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le Mar 29 Jan - 21:15
Where can you see mad people ?
In a hospital !


- Quoi ?!! Moi ?! Fou ?! Mais lâchez moi bande de... de tuniques multicolores ! Merde ! Les médecins sont en fluo normalement et... Où est-ce que vous m'emmenez ?!

Je criai aux espèces d'hybrides mi poulpes, mi méduses, qui me traînaient sans hésiter au sol, enserrant mes bras dans leur tentacules fluorescente, de me lâcher, ne cessant de hurler que lorsque je me pris un coup d'avertissement dans la mâchoire. Oh. Les poulpes-méduses-avec-des-blouses-de-toutes-les-couleurs n'étaient pas amicaux.

J'aurais du m'en douter, aussi, ils étaient venus m'annoncer que j'étais fou. Demeuré. Assez en tout cas pour qu'ils m'emmènent dans leur hôpital.
Je leur avais d'abord ris au nez. Un hôpital ? Dans ce monde sans raison ? C'était une blague... Non ? A moins que je n'étais encore dans le monde réel, et que tout ce que je voyais n'était que le fruits des mes yeux malades. Mes yeux maudits.
J'avais préféré oublier cette hypothèse, parce que je préférais de loin penser que tout ça était réel, sinon, mon état avait vraiment empiré...

Ah... J'étais un peu déçu en même temps. Avant aussi, j'allais souvent à l'hôpital - c'est là qu'on avait expliqué que mes yeux étaient malades, d'ailleurs, et que j'avais compris pourquoi personne ne voyait jamais ce que moi je voyais.
De plus, je n'avais pas trop confiance en les entités de ce monde, et les hôpitaux étaient toujours très illuminés. Enfin, dans le monde ré... d'avant - cette Voix, sur la place, n'avait elle pas dit que c'était vraiment le monde réel ? Je grimaçai à ce souvenir. J'avais eu mal, si mal ! J'effleurai ma joue du bout des doigts, mon bras libéré car les hybrides s'étaient arrêtés - pour retrouver le chemin sans doute. La plaie avait un peu cicatrisé sur les bords, je ne saignais plus, mais le trou restait bel et bien présent, me torturant à chaque mouvement de la mâchoire.

Peut-être qu'ils allaient aussi me recoudre ça, dans cet hôpital. Je n'avais pas pour autant plus envie d'y aller, et j'avais peur qu'ils ne soient des savants-fous où je-ne-sais-quoi-encore qui voulaient faire des expériences sur moi et mes yeux. Peut-être même qu'ils savaient déjà lire dans mes pensées : ils étaient venus me chercher de nuit, comme s'ils savaient que je haïssais le jour et le soleil !
Tout ça commençait à me faire peur, et la façon dont ils me traînaient était vraiment désagréable. Insupportable. Et douloureuse en plus.
Vraiment, ils pourraient faire des efforts pour traiter leurs patients avec un minimum d'égards, ces machins-choses-à-tentacules !

J'avais cessé de me débattre, mais ils ne me laissèrent pas marcher pour autant. Il fallait croire qu'ils préféraient me râper le dos sur le sol tout le long du chemin. Ou bien ils avaient peur que je m'enfuie. Ce qui aurait été possible à tout bien y réfléchir. Brr. Décidément, ils lisaient en moi comme dans un livre ouvert, et je n'appréciais pas du tout.

On finit par arriver à leur hôpital, et l'ambiance de l'endroit me mettais sincèrement mal-à-l'aise. Déjà, celui qui était à la réception était un espèce de tas-de-spaghettis bizarre, et il tripotait des aliments et autres choses qui n'avaient aucun rapport avec la médecine - sauf les... supports... où il y avait de l'écriture.
Les poulpes-en-blouses me traînèrent dans les couloirs, et j'aperçus sur une pancarte l'indication "fous". Vraiment, ils m'énervaient ! Je n'étais pas fou ! Pas fou ! Juste malade ! J'avais juste des yeux malades, il n'y avait vraiment pas de raison de me ranger avec les fous ! Aucune !

- Je ne suis pas fou !! Qu'est-ce que vous allez me faire ? Vous allez me soigner ?! Répondez à mes questions, je veux savoir !! J'ai le droit de savoir !! Laissez moi me lever ! Ca fait mal ! Ca vous plairait de vous faire traîner par terre pendant une - AÏE !

Les méduses ne répondirent pas, se contentant de m'envoyer une petite décharge avec leurs tentacules, comme pour me dire de me taire.. Elles n'étaient vraiment pas commode ! Et puis, elles avaient perdu leur langue ou j'étais trop "fou" pour qu'elles daignent me parler ? Je soupirais, et m'abandonnai à mon sort, me laissant traîner dans le couloir. Je devais avoir piètre allure, avec mon air fatigué et mon trou dans la joue...
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le Mer 30 Jan - 19:58
voici un ballon sauteur
Maximilian... rebondissait. C'était ça, le plus drôle : il s'était mis à gonfler, gonfler, gonfler... ce bien sûr, sans aucune référence à une fable que nous connaissons tous. Et pas moyen de s'arrêter. Il était poussé par le vent, et, disais-je, rebondissait. Heureusement, certaines fois, quand il n'y avait plus de vent et que l'air se faisait plus doux, l'ancien peintre pouvait aisément se glisser dans telle mare pour faire une bonne sieste, ou emprunter tel chemin, histoire de se rendre là où son instinct le guidait. EN REVANCHE, le seul avantage à cette... situation, était que notre cher Max pouvait profiter de son propre corps pour une bienséante partie de ballon sauteur. Ainsi, avec ses amis poissons rouges – il y en avait pas mal, par ici -, il pariaient sur celui qui sauterait le plus haut. A chaque fois – cela avait le don d'attiser sa colère – un énergumène du nom de « Liaw » le battait coup pour coup.

Ainsi se promenait-il dans les rues de la ville. A côté de lui, des Indiens-Inuits pêchaient en silence dans le sable, pendant que leurs femmes s'affairaient aux tâches ménagères à l'intérieur des igloos-terriers que les créatures s'étaient construites. Maximilian veilla à ne pas les approche de trop près – de toute façon, il n'avait que la peau sur les os, et si le Maître avait « gonflé », c'était uniquement de l'air qu'il avait en lui. Mais mieux valait éviter tout contact avec des éventuels prédateurs.

