Agate ~ Wish I was in Dixie

Stilgar
Petit pimousse au rapport !
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Date d'inscription : 07/01/2019
Stilgar
le Dim 1 Déc - 1:28

Agate Whitcroft-Molina




Appellation : Agate, c’est très bien. Ag, si vraiment elle vous apprécie.

Âge : Trente ans.

Nationalité : anglaise (Irlande du Nord) et américaine.

Goûts :
     Agate a des goûts simples. Elle aime les armes à feu, les explosifs, et l’essence. Il est sont tous un point commun : ils ne sont pas chers. Et c’est tant mieux, parce que son objectif dans la vie était, est toujours, de se faire plein de pognon. Elle aime en gagner, en posséder et en dépenser. Cela l’a mené à avoir un penchant pour les havanes, les alcools forts, et la cocaïne. Et pour le jeu de rôle grandeur nature (JDRGN), qui peut s’avérer plus onéreux à l’année que les trois précédents réunis.
     Vraie fille du Sud, elle aime la chaleur, la country, le cheval et le Soleil. Sa peau beaucoup moins, mais toutes les excuses pour pouvoir porter un stetson sont bonnes à prendre.

Arrivée dans l’Esquisse :
     Au jour 23. Ayant repéré des traces de pneu dans les sables, elle décida de les suivre, et fut assez chanceuse pour arriver au laboratoire, et non à la Ville.


Caractéristiques


♦ Constitution physique : Plutôt élevée en temps normal, plutôt basse pour le moment.
     Si on excepte un détail tout à fait mineur, à savoir le fait qu’Agate est en phase terminale de grossesse, elle est assez sportive, bien musclée, endurante et a un bon souffle. Son style de vie n’a pas encore commencé à payer. (Au passage, l’avatar est là pour donner une idée du visage, après, pour le reste, rien à voir, au niveau des vêtements et de la forme du ventre, évidemment.)

♦ Habileté : Intermédiaire.
     Agate sait faire deux-trois trucs de ses mains, mais n’est pas vraiment une personne très manuelle, excepté dans certains champs vraiment spécifiques.

♦ Facultés mentales : Plutôt basses.
     Elle n’est pas en état. Trop de saloperies qui lui tombent sur le coin de la gueule en  un temps trop court.

♦ Médecine : Inconnu.
     Enfin, pas tout à fait ; par la force des choses, elle s’y connaît un peu en puériculture.

♦ Bricolage : Inconnu.
     Agate n’est pas complètement manchote, mais inutile de lui demander quelque chose d’un tant soit peu compliqué, soit qui dépasse des réparations basiques et quotidiennes.

♦ Maîtrise des armes blanches : Adepte.
     Spécialisée dans l’épée à deux mains. Si jamais elle en trouve une dans l’Esquisse…

♦ Maîtrise des arts martiaux ou du combat à mains nues : Inconnu.
     Dans les bagarres de rue, elle a toujours été de ceux qui ont d’autres personnes pour se battre à sa place.

♦ Maîtrise des armes à distance : Expert.
     Si elle fait peu de combat réel, elle a en revanche une expérience de première main d’un nombre assez important d’armes, vu qu’elle en a une large collection, et en trimballait toujours sur elle.

♦ Cuisine : Expert.
     Une des passions d’Agate. Ça la détend, elle peut arrêter de penser au boulot. Elle a pris plusieurs fois des cours auprès de grands cuisiniers et pratique très souvent, même si ce n’est que pour elle.

♦ Sciences appliquées : Inconnu.
     Elle n’est pas très scolaire à la base.

♦ Conduite de véhicules : Adepte.
     Spécialisée dans la moto. Elle peut aussi bien se débrouiller à cheval.

♦ Particularités :
     Agate est enceinte jusqu’au cou. Elle en est au stade où elle ressent les premières contractions. Ça peut péter n’importe quand.

