Le Prêcheur en Arakeen

Stilgar
Petit pimousse au rapport !
Personnages : Crevette, Rosalina Ngwenya, Amundsen
Messages : 231
Date d'inscription : 07/01/2019
Stilgar
le Sam 19 Oct - 17:31
     Pendant que ses deux compagnons d’infortune discutaient – enfin, discutaient, échangeaient de long silences gênants entrecoupés de brèves syllabes –, Amundsen laissait dériver sa pensée. Il ne pouvait pas s’empêcher de comparer cet être de suie et de charbon à son assistante, Carmen. Elle répandait son statut de morceau de ciel découpé, et le Dessinateur crayonné laissait quelques traces sur ce qu’il touchait. Tout deux semblaient n’avoir pas grand souvenir de leur passé, et suivaient la même règle : ils étaient des abstractions prenant vie. Le ciel, le dessin. Peut-être en existait-il d’autres ? Le feu, l’aventure, la foi, la lumière… pourquoi pas le rien, d’ailleurs.
     Ce n’était pas facile, soit dit en passant, de ne pas réussir à mettre un nom sur sa personne.
     « Ami tout noir, il vous faut un nom. Je vous appellerais bien ̛Aswad, en attendant que vous vous décidiez, mais je ne sais pas si cela vous plaît. »
     Noir, en arabe. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures. Quoique, dans l’Esquisse, ce serait envisageable.
     Le gélatinomadaire croisa la route d’un crustacé flottant au-dessus du sol, portant des lunettes et un haut-de-forme, et qui était fort affairé semblait-il à encastrer un cylindre de liège sur une bouteille de vin. Il salua au passage les deux Cyantifiques et le Dessinateur en ôtant son chapeau avec sa pince. Amundsen lui répondit par un signe de main.
     « Un craboucheur. Je n’en avais plus vu depuis longtemps. »

     Ils arrivèrent en ville. Amundsen se retourna pour constater de l’état de Penrose et de ’Aswad.
     « Nous y voilà. Vous voulez que je vous dépose quelque part ? »


Crevette : color=#33cc99 — Mlle. Ngwenya : color=#13f78a — Amundsen : color=#ffcc33 — Police : font=Yu Mincho Light, serif
Kaoren
Non, non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Personnages : Kaoren, Penrose
Messages : 498
Date d'inscription : 22/09/2015
Kaoren
le Ven 1 Nov - 11:59
Ce fut un voyage bien silencieux. Je reconnais n’être pas très bavarde tant que l’on n’aborde pas un sujet cyantifique, mais d’habitude, les gens sont enclins à tenir la discussion quand on se met à les interroger sur leur personne. Mais ici, l’effort n’était fait d’aucun des deux côtés. À un moment, j’ai bien tenté de ramener la "conversation" sur les expériences de catalyse antécohésive de la matière rigide menées par mon collègue Ricci, histoire de tenir des tirades d’au moins quelques dizaines de secondes de mon côté, mais les silences qui les ont suivies se sont avérés d’autant plus longs.

Au moins, nous sommes arrivés avant que notre ami vaporeux n’ait fini de se sédimenter partout. A priori, il n’a même pas l’air d’avoir perdu une quantité significative de volume, donc il devrait pouvoir tenir à ce régime encore un certain temps. À peu de choses près, si je n’ai pas remarqué de différence, c’est qu’il a dû perdre moins de 2% de la matière qui le compose depuis notre départ, ce qui suggère – à condition que sa concentration soit isotrope – qu’il devrait rester en état pendant au moins une dizaine de fois cette durée, voire plus longtemps si sa distribution de matière n’adopte pas un nouveau comportement au-delà. D’ailleurs, en y pensant, sachant que la traînée qu’il laisse derrière lui fait approximativement la largeur de son corps et s’est allongée sur un trajet d’un kilomètre à une dizaine de kilomètres, si cela représente moins de 2% d’un volume de taille humaine – donc de cinquante litres à peu près, soit moins de deux litres – ça suggère une épaisseur de la traînée de l’ordre du micromètre. Voire plus fin encore, si la perte de volume est encore moindre. C’est fascinant, il faudrait que je le fasse marcher sur exactement dix kilomètres et que je le pèse au départ et à l’arrivée pour des résultats mieux détaillés, et peut-être en déduire la taille des atomes qui le composent. À moins que ce ne soit encore oublier sa nature humaine et l’exploiter sans vergogne… mais ça reste moins pire que de le brûler pour la Scyance.

Bon, en revanche, il faut que j’apprenne à arrêter de penser et à répondre quand on me pose une question simple. Mauvais réflexe qui me vient de mes collègues aux questions systématiquement compliquées – ou débiles.

« J’ai un appartement rue officinale. Je peux y héberger notre ami… "Assouadou" ? »

S’il accepte ce prénom, j’ai intérêt à ne pas trop l’utiliser.

« En tout cas, le temps qu’on en apprenne un peu plus sur lui, et qu’on trouve comment éviter qu’il disperse son corps à travers les rues. J’ai quelques bribes d’idées. »

Avec le recul, j’ai à nouveau l’impression de parler de lui comme s’il n’était pas là, comme s’il n’avait pas d’avis à donner. J’espère que ça passera après quelques temps passés à ses côtés, et si nous parvenons à tenir de vraies conversations. Mais dans l’immédiat, je pense que le plus urgent est effectivement de s’assurer qu’il ne se volatilise pas entre nos mains, ce serait un gâchis. De vie humaine.


Kaoren déclame sa verve enflammée à la couleur de ses cheveux, en #EE404A.
Quand il est déprimé, il perd ses couleurs et parle juste en gras.
Penrose parle d'or, et donc en #FEDC00.



Les tarty's du temps où on en avait:

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