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[Entrée] La discrétion, toujours la discrétion.

Folie d'Esquisse
Messages : 774
Date d'inscription : 24/06/2012
Folie d'Esquisse
le Dim 23 Nov - 11:27
Alors que les dessinateurs avançaient, le ciel s’assombrit de plus en plus, révélant des images sanglantes et morbides aux teintes parfois anthracite, parfois cramoisies. Un maelström de visions craquelées, fissurées par de longues lignes noires et menaçantes, lesquelles se rejoignaient toutes en un point d’intersection. Ce point culminait au dessus d’un seul bâtiment, perdu dans l’immensité de la plaine, comme une anomalie dans ce monde déjà anormal : un phare. Le phare. Pour la première fois dans l’histoire de l’Esquisse (du moins, celle que les dessinateurs avaient vu), sa lumière était allumée. Vive. Poignante. Attirante. D’une blancheur pure mais aveuglante. La clarté de l’édifice, ainsi que les lignes rouges et blanches méthodiquement tracées sur son corps cylindrique lui donnaient un aspect presque banal.
Mais rien n’était jamais banal dans l’Esquisse. Vous ne le saviez que trop bien.  Sinon, pourquoi seraient-ils là ? Ces hommes en blouses blanches et à l’air étrangement sérieux, qui semblaient bien décidés à ne pas laisser passer des néophytes. Non, rien n’était banal dans l’Esquisse.
Car une chose était sûre : vous étiez arrivés à bon port. Pourtant, tout ne faisait que commencer.



Explications de la suite



Maintenant que vous êtes - enfin - arrivé au phare, la première tâche qui vous attend est de réussir à rentrer, sauf si vous décidez de fuir… Parce que vous n'en aviez pas eu assez, vous devrez lancer un dé - nommé PasseOuCasse - à chaque tentative de percée que vous ferez pour savoir si ça passe ou si ça casse. Diversion, technique de ninja, trou dans le sol, n'hésitez pas à faire preuve d'originalité sachant que le dé ne prend pas en compte ce que vous ferez pour annoncer sa sentence… (c'est cruel mais ça reflète le caractère aléatoire de la surveillance des cyantifiques)


Une fois que vous aurez réussi à entrer à l'intérieur, votre progression se fera de façon un peu différente. Au lieu de tout jouer en RP comme on l'a toujours fait pendant les events, nous allons ajouter un peu de dynamisme ! La progression dans le phare sera en réalité une succession de choix et de lancers de dés, un peu comme on le fait dans les soirées chatbox.

Il vous suffira d'ouvrir un sujet pour votre groupe et Folie se chargera de vous proposer des choix (en vous demandant éventuellement de lancer un dé après) ; il n'est pas nécessaire de "rédiger" ou d'entrer dans les détails, juste de dire ce que vous faites et on continue. À force, vous arriverez "au sommet" où les choses sérieuses reprendront, et vous pourrez si vous voulez synthétiser vos aventures de la façon qu'il vous plaira.
Anonymous
Invité
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le Mar 25 Nov - 10:02
Elle ne sut à quel point ils avaient eu de la chance jusque là que lorsqu'il furent à proximité. Une lumière blanche - beaucoup trop blanche pour un œil normal qui jusque là avait été habitué à la douce lueur froide du ciel - vint leur signaler qu'ils étaient arrivés. Par réflexe de survie, sans doute, Trenca se recula et entraina son ami jusqu'à ce qui s'avéra rapidement être un phare, tout en restant à portée raisonnable du sillon. Il n'y avait pas grand chose pour approcher sans être repéré. Tout au plus quelques pentes de la plaine, quelques pauvres herbes mortes dont la tige s'écrasait sur le sol.
Elle porta son regard en l'air et retint un frisson.

« Titus, le ciel... il se fracture. »

Des bêtes, des scènes d'horreur, des images effrayantes. Il n'était pas nécessaire de posséder une mémoire particulièrement fixe et élaborée pour comprendre que ce n'était pas très bon signe. C'était à la fois particulièrement impressionnant et repoussant. Comme si le monde allait s'écrouler sur leur tête d'une minute à l'autre et les plonger dans une abîme de laquelle ils n'allaient pas ressortir. Pourquoi ce fil rouge voulait-il les guider jusque là ? Pourquoi avaient-ils tous les deux l'affreuse sensation qu'il fallait entrer, en tout et pour tout ?

Alors qu'il leur restait quelques bonnes dizaines d'enjambées à accomplir pour atteindre le phare, elle se montrait déjà prudente dans le moindre de ses mouvements. La terre aussi continuait de gronder, de grouiller. Mais de quoi exactement ? Peut-être que cela aussi, ils pourraient le savoir... Peut-être qu'ils pourraient le leur demander... Elle aperçut enfin les formes blanches qui semblaient stationner autour de la colonne, sans doute possible des êtres humains. Ou du moins, elle l'espérait. Très fortement. Ce n'était que la première fois qu'elle voyait d'autres gens, Titus ayant été jusque là sa seule compagnie.

« Est-qu'il faut aller leur parler ? » demanda-t-elle à son camarade.

Non. Quelque chose lui disait qu'il ne fallait absolument pas. L'expérience qu'elle n'avait pas réellement ? Entrer par une porte dérobée, se faufiler en douce, elle l'avait déjà fait. Maintes fois. Avec un ordinateur, mais l'adrénaline était semblable. La sensation que tout pouvait basculer d'une seconde à l'autre et que la moindre erreur leur serait fatale. L'expression "ne fais confiance à personne". Elle les avait, tous ces meubles, elle n'avait plus qu'à fouiller tous les tiroirs pour trouver ce qui lui serait utile. Emprunter. Temporairement.

« Pardon, c'est bête. On ne doit pas perdre notre chance de passer. Tu sais faire une diversion ? »




Résumé : Trenca et Titus arrivent donc au phare. Là-bas, Trenca se méfie de la lumière et avance prudemment à distance raisonnable du phare. Lorsqu'elle voit les cyantifiques, elle questionne Titus à ce sujet et propose finalement de faire diversion pour passer, au cas où on ne voudrait pas d'eux.
Anonymous
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le Mar 25 Nov - 21:56
Rapidement, avec lenteur, les réponses de Trenca vinrent jusqu'à tes oreilles. Tu sentais que ta tête devenait lourde, lourde. Tu étais malgré tout rassuré par ce qu'elle te disait. Et puis, tu l'aimais beaucoup. C'était la deuxième personne que tu avais rencontré dans ce monde et ces moments que vous aviez passés ensemble resteraient toujours, toujours gravé dans ton corps fissuré. Tu souriais en repensant à votre rencontre, à votre marche, vos rires, vos pleurs, tout. Tu mis ta main sur ton visage, retenant ces pleurs de joie, de nostalgie, de tristesse. Les émotions se bousculent et la seule chose que tu retiens est cette envie de rester avec Trenca. La journée était magnifique, non ? Une belle journée pour mourir, certainement.

Les fissures continuaient, lentement, de faire leur travail d'extermination. Ton corps grouillait. Tu sentais cette envie imperceptible de vivre, de découvrir, d'explorer, de partager des moments heureux. Ton corps frissonnait, se fissurait toujours.

❝ Alors allons-y maintenant. Sans regrets ...
❝ Oui ... Tu étais encore en train de sourire.

L'aventure commence, la brise s'envole, le ciel s'assombrit. Tout, tout, tout vit. Mais tout est engourdi dans un silence pesant. Et vous êtes là, si près l'un de l'autre. Mais tandis que Trenca se construit, tu te détruis toujours plus. Tu jetas un coup d'oeil à ta main gauche. Tes doigts s'effritaient déjà, commençant à disparaître.

❝ Combien de temps ? murmurais-tu, laissant cette question si importante et dérisoire flotter et disparaître dans le vent.




Vous aviez repris votre marche, continuant à avancer dans le froid de cette plaine. Le ciel envoûtant que tu observais faiblement était assombri, fissuré. Tu avais envie de lever les mains, puéril, et de crier quelque chose comme "oh, le ciel est comme moi ! Regarde, Trenca !". Mais, disons que tu voulais profiter du silence qui régnait.

Enfin, tu parlais de silence, mais bon ... La terre grouillait, un bruit sourd emplissait la plaine qui devenait de plus en plus aride. Les fissures apparaissaient dans ta vue et disparaissaient. Les couleurs et les formes se balançaient toujours.

Une lumière blanche, soudain, énorme. Tu n'arrivais pas vraiment à voir l'origine de la lumière, mais tes petits yeux avaient remarqué une sorte d'objet cylindrique avant que les formes continuaient de jouer avec toi. Tu étais ébloui et préférait regarder Trenca. Elle ne te regardait pas et te parlait encore.

❝ Titus, le ciel ... il se fracture.
❝ Ah, tu as raison !

Elle t'avais pris délicatement - fissures, risques, tout ça - et vous vous étiez reculés. Tu voyais des formes bouger devant l'entrée du bâtiment. La vision, soudain, se modifia. Une énorme forme cylindrique blanche et rouge apparut juste en dessous de l'énorme lumière : un phare. Même si le paysage restait imprécis, incomplet - cherchant sans doute à trouver la précision, la rigueur -, le phare et les personnes attendant devant, ainsi que Trenca, t'apparaissaient soudainement nettes. Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Tu pouvais enfin détailler Trenca. Elle avait des cheveux d'n noir de jais qui lui allaient jusqu'au menton, un visage plutôt ... asiatique, c'est ça ? Tu ne savais pas. Tu lui souriais. Tu voulais bien savoir à quoi tu ressemblais !

Mais une envie grouillait aussi en toi. Cette lumière t'intriguait énormément. Trop, même. Il fallait savoir. Il fallait. Vous n'aviez pas fait tout ce chemin pour rien, quand même ! Tu voulais essayer de parler à ces personnages, essayer de rentrer. Tu avais envie de le dire à Trenca mais, visiblement, elle avait la même idée en tête.

❝ Est-ce qu'il faut aller leur parler ?
❝ J'ai un mauvais pressentiment. J'en ai très envie, mais ... On devrait éviter. Je ne vois pas très bien, mais je sens que faire ça serait ... risqué.
❝ Pardon, c'est bête. On ne doit pas perdre notre chance de passer. Tu sais faire une diversion ?
❝ Hum ... On pourrait peut-être jeter un caillou à l'opposé de l'entrée et courir pour attendre l'arrivée. Je suis sûr qu'on peut y arriver !

Tu cherchais déjà au sol et tu réussis à trouver un caillou d'assez grande taille. Tu réussis à le prendre avec ta main valide mais bon sang, qu'il était lourd. Tu lanças un regard implorant à Trenca et la pierre tomba de ta main. Tu pus la reprendre et la donna sans plus attendre à ton amie.

