Songe d'été #1 - La brosse à dents noire

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le Sam 7 Juil - 21:15

La brosse à dents noire



L'oisiveté guette le parterre ensanglanté de la scène tragique qu'elle a engendrée. Tapie dans l'ombre des certitudes humaines, elle menace d'offrir l'absolution à l'énigmatique personnage qui s'est enfui de ces lieux, n'y laissant planer que le poids nauséabond de la mort et une carte sur laquelle figurent ces mots :

« Que cette ville soit meurtrie de tous les vices, pourvu qu'ils l'empêchent de dormir ! Tous actifs contre la passivité ! Un trépas aujourd'hui pour mille éveils demains !

A. »

Sur la place du Marché qui servit de théâtre à cet ignoble assassinat, le cadavre n'est autre que celui du très renommé Paul Boulanger, grand poissonnier du quartier qui n'avait pourtant rien commis d'assez paresseux pour mériter le courroux de ce mystérieux insurgé. Au contraire, il s'empressait chaque matin d'aller quérir de nouveaux arrivages de poissons-bottes et de clés de soles pour satisfaire ses clients. Rien ne semblait justifier que l'on ôte sa vie au nom de la vigueur. Il gît désormais dans sa marchandise, le visage frappé d’une expression évoquant le sinistre rictus d’un malade en fin de vie. Le sang jaillit de sa nuque à n’en plus distinguer la plaie dont il émane, et se mêle à l’huile renversée d’un baril de sardinosaures à son flanc, peignant sur la pierre une effroyable fresque dont la victime fut l’infortuné personnage principal. Entre le baril et lui, au coeur du vortex engendré par la convergence du sang et de l’huile, une brosse à dents encore remarquablement noire semble avoir été déposée pour tenir compagnie au défunt dans son voyage vers les limbes.

Le jour s'est levé subitement sur cette affaire, et quelques malheureux s'étant retrouvés plongés dedans à leur réveil ont désormais décidé d'en tirer le fond ensemble. Mais si sinistre soit la manière dont ils en ont pris conscience, force est pour eux de constater l'état de torpeur qui règne dans la Ville depuis désormais quelques temps. Les rues sont silencieuses ou ponctuées de rapides grommellements, les gens s'y traînent sans but ni ambition, et si quelques bonnes volontés se démarquent de cette foule en s'efforçant de rendre leur quotidien plus piquant chaque jour, la paresse semble se propager de plus en plus distinctement parmi les habitants. L'origine de ce fléau reste à débattre, quoique beaucoup s'accordent à penser qu'il se répand par contagion. Mais une chose est sûre : Quelle que soit la nature de ce mal qui ronge la Ville, c'est inlassablement vers lui que se dirige la piste du tueur...


Explications



Histoire d'animer un peu votre été, et de pallier aux éventuelles absences de partenaires de RPs, ou bien tout simplement de délirer un bon coup, nous voici partis pour une nouvelle petite animation ! Celle-ci reprend le concept d'une animation organisée il y a de cela plusieurs années, les songes d'été. Un concept simple, puisqu'il consiste à lancer des scénarios de songes dans des Esquisse alternatives, et de vous inviter à jouer dedans pour la durée de l'été. Ce sujet est donc éventuellement le premier d'une série, si la sauce prend (et sinon, eh bien, ce sera une série de 1).

Pour les invités de passage:

Vous n'êtes pas inscrit au forum mais vous souhaitez profiter de l'été pour le découvrir et éventuellement faire un petit personnage dessus ? Vous pouvez vous inscrire et participer directement à l'animation en créant succinctement (pas besoin de fiche ! Une description au début de votre premier post suffira) un personnage que vous voudriez tester, ou qui vous paraît drôle par rapport au sujet de l'anim'. Libre à vous, à la fin de celle-ci, de faire une fiche avec ce personnage (en l'adaptant aux Sables ou aux Brises), d'en créer un autre, ou de ne pas nous rejoindre pour une raison ou pour une autre. Cela vaut pour le premier songe de cette petite série, mais pour les suivants également !

Quelques précisions supplémentaires :

• Cela se déroule, comme dit, dans une Esquisse alternative, qui n'est ni vraiment les Brises, ni les Sables (même si ici, on se rapproche un peu plus des Brises). Et comme c'est un songe, donc un grand n'importe quoi, tous les personnages, quelle que soit leur époque, pourront se mélanger. Vous pourrez par ailleurs jouer votre personnage tel quel, arrangé comme vous voulez (imaginer qu'il a toujours vécu dans cette esquisse ou pas, lui donner un rôle particulier dans la Ville, etc), voire même en profiter pour tester un personnage que vous ne jouez pas encore. (à condition de le décrire succinctement avant, avec une image, pour qu'on puisse se le représenter)

• Comme vous l'aurez compris, dans l'intrigue que nous vous proposons, une dangereuse maladie s'abat sur la Ville, comme une épidémie qui menace d'engloutir un par un les habitants… Cette maladie, la paresse, pousse peu à peu dessinateurs, cyantifiques et mêmes maîtres du jeu à ne plus rien faire, ce qui a entraîné diverses bizarreries comme une baisse des décès "au nom de la cyance" ou l'arrêt des attaques d'Objets, et pourrait mener l'intrigue à s'arrêter, empêchant donc les dessinateurs de quitter un jour ce monde. Face à ce mal, certains ont bien trouvé des solutions plus originales... mais qui est ce A., qui a été jusqu'à assassiner Poissonnier, le boulanger de la Ville (attendez, c'est l'inverse ? peu importe), pour réveiller un semblant d'intrigue ?

• Ce songe prend la forme d'un polar cliché qui se prend tout à fait au sérieux… mais en réalité, aucun MJ ne viendra vous donner la suite de l'enquête. Étant eux aussi victimes de leur paresse, ils ne feront en effet pas avancer l'intrigue ! Ce sera donc à vous d'imaginer ce que peut signifier tel ou tel élément, de rajouter des détails de décor/cadre, de créer des énigmes et de les résoudre (parfois autrement que ce que l'auteur de l'énigme aurait imaginé !), pour enfin inventer trouver un coupable éventuellement planqué parmi vous (le mystérieux A, ou peut-être le véritable cerveau de l'affaire…). Parce que nous savons que votre imagination ira de toute façon bien au-delà du sujet de base, nous avons totalement confiance. Médor, fais exactement comme pour la quête du Labo, ce sera parfait.

