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2 en 1, comme les promos au supermarché ! ▬ Pandore.

Anonymous
Invité
Invité
le Jeu 23 Mai - 22:58

ACTE 1, SCÈNE 5 ~ Parasite
violette et pandore, à la boulangerie - narré à la première personne et par Pom



Fiou.

C’était le mot, le seul, l’unique, le premier qui venait en bouche, et qui ne repartait jamais, ou alors il finissait par revenir. Oui, fiou, c’était le cas de le dire, je l’avais échappée belle. Échappé à quoi ? En réalité, j’avais préféré ne pas me retourner, pour ne pas savoir de quoi il s’agissait, pour courir, encore et toujours plus vite, courir plus loin que mon ombre, plus loin que tout le reste. Si l’expérience avait été relativement sportive, elle n’en avait pas moins été distrayante. Courir, dans ce monde-ci, c’était un plaisir, un vrai. On voyait les paysages étranges se profiler au loin, on croisait des objets tous plus loufoques les uns que les autres, on se riait du temps, des autres, et la course semblait ne jamais vouloir s’arrêter. Oui, courir, c’était explorer, car il n’y avait jamais aucun sentier commun, aucune ruelle qui eût pu nous rappeler un quelconque souvenir, aucune lassitude à admirer le panorama, encore et encore, à divaguer sous ce ciel si vaste, toujours.

Alors, pourquoi avoir cessé de courir ? Pourquoi m’être stoppée, tout d’un coup, devant cette devanture assombrie, plantée là au milieu de nulle part ? Parce qu’il faisait peur, qu’on entendait mollement une sinistre mélodie s’en élever, ou qu’on pouvait, peut-être, imaginer quelque somptueux donjon aux mille trésors derrière cette porte imposante. Et aussi, sûrement, pour autre chose ; cette délicieuse odeur de miel qui envahissait mes narines, comblait mes sens et m’attirait inexorablement vers sa source, et aujourd’hui, c’était le parfum que j’avais choisi d’adorer. Comme si c’était fait exprès.

La poignée ressemblait à un ananas cristallisé, orné de motifs pailletés, recouvert d’encre noire qui accrochait aux doigts. Je pouvais la pousser, ou; non, j’aurais déjà dû le faire depuis longtemps, et pourtant, non, je continuais à laisser divaguer ma main dans tous les sens, pour répandre le liquide foncé un peu partout. Comme si j’étais un vampire ou un zombie, que je tentais d’entrer dans un sanctuaire qui m’était interdit, et qu’il me résistait, qu’il me bloquait à l’extérieur pour mieux garder son secret ou protéger ses résidents. Comme si, au fond, je savais bien qu’il me vaudrait mieux continuer ma route, et que je m’obstinais pourtant à y aller, à mes risques et périls. Mais ce n’était pas le cas, car si on considérait qu’ici, tout était dangereux, alors cet endroit n’avait rien de vraiment particulier, et je ne subirais pas plus de séquelles que la normale à y aller. Ou au pire, ce serait tant pis, qui vivra verra.

Finalement, après quelques attentes, des hésitations et des doutes, je partai à l’aventure, avec pour seul compagnon mon courage. Lentement, je fis coulisser l’un des battants de la porte, qui semblait alors mettre plus d’une éternité à s’ouvrir, comme c’était le cas dans de nombreux films d’horreur, où chaque détail était mis en scène pour effrayer, où chaque sonorité était aménagée pour paraître la plus glauque possible. Enfin, le dernier point n’était peut-être pas tout à fait vrai - ça n’aurait pas été marrant sinon -, puisqu’à peine ma main fut passée dans l'entrebâillement, qu’une étrange fanfare retentit. Non, pas étrange, plutôt enfantine et sucrée, qu’on faisait toujours semblant de trouver mignon, alors que ça nous cassait les oreilles, parce que les enfants chantaient faux et que les paroles ne voulaient rien dire. J’avais toujours détesté les entendre, comme ça, brailler leur comptine à tous les évènements, juste pour le plaisir de mettre de l’ambiance.

Sans réelle méfiance, je m’avançai donc dans cette allée, qui n’était autre qu’un chemin fait de chocolat, bordé de coulis caramels au flot irrégulier. Je marchais sans problème, mais assez rapidement, car mon support avait tendance à fondre de manière inopinée, jusqu’à la porte, encadrée par deux sucres d’orge qui se croisaient au centre, la porte de cette maison qui me rappelait vaguement un conte pour enfants. Ou du moins, une reprise version hardcore, car derrière les confiseries, je devinais sans mal quelques dents métalliques pointues, prêtes à déchiqueter quiconque voudrait entrer. C’était amusant ! Et justement trop, car alors, me vint la pensée qu’entrer par la porte serait trop banal, et qu’il faudrait faire autrement pour survivre, et aussi pour se divertir encore plus !

