Dédale [Annabelle & LIBRE]

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le Jeu 9 Aoû - 0:31
DÉDALE
ft. Jude & Annabelle &...



Jude regrettait de ne pas avoir de montre. Il aurait apprécié de savoir depuis combien de temps exactement il déambulait dans cette immensité plate peuplée de créatures extravagantes. D’ailleurs, il regrettait de ne pas avoir d’appareil photo, aussi. Ca l’aurait fait tripper de jouer les touristes en safari dans cette situation incongrue.

Vous l’aurez deviné, Jude ne s’inquiétait pas franchement. Il avait fait sauter deux-trois fusibles, ricané hystériquement de tout son soûl, et maintenant, c’était comme s’il avait évacué ses réserves de stress. Après tout, c’était pas comme s’il était vraiment en danger, hein ? Les objets avaient beau gigoter, chanter, brailler, danser, se dandiner, et j’en passe, aucun d’eux n’avait exprimé la moindre agressivité à son égard. Ah, il y avait bien ce lit à patte d’oiseau qui l’avait éjecté assez violemment, mais il faut dire que Jude s’était laisser tomber sur lui sans crier gare, on pouvait comprendre qu’il n’ait pas apprécié. Jude avait également essuyé une tentative de coup de boule de la part du miroir-table-à-repasser-à-roulettes. Mais, pour la défense de l’objet hybride, il faut savoir que le garçon le maintenait fermement depuis quelques minutes déjà, n’importe qui aurait fini par avoir la même réaction à sa place, hum ?

D’après ces légers incidents, Jude avait conclu que tant qu’on ne les importunait pas, les objets vivants ne présentaient pas le moindre danger. Aussi avançait-il en sifflotant, les mains dans les poches, l’esprit peu alerte, plus détendu qu’il ne l’avait été depuis bien longtemps. Aussi mit-il un certain temps à réaliser que le paysage changeait subtilement. Que les objets s’agglutinaient autour de lui, à une distance suffisamment raisonnable pour qu’il ne perçoive pas le danger, et formaient, petit à petit, des parois impénétrables. Quand il réalisa enfin que quelque chose ne tournait pas rond, Jude était déjà bel et bien prisonnier du labyrinthe. Des murs de plus en plus hauts l’entouraient de toutes parts. Pas des simples murs, évidemment. Il changeaient périodiquement de couleur et de texture. Tantôt c’étaient des haies de buis orange, tantôt des blocs de bêtons indigos, tantôt de la guimauve jaune citron… Jude commençait à avoir l’habitude que tout passe son temps à se transformer. La coquetterie exagérée de ce monde l’amusait plus qu’autre chose.
Ce qui l’amusa moins, en revanche, c’est quand il réalisa que, non content de changer de couleur et de matière, les murs modifiaient également leur agencement. En permanence. Comme si ça n’était pas déjà assez difficile de sortir d’un labyrinthe ordinaire, il fallait que celui-là ait la bougeotte ! Dans ces conditions, pas question de revenir sur ses pas, ni même de laisser des marques à chaque intersection.

Les réserves de stress avaient dû se reconstituer pendant son moment d’insouciance, parce Jude sentit clairement un début de nœud dans son estomac. En parlant d’estomac, il y avait un autre truc qui clochait, dans ce monde. Il n’avait pas faim. Non pas que le garçon ait un appétit monstrueux en temps normal, mais il était tout de même certain d’être là depuis plus de 6 heures. Ajoutez à cela la nuit de sommeil durant laquelle il avait été transféré ici, ça faisait 16 heures sans manger. Donc il aurait dû avoir faim. Et soif. Et il ne ressentait ni l’un ni l’autre. Le nœud de son estomac se défit sur le champs. Après tout, si le problème de se sustenter ne se posait pas, alors il n’y avait pas grand inconvénient à errer dans un labyrinthe plutôt que dans une plaine. Tout allait donc pour le mi…

Un réflexe insoupçonné, Jude s’arrêta net. Juste avant de poser son pied droit. Enfin, c’est une façon de parler : il aurait eu bien du mal à le poser, c’était précisément le problème. Un trou rond et noir, d’une centaine de centimètres de circonférence, se trouvait là où il avait manqué de mettre le pied. Précisons tout de même que le trou était inexistant deux secondes auparavant. Et qu’il disparut promptement ; probablement avait-il réalisé qu’on l’avait repéré.
Jude posa son pied avec maintes précautions. Aucun trou suspect ne fit son apparition. Il ferma les yeux, soupira, et reprit sa marche. Dix mètres plus loin, en tournant à un coin, le trou reprit du service. Cette fois-ci, Jude le vit un peu trop tard, et ne dût son salut qu’à de violents moulinets des bras qui lui permirent de se rétablir. Bien évidemment, le trou, sûrement contrarié d’avoir encore loupé son coup, disparut aussitôt.
Quelque peu alarmé, Jude bénéficia de quelques minutes de calme plat. Et au beau milieu d’un croisement, il fut la cible d’une attaque simultanée : le vil trou se matérialisa presque sous ses pieds, tandis qu’un objet qu’il identifia comme une marmite volante apparut d’on ne sait où pour se jeter sauvagement sur lui. Avec un glapissement de surprise, le garçon se jeta sur le côté, s’écrasa lourdement au sol, sentit la marmite lui frôler le crâne chevelu, et vit du coin de l’œil le trou se rétracter avec, il l’aurait juré, un grognement de frustration.

Sonné, Jude secoua la tête et se rendit à l’évidence : ce labyrinthe voulait sa peau. Un petit rire nerveux lui échappa, petit rire qui dégénéra rapidement en une de ces crises d’hystérie qu’il commençait à affectionner, à force. Je vous laisse imaginer sa réaction s’il avait su que les pièges auxquels il avait échappés étaient de loin les plus inoffensifs de tous ceux que ce lieu recelait.
Il se relevait sans grande conviction, hoquetant les derniers éclats de son rire, quand il notifia la présence de la fille. Elle arrivait vraisemblablement de la direction opposée.

Chouettes cheveux , songea-t-il à la vue des mèches vertes de l’inconnue, avant même de réaliser que c’était le premier être humain qu’il rencontrait depuis son arrivée dans cet univers. L’idée qu’elle soit en réalité un énième piège lui traversa l’esprit. Il se releva pour de bon, ravala ses derniers ricanements et observa plus longuement la fille, à la recherche du moindre indice qui pourrait l’éclairer quant à sa véritable nature. Faute de résultat, il se résolut à tenter une conversation. En fonction de sa réponse, il serait fixé. Après tout, il était peu probable qu’un piège soit en plus capable de discuter intelligemment.

« Je serais toi, je ne m’approcherais pas. Je suis poursuivi depuis un bon moment par un trou ambulant, et récemment, une marmite volante s’y est mise, aussi... Enfin, c’était peut-être une soupière. J’ai pas eu le temps de bien voir… »

Dans le silence qui suivit sa déclaration, Jude réalisa qu’avec une telle entrée en matière, et pour peu qu’elle ait en plus assisté à son accès d’hilarité, c’était nettement lui qui avait l’air le plus louche des deux. Il tenta un sourire pour atténuer le tout. Mais Jude n’était pas très doué pour sourire, ou du moins, pour sourire de façon rassurante, et il en eu vaguement conscience. Il capitula donc et s’en tint à un vague rictus mi-nerveux, mi-amusé.
Tant pis si elle s’enfuyait en hurlant.


Spoiler:
Un peu plus tard que prévu, je m'en excuse. Si quelque chose ne va pas, n'hésite pas à me poker :3


Dernière édition par Jude le Mer 29 Aoû - 23:31, édité 3 fois
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le Jeu 9 Aoû - 13:10

Dédale


Moi, j'adore les casse-têtes. C'est super marrant, ça entraîne à la réflexion et tout ! J'aime beaucoup me triturer l'esprit. En fait, il y a peu de choses que je n'aime pas, mais bon ! Par exemple, j'adore cette petite chose volante là, que je poursuis depuis tout-à-l'heure, je sais pas vraiment ce que sais mais bon... En fait, on dirait une sorte de beignet rose fluo, avec un grand sourire jusqu'aux oreilles – même si il a pas d'oreilles en fait –, et des petites roues. Mais surtout, il avait de grandes ailes qui faisaient penser à celles d'un écureuil volant et je voulais ab-so-lu-ment l'avoir pour voir comment il marchait. Mais lui, il avait pas envie de se laisser attraper visiblement ! Bah, tant pis, ce n'est pas ça qui allait m'arrêter ! Il allait voir ce qu'il allait voir ce... truc-beignet-volant-roulant-rose ! Ah non, je ne suis pas fâchée contre lui ! En fait, j'arrête pas de rigoler depuis tout-à-l'heure, en essayant vainement de prendre dans mes mains ce gros machin qui s'éloignait en poussant des croassements.

« Mais attends un peu toi ! »

Rien à faire ! Ce drôle de bidule s'obstinait à vouloir m'échapper ! Mais il n'était pas question de laisser tomber ! Encore hilare, les bras bien tendus devant moi et mes cheveux d'un vert éclatant - wah, j'adore cette couleur en fait! - voletant derrière moi, je courais dans tous les sens. On aurait dit une gamine ! Mais moi, je m'en fiche d'avoir l'air de quoi que ce soit, ou de ne pas être au goût des autres. Je suis juste moi-même, et ça me suffit amplement. Qu'importe l'avis des autres, puisque je me sentais bien comme cela, n'est-ce pas ?

