L'aube aux doigts de rose | 『 』

Oubli
Faire des erreurs c'est progresser, se prendre au sérieux c'est régresser
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le Sam 19 Oct - 22:08


Il y a un truc bizarre qui se passe entre nous, et je ne saurais trop dire quoi avant de voir nos doigts entrelacés. En d’autre viemps cette vision m’aurait étoqué pour des raisons plus simples, je ne le connais pas depuis longtemps, quelques heures tout au plus et nos doigts se mêlent comme si l’éternité nous liait. Non, ce qui m’intrigue c’est l’aube qui nait entre ses doigts et le crépuscule qui nait entre les miens.

A deux nous ne sommes pas deux, nous sommes nautre.

C’est étrangrisant.

Je ne lâcherais jamais sa main.

Mes pas l’entrainent jusqu’à la ville. Elle est gigarande, les gens y sont nombreux. Etranges. Etrangers à la bulle qui nous a entouré. Je serre un peu plus mes doigts.

« Je t’emmène à l’hôtel, il faut qu’on te trouve une chambre et des habits secs… »


Surtout des habits secs… je l'ai aidé à repenfiler les siens avant d'entrer en ville. Est-ce que je suis sérieusement en train de me dire que j’vais proposer à un parfait inconnu (nu c'était le cas de le dire...) de partager ma chambre ? Oui. Tant que je lui tiens la main j’ai (un peu) moins peuroublier. On ne peut pas peuroublier quelque-chun qui vous change, non ?


Dernière édition par PiuPinu le Dim 20 Oct - 21:04, édité 1 fois (Raison : Revocabulation ~Wittgenstein)


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Lhûn
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le Dim 20 Oct - 16:06
J'ai senti ses doigts frôler ma peau.
Remplacés par une fraîcheur moite.
Étoffe blanche.
Mes vêtements.

J'ai senti sa chaleur.
Irradier sur moi.
Me réchauffer.

Sa chaleur.
Sa douceur.
Elle est toujours là.
Au creux de ma paume.

Je la regarde.
J'ignore comment je la regarde.
Je n'ai pas froid.
Je serre sa main.
J'existe.
Le sait-elle ?

J'existe.

Pour la première fois.
Ici et maintenant.
Grâce à elle.

Elle me donne des couleurs.
Je vis.

Jour, nuit.
Passé, présent.
Futur.
Elle avance.
J'avance avec elle.

La ville se dessine.
Tout autour.
Décor étranger.
Lieu inconnu.
Il s'impose à mon esprit.
Il envahit mon espace.
Remplit ce monde qui n'existait que pour nous.

Nous.

...

Je tremble.
Je ne lâche pas sa main.

Ici je ne suis personne.
Il n'est personne.
Un visage indistinct.
Invisible.
Vide.

Elle avance.
Des murs l'entourent.
L'entourent.
M'entourent.
Elle avance.
Je serre sa main.

Je la regarde.
J'ignore comment je la regarde.
Qui suis-je.
Qui suis-je pour elle.
Qui est-il.

Il n'est personne.
Est-ce que j'existe ?

Émotion vive.
Il...
J...

J'ai peur.
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le Dim 20 Oct - 17:59


Les éolarbres laissent progressivement place aux murs de bric et de brocs. La Ville, territoire hospitalier parmi tous pour les dessinateurs, n’est pas uniforme. J’ai encore du mal à distinguer tous les matériaux qui ont servi à sa construction, mais je ne m’y suis pas particulièrement intéressée j’avoue. Il y a souvent trop de personnes, et ma singularité attire trop de regards pour que je m’y sente à l’aise. Je dois souvent éviter les cyantifiques qui s’intéressent de trop près à moi. Heureusement, la curiosité retombe avec le temps et je ne suis plus une nouvelle venue. Ai-je bien fait d’amener Nil ici ? Je doute un instant, mais je me reprends. Oui, j’ai bien fait. S’il est blanc comme la neige, certaines personnes le sont tout autant sur Terre. Certes leurs yeux portent malheur… Mais ils existent… Tant qu’il ne disparait pas, il est plutôt classique pour une singularité…. Et s’il disparait ils l’oublieront… Ou peut-être qu’il disparait parce qu’on l’oublie ?

Est-ce que Nil existe pour lui ? Ou existe-t-il parce que je crois en lui ? C’est une question à laquelle je n’ai jamais su répondre au sujet de Dieu, j’imagine que dans le doute il est plus facile de croire. Je le sens ralentir le pas, j’observe son visage changé. Tendu.

« Nil ça va ? »

Mes yeux explorent son silence à la recherche de réponses que ses lèvres ne sauraient me donner. J’ai conscience qu’on est arrêté au milieu d’une artère passante de la ville, je m’en moque. Je ne me préoccupe que de lui. Pourquoi ? J’en sais rien. A-t-il besoin de moi ? Peut-être pas. Ai-je besoin de lui ? Peut-être pas. Pourquoi ? Faut-il une raison ? De ma main libre je caresse sa joue pour l’apaiser.

