L'aube aux doigts de rose | 『 』

Lhûn
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Lhûn
le Jeu 14 Nov - 21:28
Dispute.
Mon geste n'a rien fait.
N'a eu aucune incidence.
Aucune conséquence.
Comme si je n'existais pas.

Pourtant elle parle de moi.
Prononce mon nom.
Mon nom...
Son nom...

Je ferme les yeux.
Il n'a pas de nom.
Il n'a pour nom que le vide.

Nil.

J'ouvre les yeux.
Elle me parle.
Elle me regarde.
Elle sourit.

Pour elle j'ai un nom.
Pour elle j'existe.

Elle est triste quand je n'existe pas.

Un léger signe de tête.
Pour sa proposition.
Je réponds.

Je répondrai toujours à son appel.

J'ai du coton dans les jambes.
Un nuage dans la tête.
De la craie dans la bouche.
Une plume dans le dos.
De la soie dans les cheveux.

Quelque chose glisse.
Je me redresse.

Mes doigts se serrent sur l'oreiller.
Je le prends dans mes bras.
Je ne peux pas lui demander.
S'il veut venir.
Si elle veut de lui.

L'oreiller a été gentil.
Il risque de lui manquer.
Je le lui tends.
À Carmen.
Je le mets dans les bras de la nuit.
Elle comprendra.
Sûrement.

Je n'ai pas faim.
Une chambre.
Une chambre à moi.

Sa chambre.
Ma chambre.
Une chambre vide.

Possession éphémère.
Dépendant du souvenir que l'on a de moi.
Elle disparaîtra.
Je n'existe pas.

Près de la porte.
Je pose ma main sur la poignée.
Je la regarde.
Je veux la voir sourire.
Encore.

J'ai soif.
Très soif.
Je crois que j'oublie quelque chose.
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le Dim 17 Nov - 15:18


Ca lui va je crois. J’suis pas très certaine avec lui, comme d’habitude. Pourtant parfois j’ai l’impression qu’on est vraiment en échos. Je ne saurais comment le dire, alors c’est étrange, de dire que je ne le comprends pas pas toujours. Je le regarde avec douceur alors qu’il regarde l’oreiller avec interrogation en me le tendant. Je crois comprendre. Je souris, j’aime sa douceur. Je m’en saisis et je lui demande :

« Tu veux venir avec nous Roger ? Bon, il s’appelait pas Roger avant, mais j’voulais pas qu’il soit l’oreiller, alors je lui ai demandé si je pouvais l’appeler comme ça. Il a été d’accord, on s’entendait bien avant avec la table de chevet avant. qu’est-ce qui a changé ? J’ai un pincement au coeur. Je n’aime pas les disputes.
- On en rediscute quand vous aurez mangé, j’aime pas avoir de borre dans les plumes, après je me sens gras. Mais s’il me fait encore des câlins comme ça j’vous suis ! 
- D’accord ! »

Voilà un marché bien conclu. J’ai l’impression d’abandonner Amonita, mais c’est elle qui veut ça… Et de toute manière elle est plus indépendante que Nil. J’aime pas ça. Il sort de la chambre. Je leur lance un dernier regard. Est-ce que c’est mal ? Je fourre ma main dans celle de Nil pour me donner du courage.

« Désolée pour… ça. »


Je ressens le besoin de m’excuser pour cette scène. Il a été témoin d’’un truc, privé ? Je sais pas trop. C’est compliqué d’être deux.

« Je te montre où on peut déjeuner ! »

Je l’entraîne vers le réfectoire.


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le Mar 19 Nov - 19:40
Un courant d'air.
Je réalise.
Je comprends.

Chaleur sur mes joues.
Contraste.

Les vêtements.
Ce que j'ai oublié.

Elle parle à l'oreiller.
Roger.
Elle a compris.

Je vêts mon corps.
Un pantalon simple.
Une chemise simple.
Je ne la ferme pas.
Je n'ai pas froid.

Chaleur sur mes joues.
Il a honte d'avoir oublié.
Elle les lui a offerts.
Elle me les a offerts.

Elle parle à l'oreiller.
Roger.
Il viendra.

Ma main sur la poignée.
Cette fois la porte s'ouvre.

Sa main dans la mienne.
Elle est venue la chercher.
Je la regarde.
Elle s'excuse.

Je serre sa main.
Pourquoi s'excuse-t-elle.
Elle n'a pas à le faire.

Je serre sa main.
Je la porte vers mon visage.
Pour sentir sa chaleur.
Un instant.
Contre ma joue.

Je la regarde.
Je ferme les yeux.

J'entrouvre les lèvres.
J'aimerais lui dire...
Je les referme.

Elles restent délicatement étirées.
Sur ce que je crois être un sourire.
Aussi léger qu'une plume.

Quand je relâche sa main, c'est pour me laisser entraîner.
Par son mouvement.
Par son enthousiasme.