Je passai entre les plantes du jardin, qui offraient de magnifiques sucettes en guise de fleur, ainsi qu’un beau parfum de confiserie, qui donnaient faim, qui obligeaient presque à les saisir, à les dévorer sans sommation, et surtout sans prudence. C’était beau, c’était tentant, et on n’avait jamais vu des sucettes pousser dans les rues ou dans les champs, avant, alors je voulais savoir quel goût ça avait. J’en arrachai une tige, et la regardai de tous les côtés ; celle-là était bleu azur, plus grande encore que les autres. Les feuilles enlevées, je commençai mon ouvrage de gourmandise, sans plus me préoccuper de la maison, de l’entrée, du danger et du reste. J’étais là, allongée au milieu de ce parterre sucré, où chaque feuille était comestible, à explorer la saveur du paysage, à les entremêler, et à choisir celle que je préférais. Du glucose, du sucre, encore du glucose, et du sucre ! Il y en avait tant qu’il s’agglutinait partout, qu’il me collait, et qu’avec l’étourdissement qui suivait ma dégustations, je n’avais plus ni l’envie ni la force de me relever. J’étais trop bien, ici, et je pourrais y dormir, car chaque sucette avait un goût différent, et qu’il y en avait des centaines !

Ah, oui, j’étais si bien, ici, je regardais le ciel afficher les différentes façons de tuer un cactus déguisé en yaourt, si jamais on en croisait un, je le voyais s’émanciper et se perdre, un peu comme moi, dont les yeux vermeils... étaient entraînés par le sommeil.


*******************


Hem, hem. Tu m’entends ?

….



Allô ?

Ah, voilà, c’est mieux, c’est plus simple comme ça. Ça faisait si longtemps que je n’avais pas réussi à piéger quelqu’un, tu comprends, le matos rouillait un peu. Et il faut avouer que ce n’est pas très confortable, ici, ça bouge dans tous les sens et y’a pas moyen d’être tranquille quelques minutes...

Heureusement, là, tu dors, cher hôte, alors je n’ai plus aucun scrupule à me blottir dans ton esprit, à y installer mes petits affaires et à me servir un thé. Tu dors, tu prends du bon temps dans ta sieste, et tu m’oublies un peu ; c’est pour ça que c’est mieux. J’ai pu m’amuser sans rencontrer d’opposition, fouiller dans les moindres recoins de ta petite cervelle et jouer avec. C’était très divertissant, de débrancher tous ces câbles mentaux, et d’en mettre d’autres à la place. Je ne sais pas à quoi tu ressembleras au réveil, je me demande... d’ailleurs, je n’ai pas emporté mon manuel, donc j’espère qu’il fallait bien enlever le fil rouge...

Et sinon, moi. Je suis Pom, comme dans “pom-pom girl”, sauf que je n’agite rien, que je n’encourage aucune autre cause que la mienne, et que je ne partirai pas une fois le match fini. Sauf si je perds, peut-être. Ça fait une éternité, peut-être même plus, que j’attendais ta venue, ou enfin une créature de ton espèce, avec la plus grande impatience, et dans le plus bel ennui. Les sucettes n’ont pas un cerveau des plus évolués, aussi la conversation se ternissait rapidement. Mais j’espère que je pourrai bien discuter avec toi. Si tu veux je te donnerai mes astuces pour gagner au poker à tous les coups, et on partagera les bénéfices.

Ou pas. Car j’ai bien l’intention de tout prendre avec des intérêts. Enfin pas tout de suite, car c’est trop difficile, et que je n’étais pas le meilleur de la classe pour m’introduire dans les esprits humains. Et aussi parce que c’est plus divertissant si tu t’en rends compte. J’ai des collègues qui n’aiment pas la cohabitation, mais moi si, car ça rend le dialogue plus vivant, et qu’on peut se partager les tâches. Pour mieux me gausser de toi, je préfère te connaître, te laisser résister, t’entendre penser et t’entendre crier, puis te voir petit à petit t’éteindre, comme je l’ai prévu.

En attendant, cher hôte dont le nom est incertain - je n’ai pas piraté toute la base de données, on va dire -, je te regarde dormir, et j’attends que tu te réveilles, car je crois que tu n’es plus seule ici, désormais.

Il y a toutes ces voix dans l’ombre, et puis cette fille, qui vient d’arriver.




© eelis


#B497D9 pour la couleur d'écriture.

