Tours et détours

Stilgar
Petit pimousse au rapport !
Personnages : Crevette, Rosalina Ngwenya, Amundsen
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Date d'inscription : 07/01/2019
Stilgar
le Jeu 14 Nov - 11:44
     Finies, les petites explorations, dont les durées ne se comptaient qu’en jours – esquisséens certes, mais jours quand-même. Il était temps pour Amundsen de se lancer dans un vrai, un grand défi, à sa hauteur. Le premier qu’il s’était posé, ce qui avait été la raison même de son entrée dans l’ordre des cyantifiques.
     La Mecque n’était certes pas dans l’Esquisse, mais c’était un pèlerinage d’une autre sorte qui l’attendait. Amundsen voulait trouver le nord magnétique.
     Nombreux étaient ceux qui s’y étaient déjà essayés avant lui. Il était aisé de trouver une boussole, on pouvait même en demander une à la fermaiguille, un peu en lisière de la ville, dont les poules pondaient des réveils, des minuteurs, des baromètres, des altimètres, et tout autre objet contenant au moins une susdite aiguille. Hélas, elles s’avéraient décevantes. Toute tentative de suivre la pointe rouge, ou la pointe blanche, n’avait abouti qu’à trouver quelque lieu certes déployant un fort champ magnétique, mais qui n’était en rien à l’échelle mondiale : sitôt qu’on sortait de sa zone d’influence, on tombait dans celle d’un autre, et quand lesdites sphères se rejoignaient, la boussole devenait folle. (Selon la marque choisie, il arrivait d’ailleurs qu’elle vous le fasse savoir en vous engueulant dans un langage particulièrement fleuri.)
     C’est d’ailleurs une de ces boussoles parlantes qu’Amundsen recherchait. La doyenne de son peuple. La plus sage de toutes. On disait qu’elle vivait au plus profond des sables du Désert de Craie, qu’il faudrait braver des nombreux dangers pour atteindre sa demeure et avoir l’honneur d’obtenir une audience auprès de de Celle Dont les Degrés sont les Plus Précis. Peut-être même n’était-elle qu’un mythe. Une illusion sortie des esprits qui avaient parcouru cette terre folle. Toutefois, les témoignages étaient assez nombreux pour qu’Amundsen les prît au sérieux. Personne ne l’avait vu en personne, mais beaucoup avaient rencontré certains de ses laquais.

     Pour cette grande aventure, il allait falloir à Amundsen une équipe de choc. Il avait passé un temps fou à amasser des connaissances cartographiques – et considérant la nature de la topographie esquisséenne, ce n’était pas une mince affaire – et du matériel de pointe. Tout d’abord, une seconde monture ; une limavier, sorte de gastéropode biomécanique à la beau couverte de touches noires, en un plastique très dur, marquées de lettres ou de chiffres, et avec pour tête une paire d’antennes métalliques. Cet animal, long, robuste, épais et qui s’entendait à merveille avec le gélatinomadaire d’Amundsen, qui décidément avait semblait-il une affection toute particulière pour les choses qui rampent, servirait à porter divers équipements. On pouvait y compter, certes, des provisions (viande séchée, légumes et fruits secs, soupes déshydratées, eau lyophilisée), mais aussi de l’équipement d’escalade, allant de la corde grimpant au son d’un tuba, du pioulpet (un piolet dont les pics sont des tentacules de poulpe), et tout ce qu’il fallait de mousquetons, toiles de tente et vêtements de rechange adaptés à tous les climats.
      Il lui fallait maintenant une équipe. Il avait bien sûr pensé à ses collègues habituels ; Toklo Pikkorippoq et Carmen. Le premier étant disponible, il accepta, disant qu’il le rejoindrait en cours de route, avec une « surprise », selon ses dires. Amundsen aimant beaucoup les surprises, il s’était résolu à attendre son compagnon, sans le presser de question. Hélas, la seconde ne pouvait pas répondre à l’appel. Il faudrait donc trouver un ou deux Dessinateurs courageux et volontaires pour la remplacer.
     Ayant passé plus de temps à fouiner dans les archives de la bibliothèque et à faire le tour des boutiques de la Ville qu’à entretenir un réseau de relations, Amundsen se rabattit sur une méthode qui avait fait ses preuves : laisser la question du recrutement des membres dans les mains de Dieu. À une heure de fréquentation importante du marché, il plaça un étal, indiquant qu’il recrutait des membres d’expédition, ce qui signifiait dangers, longs moments passés loin de chez soi, mais aussi aventure, récompenses, et cyance. Le hasard déciderai de qui répondrait à l’appel.


