n'en distinguait pas le sommet, ce qui en somme constituait une formidable nouvelle pour le jeune homme qui n'attendait que cela, un moyen d'atteindre ce fichu ciel.
Bien entendu il était un peu étrange que cet escalier gigantesque arbore un tel festival de couleur criardes et clignotantes, à côté de cela les boites de nuits pouvaient toujours aller se racheter des spots. Mais mis à part le fait que cet escalier tout entier semblait crier ''Je suis làààààà ! Viens z'à mwaaaaaa !'', il n'avait aucune raison de s'en méfier n'est-ce pas ? Vu tout ce qu'il avait croisé dans ce monde ignoble depuis son arrivée, il ne serait même pas étonné que cet escalier soit un escalier de maintenance . . . Dans tout les cas il ne pouvait se permettre de passer devant sans ne serait-ce que tenter le coup, de toute façon il n'avait rien à perdre.

C'est ainsi qu'il se retrouva à gravir d'interminables marches récalcitrantes dans une cage d'escalier dans laquelle l'espérance de vie d'un épileptique ne dépasserait pas une demi-seconde, les changements de couleurs étaient tels qu'il avait du mal à déterminer si c'étaient réellement les marches qui bougeaient ou si c'était une illusion d'optique qui l'empêchait d'avancer correctement. Quoi qu'il en soit il tenait bon, tentant de ne pas de prendre les pieds dans les marches inégales qui lui agressaient la rétine à chaque pas. Il finit d'ailleurs par se rendre à l'évidence que les marches bougeaient réellement, et de plus en plus, multipliant les pièges sournois et autres fourberies qui auraient eut tôt fait de régler leur compte à ses dents s'il n'avait pas à chaque fois eut une chance miraculeuse.
Ainsi donc avait-il put jusque là éviter la chute qui le guettait à chaque mètre gravit et savourait déjà la douleur qu'elle pourrait infliger à chaque partie de son corps tout autant qu'à son ego. Seulement c'était sans compter sur un élément qu'il n'avait pas pris en compte dans l'équation, à savoir une jeune femme qui surgit subitement face à lui à une vitesse vivement déconseillée en ces lieux. Elle devait bien faire une tête de plus que lui, dur de l'estimer avec l'escalier et la vitesse avec laquelle elle l'a heurté, mais ce qui était sûr c'est qu'il reconnaissait bien sa longue chevelure. Ça n'est pas comment s'il pouvait avoir croisé beaucoup de monde dans de monde de taré, et encore moins avec une telle chevelure. Il n'y avait pas de doute, c'était la fille de la forêt. Il ne put retenir un sourire légèrement moqueur, car la Dictatrice ne l'avait pas ménagée pour son arrivée, c'était magistral, un torrent d'eau savonneuse au milieu des arbres ! Bien entendu elle n'avait pas du le voir, mais lui avait bien reçu une savonnette sur la tête. Une vraie savonnette, une savonnette normale ! Qui venait du vrai monde, avec sa couleur verte pâle et son parfum douceâtre ! Il la conservait d'ailleurs depuis telle une relique dans son précieux sac, un trésor de normalité que Sa volonté écœurante n'avait pas encore distordu et corrompu.
Quoi qu'il en soit il réussit à garder son équilibre malgré le choc et le fait que la jeune fille s'était accroché à sa ceinture afin d'éviter à son visage le plongeon de la mort disco. Elle marmonna quelque chose qu'il n'entendit pas réellement avant qu'il ne l'aide à se rétablir de façon à ce qu'elle n'ai plus besoin de sa ceinture pour ne pas être précipitée dans l'abîme criarde de cet escalier interminable. Il zappa plus ou moins les présentations pour lui donner une tape amicale sur l'épaule :

- Au fait, bienvenue en Enfer. J'ai pas eut trop le temps de te le souhaiter à ton arrivée, faut dire qu'Elle t'a pas loupé haha ! Il appuya sa réplique d'une autre petite tape. C'est vrai que c'est plutôt blessant pour l'amour propre les premières fois, mais c'est notre force ! La haine nous libérera du joug maléfique de la Dictatrice ! Il marqua une courte pause. Au passage, jolie savonnette.
Surprise:
Owiii !
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le Mer 2 Oct - 20:58

Call ne s’attendait pas à garder sa main au même endroit, à savoir retenant la ceinture de ce garçon, aussi longtemps. C’était plus ou moins machinal et inconscient, et pas une quelconque avance non déguisé ! Il ne fallait pas croire qu’elle les prenait au berceau non plus. En faite, la rousse ne s’en rendait pas vraiment compte. Tout comme son autre main qui continuait à lui frotter le menton, comme si celle-ci avait une volonté propre. Et comme si ça allait aider à faire partir la douleur qui lui faisait voir quelques chandelles. Ou bien était-ce dû à ces couleurs qui parvenaient à transpercer le verre de ses lunettes, à l’image d’un bain d’acide, pour lui faire voir des étoiles. A côté, elle trouvait bien plus agréable la lumière des flashs d’appareil photo… Ou bien cette situation figée de sa part était dû au faite que ça faisait bien trois jours qu’elle n’avait vu personne. La jeune femme qui était toujours entourée par quatre énergumènes, et un gros chat noir, une fois ses pénates retrouvés. Il fallait dire que la solitude physique, elle ne connaissait pas vraiment. Néanmoins, ce n’était pas pour autant que la musicienne allait sauter sur la première personne qu’elle rencontrera pour combler ce manque. Bien au contraire. Même si d’un certain côté, il fallait avouer qu’elle était contente de tomber – c’était bien le mot – sur quelqu’un de normalement constitué. Aussi bien physiquement que mentalement.