❝ Allez, viens, on va essayer !

Résumé : Titus réponds à Trenca encore et toujours. Lorsqu'ils arrivent au phare, il arrive à discerner son acolyte, le bâtiment et les cyantifiques nettement. Il propose à Trenca de jeter un caillou pour faire diversion et rentrer et en met un dans ses mains.
Anonymous
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le Mer 26 Nov - 19:50

« Hum ... On pourrait peut-être jeter un caillou à l'opposé de l'entrée et courir pour attendre l'arrivée. Je suis sûr qu'on peut y arriver ! »

Elle le regarda un instant soulever son gros caillou. S'ils arrivaient à le lancer, ils ne risquaient pas de faire diversion très longtemps ; cela suffisait tout au plus à détourner une seconde, le temps d'assommer une personne et de passer, mais les hommes étaient plusieurs. Si une telle attaque était lancée, il n'y aurait plus à se demander s'ils étaient des alliés ou des ennemis. Ce serait nécessairement la seconde option.
Après que Titus ait remis le caillou à Trenca, cette dernière le garda un moment, constatant à quel point la situation de son ami se dégradait.

« Allez, viens, on va essayer !
- Non, c'est trop peu prudent. On n'arriverait pas à passer tous les deux. »

Mais comment faire alors, c'était toute la question. Elle jeta un nouveau coup d'oeil au bâtiment. Au caillou. Aux hommes. À eux. Il n'y avait pas vingt mille solutions.

« D'abord, on doit se rapprocher. Ils sont devant la porte, on peut essayer de passer par derrière et de glisser contre le mur s'il n'y a pas d'entrée alternative. À une courte distance de la porte, la diversion pourra fonctionner. »

Sa main prit celle de Titus. Ils n'avaient pas de temps à perdre. Même un temps qui leur permettrait d'être prudents. Il suffisait d'avoir son accord, et ils fonceraient tous deux.


Résumé : trenca propose une autre stratégie à Titus. (si titus dit ok tu pourras dire qu'ils le font et lancer le dé je pense)
Anonymous
Invité
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le Lun 8 Déc - 23:39
« Approximativement. »

Tu soupiras de soulagement, même si tu ne savais pas l’état de la lilliputienne, tu étais déjà bien contente de ne pas te retrouver toute seule. Toi qui ne voulais pas venir… Finalement, tu as du tout faire ! Si de la part du microbe, c’était prévisible, tu aurais espérer que le rouquin fasse preuve de plus de combativité.

En parlant de l’inutile, il s’installe à côté de toi, tout penaud. Tu continuas de conduire à une main – puisque je refusais de rester sur ce beurre plus longtemps – la mine un peu boudeuse. Tu étais fatiguée, tu en avais fais beaucoup. Trop, pour toi d’ailleurs.

«Pardon. J'avais très mal calculé ce coup-ci.
- Tu peux le dire... Qu’est-ce que vous auriez fait sans moi ? »

Oh. Mais dis-moi, tu t’améliores ! Il y a quelques temps – sans doute pas plus tard qu’avant le mal de crâne – tu aurais juste laissé couler. Je suis très fière. Toi, une caméra de surveillance qui ne prend jamais d’initiatives, tu as passé ce trajet à en faire et à passer à l’action. Tout ceci était beaucoup trop pour toi. Tu te sentais vivre. Quelle idée. Toi. Vivre.

Tu vis Al observer le ciel d’une drôle de manière. Alors toujours un œil sur le chemin, tu regardas le ciel. Fissuré, fracassé. Un peu comme ton état en ce moment. Un peu comme ta carapace. Parce que tu ne veux pas encore l’admettre… Mais si aujourd’hui tu as été si efficace, c’est parce que cette protection débile s’est brisée. Et bientôt… Oh bientôt… Tu m’entendras…

Comme dérangée par une mauvaise pensée, tu secouas la tête. Puis relevas les yeux. Un énorme bâtiment était apparu. Tu tremblas et pris de grandes respirations. Les énormes bâtiments ne sont pas ta tasse de thé. Surtout que la dernière fois, ça avait plutôt mal finis pour toi et tes petits camarades. Oh pardon. Tu les as déjà oubliés.

«Cette fois, je l'aurais... »

Le rouquin par contre, avait l’air parfaitement ravi. Tu lui jetas un œil dépité. Il ne s’est pas morfondu longtemps. Mais, Ah ! Que veux-tu, vous étiez là pour ça non ? Pour chercher le pourquoi du comment, pour savoir qui était cette voix, non ? Ah oui. C’est vrai. Toi tu ne voulais pas venir de base.

Alors tu t’arrêtas devant. Le matheux avait ressorti sa précieuse Roxie pour savoir comment elle allait. Même si elle ne fonctionne plus correctement aujourd’hui, tu sais que c’est un soutien important pour le garçon. Tu baissas les yeux et soufflas. Ce n’était pas elle qui lui avait sauvé les miches. Quel ingrat.

Il te rendit ta fidèle trompette, qui était franchement plus utile que son outil de mathématique défectueux, et avant de la prendre, tu t’essuyas les mains sur le premier transat qui venait. Tenir ton arme avec autant de beurre sur les mains n’était franchement pas une bonne idée.

Tu restas assise quelques instants, histoire de reprendre des forces. Si l’inutile avait regagné son capital énergétique à l’idée de visiter cet endroit, toi tu n’étais franchement pas motivée pour descendre de là. Tu te frottas le visage de ta main valide, maintenant plus ou moins propre, et sentis la rugosité de ta barbe. Tu grimaças. Tu avais vraiment une fière allure comme ça. Tremblant un peu, tu te demandais ce que tu faisais là, pourquoi les avais-tu suivis ? Mais tu ne pleuras pas. Tu ne sais pas pleurer de toute façon. Et tu sais que tu ne dois pas tout relâcher maintenant. Une longue marche t’attendait. Alors tu ne fis que reprendre des forces, comme ça.

« J'ai une nouvelle statistique. Tu gagnes 40% d'espérance de vie en montant sur les épaules de Cydna. »

Ton regard fatigué se posa sur Al qui avait trouvé une arme. Ou quelque chose qui y ressemblait. Au moins, il pourra être utile. Tu te redressas et te levas sans plus regarder le garçon et t’approchas de la lilliputienne.

« Ça va ? Tu tiens le coup ? »

Et tu lui tendis la main. Une fois que Gun ait grimpé jusqu’à ton épaule, tu récupéras ta trompette et déclaras à Al sans plus de convictions.

« Eh bien, nous te suivons. »

Résumé :
Cydna a un gros coup de fatigue après l’adrénaline des attaques et réplique une pique ironique aux excuses d’Al. Elle arrêta le véhicule à quelques mètres du phare et se ressourça en restant quelques minutes – le temps qu’Al trouve son arme – la main sur les yeux. Puis, sous le conseil d’Al, elle s’approcha de Gun pour lui proposer un voyage sur son épaule, avant de déclarer à Al qu’elle le suit.
Anonymous
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le Mer 10 Déc - 0:48
Ils y étaient donc arrivés. Gunnel écoutait distraitement la conversation de ses deux alliés. Ses yeux agrandis par l'effarement fixés sur les cieux grondants et déchiquetés. Ses dents minuscules plantées dans ses lèvres rougies pour ne pas pleurer. Pour ne pas céder face aux dangers. Quelque chose lui disait qu'elle n'avait guère vu qu'une ébauche d'adversité, dans ce monde fou, ce monde déjanté.
Elle enrageait d'aussi vite déchanter.
« J'ai une nouvelle statistique. Tu gagnes 40% d'espérance de vie en montant sur les épaules de Cydna. »
Elle leva vers le géant ses yeux maussades, puis les baissa sur la chose qu'il tenait entre ses mains; point d'humeur à rebondir sur une telle fanfaronnade, elle poussa un profond soupir en croisant ses bras avec dédain. Elle eût souhaité se lever, le secouer, l'engueuler, passer sur lui la frustration qui la rongeait. Mais du haut de ses dix centimètres, elle ne pouvait tout simplement pas se le permettre. Quand bien même elle eût hurlé tout son soul, cela ne l'aurait soulagée pour un sou.
Nouveau soupir.
« Ça va ? Tu tiens le coup ? »
Elle se força à sourire, grimpant dans la main qui pour elle s'ouvrait.
« Je survivrai. Les fourmis résistent à tout. »
Et, soupirant encore profondément, elle entreprit d'escalader le bras au teint blanc. Une longue route de neige immaculée, plus pentue que tous les sentiers qu'elle avait jamais traversés. Tout lui promettait des escarpements, des aspérités, des crevasses, à présent.
« C'était laborieux, mais j'y suis arrivée », souffla-t-elle en glissant ses doigts sous le large harnais. Fronçant les sourcils, elle ajouta: « ça risque d'être chaud, de rester en équilibre là. Tu permets que j'investisse ta poche, Cydna? »
À l'acquiescement de sa compagne barbue, Gunnel Rose rejoignit prudemment le compartiment de tissus, et, bras croisés sur l'ourlets, elle regarda défiler le bus scolaire, puis le sol de poussière, les nuages délétères et le phare qui se dressait là, sombrement absurde, à des lieues de toute mer.
Anonymous
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le Mer 10 Déc - 21:41
« Eh bien, nous te suivons. »

Il y avait de l'ambiance dans l'air. Une ambiance à mi-chemin entre le club des flemmards en cours de sport et la visite guidée de la morgue un samedi matin. Ou du moins pour le côté féminin, car l'homme du trio appréciait particulièrement de se dégourdir les jambes sous le ciel en décomposition. Il était descendu alors même qu'il restait une petite marche à accomplir jusqu'à destination. Pas de plante gigantesque en vue, mais pourtant, sitôt qu'ils furent non loin de ce qui était de façon abjecte censé être un phare, il devint évident qu'ils n'étaient pas seuls. Accolés au grand bâtiment se trouvaient plusieurs silhouettes dont on n'aurait su dire si elles étaient alliées ou ennemies. Plus proche de leur position, deux individus en pleine discussion.

Bref, la situation était bien plus floue que la délicate sensation de réussite - malgré les erreurs de parcours, hem, ils y étaient arrivés - qui transperçait la tête du matheux. Matheux qui, comme toujours, se devait de réfléchir à voix haute faute de pouvoir créer des listes passionnantes avec Roxie.