Il se retrouva sur la place. Sa place, où il venait quotidiennement faire ses discours. Il regarda l'Estrade Sacrée avec nostalgie, se demandant si, un jour, tout redeviendrait comme avant. En attendant, il ne pouvait pas risquer de se montrer : si sa nouvelle apparence était découverte, l'on rirait de lui. Et Max était un homme de fierté, sans aucun doute.

Afin de dire adieu à son propre lieu de culte, le poisson sauta jusqu'à lui et se recroquevilla à l'intérieur du Trône Sacré. Son cher piédestal allait lui manquer. Et, alors qu'il ruminait en silence sur son ancienne vie, il entraperçut une manette, sur l'un des accoudoirs, qui n'était pas là avant. Curieux, il dégagea l'une de ses nageoires et l'actionna. Tout à coup, il fut propulsé – non, catapulté – par son propre siège, dans une ruelle sombre et mystérieuse. Le vertébré prit peur. Il y avait des traces d'explosions partout, ici : murs et sol noircis, sang séché ; et, même si tout ça semblait dater de plusieurs jours, on aurait cru voir la fumer se propager dans l'air.

Une voix lui parvint, proche. Elle lui disait quelque chose... Oui, aucun doute : il la connaissait. Mais Max ne pouvait pas risquer d'être reconnu ! Il sautilla aussi discrètement qu'il pût, émettant des petits « boing-boing » en touchant le sol. La voix sembla s'éloigner au fur et à mesure qu'elle piaillait.

    « Quoi ?!! Moi ?! Fou ?! Mais lâchez moi bande de... de tuniques multicolores ! Merde ! Les médecins sont en fluo normalement et... Où est-ce que vous m'emmenez ?! »

Aucun doute : il connaissait cet homme. Maximilian ne savait ni où, ni quand, mais il le savait, c'était tout.

    « Serait-ce... LUI ?! », se demanda-t-il.

Et là, il se décida à le suivre. D'une part parce que, quoi qu'il en fût, il n'avait rien d'autre à faire. Le « Maître » était déjà tombé si bas, incarnant l'être que son plus fidèle serviteur exécrait le plus ! D'autre part car Max semblait avoir totalement oublié une partie de sa vie. Et cet inconnu en détenait peut-être la clef... Cela dit, il garda une distance respectueuse entre eux, veillant à se garder hors de portée de vue des objets qui le soulevaient, en dépit de ses innombrables protestations.

Ce fut une vraie trotte. Pourtant, eux ne semblassent pas fatigués après le chemin qu'ils eurent parcouru. Max, en revanche, avait le ventre endolori d'avoir rebondi sur le sol. Devant lui se dressait un bâtiment haut de plusieurs dizaines de mètres. Il ressemblait un peu aux châteaux gonflables – ah ! Rien que ce mot l'exacerbait - de sa jeunesse, mais paraissait bien plus solide. Seulement, petit hic. La porte était au moins dix fois plus haute que Max, et trois fois plus petite qu'un humain. Idéale pour un poisson rouge en pleine croissance, aurait-on dit.

Le poisson se prépara donc à sauter. L'avantage, c'était qu'il était dans son élément, ici : un poisson gonflé sur un château gonflable, ça allait faire des ravages ! Il choisit donc un champignon-gonflable, entre deux oreillers-gonflables, pour faire le grand saut. Un, deux, trois, et... « BOING » ! Le voilà à l'intérieur, ni vu ni connu. En revanche, léger problème : il avait perdu la voix. Non, non, pas la sienne, celle qu'il poursuivait, bien sûr.

Se mettant à sa recherche, il entendait parfois des bruits étranges, semblant provenir d'outre-tombe. Il frissonna intérieurement – parce qu'un poisson rouge ne pouvait pas frissonner. Le tirant de sa rêverie cauchemardesque, la voix retentit à nouveau de loin :

    « ...fou !! Qu'est-ce que vous allez me faire ? Vous allez me soigner ?! Répondez à mes questions, je veux savoir !!J'ai le droit de savoir !! Laissez moi me lever ! Ça fait mal ! Ça vous plairait de vous faire traîner par terre pendant une - AÏE ! »

Max se dirigea vers l'origine du son, tous ses sens aux aguets. Alors, il parvint dans un couloir, entouré des méduses – qu'il avait précédemment prises pour des objets. Le jeune homme semblait bien en difficulté, constata-t-il sans bouger d'un pouce. Puis il réalisa combien cet être était nécessaire à sa survie. Il boinga jusqu'au petit groupe, levant les nageoires en signe de paix, puis déclara :

    « Enfiiin, des gens... ahem, créatures de ma race sous-marine ! - Cela dit je respire à l'air libre, ahahah ! Hum, bref. Ne voyez-vous donc pas que ce pauvre homme est effrayé ? Non, non – il secoua la tête et se pinça l'arête dorsale (pour ne pas dire l'arête du nez) avec sa nageoire – vous ne vous y prenez pas comme il faut. Tiens : allez vous reposer et laissez-moi faire, je gère la situation ! »

Malgré la réticence des méduses, l'insistance de Max le poisson rouge finit par payer, et les êtres partirent les bras ballants, sans demander leur reste. Jetant des regards méfiants autour de lui, Maximilian emmena le blondinet à sa suite, le poussant tout en bondissant – des fois, il se cognait même contre le plafond. Argh. Une fois à l'abri de tout regard indiscret, dans un autre couloir, il s'adressa à lui :

    « Très bien. Je m'appelle... (s'il avait eu des lunettes, il les aurait sans doute remises en place à ce moment-là) Maxwell Kinder – comme le chocolat, c'est fou, non ? Et toi, je sais que tu peux m'aid... »

Il fut interrompu par les bruits. Les mêmes qu'avant, ces cris singuliers qui faisaient vibrer de peur tout son être. Il étouffa un hoquet de stupeur, s'étant retourné vers l'origine du son. Faisant de nouveau face à l'homme, il s'adressa à lui d'une voix tremblotante :

    « CHUT ! Tais-toi... Tu enteeends ? Ils sont là. Nooon ! NON ! Je ne veux pas ça... je ne veux pas qu'ils découvrent qui je suis... Par pitié, AIDE-MOI ! »

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le Jeu 31 Jan - 22:06

ACTE I, SCÈNE 5 ▬ ghost busters
violette/hilda & maximilian & plushie, à l'hôpital, narration aux premières et troisième personne.




