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Plus machine qu’humaine ~ Crevette des Câbles

Stilgar
Petit pimousse au rapport !
Personnages : Crevette, Rosalina Ngwenya, Amundsen, Agate Withcroft-Molina, Langouste, Crevette des Câbles
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Date d'inscription : 07/01/2019
Stilgar
Sam 27 Fév - 19:12

Crevette




APPELLATION
     Arrivée amnésique dans l’Esquisse, elle n’a aucune idée de ce que pouvait être son nom terrien et s’en moque. On lui a attribué un prénom mais elle s’en est débarrassé dès qu’elle l’a pu, lui préférant un sobriquet à la con qui est devenu son nom de guerre ; Crevette.

ÂGE
     Physiquement dix ans, mentalement plutôt trente-cinq.

ORIGINE ESQUISSÉENNE
     Sans objet.

NATIONALITÉ TERRIENNE
     Elle ne s’en souvient pas.

GOÛTS
     On ne peut pas faire son métier sans aimer l’action, l’affrontement, le frisson du danger. Crevette n’est pas juste une bonne combattante : elle est quelqu’un qui aime se battre. Mais qui ne vit pas pour. Son vrai truc, c’est de voler. Mais pas juste quitter le sol. Elle ne sent vraiment vivante quand il n’y a qu’elle, le vent et le minimum d’appareils et accessoires pour la maintenir en l’air. Fendre le ciel violet de l’Esquisse,  emprunter un courant ascendant, descendre en piqué et se redresser aussitôt. Si la SX permet de vivre cela avec la contrainte de la pesanteur en moins, Crevette n’apprécie en revanche pas autant l’expérience qu’elle procure, qui n’est jamais qu’une copie de la réalité, peut-être pour elle d’autant plus décevante qu’elle fait tout pour reproduire ses sensations. Elle aime aussi ce genre de musique et peut tout à fait s’extasier devant les merveilles technologiques d’un gadget dernier cri.

PROFESSION
     Son rôle lors des missions est d’être larguée depuis les airs sur une position avancée ennemie, de s’y infiltrer et de soutenir l’avancée des forces au sol en déchaînant une puissance de feu maximale sur des zones mal défendues du dispositif ennemi. Elle excelle autant dans l’antipersonnel que l’antimatériel, peut travailler en groupe tant qu’ils restent petits – et formés de combattants triés sur le volet. C’est une mercenaire experte de la violence et les commissions qu’elle prend pour ses boulots sont aussi élevées que sa capacité à détruire.







Faction


COSHA






Caractéristiques





CONSTITUTION PHYSIQUE : 1
     Mine de rien, on reste sur de la fillette.
Augmentée : 4
     … Mais qui a plein de pognon pour ce payer ce genre de choses. Certaines de ses augmentations sont d’ailleurs moins des améliorations que des remplaçants de membres perdus sur le champ de bataille. Avoir une force augmentée est notoirement utile quand on veut embarquer des armes lourdes.

HABILETÉ : 4
     Si sa force pure ne peut pas évoluer beaucoup du fait de son corps, sa vitesse, sa précision le peuvent tout à fait. Des années d’entraînement ininterrompu et rigoureux ont fait de Crevette la guerrière qu’elle est.
Augmentée : 4
     Pourquoi se contenter de ce que peut faire la chair ? Si la seconder voire la remplacer par la machine permet d’améliorer ses performances, il serait stupide de s’en priver.

