Souvenirs de Dorante & Clindor

Encre Noire
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Personnages : André DUBOIS (Sables et Câbles), Marie-Suzanne de Licornia (Brises), Dorante & Clindor (Brises)
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Encre Noire
Mar 18 Juil - 15:49

Scène 1


Une plaine étrange s’offre aux yeux des spectateurs. Il y a beaucoup d’herbes aux couleurs étranges, bleues, violettes, oranges… Le plus étrange est le ciel d’une couleur rose, qui montre plusieurs images qu’on pourrait difficilement s’imaginer.

Un jeune homme sommeille sur la plaine. Ses vêtements sont blancs et noirs, avec une dominante de blanc. Ses cheveux mi-longs sont aussi de cette couleur claire. A côté de lui se trouve un masque complet, à l’air ordinaire et fait de bois.

Cet homme se réveille doucement. Il regarde le ciel et lui sourit d’un air paisible. Une faible voix gémit de fatigue, comme si elle commençait à se réveiller. L’homme se tourne vers le masque.

L’homme : Tu ne trouves pas le ciel magnifique, Clindor ?

Le masque : Que ?...

L’homme hausse un sourcil : Qu’est-ce qu’il y a ?

Quelques secondes de silence passent.

Clindor d’une voix confuse : Rien…

L’homme se tait quelques secondes.

L’homme : Je pense que si, mais si tu ne veux pas me le dire, c’est comme tu le souhaites.

L’homme met le masque sur son torse et tourne sa tête vers le ciel. Ils restent silencieux quelques secondes.

Clindor : Tu sais où on est ?

L’homme : Non.

Clindor : Mais… Pourquoi tu n’es pas effrayé ?

L’homme d’un air surpris : Tu penses que je devrais l’être ?

Clindor : Mais oui ! On ne sait pas où on est ! A ce qu’on sait, on pourrait être au milieu de nulle part ! Il peut y avoir des animaux dangereux ! Et comment on fait pour trouver de la nourriture, et de quoi boire ?

L’homme s’assoit d’un air pensif.

L’homme : Tu soulèves de bons points, Clindor. Mais ne pouvons-nous pas d’abord prendre le temps de contempler ces merveilles ?

Clindor : Bah, pour ça, faut marcher un peu. Et si t’as toujours rien dans le ventre, je vois pas comment tu peux admirer quoi que ce soit.

L’homme : C’est vrai, mais je pense que nous pouvons encore en prendre un peu le temps.

Clindor : Ca dépend. Quand est-ce que tu as mangé, la dernière fois ?

L’homme se tait quelques secondes.

L’homme : Je l’ignore.

Clindor : Vraiment ? Tu ne t’en rappelles pas ?

L’homme : Non.

Clindor : Alors tu pourrais ne pas l’avoir fait depuis une éternité ! Il vaut mieux que tu manges, non ?

L’homme se lève.

L’homme : Tu as raison, je ne devrais pas mourir de faim aussi tôt.

L’homme marche un peu dans les environs, jusqu’à ce qu’il aperçoive un arbre fruitier. Il sourit à sa vue et s’en approche.

Clindor : Je te conseille de faire attention, ces fruits peuvent ne pas être comestibles.

L’homme regarde Clindor avec un petit sourire.

L’homme : Rassure-toi, Clindor. On ne craint rien.

Clindor : Comment tu peux en être sûr ?

L’homme cille : Je ne vois pas pourquoi Elle nous tuerait juste après nous avoir réveillés.

Clindor : Attends… De qui tu parles ?

L’homme pose ses yeux sur le masque.

L’homme : De la Créatrice.

Clindor : Mais... de quelle créatrice ?

L'homme hausse un sourcil : Tu ignores de qui je parle ?

Clindor : Oui, j'en ai aucune idée.

L’homme hausse encore un sourcil, puis fait un petit sourire en prenant un fruit.