« Tout va bien, on est bientôt arrivés. »


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Lhûn
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le Dim 20 Oct - 18:31
Elle me... regarde.
Clair de lune devant l'éclipse d'une nuit étoilée.

Elle me regarde.
J'existe.
Ici.
Maintenant.

Je ne veux pas disparaître.
Je ne veux pas qu'elle m'oublie.
Je veux rester avec elle.

Mon cœur bat fort.
Sa main dans la mienne.
Sa main contre ma joue.
Mon cœur bat plus fort.

Je respire.
Lentement.
J'ai fermé les yeux.
Laissé aller mon visage contre sa paume.

Elle m'apaise.
Je suis reconnaissant.

Tout va bien.
Parce qu'elle est là.

Elle a prononcé mon nom.
Mon nom.
Un nom vide.
Qui a pris vie entre ses lèvres.

Reconnaissant.

J'ouvre les yeux.
Comme on se réveille d'un songe.
Comme on émerge d'un cocon de coton.

Je la regarde.
Elle m'a offert sa chaleur.
Je la quitte. Un peu.
Pour la rassurer.
Je libère sa main contre ma joue.
Avec l'impression de m'éloigner d'un coucher de soleil.
Je serre sa main.

Je recommence à marcher.
Je regarde. Je découvre.
Tout va bien.
Parce qu'elle est là.
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le Dim 20 Oct - 21:55


Il se calme, ferme les yeux, se recentre. Sur lui ? Sur moi ? Il va mieux. L’aube dans le creux de ma main m’intrigue, il chasse le crépuscule de sa joue en un geste doux. Me rassure d’un regard. Ça va mieux, merci. semble-t-il me dire. Sa main prisonnière de la mienne, à moins que ce ne fut le contraire ? Sa main se serre sur la mienne. On peut y aller.

Il découvre et je guiplique. Les mots couvrent le tumulte de la vie-le… Je l’entraine vers l’hôtel pour lui offrir un lieu accueillant ou se resourcer. Je le sens fébrile, peut-être que je me trompe. Je m’arrête sur la route chez un commerçant, pour lui demander de me céder quelques vêtements à la taille de mon ami pour qu’il ait quelque-chose de doux et chaud à mettre quand nous serons chez.. Moi ? Nous ? J’suis toujours pas fixée, car je ne lui ai pas posé la question, car c’est bizarre de proposer à un étranger de venir vivre avec soi. Normalement sous un même toit vit une famille. Si l’on vit ensemble sera-t-on une famille ? C’est étrange et déconcertant, loin de ce que j’ai pensé toute ma vie. Dérangeant ? Moins que l’idée de l’oublier.

« Qu’est-ce qui te plait le plus ? »
je lui demande alors que le vendeur me propose différentes fripes à sa taille en échange de mes propres vêtements. Humides certes, mais de bonne qualité. Je suis nuit, ma nuidité ne se voit point, contrairement à celle de Nil qui aurait pu lui attirer des regards peu agréables…

Quand nous sortons de la boutique je lui demande :

« Ca te dirait de vivre avec moi Nil ? » avec un brin de gêne, parce que pour moi ces mots avaient beaucoup de sens. Avant.


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le Lun 21 Oct - 19:07
Je n'ai jamais vu une ville comme celle là.
Tout de briques.
Et de broques.
Et de choses.
Autres.

Mes yeux passent d'un bout à l'autre de la rue.
Contemplent.
S'égarent.

Je découvre.
Je n'ai jamais vu de ville comme celle-là.
Je réalise.
Je n'ai jamais vu de ville.

Avant ma rencontre avec le chat.
Avant ma rencontre avec la nuit.

Je n'existais pas.

J'existe, maintenant ?
Elle me parle.
M'explique ce que je vois.
J'existe.
Par elle.
Pour elle.
Elle s'arrête.

Un choix.
Un marchand.
Un étal.

Invisible.
Jusqu'à ce qu'elle me désigne.
Silence.
Je tends la main.

Ai-je le choix ?
J'ai envie de couleur.
De couleurs.

J'ai vu des couleurs.
Jaune. Rose. Vert.

Blanc.

Ma main a choisi du blanc.
Ou peut-être est-ce... parce que tout est blanc.

Des habits simples.
Blancs.
Quelques rechanges.
Blancs.
Contre des vêtements fluorés.

Elle les a retirés de sa parure étoilée.
Manque-t-il quelques étoiles ?
Je les ai manquées.

Je veux la remercier.
Je veux la serrer.
Contre moi.
Je n'ose pas.

Je marche à nouveau.
A côté d'elle.
Ma main dans la sienne.
Sa main dans la mienne.

Elle me regarde.
Question.
Interrogation.
Émotion.
Confusion.
Silence.