♦ Niveau de difficulté souhaité : S U I C I D E



Description


     Les parents d’Agate étaient un couple assez singulier, mais loin d’être très incongru. Son père, un homme d’affaire d’Irlande du Nord, d’envergure médiocre, rencontra sa mère lors d’un de ses voyages aux États-Unis. Ils s’aimèrent, se marièrent, s’installèrent à Houston.
     Agate vécut donc son enfance au Texas, dans une famille aux valeurs protestantes et conservatrices bien affirmées. Ses étés se passaient dans le ranch familial, Avec les chevaux, la chasse, et au-dessus de la cheminée, image qui faisait forte impression sur la petite Agate, le fusil de l’arrière-arrière-arrière-grand-père, dont la crosse était marquée d’une entaille pour chaque soldat du Nord descendu avec.
     Elle était une enfant adorable. N’ayant pas pu avoir de petits frères et sœurs – la grossesse de sa mère s’étant mal passée pour la première fois, il fut décidé de ne pas retenter l’expérience –, elle était chérie par ses parents, et toute la famille. On peut l’imaginer, attentive, ne perdant pas une miette de ce qu’on lui racontait, sur les genoux de grand-père, qui lui racontait les combats de blindés qu’il avait livré contre les Allemands, ou couchée sur les genoux de son père, qui lui narrait des histoires sur la participation de ses propres ancêtres dans le conflit contre les catholiques irlandais.
     Famille traditionnelle oblige, Agate reçut une série de valeurs et de pratiques qui s’imprimèrent dans son esprit : la cuisine – auquel elle prit vite goût, c’est le cas de le dire –, la religiosité, la chasteté, le patriotisme, l’adhésion aux valeurs du capitalisme, un racisme qui s’il n’était pas virulent était quotidien et banalisé, une affinité pour le Vieux Sud et un grand respect envers le drapeau de la Confédération, un certain amour des armes à feu.

     Hélas, que ce soit à cause de son adolescence qui transforma du tout au tout son caractère, d’un milieu familial qui, s’il était aimant, n’en imposait pas moins un carcan idéologique et intellectuel tellement fort qu’il provoquait des réactions extrêmes dans l’esprit d’Agate, et un certain manque de chance de celle-ci qui passa de mauvais plans en très mauvais plans, ce cadre idyllique dégénéra très vite, passé les seize ans. Très vite, elle se fit une petite place dans le trafic de drogue de son quartier, certes comme consommatrice mais aussi comme vendeuse.
     De fil en aiguille, alors qu’elle avait déjà quitté le domicile familial pour poursuivre ses études plus près de sa fac, elle se retrouva, de dix-huit à vingt ans, à faire passeuse de drogue. Tous les trois mois, elle allait du Mexique au Canada avec des sacs remplis de cocaïne dans ses intestins. C’est à partir de là qu’elle développa un trait de caractère qui allait vide devenir dominant ; sa faculté à avoir une double-vie. D’un côté, Agate se faisait sa petite réputation dans des milieux peu fréquentables par son sérieux, son intransigeance sur la qualité de sa prestation – et de celles des autres –, sa roublardise et le fait qu’elle ne se laissait pas démonter même par la pire situation. De l’autre, elle était connue dans le petit mais en même temps vaste milieu du jeu de rôle grandeur nature, comme chef capable, combattante de qualité supérieure, et râleuse de première qui transformait toujours une ambiance mollassonne en un festival énervé. En tout cas, ça faisait d’elle un pilier d’une association étudiante, et donc quelqu’un de relativement irréprochable de ce point de vue là.
     Ses parents toléraient très mal la seconde activité : débauchée, pleine de socialistes et qui risquait fort d’impliquer de la sexualité hors-mariage, et après d’énièmes menace de lui couper les vivres, ils le firent pour de vrai quand ils durent la récupérer au poste de police, après qu’elle ait tabassé pratiquement à mort quelqu’un à la sortie d’un bar, et se soit effondrée ivre morte dans la voiture de police, avec en prime sur elle plusieurs décagrammes d’herbe et de pilules, ainsi que quelques gros billets, ce qui en disait long sur pourquoi elle était allée dans ce bar. Le trajet en voiture jusqu’à la maison fut en soi un événement traumatique, son père balançant à sa fille tout le mépris et le dégoût qu’il avait pour son mode de vie sur deux heures trente de trajet. Elle avait pu éviter la prison grâce aux amis de sa mère, mais c’était la dernière faveur qu’ils consentaient à lui faire.

