l'Enfant perdu et la Stratagème paumée ♦ Mo

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le Lun 3 Sep - 17:01
Bon, d'accord. N'allez pas cherchez midi a quatorze heures pour comprendre comment Tamago en était arrivée là, perdue dans ce foutu labyrinthe qui n'en finissait pas. A vrai dire, elle avait suivie un papillon. Oui, elle avait juste voulue vérifier l'innocence douteuse de ces petits insectes colorés, et paf! La seconde d'après, elle se prenait un mur en pleine face. Le temps de reculer, de jurer contre le mur qui n'avait rien a faire là et de lui envoyer un bon coup de pied pour soulager sa fierté blessée, la voilà donc en train de réaliser qu'elle était paumée au milieu d'un Labyrinthe. C’est amusant de constater comment ce genre de choses évidentes mettent un certain temps a parvenir aux cerveaux des gens comme elle.

- J'y crois pas...il y a forcément une sortie, hein? Et, pas de Minotaure, quand même!

Beuglant toute seule dans ce dédale sombre, elle s'arrêta a un carrefour, et réfléchit longuement. Alors, optons pour la notion de logique : c'était son point fort. Donc, examinons le premier chemin. Mur vieux, quasiment en train de s'effondrer, très sombre avec une lumière blanche au bout. Bon, ce genre d'études n'inspire rien de bon. Passons au deuxième chemin, alors. Mur ancien, en décrépitude, d'un contraste plus ou moins noir avec une sortie lumineuse au loin. Ouais, donc en gros, exactement la même chose, mais expliqué différement.

- Raah...et en plus, il n'y a personne pour m'aider?! Là, ça m'emmerdes grave!!!!!

Son cri retentit longuement, l'écho se répercutant contre les murs pierreux. Elle n'avait désormais plus le choix : elle devait continuer d'avancer. Le problème, c’est forcément qu'au bout d'un moment, elle serait trop fatiguée pour continuer a avancer. Et a ce moment-là, qu se passerait-t-il? Eh bien, elle n'aurait plus qu'a crever en silence sur la pierre froide de ce dédale. Cool, c'était une des morts qu'elle avait envisagée pour la fin de sa vie. Mais n'y avait-il donc aucune personne en chair et en os ici??!!
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le Lun 3 Sep - 19:39
Tu avances. Un pas. Tu t'arrêtes. Stop. Devant toi, une porte, une arche, une entrée. Si accueillante de par cette aura bienfaisante, cet air pur que l'on sent monter en nous, nous remplir d'une joie incertaine. Tes yeux éternellement embués perdent leur lumière, perdent leur vie ; meurent. Tu te sens attirée par cette voûte blanche, ces ornements où l'on a sculpté quelque dessins, des lettres, des mots, des noms. Le tien ? Qui sait ; tu n'arrives pas à les déchiffrer, éblouie par la lumière d'une étoile inexistante. Le ciel était parme, un doux violet qui ne fait que passer. Aucun nuage à l'horizon. Tu avances, encore une fois. Ton pied nu entre en contact avec la terre froide, mais tu restes sur tes gardes, t'attendant à voir surgir une racine meurtrière des tréfonds de la terre, ou à te faire dévorer par un ver aveugle qui passait par là. Finalement, tu te décide à passer cette porte qui te nargue, qui t'incite à la rejoindre, à gagner la course ; une lumière immaculée te parviens de l'intérieur. Or, un détail te fait tiquer : pourquoi donc la porte se trouve-t-elle au milieu des champs ? Derrière, il n'y a rien. Devant, ce monde irrésistiblement attirant. Voilà. Tu n'es plus qu'à un pas de ton destin. Il suffirait de lever le pied, et, hop !, te voilà dans un autre monde. Mais, il est certes possible que cela ne se passe pas ainsi. Allons, il est fort possible que cela ne se passe pas ainsi. Où en étais-je donc ? Ah, oui. Il suffirait de lever le pied, et... BOUM ! Une chute d'environ deux mètres cinquante, pour atterrir - bienheureusement - sur un sol recouvert d'herbes, de mousse et de jolies fleurs.