L’homme : Je ne saurais dire qui Elle est. Elle pourrait n’importe qui, voire n’importe quoi. Mais cela importe peu, au fond. Ce qui importe, c’est qu’Elle a imaginé ce monde et l’a créé de sa propre plume, avant de nous y mettre ici.

Clindor confus : Ok, et… Pourquoi elle nous y aurait mis ?

Son interlocuteur lève les yeux au ciel.

L’homme : Je pense que nous devons jouer un rôle dans sa création, mais j’ignore encore lequel. Elle nous l’indiquera sans doute.

Clindor encore confus : D’accord…

L’homme reprend un autre fruit.

L’homme : Tu en veux ?

Clindor : Non merci, ça ira.

L’homme : Tu en es sûr ?

Clindor : Oui. Je suis un masque, après tout.

L’homme : Je vois.

Il s’assoit et commence à manger ses fruits.

Clindor d’une voix hésitante : J’ai une question à te poser, mais… Elle est délicate.

L’homme après avoir fini sa bouchée : Tu peux quand même me la poser.

Clindor : D’accord… Quel est ton nom ?

L’homme regarde Clindor d’un air intrigué.

L’homme : Tu l’ignores ?

Clindor : Et ben… Je me rappelle de rien.

L’homme met quelques secondes à répondre, puis sourit légèrement.

L’homme : Je m’appelle Dorante.

Clindor : Je vois. Enchanté, Dorante.

Ils se taisent quelques secondes.

Clindor : J’espère ne pas t’avoir blessé.

Dorante : Ne t’inquiète pas, tu ne m’as pas blessé. Par contre, je m’étonne du fait que tu ne saches pas nos noms.

Clindor, soupire : Je me demande comment ça se fait que j’aie perdu la mémoire et pas toi…

Dorante : Perdu la mémoire ?

Clindor : Oui. Je me suis réveillé tout à l’heure, comme si c’était la première fois. Mais on dirait que tu me connais.

Dorante : Ah, c’était ça que je sentais depuis tout à l’heure ?

Clindor : Hein ?

Dorante : J’avais l’impression qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas. Je comprends mieux, maintenant.

Clindor : Qu’est-ce que tu veux dire ?

Dorante : A un moment tu avais une drôle de réaction, je t’ai interrogé dessus, tu n’as pas voulu y répondre. Tu t’étonnais de te faire appeler Clindor ?

Clindor : Ouais, ça doit être ça…

Ils se taisent quelques secondes.

Clindor : Alors… Depuis quand est-ce qu’on se connaît ?

Dorante se tait quelques secondes.

Dorante : Je ne saurais pas te le dire. Je ne suis même pas sûr qu’on se connaisse. J’ai juste le fort sentiment que nous avons un lien.

Clindor, circonspect : Je ne te suis plus, là. Tu veux dire que tu ne te rappelles pas non plus me connaître ?

Dorante : Non, mais j’ai l’impression que nous avons un lien. Et sans savoir ce qui me le fait ressentir, je la sens me guider. Peut-être que la Créatrice m’adresse ainsi un message.

Clindor, frustré : Mais… Mais alors, comment tu sais pour les noms ?

Dorante : Je ne saurais te le dire, c’est comme si je le savais depuis toujours. Peut-être qu’Elle me l’a dit.

Clindor, d’un ton sec : Donc depuis le début, c’est sorti de nulle part ?!

Dorante : Non, Clindor, ce sont des signes qui…

Clindor d’un ton énervé : Ca prouve rien ! Je sais même pas si elle existe, ta déesse ! Tu m’as donné un prénom random ! Tu m’as fait croire qu’on se connaît, que je pourrai retrouver mes souvenirs à tes côtés ! Mais là, rien me dit qu’on se connaît !

Dorante se fige un instant, le visage de plus en plus assombri. Il baisse la tête et reprend lentement ses bouchées. Quelques secondes passent sans que Dorante ne dise quoi que ce soit. Puis il lève doucement la tête vers Clindor.

Dorante : Si tu veux te choisir un nom, n’importe lequel, tu peux le faire.