     On s’en doute, Agate devint vite persona non grata dans Houston, où après ses parents, ce fut sa fac qui apprit pour l’altercation – et son implication dans du trafic de drogue –, et la renvoya. Pas la peine d’espérer retrouver une bourse ou un logement. Elle était pour ainsi dire à la rue.
     Agate n’avait cependant rien perdu de ses contacts dans le milieu de la drogue. Bien au contraire, vu qu’elle avait refusé de balancer qui que ce soit. Elle partit donc pour San Antonio avec le peu de sous qu’elle avait encore, pour y trouver un autre emploi ans cette voie. Elle y fit sa vie. Grimpa les échelons. Put dormir ailleurs que sur le canapé d’un ami. S’acheter une moto. Passer de l’herbe à la cocaïne. Se remettre à la cuisine.
     S’étant faite remarquer par sa hiérarchie, à ses vingt-quatre ans, on lui proposa d’entrer dans une affaire de trafic de migrants, basé à San Antonio, et opérant le long de la frontière avec le Mexique. Se rendant souvent sur place, soit de l’autre côté du mur, pour s’occuper elle-même de certains problèmes, elle s’y imposa très vite, en gueulant plus fort que tout le monde, prenant peu à peu les choses en main au mépris de son propre temps libre – et temps de sommeil, ce que sa propension à se repoudrer le nez aidait considérablement –, court-circuitant par là nombre d’intermédiaires qui ponctionnaient une partie des profits, gérant avec minutie la partie délicate du blanchiment de l’argent et de la couverture des activités sous des société-écrans pour éviter les soupçons, et en se trimbalant avec un gros Smith & Wesson à la ceinture, ce qui aidait conséquemment. Son ascension fut là aussi rapide, notamment lors du vote du Secure Fence Act, en 2006, autorisant la construction d’une barrière à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. En effet, elle sut gérer comme il fallait la hausse des contrôles douaniers qui s’en suivirent, et réussit à sauver les meubles, et même à récupérer les réseaux de concurrents n’ayant pas pu tenir le choc. À ses vingt-huit ans, elle passa à la tête de cette entreprise, après avoir évincé son prédécesseur à grands coups de diffamation, sabotage, et pots-de-vins.
     C’est à partir de là que se déploya pleinement sa double nature, ou plutôt, sa nature à être double. Agate, cocaïnomane, dirigeante sans merci et d’une efficacité brutale, régnant comme un tyran obsédé par les profits et la rentabilité sur une entreprise s’adonnant à un commerce inhumain capitalisant sur le malheur et la misère des gens, allait tous les dimanches à l’église presbytérienne, continuait d’engloutir des petites sommes dans le JDRGN et de s’y faire des connaissances bien plus fréquentables, était aux yeux de la loi la patronne d’une entreprise d’import-export entre le Texas et le Mexique, et même, se maria.

     Son conjoint, James Molina, on s’en doute, n’était pas tout à fait quelqu’un de très recommandable non plus. À l’origine gros bras dans un casino, il avait persévéré dans cette voie, et à force de péter des mâchoires, était devenu garde du corps d’un des patrons d’Agate. Assigné à sa protection quand une bande de Mexicains énervés voulut s’en prendre au business, il s’enticha d’elle, et échangèrent leurs vœux dans une église presbytérienne où la famille d’Agate était évidemment absente, mais où une bonne partie de la mafia de San Antonio s’était donné rendez-vous. Cependant, allez savoir pourquoi, Agate refusa de prendre le nom de son époux. Elle voulait conserver celui de sa famille, qui sinon se serait éteint.
     Ils voulurent avoir un enfant. Cependant, James était intraitable sur ce point : il fallait d’abord qu’Agate soit sevrée. Par amour – et aussi par intérêt, être une mère de famille étant le comble de la respectabilité –, elle céda. Elle ne prendrait pas un gramme le temps de sa grossesse. Pas une goutte non plus. Passé le sixième mois, James réussit même à la convaincre d’arrêter de travailler et de décoller ses fesses de son bureau. Ce qui n’était pas plus mal, la pénibilité physique couplée à la violence extrême que la cure de désintoxication provoquait sur son état mental l’avait rendu presque inapte à toute tâche un tant soit peu compliquée.
     Quelques heures avant son arrivée dans l’Esquisse, Agate sentit les premières contractions. Soucieux, James et elle décidèrent d’aller à l’hôpital sans attendre. Ils se feraient probablement refouler, vu qu’il fallait habituellement attendre qu’elles se fassent plus fréquentes et plus régulières, mais comme il n’y avait qu’une demi-heure de route, ce n’était pas non plus la mer à boire.
     La mer, non, les phalanges, par contre. Alors qu’ils attendaient à un feu rouge, trois Mexicains s’arrêtèrent à côté de la voiture et toquèrent à la vitre. James la baissa, gardant la main sur son colt. Mais toute sa prudence ne suffit pas, les trois qui baragouinaient pour l’occuper n’étant qu’une distraction. Deux autres traversèrent la rue, ouvrirent une porte à l’arrière, et entrèrent, uzis à la main, désarmèrent le couple, et assommèrent tout le monde.