« Bon. Il est possible que les deux autres soient ici pour la même raison que nous et qu'ils hésitent sur la marche à suivre. Je suis sceptique quant au fait qu'ils aient pu réussir à s'en tirer sans rien sur eux… »

Déjà qu'on a failli mourir, songea-t-il en son fort intérieur avant de balayer l'idée.

« Mais ces types qui stationnent là, c'est aussi clair qu'un polynôme, ils montent la garde et sont répartis de sorte à intercepter toute percée. »

Source : les séries américaines. Parce qu'Al n'était pas non plus fou de mathématiques au point de cracher sur la culture de base que se devait de posséder un adolescent lambda. Mais là n'était pas la question, puisqu'il était davantage en train de penser à toutes les possibilités d'explication. Non, il n'avait pas la pensée très instantanée, c'était sans doute en partie pour cela qu'il était d'une inutilité fracassante face aux créatures de l'Esquisse.

« Le pire des scénarios serait de devoir sacrifier le bus pour une entrée en force. Non, quitte à attirer l'attention, nous pourrions utiliser la trompette. N'est-ce pas ? Je doute que l'on puisse compter sur la stratégie de ces deux-là… (il jeta un regard dédaigneux aux deux touristes qui discutaient) mais je n'aimerais pas qu'ils mettent notre stratégie en l'air, alors je suppose qu'on n'a pas le choix. »

Depuis la base, il avait une mauvaise opinion du travail d'équipe. Source de malheur et de nombreuses pertes de cheveux. Il s'approcha du duo à la peau blanchâtre et entama les négociations.

« Bonjour. »

Il se retint de demander s'ils avaient un guide pour la visite, des gentillesses dans ce registre. Son envie de résoudre l'énigme tout seul l'emportait légèrement sur ses sentiments, mais pas sur les bases de la politesse. Pas encore.

« Auriez-vous par hasard (il marqua l'expression, parce que le hasard ne faisait pas partie de ses calculs et que pour se trouver accidentellement par ici il fallait le faire) l'intention d'entrer à l'intérieur ? Si tel est le cas, je pense qu'une discussion pourrait être profitable. »

À vrai dire, il était plutôt curieux de savoir si les deux possédaient des informations qui pourraient les aider à optimiser leur entrée dans cet endroit, peu importait que le couple soit désireux de venir ou non. Il devait juste y aller. Ou Ils, parce qu'il avait bien l'intention de s'accrocher à Cydna (et par conséquent à Gunnel).




Résumé : Al réfléchit à voix haute et décide finalement que c'est moins risqué d'aller adresser la parole aux gu--- à Titus et Trenca. Il les salue et les questionne, très pressé.
Anonymous
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le Dim 21 Déc - 13:04
« Allez, viens, on va essayer !
- Non, c'est trop peu prudent. On n'arriverait pas à passer tous les deux. D'abord, on doit se rapprocher. Ils sont devant la porte, on peut essayer de passer par derrière et de glisser contre le mur s'il n'y a pas d'entrée alternative. À une courte distance de la porte, la diversion pourra fonctionner.
- Oh, dommage, j'étais sûr que ça fonctionnerait ... Mais, ta solution, en revanche, elle a l'air d'être pas mal. »

Tu étais un peu dépité de savoir que ta tentative de passage n'avait pas été approuvée par Trenca. Tu voulais un peu d'action, toi ! Elle prit soudainement ta main. Elle était douce et chaude, alors que ta main était rugueuse, gelée. Cette main-même qui commençait à disparaître, s'échapper. Tu aurais voulu que ce moment dure pour toujours. Tu fermais les yeux, souriant à moitié. Le fond de ta gorge te faisait mal, comme si tu allais te mettre à pleurer. Car oui, il ne te restait plus beaucoup de temps, et la main chaude de Trenca te le rappelait à chaque seconde. Tes doigts prirent lentement les doigts de Trenca. Elle devait attendre un signal.

Un grésillement se fit alors entendre. Tu sentis que ton oreille avait un peu mal. Des bribes de conversations atteignaient difficilement cette oreille. Il devait y avoir quelques personnes de plus au phare. Elles se parlaient tranquillement, comme si de rien n'était, alors que ta propre tragédie avait déjà dépassé sa scène d'exposition, son incipit. Tic, tac. Tic, tac. Tu ne tournas pas la tête, préférant profiter un peu de la chaleur de Trenca.

Un grésillement soudain, plus fort, plus important, se fit entendre. Tu ouvris les yeux avec surprise. Un garçon à lunettes de ton âge environ - tu savais à peine quel âge tu avais, mais de toute façon, cela n'avait plus d'importance - se tenait devant vous. Il devait certainement vous avoir dit « bonjour » mais tu n'en étais pas sûr, vu que tu n'avais entendu qu'un grésillement. Au fond de toi, tu voudrais que ce grésillement ne se répète plus, que tu puisses entendre les paroles de chacun. Tu vis que ses lèvres bougeaient, mais les mots venaient très lentement vers toi. Tu lâchas la main de Trenca, ce contact rassurant, pour lui faire face. Tu vis qu'il avait des amis qui était devant une sorte de bus ou quelque chose dans ce genre.

« Auriez-vous par hasard l'intention d'entrer à l'intérieur ? Si tel est le cas, je pense qu'une discussion pourrait être profitable. Un court silence suivit cette réplique, le temps que tout puisse parvenir à ton oreille.
- Oui, c'est le cas ! On était en train de réfléchir à une solution. Tu as une idée pour ne pas se faire attraper ? On pensait se glisser contre le mur pour ne pas se faire remarquer mais du coup, si toi et tes compagnons, vous avez une idée, dites-le nous. Au fait ! Moi c'est Titus, et elle c'est Trenca. On est arrivé il y a quoi, un jour ? Tu hochais la tête. Et vous ? »

Tu voulais avoir un peu de conversation, car tu trouvais cela génial d'avoir de nouveaux compagnons de route. Tu étais très enthousiaste à l'idée que l'action commence, sautillant presque sur place. La douleur était en train de te laisser tranquille, ce qui n'est pas si mal, au fond.

Résumé : Titus serre la chaude main de Trenca et entends Al arriver. Il lui dit qu'ils avaient un plan mais demande quand même si lui et les autres en avaient un. Et accessoirement il se présente, voulant commencer la conversation.
Anonymous
Invité
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le Dim 21 Déc - 13:54
À l'instant même ou leur chemin semblait être tracé, les évènements prirent une nouvelle tournure. Trenca tourna la tête et vit un véhicule. Une sorte de bus bariolé, duquel étaient sorties deux personnes. Un homme et une femme, tout comme eux, et d'un âge qui paraissait avoisiner le leur également. C'était les premiers visages qu'elle voyait après Titus. Le monde s'agrandissait.

« Bonjour.
- Bonjour. »

Et puis Titus avait répondu à la réplique suivante, à savoir une question pour leur demander s'ils comptaient entrer à l'intérieur. Ils n'étaient ni les seuls en ce monde ni les seuls à convoiter le phare.
« Oui, c'est le cas ! On était en train de réfléchir à une solution. Tu as une idée pour ne pas se faire attraper ? On pensait se glisser contre le mur pour ne pas se faire remarquer mais du coup, si toi et tes compagnons, vous avez une idée, dites-le nous. Au fait ! Moi c'est Titus, et elle c'est Trenca. On est arrivé il y a quoi, un jour ? Et vous ? »

Tu es trop naïf, Titus, méfie-toi un peu plus nom de dieu. C'est la brève pensée qui lui traversa l'esprit tandis qu'elle regarda sans surprise la réaction blasée de leur interlocuteur. Jouer la carte de l'honnêteté, c'était un bon plan pour ne pas être pris au sérieux. Surtout qu'ils n'avaient pas d'arme, contrairement à leurs interlocuteurs ; n'allaient-ils pas les laisser ici, rentrer et repartir avec la vérité qu'ils cherchaient ? Si tel était le cas, elle ne les laisserait pas faire. Titus… ils pouvaient revoir la Terre, ils devaient. Quitte à sortir un peu les poings.

« Même si nous n'avons pas d'arme, il n'est pas question pour nous de rester dehors. Nous aussi, nous souhaitons savoir.. » précisa-t-elle sur un ton un peu plus brutal que ce dont elle avait l'habitude. Lorsqu'elle était d'accord avec elle-même, elle avait la conviction de plusieurs personnes réunies.

Elle jeta un nouveau coup d'oeil au véhicule, ainsi qu'au lieu de leurs convoitises. Dans l'optique où les nouveaux arrivants acceptaient de collaborer sans laisser personne derrière en guise de diversion, une percée était bien plus envisageable.

« Ce bus peut facilement enfoncer la porte, n'est-ce pas ? Ne prenons pas de risque. »
Les autres pouvaient bien rentrer à pied.





Résumé : Trenca est plus méfiante que Titus et n'apprécie pas trop le ton méprisant, alors elle enfonce bien les poings dans la table pour rappeler qu'elle n'a pas l'intention de rester dehors, et propose la solution la plus simple qui est de sacrifier le bus. (nouvelle confirmation que les persos féminins ont plus de poigne que les hommes /crève)
Anonymous
Invité
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le Mer 24 Déc - 15:59
Deux abrutis discutaient tranquillement entre vous et le phare. Tu ne savais pas si ils étaient de potentiels alliés ou non, mais toujours est-il qu’ils étaient sans armes et avaient l’air un meilleur état que vous. Et cela t’agaças quelque peu.

« Mais ces types qui stationnent là, c'est aussi clair qu'un polynôme, ils montent la garde et sont répartis de sorte à intercepter toute percée. »

Non, tu crois ? T’es certain qu’il sont pas en train de jouer calmement au Poker et qu’ils vont nous laisser passer comme des fleurs ? Lui et cette manie de réfléchir tout haut…

«Le pire des scénarios serait de devoir sacrifier le bus pour une entrée en force. Non, quitte à attirer l'attention, nous pourrions utiliser la trompette. N'est-ce pas ? Je doute que l'on puisse compter sur la stratégie de ces deux-là… mais je n'aimerais pas qu'ils mettent notre stratégie en l'air, alors je suppose qu'on n'a pas le choix.
- Je ne suis pas certaine que cette arme ait des munitions à l’infini, je préfèrerais l’économiser si jamais il y a des ennemis à l’intérieur…
»

Certes, Al a une arme aussi mais quand tu vois l’habileté qu’il possède rien que pour conduire le bus, tu ne préfères pas compter là-dessus. Tout du moins, au début, tant qu’il ne saura pas s’en servir correctement.

