Lhûn
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Lhûn
Lun 10 Juil - 19:28
Loin, dans les Monts Vêtus.
Un homme s'est perdu.

Parti.
A la recherche de soie.
En quête.
D'une qualité irréprochable.

Faute de vers et de soie.
Il a été accueilli sans poésie.
Par des araignées de vair.

Esprit oppressé.
Souffle faiblissant.
Je démêle les fils.
Il ne respire plus.
Mais il est là.
Je suis là.

Les yeux des araignées sont clos.
Je m'en suis assuré.
Même ceux cachés dans leurs toiles.

L'homme s'enfuit.
Ballot de soie sur l'épaule.
Il a déjà oublié.
L'apaisement.
Et l'origine de son présent.

Je suis.
Je ne suis plus.
Il est.
Seul.

Nul air pour s'exprimer.
Une onde.
Un soupir.

Sur le fil.
D'autres requièrent son aide.
Mon aide.
Serindë
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Serindë
Mar 11 Juil - 21:52


Le stylo l'avait frappé tel une balle, faisant voler en éclat ses certitudes en même temps que son corps de verre. C'en était maintenant fini du Directeur Halver. Plus personne pour manipuler les objets et remplir les papiers, plus personne pour s'assurer que les étudiants soit accueilli et choyer. Ceux qui étaient montés des mines et descendus des collines qui comptait sur leur ami directeur allaient maintenant devoir se débrouiller seuls. Plus rien ne tenait ensemble l'esprit d'Halver qui se sentait doucement déliter dans l'immensité du néant le drapant tel un linceul.

Il sentit pourtant une présence, peut-être une divinité de l'Esquisse.

Une présence rassurante, chaude et lumineuse. Puis effrayante froide et noire à la fois. Il était puis n'était pas, éphémère comme un voile de brume sur un lac un matin d'automne. Le directeur songea qu'il s'était fourré dans les enduits jusqu'au cou. Il se sentait flotter à la surface d'un monde qu'il avait côtoyé et ne voulait en aucun cas quitter, sans pour autant parvenir à s'y raccrocher. Halver se sentait liquide, coulant, filant, mou. Tout sauf ce qu'il avait été quand il était en mer.

Il sentait son esprit embrouillé, ses mots lui échapper, la peur le saisir et une complainte émit un son cristallin et pur : Je ne veux pas mourir.

Mais il était toujours bien là, la mort lui semblait bien longue à venir, lui qui pensait qu'il se briserait et disparaitrait en un instant. Pourtant il était toujours là, bien présent.

Halver ne pouvait pas vraiment bouger, ni vraiment se reconstituer, il sentait simplement que la mort l'avait secoué comme un cocotier, faisant tomber les fruits de sa connaissance qui se mélangeait au sol alors qu'il tentait de remplir à nouveau son papier.

Mais la complainte résonnante dans son coeur et dans son âme ne le quittait pas : Je ne veux pas mourir, je ne suis pas prêt à partir.
Lhûn
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Lhûn
Sam 15 Juil - 9:47
Bri de verre.
Fracas.
Vie fêlée.

Eclats.
Dans une tour de verre.

Vie suspendue à un fil.
Que je tiens.
Esprit conservé.
Entre mes mains.

Mélodie cristalline.
Je suis le seul à l'entendre.

Lien ténu.
Pièces flagrantes.
Débris minuscules.
Eparpillés.

Je l'enveloppe.
Chaleur et émotion.
Est-ce moi ?
Il le garde en vie.

Verre sur verre.
Toile sous mes sens.
Poussière de diamant.
Tissée de rosée.

Un souffle suffirait.

Volonté vacillante.
Présente.
Il supplie.
Il chante.

Mes pensées, mon émoi, seuls peuvent le toucher.
Seuls peuvent le sauver.

Comprendra-t-il ?
Je n'existe pas.
Serindë
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Serindë
Sam 26 Aoû - 13:04


Délicate présence et infime réconfort qui se mêlent et s'entremêlent dans l'esprit éthérée d'Halver. Il sent que quelque chose ou quelqu'un tente de l'aider pour qu'il ne reste pas un souvenir éphémère. Les sons et les couleurs qui chatoyent et dansent sur l'esprit du monde l'apaise bientôt, le directeur Halver comprend qu'il ne doit pas voir l'étreinte comme un étau. S'il pouvait encore le faire, il aurait inspirer un grand coup pour se calmer, mais la vie d'un objet de verre est déjà toute tracée. Il attend et tente de s'adresser à la présence qui l'a probablement sauvé : Merci. Merci de m'aider.