L'objet volant se dirigea alors vers une grande allée, et je le suivis sans réfléchir. C'était une allée de feuilles et de branches, impeccablement taillées. Soudain, le drôle de beignet volant fit preuve d'une vitesse extraordinaire et disparut dans les cieux. Ça alors ! Mais c'est de la triche ! Je m'arrêtai net, faisant crisser les semelles de mes baskets sur le sol rocailleux. Je m'étais rendue compte d'un truc : je ne sentais pas la fatigue, et mon cœur ne battait pas si vite, alors que j'avais couru pendant... combien de temps ? Une demi-heure ? Et sans m'arrêter en plus ! L'endurance c'était pas mon truc, en fait. C'est pour ça que je trouvais ça bizarre. Bah, j'étais dans un autre monde, après tout ! Alors, il pouvait se passer plein de trucs bizarres et rigolos ! Je pouvais m'attendre à tout et n'importe quoi et en fait... ça me plaisait bien. J'adorais ce monde complètement dingue. Peut-être parce qu'il acceptait mon sourire ? Qui sait ! Bon, je me demandais quand même comment j'allais sortir d'ici ! En revenant sur mes pas peut-être ?... Ah non. L'entrée avait disparu ! Bon bah, je ne pouvais qu'avancer alors ! Ce que je fis. Je tournai à droite, à gauche, quand soudain une lame s'abattit juste devant moi ! Oh là là, j'avais failli être tranchée en deux ! Mais bon, j'avais eu de la chance, alors autant continuer non ? Le gigantesque couteau finit par se briser en deux et par me laisser le passage... Ah mais non, en fait c'était des ciseaux géants ! J'avançai plus prudemment cette fois, puis tournai à gauche, avant de voir... Oh, c'était un humain ! Un garçon ! En tout cas, c'en avait tout l'air ! Je m'approchai de lui et commençai à le dévisager. Il avait de drôles de machins sur le visage, des tatouages ? On dirait un Sioux ! Moi, j'aimais bien, je trouvais ça chouette ! Et puis, son gilet est cool aussi !

« Je serais toi, je ne m’approcherais pas. Je suis poursuivi depuis un bon moment par un trou ambulant, et récemment, une marmite volante s’y est mise, aussi... Enfin, c’était peut-être une soupière. J’ai pas eu le temps de bien voir… »

Quoi, il parle aussi ? Génial ! Un grand sourire aux lèvres, je me précipitai vers lui en sautillant. J'avais bien envie de le connaître, ce drôle de jeune homme ! Il avait l'air sympa, même s'il avait un sourire bizarre !

« Salut toi ! Comment tu t'appelles ? Moi c'est Annabelle, mais tout le monde m'appelle Anna ! T'as un super maquillage tu sais ! J'adore ton look ! T'as vraiment rencontré une marmite ? … Ah, et au fait ! T'aurais pas vu une drôle de chose toute rose avec des ailes et un grand sourire qui ressemble à un beignet ? Parce que j'essayais de l'attraper en fait, et je me suis retrouvée ici ! Tadam ! »

Je parlais à toute vitesse, donc je me demandais s'il avait tout compris. Mais j'étais tellement contente de rencontrer quelqu'un dans ce labyrinthe !

« Dis, faudrait qu'on sorte d'ici non ? Parce que c'est sympa ici, y'a même des ciseaux géants si tu veux te faire une coupe de cheveux, mais bon ! »

J'avais un sourire jusqu'aux oreilles. Comme d'habitude, je pensais que tout allait très bien se passer.


Dernière édition par Annabelle Roziers le Ven 10 Aoû - 21:58, édité 1 fois


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le Jeu 9 Aoû - 18:59
    Cela faisait des heures qu'Ayame marchait dans ce dédale sans fin. A vrai dire, elle n'en avait jamais vu un comme celui-ci ; les murs bougeaient et il y avait un tas d'objets volants qui passaient au-dessus d'elle. Qu'est-ce qu'elle avait envie d'être à leur place ! Voler, pour pouvoir sortir de cet endroit. Cet endroit, la jeune fille y était depuis ... Plusieurs heures, un jour, ou peut-être même une semaine ? Elle n'en savait rien du tout, comme elle ne savait pas depuis combien elle parcourait ce labyrinthe. Tout était confus depuis son arrivée ici. Bref, Ayame n'avait pas spécialement envie de méditer sur cet endroit cauchemardesque, elle voulait juste trouver la sortie. Elle reprit sa marche, essayant d'examiner un peu le paysage. Il ne changeait absolument pas ; c'était toujours des murs qui dansaient la Macarena et qui changeait tout le temps de place, ainsi que des objets volants omniprésents. Ce qui était "intéressant", c'était d'observer les objets qui passaient au-dessus de sa tête. Leur taille et leur nature variaient sans cesse, il arrivait même que des objets changent de forme alors qu'ils étaient dans les airs ! Cette animation détendit quelque peu la jeune fille, si bien qu'elle ne se rendit pas compte que deux murs étaient sur le point de la prendre en sandwich. Elle s'en rendit compte lorsqu'elle sentit l'un des murs la toucher. Elle se retourna violemment et étouffa un cri de surprise. Sans réfléchir, Ayame se mit à courir droit devant elle, manquant de tomber à plusieurs reprises. Sa course folle s'arrêta lorsqu'elle arriva à une intersection où elle ne pourrait pas être écrasée par un mur farceur. Elle se laissa tomber sur le sol, morte de peur. Cependant, elle remarqua qu'elle n'était absolument pas fatiguée, ce qui était certainement l'un des effets de cet étrange pays sur elle. Elle souffla légèrement, puis resta quelques temps assise pour laisser passer ses émotions. Lorsqu'elle fut assez remise, elle se releva malgré le fait que ses jambes tremblaient encore un peu.

    « Bon, je dois trouver une sortie à ce labyrinthe ! »

    Elle reprit alors son interminable marche, toujours avec l'espoir de trouver une solution. Elle ne savait toujours pas où elle allait, pensant même qu'elle tournait en rond. Non, il était impossible de tourner en rond dans un labyrinthe où les murs bougeaient. Le seul moment où elle avait aperçu la sortie, un mur s'était placé juste devant elle et l'avait bouchée. Ayame n'avait pas perdu son sang-froid pour autant, car elle était certaine qu'il y avait d'autres sorties. Elle était aussi certaine d'une seconde chose : C'était que le labyrinthe ne voulait pas la laisser sortir d'ici. Car elle était persuadée que le dédale était vivant, comme toutes les choses de ce monde. Cela pouvait paraître assez angoissant, mais la jeune fille restait étrangement calme. Elle marchait à une allure assez lente, et restait vigilante. Elle ne tenait pas à risquer de se faire écraser une seconde fois. Soudain, un objet qui volait trop bas cogna sa tête. Ayame pensa qu'il s'agissait d'une erreur de la part de l'objet qui, soit dit en passant, était une chaise. C'est alors que ladite chaise revint à la charge, frappant la jeune fille une nouvelle fois. Elle prit alors conscience d'une chose : ce labyrinthe et ces choses volantes ne voulaient pas seulement qu'elle reste coincée à jamais ici, ils voulaient aussi sa peau ! Elle se baissa rapidement, esquivant une énième attaque de la chaise. Dans sa tentative de survie, elle s'élança à nouveau à travers le dédale pour semer la maudite chaise. Les murs bougeaient sans cesse, et elle pouvait entendre qu'elle était poursuivie. Poursuivie par une chaise, c'était bien un scénario de dessin-animé pour enfants ! Bref, Ayame courait comme une folle pour échapper à la chaise machiavélique. Elle se retournait de temps en temps, et constatait avec soulagement que son poursuivant n'allait pas la rattraper de sitôt ! Surtout qu'elle souffrait toujours pas de la fatigue, et qu'elle pouvait courir encore longtemps. Alors qu'elle continuait sa course, elle entendit un choc derrière elle. Elle jeta un œil, et put voir la chaise écrasée au sol, en mille morceaux. Elle avait certainement percuté un mur, et s'était brisée sur le coup. La jeune fille fut soulagée, et reprit tranquillement sa marche.

    Soudain, Ayame aperçut deux silhouettes au loin. Elle se stoppa, et tenta d'observer ces deux personnes de plus près. Elles avaient l'air si réelle ! La jeune fille s'en rapprocha, et put distinguer qu'il s'agissait d'une fille et d'un garçon. Qu'est-ce qu'elle était heureuse de voir des personnes humaines près d'elle ! Elle était aussi rassurée de voir qu'elle n'était pas la seule personne coincée dans cet endroit. Peut-être même qu'ils savaient où se trouvait la sortie ! Cependant, elle se souvint de la voix dans sa tête qui lui avait clairement signifié qu'elle ne pourrait pas sortir. Bon, même si ces personnes ne pouvaient pas l'aider à sortir, elles permettraient à la jeune fille de ne pas rester seule et de ne pas devenir folle. La folie, Ayame était certaine qu'elle essayait de s'emparer d'elle et de son esprit !

    « J'espère que ces deux personnes ne sont pas des illusions ! »

    Sur ces mots, elle marcha dans leur direction, espérant qu'ils ne prendraient pas peur en la voyant arriver de manière assez soudaine et inattendue. Elle put entendre le rire et les paroles rapides de la jeune fille, cela la fit sourire. Ils ne pouvaient pas être des illusions, Ayame en était convaincue. Lorsqu'elle arriva près d'eux, elle n'osa pas prononcer un mot en voyant que l'autre jeune fille était en train de débiter une tirade de présentation au jeune homme. Elle disait s'appeler Annabelle.

    « Dis, faudrait qu'on sorte d'ici non ? Parce que c'est sympa ici, y'a même des ciseaux géants si tu veux te faire une coupe de cheveux, mais bon ! »

    Quand elle eut dit ces mots, Annabelle semblait avoir terminé. Ayame en profita pour risquer une approche quelque peu ... ratée.

    « Désolée de me rajouter aussi soudainement, mais je pourrais chercher une sortie avec vous ? »

    Elle croisa les doigts pour ne pas trop les avoir surpris, mais fut rassurée par le sourire permanent de ladite Annabelle.