«Auriez-vous par hasard l'intention d'entrer à l'intérieur ? Si tel est le cas, je pense qu'une discussion pourrait être profitable.
- Oui, c'est le cas ! On était en train de réfléchir à une solution. Tu as une idée pour ne pas se faire attraper ? On pensait se glisser contre le mur pour ne pas se faire remarquer mais du coup, si toi et tes compagnons, vous avez une idée, dites-le nous. Au fait ! Moi c'est Titus, et elle c'est Trenca. On est arrivé il y a quoi, un jour ? Et vous ?
»

Pardon ? Ils sont déjà là alors que cela fait une seule journée qu’ils vivent dans cet enfer ?! Définitivement, ces gens t’agaçaient. De toutes les personnes présentes ici, tu étais la seule à avoir connus la grande tempête qui transforma ce monde. La seule à savoir la dureté de ce monde. Tous. Tous ne sont que des naïfs. Si seulement c’était si simple.

« Cydna, Al, Gunnel. »

Dis-tu en pointant les nommés. Ton regard était vide – je veux dire, plus que d’habitude – tu ressemblais vraiment à une caméra de surveillance. Armée. Et de mauvaise humeur. Si une caméra peut avoir une humeur. Visiblement, maintenant oui.

« Même si nous n'avons pas d'arme, il n'est pas question pour nous de rester dehors. Nous aussi, nous souhaitons savoir… »

Tu regardas « Trenca » de ton regard toujours aussi vif. S’ils étaient là, c’est qu’il y avait cette raison, normalement. Quoi que la logique parfois avec les habitants d’ici semblait être en perdition, elle au moins, avait sentis la défiance du rouquin et était présente pour une bonne raison. Pour la même raison que vous.

« Ce bus peut facilement enfoncer la porte, n'est-ce pas ? Ne prenons pas de risque.»

Tu te retournas vers le véhicule qui avait déjà bien vécu. Une collision avec la porte et c’est la destruction assurée. Mais tu ne voyais pas d’autres solutions et il doit bien y avoir une raison pour qu’ils soient ici sans armes, ils ont du passer par un autre endroit. Ou simplement, ils ont eu plus de bol que vous. Tu es vraiment une porte-poisse.

« Je suis désolée, commenças-tu en te tournant vers Al, mais elle a raison, de toute façon je doute que le bus tienne pour le chemin du retour, autant qu’il nous serve à entrer avec une probabilité plus importante de réussir que si on s’approche d’eux pour les brûler, on ne sait pas s’ils sont armés. Et comme je l’ai dis, je ne sais pas combien de temps cette arme pourra encore cracher du feu. »

Un instant de pause, pour réfléchir à la marche à suivre.

« Je vais donc monter dans le bus et le faire foncer dans la porte. Restez éloignés, on ne sait pas si le bus va exploser ou pas. »

Tu tendis une main à Gunnel.

« Gunnel, je te confie à Al, je n’ai pas envie que tu risques ta vie avec moi. »

Tu la posas délicatement sur l’épaule d’Al et lui donna ton arme.

« La trompette va me gêner, je te la confie aussi. »

Puis sans plus me faire vomir devant cette scène digne des plus mauvais films, tu courras vers le bus, le remit en marche, le dirigea lentement de telle façon à ce que la trajectoire vers la porte soit parfaitement rectiligne. Tu laissas la portière coulissante ouverte et soufflas un bon coup, la main tremblantes sur le gouvernail.

Ah ça ! Tu as voulu jouer les héros, maintenant, tu assumes ! Même si ça m’arrangerait franchement que tu ne crèves pas tout de suite mais dans l’absolu, je ne peux rien faire, sauf tourner le gouvernail mais ce serait signer définitivement notre arrêt de mort et je veux continuer à t’emmerder.

Une dernière respiration et tu accéléras comme une tarée vers la porte, le tout avec une musique de fond épique, parfaite pour ce genre de situation. 75 mètres, ton cœur palpite comme il ne l’a jamais fait, 60 mètres, ta main de vient moite,  50 mètres, la sueur froide coule le long de ton dos, 40 mètres, tous les sons se brouillent, 30 mètres, ta respiration devient irrégulière, 20 mètres, ta barbe a décidé de sauver sa peau toute seule, 10 mètres, tu lâchas le gouvernail et sauta du bus, le laissant fondre sur la porte à toute vitesse.

Tu fais de multiples cascades, tu as mal partout, tu respires difficilement, ton cœur ne s’est toujours pas calmé, ton corps s’immobilise, tu restes là allongée, recroquevillée sur toi-même, sans bouger, comme morte, à regarder le bus faire les dégâts.

Tu prias intérieurement « faites qu’ils meurent, faites qu’ils meurent ! ».

Résumé :
Cydna approuve le plan de Trenca et le met à exécution. Elle fait en sorte que le bus fonce à toute vitesse sur la porte et se jette du véhicule pour espérer survivre. Elle reste là sans bouger, comme sans vie, espérant que le bus explose la porte et ses surveillants.


Dernière édition par Cydna du Lac le Mer 24 Déc - 16:17, édité 1 fois
Folie d'Esquisse
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Folie d'Esquisse
le Mer 24 Déc - 15:59
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le Mer 24 Déc - 20:32
Depuis la poche de tissus apparaissaient sombres les nues, obscurément surchargées, comme des fenêtres condamnées, dans la plus froide et glacée nuit d'orage de l'année. Et soudain, elle la vit: la lumière violemment claire, qui déchiquetait la nuit, donnait un peu d'espoir, comme le ferait un phare guidant les marins à travers les caprices pervers de l'impétueuse mer.
Un sourire vint pourfendre son visage fermé, et le rendit plus tendre, plus enclin à rêver. Comme il devait l'être, et l'avait été. Comme il fut lorsque des voix nouvelles vinrent à résonner. Mais elle ne se mêla pas à elles. Car même avant de se réveiller dans cette prison bariolée, elle était fragile, et aisément troublée. Et quoi de plus fragile qu'une si petite poupée? Quelque chose en elle avait été déplacé, quelque chose qui était au point de se briser. Son assurance aveugle, sa confiance effrénée en ses capacités. Elle n'était plus ce qu'elle avait été, ce qu'elle était il n'y avait pourtant pas si longtemps, il lui semblait. Elle n'était pas là depuis une heure, mais il lui semblait déjà avoir tant et tant changé. Un soupir mélancolique gonfla son cœur microscopique, qui rebondit violemment contre sa cage thoracique lorsque brusquement, Cydna entra en mouvement. Ce fut sa voix qui perça dans l'esprit brumeux et confus, et ses paroles qui atteignirent le cœur égoïstement triste et têtu. Et il fallut que les doigts blancs se tendent pour qu'elle comprenne et réalise ce qu'elle venait d'entendre.
« Gunnel, je te confie à Al, je n’ai pas envie que tu risques ta vie avec moi. »
Elle était fabuleuse, cette fille aux yeux pâles. La fée ne songea même pas à contester son choix. Mais lorsqu'elle se retrouva sur l'épaule d'Al, elle se sentit pétrifiée d'effroi.
Je ne te connais pas depuis vingt minutes, Cydna. Je ne sais strictement rien de toi. Mais le peu que tu m'as montré, il vaut le coup d'être admiré. Et ce que tu montres en ce moment, c'est que t'as un putain de cran. Alors tu peux le faire. Tu peux le faire, hein? C'est trois fois rien. Bien sûr que tu peux le faire. Alors, tu le feras. Tu le feras. Je crois en toi, on croit en toi, on croit en toi, on...
Tout se brouilla avec soudain avec l'explosion. Il n'y avait plus que les lumières dans les yeux grand ouverts, les débris et la poussière qui tournoyaient dans l'atmosphère, il n'y avait plus que ses poings serrés à s'en briser autour du col en tissus cérulé. Il n'eut plus que le vent poussiéreux dans ses yeux, dans ses cheveux, tandis qu'Al courait pour deux, il n'y eut plus que la silhouette recroquevillée qui derrière les volutes de cendre se précisait, il n'y eut plus que le sol que Gunnel retrouvait et plus que les joues pâles et les yeux fatigués. Il n'y eut plus que la petite main de Gunnel sur la peau qui palpitait, pour en effacer les cendres ternes mêlées de terre déssechée, et son cœur soulagé par le souffle tremblant qui frémissait juste à côté.
Elle eut voulu parler, elle eut voulu crier, elle eut voulu chanter la gloire de l'éreintée, elle eut voulu lui dire que ce qu'elle avait fait, c'était et beau, et fou, et brave et c'était vrai, c'était réussi, c'était réalisé, elle eut voulu parler, mais elle ne le pouvait, elle ne savait pas par où commencer, elle ne voulait pas gâcher ce qui venait de se passer. Peut-être n'osait-elle tout simplement plus parler que si l'on lui demandait. Peut-être n'était-elle plus qu'une simple petite poupée.
Alors il n'y aurait que sa main sur la joue qui palpitait. Et sur son visage, un sourire à demi-vrai.

Résumé:
Gunnel observe le phare avec un semblant d'entrain quant à ce qui va suivre. Lorsque les "grandes personnes" discutent, elle se renferme un peu sur elle-même pour se morfondre son sort de mini-fée. Elle sort de sa rêverie pour entendre ce que dit Cydna et l'encourage mentalement de toute ses forces tandis qu'elle accomplit ce qu'elle avait décidé de faire. Lorsque Gun se retrouve auprès d'elle, elle saute à terre et pose sa main sur sa joue en lui souriant le plus sincèrement possible.


Dernière édition par Gunnel Ljungström le Jeu 25 Déc - 11:09, édité 5 fois
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le Jeu 25 Déc - 0:13
« Oui, c'est le cas ! On était en train de réfléchir à une solution. Tu as une idée pour ne pas se faire attraper ? On pensait se glisser contre le mur pour ne pas se faire remarquer mais du coup, si toi et tes compagnons, vous avez une idée, dites-le nous. Au fait ! Moi c'est Titus, et elle c'est Trenca. On est arrivé il y a quoi, un jour ? Et vous ? »

Oh d'accord, c'était comme ça. Pourquoi ne croisaient-ils que de nouveaux arrivants depuis le début de la matinée ? Fallait-il inexorablement réduire de plus en plus leurs chances de survie ? Il laissa Cydna faire les présentations. Tout en tentant presque vainement de. Dédramatiser les choses. Dans son propre esprit. Ses doigts étaient en pleine séance de craquements intensifs. Il crevait à la fois d'impatience et de stress. Les maths ne pouvaient rien y faire. La raison qui l'habitait était incapable de retenir un tel flot.