Je la suis.
Au bout du monde.
Ou au réfectoire.
Je la suis.
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le Mar 19 Nov - 22:53



Il est sexy. Je ne le dis pas. Je ne devrais même pas le penser… Et pourtant. Je lui souris. Je… J’avais oublié qu’il était nu sous cette couverture. J’ai dormi avec un homme nu. J’ai dormi avec un homme nu. Non. Même quand je le répète c’est toujours aussi saugrenu. J’ai dormi avec un homme nu. C’est mal. Je le sais. Pourquoi je n’ai pas l’impression que c’est mal quand je le vois approcher ma main de sa joue pour goûter ma chaleur. Il essaie de parler, je ne sais pas ce qu’il veut dire, mais le silence reste accroché à ses lèvres puis aux miennes.

« Merci. »


Je crois que j’ai compris finalement. Il est rassurant. Je l’attire derrière moi dans les couloirs que je maîtrise par coeur. aujourd’hui nul oreiller en embuscade.

« Tu sais il faut être très gentil avec les oreillers, sinon ils peuvent être très violents. »
je lui explique sans lui donner de détails, je ne veux pas qu’il fasse de cauchemars.

Nous arrivons au réfectoire, je sais que c’est sa première fois ici. Sa première fois dans l’Esquisse. Je regarde le self. Je soupire. Je sens qu’on va devoir rendre plein de coups de mains, mais au fond peu importe.

« On va prendre un peu de tout, tu vas gouter et choisir ce qu’il te plait d’accord ? »

Ici tout a des consistances et des goûts bizarres. Alors le mieux c’est de tout goûter et de faire le tri après. La première fois j’ai pris un truc, je croyais que c’était du chocolat, ça avait le goût des pommes et je n’aime pas les pommes.


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le Sam 23 Nov - 10:24
Elle m'entraîne.
Je la suis.
Elle me parle.
Je l'écoute.

Il faut être gentil.
Je le suis, certainement.
Roger aime mes câlins.
Je le suis, sûrement.

Des gens dans le couloir.
Des gens dans le réfectoire.
Plus de gens.

Je regarde les gens.
Ils ne me regardent pas.
Je reste près d'elle.

Des formes étranges.
Des couleurs improbables.
Ce qui est présenté ne rappelle pas toujours de la nourriture.

Elle me guide.
Elle m'encourage.
Je n'ai pas faim.

Je l'imite.
Je prends un plateau.
Je cherche ce qui m'inspire.
J'y dépose quelques mets.

Un fruit poilu.
Il ressemble à un kiwi.
Violet.

Une assiette parsemée de graines.
Brunes.
Chocolatées.
Une sorte de céréale, je l'espère.

Un bol de soupe.
Orange.
Carottes.
Potiron.
Je le découvrirai.

Un morceau d'écorce de réglisse.
Comme celui qu'elle m'a donné.
Du chocolat, si c'est le même.

Je la suis.
Je m'assois avec elle.
A côté d'elle.

Je devrais être en face.
Pour la voir.
Pour la regarder.
Pour qu'elle me voie.
Peut-être.

Je préfère.
Etre à côté d'elle.
Proche d'elle.

Nuit et jour.
Côte à côte.

Mon bras frôle le sien.
Une lueur les teinte brièvement.

Je baisse les yeux sur mon plateau.
Mes cheveux glissent sur les côtés de mon visage.
Un soupçon de bleu.
Je ne sais pas par quoi commencer.
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le Sam 23 Nov - 23:23


Les mets s’entassent sur nos plateaux, je fais en sorte de prendre un peu de tout ce dont il ne prend pas. Ainsi s’il change d’avis il pourra gouter. Beaucoup de choses ont des goûts étranges, d’autres ce sont leur consistance, mais globalement tout est mangeable. Je le sais j’ai goûté à tout. Il s’installe à côté de moi et non pas en fasse. C’est dommage, j’aime bien le regarder. Il est beau. Je trouve ses longs cheveux blancs magnifiques… Et si peu pratiques quand ils tombent sur son visage. Je comprends pourtant quand nos bras se frôlent, ce contact ténu me réchauffe. Je le regarde avec douceur, ramenant derrière son oreille la mèche qui vient de tomber.

« Tu veux que je t’attache les cheveux ? »
je lui demande.

Je sens les regards interrogateurs des autres sur nous. J’essaie de les ignorer, je n’ai jamais aimé être au centre de l’attention, pourtant l’alchimie entre nous est visible. Si j’étonnais notre duo déteint. C’est étrange, un instant je me dis que peut-être je devrais m’éloigner, arrêter de le toucher. Je n’arrive pas trouver cela juste, à me donner raison. Ils ne nos regarderaient plus, et après ? Est-ce que nous serions différents s’il n’y avait plus ses regards sur nous. Existerions-nous moins si personne n’était là pour nous regarder ? Oui. J’écarte un peu plus les coudes pour réduire encore la distance entre nous et faire naitre l’aurore.

C’est idiot la manière dont je me comporte avec lui. J’en ai conscience, je l’ai rencontré depuis peu, mais il m’es presque devenu essentiel. C’est insupportable. Je crois que je suis une droguée. Est-ce qu’il est possible qu’il existe dans l’Esquisse des gens comme des drogues ? Est-ce qu’il est ma cigarette ?