Ehhh voilàà ♫ Je suis pas aussi douée que toi pour les "petites voix" mais j'espère que ça ira et que ça te conviendra ^^


Anonymous
Invité
Invité
le Jeu 1 Aoû - 15:58


Maintenant, ce monde me paraît moins irréel. Je prends conscience que je ne rêve pas, que ce monde est bien réel... A moins que cela soit ma folie qui l'imagine et qu'en ce moment même je ne suis plus la même ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je ne comprends plus. J'erre, ne sachant pas où aller, découvrant des choses de plus en plus étranges mais au final, on s'y habitue c'est monnaie courante ici. Et puis, j'avais levé les yeux au ciel. Ce ciel... Ce ciel est tellement beau, tellement profond... Ce monde était vraiment magnifique quoi que je puisse dire.

Mais, qu'est-ce que ça fichait là ? En plein milieu de ce paysage coloré qui me laisser rêveuse, il y avait une devanture sombre et mystérieuse. Cela me faisait penser aux fabriques de pains, même si je ne connais plus vraiment le nom exact. Une odeur sucrée émanait du bâtiment. C'était étrange, je me sentais comme attirée mais ma poitrine me serrait, me disant de ne pas y aller. Mais cette odeur était tellement enivrante...

Tu n'as pas envie de savoir ce qui se cache au bout de cette allée ? Cette odeur... Allez, entame le pas, vas-y. Ouvre ce petit portail, ce n'est qu'un obstacle aux surprises qui t'attendent de l'autre côté... Pense à ce que tu pourras découvrir, toucher, goûter. A toutes les merveilles qui te sont cachées pour le moment, qui ne sont pas tiennes mais qui le deviendront une fois que tu auras passé ce fichu portail...

Je t'ai déjà dit de ne plus me parler ! Comme-ci j'allais l'écouter. Je fis volte-face et était désormais dos à cette étrange fabrique. Je regardais fixement devant moi, déterminée à partir d'ici. Trop tard. Tout ça avait attisé ma curiosité, la tentation est bien trop forte. Un petit coup d'oeil derrière mon épaule, mes doigts baladeurs touchaient la porte. Elle était un peu... Dégoulinante. J'ai ramené mes doigts à hauteur de ma bouche, j'ai fermé les yeux et je les ai léchés. C'était fondant, onctueux, sucré... Du... Du chocolat ? Je me suis retournée avant de laisser glisser mes doigts le long de la porte pour les lécher à nouveau.

Je ne pouvais plus reculer, c'est comme si... Tout cela m'appelait. J'ai pris une profonde respiration et j'ai approché lentement la main vers la poignée, pour enfin l'ouvrir. Je l'ai laissée ouverte derrière moi, je ne pensais pas que cela changerait quelque chose. Et je me suis avancée dans cette allée. Il y avait toujours cette odeur sucrée qui me titillait. Cette allée était très... Chocolatée, surplombée d'un coulis caramel... Si j'avais peu d'estime envers moi-même, je me serais accroupie pour en lécher les dalles. Enfin, je devais me dépêcher car ça commençait à fondre.

Arrivée devant la porte, ornée de deux sucres d'orge, j'effleurai la poignée, prête à l'ouvrir sans me soucier de ce qu'il y avait derrière quand l'odeur revint me titiller. Je me détourna de l'allée pour aller dans les jardins. Des bonbons poussaient à même le sol, les insectes ne semblaient être que de simples sucreries... Et si... ?

Je me suis laissée tenter. Oh en voilà une jolie plante ! Je l'avais cueillie, j'ai enlevé les feuilles soigneusement avant de les porter à ma bouche. De la pâte d'amande. Puis, j'ai croqué la plante. De la réglisse. C'est divin. Un papillon s'est posé sur mon épaule. Il semblait ne vouloir être que déguster alors je l'empoigna avant d'arracher ses jolies ailes blanches, elles avaient un goût de chocolat blanc. Son corps, quant à lui, semblait être une sorte de bonbon en forme de banane.

Tout n'est que sucrerie et je ne rêve pas... C'est si bon, si doux, ça fond sur le palais, sur la langue, ça colle aux dents, cela procure un plaisir intense... Mais, qu'est ce que c'est ? Un pied ? Je me suis avancée, une jeune demoiselle semblait assoupie au milieu de sucreries. Elle avait donc elle aussi, était attirée dans ce milieu proche de l'absurde ? Je ne sais pas si je devais la réveiller, je ne sais pas si elle me ferait du mal mais, je me sentais confiante. Alors, je me suis assise à côté d'elle attendant qu'elle se réveille.
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