MAÎTRISE DU COMBAT : 3
     Crevette met un point d’honneur à toujours améliorer ses capacités martiales. Sa vie dépend littéralement d’elle et elle ne serait pas devenue qui elle est sans. Tout le monde la prend au sérieux, même si elle est haute comme trois pommes, ou peut dire adieu à ses rotules.
Mêlée : 1
     Une compétence qui lui parut incongrue à développer, dans un monde où les armes à feu sont capables de faire tout le travail en mieux. Hélas, ce raisonnement n’était valable que dans un milieu urbain. Ses quelques expériences à la Frontière où les munitions se font rares et les ennemis nombreux ont quelque peu modifié sa vision de la chose. Et pour l’infiltration, un coup de dague ou une prise pour assommer quelqu’un sont des compléments idéaux à des armes à feu silencieuses.
Tir léger : 1
     Son truc, ce n’est pas d’être sur le front, un fusil d’assaut dans les mains : c’est d’agir derrière les lignes ennemies et d’anéantir des cibles grosses et importantes, ce qui requiert une puissance de feu plus importante.
Tir lourd : 3
     Justement, en parlant de ça. La petite taille de Crevette et ses augmentations nombreuses font qu’elle peut embarquer plus d’armes lourdes que ses compagnons. Quand on est aéroporté, on ne peut emporter avec soi qu’un  poids bien précis. Or, quand on fait un mètre vingt, une partie du poids alloué à la personne en elle-même peut être redistribié vers des armes plus grosses.

CONDUITE DE VÉHICULES : 3
     Son véhicule de prédilection est la wingsuit, qui lui donne les ailes qu’elle a toujours voulu avoir. Elle tâche aussi de rester aussi touche-à-tout que possible dans ce domaine mais dédaigne largement les autres moyens de locomotion. Elle n’est pas pilote, elle est combattante. Chacun son métier. Les véhicules aériens, paradoxalement, l’intéressent encore moins que les autres : « Ce n’est pas voler, ça, c’est appuyer sur des boutons et tirer des leviers. »

RICHESSE : 2
     Ça paye de ne même plus se souvenir combien de personne on a tué.






Possessions :



Inventaire :
     Alors, prenez une boisson ça va pas être court.
     On va commencer par la partie facile. Crevette habite dans un des immenses immeubles du centre ville. Assez luxueux et entretenu par une paire de robots ménagers, son appartement en haute altitude offre une vue superbe sur la Ville. Il dispose notamment d’une terrasse, là où elle préfère se poser après une journée de travail. Crevette peut y apprécier les lumières urbaines et le vrombissement calme le la civilisation, un verre de jus de fruit à la main, une musique en fond et un bon repas préparé par une de ses machines posé sur le balcon. On y trouve bien sûr des astrettes. La plupart du mobilier est étudié pour sa taille, mais comme il lui arrive parfois de recevoir, elle a quelques chaises pour adultes. Les visiteurs ne pourront pas s’empêcher de remarquer une vitrine dan lequel trône une arme à l’aspect étrangement suranné, dans cet habitat ultramoderne : un sabre de cavalerie du XIXe siècle. Inutile de lui poser des questions à son sujet, elle ne vous répondra pas.
     Elle possède un quadricoptère civil de fonction, fourni par sa compagnie. La plupart du temps, la COSHA se aussi charge de fournir les véhicules qui l’emmènent sur ses terrains d’opération, aussi se soucie-t-elle peu de sa locomotion.
     Son compte en banque est bien fourni en ₱oèmes et lui permettent d’entretenir son niveau de vie assez élevé.