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le Dim 24 Nov - 15:28
Attacher.
Ce mot me met mal à l'aise.
Je remue lentement la tête.

Je ne veux pas.
Ne plus les voir.
C'est presque perdre une partie de moi.
Me perdre.
Disparaître.

J'ai levé les yeux vers elle.
Elle me regarde.
Elle me touche.
Je ne veux pas perdre cette sensation.
Je ne veux pas la perdre.

Les gens autour regardent.
Ils ne me regardaient pas.
Ils nous regardent.

Nous.

Elle.
Elle me regarde.
Elle suit mes pensées.

La douceur de la nuit me touche.

Tout n'est que douceur.
Dans ses yeux.
Dans ses mains.

Ses yeux d'opale.
Ses mains astrales.
Sa peau boréale.

J'existe.

J'existe.
Elle est là.
Elle me parle.
Elle m'accompagne.
Me frôle.

Je devine le rose sur mes joues.
Tel qu'il est sur ses doigts.
Tel qu'il est sur son bras.
Tel qu'il est contre moi.

Immobile.
Silencieux.
Je suis reconnaissant.
Je suis... bien plus que ça.

Je me penche vers elle.
Ma tête sur son épaule.
Mes cheveux comme un voile sur sa nuit.
Pour un instant.
Pour une éternité.
Je peux fermer les yeux.

J'existe.
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le Dim 24 Nov - 19:22


Nos regards coulent l’un dans l’autre, je ne le comprends pas et pourtant je le comprends. C’est bizarre, envoûtant. Il ne veut pas, mais il veut que je touche. Le contact entre nous est quasi continu depuis qu’on s’est rencontrés. Est-ce pour cela que je suis addict à lui ? Ou est-ce par peur de l’oublier encore ? De lui faire mal ? C’est brouillon dans ma tête, et confus dans mon corps. C’est sa tête sur mon épaule et mon coeur qui bondit. Je suis confuse. Perdue. Embrouillée. Les regards. Leurs regards. Je m’éloigne. Confuse.

« Bon appétit ! »

Je mens. Je suis mal à l’aise. Ce n’est pas lui que je ne comprends pas. C’est moi. Ce que je ressens. Je ne comprends pas et ça me fait peur. Je me suis éloignée… Mais ne t’éloigne pas. Contradictoire. Je suis contradictoire. Je.

« Nil ? »

L’appelle.

« Je crois que… Je. Pardon. C’est gênant. Ils nous regardent. »

Oui. Bien vu l’aveugle ! Je suis idiote. Je me suis éloignée et pourtant je ne l’ai pas quitté des yeux. Pourtant je ressens ce besoin de le toucher encore. Je n’aime pas que l’on me voit. Je suis nuit. Je suis discrète. Ils nous regardent. Ils me voient. Je ne me sens pas bien. Je le trahis je crois. Parce que je ne me comprends pas. Parce que leurs regards me terrifie.

Un contact. Mon genou contre le sien. Ils ne verront rien. Je ne l’abandonne pas.

C’est moi que j’abandonne.


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le Dim 24 Nov - 20:11
Elle... s'éloigne.
Ma tête se retrouve sans support.
Je la redresse.
Je la regarde.

Mots précipités.
Gêne.
Confusion.

J'ignore qui est le plus confus.
Moi.
Elle.

Elle.
Moi.

Lui.

Bon appétit.
Je baisse les yeux sur mon assiette.
J'avance la main.
Je n'ai pas faim.

Elle m'appelle.
Je la regarde. Encore.
Un instant.
Perdue.
Le même regard.
La même hésitation.
Comme si elle m'avait perdu.
Ai-je disparu ?

Elle me voit.
Me regarde.
Je respire.

Ils nous regardent.
Maintenant.
Ils ne nous regardaient pas.
Avant.

Mes paupières masquent partiellement mon regard.
Etre regardé.
C'est exister.

Mais elle.
Elle me regarde.
Cela suffit.
Cela me suffit.

Sous la table, son genou contre le mien.
Cela suffit à me réchauffer.
Sous la table, j'étreins légèrement sa main.
Qu'elle sache que je lui reste dévoué.
Lié.
Attaché.

Je comprends. Je respecte.
Lentement, je relâche sa main.
Lentement, je m'éloigne.

D'un geste simple je lui montre la potence.
D'un simple regard j'espère la rassurer.
Je me lève.
Je n'ai pas oublié.
J'ai soif.
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le Dim 24 Nov - 22:29


Le regard des autres pèse-t-il sur nous autant que je ressens ? Je ne saurais dire. Je le regard. Il me regarde. Je le déçois ? Peut-être. Non. Il me comprends. Mieux que je me comprends. Je crois. J’en sais rien. Sa main dans la mienne je souris. Il part. Dois-je le suivre ? Je ne le fais pas.

Je le regarde s’avancer ver la fontaine à eau et alors se déroule une drôle de scène.