     Agate se réveilla, mains liées par des menottes à une chaise, au milieu d’une grande pièce vide et sombre. Devant elle, un des cinq Mexicains. Un rapide coup d’œil indiqua que ses potes étaient dans le coin, mais pas James.
     « Putain mon gars, vous vous êtes foutus dans une merde dont vous n’avez pas idée. »
     Coup de poing dans la mâchoire, qui lui péta la lèvre inférieure. Le goût dégueulasse du fer envahit la bouche d’Agate.
     « Ah ah ah. Tu crois que c’est la première fois que je me fais chopper par des dégénérés comme toi et la bande d’attardés que tu te trimbales ? Tu ne le sais pas encore, mais –
     Autre coup, dans le visage.
     « Sac à foutre. T’as pas mieux, que je m’amuse au moins un peu ?
     – Oh, t’en fais pas, ma grande. On a toute la journée à passer avec toi. Et celle d’après. Et toutes les autres ensuite, jusqu’à ce que tu crèves. On va y aller doucement. D’ici peu, tu mangeras dans ma main.
     – C’est ça, j’allais te le dire. Ben écoute, c’est ton quart d’heure de gloire, défoule-toi un coup, parce que d’ici une demi-heure, en parlant de mains, je donnerai la tienne à bouffer à mon chien. »
     Ce n’était pas une menace sans fondement, si on peut s’exprimer ainsi. Les règlements de compte étant courants, Agate avait fait adopté la pose de puces de géolocalisation sur les membres les plus importants de son entreprise, qu’ils devaient porter dès qu’ils sortaient en civil – soit quand ils n’étaient pas accompagnés d’une petite armée d’hommes de main et avaient le plus de chances de se faire coincer. Montrant l’exemple, elle avait été la première à se faire équiper de sous-vêtements équipés de ladite puce.
     « Ah, et par curiosité, les tafioles, vous avez fait quoi de James ? Faites attention à votre réponse, je fera subir tout ce que vous lui avez fait subir à vos gosses, vos parents, le reste de votre famille, et votre quartier.
     – Le blondinet ? Oh, t’en fais pas pour lui, salope. T’as déjà assez de problèmes comme ça. »
     Il sourit et se retroussa les manches. Agate soupira. Le mieux qu’elle avait à faire était d’attendre patiemment que les secours n’enfoncent la porte et ne tue tout le monde. Baliser sur la vie de son mari n’allait pas l’aider à résister aux coups, bien au contraire.
     « Fini les salamalecs, on peut commencer ? »
     Le Mexicain arma son coup, qui allait probablement lui péter quelques dents. Agate ferma les yeux au dernier moment.

     Rien.

     Rien ? Il essayait de jouer avec ses nerfs ?

     Sans rire.

     Elle ouvrit les yeux.

     « Ah bah merde alors. »

     Agate se retrouvait au milieu d’un désert de cendres.
     Elle écarta très vite la possibilité qu’elle fût morte. Elle aurait dû être assommée par le coup, tout au plus. Non, elle se trouvait là suite à un événement tout autre. Ce n’était pas un rêve : elle sentait bien la douleur.
     D’ailleurs, la désagréable sensation d’avoir la langue pâteuse, la découverte de quelques gouttes de sang séché sur son t-shirt et une vive douleur sur l’arcade sourcilière droite lui firent comprendre qu’elle avait bel et bien été assommée. Après une brève inspection, Agate se rendit compte qu’on ne lui avait envoyé qu’un seul coup. Elle avait dû perdre conscience juste après. Quels amateurs. Faire tomber celui qu’on veut torturer dans les vapes d’entrée de jeu, ce n’est pas très professionnel, il ne ressent plus rien après.
     Quoi qu’il en soit, ça allait être compliqué pour les renforts de venir la chercher.
     Des préoccupations plus immédiates et en tout cas moins métaphysiques lui vinrent en tête immédiatement. Elle était au milieu de nulle part, attachée à une chaise, menottée, et on lui avait même piqué ses chaussures. Et le ciel était mauve.
     Agate passa de longues minutes à forcer sur la chaise, pour essayer de s’en dégager. Elle réussit à tomber sur le côté, et ramper tant bien que mal dans le sable jusqu’à un caillou, et frappa le bois dessus, jusqu’à ce qu’elle entende un crac. Elle commença à tirer, enfonçant le métal des menottes dans ses poignets, jusqu’à ce qu’en fin le dossier cède.
     Rien que cela l’avait épuisé. Elle passa ses mains devant elle, et se leva. Et maintenant… Et maintenant on fait quoi…
     Agate commença par un état de sa situation. Elle n’avait sur elle que ses sous-vêtements, un pantalon noir, un t-shirt de femme enceinte, avec dessus le drapeau de la Confédération, et sa médaille de baptême. Elle arrivait à peine à ouvrir un de ses deux yeux, et ses poignets et sa bouche lui faisaient un mal de chien. Agate regretta presque les Mexicains.
     Avançant au hasard, elle tomba après quelques heures sur des traces dans les cendre. Les traces d’un camion. Elle n’étaient pas très fraîches, mais c’était la seule chose dont elle disposait contenant l’espoir d’un retour à la civilisation. Elle avait une chance sur deux de se tromper. Il faut croire que Dieu était avec elle sur ce coup, vu qu’elle avança dans la bonne direction.