« Oh ! »

Encore secouée par le choc, tu agites la tête, espérant retrouver rapidement tes esprits. Évidemment, cela avait été pour toi parfaitement normal, et, de ce fait, tu te relevas nonchalamment comme si rien de tout cela n'était arrivé. Essayant tant bien que mal de te repérer dans cet endroit absurde, tu fus prise d'un certain malaise quand, en levant la tête, tu découvris qu'aucun ciel ne te surplombait ; par ailleurs, tu te retrouvais séquestrée dans une cavité de quatre mètres au carré, une prison aux parois pierreuses. Ton âme fauchée - ahahah, c'est exactement comme cela que l'aurait formulé ton cher fantôme - tentait péniblement d'oublier ce dernier, qui s'était - à ton insu - frayé un chemin dans tes souvenirs.

« Non, non... Zefa... »

Tu essayas de marcher : un pied devant l'autre. Un cri déchirant se répercuta contre les murs d'ébène. Rouge. Du sang. Blanc. Ta peau pâlissant sous l'effet de la douleur. Et noir. L'obscurité qui vient de tomber. De fait, ta vue se voyait maintenant réduite aux vingt-cinq premiers centimètres qui entraient dans ton champs de vision. Tu ne savais pas où aller, tu ne savais pas pourquoi y aller, mais ce qui était sûr, c'est qu'il fallait y aller. Tu boitais malaisément, traînant à grand peine ta cheville ensanglantée - oh, oui, ce n'était pas beau à voir. La pénombre ajoutant à ton état lamentable, cela ne fit qu'empirer lorsque tu t'écrasai contre un mur, gémissant de douleur. Te laissant lentement tomber le long de la paroi, tu essayais tant bien que mal de calmer l'hémorragie, trempant dans une véritable marre de sang. N'y tenant plus, tu te laissas sombrer dans l'inconscience, avec un dernier mot à la bouche :

« Zefa... »[


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le Mer 5 Sep - 13:58
Tamago, quand a elle, s'était finalement décidée a prendre le chemin de droite, pour se retrouver par la suite confrontée a des centaines d'autres carrefours. Cet endroit n'en finissait pas, et c'était a croire qu'il n'avait réellement aucune fin. Désespérée, mais surtout fatiguée, elle s'adossa a un mur, et une faible plainte désespérée s'échappa de sa bouche. Que devait-elle faire, ou devait-elle aller? Quelqu'un viendrait-il la sauver d'ici, ou bien personne n'entrerait jamais dans ce dédale pierreux? Oui, en même temps, la deuxième option lui paraissait la plus plausible ; effectivement, qui aurait l'audace de s'aventurer dans ce Labyrinthe?
Mais, alors que l'Espoir commençait définitivement la quitter - regardez bien cet espèce de spectre qui sort de sa bouche -, un murmure proche attira son attention, et c'est ainsi qu'elle tomba sur la pauvre petite Mo.

- Oh merde.