Je la regarde.
Incertain.
Lointain.
Hyalin.
Trouble.

Un mouvement.
Mes cheveux volent.
Du coin de l'œil je vois du bleu.

Chaleur contre mes joues.
Elle ne me touche pas.

Je la regarde.
Je la touche.
Je ne sais pas comment répondre.
Je ne sais pas répondre.
Sa main entre les miennes.
Immobile.

Chaleur contre mes doigts.
Elle me touche.
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le Sam 26 Oct - 23:14

Je vois ses yeux s’égaraient sur les chemises colorées, celles que j’aurais moi-même choisi avant de les voir disparaitre dans ma nuité, ils ont plusieurs avantages : déjà celui tactique de me permettre de savoir qui est sale ou propre au premier coup d’œil, ensuite… C’est le seul avantage je crois. Se yeux s’égarent vers les vêtements de couleur mais ce sont les blancs qu’il saisit. De quoi se changer quand nous arriverons. Nous repartons.

J’ai les doigts un peu moite, je suis mal à l’aise de demander ce genre de choses. Est-ce normal ? Est-ce… trop tôt ? Malvenu ? J’en sais rien, on se connait depuis une fraction de temps et j’ai peur de le quitter. Ici rien n’a de sens, c’est un inconnu, et pourtant je cherche à m’attacher à lui, à me lier d’une chambre, d’une habitation, d’un foyer ? Ces choses avaient un sens pour moi, ces choses étaient importantes. Ces choses avaient un mot pour moi, il était important : mariage. Un mot sans sens. Un mot désuet ici. Un sens oublié.

Il faudrait que je trouve Wittgeinstein pour lui demander quel sens il lui donnerait à ce foutu mot.

J’étais mariée. Le suis-je encore ? Je n’en sais rien. Est-ce que c’est mal ce que je viens de demander ? J’en sais rien. Egoïste ? Peut-être beaucoup. J’ai peur d’oublier. Peur de l’oublier. Peur de l’oubli. De blesser. De le blesser. J’ai peur. Juste peur.
J’essaie de ne pas montrer à quel point cette demande me gêne. Il ne répond pas. Prends mes mains entre les siennes. Suis-je allée trop loin ? Est-ce que je l’ai mis mal à l’aise ? Sans doute. Ma peur prévaut-elle sur ses sentiments ? L’écrase-t-elle ? Est-ce que je ne pense pas assez à lui dans ma demande ? Et si… s’il ne voulait pas ? S’il cherchait comment refuser ? Je.

« Je suis désolée si je t’ai brusqué, c'est peut-être prématuré... je comprends, t'inquiète pas... On arrive à l’Hôtel, je vais te présenter à l’accueil, on te trouvera une chambre pour toi... »

Je me rends compte que mes doigts sont crispés dans sa main, je les détends et me force à reprendre une attitude plus joviale. Je lui souris, le voit-il ?


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le Dim 27 Oct - 14:05
Elle n'a pas compris.
Elle... n'a pas compris.

Mon visage n'a rien exprimé.
Je croyais le contraire.
J'étais convaincu du contraire.

Elle n'a pas compris.

Et maintenant, je le sens.
Mon visage qui s'affaisse.
Mes mains fébriles qui tremblent.
Mon enthousiasme qui s'effondre.

Je la sens.
La distance qui se creuse.
Qui nous éloigne peu à peu.
Ses doigts qui lentement relâchent les miens.

Déception.
Désespoir.
Je sombre.

Elle sourit.
Est-ce qu'elle sourit ?
Est-ce qu'elle me regarde ?

Je serre sa main.

Déception.
Désespoir.

Je ne veux pas ressentir ça.
Je ne veux pas qu'elle s'éloigne.

Mon geste est doux. Soudain.
Je la tire vers moi.
Je l'attire vers moi.
Je l'attire à moi.
Contre moi.

Et je la serre.
J'ai mal.

Je sens sa chaleur nue.
Contre moi.
L'eau roule de mon visage sur son épaule.
De mes yeux sur sa peau.

Elle ne m'a pas compris.
Mais je ne veux pas disparaître.
Je ne veux pas la perdre.
Je ne veux pas...

Nuit...
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le Dim 27 Oct - 14:36

Son regard change, son visage change. Je ne comprends pas. Je ne le comprends pas. Les mots manquent. Les mots sont tout ici, car rien n’a de sens. Pas même cette étreinte dans laquelle il m’entraine, ses mains qui glissent sur ma colonne vertébrale. Un frisson nait au creux de mes reins, ses mains sont froides, ses vêtements encore humides. Ses larmes chaudes.

Rien de tout ça n’a de sens.

Je referme mes bras autour de lui, l’agrippe comme il m’agrippe, avec douceur. Avec désespoir. Je ne le comprends pas et je le blesse. Je ne suis pas très maligne. Je caresse les plumes de son dos, le serre fort. Négligeant ma tenue. Négligeant le froid. Je sens sa chaleur.