    [Je vais chercher des codes pour que ce soit un peu plus joli, parce que là c'est moche x)]
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le Jeu 9 Aoû - 23:58
DÉDALE
Où le héros (hum, hum) fait preuve d'une grandeur d'âme remarquable



Jude fut presque surpris de voir la fille aux cheveux verts trottiner joyeusement vers lui plutôt que de prendre ses jambes à son cou dans la direction opposée. Il se dit que pour la peine, il ferait peut-être un effort supplémentaire au niveau du sourire. C’est alors qu’elle ouvrit la bouche pour débiter un flot de paroles. Jude la regarda babiller gaiement, se laissant porter par les mots sans faire trop d’efforts pour les comprendre, un peu sonné par tant d’énergie et de bonne humeur. Il faut dire que Jude et la bonne humeur, c’était comme l’eau et l’huile, ça se mélangeait moyen.

Seule la fin de la tirade le fit réellement tiquer. Des ciseaux géants ? Et elle en déduisait qu’ils étaient là pour couper des tifs ? Jude posa sur la fille le genre de regard qu’on destinait généralement à l’agneau sur le point d’entrer dans l’abattoir : un zeste de compassion et beaucoup de pitié. C’était sûrement quelqu’un d’adorable. Niaise mais adorable. Et d’une naïveté telle qu’il estimait son espérance de vie, dans ce monde pas si inoffensif que ça, à une ou deux heures. Sauf si les ciseaux géants la rattrapaient avant. Il eut très envie de lui serrer la main avec un « Ravi de t’avoir connu » très solennel, avant de lui fausser promptement compagnie. Elle respirait la joie de vivre à un point où cela lui donnait presque la nausée, et il craignait franchement de faire partie des dommages collatéraux lorsque la fille se ferait bouffer (ou couper en deux, ou avaler par un trou, ou assommer par une marmite) à cause de son insouciance.

Avant qu’il ait eu le temps de prendre sa décision, une deuxième demoiselle fit son apparition. Décidemment, ce labyrinthe s’avérait plus peuplé qu’on aurait pu l’espérer, en considérant à quel point il était dangereux. Jude soupira ouvertement. Au point où il en était, il se voyait mal prendre ses jambes à son cou sans crier gare. D’autant qu’au vu de la mentalité tordue du labyrinthe, vous pouviez être sûr que si le garçon tentait une fuite, il ferait en sorte que les trois paumés se retrouvent mystérieusement rassemblés d’ici trois croisements, rendant l’effort parfaitement inutile. Et puis, il ne se le serait jamais avoué, mais dans ce milieu hostile, ça le rassurait tout de même un peu, ces deux présences humaines.

Il décrocha à la nouvelle venue son drôle de sourire ambigu, et haussa les épaules, faussement désinvolte.

« C’est à tes risques et périls. Perso, ça me va, ça me fera un leurre à piège supplémentaire. Je précise tout de même que je suis poursuivi par un trou et une marmite volante, tandis que la demoiselle aux cheveux verts semble avoir attiré l’attention d’une paire de ciseaux géante. Si avec ça tu veux toujours nous suivre, ne te gêne pas.»

Il fit trois pas en direction d’une allée qu’aucun d’eux ne semblait avoir emprunté et s’arrêta net, une idée lui étant venu à l’esprit dans l’intervalle. Il se retourna vers les deux filles et se força à sourire. Probablement le sourire le plus évidemment faux qui ai jamais existé. Jude n’était pas franchement doué pour faire semblant.

« J’aller oublier la règle de galanterie la plus élémentaire. Les demoiselles d’abord, naturellement. »

Jude exécrait les codes de bienséance tout autant que les autres. Mais c’était une situation exceptionnelle qui requérait bien une réaction exceptionnelle. En les laissant marcher devant, avec un peu de chance, l’une des deux se ferait avaler par le trou ambulant à sa place. Et la deuxième pourrait toujours distraire les ciseaux suffisamment longtemps pour lui permettre de s’échapper.
Vous avais-je déjà dit que l’altruisme n’était pas une qualité particulièrement développée chez ce garçon ?


Spoiler:
Jude dans toute sa bravoure 8D
Les baffes, coups de boule et kicks sont autorisés pour punir ce vil profiteur.
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le Ven 10 Aoû - 21:56

Dédale


Elle avait l'air gentil, la petite demoiselle. Elle avait de jolis yeux violets, en plus. Moi j'aime bien le violet, parce que c'est une couleur toute douce, et puis la vache Milka est violette, elle. D'ailleurs, je me demande s'il y a du chocolat dans ce monde ? Peut-être des tablettes de chocolat violet ? Moi, j'aimerais bien savoir quel goût ça a le chocolat violet. Même si je n'ai pas eu faim depuis mon arrivée ici ! Encore un truc bizarre... En fait, j'avais d'abord cru à un rêve. Et puis, j'avais ressenti la douleur en me pinçant. Mais moi, ça ne m'avait pas tellement inquiété, en fait ! Je le trouvais trop cool cet univers, je l'adorais déjà alors que ça ne faisait qu'un petit bout de temps que j'y étais. J'avais bien envie d'y rester, en fait. D'ailleurs, je me demandais si on pouvait en sortir ? Bof, de toute façon j'avais pas l'intention de rentrer en France... Ce monde est bien plus excitant et rigolo !

J'écoutai les paroles du garçon, qui ne m'avait pas donné son nom d'ailleurs, c'est pas poli ! Et en plus il a pas dit un truc sympa à la jeune fille, comment ça un « leurre » ? Moi, j'étais pas d'accord, et d'abord dans les histoires c'est le mec qui sauve la fille au péril de sa vie ! … D'ailleurs, j'avais pas besoin d'être sauvée, moi, enfin, je crois pas. Tout allait bien pour le moment, je vois pas pourquoi j'en aurais besoin ! Et puis les contes de fées, j'ai toujours trouvé ça assez macho sur les bords. Pourquoi c'est jamais la fille qui va sauver le garçon, d'abord ? Y'a pas de raison ! Puisque c'est comme ça, c'est moi qui allait sauver ce garçon/macho/sioux. Et pour commencer, j'allais lui faire ravaler ses paroles, non mais ! Je pris le poignet de l'autre fille, celle qui avait les jolis yeux violets, avant de lui dire, un immense sourire aux lèvres :

« Bien sûr que tu peux venir avec nous ! C'est mieux si on est à plusieurs ! Ah, et ne l'écoute pas, je suis persuadée qu'il plaisante. Personne n'est un leurre ici ! »

Je dis cela d'un ton joyeux, comme d'habitude, en jetant quand même un drôle de regard au garçon. Je sais pas si je suis douée pour rassurer les gens, parce qu'en général on me trouve trop bizarre avec mon visage de smiley. D'ailleurs, j'ai jamais compris pourquoi les gens s'obstinent à faire la tête. Moi, je leur dis rien hein, mais eux par contre ils me laissent jamais tranquille. Mais bon, moi ça me dérange pas tellement en fait. Peu de choses me dérangent, mais bon !

Je pris gentiment le poignet de l'autre fille, puis l'invita à nous suivre. Puis je regardai le bonhomme maquillé, il semblait vouloir non laisser passer devant... Tiens, maintenant il jouait sur la galanterie ? Ce changement de comportement me laissait un peu perplexe, mais je m'arrêtai à sa hauteur.

« Bah moi, je suis pour l'égalité des sexes. Pourquoi ne pas rester au même niveau ? »

Je lui adressai un grand sourire. En fait, j'avais un peu peur quand même. Donc, rester entre deux personnes, ça me rassurait déjà un peu mieux. Je me demandais bien comment on allait sortir de là.



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le Dim 12 Aoû - 22:09
    Ayame ne fut pas convaincu par la manière dont l'avait accueilli le jeune garçon, mais elle ne fit pas de remarque là-dessus. Même si elle savait que ce n'était pas le cas, elle espérait qu'il était en train de plaisanter en la désignant de "leurre". Et puis en quoi était-ce gênant d'être poursuivie par des ciseaux, des trous et des marmites alors que des chaises et des murs essayaient de nous tuer ? Cela ne faisait que des contraintes en plus, et au stade où la jeune fille en était, cela ne la dérangeait pas vraiment. En plus, le sourire d'Annabelle se révéla plus rassurant qu'aux premiers abords. Dans ce sourire, on pouvait voir l'espoir et l'optimisme. Deux qualités dont le jeune garçon semblait dépourvu. Il n'avait d'ailleurs pas vraiment l'air sympathique.

    « Bien sûr que tu peux venir avec nous ! C'est mieux si on est à plusieurs ! Ah, et ne l'écoute pas, je suis persuadée qu'il plaisante. Personne n'est un leurre ici ! »

    Annabelle dit tout cela avec un immense sourire aux lèvres. Elle était mignonne comme tout avec ses cheveux et ses yeux verts ! En plus, elle avait l'air sincèrement gentille. Tout de suite, la jeune fille aux yeux violets sentit qu'elle allait passer un bon moment avec elle. En revanche, elle était plus perplexe au sujet du garçon sans nom. Il se comportait vraiment comme si les deux filles étaient des leurres ! Cela commençait à agacer Ayame, mais elle cacha ce sentiment en affichant un sourire à Annabelle. Le petit groupe commença à marcher, et ils arrivèrent à une intersection. Le garçon prétexta être galant pour laisse passer ses "leurres" devant. Ayame comprit tout de suite l'embrouille, et il sembla qu'Annabelle aussi. Cette dernière mentionna l'égalité des sexes pour qu'ils restent tous au même niveau.