« Salut ! T’es nouveau ici !  Tu viens d’où ? Tu as vu le ciel dehors ? C’est par où la sortie ? C’est quoi ta couleur préférée ? Le blanc ?Tu veux boire quoi ? C’est ta copine ? Tu as quel âge ? Pourquoi t’es tout blanc ? Tu ne sais pas fermer ta chemise ? Tu devrais lui demander ! Tu n’m’as toujours pas dit ce que tu voulais boire ! »


Est-ce que je dois aller l’aider ? Pourquoi je continue de le regarder ? Pourquoi je ne le lui laisse pas son indépendance. Pourquoi c’est si difficile ? Je suis perdue. Je déteste-ça. Pourtant j’ai envie de le rejoindre. J’ai assez envie de me frapper la tête contre la table. Au lieu de ça je regarde l’échange qui continue.

« Tu sais qu’les oreillers font des supers batailles ? »


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le Lun 25 Nov - 7:15
Quelques pas.
Surprise.
La potence est un Objet.

Un mot.
Curieuse.
Bavarde.

Je réponds à son salut d'un petit geste de la main.
Je réponds à la première question en hochant doucement la tête.

Puis...
Trop de questions.
Trop vite. Trop rapides.

Je veux répondre.
Elle est déjà à la suivante.

J'ai vu le ciel.
Mais je préfère la nuit.
La sortie est par là.
Celle du réfectoire au moins.

J'aime le bleu.
Le blanc aussi.
Mais le bleu.
Le rose.
L'orange.
L'aquarelle.
Le pastel.
Couleurs de l'aube.
Et du crépuscule.

De l'eau. C'est bien, de l'eau.
Parce qu'elle sert d'autres choses ?

C'est ma...
Mon visage se noie dans mes cheveux.
Elle est la nuit.

Mon âge, je...
Je ne sais pas.
Je suis comme ça.
Je ferme ma chemise.
Je ne sais pas comment.
Elle n'a pas de bouton.
Le col reste ouvert.
Je ne vais pas lui demander ça, elle...

De l'eau, juste.
Juste de l'eau.

Je baisse les yeux.
Le silence seul a répondu à la logorrhée.

Je lève la main.
Je montre le bouton que je pensais actionner.
Puis je me désigne, puis elle.
Moi et la nuit.
La nuit et moi.
Et lui.

Le flux de paroles.
Remplacé par un flux d'eau.
Je soupire légèrement.

Nouvelle question pendant qu'elle me sert.
Carmen lui en a parlé.
Il ne connait que Roger.
J'imagine.

Elle attend toujours ses réponses.
Je ne sais toujours pas lui répondre.
Je ne sais toujours pas comment lui répondre.

Je suis tenté de jeter un regard en arrière. Je ne le fais pas.
Elle veut un peu plus de tranquillité.
Un peu plus de solitude.
Je dois le faire... sans elle.

Je ne veux pas vexer la fontaine
Je veux juste boire son eau.
Étancher ma soif.

Mais je reste.
Silencieux.
Immobile.

Serein.
Perdu.
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le Lun 25 Nov - 18:50


Il est loin. Je le regarde discuter avec la fontaine à eau. J’entends leur échange ou me l’imagine. Nil ne parle pas. Est-il muet ? J’aimerais l’entendre. Je les imagine, je la connais cette fontaine, plus bavarde qu’elle tu meurs… Et… Elle est tout à fait capable de lui donner de l’eau alcoolisée. Je ne dois pas intervenir, je dois le laisser se débrouiller.

« Bah alors mon grand ? Tu as donné ta langue au chat ? J’ai jamais compris ce qu’il trouvait aux langues, c’est quand même vachement dégueulasse une langue ! C’est tout gluant tout musculeux ! Il t’a payé cher ? Il a essayé de m’acheter la mienne une jour, mais tu te doutes bien que j’ai refusé ! Mais du coup vous deux, c’est quoi ce truc qui se passe quand vous vous touchez ? C’est hyper bizarre. Vous avez mangé un truc particulier ensemble ? Vous êtes frères et sœurs ? Tu peux me dire ce que vous avez pris ! C’est hyper intéressant je suis certaine que beaucoup de cyantifiques voudraient essayer ! C’est quand même vachement classe ! »


Je les regarde. Proches et lointains. Elle lui a servi de l’eau. Il ne bouge pas. Il va bien ? Je ne dois pas le déranger. Je dois le laisser tranquille. Je dois me taire. Je mange rageusement une carotte qui a le goût de confit de dinde. Ce qui n’est pas mauvais je le reconnais.

« Vous devriez vendre votre découverte ! Certains seraient intéressés... »


J’ai envie qu’il soit là, mais sa chaleur s’en est allée. Je suis définitivement droguée. Accroc. Ça me fait peur. Il est toujours droit. Il est toujours loin. Est-ce que je devrais aller le chercher ? Est-ce que je devrais me lever ? Il ne me regarde pas. Si je partais, est-ce que c’est moi qui cesserait d’exister pour lui ?


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le Mar 26 Nov - 7:20
Je veux lui répondre.
Satisfaire sa curiosité.
Je dois en être capable, non ?

J'ai l'impression qu'elle ne me laissera pas prendre son eau si je ne le fais pas.
J'ai l'impression qu'elle m'en voudra si je ne le fais pas.