Quelques secondes passent.

Clindor : Je vais rester sur Clindor.

Dorante : Si c’est pour me faire plaisir, il n’y a pas besoin.

Clindor : Non, vraiment. Je l’aime bien, je le trouve classe.

Dorante : Est-ce vrai ?

Clindor : Bien sûr.

Quelques secondes de silence passent.

Dorante : Je t’ai forcé à me suivre, n’est-ce pas ?

Clindor : Ce n’est pas vraiment ça…

Dorante : Plus j’y réfléchis, plus je me dis que si. Je t’ai embarqué avec moi sans jamais te consulter. J’ai été trop brusque envers toi. Je pensais que tu savais déjà pour notre lien, mais… J’ai du mal à croire que ce soit une bonne excuse. J’aurais dû comprendre ce que tu ressentais.

Clindor : C’est pas grave, tu pouvais pas savoir. Je ne te disais rien, surtout. Et quand j’ai enfin exprimé mes émotions, je m’y suis mal pris. Je n’aurais pas dû te parler comme je l’ai fait.

Dorante pose doucement ses yeux sur Clindor.

Dorante : Je te remercie pour ces paroles… Mais je ne sais que penser de ce qui s’est passé.

Il prend quelques secondes un air hésitant.

Dorante : Je dois remplir un rôle dans cet univers, je le sais au fond de moi. Mais quand je vois l’effet que son évocation te fait… Je ne devrais plus t’en parler ?

Clindor : Je ne crois pas que ce soit le problème.

Dorante : Que veux-tu dire par là ?

Clindor : Tu peux m’en parler autant que tu veux. J’y capte rien, mais c’est pas grave. Le truc, c’est que… Tu as l’impression d’avoir un lien avec moi. Quelque part, c’est bien. Mais pour moi, tu es encore un inconnu. Du coup, je ne te suis pas bien là-dessus.

Dorante : Donc tu veux apprendre à me connaître, à ton propre rythme ?

Clindor : Oui.

Dorante sourit.

Dorante : Alors je te le permettrai.

Clindor : Merci. Et de mon côté, j’essaierai de mieux t’exprimer mes émotions.

Dorante finit de manger ses fruits.

Clindor : J’espère qu’on trouvera des gens ici…

Dorante, avec un sourire rassurant : On en trouvera forcément.

Clindor : Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

Dorante : C’est simple. Il y a deux types de personnes, en ce monde. Il y en a qui viennent d’un autre monde qui se détériore peu à peu. La Créatrice a créé ce monde pour eux, pour qu’ils aient une seconde chance de vivre dans ce monde meilleur. Et il y en a d’autres qu’Elle a créés en ce monde, qui doivent y remplir un rôle permettant de préserver et de gérer cet endroit.

Clindor : Euh… Comment tu le sais ?

Dorante se tait quelques secondes.

Dorante : Je suppose qu’Elle me l’a dit à un moment.

Clindor : Ok…

Dorante se tait quelques secondes puis le regarde d’un air inquiet.

Dorante : Tu préfères que je m’arrête là ?

Clindor : Non, là, ça va.

Dorante pousse un soupir de soulagement.

Dorante : Merci… Tu peux me dire quand tu es perdu ou veux que je m’arrête.

Clindor : Ok, merci… A ton avis, on est de quel groupe ?

Dorante : Je pense appartenir au deuxième. Mais je me demande s’il est normal que j’ignore ce que je suis censé faire. Peut-être qu’Elle me l’a dit et que je l’ai oublié. Si oui, je le regrette. J’espère qu’elle me le fera savoir plus tard.

Clindor : Peut-être… Et moi ?

Dorante : Peut-être au premier.

Clindor : Oh, pourquoi ça ?

Dorante : Normalement, ceux qu’Elle a créés la connaissent. Du moins, ils ont une idée de qui Elle est. Mais ce n’est pas ton cas. Aussi, le fait que tu me parles de perte de mémoire… J’ai l’impression qu’il est plus probable que tu viennes de l’autre monde. Mais dans ce cas, je me demande pourquoi tu ne te rappelles plus ta vie d’avant.