    « Je suis d'accord, et puis comme ça nous tomberons tous ensemble dans un trou s'il y en a un. C'est ce que l'on appelle la solidarité, jeune homme ! »

    Lorsqu'elle eut dit ces mots, Ayame se rendit compte qu'elle ne connaissait toujours pas le nom du jeune garçon, et qu'elle-même n'avait pas mentionné le sien. A la réflexion, ce n'était pas très important. Ça n'empêchait que la jeune fille avait tout de même de savoir quel était le prénom de l'insolent garçon. Bref, la jeune fille cessa de penser à cette chose stupide et recommença à marcher au même niveau que ses deux compagnons. Il n'y avait pas de trou, pas de marmite et encore de ciseaux à l'horizon, ce qui était plutôt rassurant. Elle espérait que ça allait durer, car elle se voyait très mal courir comme une folle pour échapper à l'un des pièges du labyrinthe. Car elle imaginait qu'elle n'avait pas eu l'air très intelligente lorsqu'elle avait tenté de semer la chaise tueuse, ainsi que les murs machiavéliques. Elle avait crié comme une fillette, avant de s'enfuir comme un traître. Non, il ne fallait pas que ses deux compagnons la voient comme ça, ce serait ridicule. La jeune fille resta donc vigilante aux éventuels "dangers" de ce satané labyrinthe. Toujours rien, cela devenait presque inquiétant ! A bien y réfléchir, tout était inquiétant dans ce monde, qu'il y ait du danger ou pas.

    « Sinon, vu que nous allons sûrement marcher un petit moment ensemble, pourquoi ne pas me parler de vous ? »

    Même si Ayame savait déjà le prénom d'Annabelle, elle espérait que cette dernière lui en dirait plus sur elle. Elle espérait aussi que le garçon daigne dire son nom.
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le Dim 12 Aoû - 22:21

Le labyrinthe. Vous marchez, vous arpentez les couloirs, vous croyez approcher de la sortie, mais Elle vous manipule pour que vous ne puissiez vous voir retourner sur vos pas. Car là où vous êtes, il n'y a qu'une entrée qui se referme à votre arrivée. Parce que dans son terrain de jeu, nul ne doit s'échapper.

Alors Elle vous a regardé discuter, arpenter ses couloirs sinueux, vous rassembler et parlementer. Maintenant, elle va passer à l'attaque, et vous montrer ce qu'il en coûte de s'aventurer dans son domaine. Sans un geste, elle appelle ses créations. Les objets, convoqués par la Folie d'Esquisse, se sont ensuite regroupés vers le labyrinthe. Animés d'une rage dévastatrice, ils ont flairé votre piste.

Leur chef est un hamster vert fluo aussi haut qu'une maison en salopette jaune, qui crie comme un être humain. Il vous appelle de là où il est, vous entendez "à l'aide ! un monstre veut me tuer" d'une voix féminine. Allez-vous sauver la demoiselle en danger ? Il n'y a rien devant vous, pas le moindre objet meurtrier à l'horizon.

Quant à lui, le mammifère attend avec impatience, ses vingt-sept sujets derrière lui, poussant des bruits de violon pour souligner leur contentement. De l'autruche aux ailes de papillon à l'abricot rose-hibou, le seul point commun à toutes ces bestioles c'est qu'elles ont faim. Elles ont faim, et sont griffues.


La Folie vous attend. Tomberez-vous dans son piège mesquin ?

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le Mer 15 Aoû - 11:51
DÉDALE
Où le prince (supposément) charmant délègue sa tâche



Jude n’essaya même pas de réprimer le ricanement narquois qui avait commencé à lui titiller les lèvres depuis un moment. Les réactions outrées qu’il suscitait chez tous ces gens honnêtes, courageux et bien élevés étaient pour lui une source d’amusement intarissable. A force de recevoir des regards assassins et des moues méprisantes, le garçon ne ressentait même plus la moindre once de cette honte qui aurait dû envahir toute personne décente en voyant sa lâcheté aussi clairement exposée. Dans cette situation précise, Jude se gaussait d’autant plus que les arguments mis en avant par ses ex-leurres lui paraissaient particulièrement ridicules. Il jeta un coup d’œil à la dernière venue, et souffla :

« Solidarité ? Tu es en train de dire que tu préfères entraîner deux personnes dans ta chute plutôt que de tomber seule, et tu appelles ça de la solidarité ? J’appellerais plutôt ça un double-meurtre en règle. Ne compte pas sur moi pour adhérer à tes valeurs déformées, jeune fille. »

Jude ponctua sa tirade par un sourire vaguement condescendant, et sans attendre de réponse, il reprit sa marche au même niveau que ses compagnonnes d’infortune, acceptant de bonne grâce sa défaite.

« Sinon, vu que nous allons sûrement marcher un petit moment ensemble, pourquoi ne pas me parler de vous ? »

Jude haussa les épaules devant cette maladroite tentative pour briser la glace. Il ne voyait pas l’intérêt de raconter sa vie décousue à deux inconnues qui avaient déjà une image nettement négative de lui. Au mieux, cela les scandaliserait encore plus, au pire, elles partiraient en courant à la prochaine intersection. Or, Jude n’avait pas très envie de se retrouver à nouveau seul à la merci d’un trou, d’une soupière et d’une paire de ciseaux, sans compter les autres innombrables pièges que devait receler ce labyrinthe. A cette idée, mu par une soudaine volonté de conciliation, il se résolut à donner le minimum vital niveau informations. Il faudrait qu’elles s’en contentent.

« Jude. 17 ans » dit-il à mi-voix, avec la ferme intention de ne rien lâcher de plus à son sujet.

C’est là que le cri retentit :

« A l'aide ! Un monstre veut me tuer »

Jude grimaça : une demoiselle en détresse. Qui manquait d’ailleurs cruellement d’originalité dans ses appels à l’aide. Il ne manquait plus que ça. Il lui fallut moins de deux secondes pour prendre sa décision. Il était hors de question d’aller au-devant d’une horde de monstre, même pour sauver une infortunée donzelle qu’il considérait déjà comme cuite, paix à son âme. L’idée que cela puisse être un piège ne lui avait même pas traversé l’esprit. C'était juste que Jude n'avait jamais eu l'âme d'un chevalier servant, n'en déplaise à ses coéquipières. Il se tourna ostensiblement vers une allée à l’opposé de la direction de laquelle le cri avait jailli, interrogeant au passage les deux filles du regard.

« Mon instinct de conservation me pousse dans cette direction. Mais si vous voulez courir à la rescousse de cette demoiselle, ne vous gênez pas pour moi. »

Il sourit méchamment à la fille aux cheveux noirs.

« Ce serait peut-être l’occasion de redresser ton concept de solidarité, hum ? »


Dernière édition par Jude le Dim 19 Aoû - 11:29, édité 1 fois
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le Ven 17 Aoû - 14:20

Dédale

J'esquissai une petite grimace à la remarque du garçon au drôle de maquillage.C'était pas gentil, ce qu'il disait. C'était dur, aussi, il aurait pu faire preuve d'un peu plus de finesse même s'il avait un peu raison... En tout cas, c'était bien les paroles de quelqu'un qui avait peur de la mort. Dans tous les cas, ce type était tellement attaché à sa propre vie qu'il en oubliait celle des autres. Mais je ne l'en blâmais pas. De toute façon, moi aussi j'avais peur de mourir. Qui n'en avait pas peur ? Mais en même temps, je pensais que mourir avec quelqu'un à mes côtés, c'était plus rassurant que d'être seul, attendant lentement que le cœur s'arrête de battre. C'était ce que m'avais fait comprendre ma grand-mère, quand elle est morte et que je lui tenais la main. « Je suis contente que tu sois là », m'avait-elle dit d'une voix faible, avant de fermer les yeux, les traits de son visage détendus et apaisés. J'avais un peu pleuré, parce que j'aimais beaucoup Mamie et que j'étais très triste qu'elle parte, mais en même temps j'étais contente qu'elle m'ait dit ça, qu'elle soit rassurée. Je trouvais ça même super chouette. C'était peut-être un peu morbide, comme vision, mais j'avais toujours tendance à voir le bon côté des choses. Avais-je tort, avais-je raison ? Peut-être les deux, mais peu importe. Toujours est-il que j'étais d'accord avec les deux. D'ailleurs, qu'est-ce qui lui disait que nous allions mourir ici, hein ?

« Jude. 17 ans »

Sa voix me fit sortir de mes pensées. J'aimais bien son nom. Jude. C'était la chanson des Beatles, celle où à la fin Lennon et McCartney chantent « Nah nah nah nah Hey Jude ! » pendant environ deux minutes. Mais ce Jude-là ne semblait pas vouloir porter le monde sur ses épaules, alors on ne pouvait pas lui dire de ne pas le faire. Ce Jude tout zébré était un tout autre Jude, et puis c'était un garçon aussi. Je me demandais si on lui avait déjà dit que son nom faisait penser aux Beatles. Peut-être certains se moquaient-ils de lui à cause de ça, mais moi je trouvais ça sympa comme nom, Jude. Enfin bon. Du peu que je connaissais de lui, j'en avais déduis qu'il ne s'intéressait pas à l'avis des autres sur son nom. Peut-être avais-je tort, qui sait ? Il semblait plein de surprises, comme ce monde d'ailleurs. Je regardai la fille brune aux jolis yeux, il était temps que je lui réponde moi aussi ! Et moins froidement que Jude, si possible, avec mon grand sourire si habituel  :

« Moi, j'ai seize ans. Et je viens de la France, c'était sympa là-bas, mais j'aime mieux la vie ici, elle est carrément plus cool ! »

J'étais sincère. Même si ce labyrinthe m'inquiétait un peu, je trouvais que ce pays était bien plus chouette que là où j'étais née. Ici, au moins, on ne critiquait pas mes « drôles d'habitudes », on ne me regardait pas comme si j'étais complètement folle. D'ailleurs, ces deux personnes-là étaient les premières à qui je parlais ici. Et je trouvais ça cool de pouvoir discuter avec des gens, et en plus ils parlaient ma langue... Pourtant Jude c'est pas un nom français, peut-être qu'il a des origines britanniques ? Qui sait ! Ou alors, ses parents sont tout simplement fan des Beatles...