« Elle va bien, tu crois ?
- J’en sais rien. T’es sûr que tu veux pas continuer notre partie de tarot ? On s’ennuie à mort ici.
- Bonne idée, j’te suis.
»

Et les deux lamantins en blouse fuchsia sortirent de la pièce en fumant un stylo à bille. Derrière eux, ils laissaient une pièce sale et délabrée au papier peint inexistant, dans laquelle était sommairement allongé un frêle corps, tout tremblotant dans sa couverture de lin. Le seul bruit audible, celui d’une boîte à musique négligemment installée sur le rebord de la seule fenêtre, parvenait, à lui seul, à réchauffer cette ambiance un peu trop monotone. Dehors, la nuit battait son plein.

Les yeux dans le vide, une jeune fille aux pommettes rosées fixait le plafond. Ses lèvres s’entre-ouvraient par intermittence, comme si elle voulait parler ; aucun son ne sortit cependant de cette bouche. Elle se releva, s’échappa de la couverture, et contempla sa propre apparence. Ce corps était celui d’une adolescente chétive. Que pouvait-il avoir de si exceptionnel, pour qu’elle se mettre à plaquer sa main contre sa bouche, ouvrir grand les yeux, et passer d’une expression neutre à un attitude terrifiée ? Étaient-ce ces cheveux, longs et fougueux, mi violets mi blancs ? Était-ce cette tenue de cuisinier, impeccable et immaculée ?

Après avoir passée cinq minutes à s’inspecter de tous côtés, elle se claque trois fois les joues en guise de motivation, et avisa la porte entre-ouverte.




« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
- Prends ça !! »

Le fantôme disparut dans un nouveau cri d’épouvante. Le combat avait été épique, plein de rebondissements – presque trop – et de paroles qui resteraient dans les mémoires. J’essuyai mon arme d’un revers de la main, avant de la restituer à ma poche arrière droite. Elle m’avait bien servi, et il semblerait que ce soit le plus efficace pour contrer ces créatures.

Apparu lorsque j’avais cliqué sur un étrange bouton rose – et surplombé de panneaux « Viens, mon petit, cookie si tu cliques ! », le bougre s’était littéralement jeté sur moi. Un vrai psychopathe, celui-là, en plus il arrachait les cheveux ! Pour le contrer, j’avais dû courir le plus vite, en essayant – vainement, la plupart du temps - d’utiliser tout ce qui me tombait sous la main… car je ne pouvais pas le toucher directement. Seuls certains objets pouvaient plus ou moins le toucher, et ma plus fidèle alliée fut une banane. Avec, je l’avais tabassé, presque assommé, sans même lui laisser le temps de répliquer ou d’appeler des collègues à la rescousse. Lui se servait de ses poings, ou de son pistolet à cravates – dont l’efficacité était équivalente à celle de ma banane.

Je traversais un couloir luxueux, orné de tapisseries élégantes. Le visage de l’ « Archiduc Sparadrap Ier » - il était tellement modeste qu’il avait entreposé des dizaines de portraits de lui – affichait un sourire bienveillant, donnant l’illusion d’une tranquillité. Les biographies indiquaient qu’il était le noble défenseur des lapins opprimés, et ministre de l’agriculture sous le tsar Planche à pain IV. Dans le but d’y trouver des informations intéressantes, et au pire de m’amuser un peu, je lisais chaque petite planche. L’une d’elles attira particulièrement mon attention.

« Appuie sur le carré rose pour te faire couper une jambe, ou pousse le petit triangle bleu pour savoir qui t’aime en secret. »

Mon choix se tourna naturellement vers le triangle en question. Qui sait, j’avais peut-être un admirateur secret ? Je voulais un brésilien, sur le coup. Un beau surfeur. Roux. Avec un appareil dentaire, mais seulement sur la partie gauche de la bouche. Il aurait un piercing dans l’œil, et chanterait l’opéra en faisant la vaisselle. Parce que ça changeait.
Mais la réponse ne fut pas celle escomptée.

« AH-AH-AH. Félicitations, vous venez d’enclencher l’alarme incendie de l’Hôpital. Si vous projetez de lire jusqu’au bout, sachez les « extincteurs » seront là avant. (relisez cette phrase en boucle jusqu’à ce qu’ils arrivent) Sachez que la personne qui pourrait potentiellement vous aimer un jour n’existe pas, après tout... Vous êtes déjà prise. Le changement vous possède, il ne vous lâchera jamais. AH-AH-AH. Bonne chance. »

Mon sang se glaça dans mes veines. Le texte s’était écrit spontanément, et il semblait ne s’être adressé qu’à moi. Sans plus attendre – cette plaquette était bizarre, mais, dans le doute, si jamais elle disait vrai pour les extincteurs... – je me précipitai dans le couloir, sans savoir où j’allais. Ce qui comptait ? Ne pas retourner sur mes pas. J’entendais des grésillements non loin, comme des murmures infimes qui complotaient dans l’ombre.

Et en même temps, c’était excitant. Encore une aventure, encore des gens à rencontrer, encore un lieu à explorer. Lorsque j’avais ouvert les yeux, tout à l’heure, sur cet endroit inconnu, je ne m’étais d’abord pas reconnue, parce que j’avais encore changé, et que je me souvenais m’être évanouie non loin de la mer flambesque, parce que je me sentais... différente. Trop différente. Au fond, je voulais être une autre, tout en souhaitant rester moi. Je voulais changer de cheveux, mais pouvait-on se séparer d’un corps ? Plus rien n’avait de réponse.

Un embranchement proposait d’aller à gauche, sur une allée sobre, ou de continuer tout droit, sur un couloir assez disco. Cependant, à peine m’étais-je avancée qu’une voix – faible, lointaine, à peine audible - attira mon attention.