• Puisque vous remplacez partiellement Folie, il vous sera possible de jouer des PNJ, autrement dit des personnages qui n'appartiennent à personne, de façon collective, à travers vos posts. Par exemple, dans votre post, avec votre personnage, vous pouvez faire parler un PNJ que tel autre joueur a ramené avant vous, ou en introduire un qui sera réutilisé. (Bon, sauf si un joueur veut vraiment être le seul à jouer son écharpe qui parle)

• Afin de ne pas bloquer le RP, il n'y a pas de notion de "tours". Intervenez comme bon vous semble, et jouez plusieurs personnages si vous voulez. Le tout est de ne pas bloquer si on attend précisément votre réponse pour quelque chose, quitte à répondre en une ligne (inutile de préciser que 50 ou une ligne, il n'y en a ni trop ni pas assez !).
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le Sam 7 Juil - 21:41
Heure du décès : entre hier et maintenant.
Cause probable : hémorragie à l'arrière du crane, causée par une arme tranchante.


Il ne fallut que quelques coups d'oeil à Sydonia pour établir un rapide état des lieux, malgré le désordre apparent de cette scène macabre. Silencieuse, elle se pencha vers le malheureux, dans l'espoir de trouver des indices supplémentaires.

« À ce que je vois, le meurtrier nous a laissé une carte.. »

Après avoir brièvement consulté le mot, elle le reposa à sa place, afin de ne pas altérer la scène de crime. Se levant, elle déclara à l'intention de quiconque se trouvait derrière elle :

« Cela ne servira probablement à rien, mais il faudra vérifier la présence d'empreintes sur la carte. Quand arrive la police scientifique ? »

La scène n'avait pas été sécurisée, et déjà quelques manants se hâtaient pour profiter de la vue. Tsh. Avec un grain d'ironie, le tueur se trouvait peut-être parmi eux, prêt à rire au nez des Experts Esquisséens qui avaient été dépêchés sur place de bon matin, experts dont la jeune femme faisait naturellement partie, en tant qu'inspectrice de police assidue. Ah, oui, si assidue qu'elle avait presque la certitude d'avoir toujours occupé ce noble rôle au sein de la police Esquisséenne, et qu'elle était faite pour ce job à la fois épuisant et rigoureux.

« Une fois qu'ils seront là, il faudra qu'on retourne le corps. »

En attendant, elle ramassa quelques clefs de soles et les glissa dans la poche de son impair grisâtre. Pièces à conviction.


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le Sam 7 Juil - 22:25
L’inconvénient d’être petit sur une scène de crime où toutes les pièces à convictions sont étalées par terre, c’est qu’on a la tête proche du sol et des odeurs infectes qui en émanent. Pour Kaoren, ce n’est pas évident de se concentrer sur son observation en s’efforçant d’oublier toutes ces atteintes à son sens olfactif. C’est à se demander comment les enfants parviennent à ne pas se rendre compte de l’utilité de prendre une douche régulière.

C’est cru. C’est vraiment immonde à voir. L’assassin de ce pauvre homme ne s’est embarrassé ni d’états de conscience, ni même d’humanité. Tout le monde est certes un rien prêt à être emporté par l’univers, mais tout le monde peut souffrir. Et aucune cause ne devrait permettre de tels aboutissements, surtout lorsque son bien-fondé n’est même pas compréhensible par la philosophie humaine telle qu’elle a été façonnée par des millénaires de réflexion, ni même celle plus extravagante des habitants d’Esquisse. Kaoren se découvre profondément ardé par les conséquences de cet acte ignoble, ce qui ne l’aide pas à se concentrer davantage.

Enfin, d’autres le feront mieux que lui, portés par le désir de se mettre en lumière. L’une a d’ailleurs déjà commencé à prodiguer ses ordres et suggestions, auxquels Kaoren répond le premier :

« En fait, on n’a jamais eu de police scientifique. Mais la police cyantifique devrait être là incessamment, on a entendu leurs cyrènes tout à l’heure. »

Kaoren prend rapidement en note tout ce qu’a déclaré Sydonia – rapidement pour pouvoir se reboucher le nez derrière, bien sûr – puis pointe la carte de visite du meurtrier avec son stylo.

« Par contre, évitez de manipuler cette carte sans eux. Si les seules empreintes qu’ils trouvent sont les vôtres, vous aurez du mal à vous justifier. Et ne placez pas trop d’espoirs dans notre esprit d’équipe, ça va de soi. »




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le Sam 7 Juil - 23:45


Le fier Loup s'était comme à son habitude levé de bon matin, aimant hûmer les douces odeurs de la nuit fugace. Las, en lieu et place de fraîche brise, le lieu où il s'était placé sentait fort adroitement la clé de sole morte en vain.

Médor, calme qu'il était, c'est un fait connu de ses connaissances, amena donc avec sa douceur caractéristique l'idée de sa présence proche des lieux du crime avec un mélodieux

Bordel tu vas bouger tes miches et tes poissons, Père Boulanger ? Ton gagne-pain me donne envie de te planter un truc dans la nuque en pleine nuit, celles-ci même dont tu saccages la délicate odeur !

Oui, le Médor matinal reste poète. Enfin jusqu'à qu'on l'embête.

Mais monsieur Boulanger restant invisible et immuable, Médor sentit l'embrouille. Aurait-il oublié ses cageots de coquillage dehors ? Bah, cela ferait un petit dej'.

Médor se rapprocha donc de la source de pestilence, et arriva donc enfin devant le cadavre étendu et flaquoyant.

Ha. Un cadavre. Mort. Ha... Ça ne va pas l'aider à ranger ses foutus poissons ça...

Ho.


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le Dim 8 Juil - 22:41
Scientifique, cyantifique, c'est presque pareil à l'oreille ! Au moins, les nouvelles recrues avaient du piquant, ce qui n'était pas sans plaire à Sydonia. Il était cependant étonnant qu'ils engagent des enfants pour faire partie d'une brigade d'Experts renommés, mais peut-être était-il parvenu à impressionner leurs supérieurs en résolvant par lui-même une enquête. Enfin.