« A l'aide ! Un monstre veut me tuer »

Une autre voix. Féminine, venant de plus loin, de derrière en fait. Je sursautai, avant de regarder dans sa direction. Personnellement, je ne disais jamais ce qui m'arrivait quand j'appelais au secours, j'étais bien trop effrayée pour cela. Jude n'avait pas l'air enclin à aller la sauver, mais je fis un timide pas vers l'arrière. Il y avait vraiment un monstre dans ce monde ? Un vrai, comme dans les films ? Je me demandais à quoi ressemblaient les monstres ici. Si ça se trouve, c'était un mélange des ciseaux et de la marmite qui l'attaquait ! Mais pourquoi seraient-ils si agressifs ?

« Je pense qu'on devrait aller voir ce qui se passe... » dis-je, sans prêter attention aux paroles de Jude. On m'avait toujours reproché de n'écouter que ce que je voulais entendre.

Sans rien ajouter, je me dirigeai vers la voix, d'un pas décidé. Je regardai un peu vers le ciel rose couvert d'images, puis j'aperçus deux drôles de petites choses sur une surface brune. On aurait dit des oreilles.

« … C'est quoi ça ? »

Je m'approchai un peu plus, perplexe.

« Y'a quelqu'un ? »




Dernière édition par Annabelle Roziers le Ven 17 Aoû - 20:43, édité 1 fois


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le Ven 17 Aoû - 19:46
    Ayame eut un petit rire lorsqu'elle entendit la réponse du jeune garçon, même si elle était consciente que ce n'était pas la meilleure réaction qu'elle pouvait avoir. A vrai dire, son histoire de solidarité n'était qu'un prétexte qu'elle avait lancé sans réfléchir pour pouvoir marcher à côté de ses deux compagnons. Elle était plus rassurée à l'idée de marcher avec eux qu'à l'idée de marcher seule. Et puis s'ils tombaient tous dans un trou, il ne s'agirait pas d'un meurtre. On pourrait peut-être considérer cela comme un homicide involontaire, mais pas comme un meurtre. Certes, un homicide involontaire était une chose horrible, mais aux yeux de la jeune fille, il restait moins grave qu'un meurtre. Ayame se ressaisit et cessa de penser à cette chose stupide. De toutes façons, personne n'allait mourir ! Ils allaient se serrer les coudes, et tout allait bien se passer, elle en était persuadée. Comme elle était persuadée que le jeune garçon n'était pas si odieux que ça, c'était sûrement le fait d'être avec des inconnus qui le rendait peu sympathique. En revanche, la jeune Annabelle restait toujours aussi adorable. Son regard pétillant et rempli de joie était très rassurant, surtout dans un moment comme celui-ci.

    Ayame décida d'engager la conversation, elle avait était consciente que sa tentative pour détendre l'atmosphère était pitoyable, mais c'était déjà ça. Le jeune garçon daigna donner son nom et son âge. Il s'appelait Jude. Elle aimait bien ce nom, il sonnait bien. Elle l'avait déjà entendu dans une chanson des Beatles, mais aussi autre part. Elle eut un léger fou rire lorsqu'elle s'en souvint. Jude était aussi un apôtre, et frère de Jésus. Ayame touvait cela très amusant, qu'une personne aussi froide porte le nom d'un des apôtres. Elle ne fit pas la remarque, et essaya de stopper son fou rire. Elle y parvint, mais remarqua que ces deux compagnons la regardaient bizarrement. Annabelle se (re)présenta, et mentionna qu'elle aimait beaucoup l'Esquisse. Même si ils ne se trouvaient pas dans un endroit très accueillant, Ayame était d'accord avec cela. Esquisse était vraiment un beau pays, bien que dangereux et très farceur. Ses nombreux pièges devenaient presque agaçants.

    "De mon côté, je m'appelle Ayame, j'ai 18 ans et je ne sais plus vraiment d'où je viens. D'Europe, il me semble !"

    C'est en disant ces mots qu'Ayame se rendit compte qu'elle ne savait plus d'où elle venait. Sa mémoire et les souvenirs de son ancienne vie commençaient à s'effacer. Cela ne la dérangeait pas vraiment, mais elle aurait aimé se souvenir de quel pays elle venait. Peut-être venait-elle de France, comme Annabelle ? Ou alors d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne ? C'était en Europe, elle en était maintenant sûre. Elle réfléchit plusieurs minutes à la question, mais fut tirée de ses pensées par un cri, au loin. On aurait dit une femme prise au piège par des monstres, qui appelait à l'aide. Mais Ayame ne trouvait pas ce cri très authentique, il était trop cliché pour être vrai. Ou alors, la demoiselle aurait pu faire plus original. Un peu d'imagination ne coûtait rien ! La jeune fille aux yeux violets se stoppa et fut surprise par ses propres pensées. Avant, elle aurait accouru pour aider la personne en détresse. Mais là, elle était dans l'Esquisse, le monde qui voulait la piéger à tout prix. Et elle ne croyait pas du tout en cette personne qui criait. Jude fit clairement comprendre qu'il n'irait pas sauver cette "personne", avant d'aller dans l'allée opposée au cri. Annabelle répliqua qu'il fallait y aller, et commença à s'aventurer dans l'allée d'où il venait. Ayame se rangeait du côté de Jude, ce qui n'allait sûrement pas plaire à l'autre jeune fille. Cepedant, elle pensait sincèrement que ce n'était pas une bonne idée, et que la personne en détresse était une idée du labyrinthe pour les piéger. Elle regarda Jude et lui dit avant qu'il ne soit trop loin.

    "La solidarité ? Oh, tu dois parler de l'argument que j'ai lancé sans y réfléchir pour pouvoir marcher à vos côtés. Concernant ce cri, je pense qu'il vaut mieux l'ignorer car il me paraît ... faux. Je suis d'accord avec toi, pour cette fois."

    Mais Annabelle était déjà partie à la rencontre du cri. Même si Ayame ne voulait pas y aller, elle ne voulait pas non plus laisser Annabelle seule. Elle ne voulait pas que la jeune fille aux cheveux verts se fasse piéger de la sorte. Elle la regarda et lui cria :

    "Annabelle, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée !"
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le Dim 19 Aoû - 11:43
DÉDALE
Où l'on découvre à quel point un hamster peut s'avérer flippant



Pour ceux qui se poseraient la question, le sandwich qui se dandine, c'est Annabelle telle que Jude se l'imagine : un joyeux casse-croûte //fuit

« Je pense qu'on devrait aller voir ce qui se passe... »

Jude grinça des dents. Si c’était pour aboutir à ce genre de conclusion, elle aurait mieux fait de s’abstenir de penser. Il la regarda s’éloigner, incrédule. Comment c'était possible d’être à ce point dénué d’instinct de conservation ? N’y avait-il pas un truc nommé sélection naturelle qui empêchait ce genre de spécimen de subsister ? Le monde d’où ils venaient avait beau être nettement moins expéditif que celui-ci, il restait incroyablement cruel. Il ne voyait même pas comment elle avait pu survivre pendant seize ans.

« La solidarité ? Oh, tu dois parler de l'argument que j'ai lancé sans y réfléchir pour pouvoir marcher à vos côtés. Concernant ce cri, je pense qu'il vaut mieux l'ignorer car il me paraît ... faux. Je suis d'accord avec toi, pour cette fois. »

Jude regarda fixement l’autre fille pendant cinq secondes. Une seconde à se réjouir que quelqu’un d’autre que lui expose son manque de convictions solidaristes, et les quatre autres à digérer son opinion sur cet appel au secours inopiné. Un piège. Nom d’un zèbre, c’était loin d’être idiot, comme hypothèse. Cette saleté de labyrinthe retors était bien capable de ce genre de lâcheté. Un piège… Plus il y pensait, plus cela lui semblait vraisemblable. En même temps, ça l’arrangeait bien. Ca soulageait quelque peu sa conscience de savoir qu’aucune jeune fille ne terminerait en casse-croûte. Ah oui mais non. Parce qu’il y avait actuellement un encas potentiel qui, guidé par une bonne dose de naïveté, fonçait probablement tout droit dans la gueule du loup. Ou de la marmite. Ou du trou.

« Annabelle, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée ! »

Jude eu un ricanement nerveux. Ayame avait un talent certain pour énoncer des évidences. Et l’autre fille un don indéniable et typiquement enfantin pour passer à côté de ces mêmes évidences. La regarder s’avancer vers la probable embuscade sans tenter de l’arrêter, c’était comme ne pas réagir en voyant un nourrisson approcher ses doigts d’une prise électrique. Rien que d’y penser, il sentait le goût âcre et familier de la culpabilité sur sa langue.

« Y'a quelqu'un ? » s’ensuit Annabelle au loin, ce qui revenait à peu près à informer les monstres que le déjeuner approchait à grands pas. Jude grimaça. Si encore elle avait été consciente de ce qu’elle faisait…

« Je suis doté d’un terrible esprit de contradiction, tu sais. J’ai horreur qu’on soit d’accord avec moi. Pour la peine, je vais aller jeter un coup d’œil. »

Il appuya sa déclaration d’un sourire qui se voulait confiant (et qui, en réalité, tremblotait vaguement dans les coins) à l’intention de la jeune fille au regard violet, et sans lui laisser plus de temps pour réfléchir à sa justification bancale, s’engagea à la suite d’Annabelle. L’idée de s’avancer vers un piège ne le réjouissait pas franchement. Il en avait même des tremblements infimes dans les mains rien que d’y penser. Mais Jude n’allait jamais au bout de quoi que ce soit. C’était valable aussi en ce qui concernait la lâcheté. Il se planta devant la jeune fille aux mèches vertes.