« Même si nous n'avons pas d'arme, il n'est pas question pour nous de rester dehors. Nous aussi, nous souhaitons savoir… »

La première chose qu'ils auraient intérêt à savoir, c'est que se balader sans arme par ici était plus ou moins une sorte de suicide. Enfin. C'était lui-même qui avait été pressé au point d'en oublier jusqu'au bocal de cornichon qui était justement censé servir dans ce genre de situations. Il se retint donc de formuler quelque réponse que ce soit. Son expression suffirait de toute façon à exprimer le plus clair de ses pensées.

« Ce bus peut facilement enfoncer la porte, n'est-ce pas ? demanda l'inconnue. Ne prenons pas de risque.
- Et comment est-on censé faire pour… commença-t-il à marmonner, pas très chaud à l'idée de sacrifier ce qui leur avait permis d'arriver en vie jusque là.
- Je suis désolée, mais elle a raison, de toute façon je doute que le bus tienne pour le chemin du retour, autant qu’il nous serve à entrer avec une probabilité plus importante de réussir que si on s’approche d’eux pour les brûler, on ne sait pas s’ils sont armés. Et comme je l’ai dis, je ne sais pas combien de temps cette arme pourra encore cracher du feu. »

Mais justement, à supposer que la trompette ne tienne pas longtemps, comment allaient-ils revenir sans bus ? Il faisait confiance aux capacités de raisonnement de Cydna, mais le taux de survie à ce plan semblait. Réduit. En-dessous des dix pour cent. C'était le mauvais choix. Le meilleur des mauvais choix, pourtant...

« Je vais donc monter dans le bus et le faire foncer dans la porte. Restez éloignés, on ne sait pas si le bus va exploser ou pas. »

Il n'aura même pas eu le temps de dire que c'était complètement masochiste qu'il avait déjà Gunnel sur l'épaule et la trompette dans les bras. Merde. Si seulement il avait un autre plan. Une stratégie qui tienne la route - sans mauvais jeu de mots -, pouvait-il seulement avoir ça ? Avant que le bus ne soit strictement perpendiculaire au phare. Avant qu'il ne démarre. Tout allait refaire comme… Qu'est-ce qui leur prenait, à ces foutues filles, de se jeter dans le feu de l'action sans l'écouter. Il en grinçait des dents.

« Voilà pourquoi je préfère les calculatrices… » grogna-t-il alors que le véhicule démarrait.

Puis il ne dit plus un mot. Tout ce qu'il aurait pu faire ou dire aurait été vain. Forcément. Il n'avait même pas eu la poigne de lui attraper le bras pour dire que, stratégiquement parlant, il valait mieux envoyer au casse-pipe celui qui avait entraîné les autres là-dedans et qui ne savait pas vraiment se battre. Ou un des nouveaux, mais il aurait fallu les convaincre.
Cydna démarrait sans lui, comme Syren.

Un regard vers les types qui piquaient du nez autour. Puis vers le bus qui fonçait. Puis retour sur les glandus. Sans doute que s'il n'avait été qu'un simple spectateur assis devant son écran, il aurait complimenté le vecteur vitesse du véhicule. Regardé l'explosion avec un oeil de jeune accroc aux effets spéciaux des blockbusters américains.

Mais l'heure n'était plus à ça. Il s'adressa un instant aux deux nouveaux, lança un « Allons-y » aussi sec que le vent qui leur parvenait, vérifia que Gunnel était à peu près accrochée comme il le fallait.

Et courut, arme à la main, comme un dératé jusqu'au bus, sans plus se soucier ni d'eux, ni de son propre souffle qui s'emballait. Il ne savait pas exactement s'il l'avait vue sauter, mais s'il s'en souvenait bien la porte du bus était sur la gauche. C'était ça. Peut-être. L'air était incroyablement chaud et suffoquant. Ses ongles jouaient du piano sur le manche de la trompette. Ses yeux tournaient dans tous les sens. Qu'est-elle avait fait. Qu'est-ce qu'ils avaient fait. Comment est-ce qu'ils allaient s'en…

Cydna était là. Recroquevillée, immobile. Toujours à en perdre haleine, il se précipita vers elle, vérifia en quelques secondes qu'il n'y avait pas d'ennemi potentiel autour (ceux-ci semblaient plutôt affairés avec le bus) et s'accroupit à côté. Elle avait les yeux ouverts, elle respirait. Il ne lui manquait aucun membre. Le simple fait d'avoir réussi à la retrouver était… rassurant. Il s'accorda un instant de répit, de silence, pour essuyer à la fois ses lunettes et ses joues. Qu'est-ce qu'il disait tout à l'heure, à propos des plantes ? Qu'il n'avait jamais eu aussi peur ? Le record était battu.

« Ne me refais plus ça, Cydna » geignit-il avant de se relever, conscient que le danger était loin d'être écarté et qu'il serait totalement stupide de briser un effort qui avait coûter si cher. « Il y a trop peu de personnes raisonnables à la Base. Franchement, la dernière que j'ai vu se précipiter comme ça n'en est pas revenue, et… je ne sais pas s'il existe un calcul... capable de prédire ce que je ferais si ça revenait… J'insiste donc fortement à ce sujet. »

C'était si rare que les mathématiques ne puissent pas résoudre un problème, mais ça l'était de moins en moins.

Il lui tendit son bras pour l'aider à retrouver sa stature debout, avec en appui ses épaules. Honnêtement, s'il avait été dans les couloirs de son université, il en aurait rougi comme un pré-adolescent, mais constater à quel point son amie était dans un sale état ne le réconfortait pas particulièrement quant à l'état des troupes. En parlant de troupes, il vérifia que Gunnel était bien installée là où elle le voulait, ne sachant que lui dire de plus - elle semblait également avoir été bouleversée par le crash de bus.

« Ça ira, pour marcher ? intima-t-il à Cydna. Il ne faudrait pas que les nouveaux nous oublient. Et il vaut mieux que l'on reste en vie pour voir la vérité, au vu de ce qu'elle nous coûte. »

Sa main libre se baissa un instant pour récupérer la trompette. Il n'avait pas spécialement envie de faire ça, mais il se devait de céder à la logique.

« Il faudrait que l'un de vous prenne ça, le fonctionnement n'est pas particulièrement difficile à assimiler. Pour le reste, nous n'avons aucune certitude sur ce qui va se trouver à l'intérieur, mais nous avons intérêt à nous dépêcher. »

Enfin, se dépêcher. Il fit quelques pas pour s'assurer qu'il n'allait pas tomber à plat ventre et se mit définitivement en marche, Gunnel et Cydna avec lui. Advienne que pourra… Ils avaient déjà rencontré le piège à loup, entrer dans la gueule de l'animal ne paraissait pas plus effrayant. Il se promit de ne pas recalculer l'espérance de survie de leur groupe jusqu'à la fin.

C'était pourtant à lui de tout faire pour qu'elle augmente.








Résumé : Après que le bus ait foncé sans qu'Al ait pu arrêter Cydna, celui-ci court à toute allure vers lui pour retrouver Cydna. Quand il la voit, il l'engueule un peu de façon amicale, et l'aide à se relever. Il sort un petit speech à Titus et Trenca, vérifie que Gunnel est bien là, propose de prêter la trompette et avance.
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le Ven 26 Déc - 13:30
Devant toi, Trenca parlait avec les inconnus. Tu n'entendais pas grand chose, des petits grésillements revenaient te gêner. Décidément, on dirait que tu ne risques pas d'être tranquille avant longtemps ... Tu vis l'air renfrogné de Trenca, la méfiance des autres inconnus. Personne ne pouvait se parler dans la joie et la bonne humeur ? Tu entendais très, très faiblement les paroles des autres. La fille blonde partit rapidement pour aller dans un bus. L'homme en face de vous resta là et marmonna quelque chose que tu ne puis entendre.

Soudain, tu entendis un gros bruit de moteur. Les sons étaient décuplés. La respiration de Trenca et du roux, tu les entendais fortement dans tes oreilles. Le bruit du moteur s'accélérait. Là. Ici. Là-haut. Partout. Les bruits. Ils étaient partout. Tout s'accélérait. Tout vrombissait. Tu sentais les émotions sortir des gens par vagues, tu sentais le vent inexistant, tu sentais tout. Tu mis tes mains sur tes oreilles, espérant ne plus entendre. Mais tout s'accélérait encore une fois.

Pourquoi ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Les questions apparaissaient les unes après les autres. Tu fermais les yeux, espérant que tout s'arrête. Le calme, soudain. Puis le bruit. Encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore. Et la douleur revenait, revenait, revenait, revenait, revenait. Tu essayais de parler, de dire que tu avais mal, de dire que ça n'allait pas, mais aucun bruit ne sortait de ta bouche. Tu suffoquais. Ça ne pouvait pas se finir maintenant. Non. Non. Non. Non. C'était la panique.

Tu t'accroupis, plaçant ta tête entre tes jambes. Mais en ouvrant les yeux, tu vis que tes jambes commençaient aussi à se fissurer, que l'air était rouge, noir, que les formes, les couleurs, tout bougeait et devenait fou et flou. Tu n'arrivais à plus rien. Tu ne voyais plus et n'avait aucune volonté. Tu ne pouvais rien face à la douleur. Non, rien. Ta gorge te faisait mal. Ta peau te raclait. En tentant d'appuyer sur ton torse, tu pouvais sentir que ta peau commençait à s'effilocher, à partir progressivement.

Tu ne voyais pas ce qui était en train de se passer devant toi. Tu ne voyais pas les larmes, tu ne voyais pas la détresse, tu ne voyais pas la douleur. Tu ne voyais pas grand chose, à part le noir complet. Tu rouvris les yeux, te relevant, sentant que les bruits s'arrêtaient.

Devant toi, une scène qu'on pourrait qualifier d'apocalyptique. Le bus étrange était contre le mur, cassé. La jeune fille qui avait parlé et que tu n'avais pas entendu était à terre et l'homme qui était venu était à ses côtés. Mais l'entrée avait été ouverte et vous pouviez enfin rentrer. Mais surtout, tu vis que ... les couleurs avaient disparus. Tout était gris, gris, gris. Des teintes de gris partout. Mais ta vision se stabilisait, c'était déjà ça.

Tu avais des larmes qui roulaient sur tes joues. Tu les sentais un moment avant de les voir se disloquer en petits points gris sous tes yeux. Tu avais envie de faire part à Trenca de la détresse. Mais tu ne la voyait pas.

Tu la vis alors, devant toi. Tu voulus tendre la main, t'approcher. Mais tu ne pouvais pas. Tes yeux étaient grands ouverts, sous le choc. Tu n'arrivais pas à y croire. Tu ne voulais pas y croire. Tu aurais aimé que la joie dure encore longtemps, mais tu savais bien que ce moment devait arriver.