Oubliant aussitôt sa fatigue et son désespoir, elle se précipita vers l'enfant, et s'assura qu'elle respirait encore. Heureusement, oui. Un peu soulagée, elle aperçut alors sa blessure a la jambe, et déchira a nouveau un bout de sa chemise blanche, comme elle l'avait déjà fait avec Éphémère au centre-ville. Le plus importante était d'arrêter l'hémorragie, et elle remerciait aujourd'hui les gestes de premier secours appris dans le Monde Réel. Tama' avait compris que ce qu'elle souhaitait apparaissait immédiatement, mais étrangement, son esprit n'avait pas encore acceptée une chose si absurde. Si elle souhaitait un jour s'évader de ce rêve, elle devait garder ses habitudes d'avant. En espérant très fort que tout redevienne comme avant.
Elle serra par un double noeud le bandage, de peur qu'il ne se desserre trop vite, puis s'installa a coté de la fillette, avant de doucement poser sa tête sur son épaule, pour lui permettre un repos plus confortable. Mais, elle se sentait déjà mal pour la petite. Que faisait-elle donc dans un endroit aussi dangereux que celui-ci? Et n'y avait-il donc personne d'assez grand pour l'accompagner, et s'assurer qu'elle ne craigne rien?
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le Dim 9 Sep - 10:39
Mo, éclaircis-moi sur un point. Oh, oui, toutes mes excuses. Éclaircis-nous, s'il te plaît. Allons bon, si tu étais vraiment en train de rêver, rien ne se serait passé comme cela, n'est-ce pas ? En premier lieu, le fantôme ne t'aurait pas lâchement abandonnée. Toi, une fillette n'ayant pas atteint la puberté ! Que de lâcheté, Mo, que de lâcheté... Cela dit, il ne te serait jamais apparut à l'intérieur de ton songe, si cela en avait vraiment été un.

Et puis... Ah ! Une jambe ne saigne pas, dans un rêve. Ou alors, il doit s'agir d'un très mauvais rêve. Mais quoiqu'il en soit, rêve n'est pas synonyme de réalité. Ce qui m'amène à te demander : as-tu réellement souffert, ou était-ce juste une sensation ? Oh, et puis, qu'importe. Le mal était fait, après tout, non ?

Et c'est en cela qu'après avoir sombré dans l'inconscience, tu entendis furtivement des pas qui se rapprochaient. Les mots qui sortirent de la bouche de leur propriétaire te restèrent inconnus, mais tu sentis bel et bien cette personne se précipiter vers toi, te bander la jambe - sous tes inaudibles gémissements de douleur - et s'installer à côté de toi dans un geste désespéré. Reprenant peu à peu tes esprits, tes yeux s'habituèrent lentement à l'obscurité constante que régnait en ce sombre lieu. La présente te rassurait en partie, toutefois, tu n'en connaissais pas pour le moins l'identité. Car la seule personne capable de venir te sauver n'était-elle pas... ?

« Zefa... Zefa, tu es là ? »

Or, tu savais, au plus profond de toi, dans ton coeur, que cette personne n'avait rien à voir avec ton ami le fantôme. Non, non, rien à voir...


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le Dim 9 Sep - 12:06
Plusieurs longues minutes passèrent silencieusement, durant lesquelles Tama' jetait quelques coups d'oeils affolés sur l'enfant a ses cotés. Bon sang, elle adorait les bébés et les enfants de cet âge, mais elle n'avait jamais été Baby-sitter. Que faire si elle lui demandait sa Mère en se réveillant?Mais, c’est très simple, voyons. Elle la regarderait gentiment, et lui sortirait une phrase du genre : "Ta maman ne doit pas être loin, et elle doit encore être en un seul morceau, si elle ne s’est pas encore fait bouffer par une Plante carnivore."
Ouais, classe, sincèrement. Cette petite devait tout de même être là depuis un bon moment, comme le montrait ses petits pieds couverts de crasse et de plaies en touts genres. Soudain, les yeux de l'enfant s’ouvrirent doucement, et elle quémanda alors "Zefa."

*Zefa? C'est quoi ça, un chien, un tournesol, un artichaut?*

Ne sachant quoi répondre, elle se contenta de secouer négativement la tête. Que pouvait-elle lui dire, hein? Que son Zefa n'était pas là, qu'il n'y avait qu'elles deux dans ce Labyrinthe, et qu'elles étaient perdues, destinées a arpenter ce dédale pour la fin de leur vie?

- Je suis désolée, mais ton "Zefa" n'est pas là. Moi, je suis juste Tamago.