«.. laissez-moi faire, je gère la situation ! »

L’idée de ne plus me faire courser par ces fameux « extincteurs », dont les bruits ne me venaient que par intermittence, me parut très séduisante. J’empruntai le couloir de gauche, mais je fus quelques secondes plus tard confronté à un petit problème d’importance majeure.

« BZZZ--- BZ --- »

Une demi-dizaine de créatures semi-transparentes se tenaient devant moi, chacune armée jusqu’aux dents, cigare en bouche et chapeau sur la tête. On aurait dit des hologrammes, mais pour en avoir déjà affronté un je savais pertinemment qu’ils pouvaient nous toucher sans que cela leur cause le moindre ennui. Et qu’ils ne seraient jamais fatigués… Au final, je n’aurais peut-être pas dû appuyer sur le triangle, mais ne valait-il mieux pas se précipiter dans l’inconnu pour sentir l’adrénaline monter en soi, plutôt que d’attendre passivement que tout arrive sans rien provoquer soi-même ?

« BZZZZZZZZ---
- Attendez. Je n’ai pas sorti mon arme, ce n’est pas loya---- »

Malheureusement, mes ennemis ne savaient pas ce que qu’était un combat dans les règles de l’art. Tels des vikings, il se jetèrent sur moi, et je ne pus que décamper à vitesse grand V, braillant dans tous les sens à l’intention de cette fameuse voix, bien qu’elle aurait – elle aussi – pu être un mirage ou un invention de ma pensée. Je croyais entendre l’entendre juste à côté, sur la droite, sauf qu’il semblerait que les couloirs fussent déterminés à ne pas me laisser tourner. Mes sandales me faisaient horriblement mal aux pieds – quelle idée en même temps… il n’y avait que ça – et je commençais à manquer de souffle. Lorsque je pus entendre distinctement le timbre masculin de tout à l’heure, je misai mes dernières forces dans ce maigre espoir.

La banane magique en frappa un, qui – en reculant – alla heurta ses congénères. Je n’aurais pas d’autres chances. Et j’en profitai.

Après quelques bifurcations tendues et trois tentatives d’assassinat par le décor, je débarquai en trombe. Devant moi, un poisson rouge et un jeune homme aux yeux vairons. La créature marine semblait aussi « présente » et capable de pensée qu’un être humain ordinaire, et bien qu’il me tâtât l’envie d’en faire une arme anti-extincteur, je me retins, pensant qu’il serait peut-être un atout stratégique pour notre équipe de fortune. (je ne comptais pas rester tout seule dans cet endroit..)

« Bonsoir. Ça va ? »

Je fis volte-face. Non, c’était pas le moment de faire les présentations, ni de papoter gaiement. Les extincteurs arrivaient. Et à entendre leurs bruits étranges et leurs cliquetis, ils étaient aussi excédés que moi. Je me devais aussi d’informer ces deux-là de la menace.

« Pour vous expliquer la situation, des fantômes me poursuivent – alors que je n’ai rien fait, je précise – depuis tout à l’heure, et ils vont probablement s’en prendre à vous dans les plus brefs délais. On ne peut pas les toucher sans un intermédiaire matériel, et chaque objet est plus ou moins efficace. Ils sont tous armés, bien sûr. »

Je haussai les épaules. Comprendraient-ils ? Je préférais tout simplement ne pas leur avouer la... réalité. Oui, c’était peut-être moi qui avais attiré ces choses-là, mais heureux sont les esprits simples ; que gagnaient-ils à savoir autant de choses ? Au fond, j’avais aussi peur qu’eux, et je voulais bien un peu d’aide.. Et j’avais décidé d’être égoïste, pour changer un peu. L’honnêteté ne m’avait pas mené à beaucoup de bonnes choses..

« Croyez-le ou non, seules les bananes pourront nous sauver… Vous me suivez ? De toute façon, moi, je ne traîne pas ici… »

Sans plus attendre, je poussai une porte violette à l’allure fort sympathique. Elle s’ouvrait sur une grande salle ; et surtout sur d’autres portes, potentiellement menant à la sortie – saint graal du moment, et il ne m’en fallut pas plus pour décider que ce serait ma nouvelle destination. Avec ou sans eux…





©️ eelis



Héhé, 1547 mots, je crois avoir battu mon record ! ♥️ Dance !
J'espère que ça vous va, j'ai l'impression d'avoir mis plein de trucs inutiles ;__; pardooon

Bien sûr, hésitez pas à rajouter des propriétés aux fantômes, hein, vous pouvez leur faire faire ce que vous voulez. =3
Anonymous
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le Dim 3 Fév - 12:44
Paranoia
Or just madness ?


Un drôle de poisson apparut soudain non loin de moi et de mes fichus agresseurs.

- Enfiiin, des gens... ahem, créatures de ma race sous-marine ! - Cela dit je respire à l'air libre, ahahah ! Hum, bref. Ne voyez-vous donc pas que ce pauvre homme est effrayé ? Non, non vous ne vous y prenez pas comme il faut. Tiens : allez vous reposer et laissez-moi faire, je gère la situation !

Les méduses-poulpes n'avaient pas l'air franchement enclines à coopérer. Mais ma déception fut courte car le poisson rouge réussit à les convaincre à force d'insister.
Je m'apprêtais à le remercier de m'avoir sauvé de ces méduses aux tentacules baveuses, mais l'inconnu ne m'en laissa pas le temps, il me poussa, en continuant à sauter - rond comme il était, il aurait eu du mal à avancer de façon plus digne - dans un coin reculé.
Ce n'était pas une mauvaise chose que de n'avoir eu l'occasion de parler, mon trou dans la joue me faisait affreusement souffrir - pas plus qu'après la Tempête, je m'étais vraiment sentis mal à ce moment là - car si les croûtes s'étaient formées, elles me donnaient une envie folle de frotter les bords du trou. Ce que j'avais évidemment fait, et le sang se répandait doucement dans ma bouche et sur mon menton.