« J’ai changé d’avis. Je suis d’accord pour aller voir, mais pas comme ça, le nez en l’air. Si c’est un piège, ce serait une façon particulièrement idiote de foncer droit dedans. Rase au moins les murs et fais moins de bruit, veux-tu ? »

Jude mit aussitôt ses paroles en application. Il avança précautionneusement en se collant à la haie, à la façon James Bond dans le repaire des méchants. S’il se laissait trop le temps de réfléchir, il était à peu près sûr de faire demi-tour en courant. Au bout d’une dizaine de mètres, il commença à se sentir remarquablement ridicule et à se demander s’il n’était pas en train de se taper un trip en solitaire. C’est là qu’il notifia les oreilles qui dépassaient de la haie. En tendant la sienne, il remarqua les désagréables sons, pareils à des grincements de portes mal huilées, qui émanaient de la même direction. Il plissa les yeux, avança jusqu’au coin, marqua un temps d’arrêt. En y réfléchissant, c’étaient peut-être des violons. Jude avait toujours été particulièrement peu réceptif à la musique classique. Il jeta un coup d’œil envieux en arrière, prit une grande inspiration, et, quasi-théâtralement, jeta un coup d’œil dans l’allée d’où provenaient les grincements.

Il en fût pour ses frais. Avec un mélange d’horreur et d’incrédulité, il dévisagea l’énorme bestiole fluorescente en salopette jaune. Pour un peu, il en aurait été admiratif. Dire que ce monde réussissait même à rendre un hamster terrifiant. Il ne s’attarda pas sur la horde de monstruosités qui le secondaient et émettaient ces affreux bruitages. Pas de demoiselle en vue. Soit c’était effectivement un piège, soit elle était déjà dans l’estomac du rongeur mutant, hypothèse qui impliquait de toute façon qu’on ne pouvait plus rien faire pour elle.

« On se tire » souffla-t-il à Annabelle qui l’avait rejoint.

Comme en écho à ses paroles, un crescendo notoire dans les grincements se fit entendre. L’ouverture de la chasse, probablement.



Spoiler:
Annabelle > Je me rend compte que j'ai dit qu'Annabelle suivait Jude, mais si ça correspond pas à ce que tu voulais faire, n'hésite pas à me poker par MP ou autres, je changerai ;)


Dernière édition par Jude le Sam 1 Sep - 0:59, édité 1 fois
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le Lun 20 Aoû - 17:46
Spoiler:
Pas de souci, de toute façon Anna' allait quand même le suivre... Je lui ai donné une occasion d'être un peu moins suicidaire :'D


Dédale

J'étais toujours en train d'avancer, quand j'entendis Jude me rejoindre et me recommander de rester discrète. Ah ouais, c'était pas bête ce qu'il disait. C'est que j'avais la manie de me jeter dans la gueule du loup sans réfléchir. Mais en fait, le truc c'est que j'avais toujours eu une sacrée chance, du coup, j'étais toujours vivante et entière. Enfin, ce monde était tellement bizarre, peut-être y avait-il des pièges dans ce labyrinthe ? … Après réflexion, je me demandais si les gros ciseaux c'était pas un piège, aussi. Parce que bon, les lames géantes étaient bien tranchantes, et il s'en était fallu de peu pour qu'elles m'attrapent et me tranchent en deux, tchac ! Comme les cuisiniers japonais dans les dessins animés, quand ils tranchent le poisson à toute vitesse, tchac tchac ! J'ai toujours trouvé ça incroyable, j'aimerais bien couper les aliments aussi vite, mais je suis tellement maladroite ! Je pourrais me couper les doigts, ça c'est sûr !

Imitant Jude, je me collai à la paroi et regardai de tous les côtés. Woah, c'était carrément comme dans les films d'espionnage ! Je me présente, agent Anna-007 ! La classe non ? … Alors, voyons quand même qui était cette drôle de chose...

Pas de jeune fille en vue, ça alors ! J'avais beau bien regarder, il n'y avait aucune autre présence humaine à part Ayame, Jude et moi. Par contre, il y avait une super salopette jaune fluo, que j'aurais trouvé super chouette et que j'aurais même envié si elle ne faisait pas cinq mètres de haut et qu'elle n'appartenait pas à un... un... un hamster ?! Oh mon Dieu, j'avais la phobie des rongeurs ! Houston, nous avons un problème, un très gros problème vert fluo avec les dents de devant ressorties ! Quelle horreur ! Je sentais déjà mon visage prendre une couleur diaphane, et ma gorge se serrer. Mes membres semblaient avoir envie de partir sans moi, mais j'avais bien l'intention de sortir entière de ce dédale ! Je fis immédiatement volte-face, me collant presque à Jude, l'image des petits yeux vicieux du hamster géant encore dans la tête, les tympans presque explosés par le bruit sourd des violons... Des violons ? Je n'avais pas vu de violon non plus, seulement cette multitude d'assemblages d'objets et d'animaux... C'étaient eux qui faisaient ce bruit-là ? Oui, sans doute étaient-ils à l'origine de ce capharnaüm ! En tout cas, il valait mieux sortir d'ici et au plus vite ! Visiblement Jude eut la même idée que moi, vu les trois mots qu'il prononça et m'encouragea d'autant plus à le suivre.

Je parcourus à grands pas la faible distance qui nous séparait d'Ayame, avant de lui adresser un sourire histoire de la rassurer un peu. Enfin, d'essayer ; mon sourire devait ressembler davantage à une grimace.

« Il vaut mieux qu'on s'en aille dans... Dans cette direction ! » déclarai-je d'une voix moins assurée que d'ordinaire.

J'indiquais d'un doigt, le bras tendu, la direction strictement opposée à celle de la version hamster de Gargantua. Je voulais à tout prix m'éloigner de cette chose, sinon je crois que je vais me faire pipi dessus, ce qui serait très gênant, non seulement parce que je ne suis pas seule, mais aussi pour courir... Je me retournai vers Jude et Ayame. C'est alors qu'un gros BOUM se fit entendre. Puis un autre. Boum, boum, boum. Était-ce mon cœur qui battait si fort ou... autre chose... ?




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le Ven 31 Aoû - 14:11
    Ayame regarda ses deux compagnons s'aventurer dans l'allée d'où provenait le cri. Quant à elle, elle ne tenait pas vraiment à y aller, persuadée qu'il s'agissait d'un piège. Cependant, elle ne tenait pas particulièrement à ce que Jude & Annabelle soient piégés de la sorte. La jeune fille aux yeux violets hésitait entre rester là où elle était, et rejoindre ses deux amis. Même si son esprit penchait pour la première solution, elle se dit qu'il fallait peut-être qu'elle aille voir Annabelle & Jude. Elle prit son courage à deux mains, et commença à marcher dans l'allée du cri. Tout avait l'air normal, pour l'instant. Et le fait que tout soit calme, tracassait la jeune fille. Dans ce monde, c'est quand on s'y attendait le moins que les problèmes surgissaient. Ayame marchait donc prudemment, et restait attentive aux éventuelles surprises du labyrinthe. En avançant un peu, elle finit par apercevoir ses deux compagnons qui rasaient les murs. Certainement pour ne pas attirer l'attention du supposé piège. La jeune fille fit de même, et accéléra pour rejoindre les autres. C'est alors qu'elle vit des petites oreilles qui dépassaient. Et en regardant de plus près, elle découvrit un hamster géant. L'Esquisse avait de l'imagination pour piéger les gens perdus comme l'étaient Annabelle, Jude & Ayame. Ledit hamster portait une salopette jaune, chose peu commune chez les rongeurs normaux. En temps normal, la jeune fille aimait ces petites bestioles mignonnes et gentilles. Mais là, c'était tout sauf normal.

    Ayame jeta un coup d'oeil apeuré à ses deux compagnons, qui étaient à quelques mètres d'elle. Pourtant, ils ne semblaient pas l'avoir remarquée. Peut-être était-ce à cause du bruit qui provenait de la direction du hamster ? Il était insupportable ! En réfléchissant un peu, la jeune fille se rendit compte que ce bruit ressemblait à des violons. Mais dans ce cas, des violons très mal accordés, et pas du tout en harmonie !
    La jeune fille au regard violet se décida à rejoindre Jude & Annabelle, lorsque ceux-ci firent soudainement demi-tour. Lorsqu'ils arrivèrent au niveau de la jeune fille, Annabelle lui adressa un grand sourire. Ce sourire était nerveux, et au fond il ressemblait plus à une grimace qu'autre chose.

    « Il vaut mieux qu'on s'en aille dans... Dans cette direction ! »

    La jeune fille aux cheveux verts désigna l'allée opposée au hamster géant. Ayame acquiesça, car elle voulait aussi s'éloigner de l'horrible piège. Et le plus vite serait le mieux ! C'est alors que la jeune fille entendit un énorme Boum, qui se répéta plusieurs fois. Elle se retourna furtivement, et crut apercevoir des hamsters qui les poursuivaient. Elle ne réfléchit même pas, et s'écria d'une voix apeurée.

    « Courons ! »

    Ayame regarda ses deux compagnons, avant de commencer à courir dans l'allée opposée aux hamsters. En espérant qu'Annabelle & Jude la suivrait !
Spoiler:

Désolée pour la réponse un peu courte, j'espère que ça vous convient !
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le Ven 31 Aoû - 14:44

S'il était possible pour l'Esquisse de mourir de rire, elle aurait dû craindre pour sa propre vie. Les trois malheureux qui avaient osé s'introduire dans le labyrinthe fuyaient en courant pour échapper à sa créature. Croyaient-ils réellement s'en tirer à si bon compte, sans souffrir ? Croyaient-ils vraiment la Folie d'Esquisse assez bête pour laisser une ouverture si évidente ?

Naïfs. Elle va vous apprendre la réalité telle qu'elle est désormais. Qu'y a-t-il au bout de ce couloir vers la liberté ? Voici la réponse, mais peut-être n'est telle pas que vous l'espériez ? Une armée de tours Eiffel - zébrées - miniatures, visiblement très énervées, à en voir les jets de feu qui en sortent. Elles font chacune une taille différente : de la hauteur d'un porte-clef à celle d'une porte, et avancent d'autant plus qu'elles sont petites. Encombrant le passage, il faudra braver leur mur impénétrable pour atteindre le bout du chemin..