Ce n'était pas la seule chose qui pouvait étonner l'inspectrice, puisqu'elle vit apparaître - peu après avoir répondu par un « Je connais mon travail, ne vous inquiétez pas » au petit nouveau - un loup. Ou peut-être un chien de la brigade policière, parce que ça faisait plus de sens avec le lore.

« On dirait que la brigade des stup' est arrivée avant la police cyantifique (elle fit cette fois attention à le prononcer correctement). Deux affaires qui se chevauchent, les choses se compliquent… »

Plongée dans ses réflexions, elle s'approcha de l'étalage désordonné du poissonnier. Crevettements, thondeuses et sardinosaures y trônaient fièrement, mais pas l'ombre d'un couteau, ni d'un indice. Deux affaires, hein… Pouvait-il exister un rapport entre tous ces poissons, d'éventuels trafics illicites, la carte laissée par ce fameux "A" et le meurtre tel qu'il se présentait à eux ?
À l'intention du bleu qui lui avait répondu, elle lança :

« Que pensez-vous de tout ça ?»


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le Lun 9 Juil - 1:54
Les stupéflic’s ? Il ne manquait plus que ça. Que diable viennent-ils faire dans cette galère ? La poissonnerie serait-elle un centre de trafic ? Remarquez, cela expliquerait pourquoi le poissonnier s’était trouvé ici bien avant l’heure des arrivages. Mais il est peu probable qu’il ait simplement participé à une transaction ayant mal tourné, cela ne justifierait pas la carte de visite et toute la mise en scène. Car c’est manifestement une mise en scène, pour une raison que Kaoren s’empresse d’expliquer sitôt le dernier rapport noté.

« Je pense qu’il ne faut pas se disperser. Ce que nous avons sous les yeux n’est pas l’affaire de la stup’, les trafiquants sont généralement bien moins subtils que ça. Ici, la personne a lâchement été attaquée dans le dos, sans pouvoir esquisser la moindre riposte. Il n’y a donc sans doute pas eu lutte, et ce chambardement de l’étal de la victime, notamment le baril d’huile renversé, a été commis délibérément et sans doute après sa mort. C’est une mise en scène destinée à dramatiser la situation, selon moi. »

Kaoren continue de noter, en ajoutant ses propres observations. Il garde ce faisant un œil prudent sur le chien, bien qu’il le plaigne pour son odorat surdéveloppé dans ces circonstances.

« Et avec l’analyse de l’évolution de la vorticité des lignes de courant du sang et de l’huile en fonction de leur viscosité, la brigade cyantifique devrait même être capable de déterminer combien de temps s’est écoulé entre l’assassinat et le renversement du tonneau. S’il s’avère que ces événements n’ont que quelques secondes d’écart, cela pourra confirmer que la mise en scène était sans doute planifiée à l’avance. »

Enfin, rebouchant son stylo et refermant son carnet, Kaoren conclut sa tirade de conclusions tirées :

« Sauf si l’Esquisse décide de faire n’importe quoi. »




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le Lun 9 Juil - 9:59


La brigade des stuc ? La vortalité des lignes ?? Des trafiquants ? Renversement de tonneau ? Médor n'y comprenait pas grand-chose, et tournait la tête de droite à gauche, en bon canidé.

De ce que j'en dis, tout à l'heure personne n'était mort. Ni Monsieur Boulanger, ni le tonneau d'huile. Par contre ses poissons....

L'air souriceux, Médor s'approcha de l'inspectrice et se mit à la renifler, en particulier sa poche, puis passa à l'autre inspecteur, avant de venir s'asseoir devant lui, le postérieur sur ses pieds. Il montrait déjà des signes d'irritation.

En attendant, ça pue. Dégagez-moi ça, j'ai besoin de respirer !

Il se tourna quelques instants vers la jeune femme inconnue.

Et vous dégagerez aussi votre imper ma petite dame, parce qu'il empeste autant que si vous aviez nagé avec ce pauvre poissonnier !

Non, mais vraiment, mourir de si bon matin ! Quand on est poissonnier ! Déjà que Médor faisait exprès de passer tôt pour éviter l'odeur d'habitude.

Quoique... Quelque chose chemina dans son esprit.

Il était passé au même moment que d'habitude. Assurément.


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le Mer 11 Juil - 15:40
attention, j'introduis le premier cliffhanger.

La mise en scène était une hypothèse fort probable. Rien qu'avec la carte, on pouvait déduire que le meurtre était prémédité. Quant au bordel d'huile et de poissons qui l'entourait, le poissonnier n'avait en effet aucune raison d'avoir mis en place cela lui-même. En revanche, tant qu'on n'aurait pas déshabillé complètement son corps sur une table d'opération, on n'aurait pas moyen d'affirmer qu'aucune lutte n'avait eu lieu - il ne suffisait que d'un bout de tissus pour masquer à notre regard un bleu tout frais. Au sujet des trafiquants, il faudrait également des éléments supplémentaires pour conclure.

Quant au chien de la brigade des stups, celui-ci avait mentionné un point intéressant. S'il pouvait affirmer que « Tout à l'heure personne n'était mort », cela signifiait-il qu'il était venu il y a peu sur la scène ?

« Malheureusement, vous devrez vous faire à l'odeur, lui répondit Sydonia, car on n'est pas encore sortis de cette scène de crime. »

Elle venait de s'écarter pour laisser la place à ces retardataires de la police cyantifique, qui étaient sortis en trombe de leur calèche, chargés de tout l'équipement nécessaire pour dégoter quelques indices. L'inspectrice leur emprunta un appareil photo, qu'elle utilisa aussitôt pour isoler quelques éléments intéressants, tels que le tonneau, les poissons en bordel, la carte, la blessure et la brosse à dents.