Halver ne sait si l'entité perçoit cette simple pensées, ni comment ils pourraient communiquer. Tout ce que sait le directeur, c'est que cette présence l'a aidé et qu'il la remercie de tout son coeur. Jamais il n'avait ressentit le besoin d'exprimer plus fort et plus loin ses pensées qu'en les couchant sur des morceaux de papier, en faisant résonner des cristaux pour créer des sons toujours plus précis et beaux. Jamais encore, Halver ne s'était retrouvé à court d'idée, coincé et embêter. Lui qui n'avait pourtant jamais pu se déplacer avait la sensation que la perte de son corps était, de toutes les épreuves de la vie, la plus difficile à vivre encore. Mais l'espoir brûlait furieusement dans l'esprit du directeur, poison délétère si d'aventure on ne pouvait rien faire. Mais il refusait d'abandonner, refusait que la solitude de cet espace d'entre-deux soit sa dernière demeure, il avait encore trop à faire : guider les élèves, remplir des papiers, compter les heures...

Il réfléchit pour formuler une pensée à envoyer à l'entité : Qui es-tu, peux-tu m'aider ? Cet endroit je ne peux le quitter.

L'univerre-cité, c'est sa vie, ses pensées, ses espoirs, son entièreté. Halver ne peut accepter de perdre ce qui est le plus cher à ses yeux, bien qu'il n'en ait jamais vraiment eu. Il ne peut accepter de laisser ses fonctions au premier venu. Un autre pourrait-il gérer les étudiants comme lui le faisait ? Un autre pourrait-il comprendre que la maîtrise n'était pas la seule voie à emprunter ? Que l'écoute et la communication seraient, pour toujours et à jamais, la clé du bien-être au sein de cette univerre-cité ?
Lhûn
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Lhûn
Mer 6 Sep - 17:12
Reconnaissance.
Souvenirs.
Inquiétude.

Ses mots.
Sons cristallins.
Tintements de verre.
Finesse et beauté.
Je les entends.

Ses lettres.
Tracés à l'encre.
Liés et déliés sur le papier.
Emotions et responsabilités.
Je les vois.

Accompagnateur.
Administrateur.
Le temps ne compte plus.

Je ne suis personne.
Je ne peux lui répondre.

Il le sent.
Il le sait.
Je ne suis personne.
Mais je suis là.

Son âme.
Son esprit.
Son essence.
Sa vie.

Avec moi.
Contre moi.

Son corps.
Fractionné.
Dispersé.

Je peux le reconstruire.
Le reconstituer.
Le sait-il ?
Le remodeler.

S'il le veut.

S'il le veut.
Il vivra.

S'il le veut.
Il vivra. Comme il souhaite vivre.
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Serindë
Jeu 7 Sep - 16:44


La douceur qui enveloppe Halver semble soudain s'atténuer, comme si la présence s'était enluminée. Il ne restait qu'une lointaine sensation, comme un voile d'émotion, autour du directeur qui très vite fut saisi de peur. Il ne voulait pas être seul dans cet endroit inconnu, ne voulait pas être oublié de façon si incongrue : Revenez, revenez, j'ai besoin de vous. Qui que vous soyez, vous êtes mon tout.

Halver tente de se déplacer, il souhaite se mouvoir et non s'émouvoir, il voudrait que sa vie ne se ferme pas dans ce silence noir. La prière de son esprit s'envole, ses sentiments s'étiolent, mais la volonté de vivre est là, toujours plus forte, plus dévorante. La vie ne partira pas seule dans son coin, le directeur fera retentir sa volonté assourdissante.

Il se sent couler à l'extérieur de lui-même, mais récupère sa conscience. Elle peut s'étendre, elle peut grandir, mais elle ne quittera pas l'Univerre-cité. Le directeur Halver est et restera une part trop importante pour être oubliée. S'il avait pu être attaché au bâtiment lui-même c'est sans doute ce qu'il aurait choisi car sans cette endroit, elle était bien morne cette vie...
Lhûn
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Lhûn
Sam 9 Sep - 9:03
Emoi.
Je suis toujours là.
Suis-je toujours là ?

Il le sait.
Il le ressent.
Il doute.

Nulle main pour le toucher.
Pour le guider.
L'accompagner.

Nul regard pour le rassurer.
Pour l'embrasser.
L'encourager.

Mais je suis là.
Je l'entoure.
Encore une fois.
Je l'enveloppe.
Je l'étreins.

Sans corps.
Mais pas sans âme.
La peur... n'a pas sa place dans mon cœur.

Esprit volatil.
Eclats de verre.
Perles de pluie.
Un espoir.

Il est en vie.
Je suis en vie.

Cet espace.
Mon espace.
N'est pas noir.
Il est blanc.
Il est vide, mais je l'emplis.
Je suis vide, mais je l'unis.
Une lumière que j'espère chaleureuse.

N'aie pas peur.

Il ne sombrera pas.
Puisque tel est son vœu.

Volonté farouche.
C'est un cri.
Une supplique.
Une souffrance.

Il vivra.
Telle est ma promesse.

Son désir.
Une évidence.
Un éclat.
De rire.
Un univers.
Un uni-verre.

Je le sais.
Il le sait.
Je l'ai compris.
Je le ferai pour lui.
Je lui donnerai cette vie.

Il vivra.
Il m'oubliera.
Je ne suis personne.
Je n'existe pas.

Un instant.
Hors du temps.

...

J'ai besoin de temps.
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