- Très bien. Je m'appelle... Maxwell Kinder – comme le chocolat, c'est fou, non ? Et toi, je sais que tu peux m'aid...
- Oh, moi c'est Dementia, enchanté ! répondis-je en grimaçant de douleur, ouvrant le moins possible la bouche.

Je le regardais, surpris. C'était moi où il avait vraiment eu l'air de réfléchir avant de prononcer son nom ? Il ne s'en souvenait plus ? Un cri douleur passa mes lèvres dès que je fus secoué d'un premier éclat de rire, ce qui me fit stopper net.
Les bruits qui venaient de retentir ne m'inquiétèrent pas plus que ça, j'en avais entendu des biens pires... La voix tremblante du poisson interrompit mes pensées qui commençaient à divaguer.

- CHUT ! Tais-toi... Tu enteeends ? Ils sont là. Nooon ! NON ! Je ne veux pas ça... je ne veux pas qu'ils découvrent qui je suis... Par pitié, AIDE-MOI !

Je le regardais en haussant un sourcil. Cet être marin voulait que moi je l'aide ? Avec mon trou dans la joue qui s'était rouvert à force de hurler contre ces méduses-en-blouses-pas-blanches ? Haha. Très drôle, Max-le-poisson, très drôle. Décidément, ce... truc... m'avait prit au dépourvu ! Franchement, j'avais une tête à pouvoir l'aider ? En plus, rien ne me disait qu'il n'était pas l'agent des méduses et qu'il venait pour m'envoyer en salle d'opération chirurgicale, mais avec plus d'amitié ! Oui, j'y étais ! C'était sûrement ça, du bluff : il voulait me pousser à aller me faire disséquer de moi même. Et bien, cher Maxwell, tu ne m'auras pas comme ça, j'ai déjoué votre plan machiavélique entre aquatiques !

Alors que j'allais lâcher un rire tonitruant, un rire victorieux, juste avant d'envoyer au poisson son échec de plein fouet, je les vis.
Peut-être qu'il avait raison tout compte fait. Peut-être qu'il n'était pas un agent du Mal ! ... Non. C'était juste les renforts qui arrivaient ! Ils avaient déjà compris que j'avais déjoué leur plan - non ! pire, le fait que j'ai déjoué leur plan faisait partie d'un complot encore plus grand ! AH ! CES ENFLURES DE POISSON ! JE NE LES AI JAMAIS AIMÉS !
Mais cette fois ce n'était pas une méduse - non, c'était trop prévisible, ça ! - mais un énorme hybride requin à tentacules violet !

Je fouillais mes poches à la recherche d'une arme. En vain. Ces méduses-docteurs m'avaient dépouillé de tous les objets que j'avais sur moi ! J'avisais mes options :
- 1 : sauter sur l'hybride et le vaincre à mains nues.
- 2 : prendre le poisson et lui lancer dessus pour la ralentir.
Le choix fut vite fait, j'allais prendre ce machiavélique Maxwell et inverser la situation, j'étais sûr que ça allait prendre le requin-pieuvre au dépourvu ! On ne peut pas s'attendre à se prendre de plein fouet celui qui dirigeait les opérations - car c'était assurément lui, il paraissait le plus faible, c'était le déguisement parfait !

J'avançai la main vers le poisson pour le saisir et l'envoyer, afin de ralentir mon adversaire et de fuir, mais il ne m'en laissa pas le temps.

- Bonsoir. Ça va ?

Pardon ? Je n'avais pas rêvé ? La créature se moquait de moi ou bien cela aussi faisait-il partie du plan ? Pris au dépourvu, je ne savais pas trop quoi faire, et je la regardais d'un air hébété.

- Pour vous expliquer la situation, des fantômes me poursuivent – alors que je n’ai rien fait, je précise – depuis tout à l’heure, et ils vont probablement s’en prendre à vous dans les plus brefs délais. On ne peut pas les toucher sans un intermédiaire matériel, et chaque objet est plus ou moins efficace. Ils sont tous armés, bien sûr. Croyez-le ou non, seules les bananes pourront nous sauver… Vous me suivez ? De toute façon, moi, je ne traîne pas ici…

Je ne l'avais même pas écoutée, trop occupé à élaborer mon plan de contre attaque.
La créature courut vers une porte à la couleur douteuse, pendant que je réfléchissais un instant. C'était parfait ! L'occasion rêvée ! Même l'angle me semblait favorable pour une fois.
J'écartai le poisson de mon chemin, je n'en avais même pas besoin au final, puis me jetai sur l'hybride en poussant un sauvage cri de guerre, qui se transforma rapidement en cri de douleur car j'avais complètement rouvert ma plaie, et elle déversait des flots de sang.
Je sautais sur l'hybride et le plaquai au sol, après la porte, laissant cette dernière se plaindre d'une telle violence menée contre elle. J'essuyai le sang qui coulait de ma joue avec mes mains, me barbouillant le menton et m'en répandant sur les doigts - quelques gouttes venaient aussi s'écraser sur la créature.

- HAAAHAAaaaïe ! lançai-je. Je t'ai eue, vile créature aquatique du Mal ! Tu servais ce poisson dans le but de m'envoyer en salle de dissection, n'est-ce pas ? AVOUE TON CRIME !! Aoutch !

J'immobilisai la créature avec mes mains rouges, salissant sa peau sans ménagement et maintenant ce que je croyais être son coup, dans l'espoir de la dissuader de bouger.
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le Mar 28 Mai - 16:12
(désolée pour la longueur, Max parle beaucoup éè)

les truites ne font pas les poissons rouges
    « Oh, moi c'est Dementia, enchanté ! »

Il s'en doutait ! Ce nom lui disait vaguement quelque chose – Maximilian n'avait pas pour principale habitude de se rappeler l'appellation de chacun de ses admirateurs. Pour tout dire, il y en avait tellement que tous les avoir en tête lui semblait littéralement impossible. Bon, au moins, il savait à qui il avait affaire, et le tout était de lui soutirer les bonnes informations.