« Pardon Nil, je ne voulais pas te faire pleurer. J’ai peur de t’oublier si tu t’éloigne… mais je ne veux pas t’étouffer. »

Je pose ma joue contre son épaule. Je ne vois pas les regards qui jugent notre aube, s’étonnent de notre crépuscule. Rien n’a de sens, mais je suis dans ses bras.


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le Dim 27 Oct - 18:47
Je la serre.
Elle ne me rejette pas.

Elle ne comprend pas.
Ces gouttes de pluie sur mes joues.
Ma proximité.
Elle ne me comprend pas.
Mais elle est contre moi.

M'étouffer.
M'étouffer.

Je remue la tête au creux de son cou.
Les yeux humides et clos.
Elle ne m'étouffe pas.

Je pince les lèvres contre sa peau.
Je la serre.
Je la tiens contre moi.
Une étreinte légère.
Est-ce que je l'étouffe ?

Je ne veux pas qu'elle s'éloigne.
Je ne veux pas qu'elle m'oublie.
Je goûte son air. Je respire sa peau.
Je vis. J'existe.
Pas sans elle.

Sanglot.
La nuée de mes cheveux cascade sur son dos.
Blanc et bleu.
Voile l'obscurité de la nuit.
Matin naissant.
Soir descendant.
Lumières vacillantes.
Gouttes scintillantes.

Je ne comprends pas.
Je ne comprends plus.
Je ne sais plus.
La rosée tombe de mes yeux.
Gouttes libératrices.
Je ne cherche pas à les arrêter.

Je la serre.
Sa peau est mouillée.

Je la serre contre moi.
Je veux juste... qu'elle reste avec moi.

Je...
Je ne peux pas lui dire.
J...
Je ne sais pas lui dire.

Mon visage dans son cou.
Sa joue sur mon épaule.
Douceur.

Immobile.
Moi contre elle.
Elle contre moi.
Je la serre.
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le Lun 28 Oct - 23:16

Je frissonne, j’ai chaud. Son souffle brule.

Ses sanglots me laissent désemparée. Que puis-je faire pour les apaiser. Que puis-je faire pour apaiser sa douleur alors que je ne la comprends pas. Je l’ai moi-même crée je le sais, je glisse ma main le long de ses omoplates, frôlant le duvet étanche de ses plumes. Remonte encore. Trouve sa nuque. La naissance de ses cheveux. S’éloigne. Revient caresser sa tête.

Il me serre avec folie. Avec désespoir. Il me serre fort. Ne m’étouffe pas. Je sens sa peau sur la mienne. Je ne suis pas très à l’aise. Avant personne ne savait. Maintenant, lui sait. Il me serre toujours. Alors je passe à nouveau ma main dans des cheveux, que dire ?

Les mots n’ont pas de sens. Je ne sais pas le sens que je veux leur donner. L’embarra se mêle avec une autre émotion que je n’arrive pas à distinguer. Je ne me comprends pas. Je n’ai pas plus de sens que les mots. La gêne est passée, l’aube reste. Je n’ai pas de mots… Alors je décide que je vais vaincre ses larmes avec un rire. Doux. Amusé.

« On n’est pas très doués pour se comprendre, hein Nil ? elle lui souffle. Je crois que tu as dit que tu voulais rester avec moi… »

Mais peut-être que je me trompe, que je me fais une fausse joie. Ah. C’était donc ça se sentiment ? C’est évident maintenant que je le dis. Je souris et passe encore une fois mais mains dans ses longs cheveux clairs. Ils commencent à sécher, je lui prêterais une serviette dès qu’on sera arrivés.


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le Mar 29 Oct - 19:16
La chaleur de ses doigts.
La caresse de ses doigts.
Je reste immobile dans ses bras.

Douceur.
Elle m'apaise.

Lentement.
Le ruisseau se tarit.

Peau contre peau.
Mes mains dans son dos.
Sa main dans mes cheveux.
Mes lèvres contre son cou.
Sa joue sur mon épaule.

Détendu.
Je reste contre elle.
Je reste dans cette douce étreinte.
Que je ne veux pas quitter.
Qu'elle ne veut pas rompre.

Elle parle à nouveau.
J'éloigne un peu mon visage.
Sa main dans mes cheveux.
Ils tombent sur mes yeux.

Voile.
Devant la brume qui les trouble encore.

Je la regarde.
Regarde la nuit.
Nuit crépusculaire.
Là où je l'ai touchée.
Là où elle m'a touché.

Lumière enchanteresse.
Captivante. Somptueuse.
Magnifique.

Ma paume frôle sa joue.
Créant un nouvel éclat.
Rose. Orangé.

J'entrouvre la bouche.
Un espoir. Un avenir.
Elle a compris.
Silence.

Mes yeux se ferment un court instant.
Mon visage penche légèrement vers l'avant.
Je prends sa main.
Je serre sa main.

