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[Jour 6] Ne jamais confier sa vie à un médecin [Pythagore & John]

Anonymous
Invité
Invité
Ven 22 Aoû - 22:46
Aussi vite que le lui permettait son corps de papier, John courut à en perdre haleine dans la direction opposé à l'autre bâtiment. Celui qui était entouré d'une muraille de barbe à papa. Et, à moins qu'une personne saine d'esprit (ça ne courait pas les rues, ces temps-ci) ne lui apporte la preuve qu'il s'agissait là d'une base militaire mise en place par l'armée afin de protéger les citoyens des menaces extraterrestres, il ne se risquerait à y remettre un pied pour rien au monde.

L'autre possibilité à ne pas exclure, c'était qu'un gang type mafia l'ait drogué à l'ecstasy, pour une raison encore floue qu'il ne tarderait pas à découvrir. Cela justifierait plus ou moins le ciel rose et son corps de papier, entre autres – même si ça faisait déjà un petit bout de temps qu'il était là, et qu'à sa connaissance, aucune drogue n'avait d'effets aussi longs. Et puis, dans ce cas-là, comment expliquer qu'il ne soit pas le seul à trouver ce... ce monde absolument étrange et insensé ? Prenons Pythagore, par exemple. Bon, il n'était pas forcément le meilleur exemple à suivre, toujours à rabâcher que son frère était le meilleur, mais disons qu'il faisait partie des gens les moins atteints par la folie. Comme John. Sans doute pour ça qu'ils étaient potes.

… A moins, évidemment, que Pythagore ne soit l'un des sbires de la mafia, chargé de veiller à ce que John ne découvre pas le merveilleux stratagème qu'ils avaient élaboré. Et c'était toujours plus crédible que les extraterrestres. Mais John avait tendance à accorder sa confiance trop facilement, et même s'il avait des soupçons, ce n'était pas au point d'accuser son unique ami.

Il marcha donc jusqu'à se retrouver dans une plaine rase et étendue à perte de vue. Plus c'était loin de la barbe à papa, mieux c'était, se disait-il. D'ailleurs, ça le rassurerait un peu de rencontrer quelqu'un. Pas fou, si possible. Juste une personne normale qui pourrait... compatir. Comme Pythagore, par exemple. Même si John avait le double de son âge et qu'il aurait presque pu être son père, dans ce monde étrange, l'âge n'avait aucune importance. Et même si le jeune médecin était encore inexpérimenté, c'était toujours bien d'avoir un docteur à ses côtés.

La feuille Canson s'arrêta. Quitte à aller quelque part, autant se rendre à la ville. Mais dans quelle direction aller ? Tout droit, peut-être. Il venait de derrière, là où se trouvait la présumée base militaire. Alors, si ce monde avait un temps soit peu de logique, peut-être la ville se trouvait-elle droit devant ?

« Merde... j'étais toujours le dernier aux courses d'orientation de l'école... »
Anonymous
Invité
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Lun 25 Aoû - 2:07
Pythagore jeta un dernier coup d’œil à la barrière entourant l'étrange bâtiment se dressant derrière lui. Il n'avait aucun intérêt à essayer d'y pénétrer et la couleur rose bonbon criarde de la barrière n'avait fait que le conforter dans son opinion. Thalès n'était sûrement pas ici. Cela ne collait pas.

Le jeune homme s'éloigna tranquillement. Il ne savait pas vraiment où se diriger, alors il se contenta de marcher tout droit. Comme on dit : "le but est dans le chemin". Il est inutile d'avoir une destination précise dans l'Esquisse, on n'arrive que très rarement à ses fins. Si Pythagore s'était mis en tête de rejoindre la ville, il ne l'aurait probablement jamais réussi à s'y rendre. Quelque chose aurait fini par le détourner de son chemin : une personne, un objet, une tempête... En revanche, en se laissant librement vagabonder, on était souvent agréablement surpris. Sans but, on ne peut pas échouer après tout.

Le problème était que Pythagore avait un but : il cherchait son frère. Et plus il s'acharnait à essayer de le trouver, plus le sort semblait l'en éloigner. Ses déambulations hasardeuses dans l'Esquisse ne lui permettaient pas de se procurer une piste. Où était-il passé ? Allait-il bien ? Était-il au moins toujours vivant ? Cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas vu...

Pythagore fut sorti de sa torpeur mélancolique par une voix familière. Il crut d’abord que la fatigue lui jouait des tours, mais la voix tranchait trop avec le reste de ses pensées, elle était trop réelle pour être le simple fruit de son imagination. Cette voix, ce ton, il les connaissait. C’était la voix du meilleur ami qu’il ait jamais eu dans l’Esquisse, c’était John. Comment avait-il pu l’oublier ? Lui, Juliette, tous ces dessinateurs qui lui avaient rendu service... Il était tellement obnubilé par son frère ces derniers temps qu’il avait momentanément chassé de sa mémoire tous les autres.

Comme dans la scène clichée des retrouvailles dans les films, Pythagore, bras ouverts, courut à travers la plaine à la rencontre de son ami. Mais il se rapprochait, plus le jeune homme avait l’impression que quelque chose clochait. La silhouette restait blanche et plate peu importe la distance. Lorsqu’il ne fut qu’à quelques pas de ce qui ressemblait à un dessin très ressemblant de John sur du papier canson, un bras un moins et un tutu en plus, il était partagé entre la surprise et la compassion pour le pauvre homme.

« John ? C’est bien toi ? Qu’est-ce qu’il s’est passé, c’est de sa faute ? »

Résumé:
Pythagore s'éloigne de la base militaire et retrouve par hasard John dans la plaine à vagues. Il est surpris par son apparence et lui demande ce qui s'est passé.
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