Comme ce qu'il s'était passé avant qu'il ne se transforme en… ça. L'ex-peintre se rappelait tout juste être monté sur l'Estrade Sacrée, avoir commencé son discours avant d'être interrompu par un homme qui se disait être styliste et son domestique Ambros – le seul, l'unique dont il se souvenait le nom. Ensuite, tous deux glissèrent sur un liquide rouge – du jus de poisson rouge ? – puis tombèrent à l'intérieur d'un énorme trou. Et puis, il y avait…

… l'Œuvre. Celle qu'il avait tant chérie, adulée, respectée, créée de ses propre mains. Elle avait fini par se retourner contre son Maître tout-puissant, lui laissant pour seule récompense un paquet de côtes fracturées et cette désastreuse apparence. Maximilian voulait se venger ; Ô, oui, il méritait bien une vengeance, et l'Œuvre une punition. Il ne savait ni quand ni comment, mais il aurait sa revanche, pour sûr.

En attendant, Max avait bien vu, du coin de l'œil, d'autres de ses sujets dégringoler dans le tunnel pendant que lui-même se vidait de son sang. Mais après, trou noir, il ne se souvenait de rien – jusqu'au moment où il s'était réveillé sous cette forme. Sûrement l'émotion ; désormais, le plus important était de retrouver Ambros, son plus fidèle sous-fifre. Il était sans conteste le seul en qui Max avait encore toute confiance (à part lui-même).

Or, toute recherche serait vaine si Dementia ne le mettait pas sur une voie.

Maximilian ruminait ces quelques pensées lorsqu'une silhouette apparut à l'angle du couloir. C'était une jeune fille, ni trop grande ni trop petite, avec de longs cheveux violets. Bah, on pouvait s'attendre à tout, dans l'Œuvre : lui-même était bien devenu un vertébré aquatique.

    « Bonsoir. Ça va ? », fit-elle.

Maximilian poussa un long soupir, recrachant au passages les quelques gouttes d'eau coincées dans ses branchies. Il leva les yeux vers la jeune demoiselle et, toujours en rebondissant, semblait plus la regarder de haut que d'en bas – le poisson était pourtant bien plus petit. Son regard agacé semblait signifier quelque chose du genre : « Quoi ? Ça ne te paraît pas évident comme ça, petite subalterne ? Tu vois bien que je pète la forme, dans ce corps élastique à la couleur repoussante ! ».

    « Disons que ce n'est pas le meilleur jour de ma vie. »

Dementia comme Maximilian avaient stoppé leurs gestes pour écouter la femme. L'énergumène cramoisi continuait néanmoins de ricocher sur le sol, écrasant au passage la face trouée du blondinet.

    « Pour vous expliquer la situation, des fantômes me poursuivent – alors que je n’ai rien fait, je précise – depuis tout à l’heure, et ils vont probablement s’en prendre à vous dans les plus brefs délais. On ne peut pas les toucher sans un intermédiaire matériel, et chaque objet est plus ou moins efficace. Ils sont tous armés, bien sûr – la demoiselle haussa les épaules, l'ai las. Croyez-le ou non, seules les bananes pourront nous sauver… Vous me suivez ? De toute façon, moi, je ne traîne pas ici… »

Maximilian s'apprêtait à rétorquer que de toute façon, un fantôme, ce n'est pas matériel et ne peut faire de mal à personne, et que l'Œuvre s'acharnant à le blesser – dans tous les sens du terme – il était vain de chercher à lutter physiquement. Pour le moment. Le moins qu'il pouvait faire, à cette heure de ce jour, c'était de retrouver son sous-fifre préféré. Soudainement, Dementia éclata d'un rire tonitruant, ce qui fit naître une moue incrédule sur le visage du Dieu Truite.

Bien sûr, il aurait anticipé le futur s'il en avait eu connaissance. Or, comme ce n'était pas le cas, il ne le pouvait pas. Ce qui est logique. Bref, le jeune homme se libéra de l'emprise de Max et se rua sur Cheveux-Violets, cherchant à la frapper d'une quelconque manière.

    « HAAAHAAaaaïe ! Je t'ai eue, vile créature aquatique du Mal ! Tu servais ce poisson dans le but de m'envoyer en salle de dissection, n'est-ce pas ? AVOUE TON CRIME !! Aoutch ! »

Alors, un sentiment de justice s'empara de Max. Non pas qu'il voulût venir en aide à cette fille – il devait déjà s'aider tout seul ! – mais si son propre auxiliaire partait, ce serait la fin des haricots. Il bondit donc jusqu'à l'étrange couple, tentant comme il put de les séparer.

    « Allooons, chers suj… confrères ! Ne vous faites point tant de mal ! Je vous rappelle que nous sommes une monar… démocratie, ahahah (naturellement, son rire sonnait faux), ici nous sommes tous libres et égaux en droits. Donc inutile d'essayer de vous taper dessus, car tout geste inconvenant sera bien évidemment puni par la loi ! Ahah ! »

Pour Max, prononcer ces mots avait sans doute été un véritable supplice. Il fit de son mieux pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux.

    « Bien, fit-il une fois sûr et certain d'accaparer toute l'attention de l'auditoire, primo, sachez que les créatures aquatiques ne sont pas (toutes) maléfiques. Les poissons rouges ne sont certes pas un très bon exemple de bonhomie – ah, mais je ne me vise pas ! Pas du tout, mais disons qu'à la base je ne suis pas un… poisson rouge, justement. De toute façon, ce serait trop long à expliquer. Bref, secundo, personne – je dis bien personne – ne se sert de moi, le grand Maxi… well. C'est une question de bon sens : le monde admire trop ma personne pour m'utiliser comme un futile détritus. Tertio, disséquer des hommes, très peu pour moi : par malheur, l'anatomie humaine est trop… réaliste. Je préfère largement faire des découpages dans du papier Canson ou peindre quelque autre toile, ça au moins, ça développe l'imagination. »

Tiens, quelque chose semblait apparaître au loin…

    « Bon, bon, bon, je répète pour la jeune sous-ordre, mon nom est Maxwell Kinder (cette fois, il fit attention à ne pas écorcher les mots) et je viendrais bien m'enquérir du tien – je suis certain que tu ne voudrais pas que je t'appelle « subalterne ». Mais… après tout, me direz-vous, à quoi cela sert-il de continuer à vous nommer ainsi, vous autres les êtres inférieurs ? Car l'Œuvre n'est plus celle que je croyais – que nous croyions tous, d'ailleurs. »

Ces êtres… Ne seraient-ce pas…

    « TOUS AUX ABRIIIS !!! », hurla le peintre en distinguant les silhouettes des fantômes – bien qu'il eût auparavant failli plaider leur cause.