Spoiler:
Pas grave, très court pour moi aussi. ^^'
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le Lun 17 Sep - 13:13
Tes membres sont engourdis, et la douleur à la jambe te lance plus que jamais, malgré les premiers soins administrés par la dénommée Tamago. Ta tête tourne, tu te sens vibrer. Autour de toi, les murs bougent, se penchent, te voilà maintenant face à un kaléidoscope grandeur nature. Il n'y ni plafond ni sol, et ce désagréable mal de tête ne fait qu'accentuer l'effroi du spectacle. Tu essayes de bouger, mais ne fait que sombrer encore plus profondément dans l'abîme ; d'horribles picotements traversent tes jambes, tes pieds, tes bras, tes mains. Tu commences à te réveiller de ce qui semble être un long sommeil. Tu as parlé, tu l'as appelé, mais il n'est pas là. A sa place, une jeune femme s'est occupée de toi. Elle se présente, mais tu n'enregistres pas le nom. Or, tu as très bien entendu - à dire vrai, tu l'as toujours su - que ton ami n'est pas là, qu'au fond, tu es seule. Ta tête est appuyée sur l'épaule de Tamago. Après tout, te dis-tu, il ne s'agit que d'un cauchemar. Tu aimerais rester là éternellement, te sentant si épuisée - il ne s'agit que d'un rêve. De nouveau, le gouffre. A ton réveil, une nouvelle fois, tu es là, dans ton rêve, mais les sensations ne disparaissent pas. Tamago n'a - semble-t-il - pas bougé. Tu es lasse. Tu veux t'enfuir, échapper à ce songe si étrange, retrouver ton Zefa. Mais rien. Seulement du blanc, du noir, un affreux silence. Alors s'élève ta voix - faible, innocente -, qui, brusquement, le brise.

« Souffre-t-on, dans un rêve ? »

Tu as parlé pour toi-même, pour Zefa, pour Tamago, pour tous. Telle est ta question. Tu as mal. Toi, tu souffres. Tu souffres, plongée dans un songe, seule. C'est sans doute ici le pire des scénarios qui pourrait se produire. Un monde sans fin, un profond absolutisme. Et rien. Rien que l'éternité. Tu ne veux pas bouger, tu veux attendre qu'on t'emmène, qu'on te dise quoi faire. Mais, pour l'instant, rien.


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le Mer 19 Sep - 15:35
La petite semblait bien mal en point, non seulement vis-a-vis de ses jambes blessées, mais également par rapport a son teint pâle a l’extrême. Tama' se demandait si elle n'allait pas tourner de l'oeil soudainement, lorsqu'elle reprit la parole, d'une voix faible mais qui retentit dans le Labyrinthe vide.
Et bien sûr, sa question laissa un blanc et dans la conversation, et dans le cerveau de Tamago. Souffrir dans un rêve? Bonne question. Depuis le tout début de son aventure dans l'Esquisse, elle n'avait eu aucun accident physique quelconque, mais avoir vu le bras ensanglanté d’Éphémère lui avait suffi pour comprendre. Ce rêve était plus que réaliste.
Mais, devant cette fillette vulnérable, et qui semblait si fragile, elle ne put se résoudre a lui dire que oui. Elle qui aimait les enfants, elle était incapable de leur annoncer quelque chose de triste, ou de leur balancer une vilaine pique dont ils ne se remettraient jamais.

- Eh bien...je n'en ai aucune idée, sincèrement. Peut-être que oui, mais peut-être que non. Je n'en ai pas encore fait l'expérience, alors je ne peux pas te répondre. A toi d'en juger par toi-même. Même si je préférerais que tu évite de te blesser comme maintenant.