Elle est gentille.
Curieuse.
Bavarde.
Mais gentille.

Je n'ai pas envie de la laisser face au silence.
Elle me parle.
Elle me fait exister.
Aussi.
Un peu.

J'ai une langue.
Le chat ne l'a pas mangée.
J'aime les chats.
Ma langue a un goût salé.
C'est tout ce que je sais.
Je n'ai payé personne.
Je n'ai rien.
Ni personne.
Sauf elle.

Elle.
Qui me regarde.
Je le sais.

Je ne sais pas ce qui se passe.
Je sais juste ce qui se passe.
J'aime cette chaleur.
J'aime cette lumière.

Je ne sais rien d'autre.
Je ne veux rien savoir d'autre.
Je ferme les yeux.

Espérance, mirage.
Peut-être.
Je ressens cette chaleur dans mon dos.
Elle me regarde.
Je le sais.

Alors je rouvre les yeux.

Lentement, je lève les mains.
Légèrement pincées, je les avance.
Puis l'une se lève pour toucher mon front.
Avant que mes doigts ne se rejoignent.
Et s'écartent.

Silence.

Je m'attends à ce qu'elle reprenne la parole.
Je l'interromps.
En silence.

Ma main plane rejoint mon visage.
Avant de se projeter en douceur vers elle.
Je la flatte d'une légère accolade.

Je prends les deux verres.
J'ai réussi.
Je crois.
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le Mar 26 Nov - 18:10


Sourire. Masque de bonheur.

Il se débrouille seul. A-t-il besoin de moi ? Je doute. Sa main rassurante, n’est plus là pour serrer la mienne. Ma main n’est plus là pour guider ses pas. Je me sens bête. Je n’aime pas être bête. Je suis pragmatique, j’essaie. Il faut l’être ici, pour ne pas être happé par la folie de l’Esquisse. Je suis pragmatique, et je fréquente depuis un moment un cyantifique. Alors je peux être logique. Un peu. Sans doute.

Est-ce que je ressens un attachement pour une personne que j’ai rencontré hier ? OUI JE SAIS. Hier n’existe pas vraiment au sens où je l’emploie dans l’Esquisse. J’essaye de faire le point avec moi-même. Je me sens responsable de Nil. Pourtant je ne suis pas en train de l’aider avec la machine à eau. Nil n’est pas un enfant. Alors quoi ?

Alors c’est bizarre de me sentir responsable de lui. Alors c’est bizarre d’être tout le temps en train de le toucher. Alors c’est inconvenant que je me retrouve dans ses bras quand il est nu, ou presque. Cela ne doit plus arriver. Il est innocent, j’en ai le sentiment. Il ne sait pas ce qu’il fait, mais moi je le sais. Moi je ne dois pas continuer. Ce n’est pas innocent. Ce que je ressens n’est pas sain, ni pour lui, ni pour moi. Je ne me reconnais pas.

Je lui souris quand il revient, plonge mes lunes dans ses saphirs et lui dit plus que je ne lui demande :

« Ca c’est bien passé ? Elle est bavarde un peu, il faut que tu fasses attention, des fois son eau est alcoolisée… Mais ce n’est pas désagréable, elle fait rêver.»


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le Mar 26 Nov - 21:26
Elle m'accueille.
Je respire.

Cette tension. Inconnue.
Elle s'évapore.
La retrouver est salvateur.
La nuit... m'a manqué.

Je la regarde.
Je ne réponds pas.
Je souris. Je crois.

Pas un sourire franc. Victorieux.
Juste reconnaissant. Silencieux.
Tendre.

Je lui souris.

Je tiens toujours les verres.
Je lui offre le sien.
Pose le mien.
Libère mes mains.

Je reviens à son côté.
Presque à la toucher.

Je baisse les yeux un instant.
Hésitation.
Confusion.

Je dissimule mon trouble.
Mon visage.
Derrière le voile.
Derrière la brume.
Tout est blanc.
Je tremble.

Lentement, je prends sa main.
Doucement je prends sa main.
Dans les miennes.
Je tremble.

Je n'ai pas osé.
Je n'ose pas.
Je tremble.
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le Mer 27 Nov - 8:37


Il revient vers moi, souriant, affectueux. Innocent. Un pincement au cœur, un sourire en réponse. De la douceur entre nous, de la tendresse dans ses yeux, de la lumière dans les miens. Il me tend mon verre. Ai-je soif ?

De lui un peu. Je ne dis rien, je sais me tenir. Je sais me contenir. Il s’installe à côté de moi. Il tremble, je comprends. Il ne m’a touchée. J’attends. Il ne le fait pas. J’ai froid. Je le regarde avec douceur, persuadée que je projette sur lui mes propres désirs. S’il ne m’a touchée c’est qu’il ne le voulait pas, s’il prend mes mains c’est qu’il a froid.