Ni une ni deux, Maximilian bondit hors de portée des prédateurs. Soudain, il se cogna la tête contre un pan du plafond différent du reste. Une… une trappe ! Le poisson misa tous ses efforts sur le prochain saut. Pourvu qu'il soit assez puissant… parfait. Voilà la trappe ouverte, donnant sur un étage supérieur du bâtiment gonflable. Max s'y glissa prestement, puis tendit une petite nageoire aux autres, par l'ouverture.

    « Alors, vous venez oui ou non ? »

Malgré son égocentrisme aigu, même le plus ridicule des poissons avait un cœur.

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le Ven 31 Mai - 22:54

ACTE I, SCÈNE 5 ▬ ghost busters
violette/hilda & maximilian & plushie, à l'hôpital, narration aux premières et troisième personne.



À la première question, la plus facile, le plus petit des deux fut le seul à répondre, tandis que l’autre me faisait des yeux de merlans frits, sur lesquels je ne parvins pas à me fixer, tant mon regard était attiré par cette joue entrouverte, ce sang qui en coulait délicatement.

« Disons que ce n'est pas le meilleur jour de ma vie. »

Il parlait ! Je ne savais pas trop comment, et en fait je m’en fichais, mais je pouvais désormais me vanter de savoir parler aux poissons ! Même si c’était plutôt lui qui savait parler avec moi.. Je n’eus cependant pas le temps de lui exprimer mon opinion, parce que j’avais autre chose à faire. Cette porte violette, oui, nous en étions là.

Je voulu l’ouvrir, mais soudainement, le type sanglant se jeta sur moi, me faisant tomber à la renverse. Quelle brute ! Quel personnage intéressant. Je n’aurais jamais eu l’idée d’agresser quelqu’un que je venais de rencontrer, et le concept était relativement chouette. Le fluide pourpre s'égouttait sur mes habits blancs, tandis que nos visages étaient si près, et que nous nous regardions droit dans les yeux. J’hésitais à le repousser, parce qu’il était impressionnant, et qu’il me faisait oublier tout le reste. L’alentour se noyait dans ses pupilles, et sa fureur devenait un tout. Je n’entendis pas vraiment l’accusation qui me porta, peut-être était-ce sans intérêt, peut-être était-ce trop loin. Peut-être était-ce juste le moment, qui voulait que je pense à autre chose.. Je ne l’aimais pas, parce que je savais qu’il serait oublié bien assez tôt, mais j’avais envie de m’amuser avec lui, plus qu’avec le poisson qui parlait, plus qu’avec les illusions. Est-ce qu’il était toujours comme ça, qu’est-ce qu’il voyait ? Je lui posai la première des questions, ou plutôt la première qui me vint.

« Est-ce que tu aimes les sandwichs au thon ? »

Dans un sourire, je l’attendais alors. Je me jouais du sang, de la violence et du reste, je voulais juste connaître son opinion sur ce débat hautement philosophique. Mais hélas, la conversation tourna court, car la créature de bocal s’approcha en bondissant de nous, et brisa cette union nouvellement née.

« Allooons, chers suj… confrères ! Ne vous faites point tant de mal ! Je vous rappelle que nous sommes une monar… démocratie, ahahah,ici nous sommes tous libres et égaux en droits. Donc inutile d'essayer de vous taper dessus, car tout geste inconvenant sera bien évidemment puni par la loi ! Ahah ! »

Il avait l’éloquence, il avait le mystère pour lui, et dans l’inflexion de ses mots naissait un nouvel intérêt. Cette fois différent, comme tous les autres. Il devait être avocat, ou quelque chose comme ça, parce que la politique le faisait rire - drôlement rire. Ou peut-être était-ce simplement de s’entendre réciter la loi par un poisson rouge que l’on venait de rencontrer.

Mais, plus intéressant...

« Tu veux dire qu’il y a une loi ici !? Dis-moi tout ! Enfin je veux dire, dans l’optique de respecter au mieux cette loi, il faudrait que je la connaisse, non ? »

S’en suivit un autre sourire, le même que j’avais fait à l’autre, dont j’avais déjà oublié l’éclat. Je me fis également la réflexion que si c’était pour rencontrer de tels gens, alors je voulais bien aller à l’hôpital plus souvent, en évitant peut-être d’appuyer sur toutes les pancartes du coin. Peut-être, parce que c’était drôle, et que ça pouvait continuer... des années si je voulais, des siècles si ça ne me lassait. Sauf que ça me lasserait, et qu’eux aussi, ils deviendraient fades. Pourquoi vouloir tant changer ? C’était une question que je ne me posais jamais, peut-être parce que la réponse n’existait pas. Ou qu’elle changeait à chaque seconde.

Ainsi, j’étais là, tournée entièrement vers celui qui captait les attentions et faisait converger les regards, tel un marionnettiste manierait ses fils avec brio, tel un démiurge d’Athènes dont la flûte rhétorique charmerait coeurs et esprits. Et il reprit.

« Bien, primo, sachez que les créatures aquatiques ne sont pas (toutes) maléfiques. Les poissons rouges ne sont certes pas un très bon exemple de bonhomie – ah, mais je ne me vise pas ! Pas du tout, mais disons qu'à la base je ne suis pas un… poisson rouge, justement. De toute façon, ce serait trop long à expliquer. Bref, secundo, personne – je dis bien personne – ne se sert de moi, le grand Maxi… well. C'est une question de bon sens : le monde admire trop ma personne pour m'utiliser comme un futile détritus. Tertio, disséquer des hommes, très peu pour moi : par malheur, l'anatomie humaine est trop… réaliste. Je préfère largement faire des découpages dans du papier Canson ou peindre quelque autre toile, ça au moins, ça développe l'imagination. »

Et il était intéressant. Son égocentrisme démesuré faisait graviter les planètes autour de lui, et même si je ne comprenais pas tout ce qu’il disait, ou que j’en oubliais la moitié, je l’appréciais déjà. Il n’était pas un poisson rouge, non, Maxiwell était déjà bien plus que ça. Plus que mon centre d’intérêt, plus qu’un avocat qu’on avait probablement décoré plusieurs fois, plus qu’un artiste peintre. La seule chose qui était dommage, dans son discours, c’était qu’il n’aimait pas la dissection, parce qu’un poisson rouge avec un bistouri, ça serait quand même sacrément intéressant.