Inquiète, elle l'était. Mo n'était pas censée être seule, dans un endroit comme celui-ci. Le "Zefa" qu'elle cherchait allait l'entendre, si elles le retrouvaient.Son regard violet dériva un instant de l'enfant pour se porter sur le murs autour d'elle. C'est étrange, et vous allez peut-être me dire qu'elle devenait folle, mais depuis tout-à-l'heure, un étrange bourdonnement se faisait entendre. Peut-être que ce n'était qu'elle. Ou pas.
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le Ven 28 Sep - 13:35
Enfin vint la réponse. Décourageante, mais franche. Tu dévisage la jeune femme, essayant de déceler un quelconque indice qu'elle t'aurait caché. Une idée, au moins. Pour fuir. Encore et encore.

Tu sombre au fond du gouffre. Là, c'est l'instant de vérité. La réalité est telle. Plus d'échappatoire. Jamais aucun. Seulement un présent idéaliste, un songe trop réaliste pour en être un. Cela empire. Or, ton nom te revient à cet instant. Éclair de lucidité ? Sans doute. Hasard ? Sûrement pas. Là, tu oublies la douleur. L'as-tu réellement ressentie, après tout ? Bah, peu importe.

Tu te sens toute petite. Portant une main à ton coeur, tu l'entends frapper durement dans ta poitrine. Tous ces lieux, ces évènements sont bien trop réels pour être sortis de ton imagination. Maintenant vient la question cruciale...

« Mais nous sommes en train de rêver, n'est-ce pas ? Ce n'est qu'un grand cauchemar ? A mon réveil, Zefa sera là, près de moi, comme à son habitude, hein ? Ma... Madame Tamago, je vous en prie... dites-moi que je n'ai pas quitté ma chambre ! »

Tu veux qu'elle te dise que non, tu ne l'as jamais quittée. Que demain matin, ta maman sera là pour préparer ton petit déjeuner. Qu'encore et encore, son souvenir te hantera...

Mais non. Car il s'agirait d'un mensonge... non ?

Désormais, qu'as-tu à faire sinon te concentrer sur cette désastreuse réalité ? Tu tombes à genoux. Poussant, par la même occasion, un cri à vous déchirer les tympans. Ta jambe te fait incessamment souffrir. Le muscle est sûrement touché. Malgré cela, tu t'efforce à croire qui rien de tout cela n'a jamais existé. Sinon, par quelle miraculeuse force aurais-tu réussi à te déplacer ainsi avant de ressentir la douleur ? N'est-ce pas ?

« Je... je suis blessée ?... »

Tu es piégée dans ce dédale sans fin. Et pourtant, la seule force capable de te tirer - toi, ou ton inconscient ? - de là est sans nul doute la parole rassurante de cette jeune femme...


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le Sam 6 Oct - 8:22
La pauvre enfant la suppliait maintenant d'un regard brillant de larmes, et d'espoir quelque part. Quelque chose que Tamago commençait singulièrement a perdre, ces derniers temps. Normalement, elle ne devrait pas être là, a tenter en vain de rassurer une fillette perdue et blessée. Normalement, elle serait au Commissariat, a boire un café en étudiant les derniers cas du mois. Découragée de pouvoir réconforter Mo, elle détourna le regard d'elle, pour ne plus avoir a supporter ce regard franc et apeuré.

- Mo...je suis désolée. Vraiment, vraiment désolée. Mais, tu sais, c'est pareil pour moi. C'est pareil pour beaucoup d'autres, encore. Nous ne devrions pas être ici, et pourtant, nous le sommes. Alors, il faut tenter de se débrouiller comme on peut, hein?

Peu convaincue de sa propre réponse, elle se releva, balançant ses jambes engourdis. C'est qu'il ne faisait pas chaud dans ce foutu dédale. Puis, alors que le silence retombait lourdement, Mo voulut bouger, et son cri douloureux déchira la tranquillité de l'endroit. Immédiatement, Tamago fut de retour près d'elle, la forçant a rester contre le mur et a ne pas trop bouger, pendant qu'elle examinait sa jambe. La blessure avait l'air profonde, le muscle devait avoir souffert dans le processus. Il fallait trouver un médecin, et vite. Mais, pour l'instant, le plus important était surement de sortir d'ici.