Ta main gauche avait déjà disparu et ton avant-bras disparaissait déjà. Les seuls doigts qui te restaient étaient déjà amochés et le bout de tes doigts était parti. Tout s'était accéléré.

Tu n'en avait plus pour longtemps.

Résumé : Titus sent la douleur. Tout s'accélère, lui fait mal. Il arrive à peine à contenir la douleur. Il veut parler mais sa gorge lui fait affreusement mal. Quand il arrive enfin à se relever, il ne voit plus les couleurs. Il veut tendre la main vers Trenca, mais sa main gauche et son avant-bras gauche sont déjà presque complètement partis. Et sa main droite commence, elle aussi, à disparaître.
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le Lun 29 Déc - 20:57
Oui bon, la narration se barre un peu à la première personne après le première paragraphe, pardon, je maîtrise pas du tout la 1ère donc c'est peut-être moins digeste.





Conformément à ses espérances, la proposition de Trenca fut acceptée par les deux inconnus… qui étaient en réalité trois, comme elle le constata avec surprise. De sa poche, la jeune femme aux cheveux blonds avait sorti une minuscule personne pour la poser sur l'épaule de son camarade. Jamais dans toutes les bribes de souvenirs qu'elle possédait, elle n'avait pu apercevoir de pareille créature.

Titus, pourquoi est-ce que tu dois disparaître avant d'avoir vu tout ce que ce monde qui ne ressemble à aucun autre possède ? Non, ne t'en fais pas, je te le montrerai. Tout ce que je peux. C'est à cause de moi si ce véhicule fonce à toute allure, à cause de moi si nos deux interlocuteurs se séparent. À cause de moi si soudainement l'air s'alourdit, si les vibrations du choc font trembler jusqu'au sol en-dessous de nous. Et pourtant, Titus, toi qui constitue l'immense majorité des souvenirs que j'ai créé, tu t'effondres et te fissures. Ignorant l'autre qui part rejoindre son amie en courant, je m'accroupis à côté de toi, interdite et incapable de te sauver. J'ai peur de te toucher et de te briser en mille morceaux. Peur de te dire quoi que ce soit qui puisse réduire en cendre tes oreilles. Je n'y comprends rien, Titus, ne devait-on pas avoir plus de temps ?
J'essaie de murmurer un court instant, de glisser quelques mots, mais tu sembles paniqué. Tu ne me réponds déjà plus. Prenant mon courage à deux mains, et consciente que la vérité se trouve dans l'endroit qui vient d'être ébranlé, j'hésite un court instant et t'attrape, non sans crainte. On doit y aller, Titus, et peut-être que l'on pourra voir la Terre, ou bien découvrir des choses aussi étranges que celles que nous avons croisé en route. Je ne peux pas t'abandonner et partir.

« Tiens bon.. » dis-je en te traînant - tu deviens si léger.. - jusqu'à l'endroit où le bus est entré en collision avec l'entrée. Devant moi, la jeune femme blonde est péniblement relevée par son camarade. Je ne les écoute pas, tout comme toi, mais j'ai une boule à la gorge à l'idée que le chemin qui nous attend sera rude.  

« Il faudrait que l'un de vous prenne ça, le fonctionnement n'est pas particulièrement difficile à assimiler. Pour le reste, nous n'avons aucune certitude sur ce qui va se trouver à l'intérieur, mais nous avons intérêt à nous dépêcher.
- Je vais la prendre. »

Je peux à peine parler, j'ai la mine grave, mais je te lâche un instant devant la scène pour attraper la seule arme dont nous disposons. Du feu… On pourrait incinérer quelqu'un avec, tu ne trouves pas, Titus ? Je me retourne vers toi, et cette fois je constate que tu me regardes. Toujours aussi paniqué. Ton bras est parti. Tout ton être crie à la rupture imminente. J'accours, je te regarde, j'attrape ce qu'il reste de ton autre main et je t'emmène doucement vers la destination finale.

Je m'accroche à ton souvenir plus qu'à aucun autre.




Résumé : Trenca voit Titus qui panique totalement et a peur à son tour, si bien que les actions du bus passent un peu en second plan (qu'il est génial ce groupe de 5 à s'ignorer réciproquement), elle accourt avec Titus jusqu'au lieu du crash, prend la trompette et le traîne dans le phare à la suite des autres.
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le Ven 2 Jan - 0:25
Hoy. Hooooooooy. T’es en vie ? T’es morte ? T’es tombée dans les pommes ? Tu contemples les flammes hypnotisée ? Tu te fais un flashback ? T’as fumé un truc avant de sauter ? Tu t’es droguée ? Tu te fais un trip ? Tu pars un peu loin si tu veux mon avis.

Oh oui, trop loin, laisse ces souvenirs de ce vaisseau tranquille, c’est pas le même feu, fait pas d’amalgame. Laisse encore plus ces souvenir de cet incendie chez toi, je t’assure, tu vas te faire du mal pour rien. Oui, c’était aussi de ta faute mais que veux-tu, tu as des instincts de pyromane ! Je conçois que c’était cruel d’espérer que ta famille meurt dans cet incident, mais hey, tu ne peux pas regretter ce que tu as espéré pour être pardonnée ma fille, j’en ai bien peur.

Une toute petite main te sortis quelques instants de ta torpeur. Tes yeux vides se dirigèrent vers la lilliputienne. Elle souriait. Oh que je hais ce genre de sourire faux ! Toi-même tu le vois, qu’il est totalement faux ! Comment ça pas totalement ? Rah tu chipotes. Si la naine est là, le roux inutile aussi. Bingo, il est juste à côté.

Oh le pauvre choupinou, il a eu peur. T’as vu, t’as fait peur à ton pote, t’es fière ? J’espère bien, parce qu’il est flippé le gamin, je sais pas s’il a pleuré, mais en tout cas, il est en nage ! Et voilà la tirade niaise digne des mangas que tu lisais. Enfin. A la sauce du gamin. Donc moins romantique. Mais ça l’est quand même.

« Ne me refais plus ça, Cydna. Il y a trop peu de personnes raisonnables à la Base. Franchement, la dernière que j'ai vu se précipiter comme ça n'en est pas revenue, et… je ne sais pas s'il existe un calcul... capable de prédire ce que je ferais si ça revenait… J'insiste donc fortement à ce sujet. »

Il s’était relevé. Il est mignon. Tu lui a foutu la frousse de sa vie. Il en vient à douter des maths, tu te rends compte ? Enfin douter. Tout est relatif j’imagine. Mais soit fière très chère. Je sais que cela faisait partis de tes désirs aussi. Mais si, voyons, avoir le rouquin pour toi ! Quoi ? Nah me fait pas croire que c’est pas le cas. L’avoir pour toi est un peu fort ? Certes. Je le concède. Après tout tu n’as jamais rien voulu d’autre que la destruction. De ta famille. Et de ces gens à l’entrée.

« Ça ira, pour marcher ? Il ne faudrait pas que les nouveaux nous oublient. Et il vaut mieux que l'on reste en vie pour voir la vérité, au vu de ce qu'elle nous coûte. »

Tu l’as dis mon p’tit ! En plus ta nana est en train de partir dans un trip, je t’explique même pas. Enfin. Tu m’entends pas donc c’est pas drôle.

Tu hochas la tête difficilement pour faire comprendre que oui, t’as mal partout, mais que oui, tu veux savoir ce pourquoi tu es venue te suicider ici, et que oui, tu marches quand même. Difficilement et l’aide du rouquin est la bienvenue. Tu entends vaguement qu’il confie ta trompette aux inconnus. Au vus des circonstances, tu comprends mais franchement, tu aurais préféré qu’il la garde. Ouais enfin vu ton état, je doute que ce soit une bonne idée, même moi je pourrais mieux m’en servir.

Tu ne fais pas plus attention aux deux autres hurluberlus, tu ne te concentres que sur ce que tu dois faire : marcher, sans trop ralentir ton chevalier servant. Vous vous rapprochez du feu.

Aah ton ami le feu. Il te poursuit hein. D’ailleurs c’était plutôt ironique, que ta fidèle trompette crache du feu. Tu es vraiment fascinée par ça hein ? Après tout, il peut tout effacer. Tout réduire en néant. L’existence d’une personne, toute entière. Comme ces deux personnes dans le vaisseau. Tout cela te fascine, tu en veux plus. Tu veux récupérer ton arme.

Mais tu ne peux pas, très chère. Tu es aussi inutile que la naine. Voire pire. Parce que la naine est un poids plume. Qu’elle tient debout. Toi, non. Tu t’es bien fais mal au dos avec cet héroïsme. Alors quoi ? Tu t’es sentie importante ? Vivante ? Comme ce jour-là, juste avant de voir que tes proches sont sortis ?

« Ta… Faute… »

Oulà mais tu parles ! Enfin pas fort. Même le rouquin n’a pas du l’entendre. C’est dommage hein que je sois la seule à l’avoir entendu ? Hmm ? Tu me parlais à moi ?

A moi ? Tu m’entends ? Ma petite Cydna… C’est maintenant le moment pour moi de m’amuser… Parce que tu ne peux pas vraiment me répondre, ou ton prince te prendra pour une folle et te laissera tomber~♥

Résumé :
Cydna est KO, réagit à peine à ses amis, se laisse faire et se met à entendre les insanités de sa main.
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le Ven 2 Jan - 17:51
Il faut bien reconnaître, Anya, que tu n'as pas vraiment brillée, ces derniers temps. Le pauvre homme. Je suppose que tu t'en moques, hm ? Tout ce que tu veux, c'est une petite vie tranquille, sans rien pour te déranger... sans médecins ? Tu sais, ils ne sont pas tous effrayants. Et puis, peut-être qu'il ne s'occupe pas de ce genre de cas ? Ou alors, il s'y intéresse exclusivement, et tu fais bien de t'en aller. Est-ce que tu sais où tu te rends, au moins ? Tu cherches à t'éloigner de lui ? Tu sais qu'il te suit, pourtant. Tu peux toujours marcher, il sera toujours derrière toi. Enfin...

Ça faisait longtemps que tu n'avais pas pensé autant. C'est peut-être l'endroit qui veut ça ? Très calme. Si tu veux, tu peux retourner au calme. Plus de monologue. Enfin, si tu penses ça, ça risque d'être encore plus long. C'est le principe, tu le sais. Même si c'est malheureux, il faut bien l'accorder.