Doucement.
Je la tire.
Je l'attire.
Vers l'avant.
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le Mer 30 Oct - 0:37


Il n'infirme pas. Je l'ai compris. Certains diraient pas trop tôt, moi je dirais pas trop tard. Je l'espère. Son étreinte se relâche. Nous échangeons d'un regard.  Je ne veux pas qu'il s'éloigne et je crois qu'il ne veut pas s'éloigner. Sa main de mes reins glisse dans la mienne, y trouve sa place. Pourquoi ce sentiment ? Je ne sais pas. C'est une réponse courante fans l'Esquisse.

Je veux savoir.

Je veux comprendre.

La lumière su'il fait naître en moi. L'obscurité sui le gagne suand il me touche.

Je ferme les yeux, il avance et je le suis. Les pas des nouveaux arrivants les mènent toujours à l'Hôtel. Ils n'y manquent pas. Je souris. Invisible. Nous entrons. Je souris à l'hôtelière qui lève un sourcil interrogateur. Plus tard... peut-être ?

"Salut ! je lance à la table de nuit quand je passe le seuil de ma chambre qui est peut-être notre chambre ? Je ne suis pas certaine d'avoir tout compris. Je te présente mon aventure, Nil je te présente ma table de chevet !"

Voilà les presentatilns faites. Je pars à la recherche d'une serviette et récupère des vêtements au passage. La texture douce de la robe jaune que le passe m'ôte un poids. Je tends la serviette à Nil et lui indique qu'il peut se changer et se sécher.


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le Mer 30 Oct - 17:54
Je ne suis pas perdu.
Elle est mon guide, même si elle me suit.
Sa main a enlacé la mienne.
Comme si c'était sa place.
Comme si c'était sa place.

J'avance.
Lieu inconnu.
Doigts entremêlés.
Je ne suis pas perdu.

Je découvre.
Yeux ouverts.
Je respire.
Air nouveau.
Parfums étranges.
Je ressens.
Emotions entremêlées.

Elle est là.
La nuit.
Sa main crépusculaire.
Dans ma main aurorale.
Lumières boréales.

Etincelle dans mes yeux.
Je... souris...
Je crois.

Un bâtiment.
Notre destination.
L'hôtel.
J'avance.

Elle est avec moi.
Me voit-on ?
Ne voit-on qu'elle ?

Cela suffit.
Si je n'existe que pour elle.
Elle est avec moi.

Sa main s'est échappée.
Je suis seul.
Seul.
A la regarder bouger.
Immobile.
Blanc.

Dans sa chambre.
Elle est chez elle.
Elle se sent bien.

Table de chevet.
Elle ne m'a pas présenté son lit.
Est-il vivant lui aussi ?
J'hésite.

Je le sens.
Dans mes membres.
Dans mon corps.
Fatigue.
Il est fatigué.

Elle se vêt.
Robe jaune.
Robe noire.
Vêtue de nuit.

Etoffe épaisse dans mes mains.
Il la passe sur son visage. Dans ses cheveux.
Mon visage. Mes cheveux.

Je regarde autour.
Je cherche.
Je ne sais pas ce que je cherche.
Je ne trouve pas.

Mes doigts trouvent l'ouverture de la chemise sans bouton.
Je l'enlève.
Le reste de mes vêtements.
Je les enlève.

Je m'enroule dans la serviette.
Je tremble.

Je la regarde.
J'existe quand elle me regarde.
Quand elle me parle.
Quand elle me touche.
Je tremble.
Je ferme les yeux.

Mon corps est lourd.
Trop lourd.
Mes yeux fermés.
Je me sens tomber.
En arrière.
Choir sur le rembourrage du matelas.
Accueilli par le moelleux d'un oreiller.

Je suis...
Il est...
Epuisé.
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le Mer 30 Oct - 19:11


Je me sens mieux, la barrière n’existe que pour moi, et pour lui qui m’a vu l’installer. Pour les autres rien n’a changé, si ce n’est peut-être que mes contours sont plus flous maintenant. Je l’aide à se sécher. Je sais que je devrais me sentir gênée… Mais je ne le suis pas, il m’a tenue à moitié nue dans ses bras il y a moins de dix minutes, je crois que si j’avais dû me montrer pudique c’est alors que j’aurais du le faire, ou peut-être quand il me suivait en tenue d’Adam dans le champ d’éolienne… Pourquoi tout cela me semble-t-il naturel avec lui ? J’ai la vague impression d’être avec un enfant, un enfant qui a besoin de moi.

Avec un enfant on n’est pas pudique. On est présent. A tout moment. Imaginez combien il serait gênant de laver un tout petit, ou bien simplement de changer sa couche si l’on s’attardait à sa nudité ? Un instant je sui prise d’un sentiment de manque. D’une cruelle morsure en mon sein, de doute, de peur, d’incompréhension… De manque. De quoi est-ce que je manque ? ça fait mal. J’ai oublié. Ça fait mal. Tellement mal.