Crevette : color=#33cc99 — Mlle. Ngwenya : color=#13f78a — Amundsen : color=#ffcc33 — Police : font=Yu Mincho Light, serif
Eelis
Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ?
Personnages : Al, Sydonia
Messages : 2691
Date d'inscription : 10/06/2012
Eelis
le Jeu 14 Nov - 22:12
« Hmmm... »

Les mains sur les hanches, Sydonia s'était arrêtée devant l'étal, un air déterminé fixé au regard et un sac à dos bien rempli dans le dos. Elle avait troqué sa tenue d'hôtelière pour quelque chose de plus pratique pour l'aventure, même si l'on devinait au caractère un peu aléatoire et exagéré de son accoutrement - entre cowboy, chasseur et steampunk - qu'elle s'était moins basée sur l'expérience que sur les stéréotypes pour s'habiller.

Heureusement, cela ne lui avait pas fait perdre le sens des réalités. Ni celui des affaires.

« J'aurais quelques questions. Où est-ce que vous allez ? Combien de jours à peu près ? Est-ce que vous acceptez les canards ? Quel genre de récompense ? Comment le butin est-il partagé entre les participants ? Vous avez un moyen de locomotion ? Vous cherchez un sponsor ? Quels sont les dangers probables ? » asséna-t-elle, sans faire de pause, à celui qui tenait le stand, un type plus vieux qu'elle, mais encore assez solide pour partir à l'aventure.

Aux côtés de la jeune femme, un grand canard non moins sûr de lui semblait mâchouiller quelque chose qui s'apparentait à une cuisse de poulet tout en dévisageant Amundsen avec gourmandise. Daisy était aussi haute qu'un enfant prépubère et pouvait sans doute en dévorer un, pour peu que celui-ci n'ait pas réglé son loyer ou qu'elle soit affamée. Elle ne portait pas d'affaire sur elle mais pouvait sans mal porter une sacoche, à condition de bien le vouloir (et ça, ce n'était pas gagné).

Tandis qu'elle attendait la réponse à ses questions, les passants continuaient leur chemin derrière elle, certains d'entre eux se demandant pourquoi celle qui était si attachée à l'hôtel postulait soudainement pour une longue aventure - auprès d'un cyantifique qui plus est.




Silivren
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Silivren
le Dim 1 Déc - 17:03


C'était bien une ville que Millie avait aperçu depuis le haut de sa colline. Une Ville, même, si ce n'était LA Ville de ce monde étrange. L'ambiance changeait radicalement de ce qu'elle avait traversé depuis son réveil sous ce ciel décidément rose et étrange. Déjà, il y avait une vie autre que des arbres menaçants et des livres imbus d'eux-même - non pas qu'elle n'aimait pas Mirobolant, loin de là. Et elle avait beau être une souris haute comme trois pommes, et pas une de plus, ces grandes échasses sans poil qui semblaient être les plus courants dans la population du lieu lui rappelaient une ancienne normalité, renforçant le sentiment qu'elle n'avait pas toujours été une souris.

Et donc, LA Ville. Pourquoi donc ? Et bien, elle était bien plus peuplée que tout ce qu'elle avait vu jusqu'à présent. Et pressée, aussi. On ne remarquait pas forcément la petite souris bien en dessous du champ de vision. Les étals autour d'eux lui avaient rapidement soufflés l'idée qu'elle avait atterri dans un marché, visiblement en heure de pointe, ce qui n'aidait en rien son affaire. Elle commençait à faire - douloureusement - la découverte de la sensibilité de sa queue quant à la douleur. Et du vrac sans dessus-dessous de ses sens. Elle n'y voyait que pouic à plus d'un mètre de distance et il y avait trop d'odeurs et de sons pour qu'elle ne termine pas avec une migraine bien carabinée.