- Mo, écoutes. Tu est bel et bien blessée, excuses-moi de te le dire aussi franchement. Nous devons trouver un médecin qui pourra te soigner, mais pour en trouver un, il va d'abord falloir que l'on sortent d'ici. D'accord?
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le Lun 15 Oct - 19:39
« Je... je ne vous ai jamais donné mon nom... »

Tu la dévisagea, cillant violemment, prise d'un effroi tel qu'aucun sentiment n'aurait pu le surmonter. Ta vie n'avait pas été facile. A longueur de temps, tu avais dû souffrir. Souffrir, pour vivre. Ou pour échapper à cette misérable existence...

Seulement voilà. Là, tu es prise au piège, incapable de sortir. Il ne s'agit pas de l'un de tes songes. Aucune sortie au loin, aucune lueur pour t'inciter à ne jamais lâcher prise. C'est trop fort pour toi, tu le sais ; mais il faut essayer.

Il faut essayer d'y croire. Ou, au contraire, d'y réchapper. Parce qu'à l'inverse de ton ami le fantôme, ton corps est matériel. Fait de chair et de sang ; et ça, comment pourrais-tu le nier ? Comment pourrais-tu nier cette flaque écarlate qui macule le sol d'ébène ?

« Alors, c'est vraiment un rêve ? » Ton visage s'illumina, empreint d'un émerveillement non feint.

Ta conscience est partagée. Qui croire ? Peut-on seulement accorder sa confiance à personne ?


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le Jeu 25 Oct - 20:55


L'Esquisse rit de ces deux voyageurs imprudents, qui ont osé pénétré dans le labyrinthe. Mais, parfois, elle semble d'humeur à la plaisanterie...


Trois grands hommes, qui semblent tout à fait normaux - si on oublie qu'ils ont la peau rose à pois jaunes - surgissent de nulle part, livres en main. Toisant Tamago, le premier s'exclame :

« Racine carrée de 228 ! Plus vite que ça ! »

La leçon de mathématiques peut commencer.





(ps: vous pouvez jouer les profs de maths ^^ )
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le Sam 27 Oct - 8:51
H.S:
[OMG, la gaffe horrible d'utiliser ton prénom alors qu'elle ne le lui a même pas donnée...^^']

Le visage de l'enfant s'éclaira d'un émerveillement soudain, et la rousse resta coite. Face a une enfant, décidément, elle ne savait pas quoi dire. Ce monde était horrible, il n'était surement pas conseillé a des êtres humains d'y vivre. Le pire dans toute cette histoire? C'est qu'ils n'avaient jamais voulus atterrir ici. Ils avaient été traînés de "force" ici, alors que leur quotidien normal leur convenait parfaitement. Si c'était une punition Divine, Dieu avait pété une durite. C'était pas possible autrement. La policière détourna a nouveau le regard de la petite, ne sachant toujours pas quoi répondre. Elle aurait su, elle aurait fait psychologue, tiens.

Leurs malheurs n'étaient cependant pas terminés, puisqu'avant qu'elles aient eu le temps de parler encore un peu, trois hommes sortis de nulle part jaillirent devant elles. Tamago, se croyant sauvé, sourit aussitôt, soulagée.

- Regardes, ces gentils Messieurs vont nous indiquer la-

« Racine carrée de 228 ! Plus vite que ça ! »

Coupée au milieu de sa phrase, Tamago écarquilla bien grand les yeux. Mais qu'est-ce qu'il racontait, celui-là? Comme si elle n'avait que ça a faire, a résoudre des équations alors qu'elle est coincée dans ce foutu Dédale!! Elle jeta un coup d'oeil a Mo, qui semblait aussi étonnée, et réfléchit. Peut-être que si elle parvenait a réussir ce calcul, ils les laisseraient sortir de cet endroit tranquillement et sans faire d'histoires. Bon, c’est parti. Elle leva sa main devant elle, et commença a compter sur ses doigts, sans se soucier de l'air ennuyé de l'homme qui lui avait posé le calcul.