Les premiers éléments ne tardèrent pas à tomber, rapportés par une femme en blouse blanche qui s'était écartée du petit troupeau qui s'affairait autour du macchabée.
« En analysant la plaie, il est clair que celle-ci n'est pas la cause de la mort. En fait, il n'y a pas une seule trace de coupure ou d'incision sur sa nuque, si on regarde bien.
- Donc le sang vient d'ailleurs ? Répondit aussitôt Sydonia.
- À ce stade de l'enquête, nous ne sommes même pas certains de s'il s'agit de son sang, ou même de sang tout court. »

Les doigts en pince autour de son menton, l'experte esquisséenne réfléchit quelques instants. S'il n'était pas mort d'une hémorragie fulgurante au niveau de la nuque, de quoi pouvait-il bien être décédé ? Elle se tourna vers ses deux acolytes, espérant qu'ils partagent leurs propres théories sur le sujet, et ajouta :
« Une scène chambardée, une fausse cause de mort, une carte signée… Oui, décidément, cela va dans le sens de votre idée. Tout ne serait là que pour créer du drame… Mais quid de la brosse à dents ? »


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le Jeu 12 Juil - 12:14
Les conclusions et les retournements s’enchaînent à une vitesse digne d’une série policière. Remarquez, on ne le dit pas assez souvent, mais les criminels sont le plus souvent des grands barges à moitié conscients de ce qu’ils font, et il n’est pas rare que la police ait une piste toute tracée vers le coupable d’une affaire. Surtout que dans ce cas, il a l’air de s’agir d’une sorte de fanatique sectaire ou religieux. Pas forcément le genre à livrer de grands efforts pour éviter d’être tracé, donc. Il a même laissé une carte.

Ceci dit, il s’avère que les apparences ont été trompeuses pour cette fois. Le sang viendrait donc d’ailleurs, encore que ça pourrait simplement être un autre effort de mise en scène pour éviter d’avoir à tuer le… une minute, ça ne peut quand même pas être aussi débile.

Kaoren reste impassible et coi devant l’idée qui lui est venue, à n’en même pas écouter les derniers mots de l’inspectrice. Il retient une envie de se frapper la tête contre le mur, lui laissant tout de même le bénéfice du doute, puis s’efforce de poser sa question le plus calmement possible :

« Vous avez vérifié s’il était mort, en fait ? »

En y repensant, il a vu les gens s’indigner, porter le corps du poissonnier et faire mumuse avec la scène du crime, mais personne pour tâter son pouls ou vérifier sa respiration. S’il s’avère que le type n’est pas mort et qu’ils ont fait tout un micmac pour des prunes, Kaoren se le jure, il change de métier, quitte à se retrouver à sortir les poubelles pour un particulier.




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le Jeu 12 Juil - 14:22


Médor se tourna vers la jeune scientifique, se prenant au jeu de l'enquête peu à peu. Et vu qu'il n'avait plus rien à faire, sa balade matinale ayant été irrémédiablement gâchée.
Ses conclusions étaient pour le moins et maigres et rocambolesques. Comment ça pas de plaie ??

Avaient-ils seulement au moins vérifier que le brave cadavre en était un ?

Prudemment, se frayant un chemin parmi les badauds qui semblaient se multiplier plus vite que des mouches, il arriva au plus près du cadavre.

L'odeur était infecte, et les sardinosaures sorties de leur jus commençaient à tourner mal, rajoutant du fumet. Mais Médor tint bon et fit ce qu'il supposa on attendait de lui. Ou ce que chacun attendait sans le savoir.

Il mordit le mort au mollet, fermement mais sans maladresse.

Monsieur Boulanger grogna faiblement, comme si un vilain moustique l'avait piqué, et il esquissa un frisson comme pour le chasser.

Déclouez le cercueil, il est pas assez mort encore ce poissonnier !

s'écria le Loup.

Et sous le frisson silencieux de la foule, Médor la traversa pour s'asseoir aux pieds de l'inspectrice en chef.

Par contre, c'est bien de l'huile par terre.


Dernière édition par LicornePouèt le Jeu 12 Juil - 17:36, édité 1 fois


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le Jeu 12 Juil - 15:30
Visiblement, ses deux "acolytes" n'avaient même pas pris la peine de vraiment l'écouter ou lui répondre… Soit ! Un inspecteur des Experts Esquisséens ne devait jamais montrer le moindre état d'âme à sa tâche, car tout ce qui compte est d'attraper le coupable de ce crime. Cependant, en parlant de crime, une nouvelle révélation - des plus troublantes - venait d'ébranler l'affaire.

Ainsi, ils étaient arrivés sur la scène en pensant voir un poissonnier tué par une incision sévère dans la nuque.
Sauf qu'il n'y avait pas d'éraflure.
Et pas de cadavre.

Ecartant les membres de la police cyantifique qui voulaient vérifier par tous les moyens possibles que Boulanger était en vie (quitte à la lui ôter au passage), Sydonia s'approcha du pauvre homme qui se réveillait à peine. Dans ce genre de situations, il fallait oublier tout ce que l'on savait, et reprendre les choses en main pour aller vers la vérité ; même s'ils n'avaient pas de cadavre, ils avaient peut-être encore un crime à résoudre.

« M. Boulanger ?! » le sonna-t-elle, voyant qu'il reprenait peu à peu ces esprits.

Sans doute aussi surpris que la police, l'homme qui quelques instants plus tôt était bon pour la morgue regarda autour de lui, blême et étouffé par cette foule de visages inquisiteurs. Tous désiraient entendre son histoire et celle de cette affaire. Tous désiraient savoir à quel moment le baril s'était effondré, et à quel instant la carte avait été posée.

« Vous reprenez vos esprits, M. Boulanger ? » lui demanda Sydonia.

Après quelques instants de silence et d'égarement, le bonhomme planta ses grands yeux de merlan frit dans ceux de l'experte.

« Ah… c'est… c'est à moi que vous parlez ? bégaya-t-il en réponse.
- Oui, nous vous avons retrouvé étalé dans le sang et l'huile tout à l'heure, et nous pensions que vous étiez mort. »

Enfin, plutôt, nous étions partis de l'hypothèse que vous étiez mort sans vraiment y réfléchir.
Acquiesçant, l'homme perdu prit quelques secondes supplémentaires pour formuler une phrase cohérente.

« Celui à qui vous p.. pensez parler, est sans doute mort. À v… vrai dire, je ne suis pas Paul Boulanger… et c'est précisément lorsque j'ai appris c… ce qui lui ai arrivé que je me suis éva… évanoui. »

Il pointa du doigt la brosse à dents noire qui gisait encore dans l'huile.
Il n'en fallut pas plus à l'assemblée pour comprendre que l'affaire venait à nouveau de prendre un tournant inattendu.

Oui, j'ai osé.


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le Ven 13 Juil - 14:43
Chose promise, chose due. Demain, Kaoren plaque tout pour aller s’installer loin de la Ville. Marre de tous ces amateurs s’improvisant flics dès qu’ils croisent un cadavre, a fortiori quand ce n’est même pas un cadavre.