Clindor : Mais du coup, je comprends pas comment on pourrait se connaître.

Dorante : Je t’avais dit ça ?

Clindor : C’est ce que j’ai compris…

Dorante : Je n’ai pas souvenir de te l’avoir dit comme ça…

Clindor : Là tu me perds !

Dorante : Désolé… Ce que je veux dire, c’est que j’ai l’impression que nous sommes liés l’un à l’autre, d’une certaine manière. Mais je ne suis pas sûr qu’on se connaisse, dans le sens que tu sembles le dire. J’ai plus l’impression qu’Elle m’a lié à toi. En tout cas, te protéger et former une bonne relation avec toi fait sans doute partie de mon rôle. Peut-être que d’une certaine manière tu pourrais m’aider à remplir le mien. Si oui, nous découvrirons plus tard comment…

Dorante commence à pâlir.

Dorante : Je suis désolé, j’ai recommencé !

Clindor : Recommencé quoi ?

Dorante : Tu m’as demandé de te laisser apprendre à me connaître, et là je parle encore de notre lien…

Clindor : T’inquiète, là c’est moi qui ai commencé à en parler.

Dorante : C’est vrai… Donc je n’ai rien fait d’énervant ?

Clindor : Non. Là je comprends pas tout ce que tu racontes, mais je commence à mieux comprendre.

Dorante arrête de pâlir.

Dorante : Je suis soulagé. Mais si je fais ou dis quelque chose qui t’importune, tu me le diras, n’est-ce pas ?

Clindor : J’essaierai…

Les lumières s’éteignent.

Clindor : Il fait déjà nuit ?

Dorante : On dirait.

Clindor : Mais je ne savais même pas qu’on était le soir.

Dorante : Elle a éteint sa bougie.

Il s’allonge par terre.

Dorante : Bonne nuit.

Clindor : Bonne nuit.

Ils s’endorment. Un autre homme et une femme s’approchent doucement d’eux. Ils prennent Clindor sans bruit avant de s’éloigner lentement de Dorante. Ils laissent ainsi des traces de pas. Des heures plus tard, des lumières se rallument, ce qui réveille Dorante.

Dorante : Tu as bien dormi, Clindor ?... Clindor ?

Il regarde autour de lui. En le cherchant, il remarque des empreintes.

Dorante : Sales voleurs…

Il suit les empreintes, jusqu’à arriver à une bâtisse.



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Mar 18 Juil - 15:50

Scène 2


Dans une salle grise avec divers outils, les deux voleurs et un homme avec une capuche se tiennent près du masque posé sur une table. Ils portent tous les trois une blouse cyan.

L’homme en capuche : Vous êtes sûrs d’avoir trouvé un imitateur ?

Le voleur : On en est certains. On l’a vu discuter avec un Dessinateur.

La femme : On dirait que ce type a apprivoisé le mascarille. Bon, cet Objet a quand même son caractère, mais il semble accepter que le Dessinateur l’emmène avec lui.

L’homme en capuche : Mais du coup, il a aussi accepté que vous le prenez ?

La femme : Je sais pas, on l’a juste pris.

L’homme en capuche : Justement, il s’est laissé faire ?

Le voleur : Boh, peut-être qu’il dormait.

L’homme en capuche : Admettons. Mais là, il devrait être réveillé, non ?

Le voleur : Peut-être qu’il a le sommeil lourd.

L’homme en capuche : Je sais pas, j’ai du mal à croire qu’un mascarille ait le sommeil aussi lourd. Là, il devrait avoir dit un mot il y a un certain temps. Si ça se trouve… Vous voyez ces Arthystes qui font parler leurs marionnettes sans ouvrir leur bouche, et sans que leurs marionnettes n’aient la moindre conscience ? Peut-être que vous avez eu affaire à ceux-là.