Cependant, ce contentement ne tarda pas à s’envoler lorsqu’il ouvrit la bouche. Ses doigts lâchèrent doucement leur emprise, tandis que son menton ne reçu plus les frottements dispensés par sa main qui retomba lentement. Son regard se porta sur l’extrémité de cette demi-portion qui se posa brièvement sur son épaule, en une tape se voulant amicale. Fort bien !, ils n’avaient pas gardé les cochons ensemble ! Mais bon, passons. Ses mots n’avaient rien de cohérent aux oreilles de Call. A croire que le coup de menton qu’il avait pris sur le bocal lui avait fêlé la cafetière, laissant s’évaporer les dernières cases qui lui restaient. Pourtant c’est qu’il avait le crâne dur l’animal ! Mais pas suffisamment apparemment.
De quoi il lui parlait ?! Non de non, elle avait loupé une saison ou quoi ? Pas eu le temps de lui souhaiter son arrivé ? En même temps, il venait à l’instant de tomber l’un sur l’autre. Tu m’étonnes Elton qu’il n’avait pas eu le temps. Son regard eu la même expression, derrière ses lunettes noires, quand la seconde tape suivit. La borgne ne comprenait pas un traitre mot de ce que ce mini pouce l’entretenait. Il devait avoir quoi ? Seize dix sept ans et déjà sénile. Le pauvre… Trip ne put s’empêcher de tiquer sur le mot « savonnette ». Comment ça jolie savonnette ? Etait-ce un nouveau moyen déguisé, dont elle n’avait pas connaissance, pour nommer une partie de l’anatomie ? Ou bien en portait-elle une autour du cou, à la Mister T, sans qu’elle s’en soit aperçue ? Très peu probable… Quoi que, ça pourrait devenir un effet de mode très tendance dans ce monde qu’elle se plaisait ironiquement à nommer « Marijuana land ». Une idée à développer si jamais l’infortunée tombait sur un village. Cette bonne blague…
Mais, peu à peu, son cerveau finit par lever le voile des brumes d’alcool qui planait sur ce jour là, pour remettre de l’ordre dans tout ça. Ash s’en souvenait maintenant de cette fameuse savonnette. Verte pastel à la senteur d’amande. Elle l’avait balancé à travers un buisson en croyant qu’il s’y trouvait quelques sournois, sous le couvert du feuillage. Au final, elle n’avait eu tort. Bah… qu’il la garde ! Après tout, ce n’est pas comme si la jeune femme n’en pas possédait pas une tonne dans sa salle de bain. Encore un présent de ce Gremelins de Casey. L’australien était champion pour offrir des cadeaux encombre appart’ en quantité industrielle. Et pour ça, quoi de mieux que des produits périssables sur le très… long… terme… D’ailleurs, s’il y a avait un quelconque message derrière toutes ces savonnettes, elle n’était pas réellement sûr d’avoir saisit le bon. Enfin, connaissant Casey, c’était surtout pour emmerder son monde. Un vrai Gremelins en somme, c’est bien comme ça que la rousse avait fini par le nommer. Marquant une pause dans sa réflexion, elle finit par se rendre compte de l’absurdité de sa pensée. Stupide réflexe de raison ! Car en effet, possédait était bien le mot, au passé. Bien sûr… Ce n’était pas comme si elle pourrait retourner dans sa salle de bain pour aller en chercher une autre de foutu savonnette ! Et ce n’était pas faute d’avoir essayer ! L’amertume lui remplit de nouveau la bouche comme une bile immonde prête à être expulsée. Monde de merde… Cependant, un autre facteur lui revint en mémoire à l’image d’un coup de marteau. Elle se trouvait nue sous cette cascade ! Et bien que son impressionnante chevelure pouvait lui offrir le parfait costume du cousin machin, et ainsi masquer les parties les plus importantes, être vu aussi vilement dans son plus simple appareil n’était pas du tout quelque chose qui l’enchantait. Mais vraiment pas. Surtout balancé comme il venait de le faire, avec une petite tape sur l’épaule pour faire passer la pilule. Qu’il recommence tiens et elle allait lui faire ravaler, son petit sourire goguenard. Ce n’est pas comme si elle ne l’avait pas déjà fait par le passer : tabasser son voisin un peu trop voyeur en lui faisant comprendre qu’il n’avait pas intérêt à porter plainte. De plus, ici, il n’y avait rien ni personne pour l’empêcher de le faire. Et personne pour l’entendre… D’un coup, Call se sentit comme violé. Elle en regretta encore plus la compagnie des autres Iron, qui ne lui aurait fait jamais fait un coup pareil. Ou alors elle n’était pas au courant…
Lui décochant un regard noir au travers de ses lunettes sombre, un sourire forcé finit par se dessiner sur ses lèvres. Un sourire qui aurait plus tendance à faire peur qu’autre chose. Les mots qu’elle articula, après avoir laissé place à un profond silence qui transpirait le malaise, n’eurent rien d’élogieux :