Il récupère son bloc-notes et continue de noter les derniers retournements de l’affaire après avoir raturé les conclusions précédentes. Ses pages sont désormais à peine lisibles, à l’image de cette scène de crime. On ne sait pas si c’est du sang par terre, on ne sait pas qui a attaqué la victime, on ne sait pas si la victime a été attaquée, on ne sait pas où est la victime, on ne sait pas qui est la personne que l’on a prise pour la victime… et on ne sait plus ce qu’on fait là.

Kaoren a fini de perdre patience et ne laisse même pas le soin d’interroger le témoin aux personnes dont c’est le rôle. À la place, il s’en charge lui-même, et de façon turbulente :

« Que s’est-il passé, alors, parbleu ? »

L’interrogé lui adresse des yeux hagards, comme s’il venait de voir le ciel redevenir bleu. Mais à la surprise générale, il répond :

« On... se connaît ?
- Pas que je sache…
- A… Alors d’où tenez-v… vous mon nom ?
 »

C’est pas possible de se taper des demeurés à tous les niveaux. Kaoren pose sa main sur ses yeux, inspire un grand coup, et demande le plus calmement possible – c’est-à-dire en parlant fort sans hurler, dans son cas :

« Comment ça, votre nom ?
- Je… Je suis Aristide Parbleu, l’avocat de M. Boulanger, que cette brosse à dents a dévo… dévo…
 »

C’en est assez pour Kaoren. Sa tempérance est morte avec la logique de cette affaire. Cette fois, il n’hésite pas à hurler.

« Mais ne soyez pas stupide ! Comment une brosse à dents pourrait dévorer un poissonnier !?
- Mais… à quoi serviraient les dents d’une brosse à dents, sinon à manger ?
 »

Kaoren jette son bloc-notes par terre et s’en va.


De la salle, pas du RP, muahaha !




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le Ven 13 Juil - 22:44


Le Dessinateur canin observait la scène se corser de minutes en minutes, passant dune simple mort à une prédation sauvage de la part d'une brosse à dents.

Hohé monsieur du barreau, c'est pas de la brosse noire à vos cotés dont vous parlez au moins ?



Le canidé sentait ses poils se hérisser à cette idée : il s'en était tenu à à peine un mètre !

Du reste, le-dit avocat ne semblait toujours pas très éveillé pour répondre. Et la brosse à dents noire à ses côtés n'avait pas l'air bien vivace.

Médor se mit donc à cogiter tranquillement, confortablement assis sur les pieds de l'inspectrice en chef, mais gardant toujours du coin de l'oeil le supposé Objet. Sait-on jamais.

Du sang potentiel, un homme dévoré, son avocat dans les pommes, une carte de visite, de l'huile partout, une brosse à dent noire possiblement anthropophage...

Alors que le poids de l'énigme laissait peu à peu glisser l'apprenti détective au sol, il se redressa soudain, les oreilles droites, la tête haute.

La carte retrouvée sur la scène de crime, elle est bien signée d'un A, Milady ?



Puis il tourna la tête en hauteur afin d'avoir l'intéressée dans son champ de vision.

Et vous, noble avocat, vous avez bien dit vous nommer Aristide ?



Ajouta-t-il au pauvre homme encore couvert de sang et d'huile.
Puis, laissant passer les quelques secondes qu'il estimait nécessaire pour que son raisonnement se fasse dans l'esprit de chacun, il se leva avec prestance et vint se placer devant le dénommé Aristide.

Dites-nous donc ce que son Avocat prénommé [u]A[/]ristide pouvait bien faire avec M.Boulanger de si bon matin, et entourés de ses poissons de surcroît ?



Faisant un pas de plus vers l'accusé, l'air presque menaçant et totalement accusateur, il termina par

Et pourquoi cette brosse aurait dévoré seulement le poissonnier, mais ni vous évanoui, ni ces poissons ?


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le Dim 15 Juil - 15:32
L'esprit de Sydonia devenait à peu près aussi confus que le carnet de Kaoren. Pas parce que les choses ne cessaient plus de se tordre, de se retourner et de se complexifier, mais parce que le nombre de questions laissées en suspens dépassait largement les 7 items que la mémoire à court terme peut emmagasiner. En plus, le chien des stup' s'était assis sur ses pieds, sans raison particulière.

En réponse aux derniers retournements, à savoir l'accusation dudit Aristide, Sydonia protesta :
« Cette histoire ne tient pas debout, raisonna-t-elle. Si cet homme était vraiment le coupable, pourquoi l'aurait-on retrouvé sur le sol, assommé et couvert d'un sang qui n'est probablement pas le sien ? Et surtout, pourquoi aurait-il pris le soin de laisser une carte signée avec la première lettre de son prénom, tout en restant à côté, histoire d'être le premier suspect ? »

Mais ce n'était pas la seule incohérence dans toute cette histoire.

« Qui plus est, plutôt que de raconter que Boulanger avait été mangé par une brosse à dents sans laisser de trace, la brosse à dents ne s'étant même pas enfuie des lieux du crime, pourquoi n'a-t-il simplement pas dit que Boulanger n'était pas là, ou qu'il avait disparu ? On aurait ainsi conclu à l'absence de crime, ou cherché ailleurs, et dans tous les cas on n'aurait pas inculpé le pauvre homme ici présent. »

Si l'enquêtrice était loin d'avoir résolu l'affaire, elle commençait à en recoller quelques morceaux. Elle croisa les bras, s'adressant encore à ses confrères.

« À supposer que l'histoire de la brosse à dents est vraie, l'hypothèse la plus probable n'est-elle pas qu'un autre homme - le vrai "A" - ait assommé le pauvre homme, l'ait aspergé de sang et ait déposé une carte pour en faire le coupable ? »

Restait à savoir qui était susceptible d'avoir manigancé tout ça, et pourquoi. Du moins dans l'hypothèse où la brosse à dents avait réellement ingurgité le poissonnier, ce qui restait de l'ordre du possible dans l'Esquisse.


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le Mar 17 Juil - 14:44
Déjà en retrait de la place, Kaoren se reprend à penser à pourquoi il avait accepté de prêter main-forte aux services de l’ordre de la Ville, par nature totalement désordonnée. Il enchaînait les projets impossibles et sisyphesques depuis quelques temps, déjà. Pourquoi ?