Qu'allez-vous faire ? Elle vous laisse le choix : retourner voir le hamster ou vous frotter aux monuments. Ils arrivent vers vous, et pour sortir il faudra affronter l'un d'entre eux. À moins bien sûr que vous trouviez une ruse assez maline pour qu'elle n'y ait pas pensé.

Si vous vouliez fuir, c'est raté.
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le Sam 1 Sep - 1:20
DÉDALE
Où même les monuments protégés par le patrimoine mondial de l'UNESCO s'y mettent



Jude courait. Il l’ignorait encore, mais cette activité allait devenir sa favorite d’ici peu. Et ce bien malgré lui. Sans être un parfait mollusque, le sport n’avait jamais non plus été sa tasse de thé. Et la course encore moins. Jude s’était toujours dit qu’il s’agissait du sport le plus chiant au monde. Cependant, courir prenait tout son sens lorsque l’on était poursuivi. Pour un peu, il en aurait été presque doué.

« Putain, mais pourquoi je me suis pas barré plus tôt ? »

Remarquez qu’il avait encore suffisamment de souffle pour pleurnicher.
Il jeta un regard furieux à l’intention de la fille aux cheveux verts.

« Ça serait pas arrivé si tu nous avait écouté, j’espère que t’en es consciente ! »

La peur avait tendance à le rendre hargneux, au cas où vous n’auriez pas remarqué.

« Ça m’apprendra à vouloir être charitable. Si il y a une prochaine fois, je te préviens tout de suite, tu iras te faire bouffer toute seule, okay ? »

Ainsi prit fin la courte et peu convaincante carrière de Jude en tant que pseudo-héros. Avis aux futures demoiselles en détresse, le zèbre ne bougera pas le petit doigt pour vous sauver des griffes d’un hamster géant ou toute autre créature aux intentions culinaires à votre égard.

« Sérieusement, c’est quoi, cette bestiole ? Y’a eu une catastrophe nucléaire, je vois qu’ça. Ce truc a muté suite aux radiations radioactives. Ca expliquerait aussi pourquoi je ressemble à un alien. »

Il pourra toujours se reconvertir en scénariste de films apocalyptiques à l’intrigue improbable.

Un joyeux carambolage interrompit ses délires radioactifs. Pour être plus clair, Ayame, qui courait devant, pila net, ce qui fit que Jude, qui la talonnait trop pour avoir le temps de s’arrêter à son tour, la heurta méchamment. Un craquement sinistre se fit d’ailleurs entendre.
Soit c’est mon nez, soit c’est son crâne, songea sinistrement le garçon. Malheureusement pour lui, la première hypothèse semblait la plus vraisemblable. Doublement malheureusement pour lui, Annabelle n’avait pas non plus eu le temps de freiner. Ce dernier choc les fit s’écrouler tous les trois à terre, comme un château de carte que l’on renverse, mais avec moins de légèreté et plus de bosses à la clé.
Comme on sait tous que Jude adore râler, on se doute bien qu’il ne manqua pas une si belle occasion :

« Merde, mais préviens quand tu t’arrêtes ! Je te rappelle qu’on a un rongeur monstrueux aux trousses, on a mieux à faire que de se rouler par terre… »

Remerciez l’armada de Tour Eiffel pour lui avoir coupé le sifflet.
Oui, parce que, aussi étonnant que cela puisse paraître, Ayame ne s’était pas arrêtée pour le fun de provoquer un carambolage et écouter Jude lui brailler dessus.
ce dernier en resta paralysé de stupeur : il rêvait, ou ces monuments à la manque avaient plagié son superbe gilet de zèbre ?
Et sinon -préoccupation moindre- les Tours n’étaient-elles pas en train de chercher à les rôtir ?
A cet instant précis, une flamme particulièrement vivace passa à une dizaine de centimètres au-dessus de sa tête, lui roussissant quelques mèches au passage.
Bon. Il fallait faire un choix. Brûlé vif par des reproductions de monuments français –Jude se fit la réflexion que les Tours rôtisseuses feraient un tabac à Paris auprès des touristes- ou avalé par un hamster en salopette. En salopette jaune. Ignoble, l’association du vert de son pelage et du jaune moutarde de son vêtement, d’ailleurs.
La proximité de la mort ayant tendance à favoriser ses délires, Jude décida que quitte à crever, ce serait beaucoup plus classes de le faire dans les flammes que dans l’esomac probablement nauséabond d’un rongeur doté d’un sens esthétique discutable (oui, c’est l’hôpital qui se moque de la charité). Quoique si ça se trouve, les deux armées de monstres s'étaient mises d'accord. Peut-être que le hamster n'aimait pas la viande crue, et donc qu'il avait engagé les Tours Eiffel pour s'occuper de la cuisson de son futur déjeuner.
Un ricanement hystérique aux accents de panique le secoua.

« Quitte à choisir, je crois que je préfère les Tours Eiffel. Elles ont bon goût, au moins, même si elles ont clairement copié mon style. »

Je crois que le dernier bout de raison vient d’être grillé par une seconde flamme qui est passé à cinq centimètres de sa joue.
Il adressa un sourire sinistre à Annabelle :

« Tu as bien dit que t’étais française, non ? C’est le moment de faire preuve de patriotisme, qui sait, peut-être qu’elles t’épargneront si tu vas leur chercher une baguette. »

Quand il commence à faire preuve d’un humour douteux, c’est vraiment qu’on touche le fond. Il a probablement même commencé à creuser (remarquez que l’humour de la narratrice est de la même qualité que celui du personnage).
Toujours ricanant, il se releva lentement et fit un pas en direction des Tours, sans savoir trop ce qu’il allait faire ensuite. Jude était en pleine phase d’hystérie, ce qui se traduisait de toute évidence par quelques pulsions suicidaires.

« Pas ravi du tout de vous avoir connues. »


… Sans commentaires.




Spoiler:
J'ai encore un tout petit peu fait agir vos perso, frappez-moi >.>
Naturellement, si l'histoire du carambolage ne vous convient pas, dites-le moi et je change :3
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le Mer 3 Oct - 21:55
Spoiler:
Vous pouvez me trucider pour le temps que j'ai mis, et pour la qualité ignoble de ce... truc que j'ai posté. >D


Dédale

Je courais, suivant les deux autres, ne prenant pas la peine de regarder derrière moi. Hors de question que mon regard croise une nouvelle fois celui de cette drôle de bestiole ! Je préférais foncer tête baissée, quitte à me griffer avec les branchages de certains murs du labyrinthe au passage. Je me sentais coupable, à cause de moi le hamster fluorescent nous avait repérés plus facilement ! Et ma culpabilité ne fut qu’accentuée par les dires de Jude. Je ne répondis rien, pour une fois, me contentant simplement de courir et de regarder loin devant moi, comme les sprinters aux Jeux Olympiques. On devrait en inventer ici, je pense que ça aurait du succès !

« Ça m’apprendra à vouloir être charitable. Si il y a une prochaine fois, je te préviens tout de suite, tu iras te faire bouffer toute seule, okay ? »
« Je ne t’ai jamais demandé de m’accompagner. » marmonnai-je entre mes dents.

C’est vrai quoi. Je pouvais très bien me débrouiller sans lui, et j’étais sûre qu’Ayame était d’accord. De toute façon, à part se morfondre sur son triste sort il ne faisait pas grand-chose, ce type… Aaah ! Mais pourquoi ils s’étaient arrêtés, tous les deux ? Hem, j’avais fait une belle chute, tout comme eux. Me retenant de gémir, je me relevai en me frottant le crâne et le dos, avant de regarder devant moi…

Oooh, mais qu’est-ce que c’est, là devant ? Des Tours Eiffel ? Zébrées, et qui crachent du feu en plus ! Mais des répliques exactes de celle que j’avais visitée, bien plus petites. En tout cas, elles avaient l’air moins commode que leur originale. Donc, nous avions le choix. Soit la chose ignoble qui nous poursuivait avec son armée d’autruches-violons, soit les copies bien énervées d’un monument historique. Je me demandais bien ce qui allait arriver après. Des champignons aéronautiques violets à poix orange ? Oh, sans doute.

Les tours pyromanes avançant peu à peu, crachant des flammes dont l’une passa à quelques centimètres de Jude, je fis un pas en arrière. Mais lui… Hey ! Pourquoi il avance, hein ? On dirait m… Bon.

« Tu as bien dit que t’étais française, non ? C’est le moment de faire preuve de patriotisme, qui sait, peut-être qu’elles t’épargneront si tu vas leur chercher une baguette. »

En plus il commence à dire n’importe quoi. Vraiment bizarre ce Jude, je me demande ce qui lui passe par la tête ! En plus ça m’étonnerait qu’il y ait des baguettes de pain ici. A part si elles sont étirables, en caoutchouc et d’une couleur douteuse. Mais je suppose que ce bonhomme coloré n’était pas sérieux, il n’arrête pas de rire ! Ça fait un peu peur d’ailleurs.

« Pas ravi du tout de vous avoir connues. »

De même, eu-je envie de lui répondre, dans un instant d’antipathie. Mais je me ressaisis, avant de le rattraper et de lui prendre le bras.