     On passe aux choses intéressantes. Crevette utilise quatre armes lors de ses missions, qu’elle emporte toujours sur elle.
     Sa préférée est sans doute son fusil rail de précision . Arme aussi légère et compacte que possible, elle fait tout de même sa taille. Heureusement, le canon peut se replier pour être plus aisément transportable. Il tire par propulsion magnétique des balles à une vitesse incroyablement élevée, ce qui assure une portée, une précision et une perforation considérable, en plus d’être totalement silencieux et de n’avoir aucun recul. Elle demande une petite foudranche pour fonctionner, en revanche. Cette arme est aussi adaptée pour de l’antipersonnel que de l’antimatériel modérément blindé. Le pouvoir vulnérant est en revanche assez faible : comme la balle traverse le corps de la cible sans jamais s’y loger, il faut qu’elle touche un organe vital pour être létale. Elle n’a par ailleurs aucune puissance d’arrêt. En clair, contre quelqu’un ne sentant pas la douleur, un coup non-létal pourra ne même pas être senti tout de suite. Une autre personne que Crevette aurait bien du mal à utiliser ce fusil : sa crosse est adaptée pour la petite main d’une enfant et il ne dispose pas d’organes de visée. Crevette vise grâce à une mini-caméra placée sous le canon et reliée par connexion sans fil à son œil. Elle n’a donc pas besoin d’aligner le fusil contre son visage. En revanche, ce système peut être piraté ou brouillé par quelqu’un d’assez compétent pour passer outre les pare-feux de la COSHA.
     Si ce qu’il y en face résiste, Crevette peut sortir son mini-lance-missiles . Miracle de compacité, il est de la taille d’un pistolet (mais dispose d’une crosse et d’une poignée supplémentaire pour assurer la meilleure stabilité possible lors du tir). Il tire des petits missiles grâce à une propulsion intermédiaire : ses munitions sont composées de la roquette en elle-même et d’une longue tige qui est fixée dans l’arme et la traverse de part en part. Par propulsion magnétique, cette tige est éjectée, puis les propulseurs du missile prennent le relai. Celui-ci peut ajuster sa trajectoire. Comme pour son fusil de précision, Crevette vise avec une mini-caméra et peut voir par les yeux du missile tiré et donc commander sa trajectoire grâce à sa puce cybernétique. Et comme pour son fusil de précision, il ne fonctionne pas sans pile à foudranche. Et oui, du fait de sa munition, c’est considéré comme une arme lourde.
     Pour l’assister, Crevette a un petit drone volant quadricoptère qui porte un pistolet automatique. Il la suit partout, elle le contrôle à distance et elle peut récupérer l’arme qu’il transporte en un mouvement.
     Enfin, en cas d’urgence et si elle doit rester discrète, elle peut dégainer sa dague . D’un aspect assez impressionnant, cette arme peut bloquer les lames ennemies grâce à sa forme de fourche et les briser d’une rotation du bras. En addition, sur la pression d’une détente, Crevette peut électrifier les lames et ainsi provoquer des dégâts souvent fatals à tout organisme ou machine qui aurait été planté. Particulièrement résistante, cette dague peut, grâce à la musculature améliorée de Crevette, perforer certaines armures individuelles.
     Sa tenue de combat est composée d’une armure pare-balles légère et souple. Crevette met plus l’accent sur la discrétion et l’esquive que sur sa capacité à encaisser. Sa combinaison lui permet bien sûr de déployer des ailes pour planer et elle porte sur le dos un propulseur qui amortit sa chute.



Prothèses cybernétiques :
     Crevette est plus machine qu’humaine.
     Elle reçut une balle dans le bras gauche qui lui explosa l’humérus. On lui dit à l’hôpital qu’elle aurait des séquelles toute sa vie, aussi elle demanda à être transférée à la section cybernétique et remplaça intégralement son membre . Résistant et puissant, il est une sorte de seconde arme de corps-à-corps, pouvant broyer les os et enfoncer des portes d’un seul coup de poing.
     Suite à quelques atterrissages mal négociés, Crevette a volontairement remplacé ses deux pieds par des serres métalliques qui lui permettent de mieux s’agripper aux murs, de lacérer des corps et lui interdisent de porter des chaussures. Elles ont tout de même des petits coussinets pour pouvoir avancer silencieusement.
     Un jet d’acide libéré par un Objet en maraude dans les rues de la Ville et qu’elle participa à éliminer détruisit une partie de son système respiratoire. Qu’à cela ne tienne, Crevette remplaça son cou et sa mâchoire inférieure par une version artificielle. Elle parvint à conserver une voix à peu près humaine. Elle peut en outre filtrer les toxines présentes dans l’air et ce qu’elle ingère ainsi que respirer sous l’eau.
     À ses seize ans, la COSHA implanta dans Crevette un endosquelette qui parcours tous les membres qu’elle a encore. Il n’est visible qu’au niveau de la colonne vertébrale, autrement ses tissus organiques le recouvrent entièrement. Il lui donne les capacités physique d’une machine, littéralement. Grâce à lui, elle peut transporter ses armes, sa tenue et ses autres prothèses comme s’ils ne pesaient rien, faire des bonds de plusieurs mètres, défoncer des cloisons à mains nues et est plus rapide que n’importe qui.
     Et enfin, pour pouvoir contrôler son attirail de combat, elle s’est faite greffer une puce électronique reliée à l’ensemble de son corps et à des lentilles sur ses yeux qui lui permettent de voir le monde en réalité augmentée. En clair, elle « voit » une mini-carte du champ de bataille, la position des êtres vivants et objectifs à travers les murs s’ils ont été détectés par des alliés, les calculs balistiques pour un tir, les propriétés d’un objet dans son champ de vision et tant d’autres informations utiles.