« Tu as froid ? Tu veux que j’aille te chercher un pull ? Ou une écharpe ? Je ne suis pas certaine que tu rentres dans mes vestes... »


Je me retiens de le réchauffer, me retiens de l’apaiser. Ce n’est pas bien, je le sais. Je ne veux pas empiéter sur lui, je ne veux pas le brider. Est-ce normal que je me comporte ainsi avec lui car je suis la première à l’avoir rencontré ? Est-ce que toute autre personne se comporterait de la même manière avec lui ? Nous sommes trop proches, en trop peu de temps. Ce n’est pas convenable, et je ne peux lui reprocher. Ses réactions si enfantines, sa candeur, tout cela s’assortit mal avec son gabarit. Avec ce torse qui n’est plus apparent, cette pomme d’Adam qui l’est toujours, cette douceur  qui transpire par chaque pore de sa peau est en contraste avec ce corps bien trop… adulte ?


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le Jeu 28 Nov - 7:11
Il n'ose pas.
Il ne bouge pas.

Elle me parle.
Elle me couve.
Aucune étreinte.
Seulement des mots.

Je voudrais être étreint.
Je voudrais...

Je la regarde.
Je ne laisse pas le temps lui répondre.

Mes mains se relâchent.
Elles entourent son visage.
Aube glorieuse.
Crépuscule éclatant.

Je me rapproche.
Encore.

Mes lèvres contre les siennes.
Sa peau contre la mienne.

Quelques secondes.
Une éternité.

J'ouvre les yeux.
Je la regarde.
Je réalise.

J'ai osé.

Je recule.
Je joins les mains.
Les frottent légèrement entre elles.
Je tremble.
Mes gestes bafouillent.

L'aube reste un peu.
Mes doigts rose.
Mes lèvres pêche.
Mes joues cerise.

Je ne la regarde pas.
Je n'ose pas.
Je n'ose plus.
Si elle...

Trop de questions.

J'attrape mon verre.
Je bois. Vite.
Ça tourne.

Panique.
Pourtant je n'aspire qu'à recommencer.

『 』

Un verre se brise.
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le Jeu 28 Nov - 8:00

Regard hésitant, baiser brûlant. Je n’ai plus froid. Je ne ferme pas les yeux tout à ma surprise de le voir initier un tel geste. Brûlant des étapes dont il ne restait que quelques cendres après ce sommeil partagé. Je ne sais pas si c’est ce que je veux. Je ne sais pas ce que je veux. Mon cœur lui s’excite, mais je ne sais pas si je dois l’encourager dans cette folle cavalcade. Je ferme les paupières, il sera temps de m’en vouloir après avoir profité de cet instant offert. Est-ce qu’on nous regarde ? Je n’en sais rien, une pincée de secondes je n’existe que pour lui.

Mais le temps reprend sa course il s’éloigne et mon esprit gamberge. Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Est-ce que mon attitude l’a incité à faire quelque-chose qu’il ne voulait pas vraiment ? Non, je ne pense pas. Il me semble cependant qu’il ne comprend pas lui-même son geste et panique un peu. Je ne le pensais pas capable de m’embrasser, je ne pensais pas que ce genre d’idées pouvait émailler son esprit. Je le pensais candide, enfantin, chaste ? Ses lèvres l’étaient-elles ? Que signifiait ce baiser ?

Un verre se brise, le silence gagne, le brouhaha reprends. Je regarde les débris abandonnés à mes côtés. Je n’ai pas vu le malotru qui a cassé le verre s’en aller. J’ai le cœur qui tambourine dans ma poitrine. J’ai eu peur. Un plateau est aussi abandonné à mes côtés ? Les gens sont des malpropres. Je regarde le mien, encore rempli… J’ai la gorge nouée.

Je ramasse les bris de verre, tressaille quand le carmin entache un copeau. Portant le doigt à mes lèvres, je ressens soudain un vertige. Un instant de frottement. Je récupère les plats qui pourront se conserver et rassemble le tout sur un unique plateau. Je range le tout, me met en route pour ma chambre.

« Tu rentres seule ? Me demande Roger.
- Oui, aucune idée d’où est passé la table de nuit… Je crois qu’on est fâchées. »

Pas de réponse. Je commence à ranger mes affaires à imaginer la suite de ma journée. Je vais trouver quelques aventure pour m’occuper, et si elles sont bien payées ce sera d’autant mieux.


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Lhûn
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Lhûn
le Jeu 28 Nov - 21:54
Pourquoi...

J'existais.
J'existais vraiment.
Je respirais.
Je vivais.

Pourquoi...

Vide.
Blanc.
J'ai perdu mes couleurs.
J'ai cessé d'exister.

Quelques secondes.
Une éternité.

Volées.

Je n'existe pas.

J'en viens à espérer.
Qu'elle m'ait oublié.
J'en viens à souhaiter.
De ne plus exister.

Je ne suis personne.
Je dois le rester.
Vide.
Blanc.
Disparaître.
Ne restera qu'un blanc.

La nuit restera sans lumière.
Sans crépuscule.
Sans aube.
Sans moi.

Je ne lui manquerai pas.
Je ne veux pas lui manquer.
Je ne manquerai à personne.

Je ne cours plus.
Immobile.
Silence.

Je ne sais pas où je suis.
Je ne veux pas être là.
Je ne veux être nulle part.