La femme : Je crois pas qu’on ait vu un Arthyste… Mais quand j’y pense, ce type est complètement maboul.

Le voleur : Ouais, il n’a dit que des trucs insensés. Mais quel est le rapport ?

La femme : Peut-être qu’il se fait croire à lui-même que le masque parle par ce moyen-là.

Le voleur : Ah oui, c’est possible. Mais pas certain non plus. Ce masque peut encore être un mascarille en train de dormir.

L’homme en capuche : Vous savez quoi ? On essaie de l’abimer. S’il ne réagit pas, alors vous avez juste vu un fou. Et puis, ça permettra de tester la résistance du masque.

La femme : Bonne idée, Franklin ! Je commence !

La femme donne un coup de poing, et le retire vite avec une grimace de douleur.

Franklin : Aucune réaction. Je vous l’avais dit, vous avez vu un dingue.

Le voleur : Je suis déçu, ça paraissait si réel…

La femme masse son poing.

La femme : Ce bois est très résistant. Mon coup de poings ne lui a rien fait. Et j’ai mal…

Le voleur : C’est vrai, ça.

Le voleur regarde ses outils.

Le voleur : Je voulais utiliser un sécateur, je l’ai oublié… Franklin, tu pourrais m’en chercher un ?

Franklin : Bien sûr, j’y vais tout de suite.

Franklin sort de la pièce.

Le voleur : En attendant, je vais utiliser ce marteau.

Le voleur prend le marteau et en donna dix coups au masque. Au dixième coup, le marteau se tord.

Le voleur grimaça : Arrêtons-nous là, je n’ai pas envie d’abimer un objet de plus.

La femme : On peut le brûler.

Le voleur : Oui, mais… D’abord, on ne pourrait pas mettre le masque ? Au moins pour en tester les effets ?

La femme : C’est une bonne idée, ça !

Le voleur met le masque.

La femme : Alors ?

Le voleur : Ça ne fait rien. Bon, le feu, alors.

Clindor : Pas le feu, pas le feu, pas le…

La femme : C’est qui, qui vient de parler ?

Clindor : Ah ! Je viens de parler ?

Le voleur : Ça vient du masque.

Clindor : Enfin, je peux parler ! Eh, vous, là ! Vous deux ! Vous allez m’entendre !

La femme : On vous entend…

Clindor : TOI, TA GUEULE ! PAREIL POUR L’AUTRE !

Le voleur jette le masque et recule en se bouchant les oreilles.

Clindor : Tu sais ce que ça fait de recevoir des PUTAIN de coup de poings ?! Déjà, CA, ça fait mal ! Et toi, tu sais que ce que ça fait de recevoir ENCORE et ENCORE ET ENCORE DES COUPS DE MARTEAU ?! Tu SAIS ce que ça fait de te demander QUAND ça s'arrêtera ?! Tu sais à quel point cette MERDE fait MAL ?! Et vous vouliez me BRULER ?! VOUS VOULIEZ ME TUER ???!!!

Dorante entre dans la salle. Il porte la même blouse cyan et la même capuche que Franklin. Son regard a l’air moins vague.

Dorante imitant au mieux Franklin : Désolé, je n’ai pas trouvé de sécateur.

Clindor, ne reconnaissant pas Dorante : TOI, LA, C’EST PAS TOI QUI A SUGGERE EN PREMIER DE M’ABIMER ?! ET TOI, L’AUTRE CRETIN, C’EST PAS TOI QUI A SUGGERE DE ME DECOUPER AVEC UN SECATEUR ?! ET JE NE POUVAIS PAS CRIER, JE NE POUVAIS PAS DIRE QUOI QUE CE SOIT, JE POUVAIS JUSTE SOUFFRIR EN SILENCE !!!

Le voleur : Comme tu le vois, Franklin, le masque parle…

Clindor : BANDE DE DETRAQUES, SI J’AVAIS DES BRAS JE VOUS DONNERAIS DES BAFFES JUSQU’A CE QUE VOUS SOYEZ AU SOL !!!