Description


     Un beau jour, dans un désert de centres, apparut une petite fille, sans souvenir mais en habits blancs et un sabre à la main.
     Ce genre d’apparition n’était pas rare dans l’Esquisse. Même à la Frontière, on savait comment se débrouiller avec. Recueillie par une diligence après quelques heures d’errance, elle fut placée dans un orphelinat de campagne. Ce fut toute une histoire pour la séparer de son arme. Là, elle rencontra une autre petite fille, elle aussi fraîchement arrivée et tout aussi amnésique ; Effie. Étant arrivées à peu près au même moment et donc placées dans le même dortoir, elles se lièrent d’amitié.
     Étant parmi les plus jeunes et ne connaissant rien à ce monde, la vie aurait dû être difficile pour les deux gamines dans cet environnement hostile qu’est un internat rempli de ces créatures dangereuses et dotées d’une impressionnante hostilité envers leurs congénères que sont les enfants. C’était oublier deux paramètres : l’astuce d’Effie et l’agressivité naturelle de sa comparse.
     Elles firent ensemble de nombreuses conneries et il ne serait pas hors de propos d’en raconter certaines.
     Bien sûr, tout ce qui pouvait être chapardé le fut. Certains vols étaient somme toute assez bénins ; nourriture, friandises, jouets. D’autres l’étaient moins, comme la collection de couteaux de cuisine et d’ustensiles médicaux de la compagnonne d’Effie, une bouteille d’encre – l’essence esquisséen – siphonnée du camion du directeur, des pétards, une batterie à foudrouge et du fil de fer. Un certain attrait pour ce qui explose et brûle peut être souligné.
     On pourrait, dans la liste des quatre-cents coups qu’elle firent, distinguer deux catégories. La première est celle des actes de cruauté envers des êtres vivants. C’est ainsi que le chat d’une institutrice fendit les airs avec un kilogramme de poudre accroché au dos. Crevette avait tendance à découper absolument tout ce qui lui passait sous la main et planquait les entrailles des petits animaux qu’elle avait massacré dans des casiers, matelas et tiroirs de personnes qui l’enquiquinaient. Une fois, elle passa des heures après s’être échappée des dortoirs en pleine nuit à concocter une soupe de plantes urticantes qui fut déversée dans le col de quelque camarade de classe qui avait eu l’audace de lui faire du tort à Effie.
     Il est bon de noter que notre protagoniste avait été frappée par l’Esquisse et ne pouvait pas vieillir. Alors que tous autour d’elle prenaient des centimètres, elle restait la même, seul son esprit prenait de l’âge. C’est ainsi que des pensionnaires taquins l’affublèrent du surnom de « Crevette » au bout de quelques années, car elle était condamnée à rester la plus petite de tous.
     Erreur fatale. Qui a-t-il de plus humiliant que de devenir la victime de la crevette de l’orphelinat. Bien vite, nombreux furent les grands à apprendre à la respecter et à ne pas lancer ne serait-ce qu’un regard de travers à elle ou Effie.
     La seconde catégorie est celle des destructions et violations du règlement intérieur perpétrées pour le simple plaisir de les faire. Effie était alors sa plus courante compagnonne de jeu. Le nombre de surveillants dut être doublé car elles trouvaient toujours un moyen de s’échapper des salles de rétention, si possible en brisant tout ce qui pouvait être fait de verre dans la pièce. La mécanique était toujours sensiblement la même : Effie émettait une idée saugrenue et irréalisable et Crevette mettait tout en place pour la réaliser quand-même, non sans inclure quelques dégâts collatéraux. Ceux-ci étaient d’ailleurs pour elle le principal intérêt.