« Non mais t’es sérieuse ? T’as ramené un gigolo ? »
me coupe soudain ma table de nuit.

« Non, c’est Nil. »


Mais qui est Nil ? Qui est-il pour moi ? Je ne développe pas. Mes yeux se posent sur lui. Ses yeux se posent sur le lit. J’oublie. Je dois être là pour lui. Je lui souris.

« Passes moi la serviette je la ferais sécher pendant que tu dors. » je lui tends une couverture, je n’en ai qu’une de chaude.


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le Jeu 31 Oct - 6:54
Une voix.
Inconnue.
Qui parle.

J'entends mon nom.
Alors j'ai un nom...
C'est vrai, j'ai un nom.
Il ne suffit pas à dissiper les brumes.
Qui évaporent mon esprit.
Enveloppent mon corps.
Du coton.

J'assimile, sans comprendre.
Un geste unique, un dernier effort.
Mon bras se tend.
Gourd.
Il libère la serviette.

Un geste unique, qui a drainé mes dernières forces.
Mon bras retombe.
Mollement.

Tomber de rideau.
Tomber de cheveux sur son visage.
Le corps immobile.
L'esprit inconscient.

Fatigue.
Épuisement.
Sommeil.

Je n'existe plus.
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le Ven 1 Nov - 0:37


Il laisse tomber la serviette et dans le même geste s’effondre sur le lit. Il est épuisé. Comme un enfant.

« Il y a un mec nu dans ton lit.
- C’est son lit.
- C’est ta chambre.
- C’est lui qui y dort. »

Ma table de nuit lâche un long soupir. Je crois qu’elle vient de hausser les épaules. Je hausse un sourcil. Elle me contourne, m’évite.

« Je te laisse avec ton aventure, tu me raconteras. »

Elle se dresse sur ses pieds arrière et ouvre la porte avant de s’y engouffrer. Elle referme d’un coup de plateau. Euh d’accord. Je me retourne vers Nil, et je souris à nouveau. Il est si… paisible. Je le borde. Je passe une main dans ses cheveux, ils sont doux. Il est beaux ainsi. Je souris. Tire un peu sur la couverture pour le couvrir un peu plus… Quand soudain je réalise qu’il devient moins tangible, qu’il s’estompe. Qu’il… Disparait ?

« NIL REVEILLE TOI ! » je hurle.

Je l’oublie. Je suis en train de l’oublier. Il faut qu’il revienne. Je le secoue. J’ai peur. Les larmes montent à mes yeux, ma vue se brouille. Est-il encore là ?


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Lhûn
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Lhûn
le Ven 1 Nov - 18:00
Nuage.
Mirage.
Nuit d'orage.

Vision.
Illusion.
Brusque effusion.

Je ne rêve pas.
Je n'existe pas.

Le voile de la nuit le couvre.
Sensation.
La douceur de la nuit le couve.
Emotion.

Mirage.
Illusion.

Appel.
Supplique.
Clameur.

Il ouvre les yeux.
J'ouvre les yeux.

Je la regarde.

Mirage.
Illusion.

Il n'existe pas.

『 』
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le Ven 1 Nov - 18:59


Qu’est-ce que ? Mes mains se portent à mes yeux dont les larmes débordent. Qu’est-ce que j’étais en train de faire ? Pourquoi Je suis dans cet état ? Pourquoi j’ai mal au cœur ? Je ne comprends pas, je ne comprends rien.

Mes mains recouvrent mon visage, une plainte leur échappe. Elles n’ont pas su la retenir. Comme une enfant je sanglote, sans raison. Il y avait-il une raison ? Je n’en sais rien… Je pleure à gros sanglots, à gros bouillons. Je pleure, sans savoir pourquoi. Je pleure dans raison aucune. Je pleure. Encore.
Je me recroqueville. M’amenuise. Serre mes genoux contre ma poitrine, sent l’eau verser sur ma peau alors même que les sanglots se sont tus. J’ai mal. Je ne sais pas d’où vient cette douleur. Je ne comprends pas.

Ai-je fait un cauchemar ? Peut-être. Je vais me rendormir, et tout-à-l ’heure cette terreur nocturne sera passée. Je me roule en boule dans mon lit, tire ma couverture sur moi et ferme les yeux.

La douleur disparait toujours dans l’oubli. Elle ferme les yeux plus fort. Les sanglots se sont tus. Les larmes coulent encore sur l’oreiller qui ne trouve pas le courage de rouspéter. Elle a l’air tellement mal qu’il ne saurait que lui dire. Alors pour une fois, il se taira et veillera sur son sommeil.

Cut off.


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le Dim 3 Nov - 13:55
『 』

Il respire.
Lentement.

『 』

Un œil ouvert.
Ensommeillé.