Dorante prend le masque : Ne vous en faites pas, je crois savoir comment le calmer.

Clindor : LÂCHE-MOI, ESPECE DE MALADE !

Franklin entre dans la salle, sans capuche ni blouse, avec un air groggy.

Franklin : Moins fort, j’ai mal à la tête…

Dorante sort de la salle en courant et en bousculant Franklin.

Franklin : Hé !

Le voleur et la femme restent immobiles, l’air sonné.



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Mar 18 Juil - 19:22

Scène 3


Dorante sort de la bâtisse avec le masque et court encore.

Clindor : Dorante ?

Dorante de sa voix normale : Oui, c’est moi !

Il court encore jusqu’à ce qu’il s’éloigne bien du bâtiment. Il regarde derrière lui, personne ne le poursuit. Essoufflé, il s’assoit sur le sol.

Dorante : C’était moins une…

Clindor : Je croyais y passer, et j’ai cru que tu étais un de ces tarés…

Dorante : Désolé pour la frayeur, j’ai entendu cet homme parler tout seul. (Imite Franklin) « Un sécateur, peut-être dans cette salle… »

Clindor : Lui aussi, il m’aurait fait souffrir, et je n’aurais rien pu dire…

Dorante : Ah oui, j’ai cru le comprendre. Mais pourquoi n’as-tu pas pu parler ?

Clindor : Je sais pas, mais c’est horrible de ne pouvoir rien faire ! En plus, ces types n’ont pas arrêté de me donner des coups ! Ça fait mal, putain !

Dorante regarde au loin en fronçant les sourcils.

Dorante : Je n’arrive pas à croire qu’ils te fassent souffrir ainsi. Je ne saisis pas ce qui les pousse à commettre ces actes. Ils devraient vivre en paix dans ce monde, pas en détruire l’harmonie.

Clindor, décontenancé : Hein ?...

Dorante se tourne vers Clindor en haussant un sourcil.

Dorante : Qu'est-ce qu'il y a, Clindor ?

Clindor, d’un ton un peu sec : Non, rien, laisse tomber…

Dorante, d’un air inquiet : J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ?

Clindor : C’est pas ça…

Dorante : Pourtant, c’est l’impression que j’en tire.

Clindor : Même, je sais que ça va te déplaire, et…

Dorante : Et moi, je n’ai pas envie de te faire du mal. S’il te plaît, je ne veux pas que ça se finisse comme la dernière fois.

Clindor : D’accord. Comment dire… Là, j’essaie de me remettre de ce qui s’est passé, donc, hum… Je préfère qu’on ne parle pas encore de l’harmonie de ce monde, ou je sais quoi. D’accord, Dorante ?

Dorante : D’accord… Désolé, Clindor, je ne m’en rendais pas compte.

Clindor : C’est pas grave, tu pouvais pas savoir.

Dorante, commençant à se lever : Je vais chercher de quoi te panser.

Clindor : Non, c’est pas la peine. Ça passera après un moment.

Dorante, qui s’est interrompu : Tu en es sûr ?

Clindor : Sûr et certain.

Dorante, en se rasseyant : D’accord…

Dorante regarde au loin. Son regard devient de plus en plus vague. Puis il fait un doux sourire.

Dorante : Ce monde qu’Elle a créé, il est merveilleux…

Clindor : Peut-être, mais j’espère ne pas encore rencontrer des timbrés pareils.

Dorante : Oh…

Ayant perdu son sourire, Dorante se tait quelques secondes. Il regarde ensuite Clindor.

Dorante : Tu veux parler de quelque chose ?

Clindor, après quelques secondes : Je sais pas encore.

Dorante, d’un air déçu : D’accord…

Après quelques secondes, il pose un regard interrogatif sur Clindor.

Dorante : Je sais que c’est délicat, mais… Quand tu étais avec ces personnes, est-ce que tu as compris des choses sur ce monde ?

Clindor met quelques secondes à répondre.