Qu'elle m'oublie.
Je suis condamné.
Je n'oublie pas.

Je tombe.
Mes jambes ne me portent plus.

Un bruit sourd.
Ma tête contre le bois.
Une porte.
Familière.
Elles le sont toutes.
Identiques.
Celle-là plus.

Je vois des étoiles.
Pas ses étoiles.
Peu importe.

Je ne cherche pas à résister.
Je ne cherche pas à rester éveillé.
Comment disparaître.

Sursaut.
Ma main s'est posée contre le bois.
Silencieuse.
Blanche.

Je ferme les yeux.
Je n'existe pas.
Tout est blanc.
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le Ven 29 Nov - 8:37

Roger me regarde avec un certain dépit je crois. S’il avait des yeux ce serait plus facile, il n’en a pas et si je lui proposais de lui coudre des boutons pour que j’arrive mieux à visualiser ses expressions il m’accuserait (à raison) de maltraitance sur oreiller. Ca pouvait remonter loin maintenant ce genre d’affaires ! Je pourrais me retrouver sa chambre… Pourquoi ai-je déjà l’impression que ce n’est déjà plus chez moi ? Roger est vachement persuasif comme oreiller !

« ça a été court, enfin c’est dommage il était sympa. »

Je n’ai pas le temps de lui demander de qui il parle que l’on frappe, ou plutôt s’écroule sur ma porte. Un bruit sourd qui résonne en moi. Violemment. Durement. Je… Sais de qui il parle. Est-ce lui ? Mon cœur se serre. Et si ce n’était pas le cas ? Devrais-je ouvrir ? Devrais-je à nouveau le laisser s’emparer de mon esprit et me sentir blessée quand je me rendrais compte qu’il a encore disparu ? Suis-je se genre de femmes manipulables ? Oui ? J’ai ouvert, et son poids contre la porte l’a entraîné en avant.

Alors je n’ai rien dit, j’ai ouvert mes bras pour l’accueillir. Il m’est revenu. Frêle et fragile, doux et chaud, rassurant quand il est là, oublié quand il n’y est plus.

« Nil ? » je prononce son nom comme une question, m’est-il revenu lui ou différent ? Je voudrais ne plus jamais recevoir la culpabilité de l’avoir oublié… Mais elle ne saurait s’envoler. C’est encore ma faute, j’en suis persuadée.

« Ah, ça m’étonnait un peu aussi. »


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Lhûn
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Lhûn
le Ven 29 Nov - 9:04
Un simple mot.
Mon nom.
Elle prononce mon nom.
Le nom que je lui ai donné.
Le nom qu'elle me donne.

Je ne suis pas que le néant.
J'ai un nom.
Elle connait mon nom.
Elle se souvient.
De lui.
De moi.

Je m'affaisse dans ses bras.
Je fonds dans ses bras.
Dans sa chaleur.
Dans sa nuit.

Je voudrais m'y mêler.
Je voudrais m'y fondre.
Ne jamais les quitter.
Jamais...

Je fonds dans ses bras.
Créature misérable.
Échouée. Sur le sol.
En larmes.

L'eau dévale sur mes joues.
Sans saccade.
Sans bruit.

J'existe.
Je n'existe pas.
Je ne sais plus.
Je ne sais pas.
Je ne veux pas savoir.

Je devrais partir.
Que tout s'arrête.
Qu'elle m'oublie.
A jamais.

Je l'ai retrouvée.
Elle m'a appelé.
Elle m'a enlacé.
Sa voix est douce.
Ses bras sont doux.
J'en suis incapable.

Yeux clos.
L'eau coule en silence.
Je disparaîtrai encore.

Je n'existe pas.

J'espère qu'elle me pardonnera.
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le Ven 29 Nov - 15:01

J’ai un sentiment de déjà vu, un sentiment d’arrachement et de colère tus. Celui d’être déboussolée. Celui d’avoir été abandonnée et de devoir pardonner. Celui d’avoir abandonné, et la culpabilité qui l’accompagne. Je sens les larmes de Nil sur mon épaule, je referme les bras sur les siennes ? J’ai un sentiment de déjà vu. Je suis confuse. Alors comme plus tôt et comme de nombreuses fois je le ferais, mes bras caressent son échine.

« Tout va bien Nil, je suis là. Pardon. »

De t’oublier sans cesse. Tu sais je ne le fais pas exprès. Parfois j’ai mon esprit qui pèse et mes pensées qui s’envolent. Je suis désolée Nil. Tu aurais du te faire une meilleure amie. Je ne dis rien. Je n’ose pas et je serre plus fort mes bras sur lui. Oublié son baisé, oublié ses sentiments. Tout est parti, il ne reste que sa détresse et ma douceur. Il ne reste que ses pleurs et ma tristesse. Ma main remonte son dos et passe le long de sa nuque avant que mes doigts ne passent dans ses longs cheveux blancs.

« Je vais essayer de ne plus t’oublier... »

mais comment faire ? Alors elle a une idée, une marque un lien… Un morceau de corde, un bracelet. Cela devrait l’aider, non ?