- Alors, racine carrée de 228...hum...30,4...non, je me suis trompée, je recommence! Donc, 228...ça doit faire quelque chose du genre de...1,7?

Tamago et les Maths, une belle histoire d'amour qui durait depuis ses années collégiennes. Ne lui en voulez pas, son professeur de Maths l'avait traumatisée parce qu'elle ne savait pas se servir d'un rapporteur.
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le Sam 27 Oct - 12:56
La jeune femme laissa passer un blanc après avoir entendu tes paroles. Tu voulais toujours y croire ; or, ton âme, telle un fantôme, esprit errant, semblait te chuchoter à l'oreille une mise en garde. Au plus profond de toi-même, tu savais qu'il était vain d'espérer. La fin était ainsi ; sans but : seulement une route, une éternelle ligne droite dont le seul achèvement - si, réellement, il existait - n'était qu'un habituel cul-de-sac. Baissant honteusement la tête, tu sentis de nouvelles larmes te picoter les yeux, encore et encore.

Retentirent alors des pas lointains ; fermes, décidés, ceux-ci se rapprochaient de plus en plus du duo que vous formiez. Le bruit régulier résonnait, tel un écho - et indéfiniment -, contre les parois absolue de ce dédale infernal. Ta compagne, pourtant, semblait quelque peu rassurée lorsque les trois hommes vous apparurent l'un après l'autre. Livre en main, ils vous toisaient de leurs yeux perçants, vous glaçant d'un seul regard. A nouveau prise de peur, tu allas sans plus tarder te cacher derrière Tamago, dont tu attrapas rapidement la main - un signe d'affection dont, peu souvent, tu faisais preuve...

« Regarde, ces gentils messieurs vont nous indiquer la- »

Ta main trembla dans celle de ton amie, tes dents se mirent à claquer sous l'effet de l'effroi, cela s'intensifiant lorsque l'un des hommes l'interrompit d'une voix sèche ; surtout pour demander ce que ses lèvres énoncèrent :

« Racine carrée de 228 ! Plus vite que ça ! »

Une étrange clarté éclairait le visage de l'homme qui avait parlé. Semblant émaner de son grimoire, elle se dispersait aux alentours, telle la peste épidémique. Sortant légèrement de ta cachette, tu regardas un long moment Tamago, attendant sa réponse avec patience. Il était vrai que ces hommes semblaient dangereux ; mais à quel point ?

Pour le moment, ton sort résidait entre les mains - ou plutôt les mots - de la jeune femme.

« Alors, racine carrée de 228... hum... 30,4... non, je me suis trompée, je recommence ! Donc, 228... ça doit faire quelque chose du genre de... 1,7 ? »

Un long silence s'ensuivit, te donnant le temps de réfléchir légèrement à ce qu'elle venait de dire. Ce sont des mathématiques, devinas-tu. N'ayant pas bénéficié d'une exemplaire scolarité, tu ne pouvais nier que ses paroles étaient pour toi le plus profond des abîmes. Brisant soudain le silence, ta faible voix s'éleva dans le noir, résonnant, à son tour, contre les parois du labyrinthe.

C'était une voix innocente, pur contraste dans ce monde criminel.

« Ma-Madame... C'est quoi une racine carré ? »

Tu ne semblais pas te rendre compte du danger qui, perpétuellement, t'entourait. L'aura maléfique émanant des trois corps sveltes vêtus de blouses blanches ne t'atteignaient pas ; comme protégée par une force indistincte, ton âme infantile continuait à avancer, à tracer sa route pure et simple à travers les bois chaotiques. C'est ainsi que, t'arrachant au doux toucher de la main de Tamago, tu te dirigeas clopin-clopant vers l'un des hommes, le seul qui n'avait pas quitté son livre des yeux.