『 』

Chaleur.
Je m'en rapproche.

『 』

Battement.
De paupière.
De cœur.
De conscience.

『 』

Il se blottit.
Contre la chaleur.
Contre la nuit.

『 』

Mirage.
Sa main glisse.
Douceur.
Peau de velours.

L'éclat ténu d'une aube nouvelle.
Au travers de ses paupières closes.

Je respire. Lentement. Profondément.
Est-ce la première fois ?
Ca fait mal.

J'émerge. Lentement. Progressivement.
Il garde les yeux fermés.
Blotti contre la chaleur.
Blotti contre la douceur.
On dirait un rêve.

Il la serre contre lui.
Tendre.
Eperdu.

J'ouvre les yeux.
Je suis contre elle.
Immobile.
Elle aussi.
Yeux ouverts.
Vers le haut.
Immobile.

Je comprends.
Cela ne fait qu'un instant.
Que mon corps la touche.
Que mon bras l'enlace.
Que je...
Qu'il est là.
Que j'existe.

Elle ne réagit pas.
Pas encore ?
Sait-elle. Qui je suis. Que je suis là.
Réalise-t-elle. Que je suis là. Que j'existe.
Trop peu de temps.
Trop d'émotions ?
Je recule.

Je recule.
L'aube s'affadit, le crépuscule sombre.
J'avance la main.
Mais je ne la touche plus.
Je n'ose plus.

Je la regarde.
Je tremble.
Les lèvres entrouvertes.
Un appel silencieux.
Echo de ma pensée.
Un souffle.

Nuit...
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le Dim 3 Nov - 18:55

Je regarde le plafond composé de ce qui me semble être du bois bleu sombre, presque pétrole. Est-ce parce qu’il s’accordait si bien avec ma teinte qu’on m’a attribué cette chambre ? J’en sais rien. J’regarde le plafond et j’me sens vidée. Je viens de me réveiller et pourtant je suis épuisée. Mes orbes lumineux suivent une rainure du bois, est-ce la même à chaque dois ? Peut-être, et peut-être qu’elles changent à chaque fois. Je n’en sais rien. Je fixe le plafond, fatiguée sans m’être levée. J’ai les paupière lourdes et pourtant quand je l’ai ferme j’ai l’impression que du sable s’y est glissé. Je gligne plusieurs fois des yeux. J’ai pleuré.

La rainure se prolonge jusqu’au milieu du plafond, une autre apparait non loin. Mes yeux brûlent. Je ferme les paupières chasse de nouvelles larmes. Je me sens seule. Immensément seule. Je… La pensée reste en suspend, quand je sens sa présence réconfortante. Je reste un moment sans bouger, craignant que le mirage ne cède le pas à la réalité. Est-ce que l’Esquisse est réelle ? C’est lui qui décide de s’éloigner.

Je ne lui en laisse pas le temps. Pas vraiment. Je me redresse et le prends à nouveau dans mes bras, mouillant sa peau de mes larmes. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je ne veux pas qu’il parte.

« Nil pars pas s’il te plait ! »


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Lhûn
le Mar 5 Nov - 18:53
Brusque étreinte.
Surprise.

Je pensais que ma présence la gênait.
La proximité, le contact.
La réalité est que mon absence lui pesait.
La distance, l'isolement.

J'ai perdu mes couleurs.
Blanc.
Désespérément blanc.

Nuit...
Carmen...

Je lui ai manqué.
Je...

Silence.
Immobile.
Mes larmes coulent.
Se mêlent aux siennes.
Sur nos peaux qui se frôlent.

J'ignore pourquoi.
Alors que je la retrouve.
J'existe.
Un peu.

Elle ne le supporte pas.
Elle le ressent.
Ce vide.
C'est moi.
Je ne peux le combler.
Je n'existe pas.

Le torrent est tari.
La couverture nous couvre.

Nous...

Je respire sa peau.
Elle n'a pas d'odeur.
Mes bras se referment sur elle.

L'aube renaît, le crépuscule s'épanouit.

Je souffle dans son cou.
Près de son oreille.
Un silence.
Une promesse.

Je n'existe pas.
Mais jamais je n'oublierai.
Je reste.
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le Sam 9 Nov - 18:17

Ses bras se referment autour de moi, cette fois-ci ce n’est pas moi qui le réconforte mais l’inverse. Il est là. J’ai peur qu’il ne le soit bientôt plus. Je ne comprends pas tout. Je ne sais pas pourquoi il disparait, je ne sais pas pourquoi il reparait. Je sais qu’il me manque quand il n’est plus là.

« Nil je...
- HUM HUM. » raclement de tiroir.

Je sursaute de surprise, nous ne sommes pas seuls.

« Je vous dérange peut-être ? »

Si je réponds oui, il se passe quoi ? Je ne dis rien. Si je fais semblant de dormir, est-ce que ma table de nuit me fichera la paix ? J’en sais rien.