     Ayant pour seule compagnie la douleur et le paysage, Agate put commencer à appréhender où elle était tombée. Pas l’enfer, pas un rêve, soit, mais où, alors ? Elle n’avait jamais entendu parler d’un monde au ciel mauve, où les pierres bleues sautillaient en criant quand on leur marchait dessus – ou pire, se recouvraient d’épines comme des hérissons –, et où la luminosité tombait et revenait sans prévenir. Pour éviter de devenir folle, de céder à la fatigue et au désespoir, Agate se répétait en boucle que ceux au bout de la piste auraient des réponses. Pendant les très longues heures de marche, ces deux sillons dans la cendre furent un véritable cordon la rattachant à la vie : s’il n’y avait pas eu la preuve que des humains pouvaient vivre dans cet univers étrange, même elle, aussi combattante qu’elle pouvait être, aurait cédé.

     Au bout d’une journée à avancer, tordue de douleur par ses contractions, la faim, la soif, les pieds en sang et le dos en miettes, avec en plus l’esprit complètement embrumé par sa cure de désintoxication, puis une nuit dans le froid, et une autre journée sensiblement similaire à la première, elle tomba enfin sur un bâtiment, devant lequel un camion était garé. Personne n’était visible, mais les lieux étaient manifestement occupés : on avait même ouvert la porte du garage.
     On allait sûrement lui poser des tas de questions – pourquoi elle était menottée serait sûrement la plus récurrente –, mais qu’importe. Aucune situation ne lui apparaissait comme pire que la sienne pour le moment.



Spoiler:
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Personnage utilisé pour votre avatar (et œuvre dont il est issue) : Tasha, Advance War: Dark Conflict
Description succincte de votre personnage : Chef d’un gang texan en cure de désintox, tacticienne et insupportable, cynique et colérique, conservatrice et opportuniste, en phase terminale de grossesse.


Crevette : color=#33cc99 — Mlle. Ngwenya : color=#13f78a — Amundsen : color=#ffcc33 — Police : font=Yu Mincho Light, serif
Eelis
Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ?
Personnages : Al, Sydonia
Messages : 2691
Date d'inscription : 10/06/2012
Eelis
le Jeu 12 Déc - 15:41
Trêve de suspens ! (comment ça y'avait pas de suspens ? Mais si, quant à savoir si on allait répondre en 2019 ou en 2020)

Tout est bon de notre côté, comme d'hab la fiche se lit très bien et nous dépeint un personnage très riche en couleurs. Je te présente plus la maison, tu connais l'entrée, c'est celle qui est violette. Alors bienvenue dans les sables, tout ça, incruste-toi où tu veux, les quêtes, résoudre les énigmes par la force brute, menacer de mort d'innocents cyantifiques, piétiner l'esprit d'équipe, tu connais aussi. J'ai hâte de voir si cette petite Agate va grosso modo tourner comme tes deux autres personnages des Sables (surtout Crevette), ou si on va voir des différences notables dans la façon d'agir. Et puis surtout, comment tu vas exploiter la présence du marmot, ça peut faire un retournement intéressant (va-t-elle accoucher ? Si oui, de quoi ? va-t-elle y survivre ?)

Au plaisir de se croiser en RP, et bon jeu !


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