« Monsieur, il parle de quoi votre livre ? »


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le Ven 14 Déc - 4:12
▬ Eurêka !

L’un des hommes lève soudainement son livre au ciel, un sourire extatique aux lèvres. Il regarde l’enfant qui vient de lui parler, et lui tapote la tête. Visiblement, elle lui a donné la solution. Mais de quoi... ? Le mathématicien trépigne sur place, et ignorant l’un de ses collègues qui vient de jeter son manuel au sol, plein de rage envers l’incompétence de Tamago, s’applaudit lui-même. Avant de poser son ouvrage par terre et d’entamer une sorte de danse rituelle tout autour de ce dernier. Le troisième larron se pince l’arête du nez et ne commente pas. L’étrange chorégraphie dure bien cinq minutes totalement endiablées, avant qu’il ne s’arrête. Rien ne se passe.

Haha. Vous croyiez vraiment vous en tirer comme ça, après avoir pénétré dans SON labyrinthe et avoir entamé la conversation l’air de rien, avec l’une de SES choses ? Ne jamais croire qu’on peut avoir une discussion normale avec une créature de l’Esquisse. Jamais.

Voilà qu’un vortex d’une engageante couleur verdâtre s’ouvre juste au-dessus du livre, et donc non loin de Mo. Elle peut déjà sentir la force d’attraction la tirer vers le portail. Une violente bourrasque propulse brusquement Tamago droit dedans. Le phénomène se referme aussitôt avec un « Burps » fort élégant. Le mathématicien à l’origine de la chose fixe la petite fille, sourcils froncés. Visiblement, qu’elle soit encore là ne lui plaît pas... Il donne un coup de pied au livre. Un deuxième portail s’ouvre, et des filaments roses capturent Mo, tentent de l’avaler, mais finalement la lancent loin, loin, par-dessus les murs du Labyrinthe. Un hurlement de frustration la suit dans son vol plané, et se répète en écho. Finalement, la petite dessinatrice tombe droit dans un massif de coussins-tulipes-canaris et s’en sort sans bobos. Juste à côté de la sortie.

Va petite Mo, va. Profite donc de cette accalmie. Cela ne durera pas.
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le Mer 30 Jan - 9:48
Le cri ne signifiait rien pour toi. Absolument rien. Ni cette danse, que tu attribuas tout de même à celle des Anasazis - peuple dont tu ignorais l'existence jusqu'à aujourd'hui -, ni encore ce vortex verdâtre qui aspira Madame Tamago et l'emporta... loin. Cela dit, tu ne t'en fis pas et restais plantée là où tu étais depuis tout à l'heure, droite comme un "i", les hommes dansant à côté de toi.

Tout ne semblait pas si compliqué, pourtant. Tamago avait disparu, et c'était comme ça, on n'y pouvait rien. Bien que tu n'y crûs pas, la nature finit par mettre en doute tes propres pensées, quand un nouveau vortex, rose cette fois-ci, tenta vainement de t'aspirer toi aussi.

A la place, il te projeta... encore loin. Plus loin encore que tu ne l'étais de Tamago, a priori. Car le fait est que, devant toi, une arche - comme celle de ton arrivée - blanche, immaculée, se dressait spectaculairement de toute sa hauteur. Tu ne savais pas ce qui se trouvait derrière, mais c'était visiblement ton seul salut.

Sans un regard derrière toi, tu boitillas jusqu'à la porte et la passa sans trop de difficulté. Ta respiration se faisait haletante, plutôt douloureuse - du moins jusqu'à ce que cette lumière blanche t'aspire et te rejette... au milieu de nulle part.

Une plaine à perte de vue, et, au loin, une forme humanoïde qui se déplaçait en courant...
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