     Pendant toute leur jeunesse, Crevette, Effie et les autres pensionnaires furent témoins de choses qu’un observateur extérieur pourrait qualifier d’étrange. On leur administrait parfois des médicaments alors qu’ils n’étaient pas malades, certains disparaissaient sans donner de nouvelles alors que la plupart laissaient au moins une lettre de temps en temps – les courriels ne passent pas dans la Frontière, trop éloignée de l’Étoile –, après avoir trouvé une famille d’accueil. Mais Crevette ne se posa jamais vraiment la question. Pour elle, c’était normal. Elle n’accordait certes aucune confiance aux adultes, mais elle ne pouvait pas imaginer ce que tout cela pouvait signifier.
     Régulièrement, des personnes vêtues comme des soldats venaient voir les pensionnaires les plus jeunes et repartaient avec l’un deux. Ce ne devait être que pour un « examen médical », disaient-ils, mais ils ne revenaient jamais. Ces visiteurs débarquaient dans des gros camions blindés tout-terrains, conçus pour traverser les étendues de la Frontière et avaient un accent de la Ville.
     Un jour que Crevette avait seize ans – une estimation plutôt qu’une mesure –, une femme venue avec les soldats la remarqua. Alors que ses collègues s’entretenaient avec les petits de dix ans environ, elle s’étonna de voir que Crevette restait à l’écart, lisant un livre qui semblait bien trop compliqué pour quelqu’un de son âge. (C’était un livre de biologie, notamment le passage décrivant quelles plantes esquisséennes carnivores pouvaient sérieusement blesser quiconque s’en approchait un peu trop.)
     Crevette lui expliqua sans la moindre once de politesse qu’elle n’avait rien à voir avec ces morveux qui attiraient l’attention des soldats. La femme en parla avec le directeur, qui poussa de grands cris de joie quand, au terme de la discussion, elle lui proposa d’en faire une pupille de sa compagnie – et donc de le débarrasser de cette enfant terrible.
     Les adieux avec Effie furent simples, presque martiaux. Une ferme empoignade, une accolade, une promesse de se revoir. Rien que cela était un signe que cette promesse serait tenue. Plus Crevette est laconique, plus elle pèse ses mots.