« Au lieu de dire des bêtises et de pleurnicher, tu ferais mieux de réfléchir un peu ! »

Je le tirai avec moi afin de rejoindre Ayame, avant de leur dire :

« Bon, écoutez. Moi, je vais faire diversion, et vous en profiterez pour vous enfuir. Okay ? »

En fait, leur avis m’importait peu. De toute façon, du peu que je connaissais de Jude j’étais quasiment sûre qu’il allait accepter, et Ayame… Elle allait certainement comprendre, elle ! Je fis volte-face, puis m’avançai vers les tours Eiffel, tremblant de tous mes membres. J’avais vraiment, vraiment très peur. En plus, je me demandais si j’allais en ressortir indemne… Bon, allez Anna. Tout va bien se passer, ç’aurait pu être pire. Sans un mot, j’enlevai ma veste en cuir, avant de l’agiter devant les tours, un grand sourire éclairant mon visage. Le sourire Colgate qu’affichaient les gens dans les publicités. Puis, je haussai la voix :

« Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vais vous présenter un aliment tout nouveau, tout beau, qui aura pour but d’assouvir vos désirs pyromanes ! Vous allez me dire, quel objet rudimentaire ! Et pourtant, l’on peut lui attribuer tout un tas de qualités !... »

Je faisais de grands gestes, sautillais un peu partout, alors que j’étais sur le point de tomber dans les pommes. J’espérais qu’Ayame et Jude en avaient profité pour fuir… Par contre, je me demandais bien comment j’allais me débrouiller après…

« De plus, non contente de vous satisfaire sur vos brûlants sujets, cette veste est également un plat de choix et d’une grande qualité une fois cuite à point ! Car c’est du cuir, et le cuir c’est de la viande ! De la boooonne viande ! »

… Ma pauvre veste !
[/quote]


#B0CC99 ou #667f53

Fansong Striky x Anna par Striky herself **





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le Mer 17 Oct - 21:35
Dans sa course folle pour échapper aux satanés hamsters, Ayame ne remarqua pas tout de suite le second obstacle qui lui faisait face. Mais lorsqu'elle le vit, elle s'arrêta net en oubliant que ses deux compagnons couraient derrière elle. De ce fait elle provoqua un superbe carambolage suivi de craquements en tous genres. Heureusement pour elle, elle était en un seul morceau et n'avait rien de cassé. Elle regarda d'un œil vide ce qui se trouvait devant elle. C'était tout simplement impossible ! Des ... Tours Eiffel. Zébrées. De toutes tailles, pour un assortiment plus complet. Et pour couronner le tout, ces sympathiques monuments crachaient du feu ! Le petit groupe était assez éloigné pour pouvoir les éviter, mais on aurait dit que les tours venaient vers eux. Complètement fou comme chose ! Mais ça n'étonne qu'à moitié Ayame.

Pour résumer la situation, les trois compagnons avaient le choix : Soit ils finissaient dans l'estomac d'un hamster radioactif, soit ils finissaient en barbecue grâce à une Tour Eiffel zébrée. La jeune fille aux yeux violets était moyennement motivée à choisir la manière dont elle allait mourir donc elle resta plantée là sans rien dire. Jusqu'à ce que Jude, qui était d'ailleurs aussi zébré que les monuments, dise d'un air sarcastique.

« Quitte à choisir, je crois que je préfère les Tours Eiffel. Elles ont bon goût, au moins, même si elles ont clairement copié mon style. » Il s'adressa alors Annabelle. « Tu as bien dit que t’étais française, non ? C’est le moment de faire preuve de patriotisme, qui sait, peut-être qu’elles t’épargneront si tu vas leur chercher une baguette. »

Ayame ne put s'empêcher de soupirer lorsqu'elle entendit la remarque du jeune garçon. Décidément, les situations désespérées ne l'arrangeaient pas ! La jeune fille, quant à elle, était toujours aussi indécise.

« Pas ravi du tout de vous avoir connues. » lança Jude.

Elle non plus. Enfin, pas trop. S'il améliorait son comportement, Ayame serait peut-être plus "ravie" d'être avec lui ! Mais il ne le ferait certainement jamais, il fallait se rendre à l'évidence. Surtout s'il finissait en barbecue. Annabelle répondit tout de même à la remarque du zèbre en soulignant qu'il fallait chercher une solution. Elle tira la jeune fille aux yeux violets vers elle et lui signifia qu'elle voulait qu'ils fassent diversion. Mais Ayame ne voulait pas laisser Annabelle seule face à ces monuments, même si elle se doutait que Jude se ferait un plaisir de fuir ! Alors que la jeune fille aux cheveux verts se retournait, toute tremblante vers les Tours Eiffel, notre héroïne resta ... immobile. Son amie présenta une belle veste en cuir aux monuments qui se firent un plaisir d'essayer de la brûler. Soudain, une flamme passa à quelques centimètres de la joue d'Annabelle, et une seconde arrivait dangereusement vers cette dernière. Telle une super-héroïne, la jeune fille aux yeux violets se jeta sur elle pour lui faire éviter de finir brûlée. Elle atterrirent toutes les deux par terre, mais saines et sauves. Qu'en était-il de Jude ? Elle n'y avait pas fait attention.

Hors RP:
Voilà, désolée du temps de réponse et surtout de sa nullité T_T J'espère que ça ne dérange pas Anna' que je fasse bouger son personnage, sinon dis-le moi ! :B
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le Sam 24 Nov - 12:53
« Au lieu de dire des bêtises et de pleurnicher, tu ferais mieux de réfléchir un peu ! »

Jude était un peu trop obnubilé par sa probable mort prochaine pour relever la double-insulte faite à sa personne.

« Bon, écoutez. Moi, je vais faire diversion, et vous en profiterez pour vous enfuir. Okay ? »

« ... T'es sérieuse? T'aurais pas pu le dire plus tôt?! »

Le garçon se détendit de façon perceptible et se prépara à prendre ses jambes à son cou. Puis se rappela qu'il n'y avait pas vraiment lieu de prendre ses jambes à son cou, puisque la seule issue était toujours bloquée par un rongeur transgénique. Et constata que l'autre issue qui était sensée être plus ou moins débloquée grâce à la diversion de la fille aux cheveux verts, n'allait probablement pas l'être de sitôt au vu de la pathétique tentative de marketing qu'elle était en train de mettre en oeuvre. Franchement, qui aurait envie de bouffer une veste en cuir quand il y avait trois beau morceaux de viande nettement plus fraîche à portée de main?

Jude revint donc à sa conclusion initiale, à savoir qu'il allaient tous se faire griller par des Tours Eiffel zébrées, ce qui était une mort parfaitement ridicule, le genre de truc qui rendrait terriblement mal sur une pierre tombale : "Ici reposent les restes calcinés de Jude, réduit à l'état de petit tas de cendre par un troupeau de féroces Tour Eiffel zébrées. Ce qui nous fait d'ailleurs douter que ce soient précisément ses cendres, il est fort probable qu'il ne s'agisse en réalité que d'un mélange de sable et de poussière, ou même des restes de l'une ou l'autre de ses coéquipières ayant subi le même sort. Rest in peace même si on en doute après une fin aussi absurde...".

Comme pour confirmer ses prévisions, une flamme passa à deux millimètres de la fille aux cheveux verts. La seconde d'après, la fille aux cheveux noirs dont il avait parfaitement occulté l'existence se jeta sur l'autre. La seconde flamme qui lui était destinée passa donc au dessus de leurs têtes et continua sa trajectoire. Or, Jude se trouvait à ce moment à quelques mètres derrière les deux filles. Je vous laisse deviner le résultat.

Le premier point positif, c'était qu'il s'agissait d'une flamme relativement peu puissante. Jude ne fut donc pas intégralement carbonisé. Le second, c'était qu'il avait tout de même eu le réflexe de protéger son visage. Jude ne fut donc pas défiguré.
Mais. Il s'était protégé le visage avec ses bras. Lesquels, si vous suivez bien, étaient couverts par un gilet. LE gilet. LE gilet zébré que Jude chérissait plus que tout au monde.
Et qui malheureusement, était composé à 85% de polyester, 14% de coton et 1% d'élasthane, made in Bangladesh, soit au moins deux matériaux dérivés du pétrole, et donc tout à fait inflammables.

Quand il réalisa ce qu'il venait de faire, Jude émit un croassement de désarroi, et se jeta sur le sol pour étouffer le début de feu qui avait pris sur sa manche gauche, ce à quoi il parvint au bout de quelques secondes. Hélas, la flamme avait eu le temps de faire des dégâts : un joli trou d'environ 7 centimètres de diamètre agrémentait désormais le gilet tant chéri. Jude contempla avec hébétude le massacre. Se releva lentement, tandis que son désespoir se transformait en une rage grandissante (pourquoi est-ce que les phrases grandioses de ce genre perdent toute leur classitude une fois appliquée à ce personnage? bizarre, bizarre...).
Les Tours Eiffel venaient de faire l'erreur de leur vie, et elles allaient bientôt le réaliser (ou pas...).

« Mon... MON GILEEEEEEEEEEET! SALES TAS DE FERRAAAAAAILLE DE *le vocabulaire de Jude n'étant pas des plus châtié, et le reste de sa tirade étant composée de 84,7% de grossièretés soit une moyenne de deux juron par seconde, nous appliquons ici une censure afin de ménager nos jeunes lecteurs ♪ Merci de votre compréhension! ♫* »

A vrai dire, même les Tours parurent choquées. Elles cessèrent net de produire des flammes, stupéfaites de découvrir qu'on pouvait prononcer autant d'ignominies en si peu de temps. Jude en profita pour se jeter sauvagement sur la plus proche d'entre elles, probablement dans l'idée d'accomplir sa vengeance.
Hum. A sa défense, la blessure infligée à son vêtement adoré lui avait légèrement fait perdre tout sens des réalités. C'est probablement la raison pour laquelle il n'hésita pas à attaquer à main nue une tour en acier. Naturellement, ce n'était pas exactement la chose la plus intelligente à faire.
Il heurta le monument miniature assez violemment, ce qui s'accompagna d'un charmant bruit de gong lorsque sa tête rencontra l'armature d'acier.
Et se retrouva au sol, sans avoir bien compris comment il y était arrivé, ni pourquoi il avait brusquement l'impression d'avoir une pastèque de 8 kilos en guise de crâne.

Spoiler:
Je bats, que dis-je, j'explose tous les records de retards, wéééééééééé! \o/
Et la qualité, euh, hum... *va se cacher dans un trou* >.<

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