« Bon, bon, bon, je répète pour la jeune sous-ordre, mon nom est Maxwell Kinder et je viendrais bien m'enquérir du tien – je suis certain que tu ne voudrais pas que je t'appelle « subalterne ». Mais… après tout, me direz-vous, à quoi cela sert-il de continuer à vous nommer ainsi, vous autres les êtres inférieurs ? Car l'Œuvre n'est plus celle que je croyais – que nous croyions tous, d'ailleurs. »

La jeune sous-ordre ? Je me demandais qui ça pouvait bien être.. Mais soit, j’imaginai alors que c’était moi, car l’autre n’avait pas l’air d’une fille. Je suis....

Qui j’étais, déjà ?

Juste une autre personne. Juste une autre chimère née de mon esprit, qui serait moi, sans l’être, et qui serait différente de toutes les autres. Hilda, Violette, disparaissez, je prends votre place. Cette fois, faisons dans la fantaisie, les prénoms c’est assez.

« Tasse. Mais subalterne, ça me va aussi ! Au fait...... »

Et comme moi, Kinder les avait vus. Ils étaient là, marchant dans l’allée, armée et poings serrés, prêts à lancer l’offensive. Comme s’ils regardaient vicieusement chaque attitude, chaque expression, et qu’ils tentaient d’en analyser les sens. Leur démarche était lente, sans arrêter d’être rapide : alors qu’ils semblaient avancer trop vite, le temps était détraqué, et finalement ils arrivaient lentement. Le poisson rouge cria de se mettre aux abris, et je pensai que ce n’était pas une si mauvaise idée, surtout aux vues de mon altercation passée avec eux, et de la rumeur comme quoi ça serait de ma faute.

Tandis que je courrais dans les sens, sans destination et sans but, je croyais que foncer dans le tas était la seule - et la meilleure - solution. Cependant, nous avions un stratège parmi nous, qui sacrifia son intégrité physique pour nous sortir de là. Une trappe. Là, au plafond, elle nous tendait la main.

« J’arrive ! »

C’était trop beau, c’était sûrement un piège des plus absurdes, mais c’était un beau piège, et je voulais nourrir cette flamme qui m’animait. C’est-à-dire connaître davantage ces deux personnes, jusqu’à ce que leurs équations se résolvent, et qu’ils n’aient plus d’inconnue.

Et toi, d’inconnues, combien en as-tu ?
Peut-être six, peut-être dix,
Ou bien rien.


Sans trop regarder par derrière, j’entrepris alors de remonter la pente, tout en veillant bien, au cas où j’écraserais accidentellement quelqu’un, bien que cela ne soit pas une priorité. Tant que je ne les abîmais pas trop, on faisait aller. Je grimpai comme Amstrong marchait sur la lune, et comme un oiseau s’en allait à son nid : une douce ascension dans laquelle je me sentais flotter sans problème. Bon, ce n’était pas très agréable de se cogner ou de s'agripper un peu partout, mais c’était comme traverser le tuyau emprunté par les Totally Spies. À l’envers. Jerry nous renvoyait à notre vie normale, après une dure mission.

Je priai pour que ce ne soit pas le cas. Car j’avais tout sauf envie de baigner dans la tranquillité ; trop peu pour moi, je m’y noierais, je m’y mélangerais, et il ne resterait de moi qu’une couleur, vaguement dissipée dans la fade blancheur du quotidien.

Le bout approchait, il était encore loin mais nous envoyait cependant ses odeurs, ses parfums, ses senteurs.

« Ça vous dit une tarte à la fraise ?! On dirait qu’ils cuisinent en haut... ça serait bien, mais personnellement, je ne goûte qu’aux plats exquis. Voyez-vous, une tarte à la fraise contient trop de fraises : pire, elle n’a que ça. Une tarte à la fraise avec du sel, des oignons, des fins copeaux de carotte, de la confiture au lait, du dentrifice, du homard frit et de la chaussette grillée, c’est déjà plus intéressant vous trouvez pas ? »

Sur ces sages paroles, je passai la tête en dehors du conduit, et admirai en exclusivité esquisséenne notre nouveau terrain d’expérimentations.

Vous voyez, la morgue ? L’étage où l’on ne va pas, le sanctuaire régi par la mort elle-même, la Destination Finale de tout être vivant. L’on imagine facilement cet endroit comme un lieu sombre, un temple silencieux du quel nulle ne sort. Un royaume livide qui ne connaît aucune autre saison que l’hiver, et qui nourrit son peuple de pourriture.

Ici, il en était de même, sauf qu’on avait transformé la princesse cadavérique en dessin d’enfant, qui trônait piteusement, attachée à sa corde, avec tous les autres. Une plèbe de méchants, de gentils, de héros : gribouillés, arrachés, déchirés, ils avaient troqué leurs épées contre des fers à lisser, et de leur naïveté, l’on ne trouvait plus que le parfum du goûter. La tarte à la fraise, c’était ça, c’était la moisissure sucrée qui s’accumulait.

Ici, outre ce cimetière de jeunesse, outre les décorations morbides et les photos d’enterrements, on pouvait souffler. Je me posais dans un coin, préférant détourner les yeux de ce massacre enfantin.

« Fiou.. Vous croyez qu’ils vont revenir ?! »


© eelis



J'ai encore battu mon record même si j'ai fait trop de descriptions inutiles ;;
Pour mieux expliquer ce nouvel étage, c'est juste une morgue avec des dessins gribouillés, déchirés et tout, qui sont pendus à des cordes côte à côte. la moisissure étant ici de la tarte à la fraise ; il s'en dégage une pareille odeur!
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