Suivant l’errance de ses pas, il se rappelle cette sombre affaire, la première fois qu’il avait rencontré un inspecteur assez fou pour se lancer dans l’ambition de faire régner la justice dans ces rues. C’était un homme plein de fougue, mais incapable d’aligner assez de présence d’esprit pour éviter les faux indices et tirer des déductions logiques des vrais. Déjà qu’il n’en avait pas assez pour comprendre que sa quête était vouée à l’échec ou à un éternel recommencement… Mais cette affaire avait troublé le garçon aux cheveux rouges, qui s’entendait très bien avec la victime. L’incompétence notoire de la personne chargée de lui porter assistance et d’amener le coupable sous le marteau de la justice avait poussé Kaoren à mener l’enquête par lui-même. C’était là que tout avait commencé…

Maintenant, il est en proie au doute. Ce n’est pas la première fois de sa carrière, le doute s’est même souvent révélé son allié le plus précieux. Mais qu’avait donc cette affaire de si particulier pour l’amener à remettre en question l’orientation même de sa vie ? Saturait-il simplement, après des dizaines d’affaires toujours plus alambiquées, de systématiquement devoir se résoudre à ne pas trouver toutes les réponses ?

Kaoren regarde une affiche publicitaire. Il y figure un homme souriant préparant une sorte de tarte aux trompettes – l’instrument, pas le champignon – avec des gants de base-ball. Cette affiche lui rappelle son ancienne vie. Il se revoit noter des discours vociférés dans l’opéra du palais, et les retranscrire sous une forme exagérément polie pour l’audience. C’était un gagne-pain plus qu’une passion, et s’il avait perduré dans cette voie, peut-être serait-il arrivé à la même saturation qu’il ressent aujourd’hui. Mais se rappeler cette époque plus insouciante suffit à le faire se questionner sur ses choix, encore.

Mais avant qu’il n’ait pu arriver à ses réponses, son attention se reporte soudainement vers une vision beaucoup plus inquiétante. Sous l’affiche se trouve désormais une demi-douzaine de brosses à dents, manifestement inertes. Il regarde à gauche, il s’en trouve encore trois. Rien à droite, mais en faisant volte-face, il en aperçoit une autre sur une rambarde en hauteur. Là-dessus, sans prendre le temps de se redemander l’intérêt de poursuivre cette affaire, il décide de retourner en diligence vers la place où les autres se trouvaient pour les prévenir au plus vite. Peut-être sont-ils tous en danger…


C'est bon, d'écrire des trucs exagérément clichés, de temps en temps.
Je vous laisse vous répondre avant que Kaoren ne soit revenu.




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le Mer 18 Juil - 7:45

Médor écouta l'inspectrice démonter une à une ses accusations. Mais il en fallait plus que ça pour le désarçonner. Il tenait la vérité, et c'est tout.

Le suspect a dit lui-même s'être évanoui ! Personne ne l'a assommé, c'est lui qui a monté cette mise en scène !! Il est resté justement pour se disculper ! Qui irait soupçonner le pauvre gars étendu au milieu de la scène de crime, la victime collatérale idéale ? Personne, si ce n'est le plus fin limier.


Cette inspectrice lui semblait particulièrement entêtée à innocenter l'Avocat.

Qui nous dit même que cette brosse à dents est un Objet ? Jusqu'à preuve du contraire, elle est inerte. Le suspect idéal, livré sur un plateau d'argent !



C'était clair comme de l'eau de Broche (fameux Objet aquatique grégaire qui délivre de l'eau cristalline quand on le chatouille), mais le Dessinateur se sentait le seul à avoir reçu la science infuse.

Il se tourna vers l'inspectrice en chef, hérissant un peu le poil

Mais peut-être ne devrais-je pas faire part de mes conclusions a quelqu'un qui se balade avec des Clef de Sole dans les poches ? Pile comme celles sur la scène de crime...


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le Sam 28 Juil - 21:38
"Ah, mes amis ! Qu'il est bon d'être enfin en ville !"
Se disait le Chroniqueur, tout de joie vêtu,
Arpentant les grandes rues d'un pas tout têtu.
"Audebert, cessez donc de faire l'imbécile !"
Lui dit donc l'agaçant et agacé Violin
Enjoint des plaintes de Harpie et Grocequèce,
Des "Quand est-ce qu'on arrive ?" aux "J'ai mal aux fesses",
Tues par un "Cessez donc ces vers picrocholins !"
D'un Gransac alourdi, de corps comme d'esprit,
Par incessants zinzinulements de zinzins,
De zigotos zigonnant, geignant mais en vain.
"Il est à présent temps de réveiller voisins !
Finie la malacie, sortez tous le bon vin,
Demain est temps de fête, on vous fera spectacle,
Cessez donc la paresse, on vous offre un miracle !"


Alliant le geste à la parole, notre cher Audebert s'égayait, distribuant ses tracts pour notre théâtre à venir. Le thème était donné : La flemme est un mal ! Amenons joie, énergie ! Et même plus précisément : "Que cette ville soit meurtrie de tous les vices, pourvu qu'ils l'empêchent de dormir ! Tous actifs contre la passivité ! Un trépas aujourd'hui pour mille éveils demains !". Ah, qu'il était enjoué à l'idée de montrer ses talents à cette Ville qu'il découvrait après ses dernières péripéties. Ce premier numéro, espère-t-il, donnera aux locaux le goût de l'art, et l'addiction au bonheur, au plaisir ! Oui, apportons l'amour vrai.

Hélas ! d'après tout ce que j'ai pu lire dans l'histoire - ou appris par ouï-dire, - l'amour vrai n'a jamais suivi un cours facile.

Cela dit, le Chroniqueur est bien entêté, et s'efforcera de faire fondre les plus glaciaux des coeurs.




Nous apercevons un atroupement insolite, qui nous attire comme les feux pour les phalènes. Apportons donc à ce beau monde un peu d'amour et d'énergie !

Hélas ! La scène est plus tragique !

Devant le tableau sanglant, le Chroniqueur en fait tomber ses feuilles, tel un arbre en automne, dispersant ses cartes, voltigeantes, aux pieds de toute l'assemblée, qui ne semble pas étrangère à ces bouts de cartons...