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Lhûn
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Lhûn
le Ven 29 Nov - 17:20
J'existe pour elle.
J'existe par elle.

Sa chaleur.
Sa douceur.
Ses caresses.
Font battre mon cœur.

Sa main contre mes plumes
Sa main sur ma peau.
Sa main dans mes cheveux.

Son étreinte se resserre.
Son étreinte me rassure.
J'abandonne.
Je m'abandonne.
Dans ses bras.

Je voudrais m'y noyer.
Je pourrais mourir maintenant.
Je l'avais souhaité.

Elle m'oublie.
Elle en souffre.
Elle s'excuse.
Encore.

J'ouvre les yeux.
L'eau a cessé de couler.
Je la regarde.
Je ne peux pas parler.

Je la serre.
Dans mes bras.
Contre moi.

Ce n'est pas sa faute.
Je ne veux pas qu'elle pense que c'est de sa faute.

Je ne suis qu'un éphémère qui s'efface.
Elle ne peut que m'oublier.
Tôt ou tard.
Je disparais.
Je n'existe pas.

Elle mérite plus.
Elle mérite mieux.
Que la culpabilité.
Que l'oubli.
Que moi.

Je ne veux pas la perdre.
Je ne peux pas m'y résoudre.
Mais... elle me perdra.
Pour me retrouver. Peut-être.
Peut-être pas.

Au sol.
Nous sommes toujours au sol.
Dans les bras l'un de l'autre.

...

Nous...

Ensemble.

...

Je cache mon visage dans la lourdeur de ses boucles nébuleuses.
Je fonds mon corps dans la douceur de sa peau nocturne.
L'aube au creux de ses reins.
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le Ven 29 Nov - 20:40

Ses yeux sont rougis quand il les lève sur mon visage. C’est étrange que les larmes apportent ce soupçon de couleur dans son immaculé. Pendant une poignée de secondes c’est la seule pensée qui me parvient : c’est bizarre il a les yeux rouges. Puis après je sens qu’il me rend mon étreinte, me serre contre lui m’englobe. Je me sens frêle entre ses bras.

Je me croyais son ancre et maintenant c’est lui qui pèse sur moi.

Je me croyais son encre et maintenant c’est lui qui écrit en moi.

Je ressens toujours ce malaise. Cette tempête de sentiments, entre peur, soulagement, colère, reniment. J’ai envie de crier. Crient son absence et nos retrouvailles. La culpabilité et le soulagement, la colère d’avoir oublié et celle qu’il soit parti. Je mords mes lèvres pour ne pas hurler. Rage. Résignation. C’est beaucoup, c’est mélangé. Plusieurs couleurs dans sa candeur. Plusieurs teintes dans mon cœur.

Depuis que je le connais je ressens si fort, moi qui m’étais habituée à la folie de l’Esquisse, moi qui étais comme anesthésiée, je ressens et ça cogne fort. Je ressens des remords. La peur n’était plus qu’un souvenir, seule je n’avais peur de rien. Je pouvais être oubliée à tout instant, repartir de zéro, me redéfinir.

« Marques-moi. »

C’est une demande c’est un ordre, un souhait, un besoin irrépressible. Je veux une trace indélébile. Je ne suis plus seule. Je ne veux plus l’oublier. Jamais. Je passe ma main dans la soie de ses cheveux.

« S’il te plait. »


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Lhûn
le Dim 1 Déc - 17:14
Je la serre.
L'instant d'après je la regarde.

Une demande.
Une requête.

Je la regarde.
Immobile.
Un court instant.
Pour comprendre.

Instant suspendu.
Sa main dans mes cheveux.
Je ferme les yeux.

Sa main.
Crépuscule étoilé.

Je lève la mienne.
Mes doigts frôlent sa joue.
Sa peau.

Crépuscule étoilé.
Aube clairsemée.

Un clignement.
Un déclic.
Une idée.

Mes doigts dans mes cheveux.
Enroulent quelques mèches.
Les lissent.
Et les libèrent.

Je me tourne.
Je me redresse.
Je suis face à elle.
Incertain.
Confiant.

Devine-t-elle ?
Elle me laisse faire.

Je lève la main.
Jusqu'à ses cheveux.
Caresse.
Frisson.

Mes doigts se délient.
Mes doigts s'emmêlent.
Mélangent l'aurore aux étoiles.

Aube.
Crépuscule.
Nuit.

Progressivement.
Lentement.
Patiemment.
Jusqu'à la pointe.
Jusqu'à l'achèvement.

Moment de vérité.
Je la regarde.
Je la relâche.

La mèche tressée reprend sa place.
Pressée par ses consœurs ondulées.

Le blanc disparaît dans l'obscurité de la nuit.

De l'aube éclot un crépuscule chatoyant.

Une partie de moi.
Qui reste.

Émotion.
Je retombe.
Je tremble.
Je ferme les yeux.

Est-ce qu'elle me regarde ?
Ai-je réalisé son souhait ?
Ses mots résonnent en moi... comme si cela ne suffisait pas.
Mais j'ignore si c'est pour elle... ou pour moi.
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