Mais heureusement, il y avait ce cher Mirobolant. Cher, bon et attentif Mirobolant. Il lui évita d'être écrabouillée un nombre incalculable de fois, battant de la couverture comme deux grandes ailes de cuir noblement vieilli par l'âge... Mais elle était tellement accaparée par ce grandiose spectacle, pour le peu qu'elle en apercevait, qu'elle ne vit pas la grande jambe qui s'avançait vers elle, la percuta en plein élan et finit par culbuter contre un bout de bois quelques pas plus loin sans grand dommage, car elle avait, semblerait-il, hérité par sa forme animale d'une étrange agilité.

- Outch... marmonna-t-elle en se frottant la tête de la patte, la truffe agitée par la poussière. Un examen approfondi de son "coussin" lui apprit qu'elle avait percuté le pied d'un étal et elle se releva en secouant les saletés de ses vêtements.

- Veuillez me pardonner, chers inconnus, je crains d'avoir crand besoin d'une paicre de lunettes.

Elle regarda les deux grandes perches, les moustaches secouées de gêne.

- Et d'avoir intecrrompu vocre conversation.
Stilgar
Petit pimousse au rapport !
Personnages : Crevette, Rosalina Ngwenya, Amundsen
Messages : 262
Date d'inscription : 07/01/2019
Stilgar
le Jeu 5 Déc - 21:13
     Celle-ci avait l’air déterminée. Pas expérimentée, mais déterminée. Aucune importance, l’expérience, c’était son rayon. Amundsen prit un instant pour réfléchir à la volée de question qu’on venait de lui envoyer, faire le tri, et organiser une réponse groupée, qui n’oublierait aucun aspect.
     « Chère demoiselle, je vais au nord. Prenez cela le plus littéralement possible ; je compte trouver le pôle nord magnétique de l’Esquisse. Il semblerait qu’il soit situé dans le désert de craie. Ce sera aussi là que nous devrons aller pour trouver un objet qui nous sera utile dans notre quête : une boussole ne se laissant pas dérouter pour la moindre perturbation esquisséenne. Je ne peux pas vous dire combien de temps cela durera, mais combien de temps cela ne durera pas… Prévoyez un mois, a minima. Le voyage se fera à dos de monture, je dispose de deux bêtes, comme vous pouvez le voir : un gélatinomadaire endurant et courageux, pour autant que je puisse le dire, et un limavier. Si vous en avez une, vous pouvez bien sûr la prendre avec vous, si vous estimez qu’elle est faite pour ce genre d’expédition. Je me sponsorise moi-même, étant donné que le… butin, comme vous le dites si bien, sera réparti entre tous les participants avec équité, et il promet d’être conséquent. »
     Amundsen avait bien entendu fait l’ablation de la dernière question, soit qu’il l’ait oubliée, qu’il jugeait qu,elle n’avait aucune pertinence cyantifique, soit qu’il ne la considérait pas pertinente. Les risques font partie de l’aventure ! S’il n’y en avait pas, on appellerait pas cela une aventure.
     Par contre, il n’avait pas oublié de faire du charme.
     « Mais, je crois vous reconnaître. Vous travaillez à l’hôtel, je crois, ma — »
     Son propos fut interrompu quand un « bonk » secoua son étal. Se penchant sur le lieu d’impact, Amundsen aperçut un rongeur parlant. Il l’attrapa et le posa sur le comptoir.
     Rapide inspection du nouveau venu. Petit, donc mange peu, a déjà une monture, et des plus pratiques, car volante, peut s’infiltrer partout, terriblement mignonne, et frappée de ce qui ressemblait probablement à une myopie.
     « Bonjour, petite madame. Je vous en finance une paire si vous venez avec moi. Tenez. »
     Amundsen ouvrit un prospectus résumant les détails de l’aventure qu’il comptait entreprendre, et le posa devant la souris.
     « Vous voulez que je vous le lise, ou ça ira ? »


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