- « Et bien, ravis d’avoir su t’amuser. Commença-t-elle d’un ton sec. Mais j’espère que cette « jolie savonnette » t’a laissé une magnifique bosse sur la caboche. Dans le cas contraire, je me verrais dans l’obligation, et avec le plus grand des plaisirs, de te l’arranger comme il faut. »
Et oui la jeune femme était comme ça. Il ne fallait pas trop lui marcher sur les pieds. Et encore, là elle avait été relativement gentille. Et puis, ses premiers dires se trouvaient confirmé : « ils n’allaient pas être pote… ». Levant le bras, la musicienne le tendit dans la direction de l’importun pour l’écarter de son passage. Si ce putain d’escalier ne voulait pas qu’elle monte, et bien elle allait le descendre ! Peut être que là ce truc la ferait monter ! Allez savoir, avec la logique capilotracté de cet endroit. Cependant, le hasard voulu que les marches se remettent à bouger à ce moment là. Roulant leur bosse comme une houle, elles transformèrent un geste qui n’avait rien d’hostile (quoi que) en une intention meurtrière. Bien que l’envie de le pousser dans l’escalier lui avait traversé l’esprit. A croire qu’il y avait des yeux dans les murs, épiant chacun de leurs mouvements à la recherche du meilleur moment pour passer à l’action. Objectif rentrant aussi sec leur masse globuleuse dans le décor afin que l’on ne les remarque pas. Rien que cette pensée lui donna quelques frissons dans le dos.
Enfin, les voilà qui furent de nouveau embarqué dans une chute sur toboggan, voyant défilé avec dépit, dans une vitesse fulgurante, les étages durement gravis. De quoi en être véritablement blasé…
Trip décida tout de même à tenter de se rétablir comme la première fois. Sentant qu’elle parvenait à ralentir, elle se redressa avec assurance. Seulement, elle ne put qu’esquisser deux pas que son pied droit buta sur quelque chose. Son articulation décrivit une torsion peu naturel tandis qu’elle se sentit partir en avant. Dans un réflexe stupide, la musicienne tenta de se rattraper au mur. Cependant, tout ce qui en résultat fut qu’elle manqua bien s’arracher un ongle ou deux. Partant en roulé boulé dans la pente, la chute s’acheva face contre terre, ramené au point de départ d’où sa curiosité aventurière l’avait fait entrer dans ce truc infernal. Lâcha un juron peu catholique, l’infortunée se redressa et ne parvint qu’à s’appuyer contre la cloison juste à côté d’elle. Dans la bataille elle avait perdu ses lunettes, ce qui ne l’étonnait guère, mais aussi, et allez savoir comment, son cache œil. Bordel. Son genoux lui faisait un mal de chien, du sang coulait doucement de l’implantation de ses ongles meurtris, et elle voyait de nouveau trente six chandelles. Pour une belle journée de merde, c’était une belle journée de merde. Ramenant son membre endoloris contre sa poitrine, elle réprima des larmes de colères qui lui serrèrent la gorge. Passant une main dans ses cheveux, la jeune femme s’employa à masquer son œil borgne derrière l’épaisse mèche qui lui mangeait le visage. Attendant que sa vision se rétablisse un peu mieux, elle s’employa à chercher ce qui lui tenant lieu de carapace. L’objet de sa convoitise se trouvait juste à ses pieds, et en partit sous celui de l’autre nouille qui lui tenait lieu de « compagnie ». Un peu sèchement, elle poussa la chaussure du bout de la sienne, afin de récupérer le cache œil, qui reprit immédiatement sa place. Recouvrant un peu mieux ses esprit, Ash finit par se rendre compte que les poches de sa veste était resté ouverte : « Merde… ». Y plongeant ses mains, elle put trouver l’indispensable paquet de mouchoir, l’inutile portable, une épingle à cheveux à moitié coincé dans la doublure du fond de poche, mais pas de trace du porte feuille : « Merde ! »
Son œil turquoise balaya les alentours aussi efficacement qu’un sonar. Elle finit par localiser la petite pochette de cuir, fortement bombée par le joyeux bazar qu’elle contenait, juste à côté de « son nouvel ami ». Cette bonne blague.
- « Je te conseille vivement de me rendre ça. » Lança-t-elle d’un ton bien plus méchant qu’elle ne l’aurait souhaité, en désignant le porte feuille.
Il fallait dire que la demoiselle ne plaisantait pas avec ça. Ce truc possédait bien trop de souvenir pour qu’elle daigne le laisser à n’importe qui. Et même avec un genou en vrac elle comptait bien le récupérer, même par la force s’il fallait vraiment en venir là !
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