« En voilà des manières, levez-vous et vite ! »

Mais qu’est-ce qu’elle veut, j’ai l’impression d’entendre ma fille avec mon petit-fils ! Je ne dis rien encore, je n’ai pas envie de quitter l’étreinte de Nil. Je n’ai pas envie qu’il disparaisse à nouveau.

J’ai les yeux secs, je me serre contre lui imprimant sa chaleur sur la peau… Ma chaleur dans la sienne. Si je ne l’écoute pas et que je ferme les yeux elle disparaitra.

« Carmen ! Que tu ramènes un autre dessinateur passe encore. Que vous couchiez ensemble ne l’est pas !
- Qu’on quoi ?
- Je te fais un dessin ? »

J’reste ébahie. Je ne suis même pas certaine qu’on ait dormi ensembles ? C’est si bizarre. J’expire. Ma joue sur sa peau nue. Je me redresse. En d’autre temps j’aurais été cramoisie. Là je ne suis que gène. Est-ce que j’étais dans les bras d’un homme nu ? Oui. Je me glisse hors de la couverture et de ses bras. Veillant à ce qu’elle-même ne quitte pas mon… Non, il n’est pas mien. Nil. Juste Nil. C’est bien assez.
Puis je réalise un truc à peine dérangeant :

« Ca te fait quoi ce qu’on fait ensemble avec Nil ?
- C’est ma chambre aussi je te signale, puis vous allez choquer l’oreiller !
- PARDON ?
- De toute manière tu ne me comprends jamais !
- Pardon ?
- Pourquoi t’as ramené un homme ? »

PARDON ?

« Je ne te suffisais pas c’est ça ? »

Je suis juste sidérée. Qu’est-ce qu’il se passe ? Elle me fait une crise de jalousie ou je rêve ? L’Esquisse a toujours été un lieu fou. Il est maintenant insensé.


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le Lun 11 Nov - 19:12
La bulle éclate.
Elle voulait me parler.
Je ne saurai sans doute jamais.

Je me suis redressé.
Un peu.
Toujours sur le lit.
À demi couvert.
À demi découvert.
Sous la couverture.

J'écoute.
Une conversation qui parle de moi.
Qui me concerne sans me concerner.
Sans me consulter.

Silencieux.
Muet.
Coi.

L'oreiller va être choqué.
Je ne pense pas.
Il ne se rappelle pas.

Je tends la main vers lui.
Une caresse.
Un câlin. Léger.
Un remerciement.
Discret.
Toujours muet.

Jalousie.
La table de nuit est choquée.
Choqué.
Quel est son genre ?

Choqué.
Jaloux.
De moi.
Jaloux de moi.
Pas l'oreiller.
Ni de l'oreiller.
De moi.

La table de nuit le voit.
Me voit.

Je m'assieds au bord du lit.
Serre la couverture contre moi.
Je tends la main vers elle. Lui.

Quelques grattouilles.
Chatouilles peut-être.
Tapotement amical.
Affectif.

Elle... Il en manque.
Il... Je suis prêt à en donner.
De l'amitié.
De l'affection.
Je crois.
Je ne sais pas ce que c'est.
Je ne sais pas si je sais ce que c'est.

Peu importe.
Pour elle. Pour lui. Pour elle ou lui. Pour lui. Pour moi.
Tout va bien.
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le Mar 12 Nov - 22:12

Si j’avais laissé ma main rencontrer mon front, elle y aurait en d’autres temps laissé une marque, mais là elle n’aurait que la douleur pour se rappeler de cette discussion avec sa table de chevet. Elle soupira.

« Ecoute ma belle, je ne sais pas ce que tu t’imagines, mais j’te dois rien, et peu importe ce qu’il se passe avec Nil, ça te regarde pas vraiment.
- C’est ma chambre aussi !
- Et ?
- Si je ne veux pas que quelqu’un y vienne il ne vient pas.
- Je dois quitter la chambre si j’veux être avec Nil ?
- Et tu irais où ?
- Dans sa chambre.
- Tu n’oserais pas m’abandonner ?
- Si tu m’y pousses je n’hésiterais pas. »

Le silence retombe alors que nous nous toisons.

« Fais ce que tu veux. »

Okay. Au moins ça c’est dit.

« Moi j’veux rester avec Nil, à toi de voir si tu l’acceptes ou pas.
- Non.
- D’accord. 
»

C’est le genre de chantage que je n’accepte pas. C’est idiot et mesquin. Je soupire et j’la regarde.

« Si tu veux me parler à nouveau un jour tu n’auras qu’à demander à l’aubergiste où est la chambre de Nil. Je reviendrais chercher mes affaires plus tard. »

Je me tourne vers lui. Souris. Le voit-il ? J’en sais rien.

« Viens on va chercher quelque-chose à manger ! On va demander à ce qu’on te trouve une chambre aussi. Ca te va ? »


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