Clindor : Ils m’ont pris pour un mascarille, ou un imitateur, je sais plus…

Dorante : Peu importe le nom, qu’est-ce que c’est ?

Clindor : De ce que j’ai compris, c’est un masque vivant et parlant.

Dorante : Comme toi ?

Clindor : Ouais, mais je sais pas si j’en suis vraiment un dans le sens qu’ils entendent.

Dorante : Je vois… Ca me fait penser, depuis un moment, je me demande quel est le lien entre mon rôle ici et le théâtre.

Clindor : Attends, pourquoi tu me parles de théâtre ?

Dorante : Parce que tu es un masque.

Clindor : Oui, et… Tu trouves que je ressemble à un masque de théâtre ?

Dorante réfléchit.

Dorante : Je ne vois pas de masque de théâtre te ressemblant. Mais même s’il n’y en a pas, je ne vois pas de différence. Un masque sert à dissimuler son visage, ce qui peut aider à jouer la comédie et à cacher son identité. Or on joue toujours la comédie, dans le théâtre. Donc même si le masque n’est pas en soi un masque de théâtre, il a toujours un rapport au théâtre. Mais je me demande en quoi cela pourrait m’aider. Peut-être que je devrai jouer la comédie. Peut-être que tu devras m’y aider. Elle nous le dira plus tard.

Dorante se tait quelques secondes. Puis il prend le masque.

Dorante : Je me demande ce qui se passerait si je te mettais.

Clindor, prudent : Tu es sûr que c’est une bonne idée ?

Dorante : Tu es un masque qui parle. Tu es sans doute plus qu’un simple masque. Donc je pense que cela pourrait nous aider à avoir une meilleure idée de ce que tu es.

Clindor : Peut-être, mais… Si je te fais mal, tu m’enlèveras, n’est-ce pas ? Ou tu appelleras à l’aide ?

Dorante : Bien sûr. Tu es prêt ?

Clindor : Je le suis.

Dorante met le masque. Si on observe bien, son regard devient moins vague mais a l’air plus confus.

Dorante d’une voix différente : Je me sens bizarre. Et toi ?

Dorante regarde autour de lui.

Dorante : Dorante, pourquoi tu ne…

Il pâlit à vue d’œil.

Dorante : Putain de merde !!!

Dorante lance le masque par terre, ce qui fait crier le masque. Dorante s’approche vite de lui.

Dorante : Clindor ! Comment tu te sens ?! Tu n’es pas trop blessé ?!

Dorante prend le masque et l’inspecte.

Clindor : Je n’ai pas été dans ton corps, si ?!

Dorante soupire de soulagement.

Dorante : Tu n’as l’air d’avoir rien…

Clindor : Je t’en prie, réponds-moi !

Dorante : Ah, oui, tu as été dans mon corps.

Clindor : Mais… Mais je t’ai parlé, Dorante ! Pourquoi tu n’as rien dit ?!

Dorante : J’ai essayé, en vain.

Clindor : Donc tu ne pouvais rien faire ?!

Dorante : Non.

Le regard de Dorante redevient vague.

Clindor : Mais ce n’est pas normal ! Pourquoi tu es aussi calme ?!

Dorante : Donc quand quelqu’un te porte, tu peux jouer son rôle. Même si je ne suis pas sûr de comment cela pourrait nous aider à remplir le nôtre, le lien avec le théâtre devient plus clair dans mon esprit.

Clindor : Mais ça ne te dérange pas, ça ?!

Dorante : Pas venant de ta part. Je te fais confiance pour ne pas volontairement faire quelque chose que je désapprouverais.

Clindor : Même ! J’ai pris le contrôle de ton corps, j’aurais pu en faire n’importe quoi, ça ne t’inquiète pas ?!

Dorante hausse les épaules.

Dorante : Si Elle veut que tu puisses me faire cela, alors je n’y vois rien de mal.

Clindor : Mais… Je… Tu sais quoi, je laisse tomber.



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