     Après un long voyage, ils arrivèrent en vue de la Ville. Crevette observa pour la première fois ses tours élancées, ses lumières, son activité qui tranchait avec la campagne pauvre où elle avait vécu toute son enfance. Elle n’a jamais été du genre à s’extasier devant grand-chose, mais même elle ne put retenir son excitation devant ce spectacle.
     On l’amena au siège de la COSHA. Une semaine de tests médicaux après son arrivée, on expliqua enfin la raison de sa venue à Crevette, du moins la partie qu’elle avait besoin de savoir.
     Je n’ai pas suggéré dans les annexes que cette entreprise faisait des expériences médicales illégales pour décorer. Voici ce qui fut caché à Crevette et qu’elle ignore toujours. Depuis un certain temps, voulant toujours être à la pointe de la technologie, la COSHA réfléchissait à un nouveau type de combattant, qui mêlerait plus harmonieusement que jamais la machine et l’humain. Les augmentations de leurs troupes étaient bien souvent anarchiques, non-coordonnées, ne correspondant pas toujours parfaitement à leur rôle sur le champ de bataille. Il y avait mieux à faire que les exosquelettes, les remplacements de membres et les puces intégrées. Il fallait voir plus loin, plus profondément dans la symbiose.
     En secret, la COSHA mit donc au point un projet d’endosquelette complet. Des augmentations intégrées non pas sur ou à la place mais dans les membres, à l’échelle de tout le corps du sujet. Un simple humain vu de l’extérieur, une machine à tuer presque invincible à l’intérieur. Or, greffer cet endosquelette requérait une intervention chirurgicale extrêmement lourde. La tester sur des adultes posait un problème de taille : considérant les risques énormes qu’elle impliquait, on ne pouvait décemment pas sacrifier des employés. On ne pouvait pas non plus ramasser des gens au hasard dans les bas-fonds. Il fallait un sujet en excellente condition physique pour supporter ces augmentations, ce que des grouillots élevés à l’eau polluée ne pourrait fournir. Le prototype sur lequel les ingénieurs et scientifiques de la COSHA travaillèrent fut donc un petit modèle, adapté à la taille d’un enfant. La marmaille pullulait un peu partout, dans les orphelinats de la Frontière où ils étaient élevés à l’air sain de ces grands espaces peu contrôlés ou remarquer leur disparition serait difficile. Les sujets de test idéaux.
     On vendit la chose comme ceci à Crevette : elle allait devenir une guerrière suprême. Un personnel combattant de la COSHA. Vivre en ville, gagner beaucoup d’argent, avoir des tas de ressources et avoir un quotidien d’aventures excitantes. Rien qui ne pouvait ne pas l’intéresser. Sans vraiment savoir à quoi elle s’attendait, Crevette donna son consentement.
     Elle fut intégralement démontée. Sa colonne vertébrale fut entièrement extraite et retravaillée pour que son système nerveux biologique et celui électronique qu’on allait lui greffer fonctionnassent en parfaite harmonie, l’un comme une extension de l’autre. Toutes ses liaisons musculaires et cartilagineuses furent remplacées ainsi que ses nerfs, ses principaux os creusés pour qu’on y greffe des implants cybernétiques.
     En vérité, Crevette eut beaucoup de chance. Elle fut la dernière sujet de test d’un long programme de recherche, la seule sur qui le prototype fonctionna et qui ne mourut pas des suites de l’opération. Elle avait été rebâtie sur une montagne de cadavres dont elle ignorait l’existence.

     La COSHA tint parole. Pouvait-elle seulement faire autrement : la forcer à combattre pour les intérêts de l’entreprise aurait voulu dire remettre des armes dans les mains d’une combattante extrême et étant orpheline, donc n’ayant pratiquement aucune attache pouvant être utilisé pour faire du chantage. Et la supprimer une fois l’expérience réussie aurait voulu dire s’asseoir sur un investissement colossal effectué sur une personne. Crevette fut formée par les meilleurs instructeurs de la compagnie, reçut parmi les meilleures armes de son arsenal et fut envoyée sur les missions les plus difficiles et excitantes. Elle découvrit alors un tout nouveau monde ; celui de la troisième dimension. Crevette ne se contentait plus de gratter le sol de ses pieds. Désormais, autant que faire se pouvait, elle fendait les airs, glissait sur les courants et les vents, faisait venir la mort du ciel.
     Ce n’était pas une vie de tout repos ni sans danger. Nombreuses furent les missions qui lui laissèrent des marques indélébiles autant sur son corps que son esprit. Crevette n’avait jamais été quelqu’un de très amical. Elle devint froide. Ayant déjà été remodelée par la cybernétique, elle n’avait jamais montré un attachement particulier envers les parties biologiques de son corps et ; par corollaire, envers la vie elle-même. Efficace mais sans la moindre once d’empathie, voilà comment elle était décrite par ses collègues, à qui assigner Crevette était presque autant une punition qu’une bénédiction. Ce qui ne lui empêchait pas de mépriser les machines. Crevette n’a jamais respecté que la force et celle-ci est autant physique que mentale, or les robots ont une nature trop servile pour attirer ses bonnes grâces.
     Les années, les entrées dans son tableau de chasse et sa fortune s’accumulaient, mais Crevette restait une personne éminemment solitaire. L’intégrer de façon permanente dans une unité aurait été du gâchis. Elle changeait de coéquipiers à chaque mission et n’avait que rarement de la considération pour ses collègues inférieurs qui pouvaient bien devenir ses ennemis si le jeu des alliances tournait. Après les années de développement supplémentaires requises pour achever le prototype de super-guerrier et le commercialiser, elle aurait pu trouver des congénères, mais il n’en fut rien. Quand les endosquelettes de la COSHA furent mis sur le marché, ils furent un petit échec commercial. Très lourde et coûteuse, l’opération ne trouva que peu de volontaires et le programme fut mis en sommeil pour une durée indéterminée. Tous ces sacrifices pour un bilan comptable médiocre.
     En devenant une adulte, Crevette s’assagit très nettement. Si elle ne respectait pas toujours la loi, elle faisait en sorte d’être une bonne employée et de ne jamais sortir du cadre de ce que les avocats de la compagnie pouvaient blanchir. Ça ne l’empêchait pas de s’engueuler avec ses supérieurs et de parfois refuser purement et simplement de suivre certains ordres qu’elle jugeait idiots, mais c’était un privilège, un luxe que son statut d’élément de très haute valeur pour la compagnie lui conférait.