C'est quand même aimable à toi de ralentir comme ça pour l'attendre. C'est amusant, aussi. Rassure-moi, tu ne chercherais pas quand même à le garder avec toi ? Je croyais que tu ne l'appréciais pas, si ? Enfin, apprécier... je pensais que tu le craignais. Non, faire semblant de ne pas entendre ne te fera pas taire. Même si au moins, le sujet de conversation change. Le point est pour toi, ici. Tu peux savourer ta petite victoire, tu sais. De toute manière, tu reviendras toujours à ta première préoccupation, je me trompe ? La preuve, tiens. Tu viens d'y penser.

Et voilà... Marshall par ci, Marshall par là. Il est gentil, il est effrayant, il est méchant... Il faudrait tout de même se fixer quelque part, un jour. Et puis, regarde les choses en face. Il n'a jamais été "méchant". Il t'a même dit merci. C'est rare, que l'on te dise merci, tu sais ? C'est un bon signe. Dans les images qu'on t'avais montré à la Grande Maison, les méchants ne disaient jamais merci. C'est toujours un début. Donc, il n'est pas méchant.

Mais il est docteur, c'est cela, le vrai problème, mh ?

Ecoute, tu n'es pas très intelligente. Tu le sais, ça. Et lui, il l'est. C'est un avantage. Tu as besoin de quelqu'un. N'importe qui. Et lui, il est là. Il t'est utile. Profites-en. C'est pour cela que tu passes ton temps à l'attendre, ne fais pas semblant. Tu ne peux rien cacher. Comme un livre d'images. De grandes images bien nettes. De grandes images bien nettes qui disent tout.

Ne te mets donc pas les mains sur les oreilles, tu sais que c'est inutile. Et fermer les yeux ne t'avancera qu'à ne pas savoir où tu mets les pieds. Et tu lui fais peur, en plus. Tu penses qu'il se rendra compte que tu es folle ? Peut-être qu'il s'en est déjà aperçu ? Tu penses qu'il agira comme tous les autres, quand il le saura ? Ce n'est pas facile tous les jours, hein ? Concentre toi un peu sur ta marche, il y a des racines, par terre. Ce serait bête de tomber.

D'ailleurs, en parlant de marche... tu es arrivée. Joli phare. Le ciel, un peu moins. Oh, ne te mets pas à avoir peur de ça. Ce n'est que le ciel, même si il n'est pas... Tu vas encore pleurer bêtement, c'est ça ? ... Et voilà. Ne t'inquiètes pas, il n'était pas loin derrière. Il sera utile.

C'est certain.

Résumé:
Anya débarque de la plaine en marchant tout droit en se faisant harceler par elle même. Elle voit le phare, se met à pleurer parce qu'elle a peur du vilain ciel pas normal, et attend Marshall de pied ferme.
Anonymous
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le Lun 12 Jan - 13:05
Ses pas sont à la fois lents et rapides. Liam est étrange. Mais Liam va étrangement bien. Les pieds en sang, mais comme très loin de tout ça, il avance d’un bon pas, Eelis planté sur l’épaule, qui babille comme à l’accoutumée, juste accompagné un léger sourire de son compagnon. Car oui, le nouveau blond sourit. Comme s’il trouvait les dires de son ami à plumes amusants. C’est le cas, en fait.

Mais de nouveau, ça ne va pas. C’est faussé. Ça crisse et ça dérange. Mais personne n’est là pour s’en rendre compte. Comparer les deux reflets, et comprendre à quel point celui-ci ne va pas. Ou trois ? Au point où on est. Liam n’est plus Liam, mais il n’est pas non plus cette peau qui est maintenant sienne. Autrefois si lumineuse, maintenant juste… trouble. Guidé par cette sensation dérangeante, qui rampe entre ses entrailles, l’ex-rebelle arrive bientôt au phare.

Et ses pas ensanglantés l’amènent tout près d’Anya. Mais ce n’est pas vers elle que son regard se pose en premier, mais bien le ciel.

▬ Oh, que voilà un horizon bien sinistre.

Mais ça ne semble pas véritablement te déranger hein, Liam ? Ce n’est plus très équilibré, là-dedans. Et au contraire, cette vision te réjouit. Amusante, elle l’est peut-être, mais surtout, c’est un signe. Signe que le but n’est si loin. Ou plus proche. Plus le monde s’écroule, plus on s’approche de la vérité, après tout. Ou d’une des vérités. Sinon, ce ciel même ne chercherait pas à être aussi hostile, à donner envie de fuir à toutes jambes… ou de pleurer. Liam se penche vers la jeune femme esseulée.

▬ Il ne faut pas pleurer, Milady, dit-il d’une voix douce, empruntant encore des accents qui ne sont pas les siens.

Et quelque chose dans le doux sourire qu’il lui lance souffle que tout va s’arranger. Comme pour l’appuyer, son doigt vient flatter le cou d’Eelis qu’il caresse doucement, juste en dessous du bec.

▬ Est-ce que vous comptez entrer ? reprend-il ensuite, avant de lancer un coup d’œil au phare plus loin.

Et lorsque son regard perçoit un certain détail, un sourcil blond se hausse.

Serait-ce un bus encastré là-bas ?


Spoiler:
Liam arrive au phare (Eelis l'accompagne, of course) avec des pieds nus et ensanglantés (forcément, sans chaussures) mais ne semble pas s’en préoccuper et s’approche d’Anya avant de faire un commentaire sur le ciel et de lui demander si elle compte entrer.
Anonymous
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le Mar 13 Jan - 19:29
A mesure que les pas de Marshall le rapprochait de sa destination - il ne savait s'il s'agissait de celle d'origine ou tout simplement de là où s'arrêtera Anya -, son sentiment d'inquiétude, auparavant simple parcelle dans ses pensées, devenait plus pesant. Toujours à bonne distance de la jeune femme, assez loin pour ne pas l'effrayer et assez près pour ne pas la perdre de vue, il voyait le ciel s'assombrir et les images qui le couvraient devenir de plus en plus floues et désorganisées. Comme s'il y avait une sorte de "bug". Cela ne présageait rien de bon.

Enfin, Anya s'arrêta devant un grand bâtiment cylindrique. Un phare, tout ce qu'il y avait de plus normal, dressé au beau milieu de cette vallée dont on ne voyait pas la fin. A ceci près qu'un bus était encastré dedans, le moteur encore fumant. Était-ce un accident ? Fallait-il forcer l'entrée ?

Un homme blond arriva avant lui, un oiseau sur l'épaule. Le volatile ressemblait curieusement à Eelis, mais son propriétaire n'était pas le même... En s'approchant davantage, Marshall remarqua les épaules d'Anya, secouées par des sanglots. Elle... pleurait ? En regardant le ciel, oh ce ciel, si sombre, si délabré, saignant comme un animal blessé. C'était là une bien terrible vision, sans doute trop pour quelqu'un d'aussi sensible - du moins, Marshall pensait qu'elle était sensible.

Le médecin arracha un morceau d'un pan de sa chemise déjà à moitié déchiré par les feuilles de papier, puis le tendit à Anya, les yeux baissés, n'osant pas la regarder, espérant qu'elle acceptera son modeste présent. Les mots doux de l'inconnu n'allaient rien arranger. Les mots, pour être frappants, devaient être accompagnés par des actes. C'était ce que Marshall pensait, après l'avoir appris - trop tard.

Il dévisagea un instant l'inconnu. Bizarre... Il semblait étrangement calme et doucereux malgré la gravité de la situation. Son oiseau ressemblait vraiment à Eelis, mais était-ce lui ? Il ne semblait même pas se soucier de ses pieds ensanglantés. Le médecin le lui fit immédiatement remarquer :

« Vous n'avez rien pour vous soigner ou pour vous protéger ? Vous n'allez pas pouvoir marcher très longtemps, avec les pieds dans cet état... »

Mais l'autre s'en souciait-il vraiment ? Il avait l'air si serein, si étrange... Comme un élément de décor dans cette folie exacerbée. Marshall reprit, les yeux rivés vers le phare :

« Je pense qu'il faut entrer. Mais comment... Les gardes n'ont pas l'air très commodes, en tout cas. Enfin, j'imagine que ce sont des gardes... »

Il désigna du menton les drôles de bonshommes en blouse blanche qui se pressaient autour du bus, visiblement très énervés, tandis que d'autres, postés à l'entrée du phare, les regardaient d'un œil méfiant. Marshall déglutit. Ça n'allait pas être facile, mais une petite voix dans sa tête lui disait qu'il fallait entrer. Et il espérait que ses compagnons d'infortune avaient la même impression.

Résumé:
Marshall arrive à côté d'Anya, arrache un pan de sa chemise et le lui tend en guise de mouchoir de fortune. Puis il demande à Liam s'il compte soigner ses pieds blessés et, observant la situation, dit qu'il pense qu'il faut entrer en se demandant comment.
Eelis
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Eelis
le Mer 14 Jan - 8:58
Le paysage change, mais pas le sens des priorités. Après une nouvelle rasade de répliques lancées dans les abîmes de l'humour (retour à la case départ, en soi), voilà que tu deviens aigle et repères en même temps que ton camarade blond une jeune femme. Ou plutôt, la jeune femme de tout à l'heure, celle qui était partie à vive allure. Vas'y, Liam, fonce !

Il faut croire que vous partagez désormais une moitié de cerveau puisque celui-ci part aussitôt taper le social. Là, il y a de quoi être fier. C'est ça, parle-lui du ciel pour amener la conversation, c'est une amorce classique qui a fait ses preuves. Par respect pour cette "tentative", tu en oublies même d'ouvrir la bouche - un homme ne doit jamais en interrompre un autre à la chasse. Un grand principe de l'honneur, sans doute. D'autant plus que ce sacré Bisoux est bien parti, il a mis le paquet sur les surnoms et le vouvoiement. Tant de leçons qui portent enfin leurs fruits ! Tant d'efforts ! Tu en retiens quelques piaillements d'émotion.

Mais soudainement se dresse celui que l'on pourrait stratégiquement qualifier de rival. Le mec sympa de tout à l'heure, avec lequel la demoiselle a filé. Si tu l'as un jour connu, tu as déjà oublié le nom - cela n'importe pas. Toutes ses paroles te passent clairement au-dessus de la tête, puisqu'elles évoquent un sujet sérieux. Tu as depuis longtemps cessé de vivre dans la réalité.

Et pourtant, on pourrait presque croire le contraire. Dans le creux de l'oreille de Liam, ton bec remue :
« Bisouuuuux, faiscuiii- attention. »

Fais attention, les plans à plusieurs, c'est foireux, bien sûr. Qui se soucie d'entrer dans le phare ?




Résumé : Eelis est ému des paroles de Liam. Quand Marshall arrive, il lui suggère de faire attention... à son coup. Et non, il ne sert à rien d'autre.