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le Lun 30 Juil - 21:40
Ce loup des stup' était visiblement aussi tenace que le Commissaire, qui dirigeait le commissariat de la Ville, lequel était pourtant réputé pour son caractère insupportable et son entêtement sur des pistes qui étaient pourtant, bien souvent, absurdes et incohérentes. Sydonia en avait bavé à ses débuts, à souvent en perdre la motivation, en particulier lorsqu'on lui avait retiré sans raison un affaire des plus tragiques au profit d'un inspecteur des plus incompétents. Enfin, tout cela n'était plus que du passé…

Et aujourd'hui, son interlocuteur fut-il le Commissaire ou son égal, elle ne comptait pas se laisser abattre. Aussi acharné soit-il, ce clébard avait tort, et l'inspectrice n'avait qu'à le prouver.

« Ce n'est pas parce que vous faites une proposition absurde que vous êtes un fin limier ! Il n'y a aucun intérêt à jeter la faute sur un Objet inerte, alors que la Ville grouille d'Objets tous plus menaçants et crédibles que les autres. »

Et maintenant, il l'accusait sur les clefs de sole qu'elle avait emporté pour le dîn.. pour l'investigation. Sur ce point non plus, elle ne laisserait pas la brigade des stup' ridiculiser les Experts Esquisséens.

« Vous ne connaissez pas le principe d'emporter des preuves pour le dossier de l'affaire ? De plus, avant d'en prélever, j'ai pris des photos de la scène. »

Enfin, quelqu'un en avait sûrement pris.

Elle s'apprêtait à accuser de nouveau son interlocuteur, en lui prouvant par A+B que sa théorie était fausse, mais la conversation fut interrompue par le retour du bleu aux cheveux rouges, visiblement pressé. Soucieuse de lui parler au plus vite, puisqu'il venait sans doute avec de nouveaux éléments qui iraient dans son sens, l'inspectrice fendit la foule en sa direction.
Cependant, alors qu'elle quittait le petit atroupement, elle s'arrêta brusquement, se retournant vers un homme qui venait de faire tomber des morceaux de papiers.

« Oh, j'espère que je ne vous ai pas bousculé ! Laissez-moi vous aider. » dit-elle, tendant à l'inconnu une poignée de cartes qu'elle venait de ramasser.

L'affaire pouvait bien attendre quelques secondes de plus, le service aux citoyens d'abord !


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le Lun 30 Juil - 22:03


En réponse à ses accusations, l'inspectrice bredouilla quelques excuses potables avant de s'enfuir dans la foule. Ha, la traîtresse ! Une ripou !

Revenez ici madame, vous devez payer pour vos actes !


Heureusement, un brave citoyen l'arrêta sous peu, sacrifiant au passage quelque paperasse que la jeune femme se mit à ramasser hypocritement.

Halte-là Demoiselle ! J'ai toujours autant de soupçons.


Et, se tournant vers ce qui s'apparentait à un faune,

Merci bien Jeune Homme, vous avez peut-être permis l'arrestation d'une criminelle.


Cependant, Médor posa les yeux sur les-dits feuilles étalées par terre.

Des cartes. Identiques à celles du crime.

HA ! Voilà ma preuve ! Elle perd ses cartes de visite meurtrières maintenant.


Barrant le chemin à l'accusée en montrant les dents, prêt à intervenir au moindre geste suspect, il s'écria à l'assemblée

Qu'on apporte les meuhnottes ! Cette femme est coupable ou complice, en voilà la preuve !!


Et pour appuyer ses dires, il se jeta sur la pseudo-inspectrice pour la plaquer au sol.

L'assemblée retenait son souffle pour la quintième fois de la journée.


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le Ven 3 Aoû - 14:59
En découvrant le chaos qui règne désormais sur la scène de crime, Kaoren est à nouveau pris d’une envie de quitter les lieux pour n’y plus retourner. Mais il doit s’efforcer d’endurer les folies de ceux qui s’y trouvent encore par devoir moral, il est hors de question de laisser une horde d’Objets maléfiques sévir dans une Ville où l’alerte n’a pas encore été répandue chez plus de quelques habitants. Désormais, même s’il ne croit toujours qu’à moitié à l’hypothèse de la brosse à dents anthropophage, il se résigne à la considérer comme valide par nécessité de prudence.

Encore essoufflé par sa course, Kaoren balbutie à l’assemblée :

« Il… y en a d’autres ! Partout, en Ville ! »

Cette situation lui rappelle sa première affaire une énième fois. Il y avait beaucoup en commun. De la même façon, la police s’écharpait en défendant diverses hypothèses totalement contradictoires, et juste avant qu’il n’y eût une bavure, Kaoren était intervenu avec la clé du mystère. Cette fois, il ne la possède certes pas, mais il a tiré une leçon de cette vieille aventure : « La police n’exige pas la justice, elle exige un coupable ». C’était la façon dont il avait titré un de ses articles jamais parus, et il avait le sentiment que cette petite maxime saurait le guider vers les bons choix. Lui apprendre à ne jamais précipiter une conclusion. Pendant longtemps, il n’avait connu que des affaires trop obscures ou trop claires pour leur trouver un faux coupable. Sa maxime ne l’avait jamais épaulé comme il l’aurait souhaité. Aujourd’hui semble être le jour où il se félicitera de l’avoir gardée après tout ce temps et toutes ces désillusions.

Toujours face au chaos, le gardien de l’ordre doit faire son devoir, rétablir cette entente sociale menacée par la sournoiserie des doutes et des rancunes. Les stupéflics et la crimi’ ne se sont jamais entendus, et il a sans doute suffi de l’étincelle d’une fausse lucidité pour incendier cette discorde. Désormais contraint à guérir à défaut de pouvoir prévenir, Kaoren choisit comme à son habitude une troisième option, celle de repousser l’amère guérison à la fin de l’enquête. Il hurle avec son souffle toujours saccadé :

« Oubliez le coupable… ! On verra ça… après ! »

Il est peut-être même déjà trop tard…




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le Ven 3 Aoû - 16:53

"Hé, encore heureux mon ami !
On n'a pas passé vingt-quatre heures
Se démenant comme pas permis
À distribuer tous ces livrets
Pas de pause, pas de p'tit beurre,
Pour récompenser le labeur
Qu'on exécutait sans arrêt !"
,
S'exclame Violin, aboyeur.