     Une seule personne conserva les bonnes grâces de Crevette et son affection : Effie, son amie d’enfance. Bien qu’étant très proches, elle ne fit jamais le lien entre l’entreprise pour laquelle elle travaillait, le fait que ses membres visitaient régulièrement son orphelinat, déposaient parfois des pilules, qu’elle-même était qui elle était suite à une expérience médicale et les pertes de mémoire et l’addiction au sang développée par Effie. En fait, Crevette était sujette à un biais du survivant dans sa plus pure forme : devant tout à la COSHA et se moquant pas mal de ses déprédations car étant complice de certaines, elle ne voyait que ce qu’elle lui avait apporté de bien. Elle ne soupçonnait même pas l’existence de tous ceux passés avant elle et qui avaient eu bien moins de chance. Et puis, Effie ne semblait pas vraiment s’en formaliser ni faire le lien elle-même. Pour ce qu’on en savait, ça pouvait tout aussi bien être une simple manifestation de l’aléatoire de l’Esquisse.
     Bien sûr, Crevette demanda à la COSHA d’adopter Effie et de l’entraîner. Avoir une petite camarade étant bon pour le moral de leur poulaine, ses supérieurs acceptèrent. Crevette avait de grands projets : l’entraîner au combat pour en faire une excellente combattante et, quand l’endosquelette pour adulte serait achevé et qu’Effie serait devenue adulte, en faire sa partenaire. Hélas, l’âge de son amie fluctuait ainsi que la taille de son corps, ce qui la rendait incompatible à toute augmentation aussi importante et précise. Et elle n’était tout simplement pas faite pour le mercenariat et le travail en entreprise. Elles partirent donc chacun de leur côté en se promettant de rester en contact.
     L’érosion de la mémoire d’Effie donna un rôle tout particulier à Crevette dans leurs relation. Elle dut se souvenir de tout pour deux. Dès que Crevette avait l’occasion de se déplacer à la Frontière, elle rendait visite à son amie et elles passaient du temps ensemble. C’était la seule personne pour qui elle manifestait de la vraie tendresse.


Informations obligatoires pour le registre des personnages :

Lien de l’image utilisée comme avatar principal (200×280) : https://zupimages.net/up/21/08/r4f2.png
Personnage utilisé pour votre avatar (et œuvre dont il est issue) : The Siren de Koyorin. Particulièrement adapté pour un personnage mi-humaine mi-oiseau.
Description succincte de votre personnage (en mots-clefs, voir le registre pour les exemples) : cyber-guerrière ailée dans le corps d’un enfant de dix ans.


Crevette : #33cc99
Rosalina : #13f78a
Amundsen : #ffcc33
Agate : #ff9933
Langouste : hotpink




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