Anonymous
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le Mar 20 Jan - 23:34
Tu sais, Anya, il y a trois personnes sur terre. Il y a celui qui est intelligent. Et celui qui ne l'est pas. Celui qui est intelligent se trouve derrière toi. Il est grand, il est fort. Il sait. Il peut aider. Et toi... tu es de la deuxième catégorie, Anya. Tu le sais. Il n'y a qu'une imbécile pour pleurer en levant les yeux. Il n'y a qu'une imbécile pour... Tu n'es qu'une idiote, Anya.

Tu n'es qu'une idiote...

Il n'y a pas de troisième catégorie. Tourner en rond ne fait pas avancer. Tu ne peux pas penser en rond, ou alors ton corps va rester sur place pendant que ton esprit ira voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Du moins, ce qu'il en reste... De ton esprit, ou bien de l'herbe.

Des deux.

Tu sais qu'il approche. Si tu voulais lui échapper, tu serais déjà ailleurs. Et tu le sais, cela aussi. Lorsqu'on s'y penche un peu, tu sais beaucoup de choses, Anya. Et tu sais que ce n'est pas lui...

Empêcheur de tourner en rond.

Mais qui est-ce, si ce n'est pas lui ? C'est peut-être un ami ? C'est peut-être un ennemi. Ce n'est sans doute pas un ami. As-tu vraiment croisé un ami, ici ? Lui. Non, pas lui. Pas lui... Il est dangereux. Qui est dangereux ? Lui, ou bien l'autre ?

Les deux.

L'horizon ? Qu'est-ce que c'est ? Passe, Anya, passe. La suite sera sans doute plus belle. Il faudrait lever les yeux, si tu veux voir qui c'est. Mais non. Tu ne lèveras pas les yeux. Jamais. Jusqu'à ce que quelqu'un te calme.

Jusqu'à la fin.

Il ne faut pas pleurer ? Il ne faut pas pleurer. Et qu'est-ce qu'il en sait ? Il faut pleurer, c'est capital. Sinon... rien ne viendra. Et tu resteras seule.

Et il est arrivé.

Tu lèves les yeux, maintenant ? Regarde-le, juste un instant... il n'est pas dangereux. Il a même l'air gentil. Il est à moitié mort. Et il s'occupe toujours de toi... le gentil médecin... Prends son mouchoir, tu l'as mérité. Pourquoi ce mérite ? Peu importe, après tout. Tu l'as mérité.

Le reste importe peu. Le reste n'importe jamais.
Il n'est pas encore arrivé.

Résumé:
Anya reste par terre à pleurer et prend le mouchoir/chemise/tissu-plein-de-sang de Marshall. Et comme elle le dit, le reste importe peu.
Anonymous
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le Jeu 29 Jan - 15:10
Les nouveaux yeux bleus accrochent une chevelure argentée. Reconnaissance. Mais constat qui ne tire plus gère plus qu’un battement de cils à Liam. Sur son épaule, le volatile babille, et la jeune femme continue de pleurer sans lui accorder la moindre attention. L’homme sent poindre l’ennui, avant d’attraper au vol l’une des remarques du dernier venu. Son regard se pose sur ses orteils nus. Avec une certaine adresse, il prend équilibre sur un pied et regarde l’autre.

▬ En effet.

Constat trainant. Tout juste légèrement ennuyé. L’état de son propre corps lui est complètement égal, mais si ce dernier l’empêche d’avancer… avec un fin soupir, Liam arrache une partie de sa propre chemise blanche et se pose par terre pour bander sommairement chaque pied. Avant de ressauter sur les dits pieds, pas plus perturbé. Cela n’allait probablement rien donner de joli. Mais en avait-il quelque chose à faire ?

Il pose de nouveau son regard trainant sur l’homme aux cheveux d’argent.

▬ Certainement.

Des gardes, oui. Sinon, ils ne resteraient pas plantés là par plaisir, et oui, entrer était impératif. Eux non plus ne restaient pas plantés là par plaisir. Enfin. Tous les goûts sont dans la nature. Liam se tourne de nouveau vers le phare et ne tarde pas à pointer légèrement du doigt le bus et les hommes gravitant autour, comme des mouches autour d’un pot de miel.

▬ Là. Notre ticket d’entrée.

Notre. Le sien. Peu importe. Liam se remet déjà en mouvement, et emporte Eelis dans son sillage. Libre aux deux autres de suivre. Ils pouvaient être des moyens d’atteindre son but, mais ils n’étaient pas forcément une nécessité non plus…


Spoiler:
Liam discute avec Marshall et bande sommairement ses pieds avec sa propre chemise avant de pointer le bus du doigt et de tenter de se faufiler à l’intérieur du phare en profitant de l’inattention des « gardes ».

Note :: Vraiment pardon du retard et pour compenser Liam tente donc une première approche... aura-t-il de la chance ?


Dernière édition par Liam le Jeu 29 Jan - 15:11, édité 1 fois
Folie d'Esquisse
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Folie d'Esquisse
le Jeu 29 Jan - 15:10
Le membre 'Liam' a effectué l'action suivante : Lancer de dés !

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Cyantifiques
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Cyantifiques
le Jeu 29 Jan - 21:17


Ayant davantage à l'esprit quelques méditations savantes sur les mystères de la cyance, nous ne vîmes pas les premiers impertinents arriver et trouer par les flammes notre digne Phare. Aussitôt, nous dûmes perdre un temps conséquent à recueillir des échantillons sur quelques uns de nos confrères décédés dans le cas où leur réincarnation en gelée n'aurait pas lieu. Nous souhaitions aussi faire cesser cet incendie et dissiper la poussière.

Ampère, l'un des nôtres qui opérait en périphérie de ces événements, en tant que garde dirons-nous, eut la rapidité d'esprit de constater la présence de nouveaux intrus. Un petit groupe. Il prévint Watt (toujours branchés ensemble, ces deux-là) et tous deux allèrent brandir, respectivement, une trompette et une hallebarde pailletée devant ceux qui ne devaient point entrer.

« Salutations. Soyez certains que vous n'avez aucun intérêt à poursuivre votre chemin, ou nous pourrions bien faire de vous quelques charmants cobayes..
- Vous ne paraissez pas être des lumières, mais nous ne sommes pas difficiles, n'est-ce pas ?
- Parfaitement. »




Vous pouvez choisir de les combattre, de fuir en courant et de retenter par ailleurs (si ça a l'air d'une vraie fuite ils ne vous traqueront pas trop) ou de discuter avec ces messieurs ♥
Anonymous
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le Lun 2 Fév - 15:20
Interdit, Marshall regarda l’homme blond nouer un morceau de chemise autour de ses pieds blessés. Il avait l’air si… détaché. Si peu soucieux de lui-même – et des autres aussi. Comme si on l’avait plongé tant de fois dans la douleur qu’il ne la ressentait même plus. Insensible. Peut-être devenait-on ainsi, quand on restait trop longtemps dans ce monde. Détaché. Figé. Passif. Le médecin ne put s’empêcher de le regarder d’un air désolé, avant de se dire qu’il devait avoir l’air encore plus pitoyable, avec ses vêtements salis par la sueur et le sang et ses blessures qui lui donnaient l’air d’un voyou. Mais soit. Il fallait bien s’y faire, n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, il était heureux qu’Anya ait accepté son modeste présent. Ce n’était pas grand-chose – voire rien du tout – juste un bout de chemise ensanglanté, mais c’était déjà ça. Au moins, elle l’avait accepté. Ça voulait peut-être dire qu’elle lui avait pardonné, en quelque sorte. C’était naïf, sans doute. Insouciant. Il ne savait pas si c’était la meilleure attitude à avoir, mais il se disait que s’il n’avait plus d’espoir, il n’avait plus rien du tout.

Le blond (l’oiseau l’avait appelé « Bisou », il lui semblait qu’il avait déjà entendu ce nom-là en ville mais il n’en était plus si sûr) se dirigea vers les gardes du phare, affairés autour du bus, puis tenta de se faufiler pour entrer. Pas très intelligent, se dit Marshall. Et ils durent tous en assumer les conséquences. Le médecin fit un brusque pas en arrière lorsque les gardes en blouse blanche les visèrent avec une trompette et une hallebarde – très kitsch mais pas moins menaçante – d’un air furieux. Marshall déglutit et leva les mains en l’air. C’était la première fois qu’on pointait une arme sur lui. La première fois, aussi, qu’une sonnette d’alarme retentissait dans son cerveau et lui vrillait les tympans. Alerte, alerte ! Ça ressemblait à tout ce qu’il avait entendu, à Londres, le jour des attentats dans le métro. En plus terrifiant, puisqu’il ne les avait pas vécus.

Le cerveau du médecin tournait à toute vitesse, tandis qu’un frisson lui parcourait l’échine. Que faire, que faire ? Fuir ? Non, impossible. La trompette avait tout l’air d’une arme à feu (du moins, le garde la tenait comme s’il s’agissait d’un fusil, et il n’avait pas l’air de plaisanter) et ils n’avaient rien pour se protéger. Les attaquer ? Trop dangereux, ils étaient armés et plus nombreux, d’autant plus qu’à trois – et un oiseau – et dans ces conditions, ils ne pouvaient pas élaborer de stratégie. Restait la diplomatie. Les négociations. Risqué, aussi – moins que les deux autres solutions cela dit. Mais il fallait tenter le tout pour le tout.

Toujours les mains levées, Marshall s’avança vers les gardes en blouse. Leurs déclarations l’interpellèrent. « Cobayes » ? Il était vrai qu’ils avaient tous une dégaine de scientifiques, avec leurs blouses et leurs grosses lunettes. Ils avaient l’air très organisés… et bien armés. Vraiment étranges. Le médecin avala de nouveau sa salive, puis parla d’une voix blanche :

« Nous ne voulions absolument pas vous déranger… L’approche de mon… heu… camarade fut assez rude, en effet… Mais, nous voulions en fait mesurer l’étendue de votre génie scientifique – vous en êtes, n’est-ce pas ? Votre établissement a l’air vraiment... solide par rapport à tout ce qu’il y a ici, c’est très beau. Ainsi donc… (il se racla la gorge) Nous aimerions voir comment vous avez fait, par simple curiosité scientifique. Nous pourrions coopérer, non ? »

L’homme inspira un grand coup, espérant que son petit stratagème allait fonctionner. Il avait hésité, au début. Et puis, le mensonge était parti tout seul. C’était si facile de mentir. Trop facile. A voir si cela allait être efficace.

Résumé:
Marshall s'avance vers les cyantifiques, les mains en l'air, puis tente de négocier avec eux, prétextant de la simple curiosité scientifique.
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