"Vous êtes tous concernés, gente assemblée ! Nous en avons laissé partout en ville !"
, poursuit Audebert, rayonnant.

Ah, oui, nous allons donner un beau spectacle, c'est certain !


Il pique les yeux Violin, n'est-ce pas ?


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le Mer 8 Aoû - 5:34
« Mais que faites-vous ?! »

Quelle andouille, ce clébard ! Qu'il retourne donc reniffler de la drogue, comme à son habitude, et laisse les spécialistes faire leur travail, car un tel niveau d'incompétence énervait au plus haut point l'inspectrice. Qu'il se permette de participer à l'enquête, alors qu'elle relevait de toute évidente des Experts Esquisséens, dont Monsieur J'aboie-fort-mais-je-n'argumente-pas n'avait jamais fait partie, cela passait encore... mais qu'il l'arrête, elle, dans son devoir de policière et d'honnête citoyenne ! C'en était trop pour ses nerfs.

« Vous allez me faire le plaisir d'ôter tout de suite vos pattes de moi, grogna-t-elle. Si vous réfléchissiez un peu, vous comprendriez que je n'ai fait que ramasser ces cartes, et que par ailleurs, comme viennent de le signaler Kaoren et ce jeune homme, il y en a partout en ville... Où est donc le problème ? Elles n'ont peut-être aucun lien avec le crime, après tout, et ce qu'on pensait être une carte de visite du tueur n'était qu'un prospectus laissé au sol... »

Sydonia réalisa qu'elle venait de faire une déduction plutôt intéressante, digne d'une Experte Esquisséenne. Elle espérait désormais que quelqu'un se jette sur le chien malpropre, avant que celui-ci ne décide de lui baver dessus par inadvertance. En cas d'urgence, son pistolaitue était chargé et à portée de main, mais cela ferait paniquer la foule et risquerait de créer des problèmes. Pas question de revenir devant le commissaire avec de mauvaises nouvelles.


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le Lun 13 Aoû - 16:14


De la publicité ?

En maugréant, Médor accepta de laisser l'inspectrice repartir.

Pas de cadavre, du moins visible, pas de lettre du meurtrier... Vous êtes sûr qu'on a une scène de crime, ou ça aussi c'est à remettre en question ?


Le Dessinateur commençait à perdre patience. Il voulait juste faire sa promenade matinale, mais non ! Tout le monde s'était mis d'accord pour faire le zouave pile aujourd'hui ! Le matin !

Serrant les dents, il s'assit, attendant la suite.


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le Mer 15 Aoû - 21:21
La dernière remarque du compagnon canin de la brigade des stup’s ne manque pas d’intriguer Kaoren. Il n’a pas le temps de s’alerter sur le fait que la rouquine de la bande ait mal compris son intervention en croyant qu’il faisait allusion à des cartes de visite plutôt qu’à des brosses à dents. À la place, il reporte immédiatement son attention sur les questions existentielles qui planent désormais en ces lieux : S’agit-il bien d’un crime ? Qui en est la victime ? Que cherchent-ils vraiment ? Et qui ici leur ment ? Pourquoi sont-ils mandés ? Le sort joue-t-il aux dés ? Que diable allaient-ils faire dans cette galère ?
En constatant comme toutes ces questions riment ensemble, Kaoren tire la conclusion qu’elles trouveront toutes leur réponse derrière la même porte, et qu’une seule clé suffira à résoudre l’affaire. Et pour l’obtenir, il faudra faire preuve de ruse.

Le fait que l’inspectrice en chef ait manifestement cru que Kaoren évoquait des cartes de visite plutôt que des brosses à dents dans sa dernière interjection l’amène à penser qu’elle n’est effectivement pas au courant de ce qui se passe en ville, ou alors elle est elle-même très maligne. Toutefois, il peut désormais utiliser cette confusion pour piéger le coupable s’il se trouve dans ces lieux, en supposant bien sûr que celui-ci soit au courant de l’invasion de brosses à dents dehors. Pour ce faire, il faut agir vite, avant que tout le monde ne sorte, et trouver une formulation parfaite qui forcerait la maladresse.
Ainsi, une fois la question du grand chien énoncée, et les regards d’hébétudes échangés dans l’audience, Kaoren se jette devant l’animal et lui lance avec véhémence :

« Si vous étiez le coupable, me diriez-vous que vous seriez le coupable !? »

Ça ne rate jamais. Le coupable ment toujours, donc il répondra à cette question qu’il dirait la vérité s’il était le coupable, là où l’innocent, qui ne ment jamais, affirmerait qu’il mentirait s’il était le coupable, puisque c’est vrai.



« Non, pardon, réflexe. »

Il se fait vieux, dans le métier. Quelques déformations professionnelles se font déjà ressentir, et il n’ose même pas imaginer à quoi ressemblera sa retraite.

« Toutes celles qui ont été trouvées en ville sont exactement les mêmes que celles-ci ! Est-ce-que vous auriez une hypothèse pour expliquer cela, chez les stup’s ? »




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le Ven 17 Aoû - 14:22
J'aurais voulu dire à ce beau jeune homme que mes compétences de copiste me permettent de produire de parfaits duplicatas, mais non seulement je ne peux formuler quelque mot, sinon à l'écrit, et de plus, il doit cette abondance de clones à la simple mais merveilleuse magie de...

"L'impression ! Vous connaissez pas ça dans ce bled ?"
"De quelle bande de drôles vient ce nabot ?
C'est si triste ! Il est ignare et il est pas beau !"

"Je vous prie, vous voyez bien qu'il appelle à l'aide !"



...mâtiche, je ne cesserai de me demander pourquoi maître Audebert s'entiche de pareils pastiches d'instruments nobles, musiciens postiches ne valant même pas un peu d'artiche, dont les voix font grincer les ratiches, bref : des potiches.

Mais le Chroniqueur semble enfin être gagné par la raison et y rappelle ses bouts de bois dissonnants :


"Je vous ai déjà puni pour votre insolence
Et ai fait preuve d'une bien grande patience,
Mais pour votre impertinence jouerai encore
Des airs et sons qui ne vous mettent pas d'accord !"



Et la boisaille se tût enfin. Gransac souffla, le maître aussi, et je puis avoir un peu de répit : enfin une pause dans la copie de toutes ces calomnies.


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